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Questions d'environnement

Questions d'environnement

著者: RFI
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概要

La Terre est en surchauffe, l’ensemble du vivant chaque jour plus menacé et la science très claire : les activités humaines sont responsables de cette situation. Le temps compte pour agir afin de préserver nos conditions de vie sur la planète. Quels sont les bouleversements en cours ? Comment les décrypter ? Et quelles sont les solutions pour enrayer cette dégradation, pour adapter nos modes de vie et nos infrastructures au changement du climat, pour bâtir un avenir plus durable pour tous ? À tour de rôle, les spécialistes environnement de la rédaction de RFI ouvrent la fenêtre sur notre monde en pleine mutation.

France Médias Monde
政治・政府
エピソード
  • Pourquoi le pastoralisme est un modèle d'agriculture durable en Afrique de l'Ouest?
    2026/01/28

    Les Nations unies mettent l'accent sur l'élevage nomade, en décrétant 2026 année internationale du pastoralisme. Cette pratique ancestrale permet de lutter contre la désertification et de protéger la biodiversité.

    C’est l'un des plus vieux métiers du monde, apparu il y a des milliers d'années avec la domestication des premiers animaux, et aujourd'hui encore il fait vivre plusieurs centaines de millions de personnes partout sur la planète, dans les territoires souvent les plus arides, là où rien ne pousse ou presque, à part des chèvres. L’élevage nomade est mis en avant cette année par les Nations unies qui ont décrété 2026 année internationale du pastoralisme. « Le pastoralisme ne saurait être un vestige du passé, confirme Tamsir Mbaye, de l'ISRA, l'Institut sénégalais de recherches agricoles. C’est un système qui structure des territoires, qui protège des écosystèmes, mais surtout qui nourrit des populations. Fragiliser cette activité, c’est affaiblir notre sécurité alimentaire. » En Afrique de l’Ouest, dans la zone sahélienne en particulier, le pastoralisme nourrit ainsi des millions de personnes.

    Le pastoralisme permet de se nourrir, également de se vêtir. Il est aussi un allié de la biodiversité. Il permet de lutter contre la désertification, de restaurer les sols grâce au passage des animaux – certaines herbes aiment bien qu'on les piétine. Ces animaux, comme vous et moi, font aussi caca, ce qui vaut presque de l'or. « Les déjections animales contribuent à enrichir naturellement les sols. C’est un fertilisant gratuit, recyclé sur place, souligne Tamsir Mbaye. Le pastoralisme contribue aussi à la lutte contre la désertification, en permettant de conserver des paysages ouverts, riches en espèces animales et végétales. Les troupeaux jouent un rôle-clé dans le transport des graines », et cela de deux manières. D'abord dans les excréments - on y revient toujours... Les graines voyagent aussi en s'accrochant aux poils des chèvres ou des moutons. C'est d'ailleurs en s'inspirant d'une de ces graines qu'on a inventé le velcro, les fameux scratchs.

    Un modèle menacé

    Mais le pastoralisme est aujourd'hui confronté au changement climatique qui perturbe le cycle des pluies, modifie les saisons d'une certaine manière. « L’assèchement des points d’eau est de plus en plus rapide », constate Tamsir Mbaye, coordinateur du Pôle pastoralisme et zone sèche (une coopération franco-sénégalaise), qui pointe aussi « la raréfaction des pâturages, tant en quantité qu’en qualité avec l’avènement d’herbes de mauvaise qualité, comme Diodia scandens », qu'on appelle njoja sur place, une mauvaise herbe, envahissante, qui peut être mortelle pour les vaches.

    Le pastoralisme est menacé, et pas que par le changement climatique. Son espace rétrécit, en concurrence avec les terres agricoles. Les barrières humaines se multiplient, alors que la transhumance existait bien avant l'invention des frontières. On a aussi tendance à se méfier des nomades et il y a parfois des conflits... Mais malgré une image un peu archaïque, le pastoralisme est un modèle d'agriculture durable, et d'ailleurs cela fait 10 000 ans que ça dure.

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  • Trente ans après le dernier essai nucléaire français, quels effets sur la santé et la biodiversité?
    2026/01/27
    La France a toujours sous-estimé, voire nié, les conséquences de ses essais nucléaires en Algérie et en Polynésie française. Le monde entier porte encore aujourd'hui la trace des essais réalisés par toutes les puissances nucléaires. C’était il y a tout juste 30 ans, le 27 janvier 1996 : la France effectuait son dernier essai nucléaire réel dans le Pacifique. L’histoire des essais nucléaires français, d’abord en Algérie, puis en Polynésie française, est celle d’un long mensonge d’État. Un mensonge répété encore par Jacques Chirac en 1995, quand il annonce, à la surprise générale, la reprise des essais en Polynésie, cinq ans après le moratoire décidé par François Mitterrand. « Vous savez que ces essais se passent dans le Pacifique-Sud, qu’ils ont lieu dans des conditions, euh, où, sans entrer dans des polémiques, il n’y a strictement aucune conséquence écologique », osait déclarer le président français, responsable d’une crise diplomatique majeure avec de nombreux pays du Pacifique, Australie et Nouvelle-Zélande en tête. Évidemment il n’en est rien : les essais nucléaires ont bien eu des conséquences sanitaires et environnementales. Entre 1960 et 1996, la France a réalisé plus de 200 essais nucléaires, tous dans des territoires colonisés : 17 en Algérie (dont certains après l’indépendance algérienne), et 193 en Polynésie (dont 46 dans l’atmosphère, le reste souterrains). Ce sont évidemment les essais réalisés en plein air qui sont les plus dangereux : les particules radioactives sont dispersées par les vents, et tout ne se passe pas toujours comme prévu. Ce fut le cas par exemple lors du dernier essai atmosphérique, tiré au-dessus de l’atoll de Mururoa, en 1974, l’essai Centaure. À lire aussiLes secrets des essais nucléaires français dévoilés Vingt-trois maladies « Au lieu de partir vers l’Est, le nuage radioactif est parti en direction de l’Ouest, directement vers l’île de Tahiti qui abritait la plus grande population, plus de 80 000 personnes, raconte Sébastien Philippe, professeur d’ingénierie nucléaire et physique à l’université du Wisconsin, aux États-Unis, et co-auteur d’une livre-enquête, Toxique, révélant il y a cinq ans, à partir de nombreux documents déclassifiés, le scandale sanitaire et environnemental des essais nucléaires français. Ce qu’on a pu démontrer, c’est qu’à l’époque toutes les personnes ont pu recevoir des doses supérieures au seuil d’exposition du public. Les risques étaient très bien connus, les retombées mesurées et les mesures ont été cachées au public. À l’époque, c’est "loin des yeux, loin du cœur », ironise-t-il. La quasi-totalité de la population polynésienne a subi des retombées radioactives, cancérogènes. Une liste de 23 maladies liées à la radioactivité a été établie. Le problème, c’est que les autorités françaises ont toujours avancé des taux de radioactivité jusqu’à 10 fois moins importants que la réalité, avec des conséquences pour l’indemnisation des victimes. Seulement un millier de victimes ont été reconnues, mais une proposition de loi arrive au parlement, avec des critères réévalués. Sur les essais en Algérie, la loi du silence est encore plus forte, alors que le parlement algérien, en votant une loi en décembre dernier sur la criminalisation de la colonisation française, demande des réparations pour les victimes algériennes. Sangliers radioactifs Ces essais nucléaires ont aussi entraîné des conséquences pour l’environnement. Quand on fait exploser une bombe 100 fois plus puissante que celle d’Hiroshima, le vivant disparait. « Sur les sites de tirs, il est clair que tout ce qui était à la surface de l’atoll, à l’intérieur du lagon, que ce soit la faune ou la flore, a été complètement décimé », souligne Sébastien Philippe. Les retombées radioactives ne sont d’ailleurs limitées ni dans le temps ni dans l’espace, comme une bombe à retardement. En Polynésie, le traumatisme est tel que des femmes ne veulent pas avoir d’enfants, de peur de leur transmettre des maladies. La puissance des essais souterrains a aussi provoqué des fractures dans les atolls. L’une d’elles est particulièrement surveillée, parce qu’en cas d’effondrement une vague engloutirait l’île la plus proche, habitée. À l'échelle mondiale, plus de 2 000 essais ont été réalisés par toutes les puissances nucléaires, et partout, on en trouve des traces encore aujourd’hui. Dans la nature, on a notamment mesuré de la radioactivité sur les carapaces de tortues et sur des sangliers en Allemagne. « Encore aujourd’hui, on peut le mesurer dans le sol, dans des troncs d’arbres, dans du vin, dans des abeilles, souligne Sébastien Philippe. C’est un peu partout. C’est une contamination qui est faible mais qui est là, qui fait de partie de ...
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  • Pourquoi la guerre dans l'est de la RDC menace-t-elle aussi les forêts et les animaux?
    2026/01/26

    Déforestation, braconnage... Un an après la bataille de Goma, la grande ville de l'est du Congo-Kinshasa, la biodiversité, elle aussi, continue de souffrir des combats.

    La guerre dans l’est de ma République démocratique du Congo (RDC) n'épargne rien ni personne, et évidemment pas les populations civiles. L'avancée de l'AFC/M23 avait poussé des centaines de milliers de personnes à fuir les combats, avec un effet inattendu : une déforestation accrue, provoquée par une demande importante en charbon de bois (le makala, en swahili). Une déforestation visible sur des images satellites, qui a doublé à cause de la guerre, notamment sur les pentes du volcan Nyiragongo.

    Partout dans la région, la forêt souffre, parce que les écogardes ne peuvent plus faire leur travail. « En notre absence, on en profite pour aller couper la forêt et fabriquer la braise, témoigne Alain Mukiranya, écogarde pour l'Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN). Au-delà de la dégradation et de la perte de l’habitat pour la faune, il y a aussi la perturbation des services écosystémiques que la forêt fournit, notamment la régulation climatique, l’approvisionnement en eau et même en produits forestiers non ligneux », comme les feuilles par exemple, utilisées pour se soigner – il n'y en a plus, parce qu'on a tout brûlé.

    Braconnage

    Les écogardes sont directement victimes de la guerre. Il est difficile d'obtenir un bilan précis, mais certains estiment qu'une trentaine d'entre eux sont morts depuis l'offensive du M23. La guerre a aussi coupé les principales routes, et les écogardes ne reçoivent plus le matériel, les armes, les munitions, pour bien faire leur travail.

    Moins d'écogardes sur le terrain, ce sont des animaux moins protégés. Il y a plus d'un an, le directeur des parcs à l'ICCN estimait que la moitié des animaux du parc des Virunga avait disparu à cause de la guerre. Un chiffre impossible à vérifier. Mais il y a une certitude : la guerre facilite le braconnage. « Des cas de braconnage d’okapis ont été signalés dans les zones où nous n’avons pas accès parce que la sécurité n’est pas très bonne, raconte Alain Mukiranya, l'assistant du directeur du parc national de la Maiko, au nord-ouest de Goma. Les petits primates sont aussi les espèces les plus braconnées. Les hommes qui exploitent illégalement les minerais comme l’or et le diamant autour du parc en profitent pour braconner pour leur survie. »

    On ne tue pas forcément les animaux pour le trafic, pour les revendre et ainsi acheter des armes, mais parfois juste pour se nourrir.

    Naissances

    Dans ce tableau sombre pour la biodiversité percent parfois de bonnes nouvelles, comme la naissance, au début du mois, à une trentaine de kilomètres de Goma, de jumeaux gorilles. Des jumeaux, cela n'arrive qu'une fois sur 100, c'est exceptionnel et à plus forte raison en temps de guerre. « Malgré la situation de guerre dans toute la zone, cela veut dire qu’ils ressentent une certaine forme de stabilité pour pouvoir donner naissance, estime Jérôme Lombart, le directeur des opérations de la fondation Virunga, interrogé par Alexandra Branjon du service Afrique. Dès que les bombardements reprennent, ce sont souvent les nouveau-nés qui risquent le plus, surtout dans les premières semaines et les premiers mois. C’est important, au niveau de la nutrition notamment, que le clan les garde. C’est ce qu’on espère. »

    Un miracle n'arrivant jamais seul, on vient d'apprendre la naissance d'un autre bébé gorille, toujours dans les Virunga. Et c'est ce qu'on veut croire : la vie est (parfois) plus forte que la guerre.

    À lire aussiRDC: à Rubaya, des mines stratégiques au cœur de la guerre, toujours contrôlées par le M23

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