エピソード

  • Froid, neige et verglas en France: a-t-on oublié ce qu'était l'hiver?
    2026/01/08

    Avec le réchauffement climatique, les températures négatives sont désormais exceptionnelles. Il n'y a plus de saison et de moins en moins de « vrai hiver », alors que le gel a des avantages.

    Il a neigé sur la France, le froid s’est abattu sur le pays. Des températures négatives, du verglas, de quoi faire les gros titres des journaux et des chaînes télé d’information s’alarmant d’une « vague de froid » frappant la France – et visiblement cela fait mal à la France. L’hiver n’aurait ainsi pas commencé le 21 décembre, mais le 5 janvier, à en croire une journaliste de la télévision : « Il n’aura fallu cet après-midi que quelques heures pour faire basculer l’Île-de-France dans l’hiver et la galère. »

    Dans un reportage, de jeunes filles s’exclament : « C’est vrai qu’il fait super froid ! ». Tandis qu’un éditorialiste économique nous dit le prix du froid : « Rassurez-vous, une vague de froid, ça coûte moins cher qu’une canicule. » Pas de quoi nous rassurer en fait, puisqu'il y a désormais en France, et plus généralement sous climat tempéré, plus de canicules que de vagues de froid de plus en plus rares.

    L'expression « vague de froid », un raccourci de langage sensationnaliste, est d’ailleurs inappropriée. On ne décrète pas une vague de froid, car il y a des critères à remplir, et par exemple une moyenne nationale de –2°C. « Mais nous n’avons pas atteint une moyenne nationale de –2°C, ce qui fait qu’en fait ce que nous avons n‘est pas une vague de froid et ne peut pas être comptabilisé comme un épisode exceptionnel », souligne l'agroclimatologue Serge Zaka.

    Premier froid, première fois

    Aurait-on ainsi perdu l'habitude du froid ? Certains sont trop jeunes pour avoir connu l'hiver 1985, où il faisait –25°C au petit matin. La probabilité qu'un tel événement se reproduise aujourd'hui est d’ailleurs de 1 %. La dernière vague de froid en France remonte à 2018 et il y en a de moins en moins. Si on regarde l'année 2025, on a battu dans tout le pays 724 records de chaleur et seulement 60 de froid : c'est cela le changement climatique. On ne sait plus ce qu’est le froid.

    « Toutes les personnes qui ont en dessous de 25 ans, donc qui sont nées après 2000, ont l’habitude d’avoir des hivers doux et peu de vagues de froid, estime Serge Zaka. Pour certains, avoir autant de neige et voir qu’il fasse aussi froid, c’est la première fois de leur vie. Et on oublie au fil des générations ce qu’on appelle un vrai hiver en France. »

    Moins de froid l’hiver ne serait a priori pas un problème pour les humains, dont le corps préfère les températures modérées. Mais le gel est parfois bien utile pour éviter les maladies. « Le manque de froid de plus en plus prégnant en hiver implique une faible mortalité des pucerons, des mouches et des moustiques, des vecteurs de maladies, rappelle Serge Zaka. Donc s’il y a peu de gel et pas assez de froid, on a une reproduction latente de maladies, voire une surpopulation au printemps parce que le gel n’a pas, comme on disait dans les années 1970, nettoyé la vermine. »

    Adieu pommes, pêches et abricots

    Certains végétaux ont même besoin de froid, qui permet aux plantes et aux arbres de se reposer. Un repos de moins en moins fréquent avec le réchauffement climatique. Et pour avoir des fruits l'été, il faut du froid l'hiver. « L’hiver n’est pas là par hasard. Pour fleurir, nos arbres ont besoin de froid. C’est ce qu’on appelle la vernalisation, les besoins en froid pour fleurir. Lorsqu’il ne fait pas suffisamment froid, on peut avoir des problèmes de floraison au printemps, voire pas du tout de floraison, et c’est problématique si cela concerne des pommiers, des pêchers ou des abricotiers puisque dans ce cas-là il n’y a pas de fruit », explique Serge Zaka.

    L’épisode de froid que vient de subir la France est donc une bonne nouvelle : sauf gel tardif au printemps, il y aura plein de pêches et d’abricots cet été.

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  • Pourquoi la fonte des glaces du Groenland menace l'humanité (et ferait les affaires de Trump)?
    2026/01/07
    Le territoire convoité par le président des États-Unis renferme un riche sous-sol. Si la fonte de ses glaciers pourrait rendre exploitables ses sols et ses minérais, elle pourrait également rayer de la carte des centaines de milliers de villes du monde entier. C’est un territoire convoité et immense. Le Groenland s’étend sur 2 millions de kilomètres carrés, soit un territoire presque quatre fois plus grand que la France. C’est aussi, et surtout, la deuxième plus grande masse de glace sur terre après l'Antarctique, au pôle opposé. Cette masse commence à fondre et pourrait provoquer, à terme, une hausse considérable du niveau des océans. Contrairement à la banquise, qui flotte comme un glaçon, la calotte glaciaire du Groenland se trouve, par définition, au-dessus de la terre, et c'est ce qui fait toute la différence. « Au Groenland, on a des masses tellement importantes, des volumes considérables, qui recouvrent la totalité de cette île. On parle donc dans ce cas-là de calotte glaciaire qui peut avoir plusieurs centaines de mètres d’épaisseur. On estime donc que la masse complète du Groenland pourrait faire lever le niveau des océans de plusieurs mètres, de l’ordre de 5, 6 ou 7 mètres », explique Glenn Yannic, enseignant-chercheur à l'université Savoie-Mont-Blanc. La fonte de la calotte glaciaire provoque la hausse du niveau des océans, et non pas la banquise qui fond chaque été en Arctique. « La banquise, lorsqu’elle fond, c’est comme lorsque vous mettez un glaçon dans un verre et que vous remplissez l’eau à ras bord, le glaçon va fondre et ne fera pas augmenter le niveau de l’eau », poursuit Glenn Yannic, qui travaille sur le Groenland. À lire aussiConvoitise américaine sur le Groenland: tour d'horizon des enjeux Réchauffement accéléré Une hausse des océans de 5 à 7 mètres à la fin du siècle serait énorme, et cela signifie la disparition de centaines de milliers de villes des littoraux du monde entier : des millions et des millions de personnes en seraient concernées. L'hypothèse est de plus en plus crédible, parce que le Groenland est l'une des régions du monde qui se réchauffe le plus vite. Au printemps dernier, les glaciers ont fondu 17 fois plus vite que la moyenne, avec des records de chaleur. Une étude publiée par des scientifiques américains lundi 5 janvier dans la revue Nature Geoscience vient de refroidir tout le monde, sans jeu de mot. Grâce à des prélèvements de calottes glaciaires, les chercheurs « ont pu déterminer qu’il y a 7 000 ans la température était supérieure de 3°C à 5°C à la température actuelle qui sévit au Groenland. Ils ont pu montrer que c’était une partie du nord du Groenland qui était dépourvue de glace. C’est tout l’intérêt de cette étude, et c’est pour cela qu’elle a un tel retentissement : 3°C à 5°C, on y est presque, on est à bout touchant. À la fin du siècle, on peut prédire que la totalité de la glace qui recouvre actuellement le Groenland aura fondu », détaille Glenn Yannic. Dans le viseur de Trump Sous la glace actuelle du Groenland, dans le sous-sol, se trouvent des richesses naturelles qui intéressent vivement Donald Trump. Ivre de sa puissance et de son appétit de prédateur, le président des États-Unis n'arrête pas de le répéter depuis l'enlèvement du président vénézuélien déchu Nicolas Maduro : après le pétrole vénézuélien, il vise le Groenland, pour des questions de « sécurité nationale ». Il y a aussi dans son viseur les richesses naturelles du territoire : les hydrocarbures, les minerais, et même l'eau, si pure qu’elle vaut de l'or. Terrible paradoxe si Donald Trump arrivait à ses fins : le plus puissant négationniste de la crise climatique pourrait profiter du réchauffement climatique. « Cette accélération de la fonte de la calotte glaciaire va libérer des espaces et va faciliter l’accès à certains gisements miniers, estime Glenn Yannic. Il faut savoir que cette recherche de minerais et d’hydrocarbures, et leur exploitation, sont des dossiers qui ont déjà été soumis au gouvernement du Groenland qui a décidé, il y a quelques années, de mettre un moratoire sur cette exploitation. » Un arrêt de la prospection pour préserver l’environnement. Le Groenland résiste, mais jusqu'à quand ? À lire aussiGroenland: après les propos de Trump, les députés français demandent plus de fermeté de la France et de l'UE
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  • Pourquoi la tech menace-t-elle la planète?
    2026/01/06
    Alors que s'ouvre à Las Vegas le CES, le plus grand salon au monde consacré à l'électronique grand public, quels sont les risques que font peser les nouvelles technologies sur le climat et l'environnement ? C’est le grand rendez-vous mondial de tous les geeks et autres passionnés d’innovations technologiques : le CES, organisé chaque année à Las Vegas aux États-Unis. Les nouvelles technologies, plus si nouvelles d'ailleurs pour certaines, sont un moteur indéniable de croissance économique. Elles ont aussi leur utilité pour l'environnement, mais à quel prix ? La course à la nouveauté, célébrée à Las Vegas, entraine une surconsommation souvent délétère. À lire aussiLes start-ups marocaines, véritables pépites du CES de Las Vegas Les déchets, d’abord, sont un problème planétaire. Quand ils ne finissent pas dans la nature, nos vieux téléphones dorment dans un tiroir. Rien qu'en France, il y en aurait 50 millions, alors que 80 % des composants pourraient être récupérés. Dans le monde, les déchets électroniques augmentent ainsi cinq fois plus vite que leur recyclage, alors que les smartphones contiennent quantité de métaux plus ou moins précieux, comme l’or, l’argent et ce qu’on appelle les métaux rares. Terres rares, pollution fréquente On parle de terres rares parce qu’il faut forer en quantité pour isoler quelques grammes de ces métaux indispensables à la tech. Pour un ordinateur qui pèse 2 kilos, il faut extraire 800 kilos de matières premières, dont ces fameuses terres rares. Leur exploitation n’est pas anodine pour l’environnement. « C’est d’abord un trou dans le sol, ça s’appelle une mine. Le raffinage des terres rares et leur purification sont des processus extrêmement polluants, énergivores, consommateurs d’eau, rejetant toutes sortes de produits chimiques dans l’environnement », explique Guillaume Pitron, journaliste et chercheur associé à l'IRIS, l'Institut des relations internationales et stratégiques. Cette course aux terres rares, au profit notamment de l’industrie numérique, a aussi des conséquences géopolitiques. On parle ici de « colonialisme vert ». « Les États occidentaux ne veulent pas assumer la pollution associée au raffinage et à l’extraction des terres rares et autres métaux critiques et ils sous-traitent à des pays qui acceptent de se polluer. Ce sont en gros les pauvres qui creusent et ce sont les riches qui voudraient tirer le meilleur parti de la ressource mais en ne mettant pas les mains dans le cambouis », constate Guillaume Pitron, qui a écrit un livre intitulé La guerre des terres rares. Crise énergétique La tech présente aussi une lourde facture énergétique. Pour ne parler que des datacenters, les centres de données qui font marcher l'intelligence artificielle, ils représentent aujourd'hui 3 % de la consommation d'électricité mondiale et la hausse est exponentielle. Y a-t-il risque de panne générale d'électricité ? « Les besoins des datacenters sont organisés de sorte que le risque de pénurie d’électricité soit évité, répond Guillaume Pitron. Ces industries ont les moyens de se fournir en électricité mais également de la produire eux-mêmes, avec des fermes solaires ou des miniréacteurs nucléaires. » Pour autant, il peut exister des conflits d'usage et des conflits locaux entre les industriels et les consommateurs comme vous et moi. En Irlande par exemple, plus de 20 % de l'électricité est consommée par les datacenters. Aux États-Unis, le prix de l'électricité augmente à cause des datacenters. On relance les vieilles centrales à charbon, très polluantes. En Inde aussi, on a dû annuler la fermeture de centrales à charbon. Sans parler de la consommation d'eau pour refroidir les serveurs. À lire aussiAu CES de Las Vegas, la tech se révèle enjeu économique et géopolitique mondial Face à ce bilan accablant, que font les entreprises de la tech, alors que leur réputation est en jeu et leur modèle économique aussi ? Elles n’en font pas assez. « Ça ne peut pas être pire qu’aujourd’hui, estime Guillaume Pitron. Les entreprises regardent progressivement ces sujets. Les regardent-elles suffisamment ? Je dirais non. Commencent-elles à s’y mettre ? Oui. Est-ce assez rapide ? Non. Est-ce que leur capacité à répondre à ces enjeux environnementaux va aller suffisamment vite et va aller plus vite que l’accroissement de nos usages ? » À la pointe de l'innovation, la tech aurait ainsi toujours un train de retard.
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  • Qui sont les stars du Muséum national d'Histoire naturelle de Paris, qui fête ses 400 ans?
    2026/01/05

    Le Muséum célèbre cette année son 400e anniversaire. Un lieu dédié à la science et à la connaissance, qui a popularisé au fil des siècles les plantes et les animaux.

    Sa longévité dit tout de son succès, et de l'importance de son rôle pour la science et la connaissance. Le Muséum national d'Histoire naturelle à Paris fête demain ses 400 ans, 400 ans d'histoires, même si en réalité ce 400e anniversaire correspond à la création du jardin royal le 6 janvier 1626 par le roi Louis XIII. Le Muséum prendra sa suite à la Révolution française, en 1793. À l'origine, il s'agit d'un jardin des plantes médicinales, avant l'apparition de la première serre chauffée, sous Louis XIV, pour abriter un plant de caféier reçu en cadeau, et à l'époque c'est un beau cadeau.

    Les expéditions se multiplient dans les pays tropicaux, on en ramène des plantes, exposées pour affirmer sa puissance. « C'est une vitrine de la grandeur de l'État, des moyens de l'État : nous on peut aller au loin, ramener des plantes et les cultiver, raconte Noëlle Parisi, qui dirigea les Grandes serres du Jardin des plantes. C'est une vitrine de ce qu'on est capable de faire. Il faut aussi se mettre à la place des gens de l'époque : voir des végétaux qui poussaient en Amérique ou en Afrique, alors qu'il n'y avait pas d'avion à l'époque, c'était fabuleux ! »

    Diplomatie des plantes et des animaux

    Le Muséum permet de voyager sans bouger mais il a aussi un rôle économique à l'époque. La mondialisation économique a commencé avec les plantes qu'on récupère dans les pays tropicaux et qu'on réintroduit ensuite dans les colonies, comme l'hévéa ou la vanille. Ces plantes tropicales ont besoin de chaleur pour vivre sous le climat parisien, dans des serres chauffées, mais en 1945, juste après la guerre, il y a pénurie de charbon et on doit couper la chaudière. Une seule plante survivra, un palmier des Bermudes, toujours visible aujourd'hui dans l'une des serres du Jardin des Plantes.

    Après les plantes, le Muséum va aussi accueillir des animaux. Après la diplomatie des plantes, il y a la diplomatie des animaux, avec une célèbre girafe, appelée Zarafa, offerte par l'Égypte au roi Charles X. On est en 1826 et elle est la première girafe à mettre une patte en France, arrivée en bateau au port de Marseille. Commence une véritable épopée pour l'animal qui va traverser la France jusqu'à Paris, 880 kilomètres en 41 jours. Zarafa est escortée par des gendarmes à cheval et acclamée par les curieux le long de la route. Et lors de son premier été parisien, 600 000 personnes viennent l'admirer.

    Siam, Kiki et Nénette

    Le Muséum a en effet créé un zoo après la Révolution française, lorsqu'on a récupéré les animaux de la ménagerie du château de Versailles où vivait le roi. Quelques spécimens avaient survécu aux temps troublés, dont un lion et un rhinocéros. Le Muséum créera ensuite au XXe siècle un autre zoo, le zoo de Vincennes, qui a accueilli un célèbre éléphant baptisé Siam (un éléphant d'Asie). Il est toujours visible aujourd'hui dans la Grande galerie de l'évolution du Muséum, naturalisé (empaillé comme on dit couramment) à sa mort à l'âge de 53 ans.

    Une célèbre tortue est également exposée dans la Grande galerie de l'évolution du Muséum : la tortue Kiki, un mâle qui pèsera à la fin de sa vie 250 kilos. On le transportait d'abord dans une brouette avant de devoir utiliser un chariot élévateur. Kiki était une tortue géante des Seychelles, célèbre pour ses grognements impressionnants pendant l'accouplement. Mais beaucoup de bruit pour rien : Kiki n'aura jamais eu de descendance, jusqu'à sa mort à 146 ans.

    Bêtes curieuses

    Et puis il y a Nénette, toujours vivante. Nénette est la star de la Ménagerie du Jardin des plantes. Une femelle orang-outan âgée aujourd'hui de 57 ans. Elle a passé plus de 30 ans en captivité, et elle captive les visiteurs. « Ce qui différencie les animaux des parcs zoologiques des animaux dans le milieu naturel, c'est qu'ils sont tous nés en captivité et donc l'Homme fait partie de leur environnement, expliquait en 2021 Michel Saint-Jalme, directeur à l'époque du zoo du Jardin des plantes. Vous pouvez voir qu'il y a un petit peu de public, et les orangs-outans sont face au public, donc en recherche de contact ». Les bêtes curieuses ne sont peut-être pas celles que l'on croit.

    À lire aussiAu Jardin des Plantes, l'orang-outan «Nénette» fête ses 50 ans!

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  • Climat, environnement, biodiversité: a-t-on des raisons d'espérer en 2026?
    2026/01/01

    À quoi faut-il s'attendre pour cette nouvelle année ? Les émissions de gaz à effet de serre vont-elles diminuer ? Les énergies renouvelables vont-elles poursuivre leur essor ?

    Autant le dire tout de suite, en matière climatique, l'espoir n'est pas le sentiment le mieux partagé sur Terre. L'année 2025 n'a pas été très brillante et l’année qui commence ne devrait pas être meilleure, en tout cas aux yeux des habitants de la planète, selon une enquête réalisée par l’institut de sondage Ipsos dans une trentaine de pays (dont les États-Unis, le Brésil, l’Inde et le Japon). Ainsi, 78% des personnes interrogées anticipent une hausse des températures mondiales et 69% s'attendent à une multiplication des événements météorologiques extrêmes.

    Difficile de leur donner tort, au regard des 12 derniers mois… Mais l'AIE, l'Agence internationale de l'énergie, prévoit une légère baisse des émissions de CO₂ liées à la production d'électricité cette année (moins 1,1%), alors même que la consommation électrique devrait atteindre un nouveau record en 2026, parce que la population mondiale augmente, et parce que les data centers, les centres de données informatiques, sont de plus en plus nombreux et de plus en plus gourmands – l'intelligence artificielle devient un outil du quotidien.

    Électricité propre

    Cette électricité devrait être plus propre, alors que 2025 a peut-être été une année charnière en matière d’énergies renouvelables. Le solaire et l’éolien devraient continuer sur leur lancée, devenir numéro un et ringardiser définitivement le charbon, l'énergie la plus sale.

    Même dans les États-Unis de Donald Trump, le charbon devrait régresser, parce qu'il est moins compétitif, sa production est plus chère que le solaire. Mais l'enjeu premier reste la Chine, responsable pour un tiers des émissions mondiales de CO₂. Les émissions de gaz à effet de serre chinoises ont stagné en 2025 et certains experts prédisent même le pic tant attendu des émissions chinoises pourquoi pas dès cette année.

    Mais les énergies fossiles ont encore le vent en poupe, même si 90% des nouveaux besoins en électricité seront pourvus cette année par les énergies renouvelables. Les pays producteurs de pétrole et de gaz défendent bec et ongle leur gagne-pain. Feront-ils encore échouer le prochain sommet mondial sur le climat, la COP31, qui aura lieu à la fin de l'année en Turquie sous la présidence australienne ? À la COP30 de Belém au Brésil, ils avaient réussi à écarter tout engagement précis de sortie des énergies fossiles, comme ils ont aussi fait échouer à Genève en 2025 les négociations sur une diminution de la production de plastique.

    Un mouton dans un pré

    À part la COP31, parmi les autres grands rendez-vous de cette année qui vient, figure un sommet mondial sur l'eau, organisé en décembre par le Sénégal et les Émirats arabes unis à Abu Dhabi, en faveur d'un accès universel à l'eau, l'un des objectifs de développement durable des Nations-Unies.

    Il y aura aussi un nouveau sommet mondial sur la biodiversité, à Erevan en Arménie au mois d'octobre. Puisqu'il faut garder espoir, signalons l'entrée en vigueur le 17 janvier du traité sur la haute mer, obtenu de haute lutte. Il prévoit la création d'aires marines protégées, ainsi qu'une réglementation des ressources génétiques. C'est aussi cette année que sera choisi le siège permanent du traité : deux villes sont candidates, Valparaiso au Chili et Bruxelles pour l'Union européenne.

    Enfin 2026 a été décrétée par la FAO, l'agence des Nations-Unies pour l'alimentation et l'agriculture, année internationale du pastoralisme. Parce que l'élevage extensif, c'est bon pour la planète, le climat, la sécurité alimentaire et la biodiversité. Et un mouton dans un pré, on trouve ça plus mignon qu'un baril de pétrole.

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  • La crise climatique s'est-elle aggravée en 2025?
    2025/12/31
    En matière d'environnement et de climat, le bilan est globalement négatif pour l'année qui s'achève, malgré quelques bonnes nouvelles. N’entretenons pas un suspens inutile : la crise climatique s'est aggravée cette année. Certes, 2025 ne devrait pas être l'année la plus chaude de tous les temps, mais « seulement » la deuxième ou troisième année la plus chaude. Les canicules ont été phénoménales — 20°C au Groenland –, puis en Arctique il n'a jamais fait aussi chaud et la banquise n'a jamais autant reculé. L'Australie a frôlé les 50°C, et à Dubaï, les habitants ont mis de la glace dans des piscines pour refroidir l'eau. Les catastrophes climatiques se sont multipliées, avec dès le mois de janvier un gigantesque incendie à Los Angeles (plus de 400 morts). La France, elle, a enregistré son plus grand feu de forêt de l'été depuis 50 ans. Il y a eu aussi des inondations meurtrières, aggravées par le changement climatique, comme au Pakistan avec 800 morts. À lire aussiEn 2025, les catastrophes climatiques dans le monde ont causé plus de 120 milliards de dollars de dommages Record de CO₂ Un chiffre résume cette année 2025, celui des émissions de CO₂, le principal gaz responsable du réchauffement climatique : plus de 42 milliards de tonnes de CO₂, un chiffre jamais atteint qui sonne comme un triste anniversaire pour l'Accord de Paris sur le climat, signé il y a 10 ans à la COP21. L'un de ses objectifs, limiter le réchauffement de 1,5°C à la fin du siècle, est bien mal en point. Parce qu'on y est presque : plus 1,48°C en moyenne sur ces trois dernières années, de quoi rendre pessimiste pour la suite. « La vérité, c’est que nous avons échoué à éviter un dépassement de 1,5°C au cours des prochaines années », déclarait en septembre le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. Il y a quand même eu quelques bonnes nouvelles en 2025, comme la ratification du traité sur la haute mer, qui va entrer en vigueur dans quelques jours pour protéger les océans. Le trou dans la couche d'ozone, lui, devrait bientôt se refermer. Et puis les énergies renouvelables ont le vent en poupe, plus 15% cette année. Le solaire et l'éolien ont produit plus d'électricité que le charbon, en particulier grâce à la Chine, qui reste cependant le plus gros émetteur de gaz à effet de serre. À lire aussiCatastrophes climatiques: «Les solutions existent, ce qu'il faut, c'est des décisions politiques» Backlash écologique Un homme a marqué l’année, Donald Trump et son slogan « Drill, baby, drill » (« Fore, bébé, fore »). Donald Trump, l’obsédé du pétrole, du gaz et du charbon, le négationniste de la crise climatique et de la science. Dès son retour à la Maison-Blanche, le 20 janvier, les Etats-Unis ont quitté l'Accord de Paris. Ils ont aussi boycotté le dernier sommet mondial sur le climat, la COP30 de Belém au Brésil en novembre. Même sans les Etats-Unis, la lutte mondiale contre la crise climatique a pu se poursuivre, cahin-caha. Mais le backlash écologique, le retour de bâton, a atteint la vieille Europe. On termine avec la femme de l'année, en tout cas de cette fin d'année, Brigitte Bardot, morte le 28 décembre. Elle avait arrêté le cinéma pour une chèvre, et pour sauver les bébés phoques. Elle avait consacré le reste de sa vie à la protection animale, au prix de quelques saillies racistes. Selon l'avocat Jean-Pierre Mignard, « Brigitte Bardot était animaliste mais pas humaniste ». Pour sauver la planète, en 2026 et après, il faudra les deux. À lire aussiLutte contre le réchauffement climatique: Donald Trump en arrière toute
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  • Y a-t-il un loup dans la pub du loup d'Intermarché?
    2025/12/30
    La chaîne française de supermarchés essuie des critiques après le succès planétaire de son film publicitaire vu plus d’un milliard de fois. La publicité est devenue culte en quelques semaines, dépassant toutes les espérances de ses concepteurs. Déjà vue plus d’un milliard de fois dans le monde entier, « la pub du loup », comme on l’appelle, met en scène un loup, bien seul parmi tous les animaux de la forêt, parce qu’il est carnivore. Difficile de se faire des amis qu’on pourrait dévorer. « Si tu mangeais pas tout le monde ! », explique un hérisson au loup dépité. « Je suis un loup, lui répond-il. Qu’est-ce que tu veux que je mange ? » « Déjà pas les gens ! Des carottes, des champignons, des fruits, des légumes… » « Ça se chasse comment, les légumes ? », demande le loup, « le mal-aimé » de la forêt, pour reprendre le titre de la chanson de Claude François qui illustre la publicité. Le loup va donc se mettre à cuisiner des légumes et à préparer un repas de fête pour tous les animaux de la forêt, qui finissent par accepter le loup. La publicité a été ainsi saluée comme un conte de Noël sur l’inclusivité, le vivre-ensemble et pourquoi pas le véganisme. À lire aussiLa publicité de Noël d’Intermarché, création française, réjouit les internautes « Bouffer Bambi » Mais des critiques ont fusé, alors que la crise climatique exige de manger moins de viande, puisque l’élevage est une importante source de gaz à effet de serre. Dans le camp des « viandards », on a dénoncé une publicité « woke » et « gauchiste » pour promouvoir le végétarisme. Sur les réseaux sociaux, certains ont détourné la pub, avec l’intelligence artificielle, pour montrer par exemple le loup qui tranche non plus une carotte mais la tête d’un écureuil. « Tu vas voir si je suis un p** de bouffeur de légumes », fait-on dire au loup. Tu vas voir, je vais aller bouffer Bambi, ça va pas trainer ! » « Bouffer Bambi », manger des cervidés, c’est dans l’ordre naturel pour les loups. C’est d’ailleurs parce qu’ils n’ont plus de prédateurs que les ongulés, les cerfs ou les sangliers, prolifèrent. Eux sont bien végétariens et peuvent menacer des forêts en s'attaquant aux nouvelles pousses, aux jeunes arbres. C’est aussi pour cela que le retour du loup en France, éradiqué au début du XXe siècle, est une bonne nouvelle pour la biodiversité, pour l’équilibre de la nature. À lire aussiAlimentation: «La surconsommation a un coût» sur la santé et l'environnement, constate une étude Pêche destructrice La pub d’Intermarché a aussi été critiquée par des associations environnementalistes, en particulier par l’ONG française Bloom, qui se bat pour la sauvegarde des océans. Dans le film, on voit le loup, censé devenir végétarien, pêcher et cuisiner du poisson. « Le message subliminal, c’est qu’être végétarien est compatible avec le fait de manger du poisson, dénonce Claire Nouvian, la fondatrice de Bloom. Mais ce n’est pas possible : les végétariens ne consomment aucune chair animale. Le loup est accepté sur la base de son végétarisme ; c’est une quiche végétarienne qu’il propose à la fin du clip, ce n’est pas son plat de poisson. Il y a une hypocrisie. Cela se présente comme un petit film alors que c’est une publicité. Et à quoi sert une publicité, sinon à nous faire acheter des choses ? » Intermarché veut nous faire acheter du poisson mais pas du poisson bio, selon Bloom qui accuse l'enseigne de grande distribution de pratiques délétères. « Il se trouve qu’Intermarché possède la plus grande flotte de pêche de France impliquée dans des méthodes de pêche extrêmement destructrices : le chalutage de fond, avec des filets qui raclent les fonds et détruisent l’environnement. Dans le clip, évidemment, le loup ne fait pas du chalutage de fond, il pêche à la ligne. Donc je trouve cela délétère par rapport à la représentation faussée selon laquelle les poissons se porteraient bien. On a déjà fait disparaitre plus de 90 % de grands poissons des océans », souligne Claire Nouvian. Bloom a ainsi porté plainte pour publicité mensongère. L'ONG avait déjà fait condamner Intermarché en 2012, qui prétendait, déjà, faire de la pêche durable. À lire aussiFace à l'urgence climatique, quelles alternatives à la viande d'élevage?
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  • Extraction aurifère au Ghana: comment une mobilisation citoyenne préserve la forêt?
    2025/12/29

    Cette année, l'actualité environnementale a été souvent marquée par des reculs politiques. Et ce alors que partout dans le monde, de plus en plus de citoyens et de citoyennes se mobilisent pour protéger le climat et ainsi le vivant sur notre planète. Pour celles et ceux qui ont douté en 2025 de l'impact que peuvent avoir leurs mobilisations, il existe un exemple à suivre : celui du Ghana.

    Au Ghana, le gouvernement a abrogé en début de ce mois de décembre une loi minière controversée. Cette loi permettait au président d'approuver l'exploitation aurifère dans les 288 réserves forestières du pays au titre de « l’intérêt national ». De cette manière, dans plus d'une douzaine de ces zones écologiquement très sensibles, des licences pour des mines d'or avaient été délivrées. Quand l'information est rendue publique début 2023 par des organisations environnementales « la société civile, presque tout le pays, s'est soulevée à l'unisson pour dire : vous ne pouvez pas toucher à la forêt comme ça ! », raconte Daryl Bosu, vice-président de l'ONG A Rocha Ghana.

    Accra a écouté après une menace de grève

    « C'était le début d'un mouvement sans précédent au Ghana : des ONG, des réseaux de scientifiques, des alliances de citoyens, les médias, le Conseil des évêques catholiques menaient des actions, organisaient des manifestations, menaient des dialogues avec les agences gouvernementales et le parlement, se souvient Daryl Bosu. Mais le point de bascule, c'était le moment où les syndicats ont menacé de lancer une grève générale dans tout le pays et où les professeurs d'université du Ghana ont menacé de manifester. C'est là que le gouvernement a commencé à écouter. Je pense que nous avons montré que lorsque la société civile travaille ensemble, nous pouvons réellement déplacer des montagnes. »

    La ruée vers l'or dont regorge le sous-sol ghanéen cause depuis des années la destruction des écosystèmes forestiers. Cette destruction est devenue inacceptable pour la population. « L'exploitation minière n'a pas sa place dans nos réserves forestières. Parce que nos forêts livrent des services indispensables à tous les citoyens ghanéens qui l’ont bien compris. Elles améliorent le climat, garantissent notre approvisionnement en eau et jouent un rôle essentiel en tant qu'habitat pour la biodiversité. Nous avons besoin de ces services fondamentaux pour garantir notre bien-être et notre sécurité », explique le défenseur de l’environnement.

    Des défis demeurent

    Des défis demeurent toutefois : comment imposer l'interdiction de l'exploitation minière dans les forêts ghanéennes ? Comment venir notamment à bout de l'orpaillage illégal ? Comment permettre aux mineurs artisanaux de trouver des moyens de subsistance alternatifs ? Mais après la victoire de l'abrogation de la loi minière, Daryl Bosu est optimiste pour la suite : « Pour en arriver là, il faut également un gouvernement à l'écoute. Je ne cherche pas à défendre le gouvernement. Je tiens juste à l'encourager à continuer d'écouter la société civile. Car ensemble, nous pouvons bâtir un pays meilleur et durable pour nous tous. »

    ONG, scientifiques, syndicats et simples citoyens pensent déjà à l'après : forts du succès de cette première mobilisation environnementale populaire, ils veulent maintenant mettre le cap sur des mesures d'adaptation au changement climatique.

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