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Questions d'environnement

Questions d'environnement

著者: RFI
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概要

La Terre est en surchauffe, l’ensemble du vivant chaque jour plus menacé et la science très claire : les activités humaines sont responsables de cette situation. Le temps compte pour agir afin de préserver nos conditions de vie sur la planète. Quels sont les bouleversements en cours ? Comment les décrypter ? Et quelles sont les solutions pour enrayer cette dégradation, pour adapter nos modes de vie et nos infrastructures au changement du climat, pour bâtir un avenir plus durable pour tous ? À tour de rôle, les spécialistes environnement de la rédaction de RFI ouvrent la fenêtre sur notre monde en pleine mutation.

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エピソード
  • Pourquoi les baleines sont-elles des alliées du climat?
    2026/02/19

    Les grands cétacés produisent des déjections qui favorisent le phytoplancton, les microalgues au rôle majeur dans la séquestration du CO2.

    C’est animal exceptionnel qui mérite bien une journée mondiale, comme chaque 19 février. Exceptionnel d'abord par sa taille et son poids. La baleine est le plus grand animal qu'on peut rencontrer sur la planète. La baleine bleue, le plus imposant de tous les cétacés, pèse en moyenne 130 tonnes, sa langue est plus lourde qu'un éléphant, et chez le mâle, le pénis mesure plus de deux mètres -de quoi raviver des complexes chez d'autres mammifères. Mais le plus important n'est pas la taille mais le rôle que jouent les baleines dans la lutte contre le réchauffement climatique, en faisant caca et pipi.

    Une baleine produit près de 1000 litres d'urine par jour, et dans l'urine, il y a de l'azote, de l'engrais qui favorise la production de phytoplancton. Ces microalgues sont à la base de tout, à l'origine de la vie, à la base aussi de la chaîne alimentaire en mer. Lorsqu'il est à la surface de l'océan, le phytoplancton fait de la photosynthèse, comme toutes les plantes : il produit de l'oxygène (il produit même la moitié de l'oxygène de la planète), et il capte du CO2 (40% du CO2 présent dans l'atmosphère).

    Fèces et fer

    Mais le plus intéressant, ce sont les déjections des baleines, qui contiennent du fer, un nutriment encore plus important pour les microalgues. « Ce fer va être rendu biodisponible pour stimuler une nouvelle production de phytoplancton, détaille Christophe Guinet, directeur de recherche CNRS au Centre d'études biologiques de Chizé dans l’ouest de la France. Ce phytoplancton fixe à travers la photosynthèse du carbone atmosphérique. Les herbivores vont brouter ce phytoplancton et vont produire en profondeur ce qu'on appelle des pelotes fécales qui vont sédimenter vers le fond des océans et entraîner avec elles le carbone organique ».

    C'est ce qu'on appelle la pompe biologique, la pompe à carbone. D'une autre manière, les microalgues qui meurent sans avoir été avalées finissent au fond de l’océan, et le carbone qu'elles contiennent est lui aussi coincé tout en bas, loin, très loin de l'atmosphère.

    Les baleines ont d'ailleurs un rôle majeur dans l'écosystème marin et in fine dans la séquestration du CO2. Dans l'océan Austral, après l'interdiction de la chasse à la baleine, la population des cétacés a augmenté, tout comme le phytoplancton. « Ce qu'on observe, c'est une augmentation probablement multifactorielle, avec une contribution tout à fait possible des grands cétacés. Plus de phytoplancton, ce sont plus d'organismes qui vont brouter ce phytoplancton et qui vont contribuer à l'exportation du carbone vers l'océan profond », souligne Christophe Guinet.

    CO2 en stock

    Enfin les baleines capturent directement du carbone, et même beaucoup, compte tenu de leurs poids et de leur longévité – une baleine peut parfois vivre un siècle, ce qui représente une énorme quantité de CO2 stocké qui se retrouvera au fond de l'océan à la mort de l'animal. Cela dit, c'est un phénomène qui joue à la marge par rapport au phytoplancton. D'ailleurs toutes les baleines mortes ne coulent pas au fond de l'océan – c'est une question de densité.

    « Si vous avez une baleine très très grasse, elle va flotter à la surface de l'océan et elle va être consommée par un ensemble de prédateurs, des oiseaux marins, des requins aussi qui peuvent s'alimenter sur les carcasses. Une partie de ce carbone va donc être finalement remise en circulation avant d'être piégée dans les sédiments du fond de l'océan », précise Christophe Guinet. Une baleine morte stocke en moyenne 33 tonnes de CO2 ; c'est le bilan carbone de plus de 400 smartphones. Alors si vous pensez que vous ne pouvez pas vous passer de votre téléphone, on est sûr qu'on ne peut pas se passer des baleines.

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  • Inondations en France ou au Maroc: que faire de toute cette eau?
    2026/02/18

    Toutes les solutions ne se valent pas pour récupérer l'eau des fleuves et rivières qui débordent, en prévision des sécheresses estivales.

    De l'eau partout. Des fleuves et des rivières qui débordent, une « crue généralisée » qui dépasse « tous les records ». La France, mais aussi l’Espagne, le Portugal ou le Maroc sont touchées par des inondations provoquées par de fortes pluies sur une longue durée, un phénomène aggravé par le changement climatique. Face à ce trop d’eau qui inonde les territoires, et en pensant aux sécheresses estivales, il est tentant d’imaginer récupérer toute cette eau qui déborde. C’est en fait une très mauvaise idée.

    « Cette eau n'est pas utilisable du tout en tant que telle, tout simplement parce que nous avons énormément de matériaux qui sont charriés, de matières en suspension, parfois même des déchets, et donc on a des risques sanitaires très importants », résume Emma Haziza, hydrologue et présidente du Mayane Resilience Center sur l'adaptation climatique.

    L’eau qui tombe du ciel, en revanche, peut-être récupérée et stockée, mais à certaines conditions. « Récupérer au maximum de l'eau à l'échelle de ses toitures, c'est intelligent parce qu'on va la restituer dans son jardin avec un effet retard, explique Emma Haziza. En revanche, mettre des stockages à ciel ouvert comme l'exemple des bassines qui a été particulièrement polémique en France, c'est tout simplement laisser des eaux croupissantes dans une période de réchauffement climatique où il risque d'y avoir notamment des moustiques tigres », une espèce invasive en France, vecteur de maladies.

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    La réussite des barrages

    En revanche les barrages ont fait leurs preuves dans le monde entier. Ils permettent de réguler l'eau – et ils peuvent même aussi produire de l'électricité, et c'est une énergie renouvelable. Au Maroc, les barrages sont l'une des colonnes vertébrales de l'économie parce qu'ils servent à irriguer l'agriculture quand il ne pleut plus. Mais il a tellement plu ces derniers temps que certains barrages sont au maximum de leur capacité et qu'il faut relâcher de l'eau, ce qui crée des inondations. En France, en amont de la Seine, toute une série de lac-barrages, d'immenses retenues d'eau, permettent d'agir sur le niveau du fleuve, hiver comme été.

    « Non seulement cette eau va être récupérée et peut freiner les crues à l'aval, mais qui plus est c'est vraiment une eau qui va servir à ce que l'on appelle soutenir l'étiage, c'est-à-dire permettre un débit suffisant dans des périodes notamment de sécheresse intense. Et c'est plutôt une réussite parce que ce sont des zones de biodiversité, des zones totalement protégées qui, en même temps, vont permettre de réguler ces extrêmes », décrit l’hydrologue.

    Face au changement climatique qui exacerbe les phénomènes, inondations et sécheresses, des solutions d’ingénieries sont imaginées, à l’image des « autoroutes de l’eau » qui consistent à apporter l’eau là où il en manque, sachant que la moitié des fleuves sont déjà détournés. Mais un fleuve, ça se respecte.

    « Lorsqu'un fleuve se crée, ou une rivière, il est accompagné par une nappe qui est située en-dessous, qui permet de réguler le cycle de l'eau à l'échelle locale, et le cycle du carbone, précise Emma Haziza. Commencer à imaginer que l'on va prendre ces cours d'eau et qu'on va les transformer en tuyaux, c'est un peu comme se dire qu’on prend un corps humain, on prend la tête et le cerveau et puis on l'amène ailleurs. Et ce n’est pas grave pour le corps, on n'en a pas besoin... Il faut respecter le cycle de l'eau, il faut l'aider à ralentir. Il faut donner le plus long chemin possible à la goutte d'eau lorsqu'elle tombe sur le sol ». Car ce qui tombe au sol est un don du ciel.

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  • Y a-t-il assez d’œufs pour tout le monde sur la planète?
    2026/02/17
    Le marché de l'œuf est régulièrement en tension sur la planète qui en consomme trois milliards par jour dans le monde. L'offre fait parfois défaut, à cause de la grippe aviaire notamment, alors que la consommation progresse pour un aliment bon marché et riche en protéines. Des rayons désespérément vides. Scène désormais régulière, voire quasi quotidienne, dans les supermarchés de France, et d’ailleurs, au rayon œufs. Alors que la planète consomme chaque jour plus de trois milliards d’œufs de poules, les pénuries momentanées et les ruptures de stock se multiplient. Donald Trump, dans ses « négociations » commerciales avec l’Union européenne l'an dernier, avait même exigé des Européens qu’ils exportent des œufs aux États-Unis, où le prix a flambé. L’Afrique du Sud, aussi, il y a deux ans, a connu une explosion des prix. Et ces jours-ci au Maroc, à l'approche du ramadan, les œufs coûtent plus cher. Régulièrement, sur la planète, le marché de l’œuf est en tension. Les pénuries s’expliquent par une inadaptation entre l'offre et la demande. Soit parce que l'offre est en baisse, soit parce que la demande augmente. Pour les œufs, les deux phénomènes sont à l’œuvre. Il y a d'abord une crise de l'offre, à cause de la grippe aviaire, la grippe des oiseaux et donc des poules. Depuis 2022, c'est une souche particulièrement virulente qui est en circulation, et la seule solution pour éviter la contagion est de tuer les poules. Partout dans le monde, des millions et des millions de volailles ont été abattues. La pénurie d’œufs en Afrique du Sud, en 2023 et 2024, était directement liée à la grippe aviaire. Avant de retrouver un niveau de production suffisant dans les élevages, cela prend du temps. Parce qu'un poussin a besoin de grandir – il lui faut au moins six mois pour devenir une poule pondeuse. Consommation en hausse Mais la grippe aviaire n'est pas la seule explication. En Afrique en particulier, les élevages, ouverts, souvent familiaux, sont souvent plus vulnérables à toutes les maladies. Le prix de l'alimentation (maïs, soja, généralement importés) dépend des marchés mondiaux, et quand nourrir les poules devient trop cher, on arrête. On observe aussi une hausse mondiale de la demande en œufs, d’abord parce que la population mondiale augmente. Mais ce n’est pas la seule raison. Pour prendre l'exemple de la France, la consommation d'œuf a encore augmenté de 5% l'an dernier. Chaque Français mange en moyenne 237 œufs par an, dix de plus qu'il y a dix ans. Record battu, et les poules ont du mal à suivre la cadence, et pas seulement à cause de la grippe aviaire. On a perdu 20% des poules pondeuses avec la suppression de l'élevage en cage. Ce ne sont pas les poules qui s'en plaignent, mais élever des volailles au sol demande plus de place. Le gouvernement français doit faire des annonces à la fin du mois alors qu'on estime qu'on aura besoin d'un million de poules en plus chaque année. À lire aussiLa production d'œufs peine à suivre la hausse de la consommation Protéines climato-compatibles Les œufs seraient-il à ce point tendance ? C'est facile à cuisiner, c'est plein de protéines, et c'est surtout moins cher que la viande. La consommation d'œuf a explosé avec la forte inflation provoquée par la guerre en Ukraine. Quand tout devient trop cher, on se rabat sur un produit qui reste relativement bon marché. Qui mange un œuf mange un bœuf, ou à peu près… Les œufs c'est bon, et c'est bon aussi pour le climat. L'empreinte carbone d'un œuf est excellente. En moyenne, un kilo d'œuf représente moins de 2 kilos de CO2, alors que le bœuf atteint 28 kilos de CO2. L'empreinte carbone des œufs de poules élevées en plein air est légèrement plus importante, parce que ces poules gambadent, se dépensent, et donc ont besoin d'un peu plus de nourriture. Quand vous mangez des œufs, avant d'aller gambader, vous faites des économies, vous faites le plein de protéines, et vous luttez aussi contre la crise climatique. À condition bien sûr d'en trouver.
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