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Questions d'environnement

Questions d'environnement

著者: RFI
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La Terre est en surchauffe, l’ensemble du vivant chaque jour plus menacé et la science très claire : les activités humaines sont responsables de cette situation. Le temps compte pour agir afin de préserver nos conditions de vie sur la planète. Quels sont les bouleversements en cours ? Comment les décrypter ? Et quelles sont les solutions pour enrayer cette dégradation, pour adapter nos modes de vie et nos infrastructures au changement du climat, pour bâtir un avenir plus durable pour tous ? À tour de rôle, les spécialistes environnement de la rédaction de RFI ouvrent la fenêtre sur notre monde en pleine mutation.

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エピソード
  • Des alliés biologiques de l'agriculture: qui sont les autres animaux de la ferme?
    2026/09/24

    Pour éviter l'utilisation de pesticides, les agriculteurs disposent d'une main-d'œuvre parfois insoupçonnée : des insectes, des poissons ou des moutons sont introduits dans les cultures pour lutter contre les parasites ou les mauvaises herbes.

    Il n'y a pas que les veaux, vaches et cochons qu’on peut rencontrer à la ferme. D'autres animaux sont de véritables alliés de l'agriculture. Des ouvriers agricoles d'un genre un peu spécial : ils n'ont pas choisi le travail à la ferme et ils ne sont pas payés. On connait bien sûr le rôle éminent des abeilles, pour la pollinisation des fleurs, qui permet d'obtenir des fruits. Chaque année aux États-Unis, au début du printemps, on transporte des milliards d'abeilles, dans leurs ruches, par camion, pour aller polliniser les amandiers de Californie qui assurent 80 % de la récolte mondiale d'amandes.

    Des animaux permettent aussi d’éviter l'utilisation d'herbicides. Plutôt que de polluer la terre et l'air, on préfère l'écopâturage. Les moutons sont particulièrement utiles pour désherber. Ils vont où les tracteurs ne peuvent pas passer. On les utilise notamment dans les vignes, au printemps, où ils mangent les jeunes pousses inutiles au pied des ceps qui ne produiront pas de raisin. En passant, leurs crottes sont un excellent engrais naturel. On peut aussi citer les poules ou les canards, de plus en plus utilisés dans les vergers. Une poule gratte le sol, mange les limaces, les mauvaises herbes, et en plus elle fait caca, ce qui produit de l'engrais là encore. Cerise sur le gâteau, la poule pond aussi des œufs !

    Guêpes parasites anti-parasites

    D'autres animaux servent aussi à lutter contre les parasites, ce qui évite l'utilisation de pesticides. Il y a bien sûr tous les oiseaux, d'où l'importance de respecter leur habitat, les arbres, les haies, le long des champs. Mais les agriculteurs introduisent aussi des espèces. Des acariens par exemple, qui sont relâchés dans les serres où sont cultivées des fraises ou des tomates. Ils se nourrissent de l'araignée rouge, qui n'est pas une araignée mais un autre acarien, et qui suce la sève des plantes, ce qui provoque d'importants dégâts dans les récoltes.

    On introduit aussi dans les champs de minuscules guêpes parasitoïdes, élevées en laboratoire : elles parasitent les larves des insectes ravageurs, en y pondant à l'intérieur – coucou c'est moi ! C'est très efficace par exemple contre la pyrale du maïs. Tous ces insectes minuscules, au poids plume, forment ainsi une armée silencieuse, invisible, engagée dans la lutte biologique, au service de l'humanité.

    Poissons de rizière

    Certains animaux ont même plusieurs fonctions. C'est par exemple le cas des poissons qu'on introduit dans les rizières. Leurs déjections sont un très bon fertilisant qui facilite la croissance du riz. Ces poissons mangent aussi les moustiques et les parasites. Et en ce moment, dans des rizières du Sénégal, on expérimente la présence de deux poissons pour lutter aussi contre la bilharziose, cette maladie qui tue près de 300 000 personnes par an sur la planète. Les poissons mangent l'escargot qui transmet le ver responsable de la bilharziose.

    Enfin, même si l'on sort du domaine animal, il y a parfois un autre allié, contre-intuitif. C'est même le phénomène que redoutent par-dessus tout les agriculteurs : la sécheresse. Mais cette année, dans le sud de la France, après cet été historiquement chaud et sec, la récolte d'olives pourrait atteindre un niveau record, parce que la canicule a tué les larves d'une mouche qui s'attaque aux olives. Mais c'est bien la seule culture qui a profité de la sécheresse.

    À écouter aussiLes leçons d'un été brûlant: pourquoi la sécheresse de 2026 est-elle vraiment historique?

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  • Comment le changement climatique menace-t-il le patrimoine culturel mondial de l'Unesco?
    2026/09/28

    À la différence d'une route, un joyau architectural ne peut pas être remplacé. Inondations, chaleurs ou incendies, amplifiés par la crise climatique, mettent en danger les biens culturels partout sur la planète.

    Le sujet n’apparaît pas prioritaire, au regard des effets attendus et redoutés du changement climatique sur l’alimentation, la santé et la survie de l’humanité. Voire passe au-dessous des radars. Mais le patrimoine culturel mondial, qui raconte l’histoire de l’humanité, est tout aussi menacé par la crise climatique. Une étude que vient de publier l’EDHEC Climate Institute liste ainsi les dix sites les plus menacés en France.

    L'abbaye de Fontenay, en Bourgogne, est en tête. Ce joyau monastique du XIIe siècle se situe près d'un ruisseau, ce qui est bien utile quand on n'a pas l'eau courante. Mais 800 ans plus tard, c'est une autre histoire. « C'est un site qui a été construit au fond d'un vallon, à proximité d'un ruisseau, mais c'est justement ce qui fait que c'est le site le plus exposé. Être au bord d'un ruisseau, qui était un avantage à l'époque médiévale, devient avec l'intensification du cycle de l'eau et l'augmentation des risques d'inondation un facteur de vulnérabilité », explique Anthony Schrapffer, le directeur scientifique de l’EDHEC Climate Institute.

    Les inondations menacent un tiers des sites français

    Les crues, les submersions, représentent le principal risque pour le patrimoine français. Un site sur trois classé à l'Unesco en France est menacé par des inondations à l'horizon 2050. C'est le cas par exemple d'Avignon, la cité des papes, au bord du Rhône. Ou du Mont-Saint-Michel, en première ligne face aux événements que le changement climatique rend encore plus extrêmes.

    « Avec une tempête, on a une submersion marine qui va inonder les côtes. C'est un événement qui est accentué par l'augmentation du niveau de la mer. Le Mont-Saint-Michel est un site culturel qui est déjà exposé à l'océan, aux tempêtes, etc. Mais avec l'augmentation du niveau de la mer, on a un risque de dommages sur ce site », souligne Anthony Schrapffer. Ce qui rend la menace plus aigüe, c'est lorsque des sites cumulent plusieurs aléas climatiques, comme le Pont du Gard : le célèbre aqueduc romain dans le sud de la France est menacé par les inondations, la chaleur et les incendies.

    Mais il n'y a pas qu'en France que les sites de l'Unesco sont menacés. Le changement climatique ne connait pas de frontière. L'exemple sans doute le plus connu est Venise, menacée par la montée des eaux. Une autre étude, réalisée il y a deux ans par Climate X, a identifié les 50 sites de l'Unesco les plus menacés. En tête, le système d'irrigation Subak en Indonésie, et en Chine l’Emporium mondial Song-Yuan, l'ancien comptoir maritime des routes de la soie.

    Sécheresses et tempêtes de sable au Mali

    L'Afrique n'est pas non plus épargnée, et notamment au Mali, avec Tombouctou, menacée par l'avancée du désert et les tempêtes de sable. Plus au sud, les 2 000 maisons en terre de Djenne sont fissurées par les sécheresses, et l'argile de qualité pour les entretenir est de moins en moins disponible. Plus que les guerres, désormais, c'est la crise climatique qui menace le patrimoine culturel mondial.

    Il est important de le protéger, au même titre que le vivant. On peut ressentir la même émotion devant un chêne de 300 ans, un éléphant, ou une abbaye du 12e siècle. Le patrimoine culturel mondial, c'est notre histoire à tous, notre héritage. D'où la nécessité d'identifier les risques, pour tenter de les protéger. « On a réalisé en fait que le patrimoine culturel est un des secteurs qui peuvent être affectés et qui n’est pas suffisamment regardé. Une route, par exemple, peut se reconstruire si elle est endommagée, mais une abbaye du XIIe siècle ne pourra pas être remplacée. Si on ne montre pas que le patrimoine culturel peut être affecté, on ne pourra pas agir ensuite. On sera juste témoin d'événements extrêmes dans le futur qui affectent ces sites », relève Anthony Schrapffer. Plus que jamais, le changement climatique est une question de civilisation.

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  • Y a-t-il autant de gaspillage alimentaire dans la nature que chez les humains?
    2026/09/29
    Un tiers de la nourriture est jeté à la poubelle dans les sociétés humaines. Mais chez les plantes et les animaux, le gaspillage finit toujours en recyclage : rien n'est jamais perdu. C’est l’un des fléaux de la société de consommation. Le gaspillage alimentaire se chiffre en milliers de tonnes chaque année. On jette un tiers de la nourriture produite dans le monde, « un drame écologique, constate le biologiste Marc-André Selosse. Si on gaspillait moins, on réduirait d'un tiers les intrants. Le poids écologique de l'agriculture serait trois fois moins important puisque c'est un tiers de la nourriture qui finit à la poubelle dans nos sociétés ». Nos sociétés humaines, parce que dans la nature, le gaspillage n’est pas la règle. Les ressources alimentaires ne sont pas toujours abondantes, ni toujours disponibles – on n’a pas l’épicier du coin ouvert quand tout le reste est fermé. Donc quand on peut manger, on mange, on ne laisse rien, puisqu’on ne sait pas si un tel festin se représentera bientôt. Mais le gaspillage existe bel et bien chez les animaux. Les perroquets, par exemple, peuvent gaspiller jusqu’à 80% de leur nourriture, en laissant tomber au sol les fruits qui ne semblent pas à leur goût (le gaspillage touche surtout les fruits qui ne sont pas assez murs). Les perroquets font la fine bouche, mais ce n’est pas perdu pour tout le monde : près d’une centaine d’espèces, principalement des oiseaux, se nourrissent de ces « déchets ». Dans la nature, zéro déchet Le même phénomène est observé face au super killing, quand un prédateur tue beaucoup plus de proies qu’il n’en a besoin, comme le loup ou le renard. Non, ils n’ont pas les yeux plus gros que le ventre. Non, ils ne sont pas psychopathes. Leur instinct de prédateurs les pousse en fait à tuer tout animal qui s’enfuit. Mais là encore, la nature est bien faite : ces proies feront le bonheur d’autres animaux, comme les charognards, mammifères, oiseaux, insectes détritivores. « Chaque fois qu'il y avait des restes, cela a sélectionné dans l'évolution des organismes qui allaient les consommer, explique Marc-André Selosse, professeur au Muséum d’histoire naturelle à Paris. Quand vous n’avez pas mangé toute votre viande, il y a des microbes qui vont les manger ou il y a d'autres animaux qui mangent des déchets de viande avariée. Depuis le temps que cela existe, il y a des mangeurs pour tous les déchets. Le vrai problème aujourd'hui, c'est que dans la nature, on met, nous, des déchets qui sont nouveaux comme des plastiques. Et là, il n’y a personne pour les manger ! » Il peut aussi y avoir dans la nature de la surconsommation, comme dans les sociétés humaines. Certains animaux prélèvent plus qu’il n’en faut pour leur prochain repas et font des stocks : les écureuils, ou des oiseaux comme les geais, vont enterrer des graines. Mais parfois ils les oublient. Est-ce alors une forme de gaspillage ? Pas forcément, parce que ces graines ne sont pas perdues pour autant. Dans la terre, elles vont germer et donner naissance à de nouvelles plantes et de nouveaux arbres. Dans la nature, rien ne se perd, tout se transforme – et ne finit pas à la décharge. Plus bêtes que les bêtes Chez les plantes, comme chez les animaux, le système est bien fait. Prenons l’exemple d’un pommier. Il perd certains fruits au début de l’été parce qu’il sait qu’il n’aura pas assez d’énergie pour leur permettre d’arriver tous à maturité. C’est une forme de gaspillage, sauf que ces mini fruits qui tombent par terre, c’est de la matière organique qui va servir de repas à d’autres organismes. Et c’est la même chose pour les feuilles des arbres. « On peut dire que la plante gaspille du magnésium, de l'azote et du phosphore quand elle perd ses feuilles mortes. Mais celles-ci sont décomposées par des micro-organismes. En décomposent les feuilles mortes, ils relibèrent l'azote, le magnésium et le phosphore sur les racines des plantes pérennes », détaille Marc-André Selosse. Rien ne se perd chez les plantes et les animaux, même si le gaspillage peut exister. Ce qui distingue les humains des autres animaux, c'est notre humanité, et c’est pour cela que nous, nous n’avons aucune excuse face au gaspillage. « Il ne faut pas voir que l'homme est contre-nature dans le gaspillage. Il faut juste voir qu’il gaspille énormément, plus que bien d'autres espèces, parce qu'il en a les moyens. Ensuite, il a la capacité à prendre conscience de cela et de s'organiser pour ne pas le faire. C'est humainement bête de gaspiller », conclut Marc-André Selosse. Nous sommes plus bêtes que les bêtes. À lire aussiDes millions de tonnes de fruits et légumes jetés: le gaspillage alimentaire est-il de notre faute?
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