エピソード

  • La Russie en Afrique: une stratégie d’influence en mutation
    2026/03/04
    Soucieuse de continuer à apparaître comme une grande puissance, la Russie a réinvesti le continent africain depuis plusieurs années. Elle s’appuie sur un narratif reprenant celui de l’ancienne Union soviétique. Mais derrière les promesses de fraternité sans frontières, de partage de connaissances et de richesses, se trouvent d’autres objectifs moins avouables, comme le recrutement de combattants pour sa stratégie de chair à canon en Ukraine. Ces dernières années, le soft power, ou l’influence russe, s’est développé et transformé. C’est un studio de musique d’Abidjan où se tient un concours de chant discret, auquel assiste notre correspondant Benoit Almeras. On chante en anglais et en français, Alicia Keys, Garou, Lara Fabbian… Mais pour les candidats, l’horizon n’est pas New York ou Paris, c’est Moscou. L’enjeu de ce casting vocal : une participation au festival « La route de Yalta ». Organisé pour la première fois en 2019 dans cette station balnéaire de Crimée occupée, bien connue des amateurs d’histoire, il a désormais lieu au Kremlin, dans la capitale. On y célèbre les classiques russes et la « Grande guerre patriotique », comprendre la Seconde guerre mondiale. Une époque très lointaine pour ces candidats, jeunes et plus attirés par le voyage et la recherche de notoriété. Un des participants explique sa présence par « le fait que ce soit en Russie, un pays que je n’ai jamais imaginé découvrir. Ce serait aussi un tremplin pour moi et j’espère aussi que mon pays va reconnaître mon talent ». Pour voir Moscou, certains veulent se donner toutes les chances, comme ce candidat qui pousse l’hymne russe a capella. Lors de l’édition 2025, c’est un artiste ivoirien qui a représenté l’Afrique, et pas n’importe lequel : Emmanuel Désiré Boyer dit « Vova », vainqueur de l’édition 2024 de « The Voice Afrique Francophone ». À « La route de Yalta », il a été récompensé du prix du public pour Katyusha, chant patriotique de l’Armée Rouge, interprété en langue dioula. À l’origine de la participation de Vova, et de ce casting, Eben-Ezer Dion, coach vocal pour The Voice Afrique francophone. Ses liens avec la Russie remontent à plus de 20 ans : « J’ai étudié en Russie, je suis allé là-bas pour des études en musique, à l’Académie Gnessine, qui est une académie très prestigieuse là-bas. C’est après ça que je suis rentré au pays, et voici que je prends des initiatives pour faire avancer la musique en Côte d’Ivoire. Si vous voulez, c’est un prolongement, une manière de contribuer à l’action culturelle de la Russie dans l’Afrique francophone. C’est ce qu’on essaie de faire en partenariat avec l’association. » Festival de chants pour soutenir l’annexion forcée de la Crimée Cette association, c’est l’Aruci, Association des russophones de Côte d’Ivoire, créée en 2021. Sa présidente, Tatiana Rakitina assure qu’elle ne fait pas de politique : « Pour nous, c’est plutôt une opportunité pour la Côte d’Ivoire de sortir à l’étranger, de conquérir de nouveaux spectateurs. C’est plutôt un événement professionnel des amateurs de musique plus qu’un événement idéologique. » Pourtant, le festival de Yalta vise aussi à faire reconnaître la souveraineté russe sur la péninsule de Crimée, annexée de force par la Russie en 2014. Mais pour Tatiana Rakitina, comme pour le gouvernement de Moscou qui dénonce souvent la « russophobie » occidentale, c’est bien l’image de la Russie qui est attaquée. Bien qu’en Afrique, elle demeure positive selon elle : « Je peux vous dire que le visage de la Russie était bien brillant et souriant il y a quelques années. Maintenant, il y a dans certains pays une tendance à vouloir éliminer la culture russe ou diminuer sa valeur. Mais pas en Afrique. L’Afrique n’a jamais changé [envers la Russie]. » L’Aruci est aussi une organisation partenaire des Maisons russes. Officiellement des centres culturels, elles ont essaimé sur le continent, selon Lou Osborne, investigatrice du groupe All Eyes on Wagner : « On a vu une accélération de la diplomatie culturelle depuis 2024, avec une multiplication de l’ouverture de ces centres. Leur modèle est novateur : l’État russe ne peut aller aussi vite qu’il le voudrait, donc il a délégué une partie de ces ouvertures et de la gestion à des sociétés non-étatiques, ça leur permet d’aller plus vite. On remarque que c’est notamment là que se passe la partie la plus offensive du soft power, on dépasse la promotion de Pouchkine et de la langue russe. » La diplomatie culturelle russe a une tête de pont, c’est la Rossotrudnichestvo, un organisme officiel du ministère des Affaires étrangères russes, dirigé par Evgueni Primakov Junior, un très proche de Vladimir Poutine. C’est là notamment que se gèrent les bourses pour les ...
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  • Des sirènes russes au mouroir ukrainien: les combattants africains de Vladimir Poutine
    2026/03/03
    Ils seraient aujourd’hui entre 3 000 et 4 000. Au fil des mois et d’une guerre qui s’enlise, la Russie a accéléré le recrutement de combattants africains pour son invasion de l’Ukraine. Certains se retrouvent au front en connaissance de cause, d’autres par tromperie persuadés de quitter leur pays pour une place à l’université ou un emploi. Aujourd’hui, le voile se lève sur ce système de recrutement basé sur des agences de voyage et des opérateurs d’influence entre Moscou et le continent africain. En ce matin de début février, 200 personnes environ se retrouvent dans le jardin familial de Bibiana Wangari, à Mukurwe-Ini, dans le centre du Kenya, à un peu plus de 2h de route au nord de Nairobi. Ce sont des funérailles, mais la cérémonie se déroule sans corps et sans cercueil, constate Albane Thirouard, la correspondante de RFI. Des bougies ont été déposées sur une tombe symbolique en contrebas. Charles Waithaka, dit « Charlo », le fils de Bibiana, avait 30 ans. Parti en octobre en Russie, sa famille a perdu le contact vers Noël, et c’est sur Facebook que sa mère a appris son décès en Ukraine : « Je me suis réveillée un jour et la nouvelle était partout sur les réseaux sociaux. J’ai appris qu’il avait marché sur une mine. Avant de partir, il m’avait appelée pour me dire qu’il avait obtenu un emploi pour travailler en tant que mécanicien pour la construction d’un camp militaire. Une fois sur place, il m’a appelée pour me dire qu’il était en Russie. On a continué à parler, jusqu’au jour où il m’a dit qu’il allait être déployé sur le front. Il a pleuré, beaucoup pleuré. En tant que mère, ce n’était pas facile. Chaque jour il m’appelait en pleurant "maman, je veux rentrer au Kenya, ce n’est pas bien ici.". » À lire aussiCombattants africains tués sur le front ukrainien: le deuil impossible de familles désemparées Le corps de Charles Waithaka n’a pas pu être rapatrié. Les présents lui rendent hommage. Un homme prend le micro, il vient de rentrer du front. « J’ai eu la chance de rentrer à la maison, témoigne Dancan. J’aurais pu finir comme ça. J’ai vu la mort de mes propres yeux. Je sais que ce n’est pas facile, vu comment la guerre se déroule là-bas : les gens meurent, et quand une personne meurt, le corps est juste laissé là, personne ne s’en occupe ». Dancan détaille son expérience : « J’ai l’impression d’avoir été trompé. Je suis allé là-bas, je pensais travailler comme chauffeur. Une fois arrivé, on m’a donné une formation militaire. Et même quand tu dis que tu ne veux pas faire ce travail et que tu veux rentrer chez toi, on te force à aller au front. Les Russes n’ont aucune humanité. Alors j’ai fait semblant d’être fou, on m’a envoyé à l’hôpital, et c’est comme ça que j’ai pu m’échapper. Mais je sais que beaucoup de Kényans sont encore là-bas. Ils cherchent des moyens d’en sortir et de rentrer chez eux mais ce n’est pas facile, c’est même très difficile. » Dancan affirme par ailleurs ne jamais avoir touché l’argent promis. « Il ne savait pas où il était exactement mais qu’il était au cœur de la guerre avec l’Ukraine » À plusieurs milliers de kilomètres de là, Mike – un nom d’emprunt – laisse un message vocal à RFI : « On est venu ici pour travailler, on nous avait dit que ce serait un travail dans la sécurité. Une fois arrivés en Russie, on s’est rendu compte que c’était un emploi militaire. Nous n’avions rien signé au Kenya, les recruteurs ont juste pris nos passeports pour arranger le visa et les billets d’avion. Ce n’est qu’une fois en Russie que nous avons signé des papiers mais tout était en russe donc nous ne comprenions pas. Nous les avons scannés avec nos téléphones et c’est là que nous avons compris que les documents que nous nous apprêtions à signer étaient des contrats dans l’armée. On attend. Ils vont nous emmener combattre. Mon ami et moi refusons d’y aller, nous cherchons à nous échapper. » Quelques jours plus tard, Mike prévient : il est parvenu à fuir et à quitter la Russie. À lire aussiDes proches de Kényans envoyés par la Russie sur le front critiquent la diplomatie de leur pays À Nairobi, l’association VOCAL Africa tente de venir en aide aux familles sans nouvelles de leurs proches. Julius Kimani Kamanu est venu accompagné de son père pour évoquer le cas de son frère, âgé de 26 ans, parti en Russie il y a plusieurs mois. Sur le téléphone de Julius, il y a une photo : trois hommes armés posant en tenue de combat. « C’est la dernière photo qu’il nous a envoyée, le dernier jour où nous avons pu communiquer avec lui, souligne Julius Kimani Kamanu. Il y a mon frère, Peter Kimemia, un homme que je ne connais pas qui est sûrement russe, et l’ami avec qui mon frère est parti. Il nous a dit qu’il partait pour un ...
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  • Haïti : à Solino, le retour des habitants dans un quartier meurtri
    2026/03/02
    Fin 2024, le quartier de Solino, à Port-au-Prince, est tombé aux mains des gangs. Pillages, incendies, affrontements : des centaines d’habitants ont fui pour échapper aux violences. En août dernier, les groupes armés ont annoncé leur retraite. Depuis, timidement, des familles reviennent. Elles retrouvent des maisons détruites et un climat sécuritaire toujours fragile. Malgré les promesses gouvernementales, l’aide tarde à arriver. Les habitants n’ont d’autres choix que de reconstruire seuls. Un Grand reportage de Justine Fontaine et Achim Lippold. « C’était un champ de guerre » Le père Gardy Maisonneuve, directeur de l’organisation humanitaire Sant Karl Levêque, nous conduit jusqu’à Solino. Il coordonne le programme gouvernemental « Retour au quartier », censé encourager les habitants à revenir et leur fournir un soutien financier. Pour atteindre Solino, nous traversons d’abord Christ-Roi, autre quartier autrefois considéré comme un « territoire perdu ». Ici aussi, les gangs ont laissé leur empreinte : impacts de balles sur les façades, maisons calcinées sans toit, grilles de fenêtres tordues par la chaleur. « C’était un champ de guerre », commente le père Gardy Maisonneuve, en pointant du doigt la limite jusqu’à laquelle les groupes armés ont pu avancer. L’activité reprend pourtant, timidement. On voit des étals du marché informel à nouveau installés sur le trottoir. « Les gens reviennent », observe le père Gardy Maisonneuve. La circulation reste clairsemée : « C’est moins dense qu’avant… c’est plus tranquille. » Des maisons saccagées, des vies à reconstruire À Christ-Roi, Marie Solange nous ouvre les portes de ce qu’il reste de sa maison. L’intérieur est plongé dans l’obscurité : il n’y a plus d’électricité. Les fils ont été arrachés par les gangs, probablement revendus au marché noir. Marie Solange ignore quand elle pourra vraiment revenir s’y installer. « L’ampleur des dégâts est énorme », dit-elle, encore sous le choc. Son voisin, Frantz Kelly, informaticien, regarde aussi sur les ruines de son habitation qui n’a même plus de toit. « Tout a brûlé », dit-il, en nous montrant les pièces qui servaient autrefois de salon, de salle de bain et de chambres. Sans ressources et sans aide des autorités haïtiennes pour reconstruire sa maison, un retour est difficile d’envisager. « Peut-être cette année encore, mais je n’ai pas encore de date », nous dit-il. Pierre, 60 ans, n’a pas eu le choix. Les conditions de son hébergement provisoire étaient intenables. Il est revenu vivre ici avec sa femme et ses cinq enfants, malgré l’état de la maison. « J’ai dû m’enfuir parce que les gangs ont tué beaucoup de gens, il y avait des cadavres par terre. Je suis parti avec le strict minimum ». Il nous conduit à l’étage et nous montre sa chambre, vide. « Les moustiques nous empêchent de dormir. J’ai mis des cartons à la place des vitres. Et des cartons par terre, sur lesquels je dors avec mon épouse. Je n’ai pas d’argent pour racheter des fenêtres ou des lits. Solino, paysage apocalyptique En arrivant dans le quartier de Solino, le décor se durcit encore : carcasses de voitures, maisons effondrées, rues presque désertes. Malgré le retrait des gangs, la sécurité n’est pas garantie. Nous sommes escortés par un policier et un habitant du quartier qui nous sert de guide. Nous rencontrons Joseph Hervé, ferronnier depuis plus de quarante ans, il travaille sur le trottoir. Son atelier a été saccagé, ses générateurs volés. « Je fabrique une porte avec une fenêtre. Quelqu’un un peu plus loin s’est fait arracher la sienne. Je vais l’installer dès qu’elle sera prête. ». Comme beaucoup, il ne reste que la journée et repart avant la tombée de la nuit. C’est le cas d’Henri aussi, venu inspecter sa maison. Il redoute le retour des gangs qui contrôle le quartier voisin de Bel-Air, à quinze minutes à pied. Revenir, faute d’alternative Une insécurité que Lovely, 21 ans, confirme : « Depuis plus d’une semaine, j’entends des tirs. On dit qu’il y a une opération de police à Bel-Air. Les balles sifflent jusqu’ici. On doit s’abriter derrière les murs pour éviter les balles perdues. ». On lui demande si la police prévient les habitants avant d’intervenir ?« Non ! », répond-elle. Lovely et sa famille ont pourtant décidé de rentrer. Ils n’avaient plus d’autre solution, explique sa mère, Célina. « J’ai tout perdu. Je n’ai gardé que mes deux mains et mes deux pieds. On a vécu dans un camp de déplacés, mais la situation était trop mauvaise. J’ai dû revenir. » Pour survivre, elles ont ouvert une petite épicerie au rez-de-chaussée : quelques produits de première nécessité, juste assez pour garder la tête hors de l’eau. Mais les besoins sont immenses. « Je vis de ce commerce, mais je ne peux pas ...
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    不明
  • «Le supplément du dimanche» du 1er mars 2026
    2026/03/01

    Nous commençons cette émission par une page environnement, cela intéresse tous les pays maritimes. En question, la protection des poissons face aux envahissantes activités de pêche. Pêcheurs de plus en plus nombreux, parfois clandestins, s'ajoutent aux chalutiers industriels de pus en plus grand... En 2è partie, direction l'Afrique du Sud dans le monde automobile, frappé par les taxes imposées par l'administration américaine.

    Au Cambodge, parpaings contre chalutiers

    Comment protéger les poissons ? Surpêche, chalutage illégal : souvent bien difficile de repérer les fraudeurs. Le long des côtes cambodgiennes, une solution se dessine. 5 000 blocs de béton sont en train d’être disposés sous l'eau pour dissuader les pécheurs de venir traîner là leurs filets. Historiquement au Cambodge, on mange surtout du poisson d'eau douce issu du Mékong. Pour diversifier la ressource, on regarde maintenant vers la mer. Mais déjà, des menaces planent.

    Face aux techniques plus performantes de chalutage pirate, l’organisme MCC a donc développé un projet en béton.

    Un Grand reportage de Juliette Buchez (épaulée de Len Len) qui s'entretient avec Jacques Allix.

    East London: en Afrique du Sud, une ville face aux taxes Trump

    Depuis plusieurs mois, Donald Trump cible directement l’Afrique du Sud. Dans ses discours, le président américain accuse Pretoria de ne pas protéger les fermiers afrikaners blancs, qu’il prétend victimes d’un « génocide ». (Rediffusion du 10 décembre 2025)

    Les démentis sud-africains n’y changent rien. Washington sanctionne : boycott du G20 organisé à Johannesburg, exclusion de l’Afrique du Sud du prochain sommet États-Unis/Afrique et, surtout, décisions économiques lourdes, notamment des droits de douane de 30% sur les exportations sud-africaines. Pour East London, ville du Cap-Oriental dont l’économie dépend largement de l’usine Mercedes-Benz, la punition américaine est un séisme.

    Un Grand reportage d'Alexis Bédu qui s'entretient avec Jacques Allix.

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  • «Le supplément du samedi» du 28 février 2026
    2026/02/28

    Aujourd'hui, une édition spéciale Ukraine. L'invasion russe du pays vient d'entrer dans sa 5è année. Le front s'est quasi figé avec avantage aux forces russes. 20% du territoire dans l'Est, avec la Crimée conquise auparavant. En 2è partie, nous serons aux côtés de ces réfugiés qui continuent d'arriver en Pologne, il s'agit de ces Ukrainiens pour qui il était trop difficile de partir au début de la guerre. Souvent âgés ou handicapés, ils ne font qu'un passage par Varsovie avant un autre horizon.

    Face à la guerre : les Ukrainiens en quête de mémoire et justice

    Il y a 4 ans, la Russie lançait une guerre totale contre l’Ukraine. Fantassins à l'offensive dans l'est du pays, attaques massives de drones. Frappes de missiles dans tout le pays. Ces 4 dernières années ont aussi été marquées par des violations du droit international, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité (documentés par l’ONU). Particulièrement en territoire occupé.

    Alors que les combats continuent, qu’un jeu de négociations se poursuit ; un double travail a commencé : au niveau sociétal, pour ne pas oublier victimes et prisonniers, et pour dénoncer les crimes commis par la Russie. Au niveau de la justice, pour construire un faisceau de preuves et de témoignages.

    Si tous les jours, d’autres violations viennent allonger la liste, cela n’annule pas les précédentes, et la justice, elle, se souvient…

    Un Grand reportage d'Emmanuelle Chaze qui s'entretient avec Jacques Allix.

    La Pologne, simple terre de transit pour Ukrainiens fragilisés

    Depuis l’invasion partielle de l’Ukraine en 2022, 90% des réfugiés sont passés par la Pologne. Près d’un million d’Ukrainiens se sont établis dans le pays. Mais, avec le temps, la solidarité dopée par la peur de voir les Russes envahir le sol polonais s’est érodée. Un sentiment anti-ukrainien s’est même développé. Et les aides aux réfugiés se sont taries. Les Ukrainiens qui continuent de passer la frontière sont ceux qui étaient malades ou infirmes ou trop précaires, pour fuir dès le départ.

    Ils ont souvent besoin d’un accompagnement, et ne sont accueillis que par des bénévoles, qui leur proposent de migrer vers d’autres pays.

    Un Grand reportage d'Adrien Sarlat qui s'entretient avec Jacques Allix.

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    49 分
  • Au Cambodge, parpaings contre chalutiers
    2026/02/26

    Comment protéger les poissons ? Surpêche, chalutage illégal : souvent bien difficile de repérer les fraudeurs. Le long des côtes cambodgiennes, une solution se dessine. 5 000 blocs de béton sont en train d’être disposés sous l'eau pour dissuader les pécheurs de venir traîner là leurs filets. Historiquement au Cambodge, on mange surtout du poisson d'eau douce issu du Mékong. Pour diversifier la ressource, on regarde maintenant vers la mer. Mais déjà, des menaces planent.

    Face aux techniques plus performantes de chalutage pirate, l’organisme MCC a donc développé un projet en béton.

    « Au Cambodge, parpaings contre chalutiers », un Grand reportage de Juliette Buchez épaulée de Len Leng.

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    20 分
  • East London: en Afrique du Sud, une ville face aux taxes Trump
    2026/02/25
    Depuis plusieurs mois, Donald Trump cible directement l’Afrique du Sud. Dans ses discours, le président américain accuse Pretoria de ne pas protéger les fermiers afrikaners blancs, qu’il prétend victimes d’un « génocide ». (Rediffusion du 10 décembre 2025) De notre envoyé spécial de retour de Johannesburg Les démentis sud-africains n’y changent rien. Washington sanctionne : boycott du G20 organisé à Johannesburg, exclusion de l’Afrique du Sud du prochain sommet États-Unis/Afrique et, surtout, décisions économiques lourdes, notamment des droits de douane de 30% sur les exportations sud-africaines. Pour East London, ville du Cap-Oriental dont l’économie dépend largement de l’usine Mercedes-Benz, la punition américaine est un séisme. Sur le port d’East London, la scène est pourtant immuable : rangées de berlines alignées sous les projecteurs, grues immobiles dans l’air salin, ouvriers qui s’affairent en attendant les navires. Dirk Botes, responsable clientèle, détaille l’organisation du terminal automobile : « Cette zone peut préstocker environ 1 400 voitures. Dans le hangar là-bas, un peu moins de 4 000, et sur l’esplanade ouverte environ 1 500. » Ce soir, un navire doit pourtant accoster avec plusieurs heures de retard, perturbé par le mauvais temps. « Il va charger ces véhicules, décharger ceux qui arrivent d’Europe, puis on recommencera avec le bateau suivant », explique-t-il. Ce ballet, autrefois parfaitement réglé, s’est ralenti au fil des mois. Le port exporte de moins en moins de voitures, essentiellement des Mercedes Classe C dont les ventes déclinent depuis plusieurs années. Sphiwe Mthembu, le directeur du port, ne masque pas son inquiétude : « La situation nous touche directement. Quand un constructeur présent depuis soixante-cinq ans commence soudain à souffrir d’une baisse de volumes, cela nous affecte immédiatement. Nous recevons des conteneurs destinés à l’usine : si l’usine tourne moins bien, le port en subit l’impact. Nous devons absolument garder Mercedes-Benz ici et attirer un deuxième grand constructeur. C’est vital pour l’économie locale. » En ville, la chambre de commerce suit de près la situation. Sa directrice, Lizelle Maurice, femme d’affaires respectée et ardente défenseure de l’économie locale, résume l’impact en quelques mots : « Le marché américain était notre plus gros marché, environ 30% de toutes les commandes. Quand les volumes ont commencé à baisser, les fournisseurs de Mercedes-Benz ont immédiatement réduit leurs effectifs. Et cela, c’était avant même les tarifs de Trump. La pandémie avait déjà mis notre économie à genoux. L’an dernier, l’usine est passée de trois à deux équipes, puis 700 départs volontaires ont été annoncés. Les décisions de Washington n’ont fait qu’aggraver une situation déjà très tendue. » Pour comprendre la centralité de Mercedes-Benz dans la région, Ted Keenan, journaliste du Daily Dispatch, déroule une liste : Auria Africa, Valeo International, AIH, et bien d’autres. Tous ont licencié ces derniers mois. «Certaines estimations parlent de 160 000 personnes potentiellement touchées dans la région si Mercedes s’en allait », glisse-t-il, avant de nuancer : « Je ne crois pas que ce soit réaliste. Ce serait la pire chose qui puisse arriver. Mais, il y a des rumeurs persistantes venues de Chine : Mercedes-Benz serait prêt à partager son usine. Aujourd’hui, beaucoup de constructeurs partagent leurs installations. Ce n’est pas impensable. » Pour les employés, c’est jour de fête. Plusieurs centaines d’entre eux sont rassemblés sur un terrain de rugby pour la traditionnelle célébration de fin d'année. Brochettes, musique, danses. Thabile Bevu, délégué du syndicat Numsa, explique pourtant que cette année a été rude : « La production s’est arrêtée plus tôt que d’habitude, quatre semaines en avance. C’est une combinaison de facteurs. Les taxes américaines ont forcé l’usine à réduire. En juillet, on a aussi été en chômage technique pendant six semaines. Beaucoup d’employés embauchés l’an dernier ont déjà perdu leur travail. Alors, tout le monde se demande : est-ce que je serai le prochain ? Mais Mercedes a toujours réussi à faire face, en travaillant avec nous. » Le lendemain, l’un des ouvriers, Phiwe Qaba, arborant un maillot bleu clair des Orlando Pirates, confirme que la crainte est constante : « On parle toujours du même sujet. Parce que dès que les États-Unis arrêtent de commander, notre vie quotidienne change. » Si lui bénéficie d’accords garantissant un revenu minimum même en cas de chômage technique, il pense aux autres, à ceux qui gravitent autour de l’usine : « La dame qui vend des fruits à l’entrée, le gars qui fait le ménage, celle qui prépare la nourriture… eux rentrent chez eux sans un sou. C’est ...
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  • Face à la guerre : les Ukrainiens en quête de mémoire et justice
    2026/02/24

    Il y a 4 ans, la Russie lançait une guerre totale contre l’Ukraine. Fantassins à l'offensive dans l'est du pays, attaques massives de drones. Frappes de missiles dans tout le pays. Ces 4 dernières années ont aussi été marquées par des violations du droit international, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité (documentés par l’ONU). Particulièrement en territoire occupé.

    Alors que les combats continuent, qu’un jeu de négociations se poursuit ; un double travail a commencé : au niveau sociétal, pour ne pas oublier victimes et prisonniers, et pour dénoncer les crimes commis par la Russie. Au niveau de la justice, pour construire un faisceau de preuves et de témoignages.

    Si tous les jours, d’autres violations viennent allonger la liste, cela n’annule pas les précédentes, et la justice, elle, se souvient…

    « Face à la guerre : les Ukrainiens en quête de mémoire et justice » un Grand reportage d’Emmanuelle Chaze.

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