『Questions d'environnement』のカバーアート

Questions d'environnement

Questions d'environnement

著者: RFI
無料で聴く

概要

La Terre est en surchauffe, l’ensemble du vivant chaque jour plus menacé et la science très claire : les activités humaines sont responsables de cette situation. Le temps compte pour agir afin de préserver nos conditions de vie sur la planète. Quels sont les bouleversements en cours ? Comment les décrypter ? Et quelles sont les solutions pour enrayer cette dégradation, pour adapter nos modes de vie et nos infrastructures au changement du climat, pour bâtir un avenir plus durable pour tous ? À tour de rôle, les spécialistes environnement de la rédaction de RFI ouvrent la fenêtre sur notre monde en pleine mutation.

France Médias Monde
政治・政府
エピソード
  • Restera-t-il des chênes dans cinquante ans?
    2026/02/02

    L'un des arbres les plus répandus en Europe (et dans tout l'hémisphère nord) est-il armé face au réchauffement climatique ? Quinze millions d'années d'évolution lui confèrent quelques atouts.

    Il est le roi des forêts européennes, l'un des arbres qu'à peu près tout le monde est capable d'identifier. On a toujours un chêne près de chez soi. « Un jour je me suis amusé à estimer le nombre de chênes en France, et on arrive à plusieurs milliards, en y incluant les petits semis évidemment, explique Antoine Kremer, directeur de recherche émérite à Biogeco à l'université de Bordeaux, spécialiste de l’évolution des arbres et en particulier du chêne. Vous n’êtes jamais très loin d’un chêne si vous êtes en France, à moins de quelques kilomètres, mis à part si vous êtes en haute altitude. Et c’est vrai aussi en Europe. On ne s’en rend pas compte mais c’est quelque chose qui nous est très proche ».

    Face au réchauffement climatique, ce monument forestier a quelques atouts. D'abord, le chêne est l'un des arbres à la plus grande diversité génétique, rendue possible par les échanges entre individus, grâce au pollen, et même entre espèces – rien qu'en Europe on compte une trentaine d'espèces de chêne. Et la diversité génétique, c'est un grand avantage. « Quand il y a une crise environnementale, si tout le monde est pareil génétiquement dans une population, la probabilité est forte que cette population s’éteigne. En revanche, si vous avez une forte diversité, la probabilité pour qu’au sein de cette population il y ait des individus qui résistent est beaucoup plus élevée. Cette diversité est une espèce d’assurance vis-à-vis de l’avenir », souligne Antoine Kremer.

    La lutte pour la vie

    La force du chêne, c'est donc son nombre, et son âge aussi. Le chêne a 15 millions d'années, autant dire qu'il a vu passer des changements climatiques, des alternances de froid et de chaud. Les plus résilients ont survécu et se sont répandus, par la sélection naturelle. « En fait il a fait le yoyo en termes de migrations, raconte Antoine Kremer. Quand il faisait chaud, il est resté présent dans toute l’Europe tempérée, mais quand il faisait froid, quand la moitié de l’Europe était couverte de glaciers, les chênes se sont retrouvés dans le sud de l’Europe. Et dès que le climat s’est réchauffé, ils ont migré vers le nord. C’était la lutte pour la vie, en quelque sorte. C’est celui qui colonisait le plus vite qui s’en est sorti à chaque fois ».

    Les arbres migrent, ce qui peut sembler paradoxal puisque ce qui différencie les plantes des animaux, c'est leur incapacité à bouger, à fuir un danger... Mais les arbres ont quelques alliés pour transporter leurs graines, les glands en l'occurrence : des oiseaux, des mammifères, les rivières et mêmes les humains qui se nourrissaient de glands. Cette migration est encore à l'œuvre aujourd'hui. On voit par exemple le chêne vert, présent en Méditerranée, se déplacer vers le nord. On le retrouve aussi le long de la côte Atlantique « mais juste sur deux ou trois kilomètres le long de la côte, où un microclimat lui permet de se maintenir. Quand vous regardez dans ces forêts-là, il migre vers l’intérieur, vers l’est, de manière assez vigoureuse. Parmi les espèces qui sont appelées à se développer numériquement dans le contexte du changement climatique, à cause de leur meilleure adaptation à la sécheresse, il y a notamment le chêne vert, et également le pin maritime ». Le problème, c'est que la vitesse du réchauffement climatique actuel, le seul provoqué par l'homme, est beaucoup plus rapide que la vitesse de migration du chêne. Des arbres disparaîtront, mais le chêne sera toujours là. Il y aura toujours des forêts, mais sûrement moins dans le sud…

    続きを読む 一部表示
    3 分
  • Pourrait-on vivre sans pétrole?
    2026/01/29
    Que serait un monde sans hydrocarbure ? Le pétrole est partout. L'économie pourrait-elle fonctionner sans cet or noir dont l'humanité est dépendante depuis plus d'un siècle et demi ? Ce serait un film de science-fiction, une dystopie, un scénario-catastrophe dans un monde se réveillant un matin sans plus aucune goutte de pétrole. Que serait notre vie si le pétrole disparaissait complètement ? Sachant que le pétrole est responsable d’un tiers des émissions de CO2, la crise climatique serait presque réglée… Mais pour le reste, il n’y aurait plus de transport, on ne pourrait plus travailler, ce serait très vite la pénurie alimentaire, plus de médicament non plus… bref, le chaos. « On serait bien embêté, sourit Matthieu Auzanneau, le directeur de The Shift Project, un groupe de réflexion qui travaille sur la décarbonation de l’économie. Tout s’arrêterait en fait. Le pétrole, c’est ce qui permet de faire circuler le sang dans tout l’organisme économique mondial. Ce serait un cataclysme. À part pour quelqu’un qui vivrait en ermite, et encore : il serait content d’avoir des vêtements polaires bien chaud qui sont en général des dérivés de pétrole. Il y a très très peu d’activités humaines qui ne sont pas très directement ou indirectement liées au pétrole ». Oui, il y a du pétrole dans nos vêtements : les tissus synthétiques sont fabriqués avec du pétrole, et même pour produire un tee-shirt 100% coton bio, on a besoin d’hydrocarbure. Sans pétrole, pas de shampoing. Pour manger, il faut du pétrole : entre les engrais, les tracteurs, les pesticides et le transport, la nourriture consommée par une personne en une année représente 1 500 litres de pétrole. Même pour fabriquer une voiture électrique il faut du pétrole. En fait, depuis le milieu du XIXe siècle, nous sommes totalement accros. La désintoxication prendra du temps Pour autant, pourrait-on pourrait se passer de l'or noir ? La majorité du pétrole consommé aujourd’hui, c’est pour le transport (les voitures, les avions et les bateaux). Alors oui, on peut consommer moins de pétrole, sans revenir à l’âge de pierre, sans changer son mode de vie, il faut juste envisager une société plus douce et plus paisible. Voyager moins, acheter moins... « Il n’y a pas une fonction technique qui ne peut pas être remplacée par autre chose, assure Mathieu Auzanneau. Vous pouvez faire du plastique et des engrais avec autre chose que des hydrocarbures. Vous pouvez faire voler des avions avec des biocarburants. Ce n’est pas un problème de qualité, mais de quantité. Cela veut dire qu’il faut s’organiser pour avoir besoin de moins d’engrais, moins de carburant. Cela suppose simplement des politiques industrielles audacieuses. Mais tout est possible en fait ». Continuer à faire de la prospection pétrolière a-t-il alors un sens ? En France, un sénateur macroniste a déposé une proposition de loi discutée ce jeudi pour autoriser de nouveau l’exploitation pétrolière en Outre-mer, et en particulier en Guyane, pas loin des gisements vénézuéliens convoités par Donald Trump. C’est contre le sens de l’histoire. Simplement, se passer de pétrole, se désintoxiquer, va prendre du temps. Même le Giec, dans ses scénarios sur le réchauffement climatique, n'envisage pas un monde sans pétrole. C’est pour ça qu’on parle de transition écologique. « Pour éviter le chaos, on a besoin qu’il y ait de l’essence dans les stations-service. Sinon c’est la guerre civile, estime Matthieu Auzanneau. Donc tant qu’on a besoin de pétrole, il faut bien des puits de pétrole. Je ne dis pas qu’il faut relancer la prospection en France. Symboliquement, c’est un très mauvais message à envoyer. En revanche, ce serait se faire des illusions de se dire que la décarbonation de la société commence et se termine par arrêter de pomper du pétrole. Ça commence et ça se termine en réalité par s’organiser différemment. Le problème, ce n’est pas le buraliste, c’est le fumeur. Tant que le fumeur a besoin de cigarettes, heureusement qu’il y a des clopes chez les buralistes ». Le tabac, c’est comme le pétrole, c’est mauvais pour la santé. À lire aussiAllons-nous réussir à nous passer des énergies fossiles ?
    続きを読む 一部表示
    3 分
  • Pourquoi le pastoralisme est un modèle d'agriculture durable en Afrique de l'Ouest?
    2026/01/28

    Les Nations unies mettent l'accent sur l'élevage nomade, en décrétant 2026 année internationale du pastoralisme. Cette pratique ancestrale permet de lutter contre la désertification et de protéger la biodiversité.

    C’est l'un des plus vieux métiers du monde, apparu il y a des milliers d'années avec la domestication des premiers animaux, et aujourd'hui encore il fait vivre plusieurs centaines de millions de personnes partout sur la planète, dans les territoires souvent les plus arides, là où rien ne pousse ou presque, à part des chèvres. L’élevage nomade est mis en avant cette année par les Nations unies qui ont décrété 2026 année internationale du pastoralisme. « Le pastoralisme ne saurait être un vestige du passé, confirme Tamsir Mbaye, de l'ISRA, l'Institut sénégalais de recherches agricoles. C’est un système qui structure des territoires, qui protège des écosystèmes, mais surtout qui nourrit des populations. Fragiliser cette activité, c’est affaiblir notre sécurité alimentaire. » En Afrique de l’Ouest, dans la zone sahélienne en particulier, le pastoralisme nourrit ainsi des millions de personnes.

    Le pastoralisme permet de se nourrir, également de se vêtir. Il est aussi un allié de la biodiversité. Il permet de lutter contre la désertification, de restaurer les sols grâce au passage des animaux – certaines herbes aiment bien qu'on les piétine. Ces animaux, comme vous et moi, font aussi caca, ce qui vaut presque de l'or. « Les déjections animales contribuent à enrichir naturellement les sols. C’est un fertilisant gratuit, recyclé sur place, souligne Tamsir Mbaye. Le pastoralisme contribue aussi à la lutte contre la désertification, en permettant de conserver des paysages ouverts, riches en espèces animales et végétales. Les troupeaux jouent un rôle-clé dans le transport des graines », et cela de deux manières. D'abord dans les excréments - on y revient toujours... Les graines voyagent aussi en s'accrochant aux poils des chèvres ou des moutons. C'est d'ailleurs en s'inspirant d'une de ces graines qu'on a inventé le velcro, les fameux scratchs.

    Un modèle menacé

    Mais le pastoralisme est aujourd'hui confronté au changement climatique qui perturbe le cycle des pluies, modifie les saisons d'une certaine manière. « L’assèchement des points d’eau est de plus en plus rapide », constate Tamsir Mbaye, coordinateur du Pôle pastoralisme et zone sèche (une coopération franco-sénégalaise), qui pointe aussi « la raréfaction des pâturages, tant en quantité qu’en qualité avec l’avènement d’herbes de mauvaise qualité, comme Diodia scandens », qu'on appelle njoja sur place, une mauvaise herbe, envahissante, qui peut être mortelle pour les vaches.

    Le pastoralisme est menacé, et pas que par le changement climatique. Son espace rétrécit, en concurrence avec les terres agricoles. Les barrières humaines se multiplient, alors que la transhumance existait bien avant l'invention des frontières. On a aussi tendance à se méfier des nomades et il y a parfois des conflits... Mais malgré une image un peu archaïque, le pastoralisme est un modèle d'agriculture durable, et d'ailleurs cela fait 10 000 ans que ça dure.

    続きを読む 一部表示
    3 分
まだレビューはありません