『Questions d'environnement』のカバーアート

Questions d'environnement

Questions d'environnement

著者: RFI
無料で聴く

このコンテンツについて

La Terre est en surchauffe, l’ensemble du vivant chaque jour plus menacé et la science très claire : les activités humaines sont responsables de cette situation. Le temps compte pour agir afin de préserver nos conditions de vie sur la planète. Quels sont les bouleversements en cours ? Comment les décrypter ? Et quelles sont les solutions pour enrayer cette dégradation, pour adapter nos modes de vie et nos infrastructures au changement du climat, pour bâtir un avenir plus durable pour tous ? À tour de rôle, les spécialistes environnement de la rédaction de RFI ouvrent la fenêtre sur notre monde en pleine mutation.

France Médias Monde
政治・政府
エピソード
  • Pourquoi les humains sont-ils parfois pires que les pollutions?
    2026/01/15

    Y a-t-il une vie après la catastrophe ? À Tchernobyl ou Fukushima, partout où la présence humaine disparait, les plantes et les animaux prospèrent, même dans les pires conditions.

    C’est l'un des endroits les plus sinistrés de la planète : la centrale nucléaire de Tchernobyl en Ukraine. L'explosion d'un des réacteurs en 1986 a provoqué la pire catastrophe nucléaire de l'humanité. Une zone d'exclusion de plusieurs milliers de kilomètres carrés a dû être créée à cheval entre l'Ukraine et la Biélorussie. Une zone sans humains, mais avec beaucoup d'autres animaux : petit à petit, la vie a repris à Tchernobyl.

    C'était pourtant mal parti, après la mort de tous les arbres, devenus rouges. On a cru que Tchernobyl resterait un désert. Mais la végétation est repartie. Les animaux sont revenus, et notamment des mammifères : des lynx, des loups, des bisons. On a aussi introduit à Tchernobyl le cheval de Przwevalski, utilisé un peu comme cobaye ; il a pu se reproduire et sa population a augmenté.

    À lire aussiTchernobyl, 30 ans après : quelles sont les conséquences écologiques ?

    Radioactivité et activités humaines

    Le même phénomène a été observé à Fukushima, après l'accident de la centrale nucléaire en 2011. Le départ des humains a laissé les autres animaux prospérer. On a même observé un ours noir d'Asie, une espèce menacée dont on croyait qu'il avait disparu de la région. On a aussi découvert une nouvelle espèce de sanglier, issue de l'accouplement entre un sanglier sauvage et un cochon d'élevage échappé au moment de la catastrophe. Comme si les animaux préféraient la radioactivité aux activités humaines.

    Mais tout n'est pas complètement rose. À Tchernobyl, il y a un contre-exemple parfait : un champignon qui se porte bien, très bien, qui pousse sur le site même de la centrale. Mais voilà, c'est un champignon radiotrophe, c'est-à-dire qu'il se nourrit de la radioactivité. S'il prospère, en fait, ce n'est pas très bon signe. On a aussi noté une espérance de vie plus courte chez des animaux ou des malformations chez des oiseaux. Une grenouille est aussi particulièrement étudiée, en tant qu’animal sentinelle : à Tchernobyl comme à Fukushima, les catastrophes nucléaires ont entrainé une modification de son ADN.

    Zones fantômes bien vivantes

    Mais la radioactivité semble finalement moins néfaste que la présence humaine, comme si rien n'était pire pour la vie que la vie humaine. C'est le cas aussi de la zone d'exclusion militaire entre les deux Corées, un no man’s land en vigueur depuis 1953, une bande de 4 kilomètres de large et longue de 250 kilomètres, truffée de mines... La DMZ est un véritable sanctuaire, un corridor écologique, avec plus de 6 000 espèces végétales et animales recensées. Et parmi elles, le tiers des espèces menacées de Corée du Sud.

    L'atoll de Bikini, dans le Pacifique, utilisé par les États-Unis pour leurs premiers essais nucléaires, et inhabité aujourd'hui, abrite d'incroyables récifs coraliens. Cap Canaveral, aux Etats-Unis, d'où décollent les fusées de la Nasa, se trouve au milieu d'un parc naturel, avec des restrictions d'accès qui font le bonheur des lamentins, des tortues et des alligators. Il y ainsi de très nombreux exemples où la nature reprend ses droits, sur d'anciens sites industriels, même sur des sols contaminés et pollués. Des plantes qui colonisent le béton abandonné. Une renaturation involontaire. Des zones fantômes peuplées d'être bien vivants pourvu qu'ils ne soient pas humains. Comme si la défaite de l'humanité était une victoire pour le reste du vivant.

    続きを読む 一部表示
    3 分
  • Nos chiens et nos chats peuvent-ils être végétariens?
    2026/01/14

    L'empreinte carbone des animaux de compagnie n'est pas négligeable en raison de la viande contenue dans leur alimentation. Mais le passage à un régime végan est compliqué pour les canidés, et totalement exclu pour les félins.

    Ils n’ont pas l’air, comme ça, avec leur regard innocent, mais les animaux de compagnie ont bien leur part de responsabilité dans la crise climatique. Selon une étude britannique réalisée par l’université d’Edimbourg, et relayée par The Guardian, les aliments pour chiens représentent 1% des émissions de gaz à effet de serre du Royaume-Uni, ce qui n’est pas négligeable. En cause, principalement, la viande présente dans ces aliments. Il y a quelques années, une autre étude avait montré que les chats et les chiens des États-Unis formaient les cinquièmes plus gros consommateurs de viande au monde. Certains fabricants de nourriture pour chien n’hésitent d'ailleurs pas à utiliser des parties nobles habituellement réservées à la consommation humaine, et pas seulement des déchets de carcasse – rien n’est jamais trop bon pour les toutous.

    Peut-on alors avoir un chien végan ? Les chiens sont ce qu’on appelle des carnivores flexibles. Une alimentation carnée est indispensable à certains moments de leur de vie. « Quand un chien est adulte et qu’il ne se reproduit pas, il est assez flexible. Il peut donc être nourri de différentes manières. En l’absence d’éléments d’origine animale dans son alimentation, il aura un poil plus ou moins beau, etc. mais il pourra survivre. En revanche, il n’est pas capable de se reproduire, de grandir correctement s’il n’y a pas dans son alimentation des éléments d’origine animale, obligatoirement », précise Géraldine Blanchard, vétérinaire, spécialiste en nutrition clinique.

    Chat chasseur de viande

    Quant aux chats, c’est pire encore. Une alimentation végan est totalement exclue pour le chat, un carnivore strict, qui ne peut vivre sans protéines animales. D’ailleurs, même s’il est nourri tout à fait comme il faut, il a la viande dans le sang, son instinct de chasseur est intact : chasseur d’oiseaux, et c’est une vraie menace pour la biodiversité ; chasseurs de rongeurs aussi, c’est pour cette qualité-là qu’il avait été recruté, domestiqué par les humains. « La chasse, c’était ce qu’on voulait qu’il fasse, jusqu’à récemment, rappelle Eva-Maria Geigl, chercheuse au CNRS. Parce qu’on ne voulait pas d’un chat sur un canapé, ce n’était pas le but ! Donc, forcément, on n’a pas agi sur ce trait. Le problème n’est pas le chat, le problème est l’être humain qui a laissé les populations de chats prendre une telle ampleur. Un carnivore ne doit pas être présent dans une telle quantité ». Il est bien mignon, Minou, mais rien qu’en France, les chats tueraient 75 millions d’oiseaux chaque année. Au Japon, en éradiquant les chats d’une île, on a pu sauver une espèce de pigeon au bord de l’extinction.

    Un lapin c'est bien aussi

    Pour réduire l’impact climatique des animaux de compagnie, les croquettes peuvent être une solution. Leur empreinte carbone est bien plus faible que ce qu’on appelle la nourriture humide, type pâtée pour chien. Des croquettes pour tous ? Non, parce que les croquettes contiennent de l’amidon, présent dans les féculents, et certains chiens ne le digèrent pas. Oubliez aussi les croquettes végan qu’on peut trouver sur internet, la plupart provoqueront des carences chez votre animal.

    On peut être végan mais on ne peut pas l’imposer à son chat ou à son chien. « La biologie n’est pas une philosophie, estime la vétérinaire Géraldine Blanchard. Respecter un animal, c’est d’abord couvrir ses besoins nutritionnels à lui. Et ne pas se dire : "Puisque je ne veux pas ça pour moi, je ne veux pas ça pour lui". Dans ce cas-là, il faut réfléchir à avoir un animal qui soit végétarien. Il y en a plein. Un lapin est un animal très sympa, et c’est végétarien ». Un lapin, ou même l’animal de compagnie le plus vendu dans le monde : un poisson rouge, omnivore, dont la seule alimentation carnée vient d’insectes. Et tant-pis pour les caresses.

    続きを読む 一部表示
    4 分
  • Dans le golfe de Gascogne, les dauphins meurent-ils à cause du réchauffement climatique?
    2026/01/13

    En raison d'un déplacement géographique de leur proies (sardines et anchois, plus petits), les cétacés s'approchent trop près des côtes atlantiques françaises où ils se retrouvent pris au piège dans les filets des pêcheurs.

    C'est une réaction en chaîne, et c'est un mystère enfin levé. On sait désormais pourquoi trop de dauphins meurent dans le Golfe de Gascogne, sur la façade atlantique française, échoués sur les plages et surtout dans les filets des pêcheurs du Golfe de Gascogne. 9000 dauphins morts chaque année, sur une population d'environ 200 000 individus. Certes, ce n’est « que » 5%, mais au-delà de 5000 morts par an, la survie de l'espèce est menacée. Face à cette hécatombe, une mesure a d'ailleurs été prise, aux effets incontestables : l’interdiction de la pêche pendant un mois l’hiver. Le nombre de dauphins tués a ainsi été divisé par quatre. Mais cela a évidemment un coût économique et social pour tous les pêcheurs empêchés de travailler, et pour toute la filière.

    Mais le premier responsable de cette hécatombe, ce ne sont pas les pêcheurs. L’accusé numéro un, à l'origine de tout, c'est le réchauffement climatique. Il a d'abord un effet sur le débit des fleuves, en l'occurrence ici la Loire, qui se jette dans l'Atlantique. Moins d'eau douce, à cause du réchauffement, c'est moins de nutriments dans l'océan, « essentiellement du phosphore, d’origine terrestre, qui permet aux microalgues de se développer. En raison des politiques de réduction du phosphore dans les lessives, moins de phosphore est apporté, détaille Mathieu Doray, chercheur à l'Ifremer, l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer, et co-responsable du projet Delmoges qui vient de publier une étude sur les dauphins à l’issue de trois ans de recherches et d’observations. Il y a aussi moins de débit dans la Loire et toutes ces microalgues ont donc moins de nutriments pour se développer. De plus, elles vivent dans des conditions plus chaudes et donc moins favorables pour elles ». L’océan, dans cette zone, s'est réchauffé de presque 0,8 degré en 20 ans.

    À lire aussiDauphins: la justice française confirme une interdiction de pêche d'un mois dans le golfe de Gascogne

    Petits poissons de plus en plus petits

    Ces microalgues se trouvent à la base de la chaine alimentaire. Et s’il y en a moins, il y a aussi moins de zooplancton, ces petits organismes qui mesurent 1 millimètre, qui se nourrissent de microalgues, et qui sont à la base de l'alimentation des sardines et des anchois. Moins de zooplancton, c'est ainsi des poissons plus petits. Depuis le début du siècle, les sardines et les anchois ont perdu 2 centimètres. Les sardines et les anchois, à la base du repas des dauphins.

    Il y a beaucoup moins de sardines et d'anchois au large : parce qu'ils sont plus petits, ils restent près des côtes. Les dauphins suivent donc leurs proies, là où se trouvent aussi beaucoup de bateaux de pêche. « L’essentiel de la pêche qui peut nuire aux dauphins est déployé dans la bande côtière, entre 0 et 100 mètres de profondeur, pour capturer des espèces comme la sole, le bar ou le merlu. Plus les dauphins se rapprochent des côtes, plus ils se retrouvent en interaction avec des engins de pêche qui ne sont pas déployés plus au large. Ils sont donc soumis à un risque de capture accidentelle beaucoup plus important », explique Mathieu Doray.

    Outre la suspension de la pêche, il existe d’autre solutions pour protéger les dauphins : établir des cartes très précises des concentrations de sardines et d'anchois pour éviter la pêche au filet dans ces zones-là, comme le préconise l’Ifremer. On étudie aussi la possibilité d'équiper les filets de caméras et d'effaroucheurs sonores pour éloigner les dauphins, en reproduisant le son émis par un dauphin face à un danger. On est là au cœur d'une problématique posée par le réchauffement climatique : préserver l'activité humaine tout en protégeant la biodiversité. Une problématique et bien souvent une contradiction.

    続きを読む 一部表示
    4 分
まだレビューはありません