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Questions d'environnement

Questions d'environnement

著者: RFI
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概要

La Terre est en surchauffe, l’ensemble du vivant chaque jour plus menacé et la science très claire : les activités humaines sont responsables de cette situation. Le temps compte pour agir afin de préserver nos conditions de vie sur la planète. Quels sont les bouleversements en cours ? Comment les décrypter ? Et quelles sont les solutions pour enrayer cette dégradation, pour adapter nos modes de vie et nos infrastructures au changement du climat, pour bâtir un avenir plus durable pour tous ? À tour de rôle, les spécialistes environnement de la rédaction de RFI ouvrent la fenêtre sur notre monde en pleine mutation.

France Médias Monde
政治・政府
エピソード
  • Malgré la pollution, pourquoi le charbon continue de battre des records ?
    2026/04/29
    Le charbon première énergie fossile utilisée à grande échelle a permis la Révolution industrielle. Sa consommation reste en augmentation constante aujourd'hui, malgré la pollution et les problèmes de santé. Un enterrement en grande pompe ? Au sommet pour la sortie des énergies fossiles, qui se termine aujourd’hui à Santa Marta en Colombie, la France vient d’annoncer sa volonté d’en finir avec le charbon dès 2030. Une position très minoritaire dans un paysage mondial toujours plus carboné. Jamais on n’a consommé autant de charbon sur la planète : près de 9 milliards de tonnes en 2025. La Chine, à elle seule, représente plus de la moitié de la consommation mondiale. Le charbon bat tous les records d'années en années. Pas mal pour une énergie... très XIXe siècle. C'est avec la Révolution industrielle que le charbon explose et s’impose comme une énergie révolutionnaire, un siècle avant le pétrole. Le charbon alimente d'abord la machine à vapeur et permet un bouleversement majeur de l'économie. Les grandes cheminées qui recrachent dans le ciel une fumée noire sont alors le symbole d'un progrès inédit. Le charbon est partout Un succès jamais démenti. En Europe par exemple, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, est créée la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA), l'ancêtre de l'Union européenne. Il faut du charbon pour faire de l’acier. La reconstruction d'un continent ravagé par la guerre passe par le charbon. « La découverte de nouvelles sources d’énergie ne saurait arrêter l’exploitation de cette richesse, affirmaient les actualités françaises de l'époque, en 1953, en noir et blanc, et même très noir, sur un ton à peine dithyrambique. Il convient donc de poursuivre et de développer encore les efforts entrepris pour moderniser les mines françaises. » Le succès du charbon est planétaire, parce qu'il n'est pas cher, facile à stocker et plus facile à extraire que le pétrole. Le charbon est aussi à l'abri des guerres et des aléas géopolitiques. La production de charbon n'est pas concentrée dans quelques pays comme le pétrole ; il y en a partout. Il connait même un regain d'intérêt avec le blocage du détroit d'Ormuz. Le charbon reste la première source d'électricité dans le monde, et on continue de construire de nouvelles centrales, en Ethiopie par exemple. Seule l’Europe fait aujourd’hui exception pour sa production électrique : en 2025, le charbon a été pour la première fois détrôné par les énergies renouvelables. Mais partout ailleurs, il va être aussi difficile d'en finir avec le charbon qu'avec le pétrole. L'énergie la plus polluante Les effets du charbon sur la santé humaine sont pourtant particulièrement graves. En Afrique du Sud, par exemple, où le charbon représente 80% de l'électricité, des ONG viennent de sonner l'alarme alors que le gouvernement a prolongé la durée de vie des centrales à charbon jusqu'en 2050 ; le pays risque 32 000 décès prématurés. Et ce n'est pas nouveau. « Notre terre est contaminée, notre eau est contaminée, il n’y a rien de bon ou sain dans notre environnement, témoignait Promise Mabilo, de l’ONG Vejma, au micro de Romain Chanson en 2021, à l'ombre d'une des plus grandes centrales à charbon du monde. J’ai vu tellement d’enfants souffrir... Quand je parle de ce problème, je deviens émotive, je n’arrive pas vraiment à encaisser. » Le charbon est l'énergie la plus polluante, celle qui émet le plus de particules fines et de dioxyde de carbone dans l'atmosphère. Charbon, carbone, c'est la même racine. Le charbon représente près de la moitié des émissions de CO2 du secteur énergétique, contre « seulement » un tiers pour le pétrole. La pollution du charbon est légendaire - comme dans le film Qu'elle était verte ma vallée de John Huston. Pendant la révolution industrielle britannique, une espèce de papillon a même changé de couleur pour se camoufler. Ses ailes sont devenues noires pour se confondre avec l'écorce des bouleaux qui était noire de suie. Il y a malgré tout une mythologie du charbon, de la mine et de ses gueules noires, vies cassées, vies sacrifiées, pour le confort de tous les autres. Et ce n'est pas près de s'arrêter.
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  • Existe-t-il vraiment une planète B sur laquelle l'humain peut s'installer?
    2026/04/28
    Vivre ailleurs : c'est l'enjeu du jeu-vidéo Aphelion sorti aujourd'hui dans le monde. Mais le déménagement de l'humanité provoqué par le réchauffement climatique se heurte à des réalités physiques, techniques, voire spirituelles. Nous sommes en 2060, et la Terre est devenue invivable. C’est le point de départ, à peine pessimiste, du jeu vidéo Aphelion, sorti aujourd’hui dans le monde entier. Après la découverte d'une neuvième planète aux confins du système solaire, une femme et un homme partent dans l’espace à la recherche d’un plan B pour sauver l'humanité. La bande-annonce promotionnelle résume ainsi l'enjeu de ce jeu : « Notre mission était claire : savoir si cette planète peut abriter la vie et sauver l'humanité d'une Terre ravagée ». L’humain est bien en train de ravager la planète (et ce n'est pas de la science-fiction), mais pas encore au point où elle serait inhabitable. Ce scénario n'arriverait que dans 250 millions d'années, selon une étude publiée dans Nature. Ce qui nous laisse encore un peu de temps… Mais sans même imaginer une guerre thermo-nucléaire, le réchauffement climatique va rendre certaines régions du monde invivables dès 2050, selon la Nasa, notamment en Asie du Sud et dans le Golfe persique. Lointaine Proxima La seule planète connue aujourd'hui qui pourrait offrir des conditions de vie similaires à la Terre, où l'humanité pourrait s'expatrier, serait Proxima Centauri B, qui se trouve à 4,2 années-lumière (40 000 milliards de kilomètres, une paille) de notre petite Terre perdue dans l'univers. Il faudrait des dizaines de milliers d'années pour s’y rendre – on peut donc oublier cette option. Plus près de nous, il y a bien la planète Mars qu’on pourrait « coloniser ». C’est la grande lubie d'Elon Musk, et de quelques autres. Ce ne serait pas une planète B mais une planète bis réservée à quelques happy fews. Un projet irréaliste. « Physiquement, pour l'instant, l'être humain n'est pas du tout capable de faire un voyage de six mois, précise Faustine Cantalloube, astrophysicienne au CNRS, à l'Institut de Planétologie et d'Astrophysique de Grenoble. Les personnes qui vont arriver ne vont plus avoir de muscles, alors qu’il faut être capable de marcher. Elles vont avoir des vomissements très graves, etc. Il y a donc l'aspect physique, mais il y a un autre aspect qu'on ne connaît pas trop, l'aspect psychologique, santé mentale, de ne pas voir la Terre. Quand on est sur Mars, évidemment la Terre est un tout petit point lumineux dans le ciel nocturne. » On appellerait cela le mal de Terre. Déménager l'humanité Il paraît compliqué de vivre dans un autre écosystème. Humains, nous ne sommes pas les seuls à vivre sur la Terre : il y a d'autres animaux, des plantes, des microbes. Déménager l'humanité n’a pas de sens. « On est un peu autocentré vu qu'on est des humains, mais les ingrédients qui sont nécessaires à l'épanouissement de la vie des humains sur Terre doivent être pris dans un ensemble. Si on n'a pas les bactéries dans nos intestins, si on n'a pas de la nourriture, si on n'a pas tout un cycle autour, il est complètement illusoire d'imaginer les humains hors de cet écosystème qu'est la Terre », souligne Faustine Cantalloube. Il n'y a donc ni plan B, ni planète B. On peut toujours rêver, mais la Terre est notre unique bien commun. « C'est très poétique de savoir qu’il y a peut-être une planète qui est habitable dans notre univers plus ou moins proche, mais ce n'est pas une question réalisable au niveau technique, physique, psychologique, résume Faustine Cantalloube. Je pense qu'on devrait plutôt se recentrer sur ce qu'on a. La planète Terre inhabitable ? C'est terrible de s'imaginer que c'est quelque chose qui est en cours. » « Il n'y a pas de planète B » : le slogan était apparu pour la première fois à la COP15, le sommet mondial pour le climat organisé à Copenhague en 2009, synonyme d'un échec retentissant dans la lutte climatique. Depuis, on continue de l'entendre chaque année. Parce qu'on a visiblement du mal à l'entendre.
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  • Nécrologie d’une énergie fossile: et si on enterrait le pétrole?
    2026/04/27
    Alors que se tient le sommet de Santa Marta en Colombie pour l'abandon progressif des énergies fossiles, hommage à l'or noir, synonyme de progrès, de confort, de croissance économique mais aussi de pollution, de crise climatique et de guerre. RFI s'accorde un peu d'humour en imaginant l'enterrement du pétrole. Un règne sans partage. La toute-puissance du pétrole va-t-elle finir par se fissurer sous la pression de la crise climatique ? Une cinquantaine de pays sont actuellement réunis en sommet à Santa Marta en Colombie (jusqu’au 29 avril), tous favorables à un abandon progressif des énergies fossiles, surtout le pétrole, le charbon et le gaz, les premiers responsables du réchauffement climatique. Il est encore trop tôt pour enterrer le pétrole, même s’il suffirait de le laisser à sa place, sous terre, pour qu'on en finisse et qu'il meure de sa belle mort. Mais si nous nous permettons un peu d'humour à RFI, voici un peu de politique-fiction : la nécrologie du pétrole – n'applaudissons pas pendant cet hommage. Le pétrole est naturel Imaginons que nous apprenons, avec une certaine émotion, la disparition du pétrole à l'âge d'environ 150 ans pour son utilisation moderne. Bien qu'il soit bien plus ancien, né il y a des dizaines de millions d'années de la décomposition de matières organiques, végétaux, bactéries : il n’y a rien de plus naturel que le pétrole. Ses premiers usages apparaissent sous l’Antiquité : le pétrole servait par exemple à rendre étanche la coque des bateaux en bois. Mais c’est à partir du XIXe siècle qu'il rencontre la gloire. On s’en sert d’abord pour s’éclairer, en abandonnant l’huile de baleines. Mais le pétrole entre dans la force de l’âge en 1859, quand le colonel Drake met au point le premier puits de pétrole en Pennsylvanie aux États-Unis. L'or noir explose ensuite avec le moteur à combustion. Un moteur de croissance Il fut le moteur de l'humanité au XXe siècle. Un moteur de croissance économique. Première source d'énergie au monde. Le pétrole nous a chauffés, nous a fait voyager sur les routes et dans le ciel. Il nous a aussi habillés, soignés. Enfants, on s’est amusé avec des jouets en pétrole. Il fut le plus fidèle compagnon de nos vies, de notre intimité ; il y a du pétrole dans une brosse à dents ou dans un préservatif. On était les rois du pétrole, même quand on n’en avait pas. Il y a presque une nostalgie du pétrole et de son âge d’or : les Trente glorieuses, cette incroyable période de prospérité du monde occidental, au milieu du XXe siècle, rendue possible grâce à un pétrole abondant et bon marché. Avec lui, tout semblait si facile, si léger, comme un samedi soir devant la télé, où se pressaient des millions de Français pour regarder le feuilleton américain Dallas, « patrie du dollar, du pétrole ». Une drogue dure Glamour, le pétrole ? Il existe même une marque de shampooing qui s’appelle Pétrole Hahn, parce que les ouvriers des premiers puits de pétrole, en Pennsylvanie, étaient réputés pour leur pilosité remarquable. C’est dire à quel point le pétrole nous a aveuglés : on s’est drogués au pétrole, en ignorant ses effets secondaires. C'est le côté noir de l'or noir : le pétrole nous a tout donné, y compris la pollution et le réchauffement climatique. Quand on crame en un siècle ce qui a mis des millions d’années à se former, cela fait quelques dégâts. Le pétrole était une richesse et il est devenu un problème, en représentant un tiers des émissions de CO₂, le principal gaz à effet de serre. Le pétrole, ce sont aussi des chocs (pétroliers), des marées noires qui ont tué des milliards d’oiseaux, de poissons et de coraux, tout ce qui fait la beauté du monde. On a aussi fait la guerre pour du pétrole, au Moyen-Orient en particulier. Petit ange parti trop tard On ne pourra pas complètement s’en passer, mais depuis la publication du faire-part de décès du pétrole, les hommages et les larmes sont nombreux. Les compagnies pétrolières (Shell, Exxon, BP ou Total) pleurent leur raison d'être et de s’enrichir – 3 000 dollars par seconde, selon le calcul que l'ONG Oxfam publie aujourd’hui. On entend aussi des sanglots (des cris ?) s'échapper du Bureau ovale de la Maison-Blanche. RIP cher pétrole. Repose en paix, petit ange parti trop tard.
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