エピソード

  • Afrique du Sud: quand la jeunesse dialogue avec ceux qui ont libéré le pays du joug de l'apartheid
    2026/01/10

    En Afrique du Sud, le président Cyril Ramaphosa a appelé au dialogue national à travers une initiative lancée au mois d'août dernier : partout dans le pays, les Sud-Africains sont invités à échanger pendant un peu moins d’un an dans des écoles ou des lieux de culte. Objectif : ouvrir un nouveau chapitre de la démocratie sud-africaine, plus de trente ans après la fin de l'apartheid, à un moment où la nation arc-en-ciel est confrontée aux inégalités, au chômage et à la criminalité. Pour illustrer ce dialogue national, notre correspondant Valentin Hugues a participé à deux jours d’échange intergénérationnel à Soweto.

    De notre correspondant à Johannesburg,

    Le lieu de ces deux jours d’échange n’a pas été choisi au hasard. Nous sommes à Soweto, township au coeur de la lutte anti-apartheid. C’est ici que la jeunesse s’est soulevée en 1976 et que le régime de l'époque l'a réprimée dans le sang. Près de 50 ans plus tard, la jeune génération née après la fin de l’apartheid - que l’on appelle « Born Free » -, comme Thusoetsile Lobateng, discute avec celles et ceux qui ont libéré le pays.

    « Ils se sont battus pour la liberté, on est d’accord. Mais ensuite, il y a eu un manque de transmission, ils ont oublié de nous dire que ça ne s'arrêtait pas là et que c'était à notre génération d'enraciner cette liberté », tient à souligner Thusoetsile Lobateng.

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    « Repenser complètement la manière dont nous faisons société »

    L’objectif est donc de réparer le pont entre ces deux générations et de se parler franchement. « Je pense que la plus grande erreur a été de croire naïvement que tous les Sud-Africains étaient naturellement prêts à construire ensemble leur pays. Il y a beaucoup de choses que nous avons trop rapidement considérées comme acquises : que tout le monde voudrait une société juste et équitable par exemple, et que ceux qui avaient été mis de côté par l'apartheid - en grande partie les personnes noires et les femmes - seraient au centre de la transformation du pays », met en évidence Thoko Mpumlwana, une figure de la lutte anti-apartheid.

    Ce jour-là, Thoko Mpumlwana partage la scène avec Sizwe Mpofu-Walsh, une figure de la jeunesse, leader des manifestations contre les frais d'université, aujourd’hui très suivi sur les réseaux sociaux.

    « Nous devons repenser complètement la manière dont nous faisons société. En ce moment, on parle d'un dialogue national, mais en réalité, c'est au Parlement que cela devrait se passer. Cette institution est tellement défaillante qu’elle ne permet pas d'exprimer les véritables conversations que les gens veulent avoir. Ce n'est qu'un exemple parmi d'autres », relève Sizwe Mpofu-Walsh.

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    Ouverture d'un nouveau chapitre de la démocratie

    L’un des organisateurs de cet échange à Soweto, Boutchoko Dithlake, fait aussi partie du comité d’organisation du dialogue national lancé en août dernier par Cyril Ramaphosa.

    « Aujourd’hui, c'est une contribution à ce dialogue national. Cette interaction avec les jeunes est fondamentale pour l'orientation que prend le pays. Parce que nous avons accompli certaines choses, mais nous avons aussi mis le pays dans une situation difficile. La pauvreté augmente, le chômage augmente. Tout cela affecte les jeunes, alors je pense que le moment est venu de leur passer le relais », appuie Boutchoko Dithlake.

    Pendant cette période de dialogue national, tous les Sud-Africains sont invités à échanger comme ici à Soweto, pour ouvrir un nouveau chapitre de la démocratie.

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  • «Les soldats, parfois, étaient des camarades de la rue»: les shamassa, ces enfants de la guerre au Soudan
    2026/01/09

    Depuis la reprise de Khartoum, la capitale du Soudan, par l’armée régulière, les habitants s’activent à travers les décombres pour déblayer la ville et panser leurs plaies. Parmi eux, il y en a pour qui la guerre n’a pas changé grand-chose : des milliers d’enfants des rues qui ont grandi dans la violence bien avant le conflit actuel. Souvent issus du sud du Kordofan ou du Darfour, des régions marginalisées en proie aux conflits armés depuis des décennies, parfois orphelins ou abandonnés par les adultes, des hordes d’enfants continuent d’errer dans les rues de la capitale. Surnommés en arabe « les shamassa », les enfants du soleil, ils ont été des proies faciles pour les groupes armés et notamment les paramilitaires. Dans les rues d’Omdurman, notre correspondant a rencontré James, qui raconte la guerre à hauteur d’enfant.

    James a 16 ou 17 ans, il ne sait pas vraiment. Tout ce qu’il sait, c’est qu’il est originaire des monts Nuba. Une région rebelle bombardée par le régime d’Omar el-Béchir au début des années 2010. D’aussi loin qu’il s’en souvienne, James a toujours été à la rue : « J’ai fait tous les boulots. Nettoyer les bagnoles, cirer des chaussures, faire le ménage, la plonge dans les restaurants. Je connais la ville par cœur. J’ai dormi dans ses rues. Sur un bout de carton. Au bout d’un moment, dormir dehors ça ne te fait plus rien. Tu n’as plus peur de rien. Un jour ici, un jour là, tu te débrouilles. »

    Exploités, humiliés par le monde des adultes, la plupart de ces enfants se sont retrouvés livrés à eux-mêmes en plein milieu de la guerre. Pour tout gagne-pain, James allait puiser de l’eau dans un quartier cerné par les miliciens des Forces de soutien rapide (FSR) : « Tu marches dans la rue, ils t’insultent, te dépouillent, te frappent sans raison. Tu repars les mains vides. Les soldats, parfois c’étaient des camarades de la rue, encore plus jeunes que moi. La veille, ils te disent qu’ils vont prendre les armes, toi tu penses que c’est une blague, mais le lendemain ils reviennent avec un flingue. Des tonnes de gars ont rejoint les paramilitaires. Beaucoup sont morts. »

    Pourquoi je ne suis pas né dans un autre pays ?

    Si on lui a proposé plusieurs fois de porter une arme, James a toujours refusé. D’autres ont participé au pillage de la capitale aux côtés des milices, témoigne Khamis Younès, responsable du Markaz Mahaba, un centre social qui accueille une trentaine d’enfants des rues : « Certains les ont rejoints, à 16 ou 17 ans, ils devenaient des soldats. Ils se sont fait embrigader. Même avant la guerre, les Forces de soutien rapide séduisaient les jeunes avec des salaires élevés. Là, les gamins avaient l’occasion d’avoir une voiture, de conduire comme des rois, d’être payés jusqu’à 6 millions de livres, ça en a convaincu certains. »

    Dans ce petit centre social, les enfants apprennent des rudiments de cuisine, de soudure, de quoi se débrouiller au dehors. Si certains vont à l’école. James, lui, préfère nettoyer les voitures pour pouvoir s’offrir un verre de thé ou des cigarettes : « Dans cette société je ne peux pas revendiquer mes droits. Parfois je me dis : "mec, ce pays ne t’a rien donné. Il faut que je me barre". Au fond, qu’est-ce qui m’a amené ici ? Pourquoi je ne suis pas né dans un autre pays ? Ici on vivait dans la violence bien avant cette guerre. Dieu merci, on respire encore. »

    Depuis le début de la guerre, plus de 5 millions d’enfants ont été déplacés par les combats à travers le Soudan. Des milliers d’entre eux risquent de finir à la rue. Ils rejoindront James et l’armée invisible des enfants du soleil.

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  • En Éthiopie, Genna, le Noël orthodoxe, célébré à Addis-Abeba
    2026/01/08

    Quinze jours après les catholiques, l’Éthiopie fêtait ce mercredi 7 janvier 2026 Genna, le Noël des chrétiens orthodoxes. La veille au soir, les habitants d’Addis-Abeba se sont rassemblés pour une cérémonie religieuse sur la place Meskel, au cœur de la capitale, avant le dîner du réveillon.

    De notre correspondante à Addis-Abeba,

    Des dizaines de milliers de personnes vêtues de blanc reprennent en chœur les mezmur, ces chants d’église traditionnels. À la seconde où le soleil disparaît, des milliers de twafs – ces tiges en tissu recouvertes de cire que chaque participant tient à la main – s’allument en même temps. D’un coup, toute la place s’éclaire.

    Fekir, 17 ans, est encore au lycée. Foulard blanc autour des épaules comme tous les fidèles, le jeune homme chante avec ferveur : « Nous célébrons la naissance de Dieu qui a lieu demain. C’est ma première fois ici aujourd’hui et je suis très heureux. Nous venons ici en famille et entre amis pour rendre ce moment spécial ».

    Fekir est venu avec un ami et son grand frère de 22 ans, Bereket. L’étudiant, futur ingénieur, profite de ce moment suspendu, et oublie, pour un temps, les tensions qui traversent le pays : « C’est un moment privilégié pour venir en famille et entre amis, et vivre pleinement cet instant. Parce que lorsqu’on est réuni avec ses amis et sa famille, on oublie les mauvais moments. Avec le temps, ça ira mieux, je pense, grâce à Dieu et à nos efforts pour créer un monde meilleur. Tout ira bien ».

    À la fin de la cérémonie, chacun rentre chez soi pour le dîner en famille. Après 43 jours de jeûne végétarien, les Éthiopiens orthodoxes sont impatients de déguster un plat de viande. Mariam a préparé du doro wot, un ragoût de poulet, le plat traditionnel de Noël : « Tout le monde prépare du doro wot pour Noël. Et on boit du tejj, l’alcool traditionnel. Mes amis et ma famille viennent chez moi pour que l’on célèbre ce jour tous ensemble ».

    Comme Bereket, en ces temps de communion, Mariam appelle, elle aussi, à l’apaisement : « Pour Noël, je souhaite la paix et l’amour dans tout le pays, car en ce moment, c'est difficile, surtout à l’extérieur d’Addis-Abeba, dans les régions. Mais je prie Dieu ».

    Dans une dizaine de jours, d’autres célébrations d’ampleur auront lieu dans la capitale et partout en Éthiopie pour Timkat, l’équivalent orthodoxe de l’Épiphanie catholique.

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  • RDC: 30 ans après la catastrophe aérienne de Ndolo, Kinshasa se souvient de ce crash meurtrier en plein centre-ville
    2026/01/07

    En République démocratique du Congo, le 8 janvier 1996, un avion Antonov An-32B de la compagnie privée Scibe-Zaïre Air Lift ratait son décollage à l’aérodrome de Ndolo pour finir sa course sur l’un des marchés du centre-ville de la capitale congolaise. Un des pires drames de l’aviation africaine qui a coûté la vie à 237 personnes, selon le bilan officiel des autorités zaïroises de l’époque. Trente ans après, jour pour jour, le marché a repris ses droits, mais Kinshasa n’a pas oublié toutes ces victimes.

    De notre correspondante à Kinshasa,

    « À l’époque, j’avais 15 ans et j’étais encore à l’école, mais il y avait toute ma famille ce jour-là au marché. » Trente ans plus tard, Didier Lumbu Sangwa est le président du marché Tipe K Bomoko, installé à l’endroit même où l’Antonov s’est écrasé après son décollage de l’aéroport Ndolo, en raison vraisemblablement d’une surcharge de l’appareil.

    Le 8 janvier 1996, le maréchal Mobutu était encore au pouvoir, le pays s’appelait le Zaïre et Didier était en classe quand il a entendu une énorme explosion. « Ça a vraiment fait boum ! On nous a dit qu’il y avait eu un crash ici, donc je suis arrivé très vite. Heureusement, grâce à Dieu, ma famille était vivante. »

    À ses côtés, il y a Ismaël. Aujourd’hui, il s’occupe de la sécurité du marché, mais à l’époque, il avait tout juste 12 ans. « C’était un jour normal, comme d’habitude, confie celui qui faisait de petits travaux sur place quand l’accident est arrivé. Et puis, il y a eu le crash de cet avion. Il devait normalement se poser dans la plaine de secours, mais même dans cette plaine, il y avait beaucoup de monde. »

    Scène de chaos

    Il raconte ensuite une scène de chaos : « J’ai vu les mamans, les papas qui étaient tous les jours, que l’on voyait tout le temps, ils étaient morts. Il y avait beaucoup de vendeurs, de clients qui ont trouvé la mort ce jour-là. »

    Après le crash, Didier le président se souvient que ce qu’il restait du marché est alors devenu un lieu de pèlerinage. « C’est vrai, chaque 8 janvier, les pasteurs, les prêtres venaient prier pour les victimes. Et quand vous veniez la nuit, les gens faisaient des prières, des cérémonies. Et puis, une entreprise chinoise avec le gouvernement congolais est venue pour reconstruire le marché. »

    Il a fallu des années avant que le marché ne renaisse de ses cendres, que la vie reprenne ici. Désormais, il y a des étals partout, beaucoup de monde, des vendeuses et des vendeurs de fruits et de légumes. Il y a de la musique, les bruits du chantier d’à côté et des clients qui négocient.

    « Ma grand-mère était présente »

    Dans cette foule, il y a aussi Kalala. À 28 ans, le marché de Tipe K, c’est sa deuxième maison. Il y vend tous les jours des tomates, comme on le fait dans sa famille depuis plusieurs générations. « Je n’étais pas encore né quand il y a eu cette catastrophe, explique-t-il, mais j’en ai bien sûr entendu parler dans ma famille, à l’école. Ma grand-mère, la mère de mon père, était vendeuse de tomates ici et elle était présente ce jour-là. Elle est morte avant ma naissance, donc elle n’a pas pu me raconter son histoire, mais mes parents m’en ont parlé. »

    À la sortie du marché, on voit directement la piste de l’aéroport, lui aussi toujours là trente ans plus tard. Si l’on entend encore les décollages et les atterrissages, les avions de Ndolo ne survolent quasiment plus le marché. Depuis le crash, ils prennent la direction opposée vers le fleuve Congo. Quant aux nombreuses victimes de cette catastrophe, malgré des démarches, 30 ans après ce drame, elles disent ne pas avoir encore été indemnisées.

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  • Le carnaval du Cap, en Afrique du Sud: «Nous célébrons la liberté après l’esclavage»
    2026/01/06

    C’est une grande fête populaire pour se souvenir du passé. Au Cap, en Afrique du Sud, le carnaval annuel des ménestrels, aussi appelé « deuxième Nouvel An », est une tradition héritée de l’esclavage. Une tradition toujours bien ancrée dans la communauté métisse « coloured » qui vit en général dans les banlieues sensibles de la ville. C’est une occasion de se rassembler et de promouvoir sa culture dans les rues du centre-ville, déguisé, maquillé, en musique, et surtout dans la bonne humeur. Reportage de notre correspondant au Cap.

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  • Sénégal: l'extraterrestre Yulu soulève des questions environnementales en bande dessinée
    2026/01/05

    Yulu raconte l’histoire d’un petit extraterrestre qui découvre Dakar. Dans le deuxième tome de ce livre illustré pour enfants « made in Sénégal » sorti au mois de novembre, le petit héros part cette fois explorer la décharge de Mbeubeuss, à la recherche d’une pièce manquante pour réparer son vaisseau spatial.

    De notre correspondante à Dakar,

    Le soir, quand le calme revient à la maison, Ismaila Fall rallume ses deux grandes tablettes graphiques. C'est là, dans son coin bureau, que le graphiste illustrateur donne vie à ses personnages. Un bureau « 100 % numérique : pas de papier, pas de grande table de dessin », montre-t-il.

    Pour autant, Ismaila n’est jamais vraiment seul : il a un assistant, spécialiste du livre pour enfants : son fils Mamadou, sept ans. Premier lecteur, premier critique, et relecteur attentif de Yulu, un livre illustré sur un petit extraterrestre. « Quelquefois, j'oublie de dessiner ses yeux sur certaines planches ou de colorier ses chaussures en orange. Lui, il me corrige : "Papa, papa, ses chaussures étaient en orange, mais là, elles sont bleus" », raconte-t-il.

    Roxane Dogan, la scénariste, a créé et écrit l’histoire en puisant elle aussi dans ses souvenirs d'enfance : « Je me suis rappelé que – quand j'étais plus jeune –, mon petit frère me posait souvent la question de savoir pourquoi, lorsque les extraterrestres arrivaient, ce n'était jamais en Afrique. Je n'avais pas de réponse plausible à lui donner. Me rappelant de cela, je me suis dit : "Pourquoi ne pas faire une petite histoire sur un petit bonhomme qui débarque et qui découvre un peu un nouvel environnement ?" ».

    L'extraterrestre Yulu dans la décharge de Mbeubeuss

    Pour imaginer Yulu, Ismaila s’est replongé dans le film E.T. Mais ici, l'extraterrestre découvre le Sénégal. Dans ce deuxième opus, Yulu s’aventure dans la gigantesque décharge de Mbeubeuss, en banlieue de Dakar, à la recherche d’une pièce indispensable pour repartir dans l’espace.

    Ismaila s’est documenté – vidéos, photos, reportages – pour comprendre le quotidien des récupérateurs et donner un vrai réalisme à ses dessins : « C'est émouvant. Je me rends compte qu'il y a des gens qui ne vivent que de cela. Ils espèrent y trouver un trésor ».

    « J'y ai fait un tournage il y a quelques années et j'ai été assez marquée par ce que j'ai vu. J'ai saisi cette opportunité pour y consacrer un tome et pour conscientiser chez les enfants la question : "Où vont les déchets du quotidien ?", parce qu'il faut commencer tôt », explique pour sa part Roxane Dogan.

    Yulu au pays de la Téranga est publié par la maison d’édition sénégalaise Saaraba et disponible dans de nombreuses librairies au Sénégal, dans toute l'Afrique de l'Ouest, en France, mais également au Canada.

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  • CAN 2025: à Marrakech, les supporters ivoiriens se mobilisent en nombre pour soutenir les Éléphants
    2026/01/04

    Les huitièmes de finale de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) se poursuivent ce lundi 5 janvier avec Égypte - Bénin et Nigéria - Mozambique. La dernière affiche de ce tour aura lieu, elle, mardi 6 janvier, et opposera la Côte d'Ivoire au Burkina Faso à Marrakech, l'une des villes les plus touristiques du Maroc où les supporters ivoiriens sont nombreux à se rassembler depuis le début de la compétition pour soutenir les Éléphants.

    De notre envoyé spécial à Marrakech,

    Écran géant pour assister aux matchs et playlist de circonstance : avant chaque rencontre de la Côte d'Ivoire lors de cette CAN, le village Eléph'Fan se met dans l'ambiance pour accueillir ses supporters. « Il y a de la musique, il y a de l'ambiance. Les gens se réchauffent en attendant que le match commence. C'est l'avant-match, on va dire, le match avant le match », décrit ce supporter.

    Juste à côté, Audrey tient un stand de maquillage pour tous les admirateurs de la Côte d'Ivoire. « Nos couleurs, ce sont le orange, le blanc et le vert, celles de notre drapeau. Quand tu viens à la fan zone, si tu le veux, à l'entrée, on te maquille simplement pour te mettre dans le bain, pour nous démarquer. Quand les gens nous voient de loin, ils savent alors que ce sont les Ivoiriens qui arrivent. Les Marocains sont aussi ici pour nous soutenir. Ce sont tous les supporters des Ivoiriens qui sont là ce soir ! », affirme-t-elle.

    Située à côté du musée Mohamed-VI pour la civilisation de l'eau, dans le nord de la ville, à quelques kilomètres du stade, cette fanzone dédiée aux Éléphants accueille aussi plusieurs entreprises ivoiriennes présentes au Maroc, en Côte d'Ivoire mais également en France, pays d'où vient Maria, caféologue, invitée à installer un stand durant la compétition. « J'ai été sélectionnée pour représenter la Côte d'Ivoire. Et pour vous dire à quel point cela compte pour moi d'être ici, je suis venue à mes propres frais ! », précise-t-elle.

    « On a près de 100 objets pour aller au stade ! »

    Comme tous les partenaires, Maria a été conviée par le Comité national de soutien des Éléphants (CNSE), une structure créée en 1997 pour accompagner les joueurs ivoiriens lors de toutes les grandes compétitions. Dagrou en est l'un des piliers : « On prend nos grillots, on a près de 100 objets pour aller au stade. Dans le matériel, il y a les percussions, il y a les vuvuzelas, les castagnettes, les chanteurs, les danseuses, et puis on a l'harmonica. On a pris l'arsenal pour venir, on l'a mis dans l'avion depuis la Côte d'Ivoire pour venir ici. »

    Financé par le gouvernement ivoirien, le CNSE distribue aussi des billets pour les matches à tous les supporters, qu'ils viennent d'Abidjan ou de Marrakech, comme Kevin et Bamary. « Je vis au Maroc et franchement, les Marocains, ce sont des gens bien, gentils, jeunes, heureux, souriants. Ils aiment les Ivoiriens, ils aiment toutes les populations vivant au Maroc. Je vais vous prendre l'exemple du quartier de Saada. À Saada, il y a plein d'Ivoiriens et tout le monde est content ! », estime Kevin. « Je suis hôtesse des Ivoiriens, de la communauté ivoirienne. Je suis à Marrakech depuis deux ans, et nous sommes venus supporter notre pays, la Côte d'Ivoire. Nous sommes fières d'être ivoiriens à 100% et nous venons supporter les Éléphants aujourd'hui. Il y a les gens de Casablanca aussi qui sont là, les gens de Rabat, etc. Nous sommes très nombreux ! », abonde Bamary.

    On estime que 2 500 Ivoiriens sont présents dans la Ville Rouge. Ils devraient encore être nombreux pour soutenir les Éléphants face au Burkina Faso, avant de migrer vers Agadir en cas de qualification pour les quarts de finale.

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  • Au Maroc, l'association Casamémoire retrace l'histoire sportive de Casablanca
    2026/01/03

    Au Maroc, l’association Casamémoire profite de la CAN pour organiser un mois de manifestations culturelles qui retracent l’histoire sportive de Casablanca. Exposition, conférences, projections, visites guidées : l'association qui défend le patrimoine architectural de la ville a décidé de mettre en lumière ces lieux qui font partie de la mémoire collective des habitants. Un programme riche qui s’étend du 15 décembre 2025 au 15 janvier 2026.

    Casablanca, c’est d’abord le foot. « Le sport à Casablanca s'incarne physiquement dans les rues, notamment par ce derby casablancais du Wydad et du Raja qui a tendance à colorer certains quartiers : il y a des quartiers rouges et il y a des quartiers verts. Il faut attention à comment on s'habille, notamment les lendemains de match. Lors des derbys casablancais, toute la ville de Casablanca retient sa respiration. C'est d'autant plus le cas pour ceux qui vivent aux alentours du stade », explique Mahja Naït Barka, secrétaire générale de Casamémoire.

    Le stade Mohammed V est « le temple du foot » marocain dont l’un des premiers clichés datant de 1955 s’affiche sur le mur de l’American Art Center. C’est ici que Casamémoire a installé son exposition sur le patrimoine sportif de Casablanca. Ces infrastructures ont contribué à façonner le visage de la ville. « Ces lieux sont aussi des repères. Quand on se déplace, par exemple en taxi, ils agrègent une certaine identité de quartier. Cela a quasiment une dimension, peut-être pas spirituelle, mais beaucoup plus ésotérique que quatre murs et un terrain d'athlétisme », estime la secrétaire générale de l'association.

    À quelques rues de là se trouve l’un de ces lieux emblématiques du Maroc : « On se trouve à la porte du stade d'athlétisme la Casablancaise, qui a un petit côté suranné avec son bâtiment, sa typographie "Éducation physique" sur son fronton », décrit-elle. Une piste d’athlétisme fait face à un bâtiment aux lignes épurées, mais massif, presque grandiloquent. La Casablancaise a été construite entre 1936 et 1939, sous le protectorat français.

    « La Casablancaise a ouvert ses portes aux athlètes marocains à partir des années 1960. Auparavant, c'était un espace qui était principalement réservé aux athlètes français. Ces lieux sont sortis de terre de la main et de l'esprit des architectes français au Maroc. Mais les Français ne sont pas repartis avec. Quand le protectorat s'est achevé, ils sont restés à Casablanca et ont vécu une autre vie. Les Casablancais se les sont réappropriés, les ont réinvestis. Parfois même, plusieurs décennies après, des architectes marocains s'en sont saisis », raconte Mahja Naït Barka. C’est le cas de la Casablancaise, réhabilitée et transformée par les architectes Nisrine Loubaris et Youssouf Bekkali.

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