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Questions d'environnement

Questions d'environnement

著者: RFI
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概要

La Terre est en surchauffe, l’ensemble du vivant chaque jour plus menacé et la science très claire : les activités humaines sont responsables de cette situation. Le temps compte pour agir afin de préserver nos conditions de vie sur la planète. Quels sont les bouleversements en cours ? Comment les décrypter ? Et quelles sont les solutions pour enrayer cette dégradation, pour adapter nos modes de vie et nos infrastructures au changement du climat, pour bâtir un avenir plus durable pour tous ? À tour de rôle, les spécialistes environnement de la rédaction de RFI ouvrent la fenêtre sur notre monde en pleine mutation.

France Médias Monde
政治・政府
エピソード
  • El Niño est de retour: quelles seront les conséquences en Afrique?
    2026/03/30
    « L'enfant terrible du Pacifique », comme on le surnomme, est de retour : le phénomène climatique El Niño devrait se former pendant les mois d’été et persister jusqu’à la fin de 2026, voire plus longtemps, avec une chance sur trois de devenir fort durant les mois d’hiver, selon la NOAA, l'agence américaine d'étude de l'atmosphère et de l'océan. Canicules, sécheresses ou inondations, El Niño entraîne des évènements météo mondiaux. El Niño est un phénomène naturel qui a lieu tous les deux à sept ans et qui dure plusieurs mois. Normalement, au-dessus du Pacifique au large de l'Amérique latine, les vents dominants font remonter des eaux froides en surface de l'océan, ce qui rafraîchit l'atmosphère. Mais de temps en temps, ces vents s'affaiblissent. L'eau est donc plus chaude dans cette région et l’atmosphère aussi. Les pêcheurs péruviens l'ont constaté depuis longtemps et ont appelé ce phénomène El Niño, « l'enfant » en espagnol, en référence à Jésus car le phénomène est le plus fort vers la fin de l'année, date officielle de l'arrivée de l'enfant Jésus, dans la croyance chrétienne. El Niño n'a pas que des effets dans la région. Ce réchauffement de l'atmosphère de quelques dixièmes de degrés va bousculer le climat planétaire. On s'attend à des sécheresses en Australie et en Asie du Sud-Est ou à des inondations en Amérique du Nord. Sécheresses et inondations en Afrique En Afrique, en général, une forte sécheresse sévit dans le sud du continent, dans des pays comme le Mozambique, le Zimbabwe ou l'Afrique du Sud. L’Afrique de l’Ouest peut également, dans une moindre mesure, être touchée. Lors du dernier El Niño en 2024, ces sécheresses ont entraîné « des pertes de récoltes et des problèmes de malnutrition et d'insécurité alimentaire pour des millions de personnes », rappelle Benjamin Sultan, climatologue à l’Institut de recherche sur le développement (IRD). L’Organisation mondiale de la météorologie (OMM) note que « les rendements céréaliers globaux en Afrique australe ont été inférieurs de 16 % à la moyenne sur cinq ans – et, dans le cas de la Zambie et du Zimbabwe, de 43 % et 50 % respectivement. Les faibles niveaux d'eau et la faible production hydroélectrique du lac Kariba, le plus grand réservoir artificiel d'Afrique qui se situe entre les deux pays, ont provoqué des coupures d'électricité prolongées et des perturbations économiques ». En Afrique de l'Est, au contraire, El Niño provoque de fortes pluies. En 2024, « des pluies exceptionnellement abondantes et prolongées de mars à mai ont provoqué de graves inondations au Kenya, en Tanzanie et au Burundi », relate l’OMM. Il y a deux ans en Éthiopie, dans la région de Somali, « il s’est mis à pleuvoir très fort, c’était incontrôlable, et la maison s’est effondrée sur nous. Des voisins sont venus nous secourir », témoignait un homme au micro de RFI. « Je plantais beaucoup de choses, du maïs, de la papaye, des bananes… beaucoup de nourriture. Mais il ne reste plus rien des arbres, juste le tronc », se désole un autre habitant. « On utilisait des sacs de terre pour retenir l’eau. Mais au bout de 20 jours, ce n’était plus possible de garder le contrôle, et tout a été emporté. On a retrouvé dans l’eau quatre corps de personnes âgées et beaucoup d’animaux sont morts aussi ». Selon l’OMM, « des centaines de personnes ont perdu la vie et plus de 700 000 ont été touchées ». Au niveau sanitaire, l'humidité favorise aussi le développement des moustiques qui transmettent le paludisme. El Niño s'ajoute au réchauffement climatique Le continent est particulièrement vulnérable, les scientifiques du GIEC estiment que les évènements climatiques extrêmes font 15 fois plus de victimes dans les pays en développement que dans les pays riches. Surtout, El Niño s'additionne au changement climatique d'origine humaine, lui, explique Benjamin Sultan. « Dans un monde qui va être plus chaud, avec El Niño, il va faire encore plus chaud, donc on pourra trouver des températures à des niveaux très extrêmes, peut être insupportables pour certaines plantes, certains animaux, voire les hommes ». L’année 2024 a ainsi été la plus chaude jamais enregistrée. La moyenne des températures mondiales a dépassé pour la première fois 1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle, le seuil critique fixé par l’Accord de Paris pour lutter contre le changement climatique. « De la même manière, si on a des pluies qui sont plus intenses avec le réchauffement climatique et des sécheresses qui seront plus sévères, là, ça sera d'autant plus intense, d'autant plus sévère si on est pendant un épisode El Niño. Il aggrave finalement les impacts, menace les ressources en eau, l'économie, les infrastructures, la sécurité alimentaire, la santé en Afrique », résume le ...
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  • Pourquoi protéger les poissons qui migrent dans nos rivières?
    2026/03/26

    Anguilles d'Afrique, poissons-chats d’Amazonie, truites des neiges, saumons atlantiques. Des milliards de poissons migrent dans nos rivières et des centaines de millions de personnes dans le monde en dépendent pour vivre. Et pourtant, nous sommes en train de les laisser mourir en silence.

    Les 132 pays qui font partie de la Convention onusienne pour la Conservation des espèces migratrices sont réunis cette semaine au Brésil et à cette occasion, des scientifiques alertent sur la disparition des poissons migrateurs d'eau douce. Leurs populations ont en effet chuté de 81% depuis les années 70. À tel point qu'ils sont aujourd'hui parmi les plus menacés, en particulier les très gros poissons.

    Un déclin invisible à nos yeux car il a lieu sous les flots tumultueux du fleuve Congo, du Mékong ou encore du Nil et un déclin ignoré car nous ne connaissons pas ces champions des longues distances. En Amérique latine par exemple, le silure doré parcourt plus de 11 000 km pour son voyage aller-retour entre les contreforts des Andes et l'embouchure de l'Amazone.

    Signe de notre méconnaissance : en mer, nous savons que le plus gros animal est la baleine bleue et sur terre l'éléphant d'Afrique, mais dans nos rivières ? Il s'agit de la raie géante d'eau douce, qui peut dépasser les 300 kilos.

    Barrages et surpêche, les deux principales menaces

    « Certaines de ces migrations de poissons sont aussi importantes en quantité que la Grande migration des zèbres et des gnous du Serengeti en Afrique, souligne le biologiste Zeb Hogan, de l'Université du Nevada aux États-Unis. Imaginez-vous des milliards et des milliards de poissons qui descendent et remontent les rivières ! »

    Les poissons migrateurs d'eau douce souffrent en premier lieu des barrages que nous construisons sur leur route dans les rivières. Cela réduit le débit dont ils ont besoin dans les fleuves, cela les empêche d'aller se reproduire ou d'élever les petits dans les endroits propices. La surpêche est aussi destructrice. Et les pollutions et le changement climatique les affectent.

    Ces animaux jouent pourtant un rôle crucial dans la bonne santé des rivières, explique Zeb Hogan qui a mené l'étude publiée ce 24 mars 2026 à l'occasion de la Convention pour la Conservation des Espèces Migratrices et qui constitue la première photographie sur l'état des populations de poissons migrateurs d'eau douce.

    « Le meilleur exemple c'est le saumon, indique le scientifique. Les femelles déposent les œufs et les mâles les fécondent en eau douce. De ces millions de saumons qui naissent, la plupart meurent. Et quand ils meurent, cela apporte des nutriments aux écosystèmes des rivières ». Ces saumons sont aussi une nourriture indispensable pour les oiseaux, les ours, les loups, les loutres et toute une série d'animaux.

    10 milliards de dollars par dans le Mékong

    L'enjeu autour des poissons migrateurs d'eau douce est aussi économique. Dans le bassin du Mékong, la pêche pèse près de 10 milliards de dollars chaque année et dans le bassin amazonien, c'est plus de 430 millions de dollars par an. Ces poissons nous nourrissent donc, et ils sont liées à nos cultures.

    « Le poisson-chat géant du Mékong est appelé poisson royal au Cambodge et il existe des cérémonies spéciales pour l'attraper, raconte Zeb Hogan qui parcourt le monde à la découverte des plus gros spécimens de poissons d'eau douce pour une émission de télévision de National Geographic. Et au Bangladesh et en Inde, il y a un poisson migrateur qui est très important pour les mariages ».

    Pour enrayer le déclin des poissons migrateurs, les scientifiques appellent les États du monde à raisonner la pêche, à retirer ou éviter de construire des barrages et à agir pour conserver un débit suffisant dans les fleuves. Surtout, il convient de coordonner ces efforts entre nations car les poissons ne connaissent pas de frontières.

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  • Comment la guerre au Moyen-Orient remet en lumière les vertus de la sobriété énergétique?
    2026/03/25
    En ce début de semaine, les Philippines ont déclaré l'état d'urgence énergétique national. Comme Manille, les gouvernements du monde entier cherchent la parade pour réduire la pression que fait peser la guerre au Moyen-Orient sur les prix et les stocks d'hydrocarbures. Et c'est dans ce contexte qu'un mot ressort enfin du placard : « sobriété ». Sobriété, un terme qu’on n'avait plus entendu depuis le début de la guerre en Ukraine, quand en France les ministres sortaient en col roulé du palais de l'Élysée parce que le président avait voulu montrer l'exemple en baissant le chauffage. Par sobriété, on comprend les politiques publiques, mais aussi nos comportements individuels au quotidien qui, ensemble, font en sorte qu'on atténue la demande en ressources naturelles. Il s'agit de mesures qui garantissent notre bien-être à tous et qui respectent en même temps les limites de notre planète, selon la définition qu'a trouvée Yamina Saheb, l'une des auteures du dernier rapport du Giec et qui a fondé, il y a deux ans, le Laboratoire mondial de la sobriété. À écouter dans C'est pas du ventLa sobriété? Oui mais pour tout le monde! Du télétravail à la baisse des climatiseurs Après le début de la guerre au Moyen-Orient, les premiers à réagir étaient les pays d'Asie. Particulièrement dépendants du pétrole et du gaz naturel liquéfié en provenance du Golfe, ils ont dû prendre très rapidement des mesures de sobriété concrètes. Le Pakistan a prolongé les vacances scolaires et les fonctionnaires sont passés à la « semaine de quatre jours ». Le Bangladesh a supprimé les illuminations pour la fête nationale. Le Vietnam a généralisé le télétravail et la Birmanie mise sur la circulation alternée. À lire aussiL’effet rebond, ce phénomène insidieux qui complexifie encore la transition écologique Le transport routier représente 45% en moyenne de la demande mondiale de pétrole Le transport routier représente 45% en moyenne de la demande mondiale de pétrole. Pourtant tous les gouvernements ne prônent pas la sobriété dans ce secteur. Pour soulager leurs automobilistes qui souffrent des prix mirobolants à la pompe, l'Italie et l'Espagne, par exemple, ont préféré baisser les taxes sur les carburants au lieu d'inciter à une baisse de la demande. Et l'Autriche leur a emboîté le pas mardi 24 mars. Les ONG environnementales sont vent debout. Selon Viktoria Auer, du WWF Autriche, le gouvernement de Vienne devrait plutôt « baisser les tarifs pour les transports en commun et instaurer des limitations de vitesse. En passant de 130 km/h à 100 km/h, on économise jusqu'à 23% de carburant. Quant aux citoyens, ils devraient envisager de se mettre au vélo pour les trajets courts ». L'Agence internationale de l'énergie a, elle aussi, publié 10 mesures de sobriété, parmi lesquelles le covoiturage, ou encore le retour des réunions par visioconférence plutôt qu'en présentiel. Et comme le rappelle Viktoria Auer du WWF : « Ce sont des habitudes que nous devrons garder à l'avenir. Car au-delà des crises géopolitiques, le réchauffement climatique nous menace. En réduisant notre consommation d'énergie, nous contribuons également à adopter un mode de vie plus respectueux du climat et à baisser les émissions de gaz à effet de serre ». Contrairement à certains discours, la sobriété et la pauvreté sont deux choses différentes : la première est choisie, résultat d'une démarche volontaire, quand la seconde est subie. À écouter dans Le débat du jourLa décroissance : utopie ou solution ?
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