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Questions d'environnement

Questions d'environnement

著者: RFI
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La Terre est en surchauffe, l’ensemble du vivant chaque jour plus menacé et la science très claire : les activités humaines sont responsables de cette situation. Le temps compte pour agir afin de préserver nos conditions de vie sur la planète. Quels sont les bouleversements en cours ? Comment les décrypter ? Et quelles sont les solutions pour enrayer cette dégradation, pour adapter nos modes de vie et nos infrastructures au changement du climat, pour bâtir un avenir plus durable pour tous ? À tour de rôle, les spécialistes environnement de la rédaction de RFI ouvrent la fenêtre sur notre monde en pleine mutation.

France Médias Monde
政治・政府
エピソード
  • À quoi ressemblerait un monde sans élevage?
    2026/09/30
    Le bilan carbone de l'élevage est élevé. Mais sa disparition n'entrainerait pas forcément des gains climatiques incontestables, car l'élevage a aussi des vertus écologiques et environnementales. Haro sur l’élevage. C’est l’un des secteurs identifiés comme étant fortement émetteurs de gaz à effet de serre, responsables de la crise climatique. L’élevage représentait, en 2023 selon les Nations unies, 12% des émissions de gaz à effet de serre. Un chiffre sans doute dépassé aujourd’hui alors que la consommation de viande ne cesse de croître dans le monde. Arrêter l’élevage permettrait-il de faire un grand pas dans la lutte contre le changement climatique ? La réponse n’est pas aussi simpliste. Les vaches en particulier, et leurs rototos, émettent beaucoup de méthane, le gaz le plus polluant à court terme. Mais les prairies où elles broutent sont aussi d'excellents puits de carbone. « Ces prairies, c'est un sol assez intéressant du point de vue de la matière organique qu'il va stocker, du point de vue de son système racinaire, explique Grégory Loucougaray, chercheur en écologie végétale, pour l'INRAE, au Laboratoire Écosystèmes et Sociétés en Montagne de Grenoble. Selon les dernières études qui ont pu être menées, ces prairies permanentes ont des capacités de stockage de carbone dans leur premier mètre de sol qui sont quasiment équivalentes à ce qu'on observe en forêt ». Certains chercheurs pensent même que le bilan carbone de l'élevage pourrait être neutre, voire positif... Engrais naturel L'élevage extensif, en plein air, a d'ailleurs d'autres vertus. L'élevage, c'est de l'engrais naturel et gratuit. « L'élevage, c'est du recyclage de matière organique, souligne Grégory Loucougaray. Les animaux vont manger de la végétation pour faire du lait, faire de la viande, pour leur croissance et leur survie. Ensuite, le reste va être excrété sous forme de bouse chez les vaches, de crottin chez les chevaux, etc. Et cette matière organique a un rôle d'engrais, de fertilisant naturel pour permettre à la prairie de refaire son cycle de végétation ». Et si on cultivait des protéines végétales pour remplacer la viande ? Et si les légumineuses, comme le soja, les pois, le niabé en Afrique, remplaçaient toutes les prairies jusqu'ici destinées à l'élevage ? Le gain climatique ici, en termes d'émissions de gaz à effet de serre, n'est pas non plus évident. « Si on doit complètement compenser les apports de protéines animales par des apports de protéines végétales, on risque d'avoir besoin de retourner beaucoup de milieux, beaucoup de prairies. Si on laboure les prairies qui stockent du carbone, on libère le carbone. On modifie la matière organique présente dans le sol, qui va se dégrader beaucoup plus vite, ce qui va libérer du carbone dans l'atmosphère. En fait, quand on veut remplacer un système par un autre, ce n'est jamais aussi simple que de dire : "Si j'arrête ça, j'améliore tout d'un côté" ». Le retour des arbres La FAO, l'agence de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture, estime que l'élevage fait vivre 1,3 milliard de personnes. Mais au-delà des questions économiques et alimentaires, le monde serait transformé. Aujourd’hui, le surpâturage peut entrainer de la désertification. La culture du soja, pour nourrir le bétail, provoque de la déforestation. Un monde sans élevage modifierait aussi les paysages. « Des espèces ligneuses, des arbrisseaux, des arbustes, des arbres à terme peuvent s'installer et ce sont des paysages qui se referment. Les paysages que l'on connaît actuellement [en milieu tempéré], les paysages ouverts avec des prairies, disparaîtraient. On aurait une dynamique d'enforestation, de progression de la forêt qui pourrait se mettre en place en fait dans plein d'endroits », prédit Grégory Loucougaray, de l'INRAE. On a parlé ici principalement des vaches, des chèvres et des moutons. Mais en rajoutant la volaille, les porcs et les lapins, on compte 90 milliards d'animaux terrestres élevés sur la planète. C'est presque dix fois plus que les humains. Mais leur espérance de vie est beaucoup plus courte… À lire aussiEnvironnement: l'agriculture pèse lourd dans les émissions de gaz à effet de serre, mais ce n'est pas inéluctable
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  • Va-t-on manquer de cuivre, le métal le plus utilisé dans la transition énergétique?
    2026/10/01
    Métal phare de l'électrification, le cuivre atteint des prix records. Le risque de pénurie est-il réel ? Les mines peuvent-elles répondre à l'explosion de la demande ? Que ferait-on sans cuivre ? Le métal couleur rouge-orange est une matière première indispensable à la transition énergétique. Certains font même le parallèle avec le rôle qu'a eu le pétrole au XXe siècle. Aujourd'hui, le cuivre est partout, en raison de ses grandes qualités. « Le cuivre est très utile dans toute la transition énergétique, évidemment, parce que c'est un bon conducteur de chaleur et d'électricité. Donc on le trouve dans les pompes à chaleur, dans les échangeurs thermiques, dans les moteurs électriques, dans les transformateurs, dans les réseaux, on le trouve dans les panneaux photovoltaïques, dans les éoliennes… on le trouve absolument partout dans la transition », souligne Cédric Philibert, spécialiste de l'énergie et chercheur associé à l'Institut français des relations internationales (Ifri). Vols de cuivre Mais ses qualités se paient. En raison de la forte demande, sans parler des phénomènes spéculatifs et des stocks gigantesques que font les États-Unis, le prix du cuivre a augmenté de 36 % en un an. Ce qui suscite d'ailleurs des convoitises. En France, il n'y a pas une semaine, voire un jour, sans qu'on évoque un vol de cuivre : des câbles de la SNCF, du réseau électrique, de l'éclairage public... Déjà en 2014, le journal de France 2 évoquait « le nouveau terrain de prédilection des voleurs de métaux : les éoliennes », un des symboles de la transition énergétique. « Quelques minutes ont suffi aux malfrats pour faire disjoncter l'éolienne et pour sectionner le long des parois 910 mètres de câble, une tonne de cuivre. » Le risque de pénurie est ainsi régulièrement évoqué par des analystes et des experts. Mais « le cuivre n'est pas le métal le plus en tension, estime Cédric Philbert, de l'Ifri. C'est le plus important du point de vue de la transition par son volume. On prévoit toujours à cinq ans ou dix ans qu'on ne va pas avoir assez de ressources. Et en fait, quand on arrive au moment dit, on s'aperçoit qu'on a assez de ressources. Parce que quand les prix montent, on trouve des alternatives [comme l’aluminium, plus léger mais moins bon conducteur], on apprend des façons d'économiser le cuivre, on trouve des astuces. Si on regarde ce qui s'est passé, on s’aperçoit qu’on a toujours répondu à la demande de cuivre ». Près de 15 000 dollars la tonne Certes, des usages et des besoins disparaissent, comme les fils du téléphone, remplacés par la fibre optique, mais la consommation de cuivre est en forte hausse. Pour un véhicule électrique, il faut quatre fois plus de cuivre que pour une voiture thermique. La Chine absorbe la moitié de la consommation mondiale de cuivre. Il y a aussi l'explosion récente de l'intelligence artificielle, qui a besoin de cuivre – mais là on n'est plus dans la transition énergétique, avec l'IA on est juste dans la surconsommation énergétique. Il arrive que les mines de cuivre soient sous tension, comme la semaine dernière, dans la plus grande mine de cuivre au monde, la mine à ciel ouvert d'Escondida, au Chili, dans le désert d'Atacama. Après la mort d'un ouvrier, l'extraction a été interrompue, ce qui a immédiatement entraîné une flambée du cours du cuivre, qui a frôlé les 15 000 dollars la tonne. Mais pour l'essentiel, les mines de cuivre sont capables de répondre à la grosse demande. « On nous dit : "On ne va pas y arriver parce qu'il faudrait ouvrir des tas de mines nouvelles et ça prend 15 ans pour une mine". Je lis ça tous les jours sur les réseaux sociaux. La réalité, c'est que les mines procèdent par extension, soit en profondeur, soit latérale, et donc produisent plus si nécessaire en fonction de la demande et de la rentabilité. » Le cuivre est aussi 100 % recyclable. Il ne devrait donc pas menacer la transition énergétique, même si elle risque de coûter cher. À lire aussiPrix du cuivre: les stocks américains bouleversent le marché mondial
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  • Des alliés biologiques de l'agriculture: qui sont les autres animaux de la ferme?
    2026/09/24

    Pour éviter l'utilisation de pesticides, les agriculteurs disposent d'une main-d'œuvre parfois insoupçonnée : des insectes, des poissons ou des moutons sont introduits dans les cultures pour lutter contre les parasites ou les mauvaises herbes.

    Il n'y a pas que les veaux, vaches et cochons qu’on peut rencontrer à la ferme. D'autres animaux sont de véritables alliés de l'agriculture. Des ouvriers agricoles d'un genre un peu spécial : ils n'ont pas choisi le travail à la ferme et ils ne sont pas payés. On connait bien sûr le rôle éminent des abeilles, pour la pollinisation des fleurs, qui permet d'obtenir des fruits. Chaque année aux États-Unis, au début du printemps, on transporte des milliards d'abeilles, dans leurs ruches, par camion, pour aller polliniser les amandiers de Californie qui assurent 80 % de la récolte mondiale d'amandes.

    Des animaux permettent aussi d’éviter l'utilisation d'herbicides. Plutôt que de polluer la terre et l'air, on préfère l'écopâturage. Les moutons sont particulièrement utiles pour désherber. Ils vont où les tracteurs ne peuvent pas passer. On les utilise notamment dans les vignes, au printemps, où ils mangent les jeunes pousses inutiles au pied des ceps qui ne produiront pas de raisin. En passant, leurs crottes sont un excellent engrais naturel. On peut aussi citer les poules ou les canards, de plus en plus utilisés dans les vergers. Une poule gratte le sol, mange les limaces, les mauvaises herbes, et en plus elle fait caca, ce qui produit de l'engrais là encore. Cerise sur le gâteau, la poule pond aussi des œufs !

    Guêpes parasites anti-parasites

    D'autres animaux servent aussi à lutter contre les parasites, ce qui évite l'utilisation de pesticides. Il y a bien sûr tous les oiseaux, d'où l'importance de respecter leur habitat, les arbres, les haies, le long des champs. Mais les agriculteurs introduisent aussi des espèces. Des acariens par exemple, qui sont relâchés dans les serres où sont cultivées des fraises ou des tomates. Ils se nourrissent de l'araignée rouge, qui n'est pas une araignée mais un autre acarien, et qui suce la sève des plantes, ce qui provoque d'importants dégâts dans les récoltes.

    On introduit aussi dans les champs de minuscules guêpes parasitoïdes, élevées en laboratoire : elles parasitent les larves des insectes ravageurs, en y pondant à l'intérieur – coucou c'est moi ! C'est très efficace par exemple contre la pyrale du maïs. Tous ces insectes minuscules, au poids plume, forment ainsi une armée silencieuse, invisible, engagée dans la lutte biologique, au service de l'humanité.

    Poissons de rizière

    Certains animaux ont même plusieurs fonctions. C'est par exemple le cas des poissons qu'on introduit dans les rizières. Leurs déjections sont un très bon fertilisant qui facilite la croissance du riz. Ces poissons mangent aussi les moustiques et les parasites. Et en ce moment, dans des rizières du Sénégal, on expérimente la présence de deux poissons pour lutter aussi contre la bilharziose, cette maladie qui tue près de 300 000 personnes par an sur la planète. Les poissons mangent l'escargot qui transmet le ver responsable de la bilharziose.

    Enfin, même si l'on sort du domaine animal, il y a parfois un autre allié, contre-intuitif. C'est même le phénomène que redoutent par-dessus tout les agriculteurs : la sécheresse. Mais cette année, dans le sud de la France, après cet été historiquement chaud et sec, la récolte d'olives pourrait atteindre un niveau record, parce que la canicule a tué les larves d'une mouche qui s'attaque aux olives. Mais c'est bien la seule culture qui a profité de la sécheresse.

    À écouter aussiLes leçons d'un été brûlant: pourquoi la sécheresse de 2026 est-elle vraiment historique?

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