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Questions d'environnement

Questions d'environnement

著者: RFI
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La Terre est en surchauffe, l’ensemble du vivant chaque jour plus menacé et la science très claire : les activités humaines sont responsables de cette situation. Le temps compte pour agir afin de préserver nos conditions de vie sur la planète. Quels sont les bouleversements en cours ? Comment les décrypter ? Et quelles sont les solutions pour enrayer cette dégradation, pour adapter nos modes de vie et nos infrastructures au changement du climat, pour bâtir un avenir plus durable pour tous ? À tour de rôle, les spécialistes environnement de la rédaction de RFI ouvrent la fenêtre sur notre monde en pleine mutation.

France Médias Monde
政治・政府
エピソード
  • Face à la montée des eaux de l'Atlantique, la France déménage tout un village
    2026/06/29
    Le réchauffement planétaire entraîne une augmentation du niveau de la mer. Un phénomène qui s’accélère et alors qu’une personne sur dix vit sur les côtes et que 14% du PIB mondial y est concentré, il devient nécessaire de s'adapter à cette nouvelle réalité. En France, dans la Collectivité d'outre-mer de Saint-Pierre-et-Miquelon, au large du Canada, le village de Miquelon va ainsi être entièrement relocalisé pour échapper à la mer. L'île de Miquelon a été colonisée à l'origine par des pêcheurs français qui se sont logiquement installés en bord de mer au raz de l'eau. Le village compte aujourd’hui 600 habitants. L'ennui c'est que le sol sous leurs maisons est fait de sable et galets. Le village est donc particulièrement vulnérable aux submersions marines et à l'érosion côtière. Il a déjà été plusieurs fois inondé sous l'effet des vagues, des fortes marées ou des tempêtes et chaque hiver, régulièrement, l’eau s’infiltre dans les caves. À Miquelon, le risque d'inondation vient aussi du sous-sol. La nappe phréatique affleure et lors de fortes pluies, quand elle est pleine, elle déborde. Ces risques sont connus de la population sauf que s'y ajoute le réchauffement climatique et la montée du niveau de l'océan. Selon les experts, d’ici la fin du siècle, le niveau de l’océan devrait augmenter d’un mètre. Miquelon fait face à des événements climatiques « de plus en plus fréquents, plus violents, et le village doit faire face à des dégâts de plus en plus récurrents », dès les années 2000, note la géographe Xénia Philippenko, qui a travaillé sur l’île. Les autorités ont donc pris la décision de déménager tout le village. En 2014, François Hollande est alors président de la République. Il est en visite à Miquelon – la première visite d'un président français sur l'île – il arrive avec un plan de prévention des risques. À la surprise générale, le village est décrété à risque de submersion dans son intégralité. Miquelon pourrait disparaître, il n'est plus possible d'y construire. Il faut déménager. Du rejet à l'adhésion de la population « Les habitants le prennent très mal », raconte Quentin Lucas, en charge de l'adaptation au changement climatique à la mairie de Miquelon. « En signe de contestation, ils accrochent des bouées à leur maison. Seule solution qui reste à leurs yeux face à la montée du niveau de la mer », car ils se refusent à quitter leur lieu de vie. S'ensuivent des années de concertation, de réunions publiques, d'explications scientifiques et puis « en 2018, deux tempêtes successives font de gros dégâts », il y a alors une prise de conscience explique Xénia Philippenko, et « un retournement de l’opinion » en quelques mois, au village des irréductibles. Les habitants, les jeunes en particulier, ceux qui s'installent, en viennent même à manifester pour réclamer cette fois qu'on leur cède de nouveaux terrains constructibles sur les hauteurs, hors de danger. Longtemps certains ont pourtant espéré d’autres solutions d’adaptation. « La seule alternative aurait été de construire des digues sur plusieurs kilomètres », selon Quentin Lucas. « Mais leur efficacité aurait été très limitée, puisque sous le village on a quand même la nappe phréatique qui remonte, donc si on a un phénomène de grande marée, de vents violents et d’augmentation du niveau marin dans 50 ans, et que tous ces phénomènes sont augmentés, même si on a des digues, l’eau, par capillarité, reviendra toujours ». À cela s’ajoute le coût élevé des digues et de leur entretien, surtout sur une île où il faut faire venir les matériaux depuis le continent. Le nouveau village sort de terre Passé le cap essentiel de l’adhésion de la population, celui du financement et des nombreuses démarches, études et autorisations administratives, les travaux sont maintenant lancés. La mairie rachète, petit à petit, les anciennes maisons grâce à un fonds de l'État. Les propriétaires qui ont alors suffisamment d'argent, peuvent se construire un nouveau logement, au sec, sur les terrains mis à disposition par la Collectivité territoriale. Aujourd’hui, sur un promontoire au-dessus de Miquelon, les 28 premières maisons commencent à sortir de terre. Les travaux doivent s'étaler jusqu'en 2100 pour construire les 300 autres habitations, les bâtiments publics et déménager la place du village. L'ancien Miquelon, lui, doit être rendu à la nature. Le projet, pourrait constituer un « cas emblématique d’adaptation territoriale » pour d’autres territoires confrontés à des difficultés similaires, estime Xénia Philippenko. Reste de nombreux défis techniques et environnementaux avec le dérèglement climatique qui menace, un coût forcément faramineux – sur cette question, Quentin Lucas « préfère botter en touche », et le risque de ...
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  • Canicules: l'ombre sera-t-elle demain un service public local?
    2026/06/25
    L’été n’a que quatre jours mais une partie de l’Europe de l’Ouest reste plongée dans la torpeur d’un deuxième plateau de chaleur en un mois. Pour les villes, le chantier en matière d’adaptation au réchauffement est titanesque. Pour des raisons de santé publique comme pour l’accès à l’espace public, l’ombre est une denrée recherchée, acquiert de la valeur et se pose la question de sa disponibilité et de son partage équitable. L’ombre est une alliée fidèle et pourtant mal-aimée : lorsqu’on envoie un homme à l’ombre, c’est qu’il part au cachot. Peut-être parce que lui-même représentait un danger tapi dans l’ombre. Elle est parfois ambivalente : certains ambitieux rongent leurs freins à l’ombre d’un chef, quand d’autres y ont trouvé leur destin. Mais quand, dans la rue, le soleil cogne sur nos crânes, l’espace obscur qui se dessine là, quelques mètres devant nous, devient un refuge. Lorsque l’ami, ou le bus, est en retard et qu’il fait 40°C, l’attendre à l’ombre d’un platane ou d’un margousier est tout de suite plus supportable. « Dans les villes africaines, de Kinshasa à Khartoum, c’est plus que bienvenu : c’est essentiel », insiste l’architecte écosso-ghanéenne Lesley Lokko, autrice d’un article sur l’ombre comme « ressource publique ». Aujourd’hui, cet ombrage est tout aussi crucial à Malaga, en Espagne, et il le sera peut-être bientôt à Malmö, en Suède. En juillet 2025, on a mesuré jusqu’à 35°C juste en-dessous du cercle arctique, chez le voisin norvégien. Les villes françaises sont au pied du mur et développent des « plans » d'adaptation comme « Toulouse + fraîche », la ville rose du sud-ouest français. Plus de 70 départements sont en rouge cramoisi sur les cartes de Météo-France ce 25 juin. L’Europe se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale. Et les cœurs des villes, bétonnés et minéraux, se transforment en fournaise. À lire aussiClimat: pourquoi l’Europe se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète L’ombre et ses valeurs Dans le contexte ombrageux du réchauffement climatique, l’ombre pourrait bien s’imposer comme l’or noir de nos trottoirs. Plus les chaleurs s’élèvent, plus elle est recherchée parce qu'elle devient « une condition de l’habitabilité de la ville », explique dans une note exploratoire inspirante l’économiste urbaniste Isabelle Baraud-Serfaty sur l’ombre, sa valeur et son partage. Valeur économique d’abord. « La question de la valeur de l’ombre peut surprendre s’agissant des espaces publics, mais elle est mesurée depuis longtemps dans le secteur agricole. » Le bétail subit de multiples chocs en cas de stress thermique : il produit beaucoup moins de lait, se reproduit moins bien, son métabolisme est malmené, jusqu’à en boîter car la vache reste debout quand elle a chaud. En ville, une terrasse de café à l’ombre pourrait, bientôt, valoir autant qu’une terrasse en plein soleil. De même, les logements « exposés Nord » tiendront peut-être leur revanche sur ceux « exposés Sud ». Enfin, le coût financier des canicules se chiffre en milliards d’euros, selon les différentes études et confère indirectement à l’ombre toujours plus de préciosité. À lire aussiLa multiplication des événements climatiques extrêmes coûtera cher à l’économie mondiale Valeur d’usage également. Elle conditionne l’accès à l’espace public, devient « essentielle » pour se déplacer ou pour y vivre sa vie sociale ou professionnelle, en préservant la santé des plus vulnérables, enfants, personnes âgées ou handicapées, sans-abris, ou des travailleurs exposés, agents techniques, de nettoyage, livreurs, etc. Cette nouvelle ressource urbaine sous-tend ainsi des enjeux majeurs d’équité sociale, un des principes fondateurs du service public, rappelle Isabelle Baraud-Serfaty. Dans certaines métropoles, américaines notamment, la cartographie des zones ombragées a pu révéler des inégalités de territoires. Los Angeles a longtemps déconseillé la plantation d’arbres pour des raisons d'ordre public. Avant d’en replanter près de 100 000 en 2019. « L’ombre est de plus en plus perçue comme un bien précieux, alors que les crises du changement climatique et des inégalités convergent », déclarait alors le maire de la métropole californienne, un État extrêmement exposé à la chaleur et aux incendies. L'exemple de l'eau Pour Isabelle Baraud-Serfaty, toutes ces raisons légitiment l’idée d’un service public local dédié à l’ombre, solution naturelle pour rafraîchir la ville : « Les services publics doivent évoluer avec les évolutions de la société, de la ville, du climat », explique-t-elle dans un entretien à RFI. Mais quelle(s) forme(s) prendrait-il ? « Il faut penser l’ombrage à l’échelle de la ville, poursuit la ...
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  • Et si nous mangions (davantage) d'algues?
    2026/06/24

    Alors que plus de 700 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde, la solution pourrait venir d'une ressource largement ignorée bien qu'elle soit abondante et écologique : les algues. Et si pour sauver la planète et favoriser le développement économique des zones côtières nous mangions des algues ?

    Manger des algues n'a rien d'une révolution. D'après le musée d'histoire naturelle de Londres, on trouve des traces de consommation d'algues chez les humains il y a 8 000 ans. « En Asie, là où la production d'algues se concentre, là 90 % des algues sont produites, elles font même partie de l'alimentation de tous les jours, abonde Pierre Gilles, chargé de projet politique de l'océan à l'Institut océanographique de Monaco, rencontré à l'occasion du Blue Economy & Finance Forum. Alors qu'en Europe, elles pâtissent plutôt d'un a priori négatif », regrette-t-il.

    Une image négative qui s'explique par les épisodes de pollution aux algues vertes provoqués par le déversement dans l'océan des résidus d'azote de l'agro-industrie, ou encore par la ceinture d'algues sargasses qui, en raison du réchauffement climatique, s'étend désormais du continent africain aux Caraïbes et qui étouffe les côtes. Mais on parle là de deux espèces sur les plus de 70 000 recensées à ce jour. Il ne faut donc pas mettre toutes les algues dans le même panier (de crabes).

    « Elles n'ont pas besoin d'eau, de lumière ou d'engrais »

    Les algues ne manquent pas d'avantages. Sur le plan nutritionnel, elles sont riches en protéines et en oligoéléments. Elles sont aussi faciles à cultiver. « Elles ont pas besoin d'eau, de lumière, d'énergie fossile, elles bénéficient du soleil, elles profitent des nutriments de l'eau, elles poussent toutes seules sans engrais et elles n'émettent pas de gaz à effet de serre, s'enthousiasme Pierre Gilles. C'est tout bénéfice. »

    Et les algues peuvent servir à bien d'autres choses. « On peut en mettre dans l'alimentation des bovins pour limiter leurs émissions de méthane qui contribue au réchauffement climatique, on peut les utiliser pour filtrer l'eau, poursuit ce spécialiste de l'aquaculture. On peut même faire des récipients pour remplacer le plastique ». Quand on sait que, selon les estimations de la fondation Ellen MacArthur, les océans pourraient contenir plus de plastique que de poissons d'ici à 2050, la piste mérite au moins d'être étudiée.

    Les algues génératrices de crédit carbone ?

    Les algues pourraient même générer passivement des revenus pour les communautés locales. « Par exemple les Bahamas sont entourés de prairies d'algues qui sont d'extraordinaires puits de carbone, explique l'ancienne ministre française Sylvie Goulard qui co-préside désormais une initiative franco-britannique pour la restauration de la nature. Ce capital naturel a une valeur : il peut générer des crédits carbone puisqu'il absorbe le CO2 qui pourrait être émis par une compagnie aérienne, pour prendre un exemple simple ». Cette compagnie pourrait alors payer le gouvernement des Bahamas pour prendre soin de ces algues qui deviendraient alors une source de revenus stable pour les populations locales. Le potentiel est là, d'après l'ONU le marché mondial des algues a plus que triplé en 20 ans.

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