エピソード

  • République centrafricaine: la prolifération des faux documents dans le pays.
    2026/05/19

    En Centrafrique, la falsification de documents administratifs prend une ampleur inquiétante. Actes de naissance, diplômes, certificats ou encore pièces d’identité : ces faux documents circulent de plus en plus dans certains quartiers de Bangui et dans plusieurs villes de province. Pourtant, la loi centrafricaine qualifie cette pratique de « faux et usage de faux », une infraction passible de poursuites judiciaires et de sanctions pénales. Malgré les risques encourus, de nombreux jeunes sans emploi ou en situation de précarité se tournent vers cette activité devenue, pour certains, un moyen rapide de gagner de l’argent.

    De notre correspondant à Bangui,

    Entre les vendeurs ambulants, les étals de légumes et les friperies, un petit kiosque en bois attire discrètement des visiteurs.

    Au premier regard, rien ne le distingue des autres commerces. Pourtant, derrière une vieille imprimante reliée à un ordinateur portable poussiéreux, une équipe de jeunes falsifie des cachets, des signatures et des documents administratifs. L’un d’eux, qui a requis l’anonymat, explique leur activité.

    « Nous fabriquons de faux documents pour aider certains compatriotes dans le besoin. Beaucoup n’ont pas le temps de suivre les procédures normales. D’autres ont perdu leurs papiers pendant les crises. Ils cherchent donc à avoir rapidement les documents privés et publics. »

    Autour de lui, des feuilles plastifiées, des tampons et des formulaires vierges sont rangés dans des chemises usées. Les clients arrivent discrètement, souvent envoyés par une connaissance. Gaël Boris, opérateur économique, témoigne. « Aujourd'hui, on est en train de marcher dans le PÉRIL concernant nos frères et nos sœurs qui sont au quartier, qui ne font rien. Et ils ne veulent pas aller à l'école, mais ils veulent seulement avoir un diplôme parallèle obtenu dans le quartier pour ensuite aller candidater dans les ministères. Et là, vraiment, ce n'est pas bien. »

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    « Je ne condamne personne, mais je condamne seulement l'État »

    Derrière ce phénomène se cachent plusieurs réalités : difficultés d’accès aux documents officiels, lourdeurs administratives, perte de papiers pendant les crises successives, mais aussi faiblesse des contrôles dans certains services publics. Alain Ngana, acteur de la société civile. « Ce qui pousse vraiment les gens à faire des faux papiers, c'est le fonctionnement de l'administration, qui est lente. Les gens font de faux passeports et de fausses pièces d'identité nationale. Il y a aussi les actes de naissance, parfois faire les démarches au niveau des mairies, c'est un peu difficile. Les gens préfèrent aller faire un faux acte de naissance pour leurs besoins. »

    Les prix varient selon le document demandé. Les plus simples coûtent quelques milliers de francs CFA. En revanche, certaines pièces plus sensibles peuvent atteindre 50 000 francs CFA, soit environ 76 euros. Dimitri Lebo, étudiant, s’interroge. « Où allons-nous ? Où va la RCA avec tout ça ? Je ne condamne personne, mais je condamne seulement l'État. Pour mettre fin à cette corruption, il faut aussi que chacun ait un peu de conscience morale. »

    La police a déjà arrêté plusieurs faussaires dans différents quartiers populaires de la capitale. Beaucoup ont été jugés et condamnés pour faux et usage de faux. Selon une source policière, les opérations se poursuivent afin de démanteler les réseaux encore actifs.

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  • Côte d'Ivoire: une exposition retrace les 50 ans de carrière du peintre Grobli Zirignon
    2026/05/18

    Et si la peinture pouvait devenir un remède aux blessures de l’âme ? Depuis 50 ans, le psychanalyste, philosophe et artiste-peintre ivoirien, Grobli Zirignon, transforme ses angoisses, ses douleurs et celles de ses patients en œuvres d’art. Une démarche qu’il appelle la psychart-thérapie. L’artiste célèbre un demi-siècle de création à travers une exposition intitulée « Grobli Zirignon : 50 ans de création – L’esprit des arts premiers ». Un voyage entre peinture, inconscient et quête de guérison intérieure.

    De notre correspondant à Abidjan,

    Dans les allées de l’exposition, les visiteurs avancent lentement d’une toile à l’autre. Des silhouettes fragmentées, des corps déformés et des couleurs parfois sombres.

    Ici, on retrouve une quarantaine d’œuvres du peintre ivoirien Grobli Zirignon. À 86 ans, l’artiste travaille une matière bien particulière : de la boue appliquée à du carton puis il frotte jusqu’à obtenir ce qu’il appelle « les beaux restes ».

    « Plus je forçais, plus je grattais, des matières, des formes émergent. Mais tout ça, je suis guidé d’une manière inconsciente par un esprit, c’est pas volontairement, mais quelque chose me dit : "Fais ça, ça te fera du bien." Et tout ce que je fais, ça m’a fait du bien, et j’ai continué dans ce sens-là. »

    Une exposition en trois temps : l'errance, le retour et la maturité artistique

    Depuis un demi-siècle, Grobli Zirignon peint pour soigner ses propres blessures intérieures et aider les autres à faire de même. Une démarche que ce psychanalyste a baptisée la psychart-thérapie. Autrement dit : utiliser l’art pour libérer les souffrances enfouies dans l’inconscient.

    « Je leur explique qu’il faut des couleurs, du papier blanc. Je leur dis de faire ce qu’ils veulent librement, de s’exprimer. Et quand ils ont fini, pendant une heure, je mets la toile au loin, on regarde ensemble et on en fait la lecture. Ils trouvent eux-mêmes ce qu’ils ont mis. Il y en a qui trouvent des souvenirs d’enfance, donc c’est l’usage de la peinture, des formes libres, le choix de couleur et ils s’en sortent. »

    L’exposition retrace trois grandes étapes de la vie de l’artiste : l’errance après son arrivée en France à l’âge de 13 ans ; le retour en Côte d’Ivoire dans les années 1970. Puis le temps de la maturité artistique. Une rétrospective avec un message adressé à la jeune génération.

    « Accepter de puiser dans le passé pour mieux appréhender l’avenir. Je pense que l’art africain a un bel avenir. Mais il est important qu’on fasse une pause et qu’on regarde la qualité de ce qui a été fait dans le passé pour pouvoir tenir la route encore. Et donc, ceux-là, sont nos maîtres », explique Christelle Mangoua, commissaire de l’exposition.

    Grobli Zirignon : figure majeure de l’art contemporain ivoirien

    Arrêtée devant une toile intitulée L’Ancêtre balafré, Diadjo, une amatrice d’art, semble hypnotisée. L’œuvre représente le visage d’un vieil homme marqué de scarifications. Fascinée par la technique et la matière, elle observe longuement les reliefs du tableau.

    « C’est le genre de tableau, quand on le voit, on est tout de suite attiré, on a envie de se rapprocher pour comprendre avec quel matériau il a fait ses œuvres d’art. C’est très technique, parce que la boue qui est beaucoup plus lourde que le carton peut abîmer le carton. C'est très très particulier. »

    Figure majeure de l’art contemporain ivoirien, Grobli Zirignon a formé plusieurs jeunes artistes. Il est notamment lauréat du prix Dumoulin d’originalité à Paris en 1976 et du prix de la Recherche aux Grapholies d’Abidjan en 1993. L’exposition « Grobli Zirignon : 50 ans de création – L’esprit des arts premiers » se poursuit jusqu’au 28 mai prochain.

    À lire aussiLa psychart-thérapie, un antidote contre la violence

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  • En Afrique du Sud, l'art et les mouvements de Dada Masilo continuent de vivre sur scène
    2026/05/17

    La chorégraphe originaire du township de Soweto est décédée fin 2024, à l’âge de 39 ans, créant un grand vide dans le monde de la danse. Elle laisse derrière elle plusieurs relectures et réinventions de classiques européens, comme le Lac des cygnes ou Roméo et Juliette. Des danseurs continuent de préserver ses œuvres et de les partager. À Johannesburg, ce week-end du 16 mai, les spectateurs ont pu assister à sa version d’Hamlet de Shakespeare.

    De notre correspondante à Johannesburg,

    Sur la scène du Market Theatre, les chorégraphies interprétées par la troupe portent bien l’empreinte de Dada Masilo. Les mouvements sont vifs, saccadés, explosifs ; l’histoire est racontée du point de vue féminin et les personnages défient les normes de genre. « Il est clair qu'elle nous a laissé un bel héritage. Tout le monde ressort de la salle impressionné et, même si elle nous a quittés beaucoup trop tôt, elle a incontestablement laissé une empreinte très forte », affirme Lesedi en sortant du spectacle, émue.

    Pour les artistes qui faisaient partie de la troupe de Dada Masilo, comme Thuso Lobeko, il aura fallu un long temps de deuil avant de parvenir à danser, à nouveau, l’un de ses spectacles : « Ça nous a pris une année entière. En 2025, on n’a rien pu faire autour du travail de Dada. On a tout arrêté et c’est seulement maintenant qu’on a décidé qu’on était prêts pour tenter de poursuivre ce qu’elle a commencé, confie-t-il. Au tout début, lors de la première semaine de répétitions, j’étais bouleversé, car j’avais l’impression qu’elle était là. Il y avait plein de petites choses qui n’arrêtaient pas de me faire penser à elle. J’espère qu’elle aurait aimé ce qu’on fait, et je sais qu’elle serait fière que l’on préserve son œuvre en continuant son travail. »

    À voir aussiLa chorégraphe sud-africaine Dada Masilo en un mot, un geste et un silence

    « Elle a transformé le monde de la danse »

    Ceux qui ont eu la chance de danser à ses côtés, comme Lehlohonolo Madise – choisie pour jouer Ophélie –, ont dû s’appliquer à transmettre ce style si particulier aux nouveaux venus de la troupe : « C’est un style qui mélange un peu de danse classique, avec des mouvements africains, explique-t-elle. Elle a transformé le monde de la danse, et ce qu’elle faisait était très différent de tous les autres chorégraphes du pays. » Dans Hamlet, comme dans plusieurs créations de l’artiste, l’œuvre européenne se retrouve déconstruite puis réinventée à travers un regard sud-africain.

    Llewellyn Mnguni, interprète de Gertrude et assistant-chorégraphe, a travaillé pendant douze ans aux côtés de Dada Masilo. « C’est comme si on allait rouvrir des archives et creuser dans nos propres mémoires, pour nous souvenir de la façon dont elle faisait ce travail, pourquoi elle créait ces mouvements et comment elle tissait des histoires ensemble, souligne-t-iel. Elle a créé une œuvre très importante et cela m’inquiétait de savoir si cela allait être préservé et si la prochaine génération pourrait en faire l’expérience. »

    Ce spectacle part désormais en tournée, cette semaine, en Angleterre, puis en Allemagne, avec la volonté de perpétuer l’héritage artistique de la chorégraphe regrettée.

    À lire aussiDanse: disparition de la chorégraphe et danseuse sud-africaine Dada Masilo

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  • Soudan du Sud: à Lankien, des habitants de retour dans le dénuement total [2/2]
    2026/05/16
    Au Soudan du Sud, la ville de Lankien a été complètement détruite lors du conflit qui sévit depuis janvier dans l'État du Jonglei, dans l'est du pays. Ce conflit oppose les Forces armées sud-soudanaises du président Salva Kiir et les forces de l’opposant Riek Machar. Les 20 000 habitants de Lankien ont fui et ont survécu tant bien que mal dans les forêts marécageuses avant de commencer à revenir, au mois d’avril, quand la situation s’est un peu stabilisée. Mais ils sont revenus dans une ville-fantôme, sans aucun service de base. De notre envoyée spéciale de retour de Lankien, Jacob Dak, la trentaine, se remémore ce à quoi ressemblait Lankien avant que la ville ne soit complètement détruite par une invasion de l’armée gouvernementale du Soudan du Sud début février. « Voilà, nous entrons dans le marché principal et à droite, vous pouvez voir le centre pour la jeunesse, où les jeunes font normalement des activités pendant la journée… », montre-t-il. Tout ce qu’il reste aujourd’hui du marché n’est que dévastation : amas de tôle ondulée carbonisée, murs en terre à moitié effondrés. « Lankien était une belle ville, mais maintenant, vous voyez bien, tout a disparu, poursuit le trentenaire. Il n’y a pas de magasins, pas de clinique, pas d’eau. Tout a été détruit. Il n’y a rien dans ce marché de Lankien qui puisse aider la communauté » Et pourtant, poussés par la faim et les conditions extrêmes de survie dans les forêts marécageuses, les habitants de Lankien reviennent, espérant que le conflit ne va pas reprendre. Au milieu des ruines du marché, on distingue deux ou trois groupes d’hommes en train d'ériger des structures en bois. « J’ai perdu tout ce que je possédais dans le conflit. Mon magasin a été détruit et pillé, témoigne parmi eux Hoth Majok, 28 ans, un commerçant de Lankien. Même ma maison a été pillée puis brûlée. En plus, j’ai perdu tout l’argent liquide que j’avais économisé, il m’a été volé lors de l’attaque. Maintenant, je reconstruis mon magasin avec mes frères. Nous allons reconstruire le marché. Car lorsque les denrées seront à nouveau acheminées et proposées à la vente, encore plus d’habitants vont revenir, j’en suis persuadé. » À lire aussiSoudan du Sud: les États-Unis imposent des restrictions de visa aux dirigeants qui ont «compromis la paix» Un risque de famine Hoth espère aussi le retour des ONG. Mais la fermeture définitive de l’hôpital MSF annoncée début mai – il avait été bombardé, pillé et complètement saccagé début février, lors de l’invasion de la ville par les forces gouvernementales – et le manque de nourriture, malgré la reprise des distributions du Programme alimentaire mondial, ne font que perpétuer la souffrance des habitants. Après avoir fui Lankien, Nyanchiow Mabil, une femme de 35 ans, s’est réfugiée à Nyatim, un camp de déplacés improvisé situé à une vingtaine de kilomètres de la ville, bloqué de tout accès humanitaire par les autorités de Juba. « À Nyatim, nous avons beaucoup souffert, dénonce-t-elle. Nous n’avions que des feuilles, des nénuphars et des fruits sauvages à manger. Beaucoup de gens sont morts de faim. Ceux qui ont détruit notre ville, notre hôpital, notre marché, qui ont même cassé notre puits, ne doivent jamais revenir. C’est à cause d’eux que nous sommes dans cette situation atroce. Voilà ce que nous voulons, nous les femmes et les mères de Lankien : qu’ils nous laissent tranquilles. » Fin avril, l’ONU a fait part d’un risque de famine dans les zones les plus touchées par le conflit. Le blocage de l’assistance humanitaire a été en partie levé par les autorités de Juba. À lire aussiSoudan du Sud: l'hôpital de MSF de Lankien, ouvert dans les années 1990, a été quasiment détruit [1/2]
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  • Soudan du Sud: l'hôpital de MSF de Lankien, ouvert dans les années 1990, a été quasiment détruit [1/2]
    2026/05/15

    Au Soudan du Sud, le conflit dans le nord de l'État du Jonglei a fait plus de 300 000 déplacés depuis début 2026. Ce conflit oppose les signataires de l'accord de paix de 2018, c'est-à-dire les forces du président Salva Kiir et celles de Riek Machar, vice-président aujourd'hui détenu et en procès à Juba. RFI a pu se rendre à Lankien, à 400 kilomètres au nord-est de la capitale. Cette ville du Nord a été complètement ravagée par le conflit, et l'hôpital de l'ONG Médecins sans frontières (MSF), qui existait là-bas depuis plus de 30 ans, n'a pas été épargné. Cette structure, vitale pour 250 000 personnes, a été entièrement détruite en février 2026. Une équipe de MSF est retournée sur le site de l'hôpital pour la première fois, en avril. Notre correspondante l'a accompagnée.

    « Comment dire... C'est une destruction généralisée », lâche Ben Greenacre, chargé des affaires humanitaires pour Médecins sans frontières au Soudan du Sud. Avec quatre collègues, il découvre avec stupéfaction l'étendue des dégâts à l'hôpital MSF de Lankien, dans le Jonglei : « Le matériel médical a été réduit en détritus. Toutes sortes de matériaux ont été jetés par terre. C'est clairement le résultat du pillage de l'hôpital. »

    Évacué le 3 février 2026, l'hôpital a été bombardé le soir-même par l'aviation sud-soudanaise. Il a été complètement saccagé, après que l'armée gouvernementale a pris la ville de Lankien, jusque-là bastion de l'opposition : « Nous sommes au Soudan du Sud depuis plus de 40 ans, et ici, à Lankien, depuis 33 ans. Des générations entières sont nées, ont été soignées et ont travaillé à l'hôpital MSF. Aujourd'hui, la destruction est quasi-totale. »

    Déambulant d'un pavillon à l'autre, l'équipe observe que tous les lits, tous les meubles de l'hôpital ont disparu. Tout ce qui ne pouvait pas être volé a été cassé, brûlé, jeté dehors. Des milliers de documents et de registres tapissent le sol des allées extérieures. Un employé local de MSF, présent le jour du bombardement, témoigne de façon anonyme : « Nous avions 48 patients, dont 26 soignés pour des blessures par balle. Nous les avons tous fait sortir et avons fermé l'hôpital le 3 février. Et, puis le soir-même, nous avons entendu quand un avion a lâché une bombe sur notre pharmacie. Trois jours plus tard, la ville a été capturée par l'armée gouvernementale et ses milices alliées. »

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    « Il y a un cratère au milieu de l'hôpital »

    Les 20 000 habitants de Lankien ont fui. C'est dans les jours suivant l'arrivée des troupes gouvernementales que la destruction de l'hôpital et de la ville a eu lieu. Les responsables du pillage n'ont pas été clairement identifiés par MSF, dont les employés ont fui la ville eux aussi. Mais tout indique que ce sont les forces pro-gouvernementales qui ont voulu priver Lankien d'hôpital, comme pour punir la communauté pour son soutien supposé au mouvement de Riek Machar.

    Yashovardhan, chef de mission MSF, n'en croit pas ses yeux : « Je n'ai jamais rien vu de tel. Il y a un cratère au milieu de l'hôpital à cause du bombardement aérien. Et tout le complexe autour a été saccagé. Vous pouvez voir que cela a été fait de façon intentionnelle, pour que MSF n'ait pas d'autre choix que de fermer cet hôpital. »

    L'hôpital de Lankien est le quatrième hôpital fermé par MSF au Soudan du Sud depuis la reprise des combats début 2025.

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  • Madagascar: les déjeuners militants du Zoma Maninona par Carine Ratovonarivo
    2026/05/14

    C'est un concept qui vient de fêter ses cinq ans. Dans la Haute Ville d'Antananarivo, deux vendredis par mois, l'éco-designeuse Carine Ratovonarivo organise des Zoma Maninona, littéralement, des « vendredis, ça va bien ». Des déjeuners éco-responsables où l'artiste passe derrière les fourneaux pour faire dialoguer cuisine, patrimoine et écologie. Immersion dans le jardin d'Andohalo.

    « Bonjour à tous, bienvenue au Zoma Maninona, merci d'être là pour cet événement dédié à l'écologie » : ce vendredi-là, Carine Ratovonarivo accueille ses trois invités du jour.

    Depuis cinq ans, l'artiste tananarivienne propose, pour 10 000 ariary – environ deux euros –, un voyage culinaire à travers les régions de Madagascar. Au pied des petits pavillons d'Andohalo, premier jardin historique de la capitale, elle invite ses hôtes à prendre place sur les nattes et poufs, puis présente le menu :

    « Aujourd'hui, je vais vous servir mes fameux cakes verts. C'est ma signature, puisque je fais pousser mon petit potager ici, dans la Haute Ville. C'est important pour moi de parler de tout ce qui est localement sourcé et de saison. À côté, vous avez aussi des achards, qui répondent à des héritages culinaires traditionnels. C'est un mélange de recettes tananariviennes et Betsimisaraka. C'est mon interprétation familiale sur deux territoires donnés. Aujourd'hui, nous avons un rhum exceptionnel de fleurs de capucine comestibles qui poussent à deux pas d'ici et qui a un peu plus d'un an d'âge. »

    Carine cuisine tout. Elle tient aussi à perpétuer certaines traditions : « Tout rituel à Madagascar, de fête de la naissance jusqu'à la mort, c'est avec du rhum d'abord, donc je t'invite à prendre un peu de rhum, à en verser d'abord aux ancêtres (tradition qui consiste à verser du rhum au sol, en honneur aux ancêtres disparus, NDLR). » « Je dédie ce déjeuner aux rois et reines, aux Razambe (grands ancêtres, NDLR) », lance Onja, l'un des invités. « Et merci à Carine de nous avoir accueillis ici », poursuit-il.

    Rencontrer des personnes engagées

    Autour des plats, les discussions s'enchaînent. Politique, création, développement du pays, écologie du quotidien... « J'aime rencontrer les personnes qui viennent au Zoma Maninona. C'est l'occasion pour moi de rencontrer plusieurs personnes de différents milieux, qui sont souvent aussi très engagées pour le développement de Madagascar. C'est le seul événement, je pense, où on peut vraiment échanger, partager des idées et s'inspirer aussi de ce que Carine propose, parce que c'est vraiment de la recherche », reprend Onja.

    Une démarche écologique jusque dans les détails du service. « Je vais maintenant démouler les cakes et les servir dans des coco-bols. J'utilise toujours des objets recyclés, pour lutter contre l'usage unique et aussi pour pouvoir lutter contre la profusion de la vaisselle plastique », explique Carine Ratovonarivo.

    Au Zoma Maninona, le repas devient un espace de réflexion sur nos manières de consommer, mais également de se rencontrer. Un déjeuner transformé, par une artiste, en geste à la fois culturel, politique et profondément écologique.

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  • Sénégal: le musée de la culture diola à Mlomp, gardien des traditions de Casamance
    2026/05/13

    C'est l'histoire d'un tout petit musée, situé dans le village de Mlomp, en Casamance, dans le sud du Sénégal. En 1992, un homme a commencé à rassembler des objets traditionnels de son village, pour les exposer : des outils pour cultiver le riz, pêcher le poisson, mais également des fétiches, ou encore le tambour téléphone qui servait à passer des messages aux voisins. De ce projet est né le musée de la culture diola, le plus ancien lieu d'exposition dans la zone de Ziguinchor.

    De notre correspondante de retour de Mlomp,

    « Ici, vous avez la marmite », désigne Laurent Sambou, guide du musée de Mlomp. « Le Diola n'avait pas de frigo, mais il pouvait garder ses poissons une ou deux semaines », confie-t-il. Sous un toit de chaume percé au centre pour laisser entrer la lumière et l'eau de pluie, Laurent guide quelques touristes à travers cette case traditionnelle à impluvium. Bienvenue au musée de la culture diola.

    D'une jarre en terre cuite aux boucliers en carapace de tortue utilisés pour les combats contre le colonisateur en passant par un piège à poisson en feuilles de palme tressée, Binta, venue de Dakar pour les vacances, n'a jamais vu ça : « C'est exceptionnel parce que nous, nous sommes Sérères et Lébous, et ça fait du bien de découvrir cette autre partie du Sénégal et sa culture. » Une cinquantaine d'objets du quotidien racontent le mode de vie et les croyances diola vieilles de plus d'un siècle.

    À l'origine de ce musée, il y a plus de 30 ans, un habitant de Mlomp : « Je m'appelle Jules Sambou. J'ai créé le musée avec des feuilles de palmier rônier. Grâce à une collecte, j'ai pu construire une case à impluvium. » À l'époque, en 1992, le Sénégal accueille la Coupe d'Afrique des nations. Jules Sambou veut en profiter pour créer un lieu spécial, et tenter de faire venir des touristes, alors que la Casamance travers une période de conflit armé intense entre l’armée sénégalaise et le Mouvement indépendantiste du MFDC : « J'ai simplement exposé quelques pièces traditionnelles du quotidien et des objets fétiches. Au début, la recherche d'objets était difficile, mais aujourd'hui, une quarantaine sont présentés : des objets usuels déjà utilisés du temps de nos ancêtres, il y a plus de 100 ans. »

    En 2016, la Case à impluvium subit une tempête et se dégrade. Jusqu'à ce que la Fondation de la Banque de l'habitat du Sénégal décide de rénover le bâtiment en 2023 et de revoir la mise en valeur des objets exposés par les familles du village. Alyssa Barry, architecte spécialiste du patrimoine, se souvient : « Les objets étaient posés à même le sol, ils prenaient la poussière, il n'y avait aucune explication sur ce que ces objets représentaient. Notre travail a donc été de repenser la scénographie. »

    Désormais des panneaux expliquent l'usage et à quelle famille les lances ou tenues exposées appartiennent. Ces objets ont été regroupés par thème : instruments de musique, outils agricoles, armes, ou encore objets spirituels.

    Depuis la rénovation, un livre d'or de 400 pages a déjà été rempli, trace du passage de milliers de touristes dans cette case traditionnelle située sur la place publique royale du village, sous les fromagers géants.

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  • L'île de Tiwai, joyau de biodiversité et atout touristique de la Sierra Leone
    2026/05/12

    La Sierra Leone cherche à faire valoir ses atouts pour développer le tourisme. L'un de ses joyaux se situe dans l'est du pays, sur le fleuve Moa : l'île Tiwai. Cette île intérieure regorge d'une biodiversité exceptionnelle, et notamment une grande variété de primates, ce qui lui a valu d’être classée au patrimoine mondial de l'Unesco, en 2025. Les gestionnaires misent sur l'augmentation des revenus touristiques pour renforcer la protection du parc, et soutenir la recherche scientifique.

    De notre correspondant de retour de l'île Tiwai,

    Au cœur de la forêt luxuriante, c'est avec un large sourire qu'Amadou Youssouf accueille les visiteurs. Il est le responsable de la conservation dans le sanctuaire que constitue l'île Tiwai, en Sierra Leone. Gravement menacé à cause de la guerre civile, il y a une vingtaine d'années, ce sanctuaire de biodiversité se porte aujourd'hui mieux que jamais, grâce à la bonne gestion de l'ONG Environmental Foundation for Africa, qui est parvenue à le faire classer au patrimoine mondial de l'Unesco :

    « Le parc a été sélectionné en 2023. Après avoir soumis nos dossiers, on a reçu la visite des examinateurs de l'Unesco, et finalement, le parc a été classé en 2025. C'est un grand succès pour nous ! On remarque déjà un effet sur la fréquentation du parc, le nombre de visiteurs a augmenté depuis l'an dernier. Cela nous donne plus de ressources pour protéger le parc et sa biodiversité exceptionnelle. »

    À lire aussiSierra Leone: l'île de Tiwai classée par l'Unesco pour sa biodiversité exceptionnelle

    Un centre de recherche scientifique

    Les visiteurs peuvent y admirer la grande variété de primates. À peine entré dans la forêt, on peut les voir sauter de branche en branche. Kinawa Kuruma est le guide forestier : « Il y a ici 11 espèces de primates ici, et notamment des cercopithèques diane. Ils sont très nombreux ici. On les reconnaît facilement, ils sont noirs et blancs, avec une teinture rouge dans le dos. Il y a aussi une grande variété d'oiseaux, comme des martins-pêcheurs à tête rousse. Les touristes adorent les prendre en photo quand on fait le tour de l'île en bateau. Nos visiteurs viennent de partout pour voir toutes ces espèces : on a des Américains, des Suisses, des Norvégiens... »

    L'île Tiwai n'est pas qu'une attraction touristique. Elle accueille aussi un centre de recherche scientifique, en partenariat avec l'université Njala de la ville de Bo, explique Amadou Youssouf : « Des chercheurs du département de biologie de l'université Njala viennent ici avec leurs étudiants. Ils mènent des recherches aussi bien sur la faune que sur la flore : les différents types de chimpanzés et d'oiseaux et la végétation, qui est aussi très riche. En ce moment, on accueille un doctorant. Il fait sa thèse sur le comportement des chimpanzés. Il a posé des caméras dans la forêt pour les observer. »

    Le succès du parc bénéficie aussi aux populations locales. C'était l'une des exigences de l'Unesco. Une partie des revenus issus du tourisme finance des projets de développement dans les villages voisins, notamment en soutenant l'agriculture.

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