エピソード

  • Centrafrique: la fabrication de briques cuites, une activité vitale aux lourdes conséquences environnementales
    2026/01/22

    En Centrafrique, la fabrication de briques cuites prend de l'ampleur ces derniers mois. À Boeing, localité située derrière l’aéroport de Bangui, la fabrication artisanale de briques s'impose comme un moyen de survie pour de nombreux jeunes désœuvrés. Faute d’emplois et de perspectives, ils exploitent la terre et le bois environnants pour produire ces matériaux indispensables à la construction. Mais cette activité entraîne une dégradation accélérée de l’environnement, marquée par l’érosion des sols, la destruction de la végétation et la déforestation liée à la cuisson des briques. Entre nécessité économique et urgence écologique, la population locale se retrouve face à un dilemme sans solution immédiate.

    De notre correspondant à Bangui,

    Une épaisse fumée grise s’élève au-dessus de cette carrière à ciel ouvert, aux abords du quartier de Boeing. Le sol y est éventré de manière anarchique, le paysage est défiguré, accidenté et dangereux.

    Munis de pelles et de pioches, Ruffin et son équipe d'au moins huit personnes mettent en place des fours rudimentaires. Des ouvrages d’argile dans lesquels des milliers de briques cuisent lentement, au rythme du feu : « Comme d'habitude, après l’extraction, l’argile est mélangée à de l’eau, longuement pétrie, puis moulée dans des cadres en bois. Les briques encore humides sont séchées au soleil pendant plusieurs jours. Elles sont ensuite empilées dans les fours que vous voyez, alimentés par une importante quantité de bois. La cuisson dure parfois plus de 48 heures. »

    Pour atteindre les températures maximales, les briquetiers utilisent du bois en quantités considérables. Selon Ruffin, ces arbres sont abattus aussi bien dans les quartiers que dans les forêts environnantes : « Sans cette activité, je ne peux pas nourrir ma famille. Parmi nous, il y a des étudiants et des diplômés sans emploi. Je pratique cette activité depuis une dizaine d’années. Au début, on trouvait facilement des arbres. Mais ces dernières années, avec l’augmentation du nombre de fabricants, il nous faut aller très loin dans la forêt. »

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    « Déforestation accélérée »

    En l’absence d’industries modernes capables de produire des matériaux de construction à grande échelle, les habitants se tournent vers des méthodes artisanales. Une activité essentielle à la survie de nombreux foyers, mais qui dissimule une réalité sombre. Anicet, notable du chef du quartier Boeing, en témoigne : « La cuisson des briques exige une grande quantité de bois, contribuant à une déforestation accélérée. Comme vous pouvez le constater, les arbres disparaissent, laissant place à des sols nus et fragilisés. La fumée dégagée par les fours pollue l’air. Aujourd'hui, le changement climatique s’impose de plus en plus. »

    Des ONG et quelques initiatives locales tentent d’expérimenter d'autres alternatives, mais leur impact reste limité face à l’ampleur du phénomène. Germain Bissafi, environnementaliste : « Il présente les conséquences de la production des briques et propose des solutions. »

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  • Centrafrique: le fléau des violences faites aux femmes est en pleine croissance, même en milieu rural
    2026/01/21

    Les violences faites aux femmes au sein des foyers connaissent une hausse préoccupante, y compris en milieu rural en Centrafrique. Illustration dans le village de Batalimo, dans la Lobaye, au sud-ouest du pays. Souvent cachées derrière le silence familial, ces violences sont alimentées par une domination patriarcale persistante, l’impunité, les séquelles des conflits armés et la pauvreté qui rend de nombreuses femmes économiquement dépendantes. Par peur de la stigmatisation, beaucoup de victimes n’osent pas dénoncer ces abus, subissant de lourds traumatismes psychologiques et physiques qui freinent leur épanouissement social.

    La pièce est fébrilement éclairée d'une lampe tempête. Cette jeune femme de 26 ans, dont nous ne donnerons pas le nom, est allongée dans un lit en bambou. Son visage est partiellement bandé par un pansement : autour de ses yeux, la peau est gonflée, violacée. Devant elle, une bassine en plastique remplie d’eau chaude. Sa mère y trempe une serviette, lui massant le visage, le dos et les articulations d'un geste lent, presque mécanique.

    « Je me remets difficilement après les multiples violences de mon mari. Au début, ce n’étaient que des paroles dures, raconte-t-elle. Puis les cris sont devenus des coups. Les violences ont commencé à devenir régulières. Chaque gifle était suivie d’insultes et d’humiliations. Plusieurs fois, il m’a frappée devant nos enfants, terrorisés, qui pleuraient à chaudes larmes. »

    « Il a frappé mon visage avec un bâton »

    La parole de cette femme est lente et prudente. Comme beaucoup de victimes, elle a appris à se taire, par peur, par honte, ou simplement pour survivre : « Les coups reçus ne sont pas seulement physiques : ils atteignent ma dignité. Dans de nombreux foyers, la vie en couple est censée être un lieu de protection, mais chez moi, c’était un espace de danger. La semaine dernière, il a frappé mon visage avec un gros bâton, et je porte encore les blessures. C’est alors que j’ai pris mon courage à deux mains pour retourner chez ma mère. »

    Roger est jardinier. Il se déplace entre les rangs de carottes et de choux, le tuyau d’arrosage à la main, comme une extension naturelle de son corps. Âgé d’une quarantaine d’années, il a aussi été un homme violent : « J'ai vécu des atrocités pendant les crises que le pays a connues. Je suis quelqu'un qui a grandi dans un climat de colère, de traumatisme. Un jour, j'ai demandé de l'aide à l'Église pour arrêter la violence. J’ai appris à me taire et à calmer mes colères. »

    Les violences conjugales touchent toutes les catégories sociales, tous les âges et toutes les régions du pays. Dans son cabinet, Me André Olivier Manguereka, avocat au barreau de Centrafrique, présente un lot de dossiers relatifs aux violences faites aux femmes, une cinquantaine de dossiers environ : « Les violences sexuelles font partie des infractions qu'on appelle d'attentat aux moeurs. Il y a des peines prévues, par exemple la peine de mort pour un viol, lorsqu'il a entraîné le décès de la victime ou s'il a été suivi ou accompagné d'enlèvement, de torture ou d'actes de barbarie. »

    Afin d’apporter un soutien à ces femmes, l’Association des femmes juristes centrafricaines (AFJC) met à leur disposition un espace sécurisé leur permettant de s’exprimer et de bénéficier d’un accompagnement psychologique. L’AFJC œuvre également pour la promotion de l’accès des femmes à la justice et pour la lutte contre l’impunité des auteurs de violences.

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  • Soudan: dans l'État nordiste d'El-Shemaliya, la guerre n'est ni loin ni proche [3/3]
    2026/01/20

    Épargnée par les combats depuis le début du conflit, l'État d'El-Shemaliya, le plus au nord du Soudan, est sur ses gardes. Au mois de juin 2025, les paramilitaires des FSR ont conquis la zone « du Triangle », aux confins de l’Égypte et de la Libye. En octobre, les paramilitaires opposés à l'armée s'étaient déjà emparés d’El-Fasher, capitale du nord du Darfour, et désormais leurs troupes progressent dans le nord du Kordofan. Délimité par une vague frontière tracée en plein milieu du désert, la région du Nord se retrouve à présent en contact direct avec les zones contrôlées par les paramilitaires. Un face-à-face lointain mais pas moins menaçant. À Karima, le long du Nil, la guerre s'immisce dans le quotidien des habitants.

    De notre envoyé spécial à Karima,

    Si la guerre reste lointaine, à Karima, elle est dans tous les esprits et toutes les discussions. Amjad Awad était bijoutier sur un marché de la capitale. Comme des dizaines de milliers d’autres, il s’est réfugié dans sa ville natale : « Ici, tout le monde a le sentiment que la guerre n’est pas loin. Il y a quelques mois à peine, les paramilitaires ont attaqué le Triangle à la frontière libyenne. Tout le monde se demandait s’ils allaient attaquer Karima. On vit dans l’angoisse. Quand tu dors la nuit, tu gardes toujours en tête que des drones peuvent frapper. »

    Le 13 novembre 2025, une quinzaine de drones suicides ont été lancés par les paramilitaires sur le barrage de Mérowé, endommageant la plus grande installation hydroélectrique du Soudan. Les coupures d’électricité et surtout la paralysie des routes commerciales minent l’économie locale, selon Moubarak Al-Tayeb, producteur de dattes.

    « On plante des dattiers depuis des générations. C’est notre héritage, raconte-t-il. Mais la guerre touche directement les cultivateurs. Pendant six mois, l’électricité était coupée, le réseau a été réparé et, deux semaines après, il était à nouveau frappé par les drones. Sans électricité, les pompes à eau se sont arrêtées. Toutes nos cultures sont mortes de sécheresse, détaille le producteur. Des déplacés sont venus se réfugier ici par milliers. La guerre a des conséquences sur l’éducation, la santé, le pouvoir d’achat. Aujourd’hui, les gens n’ont plus les moyens d’envoyer leurs enfants à l’université. Les jeunes s’engagent dans l’armée. Ou bien beaucoup s’exilent à l’étranger et certains vont travailler dans les mines d’or. »

    « Que Dieu nous venge des Forces de soutien rapide »

    Le soir venu, Karima est plongée dans le noir : une ville entière brandit la lumière de son téléphone pour se guider dans les ruelles sombres avant l’heure du couvre-feu, fixé à 22 h.

    Dans le souk, à l’heure de fermer boutique, Mustafa Sayed enrage : « Que Dieu nous venge des Forces de soutien rapide [les paramilitaires qui s'opposent à l'armée fédérale - NDLR]. Si encore ils n’avaient fait que voler de l’argent, mais ce qu’ils font, c’est qu’ils cassent tout sur leur passage. Ils appliquent la stratégie de la terre brûlée, s'énerve le commerçant. Moi, ici, à Karima, si le danger se rapproche, je rejoindrai la première base militaire pour prendre une kalachnikov : je mourrai pour défendre ma région. »

    Dans le sillage de la mobilisation décrétée aux premiers jours de la guerre par le général Abdel Fattah al-Burhan, à la tête de l'armée régulière, des dizaines de milliers d’hommes se sont engagés sous les drapeaux. Chaque région du Soudan a désormais sa propre milice. Le pays entier s’est converti en une caserne militaire à ciel ouvert.

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    À lire aussiSoudan: le pillage du musée national[2/3]

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  • Soudan: le pillage du musée national[2/3]
    2026/01/19

    Pendant leur occupation de Khartoum qui a duré près de deux ans, les soldats des Forces de soutien rapide ont dévalisé les collections inestimables du musée national du Soudan. Inauguré en 1971 sur les rives du Nil Bleu à quelques pas du palais présidentiel, le musée renfermait près de 100 000 artefacts remontant de l’âge préhistorique à la période islamique en passant par l’ère chrétienne, la civilisation nubienne et surtout le royaume de Koush, bâtisseur des pyramides du Soudan. Depuis la reprise de la capitale par l’armée soudanaise, les équipes du musée sont à l’ouvrage pour nettoyer le bâtiment devenu champ de bataille, et faire un inventaire détaillé afin de recenser l’étendue du pillage.

    De notre envoyé spécial de retour de Khartoum,

    Des tirs de roquettes ont laissé des trous béants sur la façade. La grande baie vitrée du musée a volé en mille morceaux et les jardins sont encore truffés d’explosifs. Jamal Mohammed Zein est le premier employé du musée à être retourné sur les lieux.

    « À l’intérieur, tous les verrous avaient été forcés, toutes les portes laissées béantes. Je me suis précipité dans la grande réserve qui abrite plus de 100 000 pièces archéologiques. Partout des objets jonchaient le sol. Les caisses avaient été ouvertes et pillées. Beaucoup d’artefacts ont été cassés, ébréchés. »

    « Ils ont entièrement pillé la chambre de l’or koushite »

    Munis de brouettes et de pelles, des ouvriers nettoient le bâtiment. Un comité a été constitué pour évaluer les dégâts et l’ampleur du pillage. À sa tête, la docteure Rihab Khidir qui estime qu’au moins 4 000 pièces d’une valeur inestimable ont été volées.

    « Ils ont entièrement pillé la chambre de l’or koushite qui abritait des centaines de pièces ornementales. Des colliers, des bagues entièrement fabriquées en or. Des bijoux qui datent de l’époque koushite, du royaume de Napta et Méroé, et qui avaient été trouvés à l’intérieur des tombes royales. »

    L’administration du musée indique détenir des preuves qu’au moins trois camions chargés de pièces archéologiques ont quitté la capitale au mois d’août 2023 vers l’ouest du pays. Les miliciens des Forces de soutien rapide tenteraient déjà de vendre leur trésor à l’étranger.

    « Dès le début de la guerre, des collègues à l’étranger ont contacté les conseillers des Forces de soutien rapide pour leur dire que le patrimoine est une ligne rouge. C’est un bout de notre culture, un pan de notre histoire qui n’a rien à voir avec le conflit actuel. Ils ont bien reçu le message, ont dit qu’ils étaient prêts à coopérer, mais pourtant tout a été volé. »

    À lire aussiAu Soudan, le gouvernement remet la main sur des centaines d'artefacts pillés par les FSR

    Les pertes totales pour les musées du Soudan estimées à 110 millions de dollars

    Une véritable course contre la montre s’est engagée avant que les artefacts volés ne soient vendus illégalement à des acheteurs peu scrupuleux. Les autorités soudanaises ont déjà émis une alerte mondiale auprès d’Interpol pour retrouver les pièces du royaume de Koush.

    « Les Forces de soutien rapide sont stupides. Qui veulent-ils gouverner ? Celui qui n’a pas d’histoire n’a pas de présent. Le patrimoine, c’est nos racines. Ils disent que leur cœur est avec la patrie. Ils disent qu’ils veulent gouverner le pays, alors pourquoi ne protègent-ils pas notre héritage ? Ce patrimoine volé, cette civilisation, c’est celle de tout un peuple, et même de toute l’humanité. »

    Le pillage de l’Histoire soudanaise ne s’est pas limité à la capitale. Les paramilitaires ont vandalisé ou endommagé une dizaine de sites historiques à travers le pays. Les pertes totales pour les musées du Soudan sont estimées à près de 110 millions de dollars.

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  • Au Soudan, les rescapés des massacres d’El-Fasher témoignent [1/3]
    2026/01/18
    Le 26 octobre dernier, après plus d’un an et demi de siège, les milices paramilitaires des Forces de soutien rapide se sont emparées du dernier bastion de l’armée régulière au Darfour. Filmant leurs exactions dans des vidéos publiées sur les réseaux sociaux, les troupes du général Hemedti se sont adonnées à des tueries de masse parmi les 170 000 à 260 000 civils encore pris au piège dans la ville. Des massacres également documentés depuis l’espace par des images satellites. De notre envoyé spécial dans le camp de déplacés d’El-Affad, La ville d'El-Fasher est « une scène de crime », a résumé fin décembre la coordinatrice humanitaire des Nations unies, Denise Brown. Elle n’a été autorisée à passer que « quelques heures » sur place. Des dizaines de milliers de personnes auraient été exécutées et plus de 107 000 personnes sont parvenues à fuir la ville, selon l’OIM. « Ils sont tous morts » Dans le camp de déplacés d’El-Affad, aux abords d’Al Dabbah dans l'État du Nord du Soudan, une ville sous le contrôle de l’armée régulière, les rescapés d’El-Fasher racontent l’horreur. Sur chaque toile de tente, à côté d’un numéro qui leur a été attribué, ils ont tracé leurs noms avec un bout de charbon, en lettres noires. D’un abri à l’autre, on déchiffre presque uniquement des prénoms féminins. Mais où sont passés les hommes ? « Ils sont tous morts. Nos enfants, nos maris, nos frères. Tous ont été tués, nous interpelle une femme âgée, à l’entrée du camp. Il ne reste que les femmes. Regarde autour de toi ! Dans toutes les familles, c’est comme ça. À chaque femme, il manque un frère, un fils, un époux. Il ne reste que des femmes et des enfants. Les hommes ne sont plus là. » En plein milieu d’un terrain de sable, sous le vent constant et un soleil écrasant, des veuves sèchent des larmes silencieuses dans leur foulard. « Nous avons perdu toute trace d’environ dix hommes de ma famille. Moi, je suis venue ici avec le seul enfant qui me reste, témoigne Hawa, en larmes. Elle a dû se résoudre à abandonner son mari blessé derrière elle. Les autres sont morts. Un obus est tombé sur notre maison. J’avais trois enfants. Habeeb et Alaedine sont morts. Que Dieu les protège. Pardon, je ne peux plus parler. » À lire aussiSoudan: 1000 jours d’une guerre à l’origine de la pire crise humanitaire au monde « Il y avait des corps partout » À ses côtés, son fils Salah, 12 ans, le seul survivant. « Mon papa n’est plus là. On ne sait pas où il est. On a vu les Forces de soutien rapide nous encercler. Ça bombardait dans tous les sens. Puis, ils sont entrés. Ils tuaient les femmes, les hommes, les enfants, en pleine rue. Il y avait des corps partout. » Dans le camp d’El-Affad, pas une famille n’est arrivée au complet. Le jour de l’attaque, Asma Ibrahim n’a pas pu rejoindre son mari soigné à l’hôpital. Tirant ses enfants par la main, elle a rejoint les interminables cortèges de civils fuyant la ville. « Ils ont fait beaucoup de prisonniers et demandent une rançon aux familles. Si tu ne payes pas, ils les éliminent, explique-t-elle. Il y a aussi des gens qui ont été forcés de rentrer à El-Fasher. Ils veulent dissimuler toutes traces de leurs crimes. En ce moment même, ils sont en train de nettoyer la ville. Ils veulent faire croire que les gens peuvent revenir à une vie normale, comme s’il ne s’était rien passé. » Les survivants d’El-Fasher dénoncent l’inaction de la communauté internationale face aux crimes des paramilitaires. Des images satellites font pourtant état de charniers incendiés et de fosses communes dans une ville entière devenue cimetière. À lire aussi«Les soldats, parfois, étaient des camarades de la rue»: les shamassa, ces enfants de la guerre au Soudan
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  • L’été austral en Afrique du Sud: dans les banlieues sensibles du Cap, la piscine comme remède contre le crime [4/4]
    2026/01/17

    En Afrique du Sud, les Cape Flats sont des banlieues sensibles du Cap héritées de l'apartheid, où la présence des gangs est alarmante et les fusillades presque quotidiennes. Là-bas, pendant les vacances scolaires, la moindre activité peut sauver les jeunes et les empêcher de rejoindre la criminalité. Les piscines jouent alors un rôle social, comme un remède contre le crime.

    De notre envoyé spécial au Cap,

    Les habitants du Cap ont longtemps eu l’habitude de voir leurs piscines publiques fermées en plein été, à cause de maintenances à rallonge. Cette année, la ville se félicite d’avoir ouvert 36 de ses 37 piscines municipales. « C'est magnifique de venir ici. Voilà ma fille qui vient vers nous. Ici, elle profite du soleil et s'amuse dans l'eau », explique ce père de famille dont la fille reste habituellement « à la maison et regarde la télévision ».

    Nous sommes à Khayelitsha, deuxième plus grand township d’Afrique du Sud, aussi l’un des plus dangereux du pays. Pour Gareth, qui vient souvent en famille, cette piscine incarne la sécurité et le calme : « Je pense que c'est un lieu de réconfort pour les enfants, ils peuvent s’amuser loin de ce fléau des violences domestiques. Ici, ils sont à l’aise. Nous avons besoin de plus d'activités, comme du volley-ball, du waterpolo, des cours de natation pour les enfants. Ce serait encore mieux pour eux. »

    Dans un autre quartier des Cape Flats, Nabilah Diedericks a justement choisi d’ouvrir sa propre école de natation, dans le jardin de ses parents. « J’ai grandi ici. À la place de cette piscine, il y avait la chambre de ma sœur. Et là, une salle de bain. Vous savez, la transformation dans le sport est assez lente. On aimerait enfin voir un membre de nos communautés monter sur un podium pour changer les choses », confie-t-il.

    Dans ce quartier, la période des vacances scolaires est cruciale. Les jeunes, n’ayant plus école, sont plus à même de rejoindre la criminalité, alors que ces quartiers sont gangrenés par les gangs. « C’est quand l’ennui s’installe que les gangs cherchent à vous attirer. Vous seriez surpris de voir combien d'enfants âgés de quatre, cinq ou six ans sont très loin d’être naïfs : ils vous parlent des types de gangs et de drogues qu'ils connaissent. Maintenant, imaginez que vous venez d’une de ces communautés défavorisées. Vous obtenez un financement pour suivre des cours de natation. Disons que vous devenez instructeur, que vous travaillez pour une institution et que vous gagnez votre vie. En faisant cela, vous brisez ce plafond de verre », estime-t-il. En d’autres termes, grâce à la natation, Nabilah Diedericks veut remplacer la figure du gangster par celle du sportif, comme exemple pour la jeunesse.

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  • L’été austral en Afrique du Sud: des retraités abandonnés dans les maisons municipales de Johannesburg [3/4]
    2026/01/16

    En Afrique du Sud, à Johannesburg, l’effondrement des services publics a un impact considérable sur les personnes âgées. Les 39 maisons de retraite publiques de la ville sont en faillite, sans budget pour les réparer ou les rénover. Au fil des années, les murs s’effritent et se fissurent, des toits s’effondrent, et certains appartements restent vides, trop insalubres pour être loués, attirant alors la convoitise des criminels. Sur place, c’est le système D pour les résidents précaires, qui n’ont pas les moyens de vivre dans une résidence privée.

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  • Afrique du Sud: le recyclage des claquettes au Cap [2/4]
    2026/01/15

    Alors que les vacances estivales touchent à leur fin en Afrique du Sud, zoom aujourd'hui sur un artiste qui transforme les tongs des touristes en souvenirs de vacances. Une initiative artistique, mais aussi environnementale, alors que l’Afrique du Sud est l’un des plus gros pollueurs plastique du continent.

    Le site de la boutique de Davis Ndungu

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