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Questions d'environnement

Questions d'environnement

著者: RFI
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概要

La Terre est en surchauffe, l’ensemble du vivant chaque jour plus menacé et la science très claire : les activités humaines sont responsables de cette situation. Le temps compte pour agir afin de préserver nos conditions de vie sur la planète. Quels sont les bouleversements en cours ? Comment les décrypter ? Et quelles sont les solutions pour enrayer cette dégradation, pour adapter nos modes de vie et nos infrastructures au changement du climat, pour bâtir un avenir plus durable pour tous ? À tour de rôle, les spécialistes environnement de la rédaction de RFI ouvrent la fenêtre sur notre monde en pleine mutation.

France Médias Monde
政治・政府
エピソード
  • Pourquoi les œufs (de Pâques mais pas qu'eux) sont-ils menacés par le réchauffement climatique?
    2026/04/06
    À Pâques, c'est la saison des œufs dans le jardin. Des œufs en chocolat, et d'autres plus naturels : ceux des oiseaux, des reptiles ou des poissons. Mais dans un monde de plus en plus chaud, leur survie est en jeu. Ils symbolisent la vie depuis des siècles et des siècles, la renaissance (pour ne pas dire la résurrection de Jésus), parce que c'est souvent au printemps que la vie reprend, que les œufs éclosent, mais aujourd'hui, dans un monde qui se réchauffe, les œufs de Pâques (mais pas qu’eux), les œufs des oiseaux, des reptiles et des poissons, sont menacés. C'est le cas des œufs des tortues. Les tortues marines sont parmi les animaux les plus touchés par le réchauffement climatique. Le sexe, à la naissance, dépend de la température d'incubation des œufs. Au-delà d’une certaine température, c’est une femelle, et en-deçà un mâle. Le réchauffement climatique a ainsi tendance à donner plus de femelles, ce qui risque, à terme, d’avoir un impact sur la survie de l'espèce. Féminisation des tortues « Plus c'est chaud, plus on aura de femelles. C'est ce qu'on appelle la féminisation d'une population. Ce qui pose problème puisque pour qu'il y ait une capacité de reproduction, pour que l'espèce perdure, il faut une probabilité de rencontre assez bonne. Et forcément, si dans notre population on a une part trop importante de femelles, la probabilité de rencontre entre les mâles et les femelles va diminuer », explique François-Elie Paute, chargé de mission scientifique au sein de l’association Oulanga Na Nyamba qui protège les tortues à Mayotte, dans l'océan Indien. Dans la Grande barrière de corail, au nord de l'Australie, jusqu'à 99% des tortues qui naissent aujourd'hui sont des femelles. Le réchauffement climatique a aussi un effet sur le niveau des mers, et donc sur les plages où pondent les tortues. La fonte des glaciers et la dilatation de l'eau provoquent une montée des océans, ce qui augmente le risque d'inondation des sites de pontes. C'est le cas à Mayotte, où le phénomène est aggravé par la proximité d’un volcan : l'île s'enfonce. « De l’eau va rentrer dans le nid de manière trop régulière et à des périodes bien précises de l'incubation. Ensuite, ce qu'on peut retrouver, ce sont des embryons qui ne se développent pas ou avec des malformations, des choses comme ça… En fait, l'air ne circule plus dans le nid, ce qui altère le développement des embryons », détaille François-Elie Paute, également membre du Conseil scientifique du patrimoine naturel. Quitter le nid Les œufs des oiseaux subissent également le réchauffement climatique. Trop de chaleur peut menacer la phase de reproduction, ainsi que la survie des œufs une fois que la femelle a pondu. Le phénomène a été observé notamment chez un oiseau d'Afrique australe, le cratérope bicolore, qui peut quitter le nid pour aller se rafraîchir, ce qui rend les œufs plus vulnérables à la chaleur. En Australie, chez un autre passereau, le miro enchanteur, les parents étendent leurs ailes pour faire de l'ombre à leurs œufs. Mais essayez de garder les bras tendus toute une journée : c'est épuisant, les oiseaux se déshydratent et certains en meurent. Lors d'une forte canicule, des scientifiques ont aussi observé que les embryons, dans les œufs, n’ont pas supporté la chaleur. Les parents ont continué à les couver, pendant des jours, pour rien, et au péril de leur survie. Les poissons aussi pondent des œufs, et les œufs et les larves sont les plus sensibles au changement climatique. C’est le cas chez le poisson-clown (le poisson du film Némo) qui vit dans les anémones de mer. Leur blanchiment, provoqué par des eaux plus chaudes, entraine une baisse des œufs viables de 73%, selon une étude menée en Polynésie. Quelques degrés de plus suffisent à menacer toute une génération. La crise climatique fait désormais des victimes avant même leur naissance.
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  • La France a-t-elle perdu la guerre contre le frelon asiatique?
    2026/04/02
    Malgré un plan d'action national doté de 3 millions d'euros, les autorités français peinent à éradiquer la colonisation du territoire par le frelon asiatique, une espèce invasive présente depuis une vingtaine d'années. Tueur d'abeilles, l'insecte provoque aussi des dégâts dans l'agriculture. Vingt-mille nids détruits en une année. La lutte, en France, contre les frelons asiatiques peut sembler importante, à l’image de la taille de leurs nids, d’énormes boules faites de fibre de bois mâché qui atteignent jusqu’à 80 centimètres de diamètre, généralement perchées dans les arbres. Et pourtant, le frelon asiatique se porte mieux que jamais, en France où il a mis à peine 20 ans pour coloniser la totalité du territoire, mais aussi toute l'Europe de l'ouest et une partie de l'Europe de l'est. Le frelon asiatique vient d’Asie, présent naturellement de l'Afghanistan jusqu'à l'Indonésie. En France, les premiers ont été aperçus en 2005, sans doute arrivés dans une cargaison de poteries chinoises. Et chaque année ils ont avancé de près de 100 kilomètres, sans parler du transport humain qui leur permet de faire des bonds de géant. Peur sur la ruche Cette grosse guêpe aux pattes jaunes, plus petite que le frelon européen, a été classée espèce exotique envahissante, ce qui autorise sa destruction. L’idée de faire la guerre à un animal peut paraître choquante. Mais une espèce invasive, par définition, n'a rien à faire là car elle vient perturber l'équilibre fragile de la nature. « Certains ont la vision d’une espèce vivante qu’il faut respecter en tant que telle. Mais elle n'a rien à faire dans un endroit donné, sachant qu'elle peut avoir des impacts très négatifs qui peuvent conduire à une diminution des populations d'insectes localement, voire la disparition de certaines espèces » souligne Eric Darrouzet, enseignant-chercheur à l'université de Tours, spécialiste des insectes sociaux dont font partie les frelons. Ce sont les apiculteurs, les premiers, qui ont tiré la sonnette d'alarme, en assistant, impuissants, à la disparition de leurs abeilles domestiques. Certaines sont attaquées et tuées par le frelon. Et d'autres, juste terrorisées à la vision d'un insecte deux fois plus gros, posté en embuscade devant la ruche, n'osent plus sortir butiner, et la colonie finit par mourir de faim. Des millions d'euros de pertes Mais les abeilles ne sont pas les seules victimes. « Dans les boulettes de proies que ramènent les frelons à leur nid et analysées par des chercheurs, on a trouvé plus de 150 espèces d'insectes. Dès que les frelons tombent sur un rucher, c'est du pain béni : il y a des dizaines de milliers d'abeilles, de proies potentielles. C’est super intéressant pour récupérer des protéines, pour ramener au nid et nourrir le couvain, les larves en développement », raconte Eric Darrouzet. Les frelons seraient responsables de la disparition prématurée de 20% des abeilles. Juste pour l'apiculture, les pertes se chiffrent en millions d'euros – plus de 5 millions d'euros de préjudice en 2025. Mais le frelon asiatique ne nuit pas qu’à l’apiculture, « il touche aussi d'autres secteurs agricoles, précise Eric Darrouzet, notamment la viticulture et les vergers, parce qu’il va attaquer les fruits avant maturation. On a des baisses de rendement des parcelles qui peuvent être catastrophiques. » Nids détruits, reines piégées Pour tenter d’éradiquer le frelon asiatique, les méthodes sont limitées : détruire les nids et tuer la future reine au printemps. « Si vous détruisez un nid, vous éliminez une colonie. Si vous éliminez la colonie avant fin août, elle ne produira pas de reproductrices. Le piégeage de printemps cible les reproductrices qui se réveillent après leur hivernage. La première chose qu'elles vont faire, c'est rechercher de la nourriture, donc du sucre sur des plantes pour se requinquer et reconstituer leurs réserves corporelles. Le piégeage repose donc sur des appâts sucrés », précise Eric Darrouzet. La semaine dernière, le gouvernement français a présenté un plan d’action national destiné à enrayer la progression du frelon asiatique, doté de 3 millions d’euros. Les espoirs de son éradication semblent abandonnés. « Le frelon est bien installé, confirme Eric Darrouzet. Donc éradiquer cette population invasive semble un peu compliqué. La seule chose que l'on peut faire, c'est d'essayer de diminuer le nombre de colonies pour qu'on ne soit pas trop embêté. » D'autant qu'un autre frelon vient de pointer le bout de son dard : le frelon oriental, un frelon originaire du sud de la Méditerranée, arrivé à Marseille il y a quatre ans. Lui aussi se régale des abeilles, entre autres. Mais lui, on peut encore arrêter sa progression.
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  • Pêche au maquereau en Europe: pourquoi les politiques n'écoutent pas les scientifiques?
    2026/04/02
    L'Union européenne a finalement décidé d'autoriser davantage de captures du poisson à l'avenir menacé. Sur l'environnement, le climat, les pesticides, etc., les alertes de la science sont régulièrement ignorées ou marginalisées. Trois mois pour une volte-face. L’Union européenne révise finalement à la hausse les quotas de pêche du maquereau, en s’en tenant à une réduction de 48% des captures, alors que les scientifiques préconisent une baisse de 70% parce que la survie de cette espèce de poisson est en jeu. On est « au point de rupture », les populations de maquereaux ne seront bientôt plus assez importantes pour se reproduire suffisamment. D'où la nécessité de réduire la pêche. À lire aussiDix choses à savoir sur la surpêche, fléau des océans au fil des siècles L'Union européenne avait d'ailleurs, dans un premier temps, suivi les recommandations scientifiques. « Pendant des mois, on a entendu les dirigeants européens accuser les pays extra-européens que sont la Norvège, l'Islande, les Féroé et le Royaume-Uni d'être des États voyous parce qu'ils refusaient de se mettre en accord avec les recommandations scientifiques, souligne Fabien Randrianarisoa, responsable de la campagne pêche industrielle chez Bloom, l'ONG qui défend l'océan – et ceux qui y vivent. Et on se rend compte à peine trois mois plus tard que l'UE décide de ne plus respecter les avis scientifiques. Cette augmentation-là des captures de maquereaux par l'UE, pour nous, c'est le dernier clou dans le cercueil de cette espèce. » Travail de sape Plusieurs raisons expliquent cette volte-face européenne. D’abord, l’Union européenne n’a pas voulu laisser les pêcheurs britanniques ou islandais profiter de la manne abandonnée quand elle avait décidé, en décembre, de baisser de 70% ses prises de pêche. S’ajoutent le poids des lobbys de la pêche industrielle ainsi que le contexte actuel et la crise pétrolière provoquée par la guerre en Iran. « Il y a un certain nombre d'acteurs économiques, un certain nombre de lobbies industriels qui militent depuis des mois, accuse Fabien Randrianarisoa. Ce travail de sape est donc en train de porter ses fruits, dans un contexte où la pêche est totalement déstabilisée par les coûts du carburant et où les ministres tentent d'éviter un mouvement de colère de grande ampleur dans les ports. » L'Union européenne sacrifie les maquereaux pour protéger les pêcheurs, malgré les alertes scientifiques. La sauvegarde de l’emploi est un argument récurrent en oubliant qu'il n'y aura plus de pêcheurs quand il n'y aura plus de poissons. C'est aussi au nom de l'emploi, des agriculteurs, qu'on a voulu réintroduire des pesticides, comme les néonicotinoïdes, nocifs pour la biodiversité, les abeilles ou les vers de terre. Pour prendre l'exemple d'un autre pesticide, le glyphosate, ce désherbant industriel accusé de provoquer des cancers, l'Union européenne avait renouvelé son autorisation pour dix ans en disant qu'il y avait des lacunes dans les données, que certaines questions restaient en suspens... C'est une autre manière d'agir contre la science, en réclamant toujours plus de preuves alors que les preuves sont là, alors qu'on a n'a jamais autant produit de rapports. Court-terme Un aveuglement volontaire, pour ne pas voir les mauvaises nouvelle. Le premier rapport du Giec (les experts du climat), date de 1990 et on n'a rien fait pendant des années et des années. En 2021, même l'Agence internationale de l'énergie expliquait qu'il fallait arrêter tout nouveau projet gazier ou pétrolier pour respecter l'Accord de Paris sur le climat. Et pourtant, on continue comme avant. Les scientifiques éclairent la décision des politiques, mais les politiques ne prennent pas les décisions. Face à la science, le pouvoir joue la montre. À lire aussiPêche au thon: le jeu trouble de l'Union européenne dans l'océan Indien Politiques et scientifiques ne jouent pas dans la même temporalité. La science, c'est le temps long, quand la politique doit souvent agir à court terme et gérer de multiples contradictions. « Je ne pense pas que la politique se résume au court terme, mais force est de constater que dans la période très instable qu'on connaît en ce moment on n'arrive pas à faire émerger des propositions de réformes sur le temps long », constate Fabien Randrianarisoa, de Bloom, un peu désemparé. Les maquereaux, c'est vrai, ne votent pas aux élections.
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