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Questions d'environnement

Questions d'environnement

著者: RFI
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La Terre est en surchauffe, l’ensemble du vivant chaque jour plus menacé et la science très claire : les activités humaines sont responsables de cette situation. Le temps compte pour agir afin de préserver nos conditions de vie sur la planète. Quels sont les bouleversements en cours ? Comment les décrypter ? Et quelles sont les solutions pour enrayer cette dégradation, pour adapter nos modes de vie et nos infrastructures au changement du climat, pour bâtir un avenir plus durable pour tous ? À tour de rôle, les spécialistes environnement de la rédaction de RFI ouvrent la fenêtre sur notre monde en pleine mutation.

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エピソード
  • Dans le golfe de Gascogne, les dauphins meurent-ils à cause du réchauffement climatique?
    2026/01/13

    En raison d'un déplacement géographique de leur proies (sardines et anchois, plus petits), les cétacés s'approchent trop près des côtes atlantiques françaises où ils se retrouvent pris au piège dans les filets des pêcheurs.

    C'est une réaction en chaîne, et c'est un mystère enfin levé. On sait désormais pourquoi trop de dauphins meurent dans le Golfe de Gascogne, sur la façade atlantique française, échoués sur les plages et surtout dans les filets des pêcheurs du Golfe de Gascogne. 9000 dauphins morts chaque année, sur une population d'environ 200 000 individus. Certes, ce n’est « que » 5%, mais au-delà de 5000 morts par an, la survie de l'espèce est menacée. Face à cette hécatombe, une mesure a d'ailleurs été prise, aux effets incontestables : l’interdiction de la pêche pendant un mois l’hiver. Le nombre de dauphins tués a ainsi été divisé par quatre. Mais cela a évidemment un coût économique et social pour tous les pêcheurs empêchés de travailler, et pour toute la filière.

    Mais le premier responsable de cette hécatombe, ce ne sont pas les pêcheurs. L’accusé numéro un, à l'origine de tout, c'est le réchauffement climatique. Il a d'abord un effet sur le débit des fleuves, en l'occurrence ici la Loire, qui se jette dans l'Atlantique. Moins d'eau douce, à cause du réchauffement, c'est moins de nutriments dans l'océan, « essentiellement du phosphore, d’origine terrestre, qui permet aux microalgues de se développer. En raison des politiques de réduction du phosphore dans les lessives, moins de phosphore est apporté, détaille Mathieu Doray, chercheur à l'Ifremer, l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer, et co-responsable du projet Delmoges qui vient de publier une étude sur les dauphins à l’issue de trois ans de recherches et d’observations. Il y a aussi moins de débit dans la Loire et toutes ces microalgues ont donc moins de nutriments pour se développer. De plus, elles vivent dans des conditions plus chaudes et donc moins favorables pour elles ». L’océan, dans cette zone, s'est réchauffé de presque 0,8 degré en 20 ans.

    À lire aussiDauphins: la justice française confirme une interdiction de pêche d'un mois dans le golfe de Gascogne

    Petits poissons de plus en plus petits

    Ces microalgues se trouvent à la base de la chaine alimentaire. Et s’il y en a moins, il y a aussi moins de zooplancton, ces petits organismes qui mesurent 1 millimètre, qui se nourrissent de microalgues, et qui sont à la base de l'alimentation des sardines et des anchois. Moins de zooplancton, c'est ainsi des poissons plus petits. Depuis le début du siècle, les sardines et les anchois ont perdu 2 centimètres. Les sardines et les anchois, à la base du repas des dauphins.

    Il y a beaucoup moins de sardines et d'anchois au large : parce qu'ils sont plus petits, ils restent près des côtes. Les dauphins suivent donc leurs proies, là où se trouvent aussi beaucoup de bateaux de pêche. « L’essentiel de la pêche qui peut nuire aux dauphins est déployé dans la bande côtière, entre 0 et 100 mètres de profondeur, pour capturer des espèces comme la sole, le bar ou le merlu. Plus les dauphins se rapprochent des côtes, plus ils se retrouvent en interaction avec des engins de pêche qui ne sont pas déployés plus au large. Ils sont donc soumis à un risque de capture accidentelle beaucoup plus important », explique Mathieu Doray.

    Outre la suspension de la pêche, il existe d’autre solutions pour protéger les dauphins : établir des cartes très précises des concentrations de sardines et d'anchois pour éviter la pêche au filet dans ces zones-là, comme le préconise l’Ifremer. On étudie aussi la possibilité d'équiper les filets de caméras et d'effaroucheurs sonores pour éloigner les dauphins, en reproduisant le son émis par un dauphin face à un danger. On est là au cœur d'une problématique posée par le réchauffement climatique : préserver l'activité humaine tout en protégeant la biodiversité. Une problématique et bien souvent une contradiction.

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  • Traité UE-Mercosur: pourquoi l'environnement et le climat ont disparu du débat?
    2026/01/12
    L'Union européenne a finalement donné son feu vert à la signature de l'accord de libre-échange avec le Mercosur. La France, qui a voté contre, s'est focalisée sur le sort des agriculteurs en occultant les menaces que fait peser le commerce international sur la planète. C'est un aboutissement, mais à quel prix ? Un quart de siècle plus tard, le traité de libre-échange entre l'Union européenne et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Bolivie, Uruguay, Paraguay) sera officiellement signé samedi 17 janvier, après le feu vert des vingt-sept pays de l'UE vendredi dernier. La France, elle, en pleine crise agricole, a voté contre, pour la défense des agriculteurs, mais pas pour les menaces que fait peser le traité sur l'environnement. La défense du climat est passée complètement en-dessous des radars, et pas qu'en France. Le président du Brésil, qui accueillait pourtant il y a quelques mois le dernier sommet mondial pour le climat (la COP30), s'est contenté de saluer un « accord en faveur du commerce international comme moteur de la croissance économique ». Mais certainement pas en faveur de la planète. Que le meilleur gagne En réalité, ni la planète ni le sort de l'agriculture européenne ne sortiront gagnants si, à l'issue de l'étape ultime, le traité UE-Mercosur venait à être ratifié pour entrer en vigueur. « La logique en œuvre est de mettre sur un même ring des acteurs économiques qui ont des compétitivités différentes et de leur dire : "Que le meilleur gagne". On construit ainsi du moins-disant sur les prix, et donc sur la rémunération des producteurs. On créé également du moins-disant environnemental, des pressions à la baisse sur les normes environnementales », analyse l'économiste Maxime Combes, animateur en France du collectif de la société civile Stop Mercosur Cette dimension environnementale a d'ailleurs totalement disparu ces derniers jours dans le débat français. Il y a quelques temps pourtant, le gouvernement avait mis en place une commission sur les impacts de ce traité de libre-échange. Avec au final un chiffre implacable : plus 34% de CO2 dans les échanges commerciaux entre l'Union européenne et le Mercosur. Mais depuis, les tracteurs sont entrés dans Paris, la fronde agricole ne faiblit pas. C'est visible, spectaculaire, alors que la déforestation de l'Amazonie nous semble bien lointaine. Le court terme, le court-termisme, l'ont emporté. Et dans ce dossier-là, le backlash écologique a encore fait son œuvre. « Aujourd'hui, avec le retour en arrière sur cette problématique dans les priorités politiques et du débat médiatique, c'est beaucoup moins audible et beaucoup moins entendu que les mobilisations du monde agricole », regrette Maxime Combe. Pesticides interdits et exportés Ce traité est pourtant en contradiction avec les engagements climatiques de l'Union européenne, et tout simplement avec l'Accord de Paris pour le climat. Mais on ne le dit pas ou peu. On se soucie des éleveurs français, à juste titre, mais jamais on ne s'interroge sur l'impact de la consommation de viande sur la crise climatique. Vu d'Europe, on parle d'un traité favorable aux constructeurs de voitures, alors même qu'on va peu à peu interdire en Europe les moteurs thermiques. On va aussi exporter davantage de pesticides en Amérique du Sud, ces mêmes pesticides qui sont interdit en Europe... En fait ce traité, qu'on a commencé à négocier il y a 25 ans, est un traité d'un autre siècle. « Il est certain que l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et les pays du Mercosur n'a pas été pensé, réfléchi et négocié dans une perspective de lutte contre le réchauffement climatique et de protection de la biodiversité, constate Maxime Combes. Tous les enjeux environnementaux ont donc été laissés de côté, et en ce sens c'est un accord très largement dépassé, obsolète, dont les principes datent réellement du XXe siècle ». En occultant les questions climatiques et environnementales, on évite de poser les questions qui fâchent, on évite un débat explosif : la remise en cause du dogme libéral en vigueur depuis 40 ans. Le commerce international et la compétitivité ne sont pas compatibles avec les intérêts de la planète. « Vous ne pouvez pas mener des politiques environnementales ambitieuses et dire en même temps que vous voulez que les acteurs économiques soient les plus compétitifs sur les marchés mondiaux », affirme ainsi l'économiste Maxime Combes. Parce que la défense de l'environnement remet en cause le modèle économique dominant, elle passe au second plan. Elle est pourtant loin d'être secondaire. À lire aussiLe débat sur l'accord UE-Mercosur illustre les complexités de la politique européenne
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  • Froid, neige et verglas en France: a-t-on oublié ce qu'était l'hiver?
    2026/01/08

    Avec le réchauffement climatique, les températures négatives sont désormais exceptionnelles. Il n'y a plus de saison et de moins en moins de « vrai hiver », alors que le gel a des avantages.

    Il a neigé sur la France, le froid s’est abattu sur le pays. Des températures négatives, du verglas, de quoi faire les gros titres des journaux et des chaînes télé d’information s’alarmant d’une « vague de froid » frappant la France – et visiblement cela fait mal à la France. L’hiver n’aurait ainsi pas commencé le 21 décembre, mais le 5 janvier, à en croire une journaliste de la télévision : « Il n’aura fallu cet après-midi que quelques heures pour faire basculer l’Île-de-France dans l’hiver et la galère. »

    Dans un reportage, de jeunes filles s’exclament : « C’est vrai qu’il fait super froid ! ». Tandis qu’un éditorialiste économique nous dit le prix du froid : « Rassurez-vous, une vague de froid, ça coûte moins cher qu’une canicule. » Pas de quoi nous rassurer en fait, puisqu'il y a désormais en France, et plus généralement sous climat tempéré, plus de canicules que de vagues de froid de plus en plus rares.

    L'expression « vague de froid », un raccourci de langage sensationnaliste, est d’ailleurs inappropriée. On ne décrète pas une vague de froid, car il y a des critères à remplir, et par exemple une moyenne nationale de –2°C. « Mais nous n’avons pas atteint une moyenne nationale de –2°C, ce qui fait qu’en fait ce que nous avons n‘est pas une vague de froid et ne peut pas être comptabilisé comme un épisode exceptionnel », souligne l'agroclimatologue Serge Zaka.

    Premier froid, première fois

    Aurait-on ainsi perdu l'habitude du froid ? Certains sont trop jeunes pour avoir connu l'hiver 1985, où il faisait –25°C au petit matin. La probabilité qu'un tel événement se reproduise aujourd'hui est d’ailleurs de 1 %. La dernière vague de froid en France remonte à 2018 et il y en a de moins en moins. Si on regarde l'année 2025, on a battu dans tout le pays 724 records de chaleur et seulement 60 de froid : c'est cela le changement climatique. On ne sait plus ce qu’est le froid.

    « Toutes les personnes qui ont en dessous de 25 ans, donc qui sont nées après 2000, ont l’habitude d’avoir des hivers doux et peu de vagues de froid, estime Serge Zaka. Pour certains, avoir autant de neige et voir qu’il fasse aussi froid, c’est la première fois de leur vie. Et on oublie au fil des générations ce qu’on appelle un vrai hiver en France. »

    Moins de froid l’hiver ne serait a priori pas un problème pour les humains, dont le corps préfère les températures modérées. Mais le gel est parfois bien utile pour éviter les maladies. « Le manque de froid de plus en plus prégnant en hiver implique une faible mortalité des pucerons, des mouches et des moustiques, des vecteurs de maladies, rappelle Serge Zaka. Donc s’il y a peu de gel et pas assez de froid, on a une reproduction latente de maladies, voire une surpopulation au printemps parce que le gel n’a pas, comme on disait dans les années 1970, nettoyé la vermine. »

    Adieu pommes, pêches et abricots

    Certains végétaux ont même besoin de froid, qui permet aux plantes et aux arbres de se reposer. Un repos de moins en moins fréquent avec le réchauffement climatique. Et pour avoir des fruits l'été, il faut du froid l'hiver. « L’hiver n’est pas là par hasard. Pour fleurir, nos arbres ont besoin de froid. C’est ce qu’on appelle la vernalisation, les besoins en froid pour fleurir. Lorsqu’il ne fait pas suffisamment froid, on peut avoir des problèmes de floraison au printemps, voire pas du tout de floraison, et c’est problématique si cela concerne des pommiers, des pêchers ou des abricotiers puisque dans ce cas-là il n’y a pas de fruit », explique Serge Zaka.

    L’épisode de froid que vient de subir la France est donc une bonne nouvelle : sauf gel tardif au printemps, il y aura plein de pêches et d’abricots cet été.

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