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Questions d'environnement

Questions d'environnement

著者: RFI
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概要

La Terre est en surchauffe, l’ensemble du vivant chaque jour plus menacé et la science très claire : les activités humaines sont responsables de cette situation. Le temps compte pour agir afin de préserver nos conditions de vie sur la planète. Quels sont les bouleversements en cours ? Comment les décrypter ? Et quelles sont les solutions pour enrayer cette dégradation, pour adapter nos modes de vie et nos infrastructures au changement du climat, pour bâtir un avenir plus durable pour tous ? À tour de rôle, les spécialistes environnement de la rédaction de RFI ouvrent la fenêtre sur notre monde en pleine mutation.

France Médias Monde
政治・政府
エピソード
  • Pourquoi protéger les poissons qui migrent dans nos rivières?
    2026/03/26

    Anguilles d'Afrique, poissons-chats d’Amazonie, truites des neiges, saumons atlantiques. Des milliards de poissons migrent dans nos rivières et des centaines de millions de personnes dans le monde en dépendent pour vivre. Et pourtant, nous sommes en train de les laisser mourir en silence.

    Les 132 pays qui font partie de la Convention onusienne pour la Conservation des espèces migratrices sont réunis cette semaine au Brésil et à cette occasion, des scientifiques alertent sur la disparition des poissons migrateurs d'eau douce. Leurs populations ont en effet chuté de 81% depuis les années 70. À tel point qu'ils sont aujourd'hui parmi les plus menacés, en particulier les très gros poissons.

    Un déclin invisible à nos yeux car il a lieu sous les flots tumultueux du fleuve Congo, du Mékong ou encore du Nil et un déclin ignoré car nous ne connaissons pas ces champions des longues distances. En Amérique latine par exemple, le silure doré parcourt plus de 11 000 km pour son voyage aller-retour entre les contreforts des Andes et l'embouchure de l'Amazone.

    Signe de notre méconnaissance : en mer, nous savons que le plus gros animal est la baleine bleue et sur terre l'éléphant d'Afrique, mais dans nos rivières ? Il s'agit de la raie géante d'eau douce, qui peut dépasser les 300 kilos.

    Barrages et surpêche, les deux principales menaces

    « Certaines de ces migrations de poissons sont aussi importantes en quantité que la Grande migration des zèbres et des gnous du Serengeti en Afrique, souligne le biologiste Zeb Hogan, de l'Université du Nevada aux États-Unis. Imaginez-vous des milliards et des milliards de poissons qui descendent et remontent les rivières ! »

    Les poissons migrateurs d'eau douce souffrent en premier lieu des barrages que nous construisons sur leur route dans les rivières. Cela réduit le débit dont ils ont besoin dans les fleuves, cela les empêche d'aller se reproduire ou d'élever les petits dans les endroits propices. La surpêche est aussi destructrice. Et les pollutions et le changement climatique les affectent.

    Ces animaux jouent pourtant un rôle crucial dans la bonne santé des rivières, explique Zeb Hogan qui a mené l'étude publiée ce 24 mars 2026 à l'occasion de la Convention pour la Conservation des Espèces Migratrices et qui constitue la première photographie sur l'état des populations de poissons migrateurs d'eau douce.

    « Le meilleur exemple c'est le saumon, indique le scientifique. Les femelles déposent les œufs et les mâles les fécondent en eau douce. De ces millions de saumons qui naissent, la plupart meurent. Et quand ils meurent, cela apporte des nutriments aux écosystèmes des rivières ». Ces saumons sont aussi une nourriture indispensable pour les oiseaux, les ours, les loups, les loutres et toute une série d'animaux.

    10 milliards de dollars par dans le Mékong

    L'enjeu autour des poissons migrateurs d'eau douce est aussi économique. Dans le bassin du Mékong, la pêche pèse près de 10 milliards de dollars chaque année et dans le bassin amazonien, c'est plus de 430 millions de dollars par an. Ces poissons nous nourrissent donc, et ils sont liées à nos cultures.

    « Le poisson-chat géant du Mékong est appelé poisson royal au Cambodge et il existe des cérémonies spéciales pour l'attraper, raconte Zeb Hogan qui parcourt le monde à la découverte des plus gros spécimens de poissons d'eau douce pour une émission de télévision de National Geographic. Et au Bangladesh et en Inde, il y a un poisson migrateur qui est très important pour les mariages ».

    Pour enrayer le déclin des poissons migrateurs, les scientifiques appellent les États du monde à raisonner la pêche, à retirer ou éviter de construire des barrages et à agir pour conserver un débit suffisant dans les fleuves. Surtout, il convient de coordonner ces efforts entre nations car les poissons ne connaissent pas de frontières.

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  • Comment la guerre au Moyen-Orient remet en lumière les vertus de la sobriété énergétique?
    2026/03/25
    En ce début de semaine, les Philippines ont déclaré l'état d'urgence énergétique national. Comme Manille, les gouvernements du monde entier cherchent la parade pour réduire la pression que fait peser la guerre au Moyen-Orient sur les prix et les stocks d'hydrocarbures. Et c'est dans ce contexte qu'un mot ressort enfin du placard : « sobriété ». Sobriété, un terme qu’on n'avait plus entendu depuis le début de la guerre en Ukraine, quand en France les ministres sortaient en col roulé du palais de l'Élysée parce que le président avait voulu montrer l'exemple en baissant le chauffage. Par sobriété, on comprend les politiques publiques, mais aussi nos comportements individuels au quotidien qui, ensemble, font en sorte qu'on atténue la demande en ressources naturelles. Il s'agit de mesures qui garantissent notre bien-être à tous et qui respectent en même temps les limites de notre planète, selon la définition qu'a trouvée Yamina Saheb, l'une des auteures du dernier rapport du Giec et qui a fondé, il y a deux ans, le Laboratoire mondial de la sobriété. À écouter dans C'est pas du ventLa sobriété? Oui mais pour tout le monde! Du télétravail à la baisse des climatiseurs Après le début de la guerre au Moyen-Orient, les premiers à réagir étaient les pays d'Asie. Particulièrement dépendants du pétrole et du gaz naturel liquéfié en provenance du Golfe, ils ont dû prendre très rapidement des mesures de sobriété concrètes. Le Pakistan a prolongé les vacances scolaires et les fonctionnaires sont passés à la « semaine de quatre jours ». Le Bangladesh a supprimé les illuminations pour la fête nationale. Le Vietnam a généralisé le télétravail et la Birmanie mise sur la circulation alternée. À lire aussiL’effet rebond, ce phénomène insidieux qui complexifie encore la transition écologique Le transport routier représente 45% en moyenne de la demande mondiale de pétrole Le transport routier représente 45% en moyenne de la demande mondiale de pétrole. Pourtant tous les gouvernements ne prônent pas la sobriété dans ce secteur. Pour soulager leurs automobilistes qui souffrent des prix mirobolants à la pompe, l'Italie et l'Espagne, par exemple, ont préféré baisser les taxes sur les carburants au lieu d'inciter à une baisse de la demande. Et l'Autriche leur a emboîté le pas mardi 24 mars. Les ONG environnementales sont vent debout. Selon Viktoria Auer, du WWF Autriche, le gouvernement de Vienne devrait plutôt « baisser les tarifs pour les transports en commun et instaurer des limitations de vitesse. En passant de 130 km/h à 100 km/h, on économise jusqu'à 23% de carburant. Quant aux citoyens, ils devraient envisager de se mettre au vélo pour les trajets courts ». L'Agence internationale de l'énergie a, elle aussi, publié 10 mesures de sobriété, parmi lesquelles le covoiturage, ou encore le retour des réunions par visioconférence plutôt qu'en présentiel. Et comme le rappelle Viktoria Auer du WWF : « Ce sont des habitudes que nous devrons garder à l'avenir. Car au-delà des crises géopolitiques, le réchauffement climatique nous menace. En réduisant notre consommation d'énergie, nous contribuons également à adopter un mode de vie plus respectueux du climat et à baisser les émissions de gaz à effet de serre ». Contrairement à certains discours, la sobriété et la pauvreté sont deux choses différentes : la première est choisie, résultat d'une démarche volontaire, quand la seconde est subie. À écouter dans Le débat du jourLa décroissance : utopie ou solution ?
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  • Quelles alternatives aux engrais chimiques?
    2026/03/24
    La guerre au Moyen-Orient ne fait pas seulement flamber les prix à la pompe, mais aussi ceux des engrais. En effet, 30% des fertilisants chimiques viennent de la région du Golfe. Leur prix augmente comme celui du gaz, nécessaire à leur fabrication. De plus, les cargaisons entières d'engrais sont actuellement bloquées dans le détroit d'Ormuz. Sur les marchés agricoles béninois, les prix des fertilisants chimiques s’envolent. « Avant (le début de la guerre en Iran, ndlr) le sac de l’urée était à 12 000 francs CFA. Maintenant, il est à 20 000 francs CFA », constate Brunelle Guezodje, chargée de programme à l'Association nationale des femmes agricultrices. « Au Bénin, une grande partie des agriculteurs et agricultrices dépendent encore des engrais chimiques, notamment pour certaines cultures comme le maïs, le riz, le coton. Comme les sols s’appauvrissent, les agriculteurs se tournent vers les engrais chimiques à la recherche de rendements rapides. » Le prix d’un sac d’urée qui grimpe de 12 000 à 20 000 francs CFA, cela correspond à une augmentation de 66%. Et cette crise tombe au pire moment, puisque dans l'hémisphère Nord c'est le printemps et donc la saison des semis. À écouter aussiLa guerre au Moyen-Orient fait flamber le prix de l'urée, l'engrais le plus utilisé au monde Première option : la substitution Avec la crise causée par la guerre au Moyen-Orient, la question revient sur le devant de la scène. La première option, c’est la substitution. Elle consiste à remplacer les engrais chimiques par les engrais organiques. Et dans la plupart des pays du monde, la principale source d'engrais organique, ce sont les déchets issus de l'élevage, comme le fumier. « Seulement voilà : aujourd’hui la totalité des effluents d'élevage sont déjà utilisés en agriculture », fait remarquer Guy Richard. Directeur de recherche à l'Inrae, il réfléchit donc avec ses collègues à d'autres substituts, comme « une meilleure valorisation des urines d'origine humaine qui pourraient apporter entre 10 et 20% de l'azote aujourd'hui utilisé dans l'agriculture en France. Il faudrait récupérer ces urines dans les zones géographiquement denses : des manifestations sportives, des aires d'autoroute seraient des lieux où on pourrait facilement les collecter. » Pallier la pénurie actuelle d’engrais chimiques par des fertilisants organiques n’est donc pas aisé. La marge de manœuvre est réduite. À lire aussiGuerre au Moyen-Orient : l'impact sur l'importation d'engrais et d'aliments en Afrique Deuxième option : la reconception de l’agriculture La deuxième option est plus structurelle. Il s’agit de transformer le système agricole en se tournant vers des cultures dont les besoins en azote sont moindres. Les stars de ces cultures sont les légumineuses. « Elles n’ont pas besoin d'être fertilisées », explique Guy Richard, « et elles laissent, une fois récoltées et incorporées au sol, une dose d'azote dans le sol qui peut être valorisée par des cultures suivantes. » Une technique que conseille également Brunelle Guezodje aux agricultrices qu'elle accompagne au Bénin. Pourtant, cette transition vers l'agroécologie ne se fera pas du jour au lendemain. Les freins sont encore nombreux : « L'agroécologie, c'est une agriculture qui est exigeante », souligne l’agronome. « Les producteurs se disent que ça devient compliqué parce qu'il n'y a pas la main-d’œuvre. Il y a aussi des problèmes de marché : les consommateurs veulent acheter des produits agroécologiques au même prix que les produits conventionnels. » En Europe, les deux tiers de l’azote utilisé dans l’agriculture servent à cultiver l’alimentation des animaux de l’élevage. Se rendre moins dépendant des engrais chimiques passe donc également par une politique de rééquilibrage alimentaire entre les aliments à base végétale et ceux à base animale. À lire aussiLes agriculteurs français mis en difficulté avec la flambée des prix en raison de la guerre au Moyen-Orient La crise actuelle relance le débat « Les crises géopolitiques mais aussi climatiques se multiplient », souligne Ronan Groussier. Chaque crise « affecte l'agriculture au niveau local mais aussi les marchés mondiaux parce que cela crée souvent des déséquilibres de production » et menace la sécurité alimentaire, souligne le responsable agriculture au sein du Réseau Action Climat qui estime « qu’il est important de sortir enfin des dogmes d’une productivité théorique maximale à travers un modèle agricole intensif ». Des modèles d’agriculture durable seront plus résilients et robustes face aux crises à venir.
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