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Questions d'environnement

Questions d'environnement

著者: RFI
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概要

La Terre est en surchauffe, l’ensemble du vivant chaque jour plus menacé et la science très claire : les activités humaines sont responsables de cette situation. Le temps compte pour agir afin de préserver nos conditions de vie sur la planète. Quels sont les bouleversements en cours ? Comment les décrypter ? Et quelles sont les solutions pour enrayer cette dégradation, pour adapter nos modes de vie et nos infrastructures au changement du climat, pour bâtir un avenir plus durable pour tous ? À tour de rôle, les spécialistes environnement de la rédaction de RFI ouvrent la fenêtre sur notre monde en pleine mutation.

France Médias Monde
政治・政府
エピソード
  • La Chine est-elle championne du monde du climat?
    2026/03/05

    C'est le paradoxe chinois : un pays ultra dominant sur les énergies renouvelables, mais qui reste le premier pollueur mondial.

    C’est la Chine de tous les records. Il y a plus de panneaux solaires en Chine que dans tout le reste du monde. 40% de son électricité est désormais issue des énergies renouvelables. Le constructeur de voitures électriques BYD a dépassé Tesla. En 25 ans, la Chine a aussi planté plus d’arbres que partout ailleurs sur la planète. Le pays s’est imposé en quelques années comme un champion du monde du climat et de l’environnement, et l’Assemblée nationale populaire, le rendez-vous politique majeur de la Chine qui s’est ouvert ce jeudi 5 mars, doit notamment dévoiler la nouvelle feuille de route énergétique chinoise. Une énergie de plus en plus verte, comme le soulignait l’an passé le président Xi Jinping, en saluant le dixième anniversaire de l’Accord de Paris sur le climat : « Au cours des dix dernières années, bien que la gouvernance climatique mondiale ait connu des hauts et des bas, le développement vert et à faible émission carbone est devenu la tendance de notre époque. »

    Mais cela n’a pas toujours été le cas, loin de là. L’usine du monde a longtemps tourné uniquement au charbon, aux énergies fossiles. Avec des signaux très alarmants au début du siècle : une pollution de l’air record, 80% des eaux souterraines polluées. Ce qui a déclenché toute une série de mouvements de contestation sociale. Un déclic pour le pouvoir chinois. « Il faut juste se rappeler des Jeux olympiques de Pékin en 2008 et la course que la Chine a menée pour essayer d'effacer le smog persistant dans sa capitale, raconte Virginie Arantes, chargée de recherche FNRS à l’Université libre de Bruxelles. Il y a eu aussi plein de manifestations face à ces problématiques environnementales, donc c'était un point très chaud pour la stabilité sociale de la Chine. »

    « Civilisation écologique »

    C’est ainsi qu’est apparu le concept de « civilisation écologique », formulé dès 2007, quand la Chine devient le plus gros émetteur de CO2, devant les Etats-Unis. Une fois au pouvoir, Xi Jinping en fait un des marqueurs idéologiques centraux du régime, inscrit dans la constitution en 2018. Un marqueur et un nouveau moteur pour l’économie tout entière. « La Chine devient pour ainsi dire championne du climat, non pas par pur altruisme écologique, mais pour une convergence entre stratégie industrielle, sécurité nationale et stabilité politique. La Chine ne se contente pas aujourd'hui d'installer des panneaux solaires, elle les fabrique pour le monde entier. Elle maîtrise plus de 80 % de la production mondiale des composants solaires et des batteries. En mettant son énergie dans l'industrie des nouvelles technologies vertes, elle a réussi à redynamiser son économie », analyse Virginie Arantes. La Chine est ainsi le premier investisseur au monde pour les énergies propres, ce qui se chiffre en centaine et en centaines de milliards d’euros.

    À marche forcée

    Le succès de la Chine repose aussi sur son modèle politique, un régime autoritaire, ultra vertical. Quand en France il faut des années pour construire une centrale solaire, parce qu’il y a des enquêtes publiques, parce que la société civile à son mot à dire, évidemment en Chine cela va beaucoup plus vite ; c’est à marche forcée. « C'est un modèle très technocratique et autoritaire, qui s'appuie sur des objectifs quantifiés et sur une discipline administrative très forte. Si on dit on doit planter x arbres d'ici trois ans, les responsables locaux se doivent d'atteindre ces objectifs », souligne Virginie Arantes.

    Mais il y a un « mais ». La Chine reste le premier consommateur au monde de charbon, la pire des énergies fossiles, et elle construit encore aujourd’hui de nouvelles centrales à charbon. La Chine est peut-être championne du monde du climat, mais elle est encore et toujours championne du monde de la pollution.

    À lire aussiÉnergie: entre charbon et renouvelable, une Chine à deux vitesses

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  • Guerre au Moyen-Orient: le pétrole est-il une arme?
    2026/03/04
    En fermant le détroit d'Ormuz et en attaquant des installations pétrolières et gazières des pays du Golfe, Téhéran provoque une flambée des prix des hydrocarbures. De leur côté, les énergies renouvelables, dominées par la Chine, ne sont pas à l'abri de tensions géopolitiques. Les règles sont presque immuables. Une guerre dans le Golfe persique s’accompagne généralement d’une flambée du prix du pétrole. Depuis les attaques des États-Unis et d'Israël en Iran, et la riposte de Téhéran, le brut a augmenté de 13%. L’Iran a aussi fait du détroit d’Ormuz un pilier de sa contre-attaque, en bloquant le trafic maritime sur cet axe majeur pour l'exportation des hydrocarbures, par où transitent un cinquième du pétrole et du gaz vendu dans le monde. Le pétrole, pour l’Iran, est une arme de guerre. Le phénomène n’est pas nouveau. En 1973, au lendemain de la guerre du Kippour entre Israël et les pays arabes, l’OPEP, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, décidait d'un embargo contre les alliés d'Israël, provoquant une flambée des prix du pétrole, qu’on a appelée le premier choc pétrolier. « Le pétrole semble jouer un rôle important dans l'évolution des relations internationales maintenant, parce qu'il jette un éclairage tout à fait nouveau sur la question du Moyen-Orient », déclarait Abdelaziz Bouteflika, alors ministre des Affaires étrangères de l’Algérie, pays membre de l’OPEP. Pour André Giraud, ministre français de l'Industrie au moment du deuxième choc pétrolier provoqué par la révolution islamique en Iran, en 1979, « le pétrole est une matière première à fort contenu diplomatique et militaire ». L'arme du faible au fort Aujourd'hui, l'Iran bloque le détroit d'Ormuz, comme il l’avait déjà fait pendant la guerre Iran-Irak, dans les années 80, en coulant des dizaines de bateaux dans le détroit d'Ormuz. « Pour l'Iran, le détroit d'Ormuz est un enjeu stratégique, analyse Olivier Appert, conseiller au Centre Energie-Climat de l'IFRI, l'Institut français des relations internationales. C'est peut-être l'arme du faible par rapport au fort. Ce n’est pas une première, mais c'est quand même inquiétant. » En riposte aux bombardements israélo-américains, l’Iran a frappé la plus grande raffinerie d'Arabie saoudite ainsi que des installations gazières du Qatar, ce qui provoque aussi une envolée des prix du GNL, le gaz naturel liquéfié. Il y a quelques années, les Houthis du Yémen, soutenus et armés par l'Iran, avait également bombardé une installation pétrolière saoudienne majeure. C’est donc une constance : l'énergie fossile est une cible. À l'inverse, les énergies renouvelables pourraient sembler à l'abri des tensions géopolitiques. Le solaire et l'éolien, des énergies vertes, ont une image a priori plus pacifique – à part les éoliennes pour les oiseaux. Une fois installés, les panneaux solaires sont à l'abri des aléas géopolitiques et de subites hausses de prix. Dans une tribune au journal Le Monde, publiée après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, Antonio Guterres, le secrétaire général de l'Onu, écrivait que « les énergies renouvelables sont les garantes de la paix au XXIe siècle ». Imposer ses vues Mais les renouvelables n'échappent pas à une forme de guerre, commerciale, de la part de la Chine, qui possèdent les fameuses terres rares indispensables notamment à la fabrication des batteries. « Les acteurs ne sont pas les mêmes, mais dès 2011, la Chine avait décidé un contrôle des exportations de terres rares vers le Japon, rappelle Olivier Appert. La Chine utilise très clairement sa capacité monopolistique pour pouvoir imposer ses vues. Malheureusement, les énergies renouvelables répondent en fait à des enjeux géopolitiques tout à fait déterminants. » Reste cette question, face à la guerre en Iran : cette nouvelle flambée des prix du pétrole peut-elle accélérer la transition énergétique ? « Économisons l'essence, économisons l’électricité, économisons le chauffage, et mon Dieu, nous arriverons bien, je l'espère, à surmonter les difficultés ! », s’exclamait à la télévision le président français Georges Pompidou, en 1973 au moment du premier choc pétrolier. La France n'avait pas de pétrole, mais avait des idées, et lançait alors un vaste programme de centrales nucléaires, pour produire une énergie décarbonée. Cinquante ans plus tard, le contexte n’est pas le même, mais la crise actuelle « justifie la nécessité de réduire la dépendance vis-à-vis des énergies fossiles. Mais attention à ne pas retomber dans une dépendance vis-à-vis de la Chine », prévient Olivier Appert, de l'IFRI. Moins visible, moins spectaculaire, cette guerre-là reste une guerre de l'énergie. À lire aussiÀ la Une : la guerre en Iran, une opportunité pour le pétrole africain
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  • Biopiraterie: pourquoi les plantes médicinales sont-elles menacées par les industries pharmaceutique et cosmétique?
    2026/03/03
    La médecine traditionnelle utilise des dizaines de milliers plantes à travers le monde. Mais les savoirs ancestraux des peuples autochtones sont régulièrement pillés par les industries pharmaceutique, cosmétique et des compléments alimentaires. Une plante, c’est généralement assez léger, mais les plantes médicinales pèsent beaucoup financièrement. C'est un énorme marché, estimé à 400 ou 500 milliards d'euros pour toute la médecine traditionnelle, qui n'utilise d'ailleurs pas que les plantes. À l'occasion de la Journée mondiale de la vie sauvage, ce 3 mars, l'ONU met l'accent sur les plantes médicinales et aromatiques, avec un mot d'ordre : « conserver la santé, l'héritage et les moyens d'existence ». À lire aussiCôte d'Ivoire: les plantes médicinales, un recours quand le porte-monnaie est vide Pour l'immense majorité de la population mondiale, les plantes sont bien souvent le seul moyen de se soigner, dans les pays en développement. « 80% des personnes sur Terre commencent par avoir affaire à la médecine traditionnelle. Dans les pharmacopées traditionnelles, généralement il y a une majorité de plantes. On estime qu'on ramasse environ 30 000 plantes à fleurs dans le monde à visée thérapeutique. Cela représente effectivement quelque chose d'extrêmement important et on est sur un marché qui est en constante expansion, de 8 à 15% par an », précise Aline Mercan, médecin, phytothérapeute (qui soigne avec des plantes) et auteure d’un Manuel de phytothérapie écoresponsable. Médicaments plus chers Ces plantes médicinales représentent une richesse culturelle et un savoir ancestral transmis de génération en génération, généralement beaucoup plus abordables que les médicaments modernes. « C'est vrai qu’il est plus compliqué de faire une posologie, de doser une plante, une infusion, une décoction d'une plante traditionnelle que de le doser dans une pilule. Mais c'est aussi beaucoup moins cher. Il faut donc faire attention de ne pas enlever, de ne pas combattre cet usage pour favoriser uniquement des produits pharmaceutiques qui peuvent être très chers », relève Pierre Johnson, socio-économiste, spécialisé dans les filières végétales, et auteur de Biopiraterie : Quelles alternatives au pillage des ressources naturelles et des savoirs ancestraux ? À lire aussi1. Les médicaments dans le sud La biopiraterie est un terme inventé dans les années 1990 pour décrire une forme de privatisation du vivant, quand des entreprises déposent des brevets sur des molécules que contiennent des plantes par exemple, quand l'industrie pharmaceutique (et pas seulement elle) essaie de récupérer ces connaissances ancestrales. La pervenche de Madagascar en est l'un des exemples célèbres. « On a extrait de la pervenche des substances qui ont des effets anticancéreux. Évidemment, il n’y a pas eu du tout de bénéfices pour la population malgache. Mais c'est un cas assez particulier parce que de manière générale, ce ne sont pas les laboratoires pharmaceutiques qui gagnent le plus d'argent sur les plantes de la médecine traditionnelle, ce sont les laboratoires du complément alimentaire. Ce qui n’est pas du tout le même monde ! », pointe Aline Mercan. Cactus coupe-faim Les compléments alimentaires ont la cote, le marché est exponentiel ces dernières années, alors que les effets sur la santé sont parfois discutables. Et les méthodes aussi, comme en témoigne la biopiraterie d’une plante, le hoodia, consommée par le peuple San en Afrique du Sud. « Le hoodia est un cactus d'Afrique du Sud utilisé par les San qui ont des techniques de chasse où ils épuisent le gibier, raconte Aline Mercan. Pour ça, il faut soi-même être très endurant, ne pas manger et ne pas dormir. Et donc ce hoodia a été utilisé par l'industrie du complément alimentaire pour fabriquer des coupe-faim pour le marché du surpoids dans les pays du Nord. Les San n'ont pas touché grand-chose, quelque chose de tout à fait négligeable par rapport au marché que ça a généré. » Précisément 0,003 % du chiffre d’affaires... La convention de Nagoya, signée au Japon en 2010, et entrée en vigueur 4 ans plus tard, tente de réguler la biopiraterie, pour protéger notamment la médecine traditionnelle et les savoirs ancestraux. Deux chiffres résument le problème : 90% des ressources naturelles se trouvent dans les pays du Sud, alors que la quasi-totalité des brevets, 97%, appartiennent à des entreprises des pays riches. C'est là une autre « tradition » : la ressource est au sud, et les profits au nord.
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