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Questions d'environnement

Questions d'environnement

著者: RFI
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概要

La Terre est en surchauffe, l’ensemble du vivant chaque jour plus menacé et la science très claire : les activités humaines sont responsables de cette situation. Le temps compte pour agir afin de préserver nos conditions de vie sur la planète. Quels sont les bouleversements en cours ? Comment les décrypter ? Et quelles sont les solutions pour enrayer cette dégradation, pour adapter nos modes de vie et nos infrastructures au changement du climat, pour bâtir un avenir plus durable pour tous ? À tour de rôle, les spécialistes environnement de la rédaction de RFI ouvrent la fenêtre sur notre monde en pleine mutation.

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エピソード
  • Biopiraterie: pourquoi les plantes médicinales sont-elles menacées par les industries pharmaceutique et cosmétique?
    2026/03/03
    La médecine traditionnelle utilise des dizaines de milliers plantes à travers le monde. Mais les savoirs ancestraux des peuples autochtones sont régulièrement pillés par les industries pharmaceutique, cosmétique et des compléments alimentaires. Une plante, c’est généralement assez léger, mais les plantes médicinales pèsent beaucoup financièrement. C'est un énorme marché, estimé à 400 ou 500 milliards d'euros pour toute la médecine traditionnelle, qui n'utilise d'ailleurs pas que les plantes. À l'occasion de la Journée mondiale de la vie sauvage, ce 3 mars, l'ONU met l'accent sur les plantes médicinales et aromatiques, avec un mot d'ordre : « conserver la santé, l'héritage et les moyens d'existence ». À lire aussiCôte d'Ivoire: les plantes médicinales, un recours quand le porte-monnaie est vide Pour l'immense majorité de la population mondiale, les plantes sont bien souvent le seul moyen de se soigner, dans les pays en développement. « 80% des personnes sur Terre commencent par avoir affaire à la médecine traditionnelle. Dans les pharmacopées traditionnelles, généralement il y a une majorité de plantes. On estime qu'on ramasse environ 30 000 plantes à fleurs dans le monde à visée thérapeutique. Cela représente effectivement quelque chose d'extrêmement important et on est sur un marché qui est en constante expansion, de 8 à 15% par an », précise Aline Mercan, médecin, phytothérapeute (qui soigne avec des plantes) et auteure d’un Manuel de phytothérapie écoresponsable. Médicaments plus chers Ces plantes médicinales représentent une richesse culturelle et un savoir ancestral transmis de génération en génération, généralement beaucoup plus abordables que les médicaments modernes. « C'est vrai qu’il est plus compliqué de faire une posologie, de doser une plante, une infusion, une décoction d'une plante traditionnelle que de le doser dans une pilule. Mais c'est aussi beaucoup moins cher. Il faut donc faire attention de ne pas enlever, de ne pas combattre cet usage pour favoriser uniquement des produits pharmaceutiques qui peuvent être très chers », relève Pierre Johnson, socio-économiste, spécialisé dans les filières végétales, et auteur de Biopiraterie : Quelles alternatives au pillage des ressources naturelles et des savoirs ancestraux ? À lire aussi1. Les médicaments dans le sud La biopiraterie est un terme inventé dans les années 1990 pour décrire une forme de privatisation du vivant, quand des entreprises déposent des brevets sur des molécules que contiennent des plantes par exemple, quand l'industrie pharmaceutique (et pas seulement elle) essaie de récupérer ces connaissances ancestrales. La pervenche de Madagascar en est l'un des exemples célèbres. « On a extrait de la pervenche des substances qui ont des effets anticancéreux. Évidemment, il n’y a pas eu du tout de bénéfices pour la population malgache. Mais c'est un cas assez particulier parce que de manière générale, ce ne sont pas les laboratoires pharmaceutiques qui gagnent le plus d'argent sur les plantes de la médecine traditionnelle, ce sont les laboratoires du complément alimentaire. Ce qui n’est pas du tout le même monde ! », pointe Aline Mercan. Cactus coupe-faim Les compléments alimentaires ont la cote, le marché est exponentiel ces dernières années, alors que les effets sur la santé sont parfois discutables. Et les méthodes aussi, comme en témoigne la biopiraterie d’une plante, le hoodia, consommée par le peuple San en Afrique du Sud. « Le hoodia est un cactus d'Afrique du Sud utilisé par les San qui ont des techniques de chasse où ils épuisent le gibier, raconte Aline Mercan. Pour ça, il faut soi-même être très endurant, ne pas manger et ne pas dormir. Et donc ce hoodia a été utilisé par l'industrie du complément alimentaire pour fabriquer des coupe-faim pour le marché du surpoids dans les pays du Nord. Les San n'ont pas touché grand-chose, quelque chose de tout à fait négligeable par rapport au marché que ça a généré. » Précisément 0,003 % du chiffre d’affaires... La convention de Nagoya, signée au Japon en 2010, et entrée en vigueur 4 ans plus tard, tente de réguler la biopiraterie, pour protéger notamment la médecine traditionnelle et les savoirs ancestraux. Deux chiffres résument le problème : 90% des ressources naturelles se trouvent dans les pays du Sud, alors que la quasi-totalité des brevets, 97%, appartiennent à des entreprises des pays riches. C'est là une autre « tradition » : la ressource est au sud, et les profits au nord.
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  • Faut-il éviter la livraison à domicile pour sauver la planète?
    2026/03/02
    L'impact environnemental des colis dépend de nombreux critères mais la livraison à domicile n'est pas forcément la pire des solutions. Une nouvelle taxe en France, et c'est pour la bonne cause : pour lutter notamment contre l'ultra fast fashion et la surconsommation liée à l'explosion des sites comme Shein ou Temu. Depuis dimanche 1er mars, les petits colis d'une valeur de moins de 150 euros sont désormais taxés. Le marché de la livraison a doublé en 10 ans, et on s'attend à une croissance annuelle de 3 % à 5 %. Aujourd'hui, plus d'un milliard de colis sont livrés en France chaque année, mais l'impact environnemental reste faible : une livraison correspond en moyenne à 1 kilo de CO₂. En termes d'équivalence carbone, c'est comme si on rechargeait 2,5 fois son téléphone, ce qui reste marginal par rapport à l'empreinte carbone du produit lui-même acheté sur internet. Se pose alors la question : pour l'environnement, vaut-il mieux aller faire ses courses en magasin ou se faire livrer ? L'agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) a mené l'enquête et la livraison n'est pas la pire des solutions : « Si on a la possibilité d'aller à un point de retrait dans un magasin, à pied, en vélo ou en transports en commun, c'est intéressant. En revanche, si on y va en voiture avec un trajet principalement tourné vers ce retrait, la livraison à domicile devient plus intéressante parce que la livraison va se faire avec une tournée bien optimisée, avec le camion du livreur qui contient plusieurs colis », résume Tristan Bourvon, coordinateur logistique à l'Ademe. Comme si le e-commerce s'apparentait à du transport en commun de marchandises. À lire aussiAchète-t-on trop de vêtements? Ni voiture, ni avion Mais le risque d'une livraison à domicile, c'est qu'on soit absent et que le livreur doive repasser. Cela alourdit l'empreinte carbone de la livraison. Dans ce cas, mieux vaut un point relais, à condition bien sûr de ne pas y aller en voiture. Le critère de la rapidité doit aussi être pris en compte. À part pour les grandes plateformes, qui ont souvent un entrepôt près du client, une livraison express a généralement une empreinte carbone élevée. « Si jamais le produit n'est pas stocké à proximité de chez vous, mais vient plutôt d'un pays très éloigné comme la Chine, le fait d'aller plus vite va souvent engendrer le recours au fret aérien plutôt qu'aux porte-conteneurs. Et l'aérien est beaucoup plus émissif par colis transporté que le maritime. C'est surtout vrai, par exemple, pour les plateformes d'ultra-fast-fashion. La livraison ultra-rapide, en moins de vingt-quatre heures, avec une camionnette dédiée pour livrer dans l'heure, moins bien remplie, va avoir un impact plus fort », détaille Tristan Bourvon. Le poids du vide Dans l'impact environnemental de la livraison, il y a aussi l'emballage. Et on peut même parler de suremballage. En moyenne, un colis est vide à 44 %, et même le vide, ça pèse : le suremballage alourdit les colis « d'un quart ou d'un tiers ». Ce qui a un poids environnemental : 112 tonnes de CO2 en France chaque année, ce qui correspond, selon le comparateur carbone de l'Ademe, à plus de 13 000 kilos de brownies au chocolat – gare à l'indigestion. Pour mieux consommer, il est préférable d'éviter le transport aérien, de privilégier, quand c'est possible, la marche à pied pour faire ses courses, de consommer local, et pourquoi pas d'arrêter d'acheter à tort et à travers. Il existe des solutions alternatives, comme « l'option de la location, l'option du prêt entre particuliers, l'option de la réparation, énumère Tristan Bourvon, de l'Ademe. Ce sont des choses qui permettent d'allonger la durée de vie des objets, d'éviter d'acheter du neuf lorsqu'on ne va s'en servir qu'une seule fois, par exemple. Tout cela peut réduire la surconsommation. Cela ne veut pas dire arrêter d'acheter, bien sûr, mais cela veut dire se poser les bonnes questions avant de le faire. » À lire aussiCommerce: une taxe de 3 euros imposée sur tous les petits colis importés dans l'UE à partir du 1er juillet 2026
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  • L'agriculture est-elle l'ennemie des oiseaux?
    2026/02/25
    Les pratiques intensives et l'utilisation de pesticides sont responsables de la forte diminution des populations d'oiseaux, alors que ces oiseaux sont les alliés des agriculteurs. C’était juste avant le Salon de l’agriculture, cette grand-messe annuelle où la France célèbre, à Paris, une activité qui occupe la moitié de son territoire. La LPO, la Ligue pour la protection des oiseaux, a publié deux chiffres sur le déclin des oiseaux : en 25 ans, les populations d'oiseaux ont diminué de plus de 18%. Et quand on s'intéresse aux oiseaux des milieux agricoles, le déclin est presque le double, moins 32,5%. Ils perdent chaque année 1% de leurs effectifs. La cause majeure de ce grand effacement sans bruit est l'utilisation des pesticides et des insecticides par l’agriculture intensive. Il n'y a plus d'insectes pour les nouvelles générations. « En été, ces oiseaux nourrissent leurs poussins avec des insectes parce que c'est une nourriture beaucoup plus énergétique que, par exemple, des graines. Et donc cela permet un élevage des jeunes beaucoup plus rapide. Ces oiseaux ne trouvent plus d'insectes pour nourrir leurs poussins ou même pour pouvoir produire leurs œufs. Ce n'est donc pas de la mortalité adulte, c'est l'absence de reproduction et donc de renouvellement des générations qui entraîne le déclin de ces population », explique Vincent Bretagnolle, écologue et chercheur au CNRS au laboratoire de Chizé, dans l'ouest de la France. D'après une étude du Museum national d'histoire naturelle, c'est là où on achète le plus de pesticides que les oiseaux disparaissent le plus. Les oiseaux sont des alliés Les oiseaux sont pourtant des auxiliaires de l'agriculture. Ils permettent par exemple de réguler les plantes adventices, les mauvaises herbes qui poussent au milieu des champs. L’agriculture est l’ennemi des oiseaux alors que les oiseaux sont les alliés de l’agriculture, et plus largement l’ensemble de la biodiversité. « La production agricole, c'est la production de la nature, la production des écosystèmes, rappelle Vincent Bretagnolle. L'agriculture a besoin de pollinisateurs, de vers de terre... Elle a aussi besoin d'oiseaux, parce que l'alouette des champs, qui a perdu 30% de ses effectifs en 25 ans, se tourne vers les graines pour se nourrir en hiver, et notamment les graines d'adventices. Les alouettes, à elles seules, éliminent à peu près un tiers de la production annuelle d'adventices dans les cultures. » L'agriculture utilise des herbicides qui privent les oiseaux de graines en hiver, alors que ces oiseaux font très bien le travail, de manière équilibrée. À lire aussiFrance: la LPO saisit la Commission européenne contre la chasse à la glu Pesticides, herbicides, engrais et mécanisation sont les ennemis des oiseaux. De nombreuses espèces en milieu agricole nichent au sol, cachées dans les herbes hautes, et régulièrement, au moment des moissons, les nids, les œufs, les poussins et leurs parents se retrouvent écrasés ou broyés par les machines agricoles. Paysages perdus L'agriculture intensive a aussi modifié les paysages. Au nom de la productivité (que la ministre de l'Agriculture veut relancer, comme elle l'a dit il y a deux jours en plein Salon), on a supprimé les haies, les arbres, les murets, pour des champs à perte de vue, de la monoculture. Ce qui est aussi un problème pour les oiseaux. « Les arbres isolés, par exemple, étaient les lieux de reproduction pour un certain nombre d'espèces, rappelle Vincent Bretagnolle. L'agrandissement des parcelles a un autre effet : la plupart de ces espèces, comme les alouettes ou les perdrix, nichent plutôt en bordure de parcelles. Si les parcelles s'agrandissent, la disponibilité en habitat, proportionnellement, diminue. Ce système, qui consiste à éliminer progressivement la biodiversité, notamment par l'agrandissement, se terminera par l'élimination de l'agriculture elle-même. » On n'entendra peut-être bientôt plus de chant dans les champs, s'il y a encore des champs. À lire aussiFrance: un procès s'ouvre après le démantèlement d'un vaste trafic d'oiseaux sauvages
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