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Questions d'environnement

Questions d'environnement

著者: RFI
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La Terre est en surchauffe, l’ensemble du vivant chaque jour plus menacé et la science très claire : les activités humaines sont responsables de cette situation. Le temps compte pour agir afin de préserver nos conditions de vie sur la planète. Quels sont les bouleversements en cours ? Comment les décrypter ? Et quelles sont les solutions pour enrayer cette dégradation, pour adapter nos modes de vie et nos infrastructures au changement du climat, pour bâtir un avenir plus durable pour tous ? À tour de rôle, les spécialistes environnement de la rédaction de RFI ouvrent la fenêtre sur notre monde en pleine mutation.

France Médias Monde
政治・政府
エピソード
  • Les pays du G7 fuient-ils leur responsabilité historique dans la crise climatique?
    2026/06/15
    Les pays occidentaux, les premiers à se développer avec la Révolution industrielle, ont émis le plus de gaz à effet de serre depuis un siècle et demi. Ils sont censés payer. Les sommes en jeu sont gigantesques, alors que la Chine, premier pollueur aujourd'hui, refuse de prendre sa part. C'est l'apothéose d'une présidence française quelque peu éclipsée par une lourde actualité internationale. La tenue du sommet du G7 du lundi 15 au mercredi 17 juin à Évian est ici l'occasion d'évoquer la responsabilité historique des pays les plus industrialisés dans la crise climatique. Les pays occidentaux, l'Europe et les États-Unis, les premiers à se développer, sont ceux qui ont émis le plus de gaz à effet de serre depuis 1850 et la Révolution industrielle. Les pays du G7, qui regroupent également le Japon et le Canada, ont ainsi cumulé environ un tiers des émissions de CO2. À lire aussiG7 à Évian: un sommet sous haute sécurité dont la tenue est contestée 1 300 milliards de dollars Puisqu'ils sont les premiers responsables, c'est à eux de payer la facture, c'est-à-dire d'aider les pays en développement à affronter la crise climatique et ses conséquences (ce qu'on appelle les préjudices et l'adaptation). À ce niveau-là, on parle en centaines de milliards de dollars. Les revendications des pays en développement, les pays les plus pauvres, qui ne sont pas responsables de la crise climatique, ont reçu ces dernières années le soutien de l'axe fossile, les pays producteurs de pétrole, qui ont notamment organisé les COP, les sommets mondiaux pour le climat, à Dubaï et à Bakou. « De 100 milliards de dollars par an, on est brusquement passé en deux ans à l'exigence de 1 300 milliards par an à donner aux pays en développement, rappelle Amy Dahan, spécialiste des négociations climatiques, et auteure, avec Stephan Haykut, de La Mutation climatique (éditions Les Presses de Science-Po). Et à Belém, on l'a vu cette année au Brésil, on a eu une certaine coalition qui concentrait tous les efforts de la négociation climatique sur cela et refusait d'aller plus loin dans la sortie des fossiles, en considérant que ce n'était pas à l'ordre du jour. » Une coalition portée d'ailleurs par un fort courant anti-occident. L'Europe isolée Cette question de la dette climatique ne figure pas à l'ordre du jour du G7 d'Évian, car les États-Unis, climato-négationnistes, ont obtenu de la présidence française de ce G7 que les questions climatiques soient écartées. Les États-Unis ayant d'ailleurs déserté toutes les instances climatiques, l'Europe se retrouverait toute seule à devoir assumer cette responsabilité historique, alors qu'elle est le meilleur élève aujourd'hui, la seule à baisser ses émissions de CO2. « Les ONG ont tendance à développer ce discours : c'est aux pays riches, historiquement développés, de payer, et si les États-Unis ne sont pas là, tant pis, c'est à l'Europe de le faire. Ce n'est pas très raisonnable et ce n'est pas très vraisemblable. Donc ça bloque tout, constate Amy Dahan. Les pays historiquement développés doivent prendre leur part importante, mais ils ne peuvent pas payer pour l'ensemble du monde. C'est impossible. C'est invraisemblable et cela n'aura jamais lieu. » À lire aussiLes ministres du G7 se réunissent à Paris pour parler d’environnement, mais écartent le climat des discussions La Chine, néo-pollueur Les pays du G7 sont certes les premiers responsables de la crise climatique, mais ils ne sont plus les seuls. Il y a certes les émissions historiques, mais il y a aussi les émissions actuelles. Et aujourd'hui, le plus gros pollueur, c'est la Chine, avec un tiers des émissions annuelles de gaz à effet de serre, très loin devant les États-Unis. Mais pour Pékin, il n'est pas question de payer. « La Chine a produit autant de ciment en trois ans que l'Amérique en un siècle, c'est absolument énorme, souligne Amy Dahan. Elle avait besoin d'utiliser son charbon, elle l'utilise. Elle fait passer avant tout ses propres intérêts. Elle a fourni au monde un certain nombre de technologies qui ne vont pas sauver le monde mais qui permettent quand même d'envisager des énergies non carbonées, donc c'est important. Mais elle ne veut pas payer pour les autres, c'est sûr. » Ce serait comme au restaurant, quand arrive l'addition : les gros riches refusent de payer, alors que les plus pauvres n'ont rien mangé ou n'ont presque rien dans leur assiette. À lire aussiEnvironnement: la Chine manque un objectif-clé sur les émissions de CO2 en 2024
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  • Pourquoi le Mondial de foot 2026 sera le plus polluant (et pourquoi la Fifa a tort de l'ignorer)?
    2026/06/10
    Le bilan carbone de la Coupe du monde de football organisée aux États-Unis, au Mexique et au Canada devrait atteindre les 9 millions de tonnes de CO2, un record. La démesure orchestrée par Gianni Infantino, le patron de la Fifa, est un mauvais coup porté à la planète... et au football. On pensait avoir touché le fond avec le dernier Mondial de foot organisé au Qatar, il y a quatre ans, avec des stades climatisés… Mais la Coupe du monde 2026, aux États-Unis, au Mexique et au Canada, qui démarre ce 11 juin, et durera 39 jours, du jamais-vu, s’annonce comme l’événement sportif le plus gros émetteur de gaz à effet de serre de l’histoire de l’humanité. Pour paraphraser la devise de l’olympisme, le foot mondial aujourd’hui c’est toujours plus haut, toujours plus fort et toujours plus polluant. Le bilan carbone de ce Mondial devrait être deux fois plus élevé qu’au Qatar. Ce qui n’est finalement pas étonnant quand on fait passer la compétition à 48 équipes, avec une centaine de matches (presque deux fois plus qu’avant) et quand les stades sont répartis aux quatre coins du continent nord-américain, de Boston à Vancouver, et de Toronto à Mexico. Le Mondial, c’est comme les SUV : plus c’est gros plus ça pollue. Gigantisme anti-climatique « La Fifa prend une orientation qui, fatalement, augmente le bilan carbone des événements. On va vers un gigantisme et un nombre de déplacements des spectateurs, des équipes, qui est à l'opposé de ce qu'il faudrait faire pour maintenir un climat à peu près vivable sur la planète », constate Maël Besson, spécialiste de la transition écologique du sport et fondateur de l’agence Sport 1.5. Dans ce genre d’événement, ce qui pèse le plus dans les émissions de CO2, c’est le transport, à 85%, et on est certain que personne ne prendra le train pour aller par exemple de Philadelphie à San Francisco. Résultat, le bilan carbone estimé de ce mondial pourrait atteindre les 9 millions de tonnes de CO2 – comme si on faisait un million de fois le tour de la Terre en voiture, et c’est absurde de faire un million de fois le tour de la planète, personne ne fait ça ! Contre son temps, contre son camp Ce bilan carbone estimé ne tient d’ailleurs pas compte des « coûts cachés » du Mondial, tous les produits dérivés et la frénésie consumériste qui s’emballe pendant plus d’un mois. « On ne prend pas en compte l'impact de la surconsommation adoptée par effet d'imitation ou par la publicité. Et s'il y a autant de sponsoring, c'est bien que cela a un effet sur nos comportements de consommation, qui ne sont pas compatibles avec les limites planétaires », relève Maël Besson. Cette année, il y a encore plus de publicités à la télé grâce, ou à cause, des pauses fraîcheur imposées pendant les matches, parce qu’on sait déjà que la quasi-totalité des rencontres se jouera à une température supérieure à 28°C, sans parler de l’humidité. Tout se passe comme si planète foot vivait sur une autre planète et comme si la Fifa, la fédération internationale de foot, n’avait rien compris de l’enjeu du réchauffement climatique. La Fifa, sous la direction de Gianni Infantino, est plus que jamais devenue une machine à cash, alors que le foot, comme n’importe qui sur la Terre, est confronté à la crise climatique. « Le football, malheureusement, va subir les conséquences du dérèglement climatique, que ce soit des fortes chaleurs mais aussi des sécheresses pour les pelouses, des phénomènes météorologiques extrêmes, orages, tempêtes qui vont dégrader les infrastructures. Malheureusement, dans les moments de crise, sur des sécheresses par exemple, ce n'est pas forcément le sport qui est priorisé mais les hôpitaux, les écoles, etc. Donc la Fifa aurait tout intérêt pour la propre survie du football à être le premier défenseur du climat. » À fois victime et acteur de la crise climatique, le foot mondial, à contre-temps, risque bien le plus beau but contre son camp de l’histoire. À lire aussiBilan carbone désastreux, chaleurs extrêmes: le Mondial de football, symbole puissant du dérèglement climatique
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  • À quoi ça sert de savoir si les oiseaux se portent bien ou mal?
    2026/06/09

    Le premier baromètre avifaune publié en France par la Ligue pour la protection des oiseaux présente un bilan contrasté. La chute des espèces communes est un signal d'alerte pour la santé humaine.

    Un bilan mitigé, avec quelques bonnes nouvelles, et beaucoup de mauvaises. La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) vient de publier son premier Baromètre de l’avifaune sur l’état des populations d’oiseaux en France. Des données précieuses, auxquelles l’espèce humaine ne devrait pas rester insensible. Si les oiseaux vont mal, peut-être que nous, humains, n’allons pas très bien. Les oiseaux sont des espèces de lanceurs d'alerte, malgré eux, sur l'état de la nature.

    « L'oiseau est reconnu comme le meilleur bioindicateur permettant de prendre la température de l'état de la nature, précise Cédric Marteau, le directeur général de la LPO. Si les oiseaux augmentent, c'est que notre environnement s'améliore : la qualité de l'air, de l'eau, de l'alimentation, des sols… À l'inverse, quand les oiseaux chutent, c'est qu'il y a encore des problèmes à régler ».

    Succès des plans de conversation

    C’est la bonne nouvelle de ce premier baromètre de la LPO : certaines espèces d’oiseaux se portent bien, grâce aux politiques de conservation et de réintroduction d'espèces menacées. « Si on prend soin de la nature et notamment des oiseaux, on arrive à les sauver. Cela a été le cas de la cigogne, des grands rapaces, comme des vautours, des espèces emblématiques... On a mis beaucoup d'énergie à les sauver et cela a fonctionné. Et c'est tant-mieux, évidemment. Malheureusement, pour les petites espèces, et notamment celles qui sont les plus nombreuses, il n’y a pas de plan de conservation spécifique. Et qu'est-ce qu'on constate ? Un effondrement des populations », déplore Cédric Marteau.

    Ces petites espèces, comme les hirondelles, les moineaux ou les rouges-gorges, qui représentent 90% des oiseaux de France, sont en constante diminution, avec une chute des populations de 18,2% en 25 ans. L'ennemi numéro 1 de ces oiseaux, c'est l'agriculture intensive, les pesticides qui privent les oiseaux de nourriture.

    Les oiseaux victimes de l'agriculture

    « Les espèces qui disparaissent le plus sont les espèces qu'on va retrouver dans les plaines agricoles, et elles disparaissent principalement à cause de l'agriculture chimique avec son cortège de produits phytosanitaires. Les pesticides provoquent la disparition de la nourriture des oiseaux. On note plus de 80% de diminution des insectes sur les 30 dernières années, c’est donc autant de nourriture en moins pour les poussins. C’est d’ailleurs la première cause de mortalité chez les oiseaux », souligne Cédric Marteau. À l'échelle de l'Europe, ce sont ainsi 800 millions d'oiseaux qui ont disparu en 40 ans, à cause des pesticides, mais aussi de la mécanisation et de l'arrachage des haies.

    Une solution existe pourtant : un autre modèle agricole. « Le système agricole industriel est à bout de souffle et il est temps de le changer pour les oiseaux, et à travers eux, pour notre santé. Cela devient vital, insiste le directeur de la LPO. On le voit avec les cancers pédiatriques, la qualité de l'eau… tout ça ne peut plus durer. Nous devons changer de système. Il en va de notre propre santé ». Parce que tant que les oiseaux chanteront, nous, humains, nous pourrons danser.

    À lire aussiPrintemps silencieux : mais où sont passés les oiseaux?

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