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Questions d'environnement

Questions d'environnement

著者: RFI
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La Terre est en surchauffe, l’ensemble du vivant chaque jour plus menacé et la science très claire : les activités humaines sont responsables de cette situation. Le temps compte pour agir afin de préserver nos conditions de vie sur la planète. Quels sont les bouleversements en cours ? Comment les décrypter ? Et quelles sont les solutions pour enrayer cette dégradation, pour adapter nos modes de vie et nos infrastructures au changement du climat, pour bâtir un avenir plus durable pour tous ? À tour de rôle, les spécialistes environnement de la rédaction de RFI ouvrent la fenêtre sur notre monde en pleine mutation.

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エピソード
  • Pourquoi le Mondial de foot 2026 sera le plus polluant (et pourquoi la Fifa a tort de l'ignorer)?
    2026/06/10
    Le bilan carbone de la Coupe du monde de football organisée aux États-Unis, au Mexique et au Canada devrait atteindre les 9 millions de tonnes de CO2, un record. La démesure orchestrée par Gianni Infantino, le patron de la Fifa, est un mauvais coup porté à la planète... et au football. On pensait avoir touché le fond avec le dernier Mondial de foot organisé au Qatar, il y a quatre ans, avec des stades climatisés… Mais la Coupe du monde 2026, aux États-Unis, au Mexique et au Canada, qui démarre ce 11 juin, et durera 39 jours, du jamais-vu, s’annonce comme l’événement sportif le plus gros émetteur de gaz à effet de serre de l’histoire de l’humanité. Pour paraphraser la devise de l’olympisme, le foot mondial aujourd’hui c’est toujours plus haut, toujours plus fort et toujours plus polluant. Le bilan carbone de ce Mondial devrait être deux fois plus élevé qu’au Qatar. Ce qui n’est finalement pas étonnant quand on fait passer la compétition à 48 équipes, avec une centaine de matches (presque deux fois plus qu’avant) et quand les stades sont répartis aux quatre coins du continent nord-américain, de Boston à Vancouver, et de Toronto à Mexico. Le Mondial, c’est comme les SUV : plus c’est gros plus ça pollue. Gigantisme anti-climatique « La Fifa prend une orientation qui, fatalement, augmente le bilan carbone des événements. On va vers un gigantisme et un nombre de déplacements des spectateurs, des équipes, qui est à l'opposé de ce qu'il faudrait faire pour maintenir un climat à peu près vivable sur la planète », constate Maël Besson, spécialiste de la transition écologique du sport et fondateur de l’agence Sport 1.5. Dans ce genre d’événement, ce qui pèse le plus dans les émissions de CO2, c’est le transport, à 85%, et on est certain que personne ne prendra le train pour aller par exemple de Philadelphie à San Francisco. Résultat, le bilan carbone estimé de ce mondial pourrait atteindre les 9 millions de tonnes de CO2 – comme si on faisait un million de fois le tour de la Terre en voiture, et c’est absurde de faire un million de fois le tour de la planète, personne ne fait ça ! Contre son temps, contre son camp Ce bilan carbone estimé ne tient d’ailleurs pas compte des « coûts cachés » du Mondial, tous les produits dérivés et la frénésie consumériste qui s’emballe pendant plus d’un mois. « On ne prend pas en compte l'impact de la surconsommation adoptée par effet d'imitation ou par la publicité. Et s'il y a autant de sponsoring, c'est bien que cela a un effet sur nos comportements de consommation, qui ne sont pas compatibles avec les limites planétaires », relève Maël Besson. Cette année, il y a encore plus de publicités à la télé grâce, ou à cause, des pauses fraîcheur imposées pendant les matches, parce qu’on sait déjà que la quasi-totalité des rencontres se jouera à une température supérieure à 28°C, sans parler de l’humidité. Tout se passe comme si planète foot vivait sur une autre planète et comme si la Fifa, la fédération internationale de foot, n’avait rien compris de l’enjeu du réchauffement climatique. La Fifa, sous la direction de Gianni Infantino, est plus que jamais devenue une machine à cash, alors que le foot, comme n’importe qui sur la Terre, est confronté à la crise climatique. « Le football, malheureusement, va subir les conséquences du dérèglement climatique, que ce soit des fortes chaleurs mais aussi des sécheresses pour les pelouses, des phénomènes météorologiques extrêmes, orages, tempêtes qui vont dégrader les infrastructures. Malheureusement, dans les moments de crise, sur des sécheresses par exemple, ce n'est pas forcément le sport qui est priorisé mais les hôpitaux, les écoles, etc. Donc la Fifa aurait tout intérêt pour la propre survie du football à être le premier défenseur du climat. » À fois victime et acteur de la crise climatique, le foot mondial, à contre-temps, risque bien le plus beau but contre son camp de l’histoire. À lire aussiBilan carbone désastreux, chaleurs extrêmes: le Mondial de football, symbole puissant du dérèglement climatique
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  • À quoi ça sert de savoir si les oiseaux se portent bien ou mal?
    2026/06/09

    Le premier baromètre avifaune publié en France par la Ligue pour la protection des oiseaux présente un bilan contrasté. La chute des espèces communes est un signal d'alerte pour la santé humaine.

    Un bilan mitigé, avec quelques bonnes nouvelles, et beaucoup de mauvaises. La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) vient de publier son premier Baromètre de l’avifaune sur l’état des populations d’oiseaux en France. Des données précieuses, auxquelles l’espèce humaine ne devrait pas rester insensible. Si les oiseaux vont mal, peut-être que nous, humains, n’allons pas très bien. Les oiseaux sont des espèces de lanceurs d'alerte, malgré eux, sur l'état de la nature.

    « L'oiseau est reconnu comme le meilleur bioindicateur permettant de prendre la température de l'état de la nature, précise Cédric Marteau, le directeur général de la LPO. Si les oiseaux augmentent, c'est que notre environnement s'améliore : la qualité de l'air, de l'eau, de l'alimentation, des sols… À l'inverse, quand les oiseaux chutent, c'est qu'il y a encore des problèmes à régler ».

    Succès des plans de conversation

    C’est la bonne nouvelle de ce premier baromètre de la LPO : certaines espèces d’oiseaux se portent bien, grâce aux politiques de conservation et de réintroduction d'espèces menacées. « Si on prend soin de la nature et notamment des oiseaux, on arrive à les sauver. Cela a été le cas de la cigogne, des grands rapaces, comme des vautours, des espèces emblématiques... On a mis beaucoup d'énergie à les sauver et cela a fonctionné. Et c'est tant-mieux, évidemment. Malheureusement, pour les petites espèces, et notamment celles qui sont les plus nombreuses, il n’y a pas de plan de conservation spécifique. Et qu'est-ce qu'on constate ? Un effondrement des populations », déplore Cédric Marteau.

    Ces petites espèces, comme les hirondelles, les moineaux ou les rouges-gorges, qui représentent 90% des oiseaux de France, sont en constante diminution, avec une chute des populations de 18,2% en 25 ans. L'ennemi numéro 1 de ces oiseaux, c'est l'agriculture intensive, les pesticides qui privent les oiseaux de nourriture.

    Les oiseaux victimes de l'agriculture

    « Les espèces qui disparaissent le plus sont les espèces qu'on va retrouver dans les plaines agricoles, et elles disparaissent principalement à cause de l'agriculture chimique avec son cortège de produits phytosanitaires. Les pesticides provoquent la disparition de la nourriture des oiseaux. On note plus de 80% de diminution des insectes sur les 30 dernières années, c’est donc autant de nourriture en moins pour les poussins. C’est d’ailleurs la première cause de mortalité chez les oiseaux », souligne Cédric Marteau. À l'échelle de l'Europe, ce sont ainsi 800 millions d'oiseaux qui ont disparu en 40 ans, à cause des pesticides, mais aussi de la mécanisation et de l'arrachage des haies.

    Une solution existe pourtant : un autre modèle agricole. « Le système agricole industriel est à bout de souffle et il est temps de le changer pour les oiseaux, et à travers eux, pour notre santé. Cela devient vital, insiste le directeur de la LPO. On le voit avec les cancers pédiatriques, la qualité de l'eau… tout ça ne peut plus durer. Nous devons changer de système. Il en va de notre propre santé ». Parce que tant que les oiseaux chanteront, nous, humains, nous pourrons danser.

    À lire aussiPrintemps silencieux : mais où sont passés les oiseaux?

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  • Quand la croisière s'amuse, pourquoi l'environnement fait grise mine?
    2026/06/08
    Journée mondiale des océans : les bateaux de croisière sont de plus en plus gros et de plus en plus nombreux. Un tourisme de masse dangereux pour la santé et la faune marine. Jusqu’où ira la course au gigantisme ? Combien de monstres des mers vont encore voguer sur les océans dont c’est la Journée mondiale, ce 8 juin ? On compte aujourd'hui dans le monde plus de 500 bateaux de croisière, et le plus gros d’entre eux, l'Icon of the Seas (« icône des mers »), mesure 365 mètres de long, peut transporter 8 000 personnes, avec un tonnage brut de 250 000 tonnes, cinq fois plus que le Titanic… Comme une immense barre HLM qu’on aurait transposée sur les flots. Aujourd'hui la croisière s'amuse en masse. « La croisière, au départ, était plutôt un tourisme de luxe. Et puis, au fur et à mesure du temps, à partir des années 70, on a vu que la croisière s'est démocratisée et s'est ouverte aux classes moyennes. Aujourd'hui, on a même des croisières low cost. C'est devenu un tourisme de masse. Sur ces vingt dernières années, les bateaux ont à la fois doublé de taille et doublé en nombre. On a des bateaux toujours plus gros et toujours plus nombreux », constate Fanny Pointet, en charge du transport maritime au sein de l'ONG Transport et Environnement. À lire aussiLa grande pollution des paquebots de croisière en Méditerranée Ville flottante Cette course au gigantisme n’est sans doute pas près de s’arrêter. En témoigne la relance d’un projet utopique ou cauchemardesque : le Freedom Ship. Ce « bateau de la liberté » consisterait en fait à vivre enfermé dans une ville flottante de 1,5 km de long. 50 000 personnes pourraient y habiter en permanence. Le « navire » pouvant transporter 80 000 personnes au total, en comptant les touristes et tout le personnel. Une vraie grosse ville, avec écoles, bureaux, hôpital, musée, stade de foot… Un projet qui laisse cependant quelque peu sceptiques de nombreux experts. « Est-ce que les gens auront vraiment envie de vivre empaquetés ?, se demande Fanny Pointet. Dans ce cas-là, pourquoi ne pas vivre sur une île si c'est pour voir le ciel bleu et la mer toute la journée ? Nous, ça nous interroge : il y a vraiment une course au gigantisme que rien n'arrête. » Pollution gigantesque Ce gigantisme a un coût, la pollution. Même si les bateaux de croisière ne représentent que 1% de tous les navires dans le monde, ils polluent relativement beaucoup plus, à cause de leur taille. Un bateau de croisière émet 20 000 tonnes de gaz à effet de serre par an, autant que 10 000 voitures. Il y a aussi la pollution de l'air, particulièrement dangereuse pour la santé humaine quand les bateaux sont au port. Et ils y restent longtemps, pour que les touristes fassent du tourisme, pendant que les cheminées crachent leurs fumées bien sales. « On a des particules fines, des oxydes de soufre, des oxydes d'azote, et tout cela peut générer des maladies respiratoires, des maladies cardiovasculaires chez les gens qui respirent toutes ces particules fines », souligne Fanny Pointet. À lire aussiEnvironnement: les croisiéristes promettent la décarbonation totale d'ici 2050 Bateaux interdits Face à cette pollution, et à tous les dégâts annexes que causent les bateaux de croisière, certains ports ont pris une mesure radicale : leur interdiction, à Nice, Amsterdam, ou Venise, où les bateaux menaçaient la lagune et même les fondations de la plus belle ville lacustre au monde. D’autres solutions sont possibles. À Marseille, depuis un mois, les bateaux de croisière arrêtent leurs moteurs et se branchent à l'électricité, comme l’exigera une réglementation européenne dans tous les ports européens en 2030. Il y a aussi des nouveaux carburants, un peu moins polluants, mais qui coûtent plus cher. Le secteur promet d'atteindre la neutralité carbone en 2050. Baleines tuées En pleine mer aussi, les bateaux de croisière sont un problème, en particulier pour la faune marine, à cause du bruit, très perturbant. Sans parler des collisions dont sont victimes les cétacés. « Un navire qui va très vite, qui est très gros, s'il se prend une baleine en pleine face, la baleine n'a pas beaucoup de chance de s'en sortir », résume Fanny Pointet. L'ONG IFAW milite ainsi pour une réduction de la vitesse de tous les bateaux. « Une simple réduction de vitesse de 10% permettrait de réduire de moitié le risque de collisions avec les baleines et de 40% les émissions sonores sous-marines émises par le trafic maritime », plaide Aurore Morin, chargée de campagne Conservation marine pour IFAW. Une mesure simple à mettre en œuvre, qui aurait aussi des effets bénéfiques sur le climat. Mais en attendant, la croisière, ça use. À lire aussiLes océans se dégradent, malgré des avancées en matière de protection
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