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Questions d'environnement

Questions d'environnement

著者: RFI
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概要

La Terre est en surchauffe, l’ensemble du vivant chaque jour plus menacé et la science très claire : les activités humaines sont responsables de cette situation. Le temps compte pour agir afin de préserver nos conditions de vie sur la planète. Quels sont les bouleversements en cours ? Comment les décrypter ? Et quelles sont les solutions pour enrayer cette dégradation, pour adapter nos modes de vie et nos infrastructures au changement du climat, pour bâtir un avenir plus durable pour tous ? À tour de rôle, les spécialistes environnement de la rédaction de RFI ouvrent la fenêtre sur notre monde en pleine mutation.

France Médias Monde
政治・政府
エピソード
  • Fallait-il sauver Timmy, la baleine échouée en Allemagne?
    2026/05/19
    La baleine à bosse, relâchée en mer, a été retrouvée morte quelques jours après au large du Danemark. La pression des réseaux sociaux et des médias a rendu inaudible la parole des experts qui estimaient impossible le sauvetage du cétacé, vu son état de santé. Les opérations n'ont fait qu'accroître les souffrances de l'animal. La question peut paraître un peu brutale, surtout au regard de l'émotion que le sort de la baleine a suscitée : fallait-il sauver Timmy ? L’histoire de cette baleine à bosse échouée sur une plage de la mer Baltique a tenu en haleine l'Allemagne pendant plus d’un mois, et même le monde entier – on en a parlé sur RFI. La baleine, entravée dans des filets de pêche, était devenue la star des médias, des réseaux sociaux, on venait sur place pour la voir, il y avait même des caméras branchées sur elle en permanence... Et le 2 mai dernier, la « libération » de Timmy faisait la une du journal de la ZDF. « Le moment tant attendu est enfin arrivé. La baleine à bosse est libre », annonçait le présentateur de la deuxième chaîne de télé allemande. Pression populaire Mais sa liberté n'a pas duré bien longtemps. Transporté sur une barge jusqu'en mer du Nord, où le cétacé a été relâché, Timmy a été retrouvé mort quelques jours plus tard, au large du Danemark. Et depuis, des experts pointent la pression médiatique et populaire dans la responsabilité de cet échec. « Il y a eu une grosse influence de la part des réseaux sociaux, estime Aurore Morin, chargée de campagne Conservation marine pour IFAW, le Fonds international pour la protection des animaux. Beaucoup se prenaient un petit peu pour des experts sans l'être vraiment et exigeaient que des mesures soient prises pour venir en aide à l'animal et essayer absolument de le ramener au large. Il y a donc eu une sorte de pression exercée par des non-experts et cela a un petit peu dicté la prise de décision. Malheureusement, cela a un peu influé du mauvais côté. » Soins palliatifs Ne fallait-il quand même pas tenter de sauver Timmy ? Son sort était malheureusement scellé. De nombreux experts l'avaient dit mais ils n'ont pas été entendus. Leur message n'était pas audible au milieu de toute cette émotion. En fait, l'opération de sauvetage n'a fait qu'aggraver les souffrances de Timmy. « Dans certains cas, un sauvetage soigneusement planifié peut aboutir à la survie de l'animal, mais dans d'autres cas, et en particulier lorsque l'animal est gravement affaibli comme c'était le cas de Timmy, toute intervention supplémentaire ne peut qu'accroître les souffrances de l’animal et accélérer son déclin vers sa mort. En fait, il aurait été mieux de continuer à lui donner des soins palliatifs en attendant que sa mort survienne dans des conditions naturelles », juge Aurore Morin. « Sauvez Willy » Ce n'est pas la première fois que des opérations de sauvetage spectaculaires se soldent par des échecs. On avait ainsi entendu beaucoup de critiques au moment d'une baleine blanche, un béluga dans la Seine près de Paris. L'animal finalement était mort. On peut aussi parler de Keiko, l'orque du film Sauvez Willy. « L’acteur » vivait en captivité dans un parc d’attraction, et après le succès du film une énorme campagne avait abouti à sa remise en liberté. Mais Keiko était morte quelques années après. Des milliers de baleines tuées La pression sociale, la médiatisation, peuvent parfois faire plus de mal. Mais toute la médiatisation autour de Timmy pourrait aussi être utile pour alerter sur le sort des baleines. Car il n’y a pas que Timmy : des milliers de baleines meurent chaque année dans des filets de pêche, dans des collisions avec des bateaux, ou en raison de la pollution sonore. « Le sort d'une baleine va plus toucher que le sort, par exemple, d'un concombre de mer ou d'une petite espèce de poisson un peu moins connue ou un peu moins emblématique ou charismatique. Mais la baleine est ce qu’on appelle une espèce parapluie. Donc en protégeant la baleine, on protège une foule d'autres animaux qui peuvent aussi souffrir des mêmes menaces qui affectent les baleines aujourd'hui », souligne Aurore Morin, d'IFAW. On n'a pas sauvé Timmy, mais on peut encore sauver les océans et ceux qui y vivent.
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  • Au Congo-Brazzaville, les fourmis légionnaires pourraient servir à détecter et identifier les virus
    2026/05/18
    Des recherches sont actuellement menées sur des fourmis légionnaires pour identifier les virus dont elles sont porteuses après avoir ingéré des proies. Elles pourraient permettre la mise en place d'un système de surveillance sanitaire. Ils font décidément la une de l'actualité. Juste après la crise du hantavirus, qui vient de tuer trois personnes sur un bateau de croisière, le virus Ebola est officiellement de retour en Afrique centrale, et il a déjà tué 91 personnes dans l’est du Congo-Kinshasa, et deux autres en Ouganda, de l’autre côté de la frontière. Comment se prémunir de tous ces virus, comment mieux les détecter ? Des fourmis pourraient bien rendre service à l’espèce humaine. Armées de fourmis Il s’agit de la fourmi Dorylus, qui fait partie de ce qu'on appelle les fourmis légionnaires : de véritables armées mobiles qui peuvent compter des millions d'individus et qui dévorent tout sur leur passage, grâce à leurs grosses mandibules. « Elles sont nomades, ce qui veut dire qu'elles vont changer de nid souvent. Elles prédatent en colonie et vont couvrir des portions de la surface gigantesque, explique Léo Blondet, qui travaille sur ces fourmis légionnaires en deuxième année de thèse au Cirad, le Centre français de recherche agronomique pour le développement. Elles vont laisser peu d'espace pour que les proies s'échappent et vont ainsi échantillonner leur environnement d'une manière efficace, tout ce qu'elles pourront trouver sur leur passage. » Y compris des virus, portés par leurs proies. Chauves-souris et virus Pour les étudier, les fourmis sont prélevées dans des grottes du Congo-Brazzaville, où vivent des chauves-souris – et il est plus facile de récupérer des fourmis que des chauves-souris. « Lors de leur passage, les fourmis légionnaires Dorylus vont ingurgiter des particules virales issues de l'hôte, la chauve-souris, qui a été en amont infectée par le virus, vu que les chauves-souris sont connues comme étant des réservoirs d'un grand nombre de virus. La fourmi pourrait donc représenter une véritable sentinelle dans ces écosystèmes », détaille Amour Mounda, qui prépare lui aussi une thèse sur le sujet, à l'École des sciences chimiques et biologiques pour la santé de Montpellier et à l'université Marien Ngouabi de Brazzaville. Des virus contre des plantes Mais il y a aussi des virus sur les plantes, et pas seulement sur les animaux qui peuvent transmettre des maladies aux humains. Il est tout aussi important de détecter ces virus qui s'attaquent aux plantes. « Ce que les gens oublient, c'est que les virus sont responsables d'épidémies dévastatrices de cultures dans de nombreuses zones en Afrique et en Amérique du Sud, souligne Philippe Roumagnac, chercheur au Cirad et à l'Institut de santé des plantes de Montpellier, où il dirige la thèse de Léo Blondet sur les fourmis légionnaires et les plantes. Ces épidémies sont moins visibles, mais elles ont probablement autant, voire plus, d'importance localement avec la destruction de systèmes de culture, comme le manioc. Cela nous renvoie au concept de "One Health" : il paraît maintenant important de regarder la santé dans un cadre beaucoup plus large que la santé humaine en intégrant la santé animale et la santé des plantes. » La météo des virus Les premiers travaux de recherche des virus grâce aux fourmis légionnaires ont déjà permis de découvrir des virus inconnus jusqu'ici, ce qui n'est pas très étonnant : il y a des milliards de virus sur Terre et on n'en a identifié que 1 %. Les fourmis permettraient ainsi de cartographier les virus quasiment en temps réel. « Cela nous donne une image de tous ces virus qui sont présents à un temps T et qui permettent de faire une veille scientifique et technique d'abord, et puis sanitaire potentiellement après. C'est vraiment ça le concept : avoir un premier animal qui va permettre d'être préventif et de savoir avant ce qui se passe », insiste Philippe Roumagnac. Un jour, peut-être, grâce aux fourmis légionnaires, on regardera la météo des virus.
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  • Alimentation: pourquoi tout le monde mange du poulet?
    2026/05/14
    La volaille est la viande la plus consommée dans le monde : 3 000 kg de poulet sont avalés chaque seconde. L'industrialisation du poulet et la génétique ont permis de multiplier par seize la production en soixante ans, avec des prix défiant toute concurrence. C’est l'espèce animale, chez les vertébrés, la plus nombreuse sur Terre. À n’importe quel moment sur la planète, on peut compter, même si cela prendrait un peu de temps, quelques 25 milliards de poulets. Chaque année, environ 80 milliards de poulets sont tués dans le monde pour notre alimentation. Le poulet est ainsi la viande la plus consommée, mais cela n’a pas toujours été le cas. À l'origine, le poulet était d'abord un animal de compagnie, d'apparat, utilisé dans des combats, domestiqué très tard en Asie, plusieurs milliers d’années après le cochon. Et jusqu'au milieu du 20e siècle, les volailles, les poules, on les aimait surtout pour leurs œufs. « La volaille est un animal de ferme qui permet de produire des œufs, donc de la protéine pas chère et d'une qualité assez intéressante nutritionnellement, explique Pierre-Marie Aubert, directeur du programme Agriculture et alimentation à l'IDDRI, l'Institut du développement durable et des relations internationales. Il sert par ailleurs de petite réserve sur pattes pour les occasions. C'est l'origine du poulet du dimanche : pour les grandes occasions, on va se faire un coq ! » En France, c'est la fameuse poule au pot de Henri IV et la volonté prêtée au roi de se soucier du peuple. Croissance rapide Le poulet est resté un produit de luxe jusqu'à la révolution industrielle agricole. C'est après la Seconde Guerre mondiale que le poulet devient une industrie, inventée aux États-Unis Tout est concentré et standardisé (la volaille s’y prête) pour faire des économies d'échelle. Le poulet est ainsi devenu la viande la moins chère au monde. « Le poulet est quelque part la viande la plus proche d'un objet industriel, estime Pierre-Marie Aubert. Son cycle de production est très court : 50 jours il y a 30 ans, 25 jours aujourd'hui, jusqu'à arriver à des coûts de production du poulet qui sont juste délirants, à deux euros du kilo, et même moins de deux euros dans certains pays. Il faut 110 jours pour faire un porc, 36 mois pour faire un bœuf à l'herbe. On voit bien que ce ne sont pas les mêmes ordres de grandeur. C'est juste monstrueux ! » Résultat, entre 1960 et 2020, la production de poulets dans le monde a été multipliée par 16, quand celle du bœuf a seulement doublé – oui c'est juste monstrueux. Faible impact climatique L'avantage du poulet, c'est aussi sa faible empreinte carbone. L'élevage de volaille représente moins de 10 % des émissions de CO2 de tous les élevages de viande. Un kilo de poulet, c'est 1 kilo de CO2, alors qu'un kilo de bœuf émet 30 kilos de gaz à effet de serre. Un avantage climatique qu’il convient de nuancer. « Le poulet, contrairement à son ami le cochon et encore mieux le bœuf, mange des trucs que nous on pourrait manger. Il y a donc une compétition directe entre l'alimentation humaine et l'alimentation animale qu'on ne retrouve pas dans tout l'élevage bovin, ovin et caprin qui se fait à l'herbe, puisqu'on bouffe pas de l'herbe, jusqu'à preuve du contraire en tout cas », sourit Pierre-Marie Aubert. Certes, les humains ne mangent pas d'herbe, mais est-ce encore du poulet qu'on mange ? La question se pose lorsqu’on considère les conditions de production de la volaille industrielle, les performances accomplies notamment par la génétique en quelques décennies. Les gains de production augmentent de 1 % par an, et on n'arrête pas le progrès, si l'on peut dire. « Aujourd’hui, on donne 1,5 kilo d'aliments et on récupère un kilo de carcasse. Certains des généticiens qui travaillent dans la filière poulet estiment qu’on arrivera à faire grossir le poulet également avec des matières liquides. En fait, on arrivera à récupérer autant de viande que ce qu'on donne d'aliments. Le poulet pousse aussi vite parce qu’il ne bouge pas. Il est entassé dans des tout petits trucs et toute la nourriture qu'il mange est utilisée pour grossir. Donc évidemment, ce n'est pas du muscle qu'on mange, c'est un amas cellulaire », constate Pierre-Marie Aubert de l'IDDRI. La civilisation du poulet Le goût du poulet industriel peut être très discutable. Mais les protéines qu’il offre à un prix imbattable sont la recette de son succès planétaire. Chaque seconde, ce sont 3 000 kilos de poulet qui sont avalés sur la planète. Les États-Unis sont les champions du monde, avec 50 kilos par an et par personne. C'est deux fois moins en Europe, mais c'est encore beaucoup trop, quand la moyenne en Afrique dépasse tout juste les 4 kilos. Quand des archéologues se pencheront sur notre civilisation, ils trouveront du plastique et des os de poulet. À écouter...
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