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Questions d'environnement

Questions d'environnement

著者: RFI
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La Terre est en surchauffe, l’ensemble du vivant chaque jour plus menacé et la science très claire : les activités humaines sont responsables de cette situation. Le temps compte pour agir afin de préserver nos conditions de vie sur la planète. Quels sont les bouleversements en cours ? Comment les décrypter ? Et quelles sont les solutions pour enrayer cette dégradation, pour adapter nos modes de vie et nos infrastructures au changement du climat, pour bâtir un avenir plus durable pour tous ? À tour de rôle, les spécialistes environnement de la rédaction de RFI ouvrent la fenêtre sur notre monde en pleine mutation.

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エピソード
  • Des millions de tonnes de fruits et légumes jetés: le gaspillage alimentaire est-il de notre faute?
    2026/06/04
    Le gaspillage alimentaire commence dans les champs. Notamment pour des raisons économiques, les agriculteurs préfèrent laisser leur production pourrir sur place, quitte à gâcher de l'eau et de l'énergie. Le chiffre est choquant. Chaque jour dans le monde, selon l'ONU, un milliard de repas sont gaspillés. On vous l'a sûrement répété quand vous étiez tout petit : « Finis ton assiette ! » On a tendance à faire porter la responsabilité du gaspillage alimentaire sur les consommateurs. Oui, on jette toujours beaucoup trop à la maison, et là où on jette le plus, c'est dans les pays riches, mais en réalité ce gaspillage-là est minoritaire. Là où on gaspille le plus, c'est dans les champs, où poussent les fruits et les légumes. En France par exemple, un tiers du gaspillage alimentaire a lieu au niveau de la production, selon l’Ademe. Le gaspillage est forcément plus fréquent sur des produits par nature périssables, qu'on ne peut pas stocker, qu'il faut rapidement consommer ; on gaspillera plus facilement des tomates que des pneus de voiture par exemple. Mais la première raison du gaspillage agricole est d'ordre économique : il arrive que les agriculteurs préfèrent laisser pourrir des fruits ou des légumes sur place plutôt que de les ramasser, parce que ce n'est pas rentable. Quand récolter devient plus cher que tout abandonner. La loi du marché « Si l'offre en produits aux champs est supérieure à la demande exprimée par les marchés, il y a forcément une surproduction. La surproduction va générer automatiquement une baisse des prix, à rapporter aux facteurs de production que sont la main-d'œuvre, le matériel, le carburant, les machines. On oublie que l'agriculteur est un entrepreneur. La finalité de l'entreprise, c'est le profit », rappelle Laurent Parrot, économiste au Cirad, le centre de recherche agronomique pour le développement. On peut le regretter, on peut le déplorer, mais c'est tout simplement la loi du marché. Parmi les autres causes du gaspillage agricole, il arrive parfois qu'il n'y ait pas assez de main-d'œuvre. Il y a aussi des attaques de ravageurs, qui rendent les produits impropres à la consommation. Des récoltes sont aussi sacrifiées à cause du changement climatique, des canicules et des sécheresses plus intenses. Et puis il y a aussi les fameux fruits et légumes moches, déformés, qui n'ont pas la taille parfaite, qui ne répondent pas aux standards imposés par la grande distribution : souvent, on les jette, mais pas tout le temps et pas partout. « La question des défauts relève vraiment du marketing. Dans certaines situations, effectivement, par exemple en France, ça peut être mis au rebut. Dans d'autres situations, au niveau mondial, et notamment en Afrique, cela crée d'autres marchés parallèles qui consistent à récupérer ces produits qui sont écartés, ces fameux écarts de tri qui sont pour le coup consommés par, entre guillemets, une autre clientèle », constate Laurent Parrot. Gaspillages d'eau et d'énergie Tout ce gaspillage alimentaire entraine d'autres gaspillages, comme l'énergie qu'on a utilisée pour produire tous ces légumes et tous ces fruits. « Si on mobilise par exemple les facteurs de production des machines, des tracteurs, donc du carburant, de l'énergie, des terres agricoles, et si la production et le rendement ne suivent pas, c'est du gaspillage énergétique. Autrement dit, il y a un coût environnemental indirect assez important », souligne Laurent Parrot, qui travaille au Cirad sur la performance des systèmes horticoles (Hortsys). Reste le cas, majeur, de l’eau, et à cet égard, une étude récente effectuée en Espagne est assez édifiante : entre 2018 et 2024, plus de 70 millions de tonnes de fruits et légumes ont été abandonnées chaque année. Ce qui revient à gâcher 36 millions de mètres cubes d'eau par an, l'eau qu'on a utilisée pour les faire pousser. C'est comme si on avait jeté 36 milliards de bouteilles d'eau d'un litre. Dans un pays, l'Espagne, où 67 % du territoire est classé aride, la facture est particulièrement douloureuse. À lire aussi«Lutter contre le changement climatique, ce n’est pas un problème technique, c’est un enjeu démocratique»
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  • Le vélo électrique est-il vraiment écologique?
    2026/06/03

    Rouler grâce à l'énergie délivrée par une batterie n'empêche pas les vélos à assistance électrique d'être toujours plus compétitifs que la voiture sur le plan climatique.

    On en voit de plus en plus, et pas seulement pour la Journée mondiale du vélo, célébrée chaque 3 juin. Le vélo électrique, ou vélo à assistance électrique (VAE), s’est imposé en quelques années dans le paysage et sur les pistes cyclables. Les ventes sont explosé avec le covid, et en France aujourd’hui, 30% des vélos vendus sont électriques. Mais le VAE, c'est une vieille histoire.

    À la fin du XIXe siècle, en même temps que l'électricité se généralise, les premiers brevets sont déposés aux États-Unis. Mais le véritable essor viendra du Japon, d’où la télévision française présentait un prototype en 1972 : « Et voici la bicyclette de demain. Électrique, elle vous transportera sur dix kilomètres. Ensuite, il faudra trouver une prise de courant pour recharger la batterie. Une autre invention japonaise qui n'est pas encore commercialisée. » Il faudra attendre la fin des années 90 pour les premiers modèles en série, avec une autonomie bien plus importante pour la batterie.

    Alternative à la voiture

    Une batterie, c’est du lithium, des terres rares... Ce n'est pas neutre. Mais ce sera toujours mieux qu'une voiture. La batterie « n'empêche pas le vélo à assistance électrique d'avoir toujours un impact environnemental qui est très favorable. En gros, une batterie de vélo à assistance électrique est 100 fois moins capacitaire que pour les voitures électriques », souligne Aurélien Bigo, chercheur sur la transition des transports. Une batterie 100 fois moins grosse, cela limite l’impact écologique. Contrairement à une idée reçue, ce qui pèse le plus dans le bilan carbone d'un vélo n’est ni la batterie ni le fait de la recharger. Ce qui pèse le plus, et même neuf fois plus, c'est la fabrication du cadre, en acier ou pire en aluminium.

    Le vélo électrique peut même devenir une alternative à la voiture, évidemment pas pour faire un Paris Marseille – pour ça on conseille le train. Mais pour les trajets du quotidien, le VAE permet souvent de se passer d'une voiture, et même beaucoup plus que le vélo normal (le vélo mécanique ou musculaire comme on aime le dire dans le XIe arrondissement parisien). « 50 à 70% des trajets qui sont réalisés à vélo à assistance électrique remplacent la voiture. Pour le vélo classique, on est plutôt autour des 10 ou 20% selon les enquêtes qu'on peut avoir. Donc c'est un vrai outil pour réduire l'usage de la voiture et ça permet pour 15 à 25 % des usagers de ces vélos à assistance électrique de renoncer à l'achat d'une voiture ou de revendre une de leur voiture, grâce à cet usage du vélo à assistance électrique », précise Aurélien Bigo.

    Le vélo, c'est la santé

    Effectuer 1 kilomètre avec un vélo normal, c'est émettre 0 gramme de CO2. Avec un vélo électrique, on émet 10 grammes de CO2, quand la voiture thermique bat tous les records, avec 140 grammes de CO2. Mais il n'y a pas que des avantages écologiques. Si le vélo est bon pour la santé de la planète, il l'est aussi pour la santé humaine. Autre avantage du vélo électrique : il recrute de nouveaux usagers qui ne seraient jamais montés sur un vélo normal.

    « Le fait d'avoir cette assistance permet de moins transpirer et de passer plus facilement les reliefs, aller un petit peu plus loin, faire moins d'efforts. Pour des personnes qui ne sont pas forcément très sportives ou qui n'ont pas l'habitude de faire du vélo, l'assistance électrique permet vraiment de passer le pas. On sait qu’effectuer cent minutes de vélo par semaine (soit 1h 40 de vélo par semaine) permet de réduire la mortalité, toutes causes confondues, de 10 % », détaille Aurélien Bigo. Chaque fois que vous pédalez, vous rebouchez le trou de la Sécurité sociale.

    Aujourd'hui l'économiePourquoi le vélo fait la course en tête

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  • Quel est le secret des tourbières face au réchauffement climatique?
    2026/06/02

    En cette Journée mondiale des tourbières, gros plan sur ces zones humides souvent méconnues et pourtant bien plus efficaces que les forêts pour capter le CO2.

    Elles se font discrètes, mais elles sont essentielles. Les tourbières, ces zones humides composées d’eau stagnante, colonisées par la végétation et au sol riche en matière organique (de la matière vivante qui s'est décomposée), ont un rôle majeur face au réchauffement climatique. Un rôle pourtant longtemps méconnu ou ignoré jusqu’il y a quelques années, d’abord en raison de leur superficie marginale. Les tourbières ne représentent que 3 à 4% de la surface des sols sur la planète, mais elles sont bien plus efficaces, pour fixer le CO2, que les forêts dont on parle tout le temps.

    « Les tourbières représentent une surface beaucoup moins importante que la savane, les forêts ou les grandes prairies d'Amérique et d'Asie. Ce n'était donc pas forcément l'écosystème dont on parlait le plus, constate Daniel Gilbert, professeur d'écologie à l'Université Marie et Louis Pasteur de Besançon. Mais on s'est aperçu qu'en termes de stock de carbone, c'est-à-dire la quantité de carbone à l'origine dans l'atmosphère et aujourd'hui stockée dans les écosystèmes, les tourbières stockent au moins un tiers du carbone mondial, 600 milliards de tonnes, quand les forêts doivent être autour de 400 milliards de tonnes ». À surface égale, une tourbière stocke dix fois plus de CO2 qu'une forêt.

    Le rôle de l'eau

    Le secret de cette performance, c'est l'eau. « La tourbière étant pleine d'eau, l'oxygène n'arrive pas à diffuser dans la tourbe et les bactéries n'arrivent pas à décomposer la matière organique. Mais si on enlève l'eau, bien évidemment ça se met à se décomposer très vite, explique Daniel Gilbert. C'est un phénomène que tout le monde a vu chez lui. Quand on met du terreau dans un pot de fleurs, petit à petit il y en a de moins en moins. Où est-il ? Dans l'atmosphère ! Il s'est décomposé dans le pot de fleurs ; le sol, qui est un sol organique, repart dans l'atmosphère. C’est ce qui se passe un peu partout quand on cultive un sol de tourbe après drainage : dans des conditions moyennes, on perd à peu près un demi-centimètre de hauteur de terre par an ». Une tourbière asséchée, drainée, c'est du CO2 dans l'atmosphère.

    L'agriculture figure ainsi par les ennemis des tourbières. Actuellement, c'est le cas notamment en Indonésie où on détruit des tourbières pour produire de l'huile de palme. Mais de tous temps, et partout dans le monde, les tourbières, les zones humides, ont été sacrifiées. « Historiquement, le but du jeu sur Terre, c'est d'éliminer les zones humides qui ne servent à rien, ironise le spécialiste des tourbières. C'est plein d'eau, ça ne permet pas d'avoir une production agricole ou forestière. Et donc on a détruit, en se disant : c'est pour le bien de l'humanité. Sauf qu'aujourd'hui, on s'aperçoit que sans les zones humides on est fichus, en fait ». Car au-delà du carbone, les tourbières abritent une grande biodiversité, elles évitent les inondations et nous donnent de l'eau potable.

    Volonté politique

    Mais on peut encore sauver les tourbières pour sauver l’humanité. Encore faut-il qu'il y ait la volonté politique. « Techniquement, on remet en eau, ça marche très bien avec du temps. Une tourbière ayant 5000 ou 7000 ans, vous ne la remettez pas en selle en six mois, on parle de processus lents, écosystémiques, mais ça marche très bien, souligne Daniel Gilbert. Mais politiquement, sociologiquement, il très difficile d'aller dire aux agriculteurs qu’il faut revenir en arrière pour la société et y compris pour eux. Donc on sait faire, mais c'est super difficile à faire ! ».On sait faire mais c'est difficile à faire : c'est un bon résumé de l'action politique face à la crise climatique.

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