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Questions d'environnement

Questions d'environnement

著者: RFI
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La Terre est en surchauffe, l’ensemble du vivant chaque jour plus menacé et la science très claire : les activités humaines sont responsables de cette situation. Le temps compte pour agir afin de préserver nos conditions de vie sur la planète. Quels sont les bouleversements en cours ? Comment les décrypter ? Et quelles sont les solutions pour enrayer cette dégradation, pour adapter nos modes de vie et nos infrastructures au changement du climat, pour bâtir un avenir plus durable pour tous ? À tour de rôle, les spécialistes environnement de la rédaction de RFI ouvrent la fenêtre sur notre monde en pleine mutation.

France Médias Monde
政治・政府
エピソード
  • Projet de gazoduc Nigeria-Maroc: l'Afrique a-t-elle vraiment besoin de gaz?
    2026/08/03
    L'Afrique de l'Ouest doit-elle dépenser 23 milliards d'euros pour construire un nouveau gazoduc et prolonger sa dépendance aux énergies fossiles ? À l'inverse, peut-on empêcher le continent de se développer alors qu'il n'est pas responsable de la crise climatique ? Voici les éléments du débat. Le projet est gigantesque. Un gazoduc long de 7 000 kilomètres, le long des côtes de 13 pays d'Afrique de l'Ouest, entre le Nigéria et le Maroc, pour un budget prévisionnel de 23 milliards de dollars. Il y a huit jours, les pays de la Cédéao, la Communauté économique d'Afrique de l'Ouest, ont finalement donné leur feu vert à ce projet énergétique ancien, au nom du développement économique de l'Afrique. Un moteur de croissance Pour ses promoteurs, malgré son coût faramineux, le gazoduc sera un moteur de croissance et d'emplois. « Beaucoup de pays sur le tracé ont besoin d'une énergie durable pour pouvoir assurer leur développement économique et social. Il y a plusieurs industries énergivores, comme les industries minières, qui ont besoin d'une énergie stable et durable comme le gaz », a ainsi expliqué à Alexis Bédu du service Économie de RFI la directrice générale de l'Office national des hydrocarbures et des mines du Maroc, Amina Benkhadra. Mais dans un XXIe siècle traversé par des crises climatiques de plus en plus violentes, faut-il encore investir en faveur d'une énergie fossile ? Certes, le gaz est un peu plus « propre » que le charbon et le pétrole, deux fois moins émetteur de CO2 que le charbon pour la production d'électricité par exemple. 600 millions d'Africains sans lumière Le problème de l'Afrique est-il aujourd'hui la production d'énergie renouvelable ou tout simplement l'accès à l'énergie, quelle qu'elle soit ? Et à condition encore que le gazoduc ne serve pas d'abord à l'exportation du gaz vers l'Europe... 600 millions d'Africains n'ont toujours pas d'électricité, la base pour avoir de la lumière, cuisiner sans charbon ou pouvoir utiliser un frigo... L'Afrique n'est aussi responsable que de 4% des émissions de CO2, loin, si loin derrière les pollueurs historiques. L'Afrique a droit à l'énergie pour se développer, comme le stipule l'ONU. Mais ce gazoduc, s'il voit un jour le jour, ne risque-t-il pas d'enfermer les pays dans une dépendance au gaz, avec une conséquence, retarder le déploiement des énergies renouvelables ? C'est l'argument développé par certains experts et ONG, parce qu'un gazoduc à 23 milliards d'euros, il faut l'amortir. Transition énergétique retardée « Ces infrastructures gazières, vu les montants d'investissements nécessaires, ont besoin de fonctionner sur plusieurs décennies pour être rentabilisées, au moins 20, 30, 40 ans ou plus. Et dans ce cas, le pays est bloqué dans sa transition puisqu'il doit continuer d'utiliser cette infrastructure gazière, estime Justine Duclos-Gonda, chargée de campagne pour Reclaim Finance, une ONG qui travaille sur le financement de la transition énergétique. C'est quand même préoccupant, voire alarmant, de voir qu'on dédie de telles sommes d'argent à ce type d'infrastructures. Ce sont des montants qui ne sont pas utilisés pour le développement des infrastructures renouvelables. » Outre qu'elles permettent de lutter contre la crise climatique, les énergies renouvelables présentent plusieurs avantages pour l'Afrique. Prenons le cas du solaire : 7 des 10 pays dans le monde les plus ensoleillés sont en Afrique. Le soleil, c'est gratuit, alors que le prix du gaz est très volatil sur le marché des matières premières. Le soleil, c'est gratuit L'un des freins à l'électrification de l'Afrique se trouve aussi au niveau des infrastructures. Mais avec le solaire, nul besoin de construire de lignes électriques. Le prix des batteries pour stocker l'énergie solaire s'est effondré et on peut construire n'importe où des mini-centrales solaires. « L'intérêt aussi des énergies renouvelables, c'est qu'en parallèle de grosses infrastructures qui vont produire des grosses quantités d'énergie, on peut vraiment développer des petites infrastructures décentralisées au niveau des foyers, des villages ou des industries pour accélérer et massifier le déploiement des énergies renouvelables. Et c'est notamment le cas du solaire », poursuit Justine Duclos-Gonda. Gaz ou pas gaz, l'enjeu reste le même : que l'Afrique ne soit plus « le continent noir » comme on le voit de l'espace, la nuit, sans lumière.
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  • Emmanuel Macron préfère-t-il l'économie à l'environnement ?
    2026/07/21
    Le vote en France de la loi d'urgence agricole repose la question des priorités et des arbitrages dans la lutte contre la crise climatique et la crise de la biodiversité. Les ONG dénoncent un gouvernement favorable aux lobbies agricoles et industriels. C'est un point final législatif, mais le débat n’est pas clos en France. La loi d’urgence agricole arrive à son terme, après un vote définitif cette nuit à l’Assemblée nationale, et avant un dernier vote du Sénat aujourd’hui. Mais ce texte porté par le gouvernement face à la crise agricole fait toujours l’objet de fortes critiques à propos de la gestion de l’eau et de la réintroduction de deux pesticides jusqu’ici interdits. Comme si la protection de l’environnement n’était pas ou n’était plus un sujet. Ce reproche, devenu récurrent depuis des années, n'était pourtant pas d'actualité au début du quinquennat d'Emmanuel Macron, autoproclamé chevalier vert face à l’inconséquence de Donald Trump. Le 1er juin 2017, moins d'un mois après son élection, le tout jeune président français détournait le slogan de Donald Trump, « Make America great again », pour dénoncer le retrait des États-Unis de l'accord de Paris sur le climat. « Make our planet great again, lançait Emmanuel Macron sur les réseaux sociaux. Sur le climat, il n'y a pas de plan B, car il n'y a pas de planète B. Alors oui, nous continuerons. » En marche arrière Mais Emmanuel Macron a-t-il vraiment continué de défendre le climat, l'environnement et la biodiversité ? Oui dans les mots, moins dans les actes. Il y a eu plus de déclarations d'amour que de preuves d'amour. Davantage de postures, avec des sommets internationaux, ambitieux mais contredits par de multiples décisions des gouvernements pour assouplir les normes environnementales, au nom de l'agriculture, de l'industrie, de l'emploi… Un exemple marquant : la promesse d'interdire le glyphosate, ce puissant herbicide. Les agriculteurs, finalement, peuvent continuer de s'en servir. L’an dernier, un collectif d'ONG avait ainsi compté 43 reculs environnementaux en seulement 6 mois. Le porte-parole de Générations Futures, François Veillerette, évoque ainsi « une espèce de lente descente. Je ne sais pas si c'est vers les enfers, mais en tout cas c'est pour toujours moins d'écologie. On le voit, c'est En marche, mais en marche arrière toute sur ces sujets ! » Plus d'économie, moins d'environnement Ces reculs sont souvent justifiés, au nom du pragmatisme, de la compétitivité, des intérêts économiques ou de la crise agricole. Et en cela, les Français sont sur la même ligne, selon un sondage réalisé il y a quelques mois : 61% pensent qu'en période de crise, les responsables politiques doivent avant tout s'occuper d’économie et d’emploi, et moins d'environnement. Mais est-ce que c'est vraiment l'économie qui est défendue ? « C'est plutôt le fait de céder facilement à des intérêts de groupes et pas des intérêts économiques réellement généraux, estime le porte-parole de Générations futures. Ce sont des réponses vraiment ringardes, des réponses du passé à des problématiques réelles, qu'elles soient écologiques, économiques ou agricoles. En tout cas, ce ne sont pas des réponses d'avenir. » Court-termisme Économie et écologie ne devraient pas être opposées. La transition énergétique, par exemple, c'est la mise en place d'une nouvelle économie de l'énergie. L'agroécologie est une autre agriculture fondée sur la santé des terres, des paysans et des consommateurs. Cela prend du temps et demande des moyens, quand la politique semble naviguer à court terme. « Normalement, la politique, ce n’est pas ça. Gouverner, c'est prévoir. Donc prévoir, c'est regarder loin, mettre en place des mesures qui permettront de façonner l'agriculture de demain, l'industrie de demain, le logement de demain, les transports de demain… Alors que là, on ne fait pas de la vraie politique puisqu'on ne prévoit pas, on répond à court terme », dénonce François Veillerette. Gouverner, c'est prévoir, et c'est aussi arbitrer entre des intérêts contradictoires : faut-il développer l'industrie, quoi qu'il en coûte en termes de pollution ? Faut-il réintroduire des pesticides dans l'agriculture, quoi qu'il en coûte en termes de santé publique ? La politique environnementale d'Emmanuel Macron et de ses gouvernements peut être finalement vue comme une succession d'arbitrages de plus en plus défavorables à l'environnement. On l'a bien vu pendant le mondial de foot : l'arbitre n'est pas au-dessus de tout soupçon.
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  • Moustiques, grillons, cigales... Pourquoi les insectes font du bruit?
    2026/07/23

    Dépourvus de cordes vocales, les insectes ne chantent pas, mais certains savent se faire entendre, notamment pour se reproduire et même pour s'alimenter.

    C’est la BO de la nature, le son de la biodiversité qu’on peut entendre jour et nuit. Les chants des oiseaux dominent, mais les insectes ne sont pas en reste. Une expression d’abord involontaire, qui tient aux lois de la physique, à l’image des mouches. Ce qu’on entend, c'est le battement de leurs ailes, et plus la mouche est grosse, plus ses grosses ailes font du bruit, jusqu’à 500 battements par seconde.

    Mais les vibrations des ailes peuvent avoir leur utilité. Chez certaines espèces d'abeilles (mais pas les abeilles domestiques), on pratique la pollinisation vibratile. Le bourdonnement fait vibrer la fleur et permet de libérer le pollen qui serait autrement inaccessible. Quelques 20 000 espèces de plantes à fleur sont principalement pollinisées de cette manière. C'est le cas notamment de la tomate. Aux États-Unis, on importe des colonies de bourdons d'Europe pour polliniser les tomates cultivées sous serre.

    Des « chants » d'amour

    Chez les moustiques, c'est le même principe que la mouche : le battement des ailes fait du bruit, et là aussi ça dépend de la taille. Si on n'entend pas de moustique, ça ne veut pas dire qu’on ne sera pas piqué. Les moustiques sont attirés par l'odeur de nos pieds, loin de nos oreilles. Les petits moustiques sont les plus discrets, comme le moustique tigre, vecteur de la dengue ou du chikungunya.

    Mais le bruit que font les insectes a aussi un rôle dans la reproduction. Chez les moustiques, la femelle (celle qui pique) se signale ainsi au mâle. À l'inverse, chez les cigales, c’est seulement les mâles qu'on entend, pour attirer les femelles. Mais ce ne sont pas leurs ailes qui font du bruit. Les cigales ne chantent pas non plus, elles cymbalisent. Les cymbales sont deux membranes situées dans l'abdomen, qu'un muscle vient contracter. Ça va très vite, une centaine de mouvements par seconde, et ça peut être assourdissant : certaines espèces peuvent dépasser les 100 décibels et faire autant de bruit qu'une tondeuse à gazon – mais au moins les femelles sont prévenues...

    Insecte thermomètre

    On n'entend pas tout le temps les cigales, seulement au-delà de 22 ou 25°C, parce que la cigale est ectotherme (le bon terme pour qualifier les animaux à « sang-froid ») : la température du corps dépend de la température de l'air, et s'il fait trop froid, les cymbales se contractent et ne peuvent plus jouer. Voilà pourquoi, dans la fable de La Fontaine, « la cigale a[yant] chanté tout l'été ».

    Chez les grillons, la température de l'environnement a aussi un impact sur leurs stridulations. Les grillons ne chantent pas, (eux non plus n’ont pas de corde vocale) mais stridulent, et ce peut être strident. Ils produisent du son en frottant leurs ailes, pour attirer les femelles, ou pour marquer leur territoire – en tout cas c'est une manière de communiquer. Et plus il fait chaud, plus ils stridulent. Les grillons peuvent ainsi servir de thermomètre. C'est la loi de Dolbear, du nom d’un physicien américain qui avait inventé une formule mathématique assez compliquée. Mais pour faire simple, il suffit de compter les stridulations pendant 8 secondes, et d'ajouter 5. Faites l’expérience. Sur l’enregistrement d’un « chant » de grillon, on a compté 23 stridulations, ce qui fait 28°C. Pas de doute, on est bien en été.

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