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Questions d'environnement

Questions d'environnement

著者: RFI
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概要

La Terre est en surchauffe, l’ensemble du vivant chaque jour plus menacé et la science très claire : les activités humaines sont responsables de cette situation. Le temps compte pour agir afin de préserver nos conditions de vie sur la planète. Quels sont les bouleversements en cours ? Comment les décrypter ? Et quelles sont les solutions pour enrayer cette dégradation, pour adapter nos modes de vie et nos infrastructures au changement du climat, pour bâtir un avenir plus durable pour tous ? À tour de rôle, les spécialistes environnement de la rédaction de RFI ouvrent la fenêtre sur notre monde en pleine mutation.

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政治・政府
エピソード
  • Quelles alternatives aux engrais chimiques?
    2026/03/24
    La guerre au Moyen-Orient ne fait pas seulement flamber les prix à la pompe, mais aussi ceux des engrais. En effet, 30% des fertilisants chimiques viennent de la région du Golfe. Leur prix augmente comme celui du gaz, nécessaire à leur fabrication. De plus, les cargaisons entières d'engrais sont actuellement bloquées dans le détroit d'Ormuz. Sur les marchés agricoles béninois, les prix des fertilisants chimiques s’envolent. « Avant (le début de la guerre en Iran, ndlr) le sac de l’urée était à 12 000 francs CFA. Maintenant, il est à 20 000 francs CFA », constate Brunelle Guezodje, chargée de programme à l'Association nationale des femmes agricultrices. « Au Bénin, une grande partie des agriculteurs et agricultrices dépendent encore des engrais chimiques, notamment pour certaines cultures comme le maïs, le riz, le coton. Comme les sols s’appauvrissent, les agriculteurs se tournent vers les engrais chimiques à la recherche de rendements rapides. » Le prix d’un sac d’urée qui grimpe de 12 000 à 20 000 francs CFA, cela correspond à une augmentation de 66%. Et cette crise tombe au pire moment, puisque dans l'hémisphère Nord c'est le printemps et donc la saison des semis. À écouter aussiLa guerre au Moyen-Orient fait flamber le prix de l'urée, l'engrais le plus utilisé au monde Première option : la substitution Avec la crise causée par la guerre au Moyen-Orient, la question revient sur le devant de la scène. La première option, c’est la substitution. Elle consiste à remplacer les engrais chimiques par les engrais organiques. Et dans la plupart des pays du monde, la principale source d'engrais organique, ce sont les déchets issus de l'élevage, comme le fumier. « Seulement voilà : aujourd’hui la totalité des effluents d'élevage sont déjà utilisés en agriculture », fait remarquer Guy Richard. Directeur de recherche à l'Inrae, il réfléchit donc avec ses collègues à d'autres substituts, comme « une meilleure valorisation des urines d'origine humaine qui pourraient apporter entre 10 et 20% de l'azote aujourd'hui utilisé dans l'agriculture en France. Il faudrait récupérer ces urines dans les zones géographiquement denses : des manifestations sportives, des aires d'autoroute seraient des lieux où on pourrait facilement les collecter. » Pallier la pénurie actuelle d’engrais chimiques par des fertilisants organiques n’est donc pas aisé. La marge de manœuvre est réduite. À lire aussiGuerre au Moyen-Orient : l'impact sur l'importation d'engrais et d'aliments en Afrique Deuxième option : la reconception de l’agriculture La deuxième option est plus structurelle. Il s’agit de transformer le système agricole en se tournant vers des cultures dont les besoins en azote sont moindres. Les stars de ces cultures sont les légumineuses. « Elles n’ont pas besoin d'être fertilisées », explique Guy Richard, « et elles laissent, une fois récoltées et incorporées au sol, une dose d'azote dans le sol qui peut être valorisée par des cultures suivantes. » Une technique que conseille également Brunelle Guezodje aux agricultrices qu'elle accompagne au Bénin. Pourtant, cette transition vers l'agroécologie ne se fera pas du jour au lendemain. Les freins sont encore nombreux : « L'agroécologie, c'est une agriculture qui est exigeante », souligne l’agronome. « Les producteurs se disent que ça devient compliqué parce qu'il n'y a pas la main-d’œuvre. Il y a aussi des problèmes de marché : les consommateurs veulent acheter des produits agroécologiques au même prix que les produits conventionnels. » En Europe, les deux tiers de l’azote utilisé dans l’agriculture servent à cultiver l’alimentation des animaux de l’élevage. Se rendre moins dépendant des engrais chimiques passe donc également par une politique de rééquilibrage alimentaire entre les aliments à base végétale et ceux à base animale. À lire aussiLes agriculteurs français mis en difficulté avec la flambée des prix en raison de la guerre au Moyen-Orient La crise actuelle relance le débat « Les crises géopolitiques mais aussi climatiques se multiplient », souligne Ronan Groussier. Chaque crise « affecte l'agriculture au niveau local mais aussi les marchés mondiaux parce que cela crée souvent des déséquilibres de production » et menace la sécurité alimentaire, souligne le responsable agriculture au sein du Réseau Action Climat qui estime « qu’il est important de sortir enfin des dogmes d’une productivité théorique maximale à travers un modèle agricole intensif ». Des modèles d’agriculture durable seront plus résilients et robustes face aux crises à venir.
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  • Qu'est-ce qui perturbe la migration des animaux marins?
    2026/03/23

    À l'occasion de la COP15 sur les espèces migratrices, gros plan sur les poissons, les cétacés et autres organismes vivant en mer, grands voyageurs à la recherche de nourriture ou de lieux de reproduction, confrontés au changement climatique et aux activités humaines.

    Le quinzième sommet mondial consacré à la conservation des espèces migratrices (COP15) démarre aujourd'hui à Campo Verde au Brésil, jusqu'au 29 mars. De nombreux animaux parcourent des distances plus ou moins longues pour trouver de meilleures conditions de vie, comme les humains. La recherche de nourriture constitue le principal moteur, et c'est le cas notamment des espèces marines.

    L'une des migrations les plus spectaculaires de la planète se déroule ainsi chaque année au large de la côte sud de l'Afrique. Elle est provoquée par un bloom, une explosion de plancton, qui attire notamment des milliards de sardines qui forment des bancs de plusieurs kilomètres de long, d'immenses tâches qui s'étirent à la surface de l'océan, et qui attire toutes sortes de prédateurs, des manchots, des requins ou des baleines. Un spectacle époustouflant surnommé « le cœur battant de l'océan ».

    22 000 kilomètres aller-retour

    Les baleines sont parmi les plus grands migrateurs marins. Et ce sont les baleines grises du Pacifique Nord qui se déplacent le plus, pour se reproduire, dans des eaux plus chaudes. Le record appartient à une femelle appelée Varvara : en six mois, elle a parcouru plus de 22 000 kilomètres aller-retour, entre l'Arctique russe et le Mexique, à la vitesse moyenne de 6 km/h.

    Mais les activités humaines perturbent le voyage des baleines : la pêche, le bruit des bateaux... « On les voit tourner en rond, faire des carrés et non plus suivre leur trajectoire habituelle. Les animaux vont finir par retrouver leur chemin, mais finalement ils auront dû dépenser plus d'énergie que s'ils n'avaient pas été dérangés », témoigne Noémie Coulon, chercheuse à l'université de Montpellier.

    À lire aussiLes espèces migratrices sont en déclin, alerte un rapport de l'ONU

    Aller simple

    Le changement climatique perturbe aussi les migrations. Des eaux plus chaudes provoquent aussi une migration durable, un aller simple en fait. Les animaux marins se déplacent ainsi de 70 kilomètres tous les dix ans en direction des pôles, pour trouver une eau plus fraîche. « Ce qu'on observe aujourd'hui, ce n'est pas juste un changement de température, mais c'est vraiment une réorganisation des écosystèmes marins », constate Noémie Coulon.

    Certaines espèces migrent aussi en profondeur, d'environ sept mètres tous les dix ans, pour échapper aux activités humaines près des côtes, ce qui n'est pas sans conséquence pour la reproduction et le renouvellement des générations. « Il y a une relation très forte entre la température de l'eau et le temps de développement embryonnaire, plus long à des profondeurs plus élevées, explique Noémie Coulon. Sachant qu'on est sur des espèces qui ont un cycle de vie très lent, on va avoir beaucoup plus de difficultés à renouveler le nombre d'individus. »

    Impacts humains

    Tout ce qui se passe dans la nature a des conséquences pour les humains, l'économie, l'alimentation… « Les changements de migration des animaux peuvent affecter les villes et les pays qui dépendent majoritairement de la mer pour leur apport en protéines. Si des pays qui autrefois avaient une économie fortement basée sur la pêche d'une espèce, et si 50 ans après cette espèce n'est plus présente et qu'elle se retrouve dans le pays voisin, cela peut créer des tensions », souligne Noémie Coulon, du laboratoire Marbec sur l'écologie marine. Le problème des migrations n'est pas celui que certains nous présentent…

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  • Pourquoi la fonte des glaciers entraîne des catastrophes?
    2026/03/19

    Quinze millions de personnes sont directement menacées dans le monde par de véritables tsunamis de montagne provoqués par la fonte des glaciers et la rupture brutale de lacs glaciaires. Les drames se multiplient avec le réchauffement climatique.

    Une situation catastrophique qui peut engendrer des catastrophes. L'état des glaciers, partout dans le monde, se dégrade à mesure que le réchauffement climatique s'aggrave. Un phénomène facile à comprendre : plus il fait chaud, plus la glace fond. À tel point que les Nations unies ont créé l'an dernier une Journée mondiale des glaciers, chaque 21 mars. En 2024, 450 milliards de tonnes d’eau ont fondu, l’équivalent de 180 millions de piscines olympiques ou d'un énorme cube de glace de 7 kilomètres de côté…

    Cette eau qui fond retourne à la mer – et c’est l’une des causes de la montée du niveau des océans. Généralement, quand tout va bien, cette eau s’écoule progressivement dans les rivières et dans les fleuves après s'être accumulée dans des lacs formés au pied des glaciers ou sous les glaciers. Des lacs de plus en plus nombreux avec la crise climatique. « Quand les glaciers se retirent, quand ils reculent, il y a souvent des dépressions au fond des glaciers. C'est là que l'eau va s'accumuler, explique Olivier Gagliardini, professeur à l’Université de Grenoble, dans les Alpes, glaciologue à l'Institut des géosciences de l'environnement. Pour la plupart de ces lacs, cela ne présente aucun danger. Si c'est du rocher, si c'est du granit, il n'y aucun problème. En revanche, si c'est de la glace, ça peut être problématique parce que ce barrage pourrait céder et laisser partir un gros volume d'eau dans la vallée ». Et là, c’est la catastrophe.

    Tsunamis en montagne

    De véritable tsunamis peuvent déferler de la montagne, et il y en a de plus en plus puisque les glaciers fondent de plus en plus. C’est par exemple ce qui s’est passé en 2024 dans les Alpes françaises : le hameau de la Bérarde avait été complètement enseveli par la rupture d’un lac glaciaire, avec près de 1,5 million de mètres cubes d’eau, de roche et de boue, des gravats jusqu’à 15 mètres de haut. Il n'y eut heureusement aucune victime, les villageois ayant été évacués.

    Dans l’Himalaya, en revanche, en 2023, une immense vague avait tué près de 200 personnes. « Si on parle de l'Himalaya, on est à une autre échelle, souligne Olivier Gagliardini. Les lacs sont dix, cent, mille fois plus gros que ceux que l'on a [dans les Alpes]. La différence, c'est qu'ils sont beaucoup plus éloignés des enjeux [des populations, des infrastructures]. Les vallées sont beaucoup plus grandes mais il y a des catastrophes. Ces vidanges de lacs soudaines viennent endommager notamment des barrages hydroélectriques ».

    À lire aussiFonte des glaciers de l'Himalaya: «Il y a une partie de toute façon irréversible»

    Populations menacées

    La situation n'est pas près de s'améliorer. « On entre vraiment, ou on est déjà entré en fait, dans des décennies qui vont être un peu compliquées », euphémise le chercheur. On estime ainsi que 15 millions de personnes, dans le monde, sont menacées par ces vidanges brutales de lacs glaciaires, principalement en Inde, en Chine, au Pakistan et au Pérou.

    Les lacs glaciaires ne sont d'ailleurs pas la seule menace. Le réchauffement climatique fragilise les glaciers eux-mêmes, il les déséquilibre. Il y a aussi la fonte du permafrost, ce sol gelé en permanence, normalement.... C'est ce qui a causé la catastrophe de Blatten, un village en Suisse rayé de la carte en 2025 par une avalanche d'eau et de roche, de la roche qui s'était détachée de la montagne en raison de la fonte du permafrost. « Ces rochers tombent sur le glacier du Birsch avec de gros volumes, notamment dans les derniers jours, jusqu'à ce qu'il y ait le rocher de trop. Le pauvre glacier du Birsch qui est sous tous ces rochers ne peut plus porter ce poids et il finit lui-même par s'écrouler, entraînant avec lui tous les rochers qui s'étaient accumulés à sa surface », raconte Olivier Gagliardini. Mais terminons par une note d’espoir : ce genre de catastrophe est voué à disparaître, quand, à la fin du siècle, la quasi-totalité des glaciers aura disparu...

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