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Questions d'environnement

Questions d'environnement

著者: RFI
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La Terre est en surchauffe, l’ensemble du vivant chaque jour plus menacé et la science très claire : les activités humaines sont responsables de cette situation. Le temps compte pour agir afin de préserver nos conditions de vie sur la planète. Quels sont les bouleversements en cours ? Comment les décrypter ? Et quelles sont les solutions pour enrayer cette dégradation, pour adapter nos modes de vie et nos infrastructures au changement du climat, pour bâtir un avenir plus durable pour tous ? À tour de rôle, les spécialistes environnement de la rédaction de RFI ouvrent la fenêtre sur notre monde en pleine mutation.

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エピソード
  • L'aquaculture est-elle une solution durable?
    2026/07/08

    En France, l’arrivée potentielle de la plus grande ferme de saumons au monde fait polémique et relance le débat sur l’intérêt de l’aquaculture. Pour les partisans de ces élevages de poissons, l’objectif est d’assurer l’approvisionnement en protéines d’une population mondiale en constante augmentation, alors que la surpêche épuise la ressource à une vitesse vertigineuse. Mais pour ses détracteurs, l’aquaculture est une activité polluante qui ne permet pas de lutter contre la surpêche.

    Parler d'aquaculture aujourd'hui, c’est se poser une question simple : comment sont nourris les poissons d’élevage ? Une question qui fâche car leur nutrition est le talon d’Achille de cette filière aquacole. Aujourd’hui encore, la plupart d'entre eux sont nourris avec des poissons sauvages qui finissent broyés pour faire de la farine ou de l’huile. Les grandes fermes d’Europe et d’Asie nourrissent donc leur production avec du poisson pêché bien souvent au large des côtes ouest africaines. Mansour Boidaha est le président de Zakaria, une ONG mauritanienne qui se bat pour la défense de l’environnement et le développement durable.

    « Quand ils viennent pêcher en Mauritanie, ils pêchent du poisson pélagique alors que ce n’est pas autorisé, et du poisson frais. On parle de quantités énormes. Un bateau peut en pêcher jusqu’à 900 tonnes par jour. Or, il faut 5 tonnes de poissons frais pour faire une tonne de farine de poisson. Cela signifie que l’on perd 5 tonnes de poissons frais à la consommation. Et, pendant ce temps, les Mauritaniens crèvent de faim et de soif. C’est inacceptable », explique-t-il.

    Greenpeace a calculé que, chaque année, un demi-million de tonnes de poissons frais est pêché au large des côtes africaines. Mais ce qui aurait dû permettre de nourrir 33 millions de personnes sur le continent se retrouve dans des fermes d’élevages.

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    L'aquaculture, une pratique polluante

    Les fermes d’élevages intensifs sont très polluantes. Une forte densité de poissons signifie une grande quantité de déjections, ce qui provoque des destructions et des perturbations des écosystèmes marins. Mais les usines de transformations de poissons en farine sont également problématiques. Dans le viseur de Mansour Boidaha, celle implantée près de la réserve naturelle de la Baie de l’étoile à Nouadhibou, en Mauritanie.

    « Ces usines suscitent de vives préoccupations pour l’environnement. Elles versent tous les déchets qui sortent de l’usine directement dans la baie. C’est très grave. Parfois la couleur de l’eau devient rouge. Et ces déchets ont provoqué l’arrivée d’une bactérie toxique qui tue le poisson. C’est dangereux ! », reprend celui-ci.

    Malgré ce constat cependant, de nombreuses institutions préconisent de développer massivement l’aquaculture. C’est le cas de l’Ifremer par exemple, pour qui la production annuelle de poissons d’élevage doit passer de plus de 30 millions de tonnes aujourd’hui à plus de 70 millions de tonnes en 2050 pour assurer la sécurité alimentaire mondiale. Mais, précise l’Ifremer, cela doit être fait de façon durable et sans affecter les stocks de poissons sauvages. Un défi majeur qui permettrait de lever les doutes entourant cette activité controversée.

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  • Projet de gazoduc Nigeria-Maroc: l'Afrique a-t-elle vraiment besoin de gaz?
    2026/08/03
    L'Afrique de l'Ouest doit-elle dépenser 23 milliards d'euros pour construire un nouveau gazoduc et prolonger sa dépendance aux énergies fossiles ? À l'inverse, peut-on empêcher le continent de se développer alors qu'il n'est pas responsable de la crise climatique ? Voici les éléments du débat. Le projet est gigantesque. Un gazoduc long de 7 000 kilomètres, le long des côtes de 13 pays d'Afrique de l'Ouest, entre le Nigéria et le Maroc, pour un budget prévisionnel de 23 milliards de dollars. Il y a huit jours, les pays de la Cédéao, la Communauté économique d'Afrique de l'Ouest, ont finalement donné leur feu vert à ce projet énergétique ancien, au nom du développement économique de l'Afrique. Un moteur de croissance Pour ses promoteurs, malgré son coût faramineux, le gazoduc sera un moteur de croissance et d'emplois. « Beaucoup de pays sur le tracé ont besoin d'une énergie durable pour pouvoir assurer leur développement économique et social. Il y a plusieurs industries énergivores, comme les industries minières, qui ont besoin d'une énergie stable et durable comme le gaz », a ainsi expliqué à Alexis Bédu du service Économie de RFI la directrice générale de l'Office national des hydrocarbures et des mines du Maroc, Amina Benkhadra. Mais dans un XXIe siècle traversé par des crises climatiques de plus en plus violentes, faut-il encore investir en faveur d'une énergie fossile ? Certes, le gaz est un peu plus « propre » que le charbon et le pétrole, deux fois moins émetteur de CO2 que le charbon pour la production d'électricité par exemple. 600 millions d'Africains sans lumière Le problème de l'Afrique est-il aujourd'hui la production d'énergie renouvelable ou tout simplement l'accès à l'énergie, quelle qu'elle soit ? Et à condition encore que le gazoduc ne serve pas d'abord à l'exportation du gaz vers l'Europe... 600 millions d'Africains n'ont toujours pas d'électricité, la base pour avoir de la lumière, cuisiner sans charbon ou pouvoir utiliser un frigo... L'Afrique n'est aussi responsable que de 4% des émissions de CO2, loin, si loin derrière les pollueurs historiques. L'Afrique a droit à l'énergie pour se développer, comme le stipule l'ONU. Mais ce gazoduc, s'il voit un jour le jour, ne risque-t-il pas d'enfermer les pays dans une dépendance au gaz, avec une conséquence, retarder le déploiement des énergies renouvelables ? C'est l'argument développé par certains experts et ONG, parce qu'un gazoduc à 23 milliards d'euros, il faut l'amortir. Transition énergétique retardée « Ces infrastructures gazières, vu les montants d'investissements nécessaires, ont besoin de fonctionner sur plusieurs décennies pour être rentabilisées, au moins 20, 30, 40 ans ou plus. Et dans ce cas, le pays est bloqué dans sa transition puisqu'il doit continuer d'utiliser cette infrastructure gazière, estime Justine Duclos-Gonda, chargée de campagne pour Reclaim Finance, une ONG qui travaille sur le financement de la transition énergétique. C'est quand même préoccupant, voire alarmant, de voir qu'on dédie de telles sommes d'argent à ce type d'infrastructures. Ce sont des montants qui ne sont pas utilisés pour le développement des infrastructures renouvelables. » Outre qu'elles permettent de lutter contre la crise climatique, les énergies renouvelables présentent plusieurs avantages pour l'Afrique. Prenons le cas du solaire : 7 des 10 pays dans le monde les plus ensoleillés sont en Afrique. Le soleil, c'est gratuit, alors que le prix du gaz est très volatil sur le marché des matières premières. Le soleil, c'est gratuit L'un des freins à l'électrification de l'Afrique se trouve aussi au niveau des infrastructures. Mais avec le solaire, nul besoin de construire de lignes électriques. Le prix des batteries pour stocker l'énergie solaire s'est effondré et on peut construire n'importe où des mini-centrales solaires. « L'intérêt aussi des énergies renouvelables, c'est qu'en parallèle de grosses infrastructures qui vont produire des grosses quantités d'énergie, on peut vraiment développer des petites infrastructures décentralisées au niveau des foyers, des villages ou des industries pour accélérer et massifier le déploiement des énergies renouvelables. Et c'est notamment le cas du solaire », poursuit Justine Duclos-Gonda. Gaz ou pas gaz, l'enjeu reste le même : que l'Afrique ne soit plus « le continent noir » comme on le voit de l'espace, la nuit, sans lumière.
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  • En France, le méga-chantier du canal Seine-Nord-Europe est-il vraiment indispensable?
    2026/07/09

    Les travaux ont commencé pour construire le canal d'une centaine de kilomètres et relier la région parisienne à la Belgique et aux Pays-Bas. Du transport fluvial décarboné, assurent ses promoteurs, pour répondre à la crise climatique. De la destruction de biodiversité, répondent les opposants qui manifestent ce week-end.

    Un canal ? Non, un méga-canal, répondent les opposants au canal Seine-Nord-Europe, un vaste projet fluvial pour relier la région parisienne à la Belgique et aux Pays-Bas. Le collectif Méga-Canal Non Merci organise de jeudi à dimanche des journées de mobilisation et de manifestation dans le département du Pas-de-Calais (dans le nord de la France), là où ont commencé les travaux d'une des nombreuses écluses prévues sur le futur canal long de 107 kilomètres et large d'une cinquantaine de mètres.

    C'est le genre de projets pharaoniques par lesquels l'homme entend marquer sa trace, modifier la nature et les paysages au nom du développement économique. Un projet controversé, critiqué, et pas seulement par les mouvements écologistes. La Cour des comptes, par exemple, toujours très vigilante sur la dépense publique, s'inquiète d'une facture qui pourrait atteindre les 10 milliards d'euros. De fait, le projet est essentiellement soutenu par les élus locaux, et en premier lieu le président de la région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, qui assure engager « la transformation de la région (...) en tenant compte de ce qu'est ce nouveau défi climatique. C'est donc la décarbonation. Décarbonation et logistique, c'est le canal Seine-Nord Europe ! »

    Du fuel pour remplacer du fuel

    S'agit-il vraiment d'un projet écologique qui permettrait de décarboner le transport ? C'est en tout cas l'argument principal de ses partisans : utiliser les voies fluviales plutôt que la route et les camions pour transporter les marchandises entre la région parisienne et les ports d'Anvers en Belgique et de Rotterdam aux Pays-Bas. Il existe pourtant déjà un moyen de relier par voie fluviale la région parisienne à un grand port : la Seine, tout simplement, entre Paris et le Havre, et elle a le mérite d'exister...

    Les adversaires du canal dénoncent un projet d'un autre siècle, « dans une logique d'exportation et de mondialisation qui n'est plus pertinente au moment du dérèglement climatique, puisqu'on est quand même dans l'idée de relocaliser, d'éviter qu'il y ait plus de CO2, etc. Le transport maritime n'est pas propre, il se base sur du fuel, des choses qui sont problématiques écologiquement parlant », souligne Valentin (qui ne souhaite donner que son prénom), porte-parole des Soulèvements de la Terre et du collectif qui organise la mobilisation de ce week-end contre le canal Seine-Nord-Europe.

    Méga-canal et méga-bassine

    Au-delà du transport maritime, la seule construction du canal pose des questions environnementales. Quand on touche à la nature, il y a forcément des dégâts. « Cela va être dix fois le Tunnel sous la Manche en termes de déblais, poursuit Valentin. Le canal va prendre plus de 3 300 hectares de terres agricoles et de terres humides, menacer 300 espèces protégées. Il va aussi y avoir la création d'une méga-bassine parce que les promoteurs pensent que le canal ne va pas rester en eau au vu de la sécheresse. Il y aura donc une méga bassine qui va faire plus de 22 fois celle de Sainte-Soline. » Sainte-Soline, une méga-bassine controversée, dans l'ouest de la France, mais au moins destinée à l'irrigation de l'agriculture. Ici, ce serait juste pour faire circuler d'énormes porte-conteneurs.

    Ce n'est pas la première fois qu'un projet de canal suscite la controverse en France. Le canal Rhin-Rhône fut un long serpent de mer avant d'être finalement enterré en 1997, au nom de la gauche plurielle (c'était une des conditions des écologistes pour participer au gouvernement Jospin), abandonné faute de financement et pour sauver la biodiversité. Mais aujourd'hui ce serait pour sauver le climat qu'on construirait le canal Seine-Nord-Europe. Une argumentation qui ressemble beaucoup à du greenwashing.

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