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Questions d'environnement

Questions d'environnement

著者: RFI
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La Terre est en surchauffe, l’ensemble du vivant chaque jour plus menacé et la science très claire : les activités humaines sont responsables de cette situation. Le temps compte pour agir afin de préserver nos conditions de vie sur la planète. Quels sont les bouleversements en cours ? Comment les décrypter ? Et quelles sont les solutions pour enrayer cette dégradation, pour adapter nos modes de vie et nos infrastructures au changement du climat, pour bâtir un avenir plus durable pour tous ? À tour de rôle, les spécialistes environnement de la rédaction de RFI ouvrent la fenêtre sur notre monde en pleine mutation.

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政治・政府
エピソード
  • Comment la pollution sonore sous-marine impacte les animaux?
    2026/06/30

    Selon une enquête réalisée par Ipsos, pour l'ONG IFAW - le Fonds international pour la protection des animaux - publiée en mars 2026, 98% des personnes interrogées dans cinq pays européens estiment qu’il est important de protéger la vie marine. Or, seules 14% identifient le bruit sous-marin comme une menace pour la biodiversité marine.

    Sous l’eau, le son est essentiel pour les animaux marins. Ces derniers se basent en effet principalement sur l'ouïe, leur sens principal, pour mener à bien toutes leurs fonctions vitales essentielles comme la recherche de nourriture ou de partenaires pour la reproduction. L’ouïe leur permet aussi de se diriger et de communiquer entre espèces.

    Sauf que depuis une soixantaine d'années, l'intégralité des activités humaines qui s'est développée au-dessus et en-dessous de la mer est devenue source de nouveaux bruits qui perturbent les bruits naturels de l'océan. « Aujourd’hui, les scientifiques démontrent qu’il y a environ 150 espèces marines affectées par le bruit. Les impacts vont du simple stress à des réactions comportementales comme la fuite de l’habitat », explique Aurore Morin, chargée de campagne conservation marine pour IFAW France. « Mais cela peut avoir des conséquences beaucoup plus graves, comme entrainer des blessures physiques et même la mort de ces animaux, puisque nous avons déjà vu des échouages de baleines directement liées à l’utilisation par exemple de sonars militaires ». C'est donc une pollution invisible, mal connue et très majoritairement liée au trafic maritime.

    Quelles solutions existent sur cette pollution spécifique ?

    Deux types de solutions existent face à cette problématique de taille. D’abord, il y a des solutions techniques sur du moyen et long terme pour réduire le bruit généré par les navires. IFAW recommande ainsi des travaux d'isolation des moteurs par exemple, ou des travaux pour optimiser la forme des coques pour un sillage uniforme sur l'eau afin de réduire le bruit.

    Les solutions opérationnelles à court terme, elles, visent à éviter les zones à haut risque pour les baleines grâce au déroutage des navires pour repenser leurs trajets. La réduction de la vitesse des navires est aussi envisageable explique Aurore Morin : « Nous avons beaucoup d’études sur le sujet, notamment une qui date de 2019, et qui montre qu’une réduction de 10% de la vitesse de tous les navires dans le monde pourrait réduire la pollution sonore sous-marine d’environ 40%. C’est considérable pour une aussi petite réduction de la vitesse. Cette dernière diminuerait aussi de moitié le risque de collision avec les baleines. Cela permet aussi de réduire l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre. C’est donc un gagnant / gagnant pour l’industrie ».

    Quelle législation pour lutter contre la pollution sonore marine ?

    À l'heure actuelle il n'existe qu'une seule directive européenne qui date de 2008. Le texte visait un bon état écologique des eaux européennes d'ici 2020, avec un critère sur le bruit sous-marin. Une directive relativement peu appliquée par les États membres. La commission européenne a commencé une révision de ce texte au début de l'année. Au niveau international, l'ONU a reconnu le bruit sous-marin comme une forme de pollution. Mais encore une fois, il s’agit de directives sans contrainte réelle.

    IFAW appelle les citoyens du monde entier à prendre conscience de cette problématique, à réfléchir pour certains à l'utilisation des bateaux à moteur ou jet ski par exemple, ou encore à consommer local pour réduire les trajets maritimes.

    À lire aussiSous les vagues, la pollution sonore

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  • Face à la montée des eaux de l'Atlantique, la France déménage tout un village
    2026/06/29
    Le réchauffement planétaire entraîne une augmentation du niveau de la mer. Un phénomène qui s’accélère et alors qu’une personne sur dix vit sur les côtes et que 14% du PIB mondial y est concentré, il devient nécessaire de s'adapter à cette nouvelle réalité. En France, dans la Collectivité d'outre-mer de Saint-Pierre-et-Miquelon, au large du Canada, le village de Miquelon va ainsi être entièrement relocalisé pour échapper à la mer. L'île de Miquelon a été colonisée à l'origine par des pêcheurs français qui se sont logiquement installés en bord de mer au raz de l'eau. Le village compte aujourd’hui 600 habitants. L'ennui c'est que le sol sous leurs maisons est fait de sable et galets. Le village est donc particulièrement vulnérable aux submersions marines et à l'érosion côtière. Il a déjà été plusieurs fois inondé sous l'effet des vagues, des fortes marées ou des tempêtes et chaque hiver, régulièrement, l’eau s’infiltre dans les caves. À Miquelon, le risque d'inondation vient aussi du sous-sol. La nappe phréatique affleure et lors de fortes pluies, quand elle est pleine, elle déborde. Ces risques sont connus de la population sauf que s'y ajoute le réchauffement climatique et la montée du niveau de l'océan. Selon les experts, d’ici la fin du siècle, le niveau de l’océan devrait augmenter d’un mètre. Miquelon fait face à des événements climatiques « de plus en plus fréquents, plus violents, et le village doit faire face à des dégâts de plus en plus récurrents », dès les années 2000, note la géographe Xénia Philippenko, qui a travaillé sur l’île. Les autorités ont donc pris la décision de déménager tout le village. En 2014, François Hollande est alors président de la République. Il est en visite à Miquelon – la première visite d'un président français sur l'île – il arrive avec un plan de prévention des risques. À la surprise générale, le village est décrété à risque de submersion dans son intégralité. Miquelon pourrait disparaître, il n'est plus possible d'y construire. Il faut déménager. Du rejet à l'adhésion de la population « Les habitants le prennent très mal », raconte Quentin Lucas, en charge de l'adaptation au changement climatique à la mairie de Miquelon. « En signe de contestation, ils accrochent des bouées à leur maison. Seule solution qui reste à leurs yeux face à la montée du niveau de la mer », car ils se refusent à quitter leur lieu de vie. S'ensuivent des années de concertation, de réunions publiques, d'explications scientifiques et puis « en 2018, deux tempêtes successives font de gros dégâts », il y a alors une prise de conscience explique Xénia Philippenko, et « un retournement de l’opinion » en quelques mois, au village des irréductibles. Les habitants, les jeunes en particulier, ceux qui s'installent, en viennent même à manifester pour réclamer cette fois qu'on leur cède de nouveaux terrains constructibles sur les hauteurs, hors de danger. Longtemps certains ont pourtant espéré d’autres solutions d’adaptation. « La seule alternative aurait été de construire des digues sur plusieurs kilomètres », selon Quentin Lucas. « Mais leur efficacité aurait été très limitée, puisque sous le village on a quand même la nappe phréatique qui remonte, donc si on a un phénomène de grande marée, de vents violents et d’augmentation du niveau marin dans 50 ans, et que tous ces phénomènes sont augmentés, même si on a des digues, l’eau, par capillarité, reviendra toujours ». À cela s’ajoute le coût élevé des digues et de leur entretien, surtout sur une île où il faut faire venir les matériaux depuis le continent. Le nouveau village sort de terre Passé le cap essentiel de l’adhésion de la population, celui du financement et des nombreuses démarches, études et autorisations administratives, les travaux sont maintenant lancés. La mairie rachète, petit à petit, les anciennes maisons grâce à un fonds de l'État. Les propriétaires qui ont alors suffisamment d'argent, peuvent se construire un nouveau logement, au sec, sur les terrains mis à disposition par la Collectivité territoriale. Aujourd’hui, sur un promontoire au-dessus de Miquelon, les 28 premières maisons commencent à sortir de terre. Les travaux doivent s'étaler jusqu'en 2100 pour construire les 300 autres habitations, les bâtiments publics et déménager la place du village. L'ancien Miquelon, lui, doit être rendu à la nature. Le projet, pourrait constituer un « cas emblématique d’adaptation territoriale » pour d’autres territoires confrontés à des difficultés similaires, estime Xénia Philippenko. Reste de nombreux défis techniques et environnementaux avec le dérèglement climatique qui menace, un coût forcément faramineux – sur cette question, Quentin Lucas « préfère botter en touche », et le risque de ...
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  • Canicules: l'ombre sera-t-elle demain un service public local?
    2026/06/25
    L’été n’a que quatre jours mais une partie de l’Europe de l’Ouest reste plongée dans la torpeur d’un deuxième plateau de chaleur en un mois. Pour les villes, le chantier en matière d’adaptation au réchauffement est titanesque. Pour des raisons de santé publique comme pour l’accès à l’espace public, l’ombre est une denrée recherchée, acquiert de la valeur et se pose la question de sa disponibilité et de son partage équitable. L’ombre est une alliée fidèle et pourtant mal-aimée : lorsqu’on envoie un homme à l’ombre, c’est qu’il part au cachot. Peut-être parce que lui-même représentait un danger tapi dans l’ombre. Elle est parfois ambivalente : certains ambitieux rongent leurs freins à l’ombre d’un chef, quand d’autres y ont trouvé leur destin. Mais quand, dans la rue, le soleil cogne sur nos crânes, l’espace obscur qui se dessine là, quelques mètres devant nous, devient un refuge. Lorsque l’ami, ou le bus, est en retard et qu’il fait 40°C, l’attendre à l’ombre d’un platane ou d’un margousier est tout de suite plus supportable. « Dans les villes africaines, de Kinshasa à Khartoum, c’est plus que bienvenu : c’est essentiel », insiste l’architecte écosso-ghanéenne Lesley Lokko, autrice d’un article sur l’ombre comme « ressource publique ». Aujourd’hui, cet ombrage est tout aussi crucial à Malaga, en Espagne, et il le sera peut-être bientôt à Malmö, en Suède. En juillet 2025, on a mesuré jusqu’à 35°C juste en-dessous du cercle arctique, chez le voisin norvégien. Les villes françaises sont au pied du mur et développent des « plans » d'adaptation comme « Toulouse + fraîche », la ville rose du sud-ouest français. Plus de 70 départements sont en rouge cramoisi sur les cartes de Météo-France ce 25 juin. L’Europe se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale. Et les cœurs des villes, bétonnés et minéraux, se transforment en fournaise. À lire aussiClimat: pourquoi l’Europe se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète L’ombre et ses valeurs Dans le contexte ombrageux du réchauffement climatique, l’ombre pourrait bien s’imposer comme l’or noir de nos trottoirs. Plus les chaleurs s’élèvent, plus elle est recherchée parce qu'elle devient « une condition de l’habitabilité de la ville », explique dans une note exploratoire inspirante l’économiste urbaniste Isabelle Baraud-Serfaty sur l’ombre, sa valeur et son partage. Valeur économique d’abord. « La question de la valeur de l’ombre peut surprendre s’agissant des espaces publics, mais elle est mesurée depuis longtemps dans le secteur agricole. » Le bétail subit de multiples chocs en cas de stress thermique : il produit beaucoup moins de lait, se reproduit moins bien, son métabolisme est malmené, jusqu’à en boîter car la vache reste debout quand elle a chaud. En ville, une terrasse de café à l’ombre pourrait, bientôt, valoir autant qu’une terrasse en plein soleil. De même, les logements « exposés Nord » tiendront peut-être leur revanche sur ceux « exposés Sud ». Enfin, le coût financier des canicules se chiffre en milliards d’euros, selon les différentes études et confère indirectement à l’ombre toujours plus de préciosité. À lire aussiLa multiplication des événements climatiques extrêmes coûtera cher à l’économie mondiale Valeur d’usage également. Elle conditionne l’accès à l’espace public, devient « essentielle » pour se déplacer ou pour y vivre sa vie sociale ou professionnelle, en préservant la santé des plus vulnérables, enfants, personnes âgées ou handicapées, sans-abris, ou des travailleurs exposés, agents techniques, de nettoyage, livreurs, etc. Cette nouvelle ressource urbaine sous-tend ainsi des enjeux majeurs d’équité sociale, un des principes fondateurs du service public, rappelle Isabelle Baraud-Serfaty. Dans certaines métropoles, américaines notamment, la cartographie des zones ombragées a pu révéler des inégalités de territoires. Los Angeles a longtemps déconseillé la plantation d’arbres pour des raisons d'ordre public. Avant d’en replanter près de 100 000 en 2019. « L’ombre est de plus en plus perçue comme un bien précieux, alors que les crises du changement climatique et des inégalités convergent », déclarait alors le maire de la métropole californienne, un État extrêmement exposé à la chaleur et aux incendies. L'exemple de l'eau Pour Isabelle Baraud-Serfaty, toutes ces raisons légitiment l’idée d’un service public local dédié à l’ombre, solution naturelle pour rafraîchir la ville : « Les services publics doivent évoluer avec les évolutions de la société, de la ville, du climat », explique-t-elle dans un entretien à RFI. Mais quelle(s) forme(s) prendrait-il ? « Il faut penser l’ombrage à l’échelle de la ville, poursuit la ...
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