『Questions d'environnement』のカバーアート

Questions d'environnement

Questions d'environnement

著者: RFI
無料で聴く

La Terre est en surchauffe, l’ensemble du vivant chaque jour plus menacé et la science très claire : les activités humaines sont responsables de cette situation. Le temps compte pour agir afin de préserver nos conditions de vie sur la planète. Quels sont les bouleversements en cours ? Comment les décrypter ? Et quelles sont les solutions pour enrayer cette dégradation, pour adapter nos modes de vie et nos infrastructures au changement du climat, pour bâtir un avenir plus durable pour tous ? À tour de rôle, les spécialistes environnement de la rédaction de RFI ouvrent la fenêtre sur notre monde en pleine mutation.

France Médias Monde
政治・政府
エピソード
  • Canicules: l'ombre sera-t-elle demain un service public local?
    2026/06/25
    L’été n’a que quatre jours mais une partie de l’Europe de l’Ouest reste plongée dans la torpeur d’un deuxième plateau de chaleur en un mois. Pour les villes, le chantier en matière d’adaptation au réchauffement est titanesque. Pour des raisons de santé publique comme pour l’accès à l’espace public, l’ombre est une denrée recherchée, acquiert de la valeur et se pose la question de sa disponibilité et de son partage équitable. L’ombre est une alliée fidèle et pourtant mal-aimée : lorsqu’on envoie un homme à l’ombre, c’est qu’il part au cachot. Peut-être parce que lui-même, avant, représentait un danger tapi dans l’ombre. Elle est parfois ambivalente : certains ambitieux rongent leurs freins à l’ombre d’un chef, quand d’autres y ont trouvé leur destin. Mais quand, dans la rue, le soleil cogne sur nos crânes, l’espace obscur qui se dessine là, quelques mètres devant nous, devient un refuge. Lorsque l’ami, ou le bus, est en retard et qu’il fait 40°C, l’attendre à l’ombre d’un platane ou d’un margousier est tout de suite plus supportable. « Dans les villes africaines, de Kinshasa à Khartoum, c’est plus que bienvenu : c’est essentiel », insiste l’architecte écosso-ghanéenne Lesley Lokko, autrice d’un article sur l’ombre comme « ressource publique ». Aujourd’hui, cet ombrage est tout aussi crucial à Malaga, en Espagne, et il le sera peut-être bientôt à Malmö, en Suède. En juillet 2025, on a mesuré jusqu’à 35°C juste en-dessous du cercle arctique, chez le voisin norvégien. Les villes françaises sont au pied du mur et développent des « plans » d'adaptation comme « Toulouse + fraîche », la ville rose du sud-ouest français. Plus de 70 départements sont en rouge cramoisi sur les cartes de Météo-France ce 25 juin. L’Europe se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale. Et les cœurs des villes, bétonnés et minéraux, se transforment en fournaise. À lire aussiClimat: pourquoi l’Europe se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète L’ombre et ses valeurs Dans le contexte ombrageux du réchauffement climatique, l’ombre pourrait bien s’imposer comme l’or noir de nos trottoirs. Plus les chaleurs s’élèvent, plus elle est recherchée parce qu'elle devient « une condition de l’habitabilité de la ville », explique dans une note exploratoire inspirante l’économiste urbaniste Isabelle Baraud-Serfaty sur l’ombre, sa valeur et son partage. Valeur économique d’abord. « La question de la valeur de l’ombre peut surprendre s’agissant des espaces publics, mais elle est mesurée depuis longtemps dans le secteur agricole. » Le bétail subit de multiples chocs en cas de stress thermique : il produit beaucoup moins de lait, se reproduit moins bien, son métabolisme est malmené, jusqu’à en boîter car la vache reste debout quand elle a chaud. En ville, une terrasse de café à l’ombre pourrait, bientôt, valoir autant qu’une terrasse en plein soleil. De même, les logements « exposés Nord » tiendront peut-être leur revanche sur ceux « exposés Sud ». Enfin, le coût financier des canicules se chiffre en milliards d’euros, selon les différentes études et confère indirectement à l’ombre toujours plus de préciosité. À lire aussiLa multiplication des événements climatiques extrêmes coûtera cher à l’économie mondiale Valeur d’usage également. Elle conditionne l’accès à l’espace public, devient « essentielle » pour se déplacer ou pour y vivre sa vie sociale ou professionnelle, en préservant la santé des plus vulnérables, enfants, personnes âgées ou handicapées, sans-abris, ou des travailleurs exposés, agents techniques, de nettoyage, livreurs, etc. Cette nouvelle ressource urbaine sous-tend ainsi des enjeux majeurs d’équité sociale, un des principes fondateurs du service public, rappelle Isabelle Baraud-Serfaty. Dans certaines métropoles, américaines notamment, la cartographie des zones ombragées a pu révéler des inégalités de territoires. Los Angeles a longtemps déconseillé la plantation d’arbres pour des raisons d'ordre public. Avant d’en replanter près de 100 000 en 2019. « L’ombre est de plus en plus perçue comme un bien précieux, alors que les crises du changement climatique et des inégalités convergent », déclarait alors le maire de la métropole californienne, un État extrêmement exposé à la chaleur et aux incendies. L'exemple de l'eau Pour Isabelle Baraud-Serfaty, toutes ces raisons légitiment l’idée d’un service public local dédié à l’ombre, solution naturelle pour rafraîchir la ville : « Les services publics doivent évoluer avec les évolutions de la société, de la ville, du climat », explique-t-elle dans un entretien à RFI. Mais quelle(s) forme(s) prendrait-il ? « Il faut penser l’ombrage à l’échelle de la ville, ...
    続きを読む 一部表示
    3 分
  • Et si nous mangions (davantage) d'algues?
    2026/06/24

    Alors que plus de 700 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde, la solution pourrait venir d'une ressource largement ignorée bien qu'elle soit abondante et écologique : les algues. Et si pour sauver la planète et favoriser le développement économique des zones côtières nous mangions des algues ?

    Manger des algues n'a rien d'une révolution. D'après le musée d'histoire naturelle de Londres, on trouve des traces de consommation d'algues chez les humains il y a 8 000 ans. « En Asie, là où la production d'algues se concentre, là 90 % des algues sont produites, elles font même partie de l'alimentation de tous les jours, abonde Pierre Gilles, chargé de projet politique de l'océan à l'Institut océanographique de Monaco, rencontré à l'occasion du Blue Economy & Finance Forum. Alors qu'en Europe, elles pâtissent plutôt d'un a priori négatif », regrette-t-il.

    Une image négative qui s'explique par les épisodes de pollution aux algues vertes provoqués par le déversement dans l'océan des résidus d'azote de l'agro-industrie, ou encore par la ceinture d'algues sargasses qui, en raison du réchauffement climatique, s'étend désormais du continent africain aux Caraïbes et qui étouffe les côtes. Mais on parle là de deux espèces sur les plus de 70 000 recensées à ce jour. Il ne faut donc pas mettre toutes les algues dans le même panier (de crabes).

    « Elles n'ont pas besoin d'eau, de lumière ou d'engrais »

    Les algues ne manquent pas d'avantages. Sur le plan nutritionnel, elles sont riches en protéines et en oligoéléments. Elles sont aussi faciles à cultiver. « Elles ont pas besoin d'eau, de lumière, d'énergie fossile, elles bénéficient du soleil, elles profitent des nutriments de l'eau, elles poussent toutes seules sans engrais et elles n'émettent pas de gaz à effet de serre, s'enthousiasme Pierre Gilles. C'est tout bénéfice. »

    Et les algues peuvent servir à bien d'autres choses. « On peut en mettre dans l'alimentation des bovins pour limiter leurs émissions de méthane qui contribue au réchauffement climatique, on peut les utiliser pour filtrer l'eau, poursuit ce spécialiste de l'aquaculture. On peut même faire des récipients pour remplacer le plastique ». Quand on sait que, selon les estimations de la fondation Ellen MacArthur, les océans pourraient contenir plus de plastique que de poissons d'ici à 2050, la piste mérite au moins d'être étudiée.

    Les algues génératrices de crédit carbone ?

    Les algues pourraient même générer passivement des revenus pour les communautés locales. « Par exemple les Bahamas sont entourés de prairies d'algues qui sont d'extraordinaires puits de carbone, explique l'ancienne ministre française Sylvie Goulard qui co-préside désormais une initiative franco-britannique pour la restauration de la nature. Ce capital naturel a une valeur : il peut générer des crédits carbone puisqu'il absorbe le CO2 qui pourrait être émis par une compagnie aérienne, pour prendre un exemple simple ». Cette compagnie pourrait alors payer le gouvernement des Bahamas pour prendre soin de ces algues qui deviendraient alors une source de revenus stable pour les populations locales. Le potentiel est là, d'après l'ONU le marché mondial des algues a plus que triplé en 20 ans.

    続きを読む 一部表示
    3 分
  • Comment, en 80 ans, EDF a changé la vie des Français et veut changer la trajectoire du climat
    2026/06/23
    Électricité de France, l'entreprise publique créée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, fut au service de la reconstruction du pays, avant d'apporter confort et progrès aux Français. Aujourd'hui, face à la crise climatique, elle accompagne la nouvelle politique énergétique de l'État. C'est une vieille entreprise présente jusque dans l'intimité des Français depuis près d'un siècle, le bras armé de la politique énergétique de l'État français, qui fête cette année ses 80 ans. Tout commence le 8 avril 1946, sous l'impulsion des communistes, avec la loi qui crée Électricité de France, une entreprise nationale, nationalisée, qui remplace les centaines de petites sociétés privées locales qui assuraient jusqu'ici la production et la distribution d'électricité. EDF est au service de la reconstruction d'un pays dévasté par la guerre et l'occupation nazie. « L'essentiel, c'est vraiment de produire, souligne Alain Beltran, directeur de recherche émérite au CNRS, historien de l'électricité. Pour cela, il faut construire de grands barrages et des centrales thermiques, et ce sera possible grâce à l'argent du plan Marshall, des États-Unis. Ce n'est pas le consommateur de base qui est visé, c'est vraiment pour que le pays puisse se reconstruire. Et pour reconstruire, il a besoin de lignes de chemin de fer, il a besoin de ciment et il a besoin d'électricité. » Au service du confort Viennent ensuite « les Trente Glorieuses », cet âge d'or où la France se modernise et entre dans l'ère de la consommation. L'électricité est au service du progrès, comme en faisait la publicité une « réclame » en chanson pour le chauffe-eau électrique en 1953. « Sur l'évier et dans la baignoire, pour la douche et dans le lavabo, c'est une merveille d'avoir toujours de l'eau chaude à gogo ! Et si l'on est ainsi gâté, c'est grâce à l'électricité ! Papa, maman, la bonne et moi, on sait que ça coûte pas cher, ma foi. Parce que le chauffe-eau est économe ...» Les Français s'équipent de frigos, de machines à laver, bientôt de télés, et EDF est là pour les faire fonctionner. « L'électricité, au début, c'était plutôt pour l'industrie. Après, on a essayé d'aider les Français à consommer davantage d'électricité pour leur confort, explique l'auteur de très nombreux livres dont La Vie électrique. On a lancé un compteur qui était d'une couleur bleue, avec une augmentation de puissance, pour dire aux Français : "Maintenant, vous pouvez consommer davantage d'électricité sans faire sauter les plombs !" » Électricité nucléaire Troisième moment important dans l'histoire d'EDF : le nucléaire. EDF se met alors au service de l'indépendance énergétique de la France, avec la première centrale nucléaire en 1963. « L'idée pour EDF, c'est qu'on passera au tout-nucléaire dans les années 80 ou 90, rappelle Alain Beltran. Mais c'était sans prévoir les conséquences du premier choc pétrolier. L'indépendance énergétique était tombée à 25%. À partir de là, l'entreprise se mobilise un peu comme elle s'était mobilisée après-guerre, mais sur la fabrication de centrales nucléaires. » L'électricité d'origine nucléaire, malgré des oppositions marquées dans les années 70, devient même un argument, mieux : un slogan. « Alors, il a fini l'autre crétin avec sa perceuse électrique ? », demande, dans un spot publicitaire, une femme à son mari. « Nucléaire, pas électrique », lui répond-il, avant qu'EDF revendique son tournant atomique : « Aujourd'hui, 75% de l'électricité est nucléaire. » Et à cette période, dans les années 70, on incitera les Français à se chauffer à l'électricité, avec des radiateurs à l'efficacité discutable, surnommés péjorativement « grille-pains ». Au service du climat Les décennies s'écoulent, le monde a terriblement changé, et EDF, qui fut au service de la reconstruction, ensuite de la consommation, puis de la souveraineté énergétique, est désormais au service de la transition énergétique, indispensable face à la crise climatique. C'est le grand retour de la fée électrique et EDF accompagne une nouvelle fois la politique énergétique de l'État français en faveur de « la mobilité, l'automobile, les mobilités douces. Ce sera aussi la climatisation, la domotique, toute une série de nouveaux produits. Il s'opère une espèce de redécouverte, de façon à chasser de plus en plus le pétrole et le gaz. Mais cela ne va pas se faire du jour au lendemain », estime Alain Beltran. EDF a 80 ans ; ce n'est sûrement pas l'âge de la retraite.
    続きを読む 一部表示
    3 分
adbl_web_anon_alc_button_suppression_t1
まだレビューはありません