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Questions d'environnement

Questions d'environnement

著者: RFI
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La Terre est en surchauffe, l’ensemble du vivant chaque jour plus menacé et la science très claire : les activités humaines sont responsables de cette situation. Le temps compte pour agir afin de préserver nos conditions de vie sur la planète. Quels sont les bouleversements en cours ? Comment les décrypter ? Et quelles sont les solutions pour enrayer cette dégradation, pour adapter nos modes de vie et nos infrastructures au changement du climat, pour bâtir un avenir plus durable pour tous ? À tour de rôle, les spécialistes environnement de la rédaction de RFI ouvrent la fenêtre sur notre monde en pleine mutation.

France Médias Monde
政治・政府
エピソード
  • Comment, en 80 ans, EDF a changé la vie des Français et veut changer la trajectoire du climat
    2026/06/23
    Électricité de France, l'entreprise publique créée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, fut au service de la reconstruction du pays, avant d'apporter confort et progrès aux Français. Aujourd'hui, face à la crise climatique, elle accompagne la nouvelle politique énergétique de l'État. C'est une vieille entreprise présente jusque dans l'intimité des Français depuis près d'un siècle, le bras armé de la politique énergétique de l'État français, qui fête cette année ses 80 ans. Tout commence le 8 avril 1946, sous l'impulsion des communistes, avec la loi qui crée Électricité de France, une entreprise nationale, nationalisée, qui remplace les centaines de petites sociétés privées locales qui assuraient jusqu'ici la production et la distribution d'électricité. EDF est au service de la reconstruction d'un pays dévasté par la guerre et l'occupation nazie. « L'essentiel, c'est vraiment de produire, souligne Alain Beltran, directeur de recherche émérite au CNRS, historien de l'électricité. Pour cela, il faut construire de grands barrages et des centrales thermiques, et ce sera possible grâce à l'argent du plan Marshall, des États-Unis. Ce n'est pas le consommateur de base qui est visé, c'est vraiment pour que le pays puisse se reconstruire. Et pour reconstruire, il a besoin de lignes de chemin de fer, il a besoin de ciment et il a besoin d'électricité. » Au service du confort Viennent ensuite « les Trente Glorieuses », cet âge d'or où la France se modernise et entre dans l'ère de la consommation. L'électricité est au service du progrès, comme en faisait la publicité une « réclame » en chanson pour le chauffe-eau électrique en 1953. « Sur l'évier et dans la baignoire, pour la douche et dans le lavabo, c'est une merveille d'avoir toujours de l'eau chaude à gogo ! Et si l'on est ainsi gâté, c'est grâce à l'électricité ! Papa, maman, la bonne et moi, on sait que ça coûte pas cher, ma foi. Parce que le chauffe-eau est économe ...» Les Français s'équipent de frigos, de machines à laver, bientôt de télés, et EDF est là pour les faire fonctionner. « L'électricité, au début, c'était plutôt pour l'industrie. Après, on a essayé d'aider les Français à consommer davantage d'électricité pour leur confort, explique l'auteur de très nombreux livres dont La Vie électrique. On a lancé un compteur qui était d'une couleur bleue, avec une augmentation de puissance, pour dire aux Français : "Maintenant, vous pouvez consommer davantage d'électricité sans faire sauter les plombs !" » Électricité nucléaire Troisième moment important dans l'histoire d'EDF : le nucléaire. EDF se met alors au service de l'indépendance énergétique de la France, avec la première centrale nucléaire en 1963. « L'idée pour EDF, c'est qu'on passera au tout-nucléaire dans les années 80 ou 90, rappelle Alain Beltran. Mais c'était sans prévoir les conséquences du premier choc pétrolier. L'indépendance énergétique était tombée à 25%. À partir de là, l'entreprise se mobilise un peu comme elle s'était mobilisée après-guerre, mais sur la fabrication de centrales nucléaires. » L'électricité d'origine nucléaire, malgré des oppositions marquées dans les années 70, devient même un argument, mieux : un slogan. « Alors, il a fini l'autre crétin avec sa perceuse électrique ? », demande, dans un spot publicitaire, une femme à son mari. « Nucléaire, pas électrique », lui répond-il, avant qu'EDF revendique son tournant atomique : « Aujourd'hui, 75% de l'électricité est nucléaire. » Et à cette période, dans les années 70, on incitera les Français à se chauffer à l'électricité, avec des radiateurs à l'efficacité discutable, surnommés péjorativement « grille-pains ». Au service du climat Les décennies s'écoulent, le monde a terriblement changé, et EDF, qui fut au service de la reconstruction, ensuite de la consommation, puis de la souveraineté énergétique, est désormais au service de la transition énergétique, indispensable face à la crise climatique. C'est le grand retour de la fée électrique et EDF accompagne une nouvelle fois la politique énergétique de l'État français en faveur de « la mobilité, l'automobile, les mobilités douces. Ce sera aussi la climatisation, la domotique, toute une série de nouveaux produits. Il s'opère une espèce de redécouverte, de façon à chasser de plus en plus le pétrole et le gaz. Mais cela ne va pas se faire du jour au lendemain », estime Alain Beltran. EDF a 80 ans ; ce n'est sûrement pas l'âge de la retraite.
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  • Comment le changement climatique fragilise le solstice d’été, véritable «repère» pour certains végétaux?
    2026/06/22

    Le solstice d’été dans l’hémisphère Nord a eu lieu ce dimanche 21 Juin. Ce jour correspond au moment où la durée du jour, et donc de la lumière, est la plus longue de l’année. Sur le plan environnemental, le solstice d’été pourrait constituer un signal fort pour l'évolution de certaines plantes et certains arbres, mais ce signal est lui aussi fragilisé par le dérèglement climatique. Explications.

    Est-ce que le solstice d’été peut influencer la végétation ? Des chercheurs se sont penchés sur la question et une étude en particulier s'est intéressée à un arbre et ses populations sur le continent européen : le hêtre commun. Les recherches ont démontré que ces arbres devenaient très sensibles à la température au lendemain du jour « le plus long de l’année ».

    Dès que les jours commencent à raccourcir, le hêtre européen ouvre brusquement son « radar, ou plus précisément sa capacité de détection de la température » expliquent les scientifiques. Le solstice semble donc avoir de l’influence sur cette végétation.

    Un « repère » pour la végétation ?

    Les scientifiques qui ont étudié le phénomène estiment que l'arbre devient plus sensible, déclenchant par la suite sa production de graine. Des populations de hêtres européens, pourtant très éloignées géographiquement, réagissent toutes de la même façon au cours de la même semaine. Les chercheurs polonais, hollandais et britanniques qui ont travaillé sur cette étude, publiée en 2024, parlent ainsi d’« une synchronisation stupéfiante » à l’échelle du continent européen.

    Une autre étude canadienne publiée l’an dernier souligne de son côté que le solstice est un « repère » pour la végétation. Selon les scientifiques, cet événement correspond tout simplement à une « période de croissance optimale » qui pourrait constituer un « déclencheur important pour la reproduction » des végétaux.

    Comment le changement climatique peut impacter ce repère ?

    Mais avec le dérèglement climatique, il semblerait que ce « repère » soit de plus en plus complexe à comprendre pour certains végétaux, car ces derniers utilisent à la fois la durée du jour et la température comme des « indices » pour leur évolution, et notamment leur reproduction.

    Avec le réchauffement climatique, le solstice - et la durée des jours – pourrait devenir un « signal brouillé » par des températures de plus en plus chaudes. Contacté par RFI, Michał Bogdziewicz, responsable du Centre de biologie forestière, de la Faculté de biologie d'Adam Mickiewicz University, explique : « Les plantes commencent à produire des feuilles ou des fleurs de plus en plus tôt chaque année. Vous avez sans doute déjà entendu parler de ce jour au Japon, où les fleurs de Cerisiers apparaissent à la même période depuis des centaines d'années... Mais elles apparaissent de plus en plus rapidement. Avec le temps, beaucoup de chercheurs prédisent que ce phénomène se déclenchera de plus en plus tôt dans l'année ».

    Derrière ce constat, les végétaux pourraient malgré tout compter sur la durée des jours pour diminuer l'impact des températures imprévisibles sur leur floraison par exemple : « L'un des freins, c'est le photopériodisme - c'est-à-dire la réaction des êtres vivants à la variation de la durée du jour et de la nuit », explique Michał Bogdziewicz, « Les plantes utilisent deux indices dans leur évolution : les températures, mais aussi la durée du jour. Et cette dernière ne changera pas. Donc l'avancée d’un phénomène comme la floraison sera un peu ralenti, parce que la photopériode le bloque un peu. C'est plutôt positif, sinon les plantes souffriraient encore plus. L'évolution est intelligente ». Le solstice reste donc un « signal clé » pour la croissance et la reproduction des plantes, mais un signal fragilisé par le dérèglement climatique.

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  • Comment se protéger de la chaleur en ville?
    2026/06/17
    Deux semaines après une canicule d'une ampleur inédite pour un mois de mai, l'Europe est frappée par une nouvelle vague de chaleur précoce, avec des pointes à 40 degrés possibles. L'air chaud qui remonte par l'Espagne devrait atteindre les pays scandinaves et les Balkans d'ici quelques jours. De quoi alimenter le phénomène « d'îlot de chaleur urbain » qui peut être dangereux pour la santé. Heureusement des solutions existent. Vous l'avez sans doute déjà ressenti si vous habitez en ville : la chaleur semble parfois irradier du sol et des bâtiments qui nous entourent. C’est un îlot de chaleur urbain, une sorte de dôme d’air chaud en ville, qui se fait ressentir essentiellement pendant la nuit, surtout entre quatre et six heures du matin. Météo France a étudié le phénomène dans 42 villes françaises, toutes sont touchées, Paris en premier. Il fait en moyenne 4 à 5 degrés de plus en ville par rapport à la campagne environnante et dans certains quartiers cela peut aller jusqu'à 10 degrés de plus selon cette étude. La ville absorbe la chaleur des rayons du soleil pendant la journée ainsi que la chaleur des moteurs de voitures ou des industries, etc., et une fois la nuit venue, elle ne se refroidit pas. « C’est vraiment une question de matériaux, explique Sylvain Mondon, directeur de Météo France pour l’Île-de-France. Ce sont les matériaux minéraux : les pierres, le béton, le bitume, … qui montent en température et qui restent chauds longtemps, contrairement à des arbres, qui eux sont chauds au moment où ils sont éclairés par le soleil, mais dès que le soleil s’arrête, la température du bois ou des végétaux baisse rapidement. » À lire aussiFace au réchauffement climatique, Paris se végétalise Alors que l’Inde subit également des températures records depuis plusieurs semaines, mardi dernier, le Service météorologique indien (IMD) a enregistré une température maximale de 43,5 °C dans la capitale. Pourtant, lorsque Greenpeace Inde a déployé une caméra thermique pour mesurer la température à la surface des rues de New Delhi, le thermomètre a ainsi grimpé jusqu’à 64 °C à certains endroits, relève la BBC. À lire aussiInde: face aux vagues de chaleur fréquentes, les habitants des bidonvilles luttent pour leur survie « L’organisme ne récupère plus » Au-delà d'une certaine température, environ 20 °C la nuit, on parle de nuit tropicale. Si on peut être plus ou moins sensible, acclimaté, à ces nuits tropicales, elles n’en demeurent pas moins dangereuses pour la santé. « L’organisme ne récupère plus et avec l’accumulation de nuits chaudes, favorisées par ces îlots de chaleur urbain, les organismes se fatiguent, voire s’épuisent, voire conduisent à des passages aux urgences », alerte Sylvain Mondon. La chaleur peut directement causer des malaises ou favoriser des pathologies. En Europe, plus de 200 000 personnes sont ainsi décédées des suites de la chaleur au cours de ces quatre dernières années seulement, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). À lire aussiLes arbres: une solution pour refroidir les villes? Il est nécessaire de s'adapter car les vagues de chaleur vont devenir plus nombreuses et plus intenses avec le réchauffement climatique. La climatisation n’est pas une solution, en tout cas pas partout. Les climatiseurs rejettent en effet de la chaleur à l'extérieur. Ils augmentent donc encore cet effet d'îlot de chaleur urbain. À Paris, selon une étude, l'utilisation de climatiseurs pendant l'été serait responsable d’une augmentation allant jusqu’à 2 °C de la température dans certains quartiers. Des solutions variées, dépendant des climats et des villes, existent cependant. Il est possible de déminéraliser, dédensifier et végétaliser ou d'ajouter des points d’eau. « Sur une place, on peut retirer le bitume ou les dalles en pierre du sol, et planter des arbres » pour l'ombre et l'humidité rafraichissante qu'ils génèrent, « on peut comme ça gagner cinq à six degrés », estime Sylvain Mondon de Météo France. S'inspirer des constructions traditionnelles Une autre solution consiste à jouer sur la forme urbaine, à réfléchir au positionnement des bâtiments les uns par rapport aux autres pour favoriser la circulation de l'air ou pour qu'un immeuble fasse de l'ombre à son voisin. Ces travaux coûtent cher, il est nécessaire d’y penser dès la conception des quartiers et de profiter de toute rénovation urbaine pour les mettre en place. Enfin, il est possible de construire différemment, en prenant en compte le climat futur tout en s’inspirant des méthodes passées. C’est ce que fait l’architecte nigérienne Mariam Issoufou, qui a été nommée « Championne de la Terre » par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) en 2025. Dans une vidéo sur le site du PNUE, elle fait remarquer que « le 20ᵉ...
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