エピソード

  • L'île de Tiwai, joyau de biodiversité et atout touristique de la Sierra Leone
    2026/05/12

    La Sierra Leone cherche à faire valoir ses atouts pour développer le tourisme. L'un de ses joyaux se situe dans l'est du pays, sur le fleuve Moa : l'île Tiwai. Cette île intérieure regorge d'une biodiversité exceptionnelle, et notamment une grande variété de primates, ce qui lui a valu d’être classée au patrimoine mondial de l'Unesco, en 2025. Les gestionnaires misent sur l'augmentation des revenus touristiques pour renforcer la protection du parc, et soutenir la recherche scientifique.

    De notre correspondant de retour de l'île Tiwai,

    Au cœur de la forêt luxuriante, c'est avec un large sourire qu'Amadou Youssouf accueille les visiteurs. Il est le responsable de la conservation dans le sanctuaire que constitue l'île Tiwai, en Sierra Leone. Gravement menacé à cause de la guerre civile, il y a une vingtaine d'années, ce sanctuaire de biodiversité se porte aujourd'hui mieux que jamais, grâce à la bonne gestion de l'ONG Environmental Foundation for Africa, qui est parvenue à le faire classer au patrimoine mondial de l'Unesco :

    « Le parc a été sélectionné en 2023. Après avoir soumis nos dossiers, on a reçu la visite des examinateurs de l'Unesco, et finalement, le parc a été classé en 2025. C'est un grand succès pour nous ! On remarque déjà un effet sur la fréquentation du parc, le nombre de visiteurs a augmenté depuis l'an dernier. Cela nous donne plus de ressources pour protéger le parc et sa biodiversité exceptionnelle. »

    À lire aussiSierra Leone: l'île de Tiwai classée par l'Unesco pour sa biodiversité exceptionnelle

    Un centre de recherche scientifique

    Les visiteurs peuvent y admirer la grande variété de primates. À peine entré dans la forêt, on peut les voir sauter de branche en branche. Kinawa Kuruma est le guide forestier : « Il y a ici 11 espèces de primates ici, et notamment des cercopithèques diane. Ils sont très nombreux ici. On les reconnaît facilement, ils sont noirs et blancs, avec une teinture rouge dans le dos. Il y a aussi une grande variété d'oiseaux, comme des martins-pêcheurs à tête rousse. Les touristes adorent les prendre en photo quand on fait le tour de l'île en bateau. Nos visiteurs viennent de partout pour voir toutes ces espèces : on a des Américains, des Suisses, des Norvégiens... »

    L'île Tiwai n'est pas qu'une attraction touristique. Elle accueille aussi un centre de recherche scientifique, en partenariat avec l'université Njala de la ville de Bo, explique Amadou Youssouf : « Des chercheurs du département de biologie de l'université Njala viennent ici avec leurs étudiants. Ils mènent des recherches aussi bien sur la faune que sur la flore : les différents types de chimpanzés et d'oiseaux et la végétation, qui est aussi très riche. En ce moment, on accueille un doctorant. Il fait sa thèse sur le comportement des chimpanzés. Il a posé des caméras dans la forêt pour les observer. »

    Le succès du parc bénéficie aussi aux populations locales. C'était l'une des exigences de l'Unesco. Une partie des revenus issus du tourisme finance des projets de développement dans les villages voisins, notamment en soutenant l'agriculture.

    続きを読む 一部表示
    2 分
  • En Éthiopie, les implantations d'entreprises françaises en augmentation
    2026/05/11

    Le sommet Africa Forward, qui a lieu cette année à Nairobi, témoigne du repositionnement voulu par la France sur le continent. De plus en plus d’entreprises font notamment le choix de s’implanter en Éthiopie, attirées par un marché immense de plus de 120 millions d’habitants, malgré une situation sécuritaire dégradée.

    De notre correspondante à Addis-Abeba,

    Ce dimanche matin, les clients sont nombreux devant le comptoir de la boulangerie Hanit Bakery. La boutique fait partie des clients de la société française d’agroalimentaire Lesaffre, qui fabrique notamment de la levure. L’enseigne s’est installée en Éthiopie en 2021, explique sa directrice dans le pays, Marine Durot. « Lesaffre a choisi d'ouvrir une usine en Éthiopie parce que c'est le second pays le plus peuplé d'Afrique. C'est aussi un pays où l'on a remarqué que la population mange de plus en plus de pain, par rapport à l'injira. Pour nous, c'était un marché clé dans lequel on voulait être présent. On est sur une bonne optique et un bon développement de croissance », indique-t-elle.

    Comme Lesaffre, de plus en plus d’entreprises françaises optent pour l’Éthiopie. Depuis quelques années, le pays cherche à attirer les investisseurs étrangers, affirme Getachew Teklemariam Alemu, économiste au sein de l’Union africaine. « Des pays comme l’Éthiopie ont entamé des réformes pour ouvrir des marchés, libéraliser divers secteurs et inciter des investisseurs à venir placer leur argent dans leur économie. Les principaux obstacles macroéconomiques à l’investissement sont désormais levés grâce à ces réformes », explique-t-il.

    En témoigne la visite, mi-avril, d’une quinzaine de sociétés venues dans le pays à l’initiative du Medef International. Une démarche qui s’inscrit dans une dynamique plus large, malgré une situation sécuritaire très dégradée. Des conflits déchirent actuellement les régions de l’Amhara et de l’Oromia, tandis que les tensions entre Addis-Abeba et le Tigré restent très fortes, faisant même craindre un nouveau conflit.

    Mais pour Gérard Wolf, président du Medef International, ce contexte ne doit pas freiner les investisseurs. « Des conflits du type du Tigré existent partout dans le monde. Dans les endroits difficiles, mais où il n'y a pas une intensité de conflit énorme, on ne va pas attendre que tout soit terminé pour s'en occuper. On ne s'interdit pas, par essence, d'aller dans un pays en conflit », souligne-t-il.

    En janvier 2026, le géant français de l’agroalimentaire Carrefour a annoncé son installation prochaine en Éthiopie.

    À lire aussiÉthiopie: le chef du parti TPLF élu à la tête du Parlement du Tigré, nouvelle escalade avec Addis-Abeba

    続きを読む 一部表示
    2 分
  • Une chimiste kényane utilise les nanotechnologies pour lutter contre la pollution de l’eau
    2026/05/10

    Le sommet Africa-Forward s’ouvre ce lundi 11 mai à Nairobi. Prévu sur deux jours, coorganisé par la France et le Kenya, mais ouvert à de nombreux pays du continent, il veut illustrer l'évolution de la politique de la France en Afrique en mettant en valeur les échanges franco-africains et la recherche commune de solutions concrètes. Des partenariats existent déjà, par exemple en matière de recherche. Le CNRS français a notamment ouvert en 2024 un bureau à Nairobi. RFI est allée à la rencontre d'une chercheuse kényane qui a pu faire avancer ses recherches en collaborant avec d'autres chercheurs en France.

    De notre correspondante à Nairobi,

    Dans les sous-sols de l’Université de Nairobi, une petite pièce climatisée abrite une partie du laboratoire de Bridget Mutuma, chercheuse en chimie. C’est ici qu’elle mène ses travaux, entourée d’équipements spécialisés. Parmi eux, un analyseur thermogravimétrique, un appareil essentiel pour ses recherches. « Cet appareil s’appelle un analyseur thermogravimétrique. Il est utilisé pour étudier les propriétés thermiques des matériaux, comme la température à laquelle ils se décomposent. C’est très important pour les nanotechnologies sur lesquelles porte mon travail, la science des choses à très petite échelle, comme je l’appelle. J’étudie des dispositifs et des matériaux capables de fonctionner à l’échelle nanométrique », explique-t-elle.

    Bridget Mutuma a choisi de consacrer ses recherches à la lutte contre deux fléaux environnementaux : les déchets plastiques et la pollution des eaux. L’idée a pris forme pendant la crise du Covid-19. « Ça m'a frappé : comment puis-je utiliser ma science pour résoudre les problèmes environnementaux ? Au Kenya, comme à l’échelle mondiale, les déchets plastiques constituent un problème. Mon travail consiste donc à utiliser ces déchets plastiques pour fabriquer des nanomatériaux, qui sont ensuite utilisés pour traiter l’eau », confie la chercheuse.

    Collaboration avec le CNRS en France

    Pour faire avancer ses travaux, Bridget Mutuma a noué une collaboration avec des chercheurs en France. Cette rencontre est née lors d’un colloque en ligne. « Il y a l'expertise que j'ai sur les nanomatériaux et l'expertise que les chercheurs ont sur l'énergie solaire, la photocatalyse. J’ai même pu passer un mois au CNRS d’Orléans. J'ai fait expédier des échantillons là-bas pour les étudier et aussi pouvoir apprendre auprès de la professeure Ania Conchi. J’ai réussi à rencontrer quelqu’un dont le domaine de recherche recoupe le mien. J’ai également pu utiliser certains équipements sur place, rencontrer d’autres chercheurs pour collaborer, et donner des conférences », raconte-t-elle.

    Lors de son séjour à Orléans, Bridget Mutuma a également apporté sa propre expertise à l’équipe française. « Mon travail est essentiellement axé sur le carbone, je m’intéresse aux carbones creux. Ils avaient déjà travaillé sur des oxydes métalliques creux, mais pas sur du carbone creux. J’ai travaillé avec l’équipe sur place pour en fabriquer, ce qui m’a permis d’également transmettre mon expertise afin que nous puissions être synchronisés », souligne-t-elle.

    Si les travaux de Bridget Mutuma sont encore en cours de développement, la chercheuse kényane se réjouit déjà des premiers résultats, qu’elle qualifie de prometteurs.

    À lire aussiAu Kenya, le pari d’une énergie verte

    続きを読む 一部表示
    2 分
  • Le «streetwear afro-diasporique» s'expose au musée du Quai Branly à Paris
    2026/05/09

    L'exposition Africa Fashion, c'est une occasion pour célébrer et montrer la richesse de la mode africaine, entre autres le « streetwear afro-diasporique ». Une nouvelle génération de la diaspora africaine tente, à travers l'habillement, de réinventer les codes du streetwear classique en alliant tradition africaine et modernité. Un moyen pour eux de se reconnecter et de maintenir le lien avec leurs origines. Un reportage d'Habib Diao.

    T-shirt brodé, baskets colorées, un décor assez chargé de symboles occupe la table installée au milieu de cette salle d'exposition du musée du Quai Branly. Ces pièces caractérisent le « streetwear afro-diasporique ». Pour Marina Wilson, surnommée Cheetah, organisatrice de l'exposition, ce style est à la croisée des cultures africaines et du hip-hop.

    « C'est un streetwear qui est porté par les enfants des diasporas africaines qui sont influencés à la fois par les cultures américaines, dont notamment la culture hip-hop, et qui se servent aussi de leur ancrage dans les cultures africaines pour créer un nouveau langage culturel et esthétique, explique-t-elle. Par des vêtements avec des figures comme Thomas Sankara pour l'Afrique, Malcolm X aux États-Unis, etc., il y a une envie de véhiculer un message, il y a une envie de diffuser une culture, il y a une envie de faire connaître des choses propres aux cultures africaines, qu'on peut aussi raconter par le biais du streetwear et par le biais du vêtement. »

    Vêtue d'un t-shirt noir à l'effigie de figures africaines, Chimène, d'origine guadeloupéenne, est venue visiter l'exposition. Elle revendique une relation assez particulière avec l'Afrique. « L'énergie, on la porte avec nous. Donc, je m'inspire beaucoup de tout ce qui est traditionnel, confie-t-elle. En Guadeloupe, on a tout ce qui est traditionnel, comme les mikas que je porte. J'adore tout ce qui est coloré. Moi, je porte l'Afrique en moi, et nous, ça nous permet de nous reconnecter, même si on est à 8 000 kilomètres, avec la Terre-Mère, nos racines. »

    À lire aussiImane Ayissi, le grand couturier amoureux du patrimoine textile africain

    Modernité et tradition

    Un peu plus loin, Fatima se distingue par sa coiffure afro qu'elle dit porter fièrement. Créatrice d'une marque de bijoux, elle allie inspirations contemporaines et références héritées de ses origines ivoiriennes. « Pour moi, c'est assez important de pouvoir représenter ses origines. Je pense que c'est possible d'avoir justement toujours ce côté un petit peu, on va dire, moderne et traditionnel, à travers des vêtements, des accessoires, des bijoux, souligne-t-elle. Justement, c'est aussi pour ça que j'ai créé cette marque de bijoux Nafolo. Donc, c'est vraiment ça, c'est l'héritage de ma mère, de mes parents en Côte d'Ivoire, des bijoux à porter au quotidien comme pour les grandes occasions. Et c'est une fierté. »

    Toujours dans le cadre de l'exposition Africa Fashion, d'autres activités sur les influences de la mode africaine se déroulent au musée du Quai Branly, notamment des activités de création pour enfants.

    L'exposition Africa Fashion est à voir au musée du quai Branly – Jacques Chirac à Paris jusqu'au 12 juillet prochain.

    À écouter dans Sur le pont des arts« Africa Fashion » : la mode africaine enfin à l'honneur à Paris

    続きを読む 一部表示
    2 分
  • En Égypte, les Samidat, des footballeuses soudanaises, défient l'exil
    2026/05/08

    Jouer au football pour se reconstruire et surmonter les traumatismes de la guerre et de l'exil : c’est l’objectif d’une équipe féminine soudanaise composée de joueuses professionnelles ayant fui le conflit pour l’Égypte. À l’initiative, Salma al-Majidi, pionnière du football féminin au Soudan.

    De notre correspondant au Caire,

    Au beau milieu des alignements d’immeubles d’un quartier pauvre du Caire, un gazon synthétique usé et, dans les cages, Houda, gardienne de la sélection soudanaise. « Là-bas, le football nous a beaucoup apporté, jusqu’à la guerre. Lors du dernier tournoi qu’on a disputé au Soudan, les bombardements nous ont empêchées de gagner, témoigne-t-elle. Puis la guerre est arrivée et nous avons dû venir en Égypte. »

    Devant elle, bonnet vissé sur le crâne, Nour, 16 ans, enchaîne les frappes, des rêves plein la tête. « Je veux aller de l’avant, jouer dans les ligues européennes et, si Dieu le veut, un jour faire briller mon pays, confie-t-elle. Je veux aussi rendre fière ma famille, c’est pour ça que je joue au football, et mon rêve, c’est qu’elle me voie au plus haut niveau. »

    Son regard, trop sévère pour son âge, en dit long. Arrivée seule en Égypte après sept mois d’attente à la frontière, elle vit de petits boulots, loin des bancs de l’école. « Je fais des ménages par-ci par-là, explique Nour. C’est une période difficile. Chaque sou est important, car il faut manger, mais j’économise aussi pour pouvoir envoyer de l’argent au Soudan. »

    À lire aussiCAN 2025: joueurs exilés, guerre civile... le Soudan rêve d'exploit face au Sénégal

    « Elles sont des résistantes marquées par la guerre »

    Derrière le sifflet, Salma al-Majidi, footballeuse emblématique au Soudan, est doublement pionnière. Première sélectionneuse de la première équipe nationale féminine soudanaise, c’est elle qui, en arrivant au Caire, a réuni les joueuses réfugiées en Égypte. « L’équipe ne se contente pas de rassembler les filles et de leur donner une activité. Elle est surtout un soutien essentiel, souligne-t-elle. Beaucoup traversent des difficultés matérielles extrêmes : logement, nourriture, déplacements, maladie. Le club est une lueur au milieu de l’obscurité. »

    Ce n’est pas un hasard si elles ont choisi pour nom d’équipe les Samidat, les résistantes. « Quand tu t’assois avec chacune des trente-deux joueuses, elles te racontent leur histoire, leur quotidien, les épreuves qu’elles ont traversées, tous les détails, raconte Salma al-Majidi. Le nom Samidat vient de là : de leur endurance et de leur résilience. Elles sont des résistantes marquées par la guerre. »

    Trois longues années de guerre n’ont pas réussi à éteindre la flamme du football chez ces résistantes.

    À lire aussiLe Soudan, pays brisé par une guerre sans fin

    続きを読む 一部表示
    2 分
  • Au Rwanda, le difficile retour d’anciens membres des Forces démocratiques de libération du Rwanda
    2026/05/07

    Au Rwanda, les autorités affirment avoir réinséré plus de 12 000 combattants ou civils affiliés à des groupes armés depuis 2001, en particulier des FDLR, les Forces démocratiques de libération du Rwanda, un groupe à l’origine créé par d’anciens génocidaires rwandais, basé à l’est de la République démocratique du Congo. Des repentis, capturés ou rentrés volontairement au pays, rejoignent le centre de Mutobo pour un programme de démobilisation de plusieurs mois. En mars dernier, plus de 200 personnes ont été rapatriées dans leur village après leur formation.

    De notre envoyée spéciale de retour de Mudende,

    Sous une tente, une dernière cérémonie réunit leaders locaux, familles et anciens combattants ou civils affiliés à un groupe rebelle en RDC, avant le retour de ces derniers dans la vie civile. Pierre Manirakiza retrouve son beau-frère, parti du pays en 2011. « Nous sommes heureux qu’il soit revenu. On ne pensait pas le revoir, confie-t-il. On doit le soutenir maintenant, et partager ce que nous avons avec lui, pour l’aider à recommencer sa vie. »

    Devant la maison familiale, le repenti Jean Damascene Niyonzima embrasse ses proches après 15 ans passés en RDC. Après avoir, selon ses affirmations, travaillé sur les barrages des FDLR pour récolter les taxes prélevées par le groupe armé, les difficultés de la guerre l’ont poussé à rentrer au Rwanda. « Quand le M23 a pris Goma, ceux qui n’étaient pas armés, nous sommes allés au camp de Mugunga, raconte-t-il. Mais lorsque le M23 est arrivé, le camp a été détruit. Certains ont fui dans la forêt, d’autres sont rentrés chez eux. La situation devenait intenable, alors nous avons eu recours au HCR. »

    À lire aussiRDC: «De gré ou de force, les FDLR doivent rendre les armes», exige l’armée congolaise

    Un plaidoyer en faveur de ces ex-combattants

    Rapatrié l’an dernier d’abord en tant que civil avant de se déclarer aux autorités comme FDLR, Jean Damascene a passé plusieurs mois dans le centre de réintégration de Mutobo. À ses côtés, son fils adoptif de 25 ans, ancien combattant du groupe armé, Amos Bigirimana, témoigne : « Je suis né au Congo, dans un quartier général des FDLR, à Rutshuru. Mes parents faisaient partie de ce groupe. Quand j’avais huit ans, leur base a été attaquée et ils ont été tués. Deux ans plus tard, Jean Damascene m’a recueilli. C’est aujourd’hui mon seul parent. »

    Le secteur de Mudende, à proximité de la frontière congolaise, accueille régulièrement d’anciens combattants repentis. « Après un mois, lorsqu’ils sont déjà en communauté, nous allons leur rendre visite pour voir comment ils ont été acceptés, explique Valerie Nyirahabineza, présidente de la Commission rwandaise de démobilisation et de réinsertion. Il est question pour nous de faire du plaidoyer en faveur de ces ex-combattants. Si une personne quitte le centre de réinsertion de Mutobo, elle devient automatiquement un citoyen du Rwanda. »

    Des retours en nombre qui s’accompagnent de défis. Avec l’arrivée de Jean Damascene et de ses proches de RDC, la petite maison familiale accueille près de deux fois plus d’occupants.

    À lire aussiRwanda: plus de 200 membres de groupes rebelles, dont les FDLR, réinsérés

    続きを読む 一部表示
    2 分
  • Sénégal: première projection africaine du documentaire sur Germaine Acogny, icône de la danse
    2026/05/06

    Elle est surnommée « la mère de la danse africaine contemporaine ». Germaine Acogny, Sénégalo-béninoise est danseuse, chorégraphe, fondatrice de l'École des Sables au Sénégal. Son parcours, ses engagements féministes et antiracistes portés par la danse, c'est ce que retrace la réalisatrice allemande Greta Marie Becker dans un documentaire : Germaine Acogny, l'essence de la danse. Une œuvre projetée pour la première fois sur le continent africain à l'Institut français de Dakar, un an après sa sortie en France.

    À écouter aussiPour Germaine Acogny, «le corps des danseurs sera notre archive» des danses traditionnelles

    続きを読む 一部表示
    2 分
  • «Un savoir-faire qu'il faut développer»: les femmes en marche vers l'autonomie et la reconnaissance en Centrafrique
    2026/05/05

    En Centrafrique, les femmes prennent de plus en plus conscience de leur situation et se mettent en ordre de bataille pour leur émancipation. Partout, des initiatives émergent, portées par une volonté commune : conquérir une autonomie économique durable et affirmer leur place dans la société. Longtemps considérées comme le sexe faible, elles ont décidé de reprendre leur destin en main. Activités génératrices de revenus, petits commerces, agriculture, artisanat : une dynamique collective qui redessine peu à peu le paysage économique local, malgré de nombreux défis à relever.

    De notre correspondant à Bangui,

    Au milieu des rangées de bananiers et d'avocatiers, Yvette Denzou s'active. Machette à la main, elle avance d'un pas sûr, observant chaque parcelle avec attention. En face, des tomates mûrissent lentement dans un petit jardin bien clôturé, offrant des touches de rouge vif, promesses de récoltes à venir.

    Pour Yvette Denzou, l'agriculture est bien plus qu'un simple moyen de subsistance : « La terre, c'est notre richesse. Tout ce que vous voyez ici est le fruit de notre travail. Nous cultivons pour nourrir nos familles, mais également pour vendre et vivre dignement. Mon combat, c'est de montrer que nos produits locaux ont de la valeur. Quand je vois mes cultures grandir, je sais que mes efforts ne sont pas vains. »

    Au quartier Kassaï, dans le septième arrondissement de Bangui, un atelier artisanal est installé au bord de la route. À l'intérieur, Rebecca Mambelo façonne patiemment ses créations : bois, fibres naturelles et tissus. Ici, chaque objet raconte une histoire : « L'artisanat, c'est ma passion, mais c'est aussi ma vision : créer quelque chose qui nous ressemble et qui peut nous faire vivre dignement. Je fabrique des sacs, des paniers, des vêtements et des perles artisanales. À travers mon savoir-faire, je défends la valeur des femmes. »

    « Il faut un lieu vraiment dédié à la femme »

    Aujourd'hui, de nombreuses femmes centrafricaines s'inspirent de modèles venus du continent pour aller de l'avant. Parmi ces figures, Sefora Kodjo, présidente de la Fondation Sephis. Lors de son séjour à Bangui, cette Ivoirienne a partagé son expérience avec des femmes qui rêvent de réussir : « J'ai vu que la Centrafrique est riche de son sol. Il y a énormément de richesses locales et un savoir-faire qu'il faut développer, amplifier. On a des questions d'infrastructure, on a des questions de la technologie, du digital, de la connexion internet. Ce sont sur beaucoup de défis de ce genre qu'il faut encore travailler. »

    Pour que cet élan se consolide, la structuration est essentielle, selon Portia Deya Abazene, présidente de la Fédération des associations des femmes entrepreneures de Centrafrique (Fafeca) : « Parce que si tu restes dans l'informel, tu ne pourras pas gagner les parts de marché. Donc, il faut d'abord que l'on surmonte ce défi de se structurer et de se former. Il faut un incubateur, il faut un lieu dédié à la femme. »

    Dans un contexte encore fragile, ces femmes tracent leur chemin avec détermination. Entre initiatives individuelles et actions collectives, elles doivent aussi lutter contre les pesanteurs sociales qui cherchent encore à les reléguer au second plan dans la société.

    À lire aussi«Chaque jour, on voit sa tombe»: à Bangui, des familles enterrent leurs morts à domicile, faute de cimetières

    À lire aussi«Il n'est jamais revenu»: en Centrafrique, terreur au lycée de Boali après la mort de plusieurs élèves [2/3]

    続きを読む 一部表示
    2 分