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Questions d'environnement

Questions d'environnement

著者: RFI
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概要

La Terre est en surchauffe, l’ensemble du vivant chaque jour plus menacé et la science très claire : les activités humaines sont responsables de cette situation. Le temps compte pour agir afin de préserver nos conditions de vie sur la planète. Quels sont les bouleversements en cours ? Comment les décrypter ? Et quelles sont les solutions pour enrayer cette dégradation, pour adapter nos modes de vie et nos infrastructures au changement du climat, pour bâtir un avenir plus durable pour tous ? À tour de rôle, les spécialistes environnement de la rédaction de RFI ouvrent la fenêtre sur notre monde en pleine mutation.

France Médias Monde
政治・政府
エピソード
  • Au Moyen-Orient, l'environnement est-il devenu une cible de guerre?
    2026/03/17

    L'Iran dénonce un écocide après les frappes militaires israéliennes sur ses dépôts pétroliers. En polluant l'air et l'eau, les bombes atteignent les populations civiles. Des impacts aggravés par la crise climatique.

    Ils font désormais partie du paysage. D’immenses panaches de fumées noires s’élèvent dans le ciel de Téhéran, notamment, chaque fois que les armées d’Israël et des États-Unis bombardent l’Iran, c’est-à-dire chaque jour. L’air est irrespirable ; il pleuvait même du pétrole après les bombardements de dépôts pétroliers aux conséquences catastrophiques. Ils pourraient provoquer des marées noires souterraines, une pollution qui pourrait menacer des générations. Le chef de la diplomatie iranienne a dénoncé lundi « un écocide », un crime contre l'environnement. « En ciblant un dépôt de pétrole, on prive d'abord son adversaire de pétrole et on complique la gestion de sa propre population parce qu’ils n'ont plus d'énergie. Ensuite, ça peut polluer et l'air qui devient irrespirable et l'eau qui ne devient plus potable. Il y a donc cette approche de cibler l'environnement parce que cet environnement soutient une capacité de vie des populations », analyse Anne Sénéquier, chercheuse santé environnement climat à l'Iris, l'Institut de relations internationales et stratégiques.

    Mais l'Iran n'est pas en reste en termes d'écocide. Le régime de Téhéran a également frappé des infrastructures pétrolières et gazières de plusieurs pays du Golfe, ainsi qu'une usine de dessalement d'eau. L'eau, c'est vital, et que ce soit de manière directe comme ici, ou de manière indirecte après les frappes sur les dépôts pétroliers iraniens, le résultat est le même. « L'humain sans eau ne tient pas trois jours. S'il n'y a pas d'eau, il n'y a justement pas de possibilité de continuer le conflit. C’est là où notre humanité s'exprime aujourd’hui de manière la plus cruelle qui soit, puisqu'on va essayer d'annihiler l'humanité même de l'adversaire. Et ça, c'est problématique », souligne Anne Sénéquier.

    Du Vietnam au Liban

    Problématique mais pas nouveau, presque aussi vieux que la guerre. Dans la région, on se souvient de Saddam Hussein : l'annexion du Koweït est un échec, et de rage, l'Irak met le feu aux puits de pétrole et déverse en mer quelques six millions de barils de brut – la pire marée noire de l'humanité. Plus récemment, on a parlé d'écocide à Gaza. Le mois dernier, Israël, encore, a été accusé de larguer par avion sur le Sud Liban du glyphosate concentré, le puissant herbicide fabriqué par Monsanto, pour stériliser les terres agricoles et empêcher le retour des populations. Cinquante ans plus tôt, pendant la guerre du Vietnam, les États-Unis déversaient l'agent orange pour tuer la végétation, avec des effets sur l'eau, la santé, la biodiversité… ressentis encore aujourd'hui. L'agent orange, une autre production signée Monsanto...

    Les crimes contre l'environnement peuvent frapper davantage les esprits aujourd'hui parce que ces écocides sont mieux documentés. Grâce aux satellites et à tous les outils mis en place pour mesurer la crise climatique, on peut voir en temps réels les pollutions et les atteintes à l'environnement. On sait aussi que les impacts ne sont plus limités dans le temps ni dans l'espace. Et dans un monde, une nature, plus fragiles qu'avant, les conséquences sont beaucoup plus fortes aujourd'hui. « On se retrouve aujourd'hui à appliquer des méthodes malheureusement qui ont toujours été les mêmes, mais qui sont démultipliées aujourd'hui par leur impact, que ça soit au niveau atmosphérique, au niveau des cycles de l'eau ou au niveau de la pollution. C'est là où ça dépasse peut-être le champ restreint que ça pouvait avoir auparavant », estime Anne Sénéquier, co-directrice de l'Observatoire de la santé mondiale à l'Iris. La politique de la terre brûlée est encore plus grave quand notre maison brûle.

    Invité internationalGuerre au Moyen-Orient: «À ce jour, l’écocide n’est pas reconnu comme un crime international par la CPI»

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  • Marché carbone européen: la transition énergétique à tout prix?
    2026/03/16
    Des voix s'élèvent en Europe contre l'obligation des industries à payer pour leurs émissions de CO₂. Un outil mis en place pour favoriser les énergies vertes, mais qui pèse sur la compétitivité des entreprises, et au final sur les consommateurs. Le marché carbone est-il sur la sellette en Europe ? À quelques jours d'un Conseil européen sur la compétitivité, des voix s'élèvent pour critiquer l'un des mécanismes mis en place pour accélérer la transition énergétique. Le marché d'émissions carbone européen concerne pour l'instant les plus gros pollueurs : les grosses industries, le secteur électrique et l'aviation. Pour les inciter à se décarboner, à émettre moins de CO₂, ils doivent payer des droits à polluer. C'est le principe pollueur-payeur. « L'idée, c'est qu'on a des quotas carbone et qu'à chaque fois qu'une des installations régulées émet une tonne de CO₂ dans l'atmosphère, elle doit, en contrepartie de cette tonne de CO₂, acheter un quota sur le marché carbone européen », explique Fanny Henriet, directrice de recherche CNRS à Aix-Marseille School of Economics. Les industriels bénéficient aussi de quotas gratuits qui doivent normalement disparaître à terme. À lire aussiL’Union européenne se dit en bonne voie pour ses objectifs de réduction de CO2 Un marché qui marche Ce marché carbone a d'ailleurs produit des effets. Depuis 10 ans qu'il existe, il a rapporté 245 milliards d'euros, de l'argent investi dans les énergies propres. L'Europe est ainsi championne du monde de la décarbonation. « On a réduit de 35 % nos émissions par rapport à 1990, souligne Christian Gollier, professeur à Toulouse School of Economics. On est la seule région du monde à avoir réellement engagé des sacrifices pour sauver l'humanité de ce désastre anticipé du changement climatique. Si les autres régions du monde n'accélèrent pas leur processus de décarbonation, nous, en Europe, on commence à avoir un sérieux problème de compétitivité et une montée en puissance d'une grogne sociale. » Parce que la décarbonation a un prix ; pour le bien de l'humanité, il faut passer à la caisse. « Produire de l'acier décarboné par rapport à la solution actuelle des hauts fourneaux, c'est pratiquement doubler le coût de fabrication de l'acier, poursuit Christian Gollier. In fine, ce sont les citoyens qui paient à travers des augmentations des prix. Et c'est bien l'objectif : il faut pousser l'ensemble des acteurs de l'économie, en particulier les consommateurs et les citoyens, à intégrer dans leur mode de vie les conséquences extrêmement néfastes des modes de consommation les plus carbonés. » Backlash C'est donc au nom de la compétitivité des entreprises que certaines voix remettent en cause le marché des émissions carbone, et la fronde prend de l'ampleur avec les récentes prises de position des Premiers ministres allemands et italiens – le nouvel axe européen, qui s'oppose de plus en plus à la France. Certains veulent prolonger les quotas gratuits d'émission, d'autres veulent suspendre le marché carbone actuel, d'autres encore renoncer au projet d'un deuxième marché pour le transport routier et le bâtiment. À lire aussiEntrée en vigueur de la nouvelle taxe carbone aux frontières de l'Union européenne Plus d'économie et moins de climat, cette petite musique est dans l'air du temps. « On observe ce qu'on a appelé le backlash environnemental, où les questions de climat passent souvent au second plan après le reste, analyse Fanny Henriet. Et là, en effet, c'est pour défendre la compétitivité. C'est en tout cas comme ça que l'argument est présenté parce que cela renchérit les prix de production en Europe comparé aux prix de production dans le reste du monde. » Un argument qui prend de l'ampleur ces jours-ci avec un pétrole à 100 dollars. Mais c'est précisément l'objet de la transition énergétique : se passer du pétrole. À lire aussiAllons-nous réussir à nous passer des énergies fossiles ?
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  • Tourisme et climat: un cercle vicieux?
    2026/03/12
    L'empreinte carbone du tourisme aggrave la crise climatique, qui elle-même menace le secteur. Dans un monde en voie de disparition, se développe un tourisme de « la dernière chance », le plus souvent au bout du monde... « Découvrez des destinations du bout du monde ou juste à côté de chez vous » : c’est l’invitation lancée aux visiteurs par le Salon mondial du tourisme qui s’ouvre aujourd’hui à Paris. Et autant dire d’emblée que la première option, la promesse du bout du monde, n’est pas très climato-compatible. Le tourisme est un accélérateur de la crise climatique, lui qui représente, à lui tout seul, 9% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Mais quand on est en vacances, on n'y pense pas forcément. « Dans le tourisme, on est sur une consommation qu'on qualifie d'hédonique, souligne Isabelle Frochot, maître de conférences à l'Université Bourgogne-Europe. C'est une consommation récompense, une consommation plaisir. Et dans la consommation hédonique, tous nos engagements et principes environnementaux passent à la trappe. » L'empreinte carbone du tourisme n'est pas près de diminuer. Le secteur touristique est sur une croissance annuelle de 4%. L’an dernier, on a battu tous les records, avec plus d'1,5 milliard de touristes dans le monde, selon l'Onu-Tourisme, un chiffre qui ne tient compte que du tourisme international, lorsqu’on voyage dans un pays étranger. L'Accord de Paris sur le climat exige que le secteur réduise ses émissions de 10% par an. On en est très loin, d'abord à cause du transport, qui représente 70% de son bilan carbone. Le transport, c'est d'abord l'avion, devenu moins cher que le train. Le trafic aérien mondial devrait d’ailleurs presque doubler d’ici 2050 et les promesses d’une aviation décarbonée restent pour l’heure des promesses. Plages en voie de disparition Tourisme et climat entretiennent en fait un cercle vicieux. « Le tourisme contribue à aggraver le climat qui lui-même contribue à fragiliser l'offre touristique. Ce sont les acteurs qui ont du mal à faire évoluer leur modèle et en même temps une demande touristique qui grandit ; des acteurs capitalistes qui profitent de cette manne et des consommateurs qui ne s'interrogent pas sur l'impact de leurs actes », résume Isabelle Frochot. Des destinations touristiques commencent ainsi à souffrir de la crise climatique. Certaines sont menacées par la montée des océans, comme les Maldives et la plupart de destinations insulaires. Dans les Caraïbes, près d'un tiers des hôtels sont à moins d'un mètre au-dessus du niveau de la mer. Partout dans le monde, des plages sont en train de disparaître. Le tourisme blanc (les sports d’hiver) est également menacé par le réchauffement climatique. Vacances en absurdie D’autres destinations enfin souffrent de canicules à répétition. En Méditerranée, l'été 2024 a été particulièrement catastrophique. « On a atteint des températures extrêmes de 48 ou 49°C avec des réservoirs d'eau à sec, des incendies allant jusqu'à la mer, jusqu'aux plages, avec des évacuations de touristes en Grèce. On a assisté à des épisodes très marquants qui ont incité, on le voit déjà, certains touristes à ne plus fréquenter certains lieux de Méditerranée au plus fort de la saison », relève Rémy Knafou, géographe – il publie dans une semaine Hypertourisme, le tourisme à l'épreuve de sa démesure (éditions du Faubourg). La crise climatique a même donné naissance à ce qu’on appelle « le tourisme de la dernière chance », quand on voyage pour voir ce qui est en train de disparaître à cause du changement climatique : les glaciers du Groenland, les ours polaires du Canada ou la Grande barrière de corail en Australie. « On développe des pratiques présentées à des touristes comme vertueuses qui consistent à contribuer au réensemencement des coraux, raconte Rémy Knafou. Ce qu'on oublie de dire, c'est qu'une bonne partie des touristes qui contribuent à cette action présentée comme vertueuse viennent de l'autre bout du monde et donc leur avion et les émissions de gaz à effet de serre contribuent à accélérer le blanchissement des coraux en question. C'est à la fois la satisfaction égoïste des touristes qui participent à ce mouvement et la recherche des profits pour les entreprises qui les font venir jusque-là. » Un autre cercle vicieux, pour de belles vacances en absurdie.
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