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Questions d'environnement

Questions d'environnement

著者: RFI
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概要

La Terre est en surchauffe, l’ensemble du vivant chaque jour plus menacé et la science très claire : les activités humaines sont responsables de cette situation. Le temps compte pour agir afin de préserver nos conditions de vie sur la planète. Quels sont les bouleversements en cours ? Comment les décrypter ? Et quelles sont les solutions pour enrayer cette dégradation, pour adapter nos modes de vie et nos infrastructures au changement du climat, pour bâtir un avenir plus durable pour tous ? À tour de rôle, les spécialistes environnement de la rédaction de RFI ouvrent la fenêtre sur notre monde en pleine mutation.

France Médias Monde
政治・政府
エピソード
  • Pourrait-on vivre sans pétrole?
    2026/01/29
    Que serait un monde sans hydrocarbure ? Le pétrole est partout. L'économie pourrait-elle fonctionner sans cet or noir dont l'humanité est dépendante depuis plus d'un siècle et demi ? Ce serait un film de science-fiction, une dystopie, un scénario-catastrophe dans un monde se réveillant un matin sans plus aucune goutte de pétrole. Que serait notre vie si le pétrole disparaissait complètement ? Sachant que le pétrole est responsable d’un tiers des émissions de CO2, la crise climatique serait presque réglée… Mais pour le reste, il n’y aurait plus de transport, on ne pourrait plus travailler, ce serait très vite la pénurie alimentaire, plus de médicament non plus… bref, le chaos. « On serait bien embêté, sourit Matthieu Auzanneau, le directeur de The Shift Project, un groupe de réflexion qui travaille sur la décarbonation de l’économie. Tout s’arrêterait en fait. Le pétrole, c’est ce qui permet de faire circuler le sang dans tout l’organisme économique mondial. Ce serait un cataclysme. À part pour quelqu’un qui vivrait en ermite, et encore : il serait content d’avoir des vêtements polaires bien chaud qui sont en général des dérivés de pétrole. Il y a très très peu d’activités humaines qui ne sont pas très directement ou indirectement liées au pétrole ». Oui, il y a du pétrole dans nos vêtements : les tissus synthétiques sont fabriqués avec du pétrole, et même pour produire un tee-shirt 100% coton bio, on a besoin d’hydrocarbure. Sans pétrole, pas de shampoing. Pour manger, il faut du pétrole : entre les engrais, les tracteurs, les pesticides et le transport, la nourriture consommée par une personne en une année représente 1 500 litres de pétrole. Même pour fabriquer une voiture électrique il faut du pétrole. En fait, depuis le milieu du XIXe siècle, nous sommes totalement accros. La désintoxication prendra du temps Pour autant, pourrait-on pourrait se passer de l'or noir ? La majorité du pétrole consommé aujourd’hui, c’est pour le transport (les voitures, les avions et les bateaux). Alors oui, on peut consommer moins de pétrole, sans revenir à l’âge de pierre, sans changer son mode de vie, il faut juste envisager une société plus douce et plus paisible. Voyager moins, acheter moins... « Il n’y a pas une fonction technique qui ne peut pas être remplacée par autre chose, assure Mathieu Auzanneau. Vous pouvez faire du plastique et des engrais avec autre chose que des hydrocarbures. Vous pouvez faire voler des avions avec des biocarburants. Ce n’est pas un problème de qualité, mais de quantité. Cela veut dire qu’il faut s’organiser pour avoir besoin de moins d’engrais, moins de carburant. Cela suppose simplement des politiques industrielles audacieuses. Mais tout est possible en fait ». Continuer à faire de la prospection pétrolière a-t-il alors un sens ? En France, un sénateur macroniste a déposé une proposition de loi discutée ce jeudi pour autoriser de nouveau l’exploitation pétrolière en Outre-mer, et en particulier en Guyane, pas loin des gisements vénézuéliens convoités par Donald Trump. C’est contre le sens de l’histoire. Simplement, se passer de pétrole, se désintoxiquer, va prendre du temps. Même le Giec, dans ses scénarios sur le réchauffement climatique, n'envisage pas un monde sans pétrole. C’est pour ça qu’on parle de transition écologique. « Pour éviter le chaos, on a besoin qu’il y ait de l’essence dans les stations-service. Sinon c’est la guerre civile, estime Matthieu Auzanneau. Donc tant qu’on a besoin de pétrole, il faut bien des puits de pétrole. Je ne dis pas qu’il faut relancer la prospection en France. Symboliquement, c’est un très mauvais message à envoyer. En revanche, ce serait se faire des illusions de se dire que la décarbonation de la société commence et se termine par arrêter de pomper du pétrole. Ça commence et ça se termine en réalité par s’organiser différemment. Le problème, ce n’est pas le buraliste, c’est le fumeur. Tant que le fumeur a besoin de cigarettes, heureusement qu’il y a des clopes chez les buralistes ». Le tabac, c’est comme le pétrole, c’est mauvais pour la santé. À lire aussiAllons-nous réussir à nous passer des énergies fossiles ?
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  • Pourquoi le pastoralisme est un modèle d'agriculture durable en Afrique de l'Ouest?
    2026/01/28

    Les Nations unies mettent l'accent sur l'élevage nomade, en décrétant 2026 année internationale du pastoralisme. Cette pratique ancestrale permet de lutter contre la désertification et de protéger la biodiversité.

    C’est l'un des plus vieux métiers du monde, apparu il y a des milliers d'années avec la domestication des premiers animaux, et aujourd'hui encore il fait vivre plusieurs centaines de millions de personnes partout sur la planète, dans les territoires souvent les plus arides, là où rien ne pousse ou presque, à part des chèvres. L’élevage nomade est mis en avant cette année par les Nations unies qui ont décrété 2026 année internationale du pastoralisme. « Le pastoralisme ne saurait être un vestige du passé, confirme Tamsir Mbaye, de l'ISRA, l'Institut sénégalais de recherches agricoles. C’est un système qui structure des territoires, qui protège des écosystèmes, mais surtout qui nourrit des populations. Fragiliser cette activité, c’est affaiblir notre sécurité alimentaire. » En Afrique de l’Ouest, dans la zone sahélienne en particulier, le pastoralisme nourrit ainsi des millions de personnes.

    Le pastoralisme permet de se nourrir, également de se vêtir. Il est aussi un allié de la biodiversité. Il permet de lutter contre la désertification, de restaurer les sols grâce au passage des animaux – certaines herbes aiment bien qu'on les piétine. Ces animaux, comme vous et moi, font aussi caca, ce qui vaut presque de l'or. « Les déjections animales contribuent à enrichir naturellement les sols. C’est un fertilisant gratuit, recyclé sur place, souligne Tamsir Mbaye. Le pastoralisme contribue aussi à la lutte contre la désertification, en permettant de conserver des paysages ouverts, riches en espèces animales et végétales. Les troupeaux jouent un rôle-clé dans le transport des graines », et cela de deux manières. D'abord dans les excréments - on y revient toujours... Les graines voyagent aussi en s'accrochant aux poils des chèvres ou des moutons. C'est d'ailleurs en s'inspirant d'une de ces graines qu'on a inventé le velcro, les fameux scratchs.

    Un modèle menacé

    Mais le pastoralisme est aujourd'hui confronté au changement climatique qui perturbe le cycle des pluies, modifie les saisons d'une certaine manière. « L’assèchement des points d’eau est de plus en plus rapide », constate Tamsir Mbaye, coordinateur du Pôle pastoralisme et zone sèche (une coopération franco-sénégalaise), qui pointe aussi « la raréfaction des pâturages, tant en quantité qu’en qualité avec l’avènement d’herbes de mauvaise qualité, comme Diodia scandens », qu'on appelle njoja sur place, une mauvaise herbe, envahissante, qui peut être mortelle pour les vaches.

    Le pastoralisme est menacé, et pas que par le changement climatique. Son espace rétrécit, en concurrence avec les terres agricoles. Les barrières humaines se multiplient, alors que la transhumance existait bien avant l'invention des frontières. On a aussi tendance à se méfier des nomades et il y a parfois des conflits... Mais malgré une image un peu archaïque, le pastoralisme est un modèle d'agriculture durable, et d'ailleurs cela fait 10 000 ans que ça dure.

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  • Trente ans après le dernier essai nucléaire français, quels effets sur la santé et la biodiversité?
    2026/01/27
    La France a toujours sous-estimé, voire nié, les conséquences de ses essais nucléaires en Algérie et en Polynésie française. Le monde entier porte encore aujourd'hui la trace des essais réalisés par toutes les puissances nucléaires. C’était il y a tout juste 30 ans, le 27 janvier 1996 : la France effectuait son dernier essai nucléaire réel dans le Pacifique. L’histoire des essais nucléaires français, d’abord en Algérie, puis en Polynésie française, est celle d’un long mensonge d’État. Un mensonge répété encore par Jacques Chirac en 1995, quand il annonce, à la surprise générale, la reprise des essais en Polynésie, cinq ans après le moratoire décidé par François Mitterrand. « Vous savez que ces essais se passent dans le Pacifique-Sud, qu’ils ont lieu dans des conditions, euh, où, sans entrer dans des polémiques, il n’y a strictement aucune conséquence écologique », osait déclarer le président français, responsable d’une crise diplomatique majeure avec de nombreux pays du Pacifique, Australie et Nouvelle-Zélande en tête. Évidemment il n’en est rien : les essais nucléaires ont bien eu des conséquences sanitaires et environnementales. Entre 1960 et 1996, la France a réalisé plus de 200 essais nucléaires, tous dans des territoires colonisés : 17 en Algérie (dont certains après l’indépendance algérienne), et 193 en Polynésie (dont 46 dans l’atmosphère, le reste souterrains). Ce sont évidemment les essais réalisés en plein air qui sont les plus dangereux : les particules radioactives sont dispersées par les vents, et tout ne se passe pas toujours comme prévu. Ce fut le cas par exemple lors du dernier essai atmosphérique, tiré au-dessus de l’atoll de Mururoa, en 1974, l’essai Centaure. À lire aussiLes secrets des essais nucléaires français dévoilés Vingt-trois maladies « Au lieu de partir vers l’Est, le nuage radioactif est parti en direction de l’Ouest, directement vers l’île de Tahiti qui abritait la plus grande population, plus de 80 000 personnes, raconte Sébastien Philippe, professeur d’ingénierie nucléaire et physique à l’université du Wisconsin, aux États-Unis, et co-auteur d’une livre-enquête, Toxique, révélant il y a cinq ans, à partir de nombreux documents déclassifiés, le scandale sanitaire et environnemental des essais nucléaires français. Ce qu’on a pu démontrer, c’est qu’à l’époque toutes les personnes ont pu recevoir des doses supérieures au seuil d’exposition du public. Les risques étaient très bien connus, les retombées mesurées et les mesures ont été cachées au public. À l’époque, c’est "loin des yeux, loin du cœur », ironise-t-il. La quasi-totalité de la population polynésienne a subi des retombées radioactives, cancérogènes. Une liste de 23 maladies liées à la radioactivité a été établie. Le problème, c’est que les autorités françaises ont toujours avancé des taux de radioactivité jusqu’à 10 fois moins importants que la réalité, avec des conséquences pour l’indemnisation des victimes. Seulement un millier de victimes ont été reconnues, mais une proposition de loi arrive au parlement, avec des critères réévalués. Sur les essais en Algérie, la loi du silence est encore plus forte, alors que le parlement algérien, en votant une loi en décembre dernier sur la criminalisation de la colonisation française, demande des réparations pour les victimes algériennes. Sangliers radioactifs Ces essais nucléaires ont aussi entraîné des conséquences pour l’environnement. Quand on fait exploser une bombe 100 fois plus puissante que celle d’Hiroshima, le vivant disparait. « Sur les sites de tirs, il est clair que tout ce qui était à la surface de l’atoll, à l’intérieur du lagon, que ce soit la faune ou la flore, a été complètement décimé », souligne Sébastien Philippe. Les retombées radioactives ne sont d’ailleurs limitées ni dans le temps ni dans l’espace, comme une bombe à retardement. En Polynésie, le traumatisme est tel que des femmes ne veulent pas avoir d’enfants, de peur de leur transmettre des maladies. La puissance des essais souterrains a aussi provoqué des fractures dans les atolls. L’une d’elles est particulièrement surveillée, parce qu’en cas d’effondrement une vague engloutirait l’île la plus proche, habitée. À l'échelle mondiale, plus de 2 000 essais ont été réalisés par toutes les puissances nucléaires, et partout, on en trouve des traces encore aujourd’hui. Dans la nature, on a notamment mesuré de la radioactivité sur les carapaces de tortues et sur des sangliers en Allemagne. « Encore aujourd’hui, on peut le mesurer dans le sol, dans des troncs d’arbres, dans du vin, dans des abeilles, souligne Sébastien Philippe. C’est un peu partout. C’est une contamination qui est faible mais qui est là, qui fait de partie de ...
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