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Questions d'environnement

Questions d'environnement

著者: RFI
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La Terre est en surchauffe, l’ensemble du vivant chaque jour plus menacé et la science très claire : les activités humaines sont responsables de cette situation. Le temps compte pour agir afin de préserver nos conditions de vie sur la planète. Quels sont les bouleversements en cours ? Comment les décrypter ? Et quelles sont les solutions pour enrayer cette dégradation, pour adapter nos modes de vie et nos infrastructures au changement du climat, pour bâtir un avenir plus durable pour tous ? À tour de rôle, les spécialistes environnement de la rédaction de RFI ouvrent la fenêtre sur notre monde en pleine mutation.

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政治・政府
エピソード
  • Le boom de l'énergie solaire à Cuba, une solution face à la crise énergétique?
    2026/05/26

    Alors que Washington maintient une pression forte sur Cuba, on s'intéresse ce matin à une petite révolution en marche sur l'île communiste : le boom de l'énergie solaire.

    Des panneaux photovoltaïques installés sur les toits de certaines maisons ou de petites entreprises et des parcs solaires construits grâce à l'aide de la Chine. Voilà ce qui permet à certains habitants de survivre un peu mieux aux coupures de courant et aux pénuries de carburant.

    « Tous ceux qui ont pu le faire ont installé des panneaux solaires ou ont importé de grandes batteries pour stocker l'énergie électrique », nous racontait il y a peu le porte-parole de la conférence des évêques cubains, Ariel Suárez. La presse internationale s'est aussi fait l'écho de l'ouverture récente de la première station de recharge solaire dans la ville de Santa Clara. Des habitants viennent y recharger leurs portables, leurs motos électriques, et même y brancher des autocuiseurs pour pouvoir faire à manger.

    Du côté des chiffres, le groupe de réflexion britannique Ember a fait le calcul : à Cuba, les importations de panneaux solaires et de batteries depuis la Chine ont augmenté, en valeur, de plus de 1 800% entre 2020 et 2025. La Havane a signé un accord avec Pékin pour installer près d'une centaine de parcs solaires d'ici 2028, dont une cinquantaine a déjà ouvert. Le régime castriste assure qu'aujourd'hui 10% du mix énergétique de l'île vient des énergies renouvelables, contre 3% en 2024.

    Et pour les plus optimistes, le blocus pétrolier total, appliqué par les États-Unis de Donald Trump depuis janvier, pourrait encore accélérer cette tendance.

    Trop cher pour une population en grande difficulté

    Mais toute la population de l'île ne bénéficie pas de ce boom du solaire, loin de là. C'est ce que nous ont écrit beaucoup de Cubains exilés ou sur place. Pour la grande majorité des habitants, installer des panneaux solaires est trop cher, même si les prix mondiaux des composants de panneaux photovoltaïques ont largement baissé grâce aux technologies chinoises. À Cuba, cela reste trop cher quand on peine à acheter de la nourriture, quand on est contraint de récupérer du vieux bois pour cuisiner.

    L'immense majorité de la population passe donc de nombreuses soirées dans le noir et dans la chaleur tropicale faute d'électricité pour les climatiseurs. Et les déchets s'amoncellent dans les rues de La Havane, où les camions poubelles n'ont plus de carburant pour passer.

    Un réseau électrique déficient

    L'autre difficulté est la capacité du réseau électrique cubain à recevoir cette nouvelle énergie d'origine solaire. La crise énergétique que vit Cuba ne vient pas seulement du fait que Washington a provoqué la fin des ravitaillements en pétrole de la part des bateaux vénézuéliens et mexicains. Les centrales électriques et le réseau de distribution cubains souffrent de décennies de manque d'entretien. Résultat : toute l'énergie solaire captée ne peut pas être utilisée, explique Jorge Piñon, de l’Institut de l’énergie de l’Université du Texas, au micro de Yago Martín de la rédaction de RFI en espagnol : « À la télévision, le ministre de l'Énergie l'a dit clairement : entre 40 et 50% de l'énergie solaire est en réalité utilisée. Des 1 300 mégawatts de capacité, on utilise 580 mégawatts, poursuit l'économiste cubain. Et ça c'est aussi parce que Cuba n'a pas de système de stockage avancé par batteries. Et donc à partir de 17h environ, les parcs solaires ne fournissent plus le réseau. »

    Avant même de faire sa révolution verte et de gagner son indépendance vis-à-vis du pétrole, Cuba aura besoin d'investissements considérables pour remettre à flot ses infrastructures et garantir un service d'électricité stable à ses concitoyens.

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  • Films catastrophe et climat, le cinéma avait-il tout prévu?
    2026/05/21
    De Soleil vert au Jour d'après, en passant par Interstellar ou Waterworld, la crise climatique inspire Hollywood : des films à grand spectacle qui s'appuient plus ou moins sur la science. C’est le genre de films qu’on ne voit pas dans la sélection officielle du festival de Cannes, qui se termine samedi. Ce sont d’ailleurs des films d’un genre nouveau, la « Cli-Fi », la fiction climatique, un néologisme apparu avec la crise climatique, comme il y a la « Sci-Fi », l’abréviation de science-fiction. Des films catastrophe, parce que le changement climatique est une catastrophe. Le chef-d'œuvre du genre, le premier grand film à avoir marqué les esprits, dans les années 70, est Soleil vert (Soylent Green), de l'Américain Richard Fleischer. Une dystopie étouffante dans une mégalopole grise et surpeuplée, New York. La canicule, c'est toute l'année. L'eau est rare, les plantes et les animaux ont quasiment disparu et New York est devenue presque invivable. « Eh bien, allons dans une autre ville », propose l’un des personnages. « Pour quoi faire ? Elles sont toutes comme celle-ci. » « À la campagne ? » « Pas le droit d'y aller. Les fermes sont de vraies forteresses. Ils gardent les bonnes terres comme ils gardent les bateaux qui recueillent le plancton dans la mer. » Soleil vert et algues vertes Le plancton sert à fabriquer la seule nourriture disponible, des galettes qu'on appelle Soleil vert. Une piste défendue aujourd’hui par des chercheurs : les algues pourraient nourrir l'humanité. Mais dans Soleil Vert, la mer est en train de mourir et des pénuries de Soleil vert déclenchent des émeutes, que la police règle à coups de « dégageuses », des pelleteuses – on n'est pas très loin de la réalité actuelle. Attention, « spoiler », passez au paragraphe suivant pour éviter de connaître la fin du film, qui signe aussi un peu la fin de notre humanité : on finirait tous anthropophages. Soleil Vert, sorti en 1974, se déroule en 2022. Ouf, on n'en est pas encore là. Interstellar : coloniser l'espace Le réchauffement climatique est le point commun à beaucoup de ces films catastrophe, avec une montée en puissance à partir des années 2000, à mesure que la crise climatique se précise. Interstellar, de Christopher Nolan, sorti en 2014, raconte la Terre en 2067, une Terre devenue poussière où plus rien ne pousse. Des astronautes sont alors envoyés dans l'univers pour trouver une autre planète habitable, pour « échapper à l’extinction ». « Je reviendrai », dit le héros à sa fille. « Mais quand ? », lui répond-elle. « On trouvera un moyen. On a toujours trouvé. » Pas sûr. Le film a peut-être inspiré Elon Musk et ses projets de coloniser l'espace. Mais c'est irréalisable pour l’organisme humain. Il n'y a pas de planète B. Dans le genre sécheresse ultime, on peut aussi citer Mad Max : Fury Road. Les pénuries d'eau provoquent des guerres de l'eau – et on n'en est pas si loin, au Proche-Orient par exemple. Le Jour d'après l'effondrement du Gulf Stream Le dérèglement climatique engendre toujours des catastrophes majeures, comme dans Le Jour d'après, qui met en scène un climatologue (carrément) réveillé au milieu de la nuit par une catastrophe mondiale. « Allo ? » « Pardon de vous appeler si tôt. Vous vous souvenez de votre intervention à New Delhi sur la fonte de la calotte polaire qui pourrait perturber le courant Atlantique-Nord ? Je crois que c’est ce qui passe. » Le Gulf Stream, essentiel dans la régulation du climat, s'est effondré, la planète devient un immense glaçon. Dans la réalité, le GIEC, les experts internationaux du climat, le risque d’un dérèglement du climat provoqué par un affaiblissement du Gulf Stream est réel, mais ça ne se passerait pas aussi brutalement, en deux heures et quatre minutes. Le Jour d'après a eu un immense succès, et un véritable impact. Les spectateurs qui l'avaient vu disaient se préoccuper davantage de la crise climatique, incités à agir. Le cinéma sert aussi à cela. Science et spectacle Tous ces films catastrophe reposent sur une base scientifique, en tout cas un phénomène concret : le réchauffement climatique. Mais tous ces films sont à grand spectacle, et du côté d'Hollywood on n'a pas trop le sens de la nuance, comme dans Waterworld, où Kevin Costner fait du jet-ski sur la planète Mer : le niveau des océans a monté de plus de 7 000 mètres. C'est à peine exagéré : dans son pire scénario, les experts internationaux du GIEC prévoient une hausse du niveau de la mer de deux mètres, ce qui serait déjà énorme et toucherait plus de 200 millions de personnes. Et la montée des océans se poursuivrait encore pendant des siècles. À Hollywood, on n'a pas peur d'exagérer, on n'a pas peur de faire peur. Mais on peut aussi se faire peur en lisant le dernier rapport du GIEC, certes moins divertissant.
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  • Pourquoi le Vanuatu, l'un des pays les plus menacés par la crise climatique, risque de disparaître?
    2026/05/20
    Les Nations unies se prononcent sur un projet de résolution porté par le Vanuatu sur la responsabilité climatique des États. L'archipel du Pacifique risque d'être englouti par la montée des océans, deux à trois fois plus importante que dans le reste du monde. Il pourrait bien disparaître, effacé de l’humanité, alors il réagit. Un an après une décision historique de la Cour internationale de Justice, le Vanuatu poursuit le combat pour sa survie en présentant aujourd’hui à l’Assemblée générale des Nations unies un projet de résolution, soumis au vote, sur l'obligation des États à respecter leurs engagements climatiques. 80 îles menacées Le Vanuatu est l’un des pays les plus menacés par le réchauffement climatique ; ce sont plus de 80 îles de l’archipel qui risquent un jour d'être totalement englouties, peut-être dès la fin du siècle, si la trajectoire climatique n'est pas inversée à temps. La hausse du niveau des océans, dans cette région du Pacifique ouest, est en effet deux à trois fois plus importante que la moyenne mondiale. Des villages déjà déplacés « Pour le Vanuatu, cela veut dire, depuis le début des enregistrements satellitaires, entre 5 et 11 millimètres par an, soit 10 centimètres en une dizaine d'années, détaille Marine Hermann, océanographe au Legos, le laboratoire océanographique de Toulouse. Pour un archipel où 80 îles culminent à quelques mètres de haut, l'impact est déjà visible : des villages ont déjà été évacués. » Des villages déplacés, une érosion des plages, et de l'eau de mer, de l'eau salée, qui pénètre dans les cultures : l'avenir du Vanuatu n'est pas très brillant. Le niveau monte L’océan monte plus vite dans la région du Vanuatu d’abord en raison de la dilatation de l'eau : où il fait chaud, l'eau se dilate davantage, prend plus de volume et le niveau monte. Pas plus que la Terre n'est plate, l'océan n'est pas plat et n’est pas au même niveau partout. Deux phénomènes sont à l'œuvre. « Un océan froid et salé va être moins élevé qu'un océan chaud et peu salé, explique Marine Hermann, également conseillère scientifique pour le littoral et l'océan à l'IRD, l'Institut de recherche pour le développement. Ensuite, il y a aussi les courants qui vont avoir un effet sur l'élévation du niveau de la mer. Par exemple, quand vous avez un fort El Niño, les courants vont changer. Le transfert d'eau entre l'océan Pacifique et l'océan Indien, qui passe par les détroits indonésiens, est normalement ralenti mais dans ce cas plus d'eau va s'accumuler dans le Pacifique. » Avec El Niño, il pleut aussi davantage dans la région, ce qui fait aussi monter le niveau de l'océan. Le Vanuatu s'enfonce Comme si cela ne suffisait pas, le Vanuatu se trouve aussi près de la ceinture de feu du Pacifique, ce qui veut dire des séismes, sur une zone tectonique très active, et un lent affaissement du sol. Et même si ce sont quelques millimètres par an, à la fin on compte en centimètres... Cyclones virulents Enfin il y a les cyclones, de plus en plus virulents avec le changement climatique. Leur impact est encore plus fort sur des territoires déjà vulnérables. « Un cyclone qui arrive au Vanuatu va conduire à une élévation temporaire du niveau de la mer, en raison d’une très faible pression atmosphérique, des vents et d’une submersion côtière, souligne Marine Hermann, de l'IRD. Si vous êtes dans une situation où le niveau de la mer a déjà augmenté de 20 centimètres, l'effet du cyclone va être encore pire. » Rayés de la carte Le pire est à venir : si on ne réagit pas davantage, le pire pour toutes ces îles, tous ces États insulaires du Pacifique et de l'océan Indien (comme les Maldives), des paysages, des cultures et des habitants qui seront un jour rayés de la carte. Et cette fois l'expression ne sera pas galvaudée.
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