エピソード

  • Les débris générés par l'activité spatiale polluent l'espace
    2026/02/12
    Des millions de débris générés par les activités spatiales tournent autour de la Terre à une vitesse folle. Plus de 600 collisions ont déjà eu lieu depuis le début de la conquête spatiale. La protection de l'environnement concerne aussi l'espace. L’Homme est incorrigible. Après avoir même pollué les déserts, l’espèce humaine a pollué l'espace, le plus grand désert de l'univers. Des millions d’objets volant très identifiés circulent autour de la Terre, au risque de provoquer des accidents majeurs dignes d’un film-catastrophe. Gravity, sorti en 2013, se déroulait milieu d’une pluie de débris qui aboutissait à la destruction d'ISS, la Station spatiale internationale, où est attendue l'astronaute française Sophie Adenot après son décollage normalement demain de Cap Canaveral aux États-Unis. À lire aussiLa durée de vie de la Station Spatiale internationale (ISS) prolongée jusqu’en 2030 L’orbite basse, jusqu'à 1 000 kilomètres, où se trouvent la plupart des satellites et ISS, est pleine de débris, de toutes les tailles : 55 000 font plus de 10 cm, et ils sont suivis par les radars de la Nasa, l’agence spatiale des États-Unis Et puis il y a tous les autres : plus d’un million de débris qui mesurent entre 1 et 10 cm, et 140 millions qui font moins d’un centimètre. Des débris potentiellement dangereux. « Ces objets vont tourner autour de la Terre avec une vitesse d'environ 40 000 km/h, et à cette vitesse-là, même un débris d'un centimètre de diamètre, une sorte de petite bille de métal, va avoir lors d'un impact potentiel à cette vitesse-là la même énergie que l'explosion d'une grenade militaire », précise Quentin Verspieren, le coordinateur du programme de sécurité spatiale, à l’ESA, l’Agence spatiale européenne. Collisions et explosions Ces débris proviennent de collisions, de pièces détachées, parfois aussi d’explosions. Certains puissances militaires ont aussi pu détruire un de leur satellite à coup de missile, histoire d’étaler leur savoir-faire technologique. Selon le syndrome de Kessler, un scenario théorique établi par Donald Kessler, un consultant de la Nasa, une multiplication des collisions entrainerait une hausse exponentielle du nombre de débris, et l’espace deviendrait alors inutilisable… Pour l’heure on n’en est pas là. « Seulement » 650 incidents ont été recensés depuis le début de la conquête spatiale. Mais en 2009, un accident majeur fut à l’origine d’une vraie prise de conscience. « Un satellite actif de l'entreprise Iridium et un satellite inactif russe, Cosmos, sont entrés en collision et ont généré des milliers de débris supérieurs à 10 cm, raconte Quentin Verspieren. On s'est rendu compte à ce moment-là que certes l'espace est vaste et infini, mais que les parties utiles de l'espace, les orbites utiles, pourraient être à terme surchargées par des satellites actifs ou par des débris spatiaux. » Espace saturé Un sujet d’autant plus brûlant que la pollution spatiale s’accélère. Avec la multiplication des constellations de mini-satellites, types Starlink, l’espace est un espace presque saturé. Sans parler du dernier projet d'Elon Musk d'installer dans l'espace des data-centers... « Il est effectivement important de comprendre dans quelle mesure cet ajout massif de satellites pourrait déstabiliser l'environnement spatial. Quelles sont les bonnes pratiques à adopter pour s'assurer que tout ajout de satellite soit fait de manière sûre, limitant l'impact sur l'environnement spatial ? C'est un point fondamental pour les années à venir », assure Quentin Verspieren. À lire aussiDerrière le vol de Sophie Adenot, une passion bien française pour l'espace Pour limiter les risques, l’ESA a initié la Charte Zéro débris en 2023, et son budget Sécurité spatiale vient d’augmenter de 30%. Avec un objectif, pour 2030, parvenir non pas à la neutralité carbone mais à la neutralité en termes de débris. Parce que la protection de l’environnement ne s’arrête pas à la fin de l’atmosphère terrestre. « Il est important d'adopter une approche complète sur la protection de l'environnement dans lequel l'humanité évolue. Et cet environnement inclut l'espace. C'est une distinction qu'il faut essayer de gommer dans les années à venir », estime Quentin Verspieren. Les deux sont liés. Plus de la moitié des variables climatiques, comme la hausse du niveau des mers ou l’étendue de la déforestation, n’est observable que depuis l’espace. Sans satellites, l’humanité perdrait des outils précieux pour affronter la crise climatique – et la pollution terrienne...
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  • Loi Duplomb: quels sont les coûts cachés des pesticides?
    2026/02/11

    Cancers, pollutions... Les insecticides et autres engrais utilisés par l'agriculture intensive engendrent des frais pour la collectivité, jamais répercutés dans le prix d'achat des produits.

    Elle fait son grand retour dans l'actualité française. Plus de six mois après l’adoption de la loi Duplomb, en faveur d’une agriculture productiviste et gourmande en pesticides, un débat est organisé aujourd’hui à l’Assemblée nationale après le succès de la mobilisation citoyenne contre le texte déposé par le sénateur Laurent Duplomb. La pétition qui avait recueilli plus de deux millions de signatures pointait en particulier la réintroduction d’un pesticide auparavant interdit, l’acétamipride.

    Les pesticides et plus largement l'agriculture industrielle représentent des « coûts cachés », une notion assez récente établie par la FAO (l'agence des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation), pour alerter sur la réalité de certaines pratiques agricoles. L'utilisation d'engrais et de pesticides n'est pas neutre, ni pour la santé des humains, ni pour l'environnement et la biodiversité. Cela a donc un coût, qui n'est pas répercuté dans le prix du produit, qu'on ne paie pas directement en passant à la caisse. « On a des coûts sanitaires exorbitants, pointe Olivier de Shutter, ancien rapporteur des Nations unies sur le droit à l'alimentation. On a des coûts environnementaux extrêmement importants avec une pollution des nappes phréatiques, avec une destruction de la santé des sols liée à l'agriculture industrielle. Tous ces coûts ne sont pas reflétés dans le prix de l'alimentation. Et en réalité, on paie malgré tout ces coûts infligés à la collectivité en impôts, on paie en soins de santé, on paie et les générations futures vont payer les dommages environnementaux. Quelqu'un, à un moment donné, doit supporter ces coûts ».

    Du simple au double

    Selon les estimations et les pays, pour un euro dépensé, les coûts cachés sont de un à deux euros. L'utilisation de pesticides augmente les risques de cancer, et les agriculteurs sont d'ailleurs les premiers touchés, et cela engendre des frais de santé. Les pesticides polluent aussi les nappes phréatiques. Il faut donc compter tous les coûts de dépollution, de traitement des eaux. Et puis quand votre eau du robinet est contaminée, et que vous devez acheter de l'eau en bouteille, cela aussi a un prix.

    Un tiers de ces coûts cachés concernent les dépenses de santé, près de la moitié l'environnement, et le reste l'économie. Si les risques de l'acétamipride, cette molécule que veut réintroduire le sénateur Laurent Duplomb, pour la santé humaine sont débattus, on est en revanche certain que les abeilles n'apprécient pas trop. Et ces valeureuses pollinisatrices ont une valeur : les services qu'elles rendent à l'agriculture, gratuitement, sont estimés à 150 milliards d'euros dans le monde.

    Puissants lobbys

    On n'utilise pas les pesticides pour le plaisir mais il existe d'autres modèles que l'agriculture intensive, industrielle, qui fait la course à la productivité : l'agriculture biologique et l'agroécologie, respectueuses de l'environnement, des consommateurs et des agriculteurs. Derrière le sénateur Duplomb, membre de la FNSEA, le puissant syndicat agricole français, ses détracteurs pointent le poids des lobbys de l'agro-industrie, qui ont tout intérêt à défendre un modèle productiviste pour continuer de vendre les produits chimiques que les paysans dispersent dans leurs champs et finalement dans la nature. « On sous-estime le poids très important des grands lobbys de l'agrochimie et des firmes semencières dans le développement des politiques publiques, dénonce Olivier de Shutter. Ne nous trompons pas de diagnostic, on n'est pas aujourd'hui dans une situation de rareté. L'impératif n'est pas d'augmenter la production, même si c'est le discours que ces lobbys très influents continuent de tenir ».

    D’ailleurs Laurent Duplomb s'entête et espère arriver à ses fins, après la censure de certaines dispositions de sa loi par le Conseil constitutionnel l’été dernier. Il a déposé une nouvelle proposition de loi le 3 février, une semaine avant le débat organisé à l'Assemblée nationale. Une ultime provocation, doublée d'une cruelle ironie : c'était la veille de la Journée mondiale contre le cancer.

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  • Géothermie: y a-t-il de l'électricité sous nos pieds?
    2026/02/10

    La chaleur issue de la Terre est une source d'énergie infinie et durable. Elle reste encore très marginale malgré son potentiel face à la crise climatique.

    Sous nos pieds, il n'y a pas que du pétrole ou du charbon. La Terre, notre planète Terre, produit naturellement de la chaleur, qui reste encore très largement sous-exploitée. La production d’électricité par la géothermie, la chaleur du sol, représente moins de 1% de la production totale dans le monde. Il s’agit pourtant d’une énergie abondante, disponible et infinie, offerte par la planète. « On a une chaleur qui s’est mise en place au moment de la création de la Terre en tant que planète, qui se diffuse progressivement du centre de la Terre jusqu’à la surface. Et puis essentiellement dans la partie superficielle, c’est-à-dire la croûte, on a de la décroissance radiogénique : des atomes sur le temps long qui, en se cassant, libèrent de l’énergie en même temps », explique Damien Bonté, ingénieur et responsable de filière Géothermie au BRGM, le Bureau de recherche géologique et minière, un organisme public français.

    C’est ainsi que plus on descend, plus il fait chaud. En Europe, quand on creuse, on gagne 3°C tous les 100 mètres, 30°C à chaque kilomètre. Il y a des régions où la terre est beaucoup plus chaude beaucoup moins profondément, notamment les régions volcaniques. Le Kenya, champion africain de la géothermie, produit ainsi près de la moitié de son électricité. La France, elle, possède une centrale électrique géothermique en Guadeloupe, au pied du volcan de la Soufrière.

    Chaleur propre

    On distingue deux types de géothermies. D’abord la géothermie de surface, jusqu'à 200 mètres, qui sert pour le chauffage des maisons, avec les pompes à chaleur. C’est la géothermie profonde qui permet de produire de l'électricité : il faut une chaleur sous-terraine d'environ 200°C ; il faut donc forer en profondeur, et la géothermie a bénéficié des avancées technologiques de l’industrie pétrolière. « On fore assez facilement à 3 kilomètres, précise Damien Bonté. Les choses se compliquent généralement dès qu’on commence à dépasser ces 3 kilomètres. C’est encore un sujet de recherche et d’innovation pour trouver des solutions qui permettent d’accéder à ces ressources éventuellement profondes qui pourraient fournir d’autant plus d’énergie et de chaleur ».

    L’intérêt de la géothermie s’affirme à l’heure de la crise climatique, parce qu’il s’agit d’une énergie abondante et propre. Certes, la géothermie profonde peut provoquer une activité sismique et peut aussi polluer les nappes phréatiques – des risques, assure le BRGM, aujourd'hui maîtrisés. Pour le reste, elle n'émet pratiquement pas de CO2. C'est une énergie renouvelable, encore plus durable que le solaire ou l'éolien, tout le temps disponible, « 24 heures sur 24, sans effet climatique à la différence du solaire et de l’éolien qui sont considérés comme des énergies intermittentes. On utilise une énergie inépuisable », rappelle Damien Bonté, du Bureau de recherche géologique et minière

    Remplacer le gaz et le charbon

    Malgré ses qualités, la géothermie reste une énergie sous-exploitée, comme le souligne un rapport publié lundi 9 février par Ember, un groupe de réflexion sur la transition énergétique. En Europe, la géothermie pourrait remplacer 42% de l'électricité produite actuellement par le gaz et le charbon (des énergies fossiles), pour un coût comparable, et sans subir la volatilité des prix des matières premières. Ember a identifié plusieurs pays aux sous-sol prometteurs : la Hongrie, la Pologne, l'Allemagne et la France.

    La géothermie pourrait aussi couvrir les deux tiers des besoins énergétiques attendus des datacenters, les centres de données particulièrement gourmands en électricité. L'énergie, c'est ce qui fait avancer le monde, et dans un monde qui se réchauffe à cause des énergies fossiles, la géothermie ne devrait plus nous laisser froid.

    À écouter aussiSur l'archipel des Açores, la géothermie comme solution vers l'indépendance énergétique

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  • Y aura-t-il encore des JO d'hiver dans 50 ans?
    2026/02/09
    Les Jeux olympiques de Milan-Cortina se déroulent sous la pression de la crise climatique. Le manque de neige provoqué par le réchauffement de la planète pourrait à terme menacer les compétitions de ski. Ce n’est pas la première fois que Cortina d’Ampezzo accueille les Jeux olympiques d’hiver. La station de ski des Dolomites, dans le nord de l’Italie, organisait déjà la compétition en 1956. Soixante-dix ans plus tard, des critiques se font désormais entendre sur l'impact environnemental de ces JO présentés pourtant comme « les plus responsables ». En 70 ans, la température là-bas, ou plutôt là-haut, a augmenté de 3,6°C, illustrant l’intensité du réchauffement climatique et les menaces qu’il fait aussi peser sur les Jeux olympiques d’hiver, qui ont besoin de neige et de froid. Le réchauffement climatique est généralement plus visible et plus rapide en montagne. « Ce sont des zones moins influencées par la présence de l'océan, explique à propos des Alpes françaises Carlo Carmagnola, chercheur associé à Météo France, au Centre d'étude de la neige. Il n’y a donc pas assez d’atténuation des écarts thermiques à cause des masses d’eau. Cela n’empêchera pas la possibilité d’avoir de très bonnes saisons de neige. Mais la probabilité d’en avoir est plus faible par rapport à celle d’aujourd’hui, qui est plus faible par rapport à celle des années passées. » C'est surtout en basse et moyenne altitude que la neige tend à disparaître, en dessous des 2 000 mètres. À terme, la saison des sports d'hiver devrait être raccourcie de deux mois – en 50 ans, on a déjà perdu un mois d'enneigement. À écouter aussi« Aucune évaluation environnementale stratégique »: aux JO de Milan-Cortina, la colère des écologistes De la neige par hélicoptère La situation ne devrait pas s'arranger si on n'arrive pas (ou si on n'essaie pas) à réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Des chercheurs ont d'ailleurs fait le calcul : sur la trajectoire actuelle du réchauffement, parmi les 21 villes qui ont accueilli les Jeux olympiques d'hiver depuis 1924, seules quatre pourraient organiser la compétition en 2050, et même une seule en 2080, Sapporo au Japon. Face au manque de neige, les JO ont déjà expérimenté des solutions radicales, comme à Vancouver en 2010 : on était allé jusqu’à verser de la neige fraîche sur les pistes par hélicoptère… Les derniers JO d’hiver à Pékin étaient garantis 100% neige artificielle. Cette année, en Italie, on devrait utiliser quelques 2 millions de m3 d'eau pour fabriquer cette neige de production, comme on l'appelle aussi. D'immenses réserves d'eau ont dû être construites dans la montagne. Au risque d’entrer en conflit avec d’autres usages, comme l’eau potable. « On arrive à faire deux m3 de neige avec un m3 d’eau, ou un peu moins dans la pratique, puisqu’il y a des pertes. Il peut y avoir, et il y en a déjà, des tensions liées à l’eau. On bloque de l’eau, qui est ensuite restituée en bonne partie par la fonte. Mais cela change le bilan hydrologique parce qu’on la stocke », souligne Carlo Carmagnola. Les canons à neige artificielle ne seront d’ailleurs pas toujours la solution miracle : « On peut mettre des enneigeurs un peu partout mais si on n’a pas le froid pour les faire tourner, cela ne servira à rien. » 3,5 millions de tonnes de glace perdues Le bilan carbone de ces Jeux olympiques de Milan-Cortina est estimé à près d’un million de tonnes de CO2, ce qui représente, par exemple, 950 000 Paris/New York en avion. Un tel bilan pèse dans la crise climatique, et des chercheurs ont estimé que ces JO entraineraient la perte de plus de 3,5 millions de tonnes de glaciers. C’est le serpent qui se mord la queue : les JO accentuent le réchauffement climatique et aggravent donc le manque de neige dont ils souffrent. Mais dans le bilan carbone des jeux, et c'est valable pour tous les grands évènements, ce sont les transports et les infrastructures qui pèsent le plus. « Ce n’est pas tant la compétition en tant que telle, ce n’est pas tant la neige qu’on produit, c’est essentiellement le fait qu’il y ait beaucoup de gens qui bougent, qui se déplacent en avion, à quoi s’ajoute l’hébergement, etc. Si le même nombre de personnes se déplaçait et qu’on ne fasse pas de ski, l’impact CO2 serait presque identique. La question n’est donc pas les JO ; c’est la mobilité, le transport et globalement le tourisme », résume Carlo Carmagnola de Météo France. On en reparlera encore quand viendront les Jeux olympiques d'hiver 2030, en France. D'ici là, on aura peut-être gagné des médailles, et sûrement quelques dixièmes de degrés.
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  • Trump et les éoliennes: pourquoi tant de haine?
    2026/02/05

    Ardent défenseur des énergies fossiles, le président des États-Unis attaque les énergies renouvelables. Les compagnies pétrolières et le gouvernement américain auraient même mené une campagne d'influence au sein du parlement européen.

    On s'était dit que ça faisait longtemps qu'on n'avait pas parlé ici de Donald Trump, et puis l'actualité est venue à notre secours. C’était il y a trois jours : la justice américaine, sans se prononcer sur le fond, a autorisé la reprise du chantier d’un parc éolien en mer, face à New York. Il s'agit de la cinquième décision de justice en ce sens depuis que Donald Trump a décidé de bloquer tous les projets d’éoliennes signés sous la présidence Biden.

    Donald Trump a un problème avec les éoliennes. À l'origine, il y a visiblement un traumatisme indépassable : il y a 5 ans, Donald Trump n’avait pas pu empêcher la construction d’un parc éolien en mer juste en face d’un de ses terrains de golf en Écosse… Les éoliennes, il trouve ça laid. Et il l’a encore répété il y a quelques jours, dans l’une de ses déclarations sorties de nulle part. « C’est la pire et la plus chère des énergies qui existe, et l’Europe est en train de se détruire avec ces stupides éoliennes qu'elle installe partout dans ses magnifiques régions qui possèdent certains des plus beaux paysages du monde, et elles ne font que détruire… », déclarait-il en mode « de quoi je me mêle », comme il l’avait déjà fait quelques jours plus tôt au Forum économique mondial de Davos.

    Domination énergétique américaine

    Mais pour Donald Trump, il n’y a pas que la dimension esthétique qui l’intéresse, ce n’est pas qu’une question de bon goût (et on sait qu’il s’y connait). Le problème des éoliennes, c’est qu’elles ringardisent ses chéris : le pétrole et le charbon. En Europe, les énergies renouvelables (solaire et éolien) ont produit pour la première fois l’an passé plus d’électricité que les énergies fossiles. Ce qui va à l’encontre de la Stratégie de sécurité nationale des États-Unis, adoptée il y a quelques semaines. « L'objectif aujourd'hui de l'administration Trump et de Donald Trump est d'asseoir la domination énergétique. C'est un terme qui est repris dans cette Stratégie nationale de sécurité et donc de s'assurer que l'industrie fossile américaine ait des débouchés. Et c'est en ce sens que Donald Trump se prononce contre les énergies renouvelables en Europe », décrypte Swann Bommier, le directeur du plaidoyer de l’association écologiste française Bloom.

    Lobbies et ingérence

    Une forme d’ingérence qui s’est concrétisée récemment au Parlement européen, selon les accusations publiées ce matin par Bloom, quand une alliance entre la droite et l’extrême droite a vidé de sa substance la directive sur le devoir de vigilance des entreprises – un texte qui engage les entreprises à prévenir notamment les atteintes à l’environnement et à respecter l’engagement européen de neutralité carbone en 2050. « On a eu tout au long de l'année 2025 une offensive concertée des lobbies de l'industrie fossile américaine et de l'administration Trump pour torpiller le devoir de vigilance. Certaines de ces entreprises se sont alliées dans une alliance qui réunissait ExxonMobil, Chevron, mais aussi TotalEnergies. Et ensemble, ces entreprises portaient auprès des parlementaires une stratégie selon laquelle le Parlement européen devait détruire le devoir de vigilance dans une alliance de droite et d'extrême droite, ce qui était du jamais vu », détaille Swann Bommier.

    L’ONG Bloom pointe en particulier le rôle joué par le rapporteur parlementaire de cette directive, l’eurodéputé suédois de droite Jörgen Warborn, un homme qui a multiplié les contacts avec le lobby pétrolier. « Jörgen Warborn a été le relais, le cheval de Troie des entreprises américaines et de l'ingérence américaine, puisqu'il a repris à son compte leur stratégie », accuse encore Swann Bommier. L’union des droites se porte bien, l'internationale climatosceptique aussi, la planète sûrement un peu moins.

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  • Comment les pollutions sonores et lumineuses affectent-elles le vivant?
    2026/02/04
    Humains, oiseaux, baleines ou plantes, nous sommes tous victimes des excès de bruit et de lumière qui accompagnent la présence humaine sur la planète, dans les villes en particulier. Elles ne figurent pas au menu du « Giec de la pollution », le groupe d’experts et de politiques sur la pollution chimique qui tient sa première réunion cette semaine à Genève. Et pourtant… Les pollutions sonores et visuelles sont elles aussi sources de quelques dégâts pour le vivant. Commençons par nous, humains, avec la pollution sonore, et avec un exemple tout bête, et vraiment bête : une moto qui traverse Paris la nuit, avec un pot d'échappement troué, réveille 300 000 personnes. La pollution sonore est source de stress et de maladies cardio-vasculaires. Rien qu'en Europe, le bruit provoque 20 000 décès prématurés chaque année. À lire aussiSous les vagues, la pollution sonore Le bruit perturbe aussi les autres animaux. Et en particulier les oiseaux, comme le merle qu’on commence à entendre très tôt le matin à Paris. Serait-il insomniaque ? « Les chants servent à deux choses : "Je suis chez moi, je ne veux pas que tu rentres chez moi". Ça sert aussi à dire à une femelle qui passerait : "Je suis tout seul"… pas besoin de faire un dessin, sourit Frédéric Malher, ornithologue à la LPO, la Ligue pour la protection des oiseaux. Donc les merles chantent plus tôt le matin à cause du bruit, ou plutôt de l’absence de bruit. » Plus fort ou plus aigu Pour dépasser le bruit des voitures, d'autres oiseaux, comme le rossignol, chantent plus fort. La mésange charbonnière, elle, chante plus aigu, « parce que le bruit de fond de la ville est dans les graves. Donc la mésange charbonnière a une note de son chant plus haute en ville », explique Frédéric Malher. Mais toutes ses stratégies déployées par les oiseaux en ville représentent « semble-t-il une dépense d’énergie supplémentaire ». En mer aussi, la pollution sonore perturbe la communication. Et à cet égard, on est loin du Monde du silence, comme le commandant Cousteau avait baptisé les mers et les océans. « Le son circule cinq fois plus plus vite que dans l’air. Surtout, les océans sont un open-space, il n’y a pas de barrière qui limite le son. Les baleines bleues, par exemple, vont pouvoir communiquer à plus de 100 kilomètres de distance, probablement jusqu’à 1000 kilomètres, selon certains chercheurs », explique Olivier Adam, bio acousticien à l'Université Paris Sorbonne. Pertes de repères Mais le bruit des bateaux, des sonars militaires ou des éoliennes est lui aussi sans limite. Et les conséquences peuvent être mortelles pour les cétacés, les baleines ou les cachalots. « Si les intensités sonores sont trop fortes et qu’ils ont une perte même temporaire de leur système auditif, ils perdent tout moyen de se repérer et peuvent aller s’échouer très facilement. Pour des baleines grands plongeurs comme les baleines à bec qui descendent à deux ou trois kilomètres de profondeur pour s’alimenter, elles peuvent remonter trop vite "en mode panique" et avoir des problèmes irréversibles au niveau de la décompression », souligne Olivier Adam. À lire aussiFrance: le bruit, une pollution qui coûte plus de 150 milliards La colonisation de la planète par l’espèce humaine engendre une autre pollution : la pollution lumineuse rendue possible grâce à la fée électricité. Une pollution à laquelle les oiseaux migrateurs sont particulièrement vulnérables. « Elle peut détourner ces oiseaux parce qu’ils sont attirés par la lumière, précise Frédéric Malher de la LPO. Quand il y a du brouillard, ils sont complètement perdus et c’est à ce moment-là qu’on peut avoir des massacres d’oiseaux qui se sont précipités sur les vitres des bâtiments parce qu’ils sont perdus dans un brouillard lumineux où il n’y a plus du tout de repères. » Le progrès nous aveugle Les lumières de la ville perturbent aussi les plantes. « Une plante éclairée la nuit ne repère pas que c'est la nuit. Donc elle continue sa vie, elle continue sa photosynthèse et produit donc un excédent de sucre, racontait pour « C’est dans ta nature » Louis Gerin, qui avait mis au point un lampadaire sans lumière bleue, la plus nuisible au vivant. Avec la lumière, il y a plein d'insectes. Et comme c'est plus sucré, ils viennent la voir ! Et comme elle ne peut pas dormir la nuit, elle est encore plus fatiguée, elle s'épuise et se retrouve plus vulnérable face aux parasites et aux maladies. » Humains, nous sommes nous aussi plus vulnérables face à la lumière artificielle. Les leds, les lampes nouvelles générations, certes économes, abiment la rétine et notre vue vieillit plus vite. Parfois le progrès nous aveugle.
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  • Pourquoi «le Giec de la pollution» arrive-t-il aussi tard?
    2026/02/03

    Le Groupe intergouvernemental scientifique et politique sur les produits chimiques, les déchets et la pollution se réunit pour la première fois cette semaine, alors que le phénomène est aussi vieux que la Révolution industrielle du XIXe siècle et tue plus que les guerres, le sida ou la crise climatique.

    Une grande première pour une tragédie ancienne. La première réunion du Groupe intergouvernemental scientifique et politique sur les produits chimiques, les déchets et la pollution a commencé lundi 2 février 2026 à Genève, en Suisse. On le surnomme « le Giec de la pollution », en référence au groupe des experts internationaux sur le climat, qui publiait son premier rapport en 1990, un quart de siècle après les premières études scientifiques sur le changement climatique provoqué par les activités humaines. Le Giec de la pollution arrive bien plus tard. Est-ce trop tard ?

    On sait que la pollution, également d’origine anthropique, existe depuis le début de la Révolution industrielle, quand les feuilles des arbres se couvraient de noir à cause du charbon. L’écrivain britannique Charles Dickens évoquait déjà le fameux smog londonien, ce brouillard provoqué par les poussières industrielles, dans un roman publié au milieu du 19e siècle.

    9 millions de morts par an

    La pollution n’est pas un phénomène récent et ses effets sur la santé ne sont pas négligeables. On commence à mourir du climat, mais on meurt déjà beaucoup et depuis longtemps de la pollution. Elle provoque chaque année 9 millions de morts prématurées dans le monde, plus d'un décès sur dix. La pollution tue plus que les guerres, le sida, ou même le climat. La crise climatique ne tue « que » 600 000 personnes par an. Et alors qu’on parle beaucoup des Cop, les sommets pour le climat, alors qu’il existe aussi des Cop sur la biodiversité et sur la désertification, la pollution, les pollutions, elles, passent un peu en-dessous des radars, alors que les constats sont tout aussi alarmants.

    Plusieurs dizaines de milliers de produits chimiques sont en circulation sur la planète – on peut à cet égard saluer la créativité humaine. Il y a tous ces mots qu’on entend presque chaque jour, désormais : plastique, microplastiques, particules fines, PFAS, les fameux polluants éternels qui s’immiscent partout et pour toujours. On boit des PFAS et on mange des pesticides. À tel point qu’aujourd’hui, on est tous contaminés. On a des microplastiques dans le cerveau. On nait déjà contaminé. Oui, les bébés naissent déjà le corps pollué…

    On consomme de la pollution

    D'ailleurs on n'est pas sûr d'en mourir, ou alors pas tout de suite, on peut juste être malade de la pollution. On en est venu à inventer une expression : les cancers environnementaux. Un autre chiffre suffit à mesurer l'ampleur du problème : les maladies provoquées par une exposition aux produits chimiques représentent plus de 10% du produit intérieur brut mondial, plus de 10 000 milliards d’euros par an.

    Comment s’explique alors cette relative indifférence ? Sur le climat, il y a un ennemi identifié, le CO2 et les producteurs d'énergies fossiles. Mais sur la pollution chimique, il y a des milliers et des milliers de coupables. Les données et les études sont dispersées. Les scandales multiples mais isolés, microéconomiques. Le principe de précaution est à géométrie variable. Enfin les lobbies sont beaucoup plus nombreux, présents dans de nombreux secteurs : l'automobile, l'agriculture, l'agroalimentaire, les emballages, les vêtements, les produits de beauté... Partout il y a de la pollution chimique, dans tout ce qu'on consomme au quotidien. S'y attaquer, c'est aussi, d'une certaine manière, remettre en cause nos habitudes de consommation et notre mode de vie. C'est réaliser que cette belle idée du progrès recouvre une réalité beaucoup plus sale.

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  • Restera-t-il des chênes dans cinquante ans?
    2026/02/02

    L'un des arbres les plus répandus en Europe (et dans tout l'hémisphère nord) est-il armé face au réchauffement climatique ? Quinze millions d'années d'évolution lui confèrent quelques atouts.

    Il est le roi des forêts européennes, l'un des arbres qu'à peu près tout le monde est capable d'identifier. On a toujours un chêne près de chez soi. « Un jour je me suis amusé à estimer le nombre de chênes en France, et on arrive à plusieurs milliards, en y incluant les petits semis évidemment, explique Antoine Kremer, directeur de recherche émérite à Biogeco à l'université de Bordeaux, spécialiste de l’évolution des arbres et en particulier du chêne. Vous n’êtes jamais très loin d’un chêne si vous êtes en France, à moins de quelques kilomètres, mis à part si vous êtes en haute altitude. Et c’est vrai aussi en Europe. On ne s’en rend pas compte mais c’est quelque chose qui nous est très proche ».

    Face au réchauffement climatique, ce monument forestier a quelques atouts. D'abord, le chêne est l'un des arbres à la plus grande diversité génétique, rendue possible par les échanges entre individus, grâce au pollen, et même entre espèces – rien qu'en Europe on compte une trentaine d'espèces de chêne. Et la diversité génétique, c'est un grand avantage. « Quand il y a une crise environnementale, si tout le monde est pareil génétiquement dans une population, la probabilité est forte que cette population s’éteigne. En revanche, si vous avez une forte diversité, la probabilité pour qu’au sein de cette population il y ait des individus qui résistent est beaucoup plus élevée. Cette diversité est une espèce d’assurance vis-à-vis de l’avenir », souligne Antoine Kremer.

    La lutte pour la vie

    La force du chêne, c'est donc son nombre, et son âge aussi. Le chêne a 15 millions d'années, autant dire qu'il a vu passer des changements climatiques, des alternances de froid et de chaud. Les plus résilients ont survécu et se sont répandus, par la sélection naturelle. « En fait il a fait le yoyo en termes de migrations, raconte Antoine Kremer. Quand il faisait chaud, il est resté présent dans toute l’Europe tempérée, mais quand il faisait froid, quand la moitié de l’Europe était couverte de glaciers, les chênes se sont retrouvés dans le sud de l’Europe. Et dès que le climat s’est réchauffé, ils ont migré vers le nord. C’était la lutte pour la vie, en quelque sorte. C’est celui qui colonisait le plus vite qui s’en est sorti à chaque fois ».

    Les arbres migrent, ce qui peut sembler paradoxal puisque ce qui différencie les plantes des animaux, c'est leur incapacité à bouger, à fuir un danger... Mais les arbres ont quelques alliés pour transporter leurs graines, les glands en l'occurrence : des oiseaux, des mammifères, les rivières et mêmes les humains qui se nourrissaient de glands. Cette migration est encore à l'œuvre aujourd'hui. On voit par exemple le chêne vert, présent en Méditerranée, se déplacer vers le nord. On le retrouve aussi le long de la côte Atlantique « mais juste sur deux ou trois kilomètres le long de la côte, où un microclimat lui permet de se maintenir. Quand vous regardez dans ces forêts-là, il migre vers l’intérieur, vers l’est, de manière assez vigoureuse. Parmi les espèces qui sont appelées à se développer numériquement dans le contexte du changement climatique, à cause de leur meilleure adaptation à la sécheresse, il y a notamment le chêne vert, et également le pin maritime ». Le problème, c'est que la vitesse du réchauffement climatique actuel, le seul provoqué par l'homme, est beaucoup plus rapide que la vitesse de migration du chêne. Des arbres disparaîtront, mais le chêne sera toujours là. Il y aura toujours des forêts, mais sûrement moins dans le sud…

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