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Questions d'environnement

Questions d'environnement

著者: RFI
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La Terre est en surchauffe, l’ensemble du vivant chaque jour plus menacé et la science très claire : les activités humaines sont responsables de cette situation. Le temps compte pour agir afin de préserver nos conditions de vie sur la planète. Quels sont les bouleversements en cours ? Comment les décrypter ? Et quelles sont les solutions pour enrayer cette dégradation, pour adapter nos modes de vie et nos infrastructures au changement du climat, pour bâtir un avenir plus durable pour tous ? À tour de rôle, les spécialistes environnement de la rédaction de RFI ouvrent la fenêtre sur notre monde en pleine mutation.

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エピソード
  • Comment le changement climatique menace-t-il le patrimoine culturel mondial de l'Unesco?
    2026/09/28

    À la différence d'une route, un joyau architectural ne peut pas être remplacé. Inondations, chaleurs ou incendies, amplifiés par la crise climatique, mettent en danger les biens culturels partout sur la planète.

    Le sujet n’apparaît pas prioritaire, au regard des effets attendus et redoutés du changement climatique sur l’alimentation, la santé et la survie de l’humanité. Voire passe au-dessous des radars. Mais le patrimoine culturel mondial, qui raconte l’histoire de l’humanité, est tout aussi menacé par la crise climatique. Une étude que vient de publier l’EDHEC Climate Institute liste ainsi les dix sites les plus menacés en France.

    L'abbaye de Fontenay, en Bourgogne, est en tête. Ce joyau monastique du XIIe siècle se situe près d'un ruisseau, ce qui est bien utile quand on n'a pas l'eau courante. Mais 800 ans plus tard, c'est une autre histoire. « C'est un site qui a été construit au fond d'un vallon, à proximité d'un ruisseau, mais c'est justement ce qui fait que c'est le site le plus exposé. Être au bord d'un ruisseau, qui était un avantage à l'époque médiévale, devient avec l'intensification du cycle de l'eau et l'augmentation des risques d'inondation un facteur de vulnérabilité », explique Anthony Schrapffer, le directeur scientifique de l’EDHEC Climate Institute.

    Les inondations menacent un tiers des sites français

    Les crues, les submersions, représentent le principal risque pour le patrimoine français. Un site sur trois classé à l'Unesco en France est menacé par des inondations à l'horizon 2050. C'est le cas par exemple d'Avignon, la cité des papes, au bord du Rhône. Ou du Mont-Saint-Michel, en première ligne face aux événements que le changement climatique rend encore plus extrêmes.

    « Avec une tempête, on a une submersion marine qui va inonder les côtes. C'est un événement qui est accentué par l'augmentation du niveau de la mer. Le Mont-Saint-Michel est un site culturel qui est déjà exposé à l'océan, aux tempêtes, etc. Mais avec l'augmentation du niveau de la mer, on a un risque de dommages sur ce site », souligne Anthony Schrapffer. Ce qui rend la menace plus aigüe, c'est lorsque des sites cumulent plusieurs aléas climatiques, comme le Pont du Gard : le célèbre aqueduc romain dans le sud de la France est menacé par les inondations, la chaleur et les incendies.

    Mais il n'y a pas qu'en France que les sites de l'Unesco sont menacés. Le changement climatique ne connait pas de frontière. L'exemple sans doute le plus connu est Venise, menacée par la montée des eaux. Une autre étude, réalisée il y a deux ans par Climate X, a identifié les 50 sites de l'Unesco les plus menacés. En tête, le système d'irrigation Subak en Indonésie, et en Chine l’Emporium mondial Song-Yuan, l'ancien comptoir maritime des routes de la soie.

    Sécheresses et tempêtes de sable au Mali

    L'Afrique n'est pas non plus épargnée, et notamment au Mali, avec Tombouctou, menacée par l'avancée du désert et les tempêtes de sable. Plus au sud, les 2 000 maisons en terre de Djenne sont fissurées par les sécheresses, et l'argile de qualité pour les entretenir est de moins en moins disponible. Plus que les guerres, désormais, c'est la crise climatique qui menace le patrimoine culturel mondial.

    Il est important de le protéger, au même titre que le vivant. On peut ressentir la même émotion devant un chêne de 300 ans, un éléphant, ou une abbaye du 12e siècle. Le patrimoine culturel mondial, c'est notre histoire à tous, notre héritage. D'où la nécessité d'identifier les risques, pour tenter de les protéger. « On a réalisé en fait que le patrimoine culturel est un des secteurs qui peuvent être affectés et qui n’est pas suffisamment regardé. Une route, par exemple, peut se reconstruire si elle est endommagée, mais une abbaye du XIIe siècle ne pourra pas être remplacée. Si on ne montre pas que le patrimoine culturel peut être affecté, on ne pourra pas agir ensuite. On sera juste témoin d'événements extrêmes dans le futur qui affectent ces sites », relève Anthony Schrapffer. Plus que jamais, le changement climatique est une question de civilisation.

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  • Des alliés biologiques de l'agriculture: qui sont les autres animaux de la ferme?
    2026/09/24

    Pour éviter l'utilisation de pesticides, les agriculteurs disposent d'une main-d'œuvre parfois insoupçonnée : des insectes, des poissons ou des moutons sont introduits dans les cultures pour lutter contre les parasites ou les mauvaises herbes.

    Il n'y a pas que les veaux, vaches et cochons qu’on peut rencontrer à la ferme. D'autres animaux sont de véritables alliés de l'agriculture. Des ouvriers agricoles d'un genre un peu spécial : ils n'ont pas choisi le travail à la ferme et ils ne sont pas payés. On connait bien sûr le rôle éminent des abeilles, pour la pollinisation des fleurs, qui permet d'obtenir des fruits. Chaque année aux États-Unis, au début du printemps, on transporte des milliards d'abeilles, dans leurs ruches, par camion, pour aller polliniser les amandiers de Californie qui assurent 80 % de la récolte mondiale d'amandes.

    Des animaux permettent aussi d’éviter l'utilisation d'herbicides. Plutôt que de polluer la terre et l'air, on préfère l'écopâturage. Les moutons sont particulièrement utiles pour désherber. Ils vont où les tracteurs ne peuvent pas passer. On les utilise notamment dans les vignes, au printemps, où ils mangent les jeunes pousses inutiles au pied des ceps qui ne produiront pas de raisin. En passant, leurs crottes sont un excellent engrais naturel. On peut aussi citer les poules ou les canards, de plus en plus utilisés dans les vergers. Une poule gratte le sol, mange les limaces, les mauvaises herbes, et en plus elle fait caca, ce qui produit de l'engrais là encore. Cerise sur le gâteau, la poule pond aussi des œufs !

    Guêpes parasites anti-parasites

    D'autres animaux servent aussi à lutter contre les parasites, ce qui évite l'utilisation de pesticides. Il y a bien sûr tous les oiseaux, d'où l'importance de respecter leur habitat, les arbres, les haies, le long des champs. Mais les agriculteurs introduisent aussi des espèces. Des acariens par exemple, qui sont relâchés dans les serres où sont cultivées des fraises ou des tomates. Ils se nourrissent de l'araignée rouge, qui n'est pas une araignée mais un autre acarien, et qui suce la sève des plantes, ce qui provoque d'importants dégâts dans les récoltes.

    On introduit aussi dans les champs de minuscules guêpes parasitoïdes, élevées en laboratoire : elles parasitent les larves des insectes ravageurs, en y pondant à l'intérieur – coucou c'est moi ! C'est très efficace par exemple contre la pyrale du maïs. Tous ces insectes minuscules, au poids plume, forment ainsi une armée silencieuse, invisible, engagée dans la lutte biologique, au service de l'humanité.

    Poissons de rizière

    Certains animaux ont même plusieurs fonctions. C'est par exemple le cas des poissons qu'on introduit dans les rizières. Leurs déjections sont un très bon fertilisant qui facilite la croissance du riz. Ces poissons mangent aussi les moustiques et les parasites. Et en ce moment, dans des rizières du Sénégal, on expérimente la présence de deux poissons pour lutter aussi contre la bilharziose, cette maladie qui tue près de 300 000 personnes par an sur la planète. Les poissons mangent l'escargot qui transmet le ver responsable de la bilharziose.

    Enfin, même si l'on sort du domaine animal, il y a parfois un autre allié, contre-intuitif. C'est même le phénomène que redoutent par-dessus tout les agriculteurs : la sécheresse. Mais cette année, dans le sud de la France, après cet été historiquement chaud et sec, la récolte d'olives pourrait atteindre un niveau record, parce que la canicule a tué les larves d'une mouche qui s'attaque aux olives. Mais c'est bien la seule culture qui a profité de la sécheresse.

    À écouter aussiLes leçons d'un été brûlant: pourquoi la sécheresse de 2026 est-elle vraiment historique?

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  • La mer Méditerranée est-elle une poubelle?
    2026/09/23
    Le film documentaire Oxygène montre le travail sans fin de plongeurs engagés à ramasser les tonnes de déchets jetés à la mer dans la région de Marseille. Canettes, plastiques et pneus tapissent les fonds marins et menacent la biodiversité et la beauté des profondeurs. C’est une poubelle, invisible, sous-marine, insoupçonnée quand on est sur la plage. La mer Méditerranée est une véritable décharge, mais pas à ciel ouvert puisqu'il faut plonger dans les profondeurs pour s'en apercevoir. Le documentaire Oxygène, réalisé par les Marseillais Roxanne Perrot et Ugo Isoard, suit ainsi le travail bénévole de plongeurs apnéistes qui nettoient les fonds marins dans la région de Marseille. « Je crois que ça m'étonnera toujours de voir des objets qu'on utilise tous les jours et qu'on retrouve dans des endroits qu'on pensait plutôt épargnés », témoigne dans le film l’une ces apnéistes, membre de l’association Oxygène. « Les gens ont vraiment pris l'habitude de balancer des trucs dans l'eau, mais dans l'eau, on ne voit plus rien en fait. Une fois que c'est sous l'eau, c'est sous l'eau. Pas vu, pas pris ! », souligne un autre. « C'est comme si on avait un joyau, quelque chose de, de magnifique. Et là, on vient le salir ». Deux tonnes de déchets en une semaine Lors du tournage du documentaire, deux tonnes de déchets ont été remontées à la surface, « un chiffre énorme, évidemment, constate Ugo Isoard, le coréalisateur du film. Le point de départ de ce documentaire, c'était un peu le mythe de Sisyphe. Les déchets reviennent toujours, et on a un peu l'impression que ces gens, ces bénévoles, reviennent chaque semaine et refont un peu les mêmes choses et récupèrent énormément de déchets. En période estivale, une ou deux tonnes, c'est assez commun, mine de rien ». Ces déchets qui jonchent les fonds de la Méditerranée sont un véritable échantillon de la société de consommation. On y trouve de tout : des pneus, des sacs plastiques, beaucoup de plastique. Les apnéistes ont même retrouvé une voiture et un obus de la Deuxième Guerre mondiale. Mais la pollution la plus visible, c’est celle des canettes, par milliers. « À côté des plages du Prado, donc un endroit où énormément de gens vont se baigner, on met la tête à 4 ou 5 mètres sous l’eau, et ce sont des tapis de cannettes, raconte l'autre réalisatrice d'Oxygène, Roxanne Perrot. C'est vraiment la marque de la société, de la surconsommation de sucre, de sodas, etc. qui se retrouvent dans cet environnement qui n'a rien demandé ». Un poulpe dans une canette L'environnement est évidemment la première victime de ces déchets. Vous n'aimeriez pas vivre dans une poubelle ; les plantes et les poissons non plus. « Les apnéistes ne peuvent même plus retirer les déchets quand un poulpe va vivre dans une canette, souligne Roxanne Perrot. Après, ces déchets se désagrègent en des milliers de microparticules de plastique que les poissons mangent, que les êtres humains mangent après. Ce sont des microparticules de plastique qu'il est très compliqué de récupérer dans les océans. C'est une catastrophe écologique, évidemment ». Les déchets qui peuvent être récupérés sont en revanche parfois difficilement recyclables. « C’est le truc un peu terrible des déchets sous-marins, constate Ugo Isoard. Au bout d'un moment, en fait, s’ils sont trop rongés par le sel, il y a une vraie difficulté à le recycler. Donc c'est un peu la double peine ». Et ça fait de la peine. « La mer, le poumon de la planète » Un sentiment d’abattement peut d‘ailleurs envahir le spectateur de ce film où on voit moins de poissons que de déchets. Mais même si le travail de ces éboueurs de la mer peut sembler « une goutte d'eau dans la mer », comme le dit l'un d'entre eux, la force de l'engagement est plus fort que le découragement. En dévoilant cette poubelle cachée, Oxygène veut nous alerter, nous, simples citoyens (pauvres buveurs de canettes), mais aussi pouvoirs publics et industriels. « Il n'y aura plus de mer. Qu'est-ce qu'on va faire ? La mer, au-delà des poissons, au-delà des beautés, c'est le poumon de la planète », rappelle l’un des héros du film. « Peut-être qu'il faut se rappeler qu'en la protégeant, on se protège nous-mêmes », espère une autre. Les Romains appelaient la Méditerranée Mare nostrum, notre mer à tous. Elle est notre mère aussi, mais ses enfants sont en train de la saccager. Questions d'environnementSommet des océans: faut-il vraiment que les mégots de cigarette finissent dans la mer?
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