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Questions d'environnement

Questions d'environnement

著者: RFI
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La Terre est en surchauffe, l’ensemble du vivant chaque jour plus menacé et la science très claire : les activités humaines sont responsables de cette situation. Le temps compte pour agir afin de préserver nos conditions de vie sur la planète. Quels sont les bouleversements en cours ? Comment les décrypter ? Et quelles sont les solutions pour enrayer cette dégradation, pour adapter nos modes de vie et nos infrastructures au changement du climat, pour bâtir un avenir plus durable pour tous ? À tour de rôle, les spécialistes environnement de la rédaction de RFI ouvrent la fenêtre sur notre monde en pleine mutation.

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エピソード
  • Et si nous mangions (davantage) d'algues?
    2026/06/24

    Alors que plus de 700 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde, la solution pourrait venir d'une ressource largement ignorée bien qu'elle soit abondante et écologique : les algues. Et si pour sauver la planète et favoriser le développement économique des zones côtières nous mangions des algues ?

    Manger des algues n'a rien d'une révolution. D'après le musée d'histoire naturelle de Londres, on trouve des traces de consommation d'algues chez les humains il y a 8 000 ans. « En Asie, là où la production d'algues se concentre, là 90 % des algues sont produites, elles font même partie de l'alimentation de tous les jours, abonde Pierre Gilles, chargé de projet politique de l'océan à l'Institut océanographique de Monaco, rencontré à l'occasion du Blue Economy & Finance Forum. Alors qu'en Europe, elles pâtissent plutôt d'un a priori négatif », regrette-t-il.

    Une image négative qui s'explique par les épisodes de pollution aux algues vertes provoqués par le déversement dans l'océan des résidus d'azote de l'agro-industrie, ou encore par la ceinture d'algues sargasses qui, en raison du réchauffement climatique, s'étend désormais du continent africain aux Caraïbes et qui étouffe les côtes. Mais on parle là de deux espèces sur les plus de 70 000 recensées à ce jour. Il ne faut donc pas mettre toutes les algues dans le même panier (de crabes).

    « Elles n'ont pas besoin d'eau, de lumière ou d'engrais »

    Les algues ne manquent pas d'avantages. Sur le plan nutritionnel, elles sont riches en protéines et en oligoéléments. Elles sont aussi faciles à cultiver. « Elles ont pas besoin d'eau, de lumière, d'énergie fossile, elles bénéficient du soleil, elles profitent des nutriments de l'eau, elles poussent toutes seules sans engrais et elles n'émettent pas de gaz à effet de serre, s'enthousiasme Pierre Gilles. C'est tout bénéfice. »

    Et les algues peuvent servir à bien d'autres choses. « On peut en mettre dans l'alimentation des bovins pour limiter leurs émissions de méthane qui contribue au réchauffement climatique, on peut les utiliser pour filtrer l'eau, poursuit ce spécialiste de l'aquaculture. On peut même faire des récipients pour remplacer le plastique ». Quand on sait que, selon les estimations de la fondation Ellen MacArthur, les océans pourraient contenir plus de plastique que de poissons d'ici à 2050, la piste mérite au moins d'être étudiée.

    Les algues génératrices de crédit carbone ?

    Les algues pourraient même générer passivement des revenus pour les communautés locales. « Par exemple les Bahamas sont entourés de prairies d'algues qui sont d'extraordinaires puits de carbone, explique l'ancienne ministre française Sylvie Goulard qui co-préside désormais une initiative franco-britannique pour la restauration de la nature. Ce capital naturel a une valeur : il peut générer des crédits carbone puisqu'il absorbe le CO2 qui pourrait être émis par une compagnie aérienne, pour prendre un exemple simple ». Cette compagnie pourrait alors payer le gouvernement des Bahamas pour prendre soin de ces algues qui deviendraient alors une source de revenus stable pour les populations locales. Le potentiel est là, d'après l'ONU le marché mondial des algues a plus que triplé en 20 ans.

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  • Comment, en 80 ans, EDF a changé la vie des Français et veut changer la trajectoire du climat
    2026/06/23
    Électricité de France, l'entreprise publique créée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, fut au service de la reconstruction du pays, avant d'apporter confort et progrès aux Français. Aujourd'hui, face à la crise climatique, elle accompagne la nouvelle politique énergétique de l'État. C'est une vieille entreprise présente jusque dans l'intimité des Français depuis près d'un siècle, le bras armé de la politique énergétique de l'État français, qui fête cette année ses 80 ans. Tout commence le 8 avril 1946, sous l'impulsion des communistes, avec la loi qui crée Électricité de France, une entreprise nationale, nationalisée, qui remplace les centaines de petites sociétés privées locales qui assuraient jusqu'ici la production et la distribution d'électricité. EDF est au service de la reconstruction d'un pays dévasté par la guerre et l'occupation nazie. « L'essentiel, c'est vraiment de produire, souligne Alain Beltran, directeur de recherche émérite au CNRS, historien de l'électricité. Pour cela, il faut construire de grands barrages et des centrales thermiques, et ce sera possible grâce à l'argent du plan Marshall, des États-Unis. Ce n'est pas le consommateur de base qui est visé, c'est vraiment pour que le pays puisse se reconstruire. Et pour reconstruire, il a besoin de lignes de chemin de fer, il a besoin de ciment et il a besoin d'électricité. » Au service du confort Viennent ensuite « les Trente Glorieuses », cet âge d'or où la France se modernise et entre dans l'ère de la consommation. L'électricité est au service du progrès, comme en faisait la publicité une « réclame » en chanson pour le chauffe-eau électrique en 1953. « Sur l'évier et dans la baignoire, pour la douche et dans le lavabo, c'est une merveille d'avoir toujours de l'eau chaude à gogo ! Et si l'on est ainsi gâté, c'est grâce à l'électricité ! Papa, maman, la bonne et moi, on sait que ça coûte pas cher, ma foi. Parce que le chauffe-eau est économe ...» Les Français s'équipent de frigos, de machines à laver, bientôt de télés, et EDF est là pour les faire fonctionner. « L'électricité, au début, c'était plutôt pour l'industrie. Après, on a essayé d'aider les Français à consommer davantage d'électricité pour leur confort, explique l'auteur de très nombreux livres dont La Vie électrique. On a lancé un compteur qui était d'une couleur bleue, avec une augmentation de puissance, pour dire aux Français : "Maintenant, vous pouvez consommer davantage d'électricité sans faire sauter les plombs !" » Électricité nucléaire Troisième moment important dans l'histoire d'EDF : le nucléaire. EDF se met alors au service de l'indépendance énergétique de la France, avec la première centrale nucléaire en 1963. « L'idée pour EDF, c'est qu'on passera au tout-nucléaire dans les années 80 ou 90, rappelle Alain Beltran. Mais c'était sans prévoir les conséquences du premier choc pétrolier. L'indépendance énergétique était tombée à 25%. À partir de là, l'entreprise se mobilise un peu comme elle s'était mobilisée après-guerre, mais sur la fabrication de centrales nucléaires. » L'électricité d'origine nucléaire, malgré des oppositions marquées dans les années 70, devient même un argument, mieux : un slogan. « Alors, il a fini l'autre crétin avec sa perceuse électrique ? », demande, dans un spot publicitaire, une femme à son mari. « Nucléaire, pas électrique », lui répond-il, avant qu'EDF revendique son tournant atomique : « Aujourd'hui, 75% de l'électricité est nucléaire. » Et à cette période, dans les années 70, on incitera les Français à se chauffer à l'électricité, avec des radiateurs à l'efficacité discutable, surnommés péjorativement « grille-pains ». Au service du climat Les décennies s'écoulent, le monde a terriblement changé, et EDF, qui fut au service de la reconstruction, ensuite de la consommation, puis de la souveraineté énergétique, est désormais au service de la transition énergétique, indispensable face à la crise climatique. C'est le grand retour de la fée électrique et EDF accompagne une nouvelle fois la politique énergétique de l'État français en faveur de « la mobilité, l'automobile, les mobilités douces. Ce sera aussi la climatisation, la domotique, toute une série de nouveaux produits. Il s'opère une espèce de redécouverte, de façon à chasser de plus en plus le pétrole et le gaz. Mais cela ne va pas se faire du jour au lendemain », estime Alain Beltran. EDF a 80 ans ; ce n'est sûrement pas l'âge de la retraite.
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  • Comment le changement climatique fragilise le solstice d’été, véritable «repère» pour certains végétaux?
    2026/06/22

    Le solstice d’été dans l’hémisphère Nord a eu lieu ce dimanche 21 Juin. Ce jour correspond au moment où la durée du jour, et donc de la lumière, est la plus longue de l’année. Sur le plan environnemental, le solstice d’été pourrait constituer un signal fort pour l'évolution de certaines plantes et certains arbres, mais ce signal est lui aussi fragilisé par le dérèglement climatique. Explications.

    Est-ce que le solstice d’été peut influencer la végétation ? Des chercheurs se sont penchés sur la question et une étude en particulier s'est intéressée à un arbre et ses populations sur le continent européen : le hêtre commun. Les recherches ont démontré que ces arbres devenaient très sensibles à la température au lendemain du jour « le plus long de l’année ».

    Dès que les jours commencent à raccourcir, le hêtre européen ouvre brusquement son « radar, ou plus précisément sa capacité de détection de la température » expliquent les scientifiques. Le solstice semble donc avoir de l’influence sur cette végétation.

    Un « repère » pour la végétation ?

    Les scientifiques qui ont étudié le phénomène estiment que l'arbre devient plus sensible, déclenchant par la suite sa production de graine. Des populations de hêtres européens, pourtant très éloignées géographiquement, réagissent toutes de la même façon au cours de la même semaine. Les chercheurs polonais, hollandais et britanniques qui ont travaillé sur cette étude, publiée en 2024, parlent ainsi d’« une synchronisation stupéfiante » à l’échelle du continent européen.

    Une autre étude canadienne publiée l’an dernier souligne de son côté que le solstice est un « repère » pour la végétation. Selon les scientifiques, cet événement correspond tout simplement à une « période de croissance optimale » qui pourrait constituer un « déclencheur important pour la reproduction » des végétaux.

    Comment le changement climatique peut impacter ce repère ?

    Mais avec le dérèglement climatique, il semblerait que ce « repère » soit de plus en plus complexe à comprendre pour certains végétaux, car ces derniers utilisent à la fois la durée du jour et la température comme des « indices » pour leur évolution, et notamment leur reproduction.

    Avec le réchauffement climatique, le solstice - et la durée des jours – pourrait devenir un « signal brouillé » par des températures de plus en plus chaudes. Contacté par RFI, Michał Bogdziewicz, responsable du Centre de biologie forestière, de la Faculté de biologie d'Adam Mickiewicz University, explique : « Les plantes commencent à produire des feuilles ou des fleurs de plus en plus tôt chaque année. Vous avez sans doute déjà entendu parler de ce jour au Japon, où les fleurs de Cerisiers apparaissent à la même période depuis des centaines d'années... Mais elles apparaissent de plus en plus rapidement. Avec le temps, beaucoup de chercheurs prédisent que ce phénomène se déclenchera de plus en plus tôt dans l'année ».

    Derrière ce constat, les végétaux pourraient malgré tout compter sur la durée des jours pour diminuer l'impact des températures imprévisibles sur leur floraison par exemple : « L'un des freins, c'est le photopériodisme - c'est-à-dire la réaction des êtres vivants à la variation de la durée du jour et de la nuit », explique Michał Bogdziewicz, « Les plantes utilisent deux indices dans leur évolution : les températures, mais aussi la durée du jour. Et cette dernière ne changera pas. Donc l'avancée d’un phénomène comme la floraison sera un peu ralenti, parce que la photopériode le bloque un peu. C'est plutôt positif, sinon les plantes souffriraient encore plus. L'évolution est intelligente ». Le solstice reste donc un « signal clé » pour la croissance et la reproduction des plantes, mais un signal fragilisé par le dérèglement climatique.

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