エピソード

  • Les qualifiés pour la Coupe du monde 2026: tout le Maroc y croit [1/10]
    2026/05/31

    Durant les dix derniers jours avant le début de la Coupe du monde 2026 de football, RFI vous emmène dans chacune des nations africaines qualifiées. Au Maroc, l'espoir est immense de voir les Lions de l'Atlas rééditer l'exploit du Qatar. En 2022, emmenés notamment par leur capitaine Achraf Hakimi, double champion d'Europe avec son club du PSG, l'équipe nationale marocaine était devenue la première sélection africaine à atteindre les demi-finales d'un Mondial. Un parcours qui continue d'inspirer toute une génération de jeunes footballeurs marocains.

    De notre correspondant à Casablanca,

    Sur un terrain de foot coincé entre une voie rapide et la gare routière de Casablanca, Khalil Othmani, entraîneur, s'adresse à ses joueurs. « C'est bon, les gars ? Bravo à vous pour la deuxième mi-temps, mais la première n'était pas au niveau, regrette le coach. Espérons qu'on rectifiera le tir pour les prochains matchs. »

    Moment solennel : la causerie de fin de match autour du technicien. Les joueurs de l'Olympic Ben Msik ne sont pas encore sortis de l'enfance, mais le foot, pour eux, c'est déjà du sérieux. « Depuis que le Maroc a atteint la demi-finale [de la Coupe du monde en 2O22] et que les autres équipes nationales ont réalisé de magnifiques exploits, on a constaté une montée de l'engouement chez les enfants. C'est comme ça qu'on a décidé de fonder cette association sportive qui a vu le jour juste après l'épopée du Qatar », explique Khalil Othmani.

    Achraf, 11 ans, a rejoint l'Olympic Ben Msik dès sa création : « Quand tu vois ces grands joueurs arriver en demi-finale de Coupe du monde, toi-même, tu te motives et tu te dis que tu peux faire comme eux ! Mon meilleur souvenir, c'est le match contre l'Espagne. Les Marocains ont fait preuve d'une grande combattivité sur le terrain ! »

    À quelques jours du coup d'envoi de l'édition 2026, l'excitation monte. « J'attends avec impatience la Coupe du monde, qu'on se retrouve en finale et qu'on la remporte ! », espère Ahmed 13 ans. Il se souvient avec émotion des célébrations de 2022. Il a envie de revivre ça, mais puissance 1000 : « Pourquoi ne pas remporter la coupe ? On va la ramener à Casablanca, on va se filmer avec dans les rues et tout le Maroc sera content ! »

    Ce n'est pas qu'un rêve d'enfant. Imad, secrétaire général de l'équipe, y croit aussi : « On a une équipe forte, qui a le potentiel pour arriver en finale. »

    Et puis, cela pourrait faire les affaires de l'Olympic Ben Msik : « Si on gagne la Coupe du monde, cela va créer un engouement encore plus fort. On pourrait avoir dix fois plus de gamins inscrits. Notre objectif, c'est d'offrir un bon encadrement à ces enfants, en leur souhaitant le meilleur, en espérant les voir un jour en sélection. »

    Le premier match du Maroc au prochain mondial de football, c'est le samedi 13 juin, face au Brésil.

    À lire aussiNasser Larguet: «Le football marocain après la Coupe du monde va être attendu à un plus haut niveau»

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  • Madagascar: les ateliers artistiques dominicaux de la commune rurale d’Ivelo
    2026/05/30

    À Madagascar, l’art s’invite à la campagne. À une heure de route de la capitale Antananarivo, une compagnie de théâtre et une association de slam organisent chaque dimanche des ateliers poétiques et musicaux dans la commune rurale d’Ivelo. L'occasion d'organiser une fois par mois, des scènes ouvertes lors desquelles des artistes en herbe partagent leurs créations avec les habitants. Ce projet culturel hors des grands centres urbains rencontre un franc succès.

    De notre envoyé spécial à Ivelo,

    Pour arriver à Ivelo, il faut emprunter une piste cahoteuse entourée de rizières et de cultures maraîchères. Devant l’école du village et l’église en briques de terre rouge, typique des hauts plateaux malgaches, deux micros, une enceinte et quelques nattes au sol pour accueillir le public. Cette scène improvisée rivalise ce jour-là avec le match de foot organisé juste à côté.

    Mitsinjo, membre de l’association Slam Poetry of Tana, introduit la scène ouverte. Chaque dimanche, elle anime les ateliers artistiques avec les jeunes d’Ivelo. « On les incite à créer, à hurler, à parler fort. C’est une occasion pour eux de découvrir et ils sont surpris des gens qui les entourent : "L'enfant de ma cousine fait ça, l’épicier fait ça !" Il y a l’audace de parler, une vraie envie de liberté d’expression, une grande variété de styles de texte. Nous entraînons les enfants dans notre délire et à sortir aussi leur propre délire. »

    Andry Nirina, 15 ans, se présente au public, une feuille de papier griffonnée entre les mains. Dans son texte engagé et poétique, il encourage ses amis à ne pas devenir parents trop tôt pour se concentrer sur leurs études : « J’ai découvert le slam il y a deux mois et cela m’a tout de suite plu puisque mon grand-père écrivait aussi des poèmes. J’ai préparé mon texte petit à petit lors des ateliers du dimanche, au fil de mon inspiration et de ma motivation. Et le public a bien écouté mon message ! Plus tard, j’aimerais à la fois être soldat dans l’armée et continuer à écrire toutes sortes de textes pour partager mes idées. »

    Entre deux slams, un concert de tambours puis un morceau de guitare résonnent sur cette place de village en terre battue… Tous les habitants d’Ivelo sont invités à présenter leurs talents au public.

    Fela Razafiarison est directrice de la compagnie Miangaly Théâtre, co-initiatrice du projet : « Ce n'est pas évident de chercher à faire des activités artistiques et culturelles en milieu rural. C’est déjà compliqué en zone urbaine par rapport à des moyens, aux infrastructures. Les villageois vivent ici principalement de l’agriculture et de l’élevage. On est à une vingtaine de kilomètres de Tana, ce n’est vraiment pas loin. Et pourtant, ce sont deux modes de vie complètement différents. Et l’idée, c’était aussi ça : comment, nous, en tant que compagnie de théâtre, on se met à la rencontre d’autres territoires qui peuvent aussi nourrir notre vision du monde. »

    Fela Razafiarison se réjouit que ces escapades poétiques dominicales ouvrent pour tous de nouveaux horizons.

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  • En République centrafricaine, le «Ngou Ti Gozo» est une nourriture adorée par les enfants
    2026/05/29

    En République centrafricaine, le tapioca, appelé « Ngou Ti Gozo » en langue locale sango, fait partie du quotidien de nombreux élèves et étudiants. Fabriqué à base de fécule de manioc soigneusement lavée puis séchée, cet aliment populaire est vendu à bas prix dans les écoles, les lycées et les universités. Beaucoup le surnomment pain de guerre ou encore œuf de Boy-rabe. Simple, nourrissant et accessible, le « Ngou Ti Gozo » est devenu, au fil des années, un véritable aliment de résistance pour de nombreux jeunes confrontés aux difficultés de la vie estudiantine. Faute de moyens pour fréquenter les restaurants ou se procurer des repas plus coûteux, élèves et étudiants s’en contentent pour calmer la faim et poursuivre les cours dans de meilleures conditions.

    De notre correspondant à Bangui,

    Dès les premières heures de la journée, les vendeuses prennent place aux abords de l'université de Bangui. Certaines sont assises sous un arbre ou à l’ombre d’un mur, tandis que d’autres sillonnent la concession avec leurs plateaux posés sur la tête.

    Léa Wédane, vendeuse de tapioca et d’arachides grillées, a parcouru plusieurs kilomètres à pied avant d’arriver sur le campus. « Je me lève toujours très tôt pour préparer ces aliments. Tout doit être prêt avant l’ouverture des écoles. Mon tapioca a toujours la forme d’un œuf. Je grille aussi des arachides salées que je mets ensuite dans de petits sachets. Cette activité représente une importante source de revenus pour moi. »

    Pendant les pauses, les salles de cours se vident peu à peu. Les parfums du tapioca chaud et des arachides grillées attirent rapidement les étudiants. Fatigué après un cours de mathématiques, Peniel Mbeas sort quelques pièces soigneusement gardées dans sa poche et les tend à la vendeuse. « Le tapioca Ngou Ti Gozo, c'est vraiment bon. Ça a un goût doux et accompagné de l'arachide, c'est vraiment bon. On appelle ça souvent aussi boulangerie Ngaissona. À la fin de chaque course, il y a des temps creux de 10 à 15 minutes. On prend ça très rapidement. »

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    Le «Ngou Ti Gozo» aide les jeunes à tenir la journée

    Autour des plateaux de « Ngou Ti Gozo », l’ambiance est vivante et chaleureuse. Pour Marcelin Derick, étudiant à l'École normale supérieure, cet aliment représente une solution simple pour affronter de longues journées d’études. « Ça donne le soubassement pour tenir dans la journée. Ça plâtre le ventre comme du béton. Voilà, c'est comme le béton. Si tu prends ça et que tu es rassasié, c'est du béton. Et ça va t'aider dans la journée pour avancer. »

    Vendu à seulement 25 francs CFA, soit environ quelques centimes d’euros, le « Ngou Ti Gozo » permet à de nombreux jeunes de manger sans trop dépenser. Pour Narcisse Morio, étudiant en licence de sociologie, cet aliment fait partie du quotidien des étudiants. « Je confirme que c'est moins cher. Même le plat présenté au niveau de la restauration, le prix est élevé, plus même que le prix d'un Ngou Ti Gozo. Parce que même à 50 francs, un étudiant peut prendre un Ngou Ti Gozo à 25 francs CFA et puis ajouter des pistaches à 25, ça fait déjà 50 francs. Puis après ça, il prend aussi de l'eau, juste de l'eau glacée. »

    Aujourd’hui encore, de nombreux fonctionnaires et même certaines autorités du pays gardent un souvenir particulier du tapioca consommé durant leur parcours scolaire et universitaire. Certains continuent d’en acheter, comme pour conserver un lien avec cette période marquante de leur vie.

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  • La Tunisie est le pays d'Afrique avec le taux de vieillissement le plus rapide
    2026/05/28

    En Tunisie, le vieillissement de la population est devenu un enjeu public après la publication des chiffres du dernier recensement. La part des personnes âgées de plus de 60 ans représente 17 % de la population, faisant de la Tunisie le pays d'Afrique où le taux de vieillissement est le plus rapide : en dix ans le nombre a triplé. Le pays tente de s'adapter à cette nouvelle donne démographique sur le plan tant sociétal que sanitaire.

    De notre correspondante à Tunis,

    Dans le parc de Sidi Bou Saïd, en banlieue de Tunis, Samir, 54 ans et entrepreneur, vient profiter de la quiétude pour travailler. Il n'habite plus en Tunisie depuis des années, mais revient une fois par mois pour s'occuper de ses parents. Un devoir, selon lui, dans un pays où les personnes âgées restent souvent au sein des familles, jusqu'à la fin de leur vie. « Je dirais que c'est même maintenant un challenge positif, confie le quinquagénaire. Mon père a 97 ans et demi, mon challenge c'est de le faire arriver centenaire. Donc, je le prends vraiment maintenant un peu comme un challenge, je le dorlote. »

    Samir explique que culturellement, ce sont les enfants qui s'occupent de leurs parents, comme ces derniers se sont occupés d'eux dans leurs premières années de vie. Mais Samir a eu du mal à trouver une auxiliaire de vie pour aider ses parents lorsqu'il est absent, car le métier est encore trop peu répandu. « J'ai eu la chance il y a quelques mois de tomber sur une dame extraordinaire qui est maintenant l'auxiliaire de vie de mes parents, témoigne-t-il. Ça m'a beaucoup soulagé, mais on avait fait beaucoup d'essais avant, des essais pas très fructueux. Le vieillissement de la population se fait de façon assez accélérée en Tunisie, et j'ai le sentiment que le secteur ne s'est pas mis en adéquation. »

    À écouter dans 8 milliards de voisinsFaut-il lutter contre le déclin démographique ?

    Garder les personnes âgées à domicile

    Le cas de Samir est loin d'être isolé, selon Sonia Hammami, présidente de la Société tunisienne de gériatrie. Lors d'un congrès sur la gériatrie mi-mai à Hammamet, le sujet du vieillissement de la population tunisienne était au cœur des débats. « On a essayé un petit peu de discuter lors de notre panel des soins à domicile du sujet âgé, explique-t-elle. L'objectif principal est de garder le patient à domicile, entouré de sa famille. Donc, là, on s'inspire certes de l'expérience européenne, mais c'est un petit peu notre modèle pour protéger la famille tunisienne. »

    Outre le changement de modèle sociétal, la question des soins est primordiale. Le ministère de la Santé a annoncé en 2025 le lancement d'une spécialité sur 5 ans en gériatrie. Elle devrait débuter à la rentrée prochaine.

    À lire aussiPourquoi le vieillissement de la population va faire baisser notre niveau de vie

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  • Au parc zoologique de Brazzaville, le retour des lions
    2026/05/26

    Situé au cœur de la ville, le parc zoologique et botanique de Brazzaville a reçu en octobre 2025 un couple de lions venu d’Afrique du Sud. La présence de ces mammifères, que le parc n’a plus abrités depuis 29 ans, attire de plus en plus la curiosité des visiteurs. Le zoo reçoit en moyenne 4 000 visiteurs par semaine.

    De notre correspondant à Brazzaville,

    Cet après-midi, le parc est envahi par plusieurs dizaines de jeunes élèves venus de différentes écoles privées de Brazzaville. Au bout d'allées jalonnées par des arbres, des palmiers ou des fleurs se trouve l'enclos du couple de lions. Ils sont assis chacun dans leur coin. Le mâle s'appelle Mufasa, il est âgé de 14 mois, contre 13 mois pour la femelle, nommée Sarabi.

    Chems Roc, concessionnaire du parc, présente l’endroit : « Ils ont un bel enclos. Ils ont à peu près 2 500 m2 qui ont été protégés par un dispositif normé. Nous avons à peu près 18 000 volts de tension sur le câblage intérieur, pour protéger le grillage, qui lui-même aussi est très robuste, afin de maximiser leur sécurité et la sécurité de visiteurs », explique-t-il. De temps en temps, le couple s’accroupit, marche dans l’enclos sans grogner. Leur consommation est de dix kilos de viande par jour.

    « Je les vois juste dans les documentaires. C’est la première fois que je les vois face à face », se réjouit Ashley, étudiante. « Ça me fait une sensation. Donc, je suis très contente, heureuse et ravie de les voir », ajoute Manuela, femme au foyer.

    À écouter dans C'est pas du ventLa face cachée des zoos et des aquariums: non, ils ne protègent pas la biodiversité!

    Des élèves au zoo

    À la tête d’un groupe d’élèves, tous sac au dos, la maîtresse Mélanie Malonga est aussi émue : « Les documentaires, les enfants les voient seulement à la télé. Nous avons préféré qu’ils viennent voir en live. Je suis très ravie. Si les gestionnaires pouvaient ajouter d’autres animaux, propose-t-elle, pour que les enfants, au lieu de se limiter seulement aux documentaires à la télé, viennent de temps à autre faire des visites ».

    Sourire aux lèvres, elle s'est assurée qu’elle est bien protégée. « Parce que je sais que là, il y a une protection. Même si la peur est là, je sais bien que je suis protégée. Ils ne peuvent pas m’attaquer », ajoute-t-elle.

    « C’est émouvant. Ce qu’on voit à la télé, on le voit en vrai. C’est attirant. Les choses qu’on ne voit jamais, ça attire toujours les gens. Ce sont de beaux souvenirs », affirme Brejnev, 26 ans. Les propriétaires du parc espèrent maintenant la naissance de lionceaux pour permettre à la famille de s’agrandir.

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  • À Madagascar, faire connaître le parc de Kirindy Mite pour sauver une forêt de baobabs
    2026/05/27

    Alors que Madagascar assiste depuis dix jours, impuissante, à la mort de Tsitakakantsa, le plus gros baobab répertorié dans le pays avec ses 29 mètres de circonférence, la Grande Île peut toutefois se réjouir : elle abrite l’une des forêts les mieux préservées du pays et les plus peuplées au monde de ces géants des terres. Une forêt pourtant quasiment inconnue du grand public et qui mériterait de l’être, pour sa survie.

    De notre envoyée spéciale de retour de Kirindy Mite, sur la côte Ouest,

    Au pied d'un groupe de touristes belges et espagnols s’étalent à perte de vue 130 000 hectares de forêt sèche. C’est quatorze fois la superficie de la capitale malgache Antananarivo. Et au milieu de cette forêt, tels des rois qui dominent leur cour, les baobabs crèvent la canopée avec leur couronne dentelée. L'un d'entre eux a presque mille ans, ils sont environ 200 000 pieds matures, des Adansonia grandidieri pour la plupart, à avoir été recensés. Une concentration exceptionnelle.

    Depuis 1997, Kirindy Mite est devenu un parc national. Chercheur au Cirad, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement, Cyrille Cornu est spécialiste et passionné des baobabs. Il a conçu un sentier botanique pour Madagascar National Parks. « L'idée de ce sentier, c'était de pouvoir circuler en immersion complète entre les baobabs à la découverte du milieu qui les abrite », explique-t-il.

    Car au-delà des baobabs, la forêt abrite aussi des espèces endémiques uniques : le rat sauteur géant, le sifaka ou encore le fosa, le principal carnivore de Madagascar.

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    Un accès difficile qui protège autant qu'il menace

    Mais Kirindy Mite reste difficile d’accès. Il faut compter cinq heures de piste depuis Morondava, la plus grosse ville de la région, et uniquement en saison sèche. Sinon, il faut opter pour un trajet par la mer, lui aussi compliqué. Résultat : le parc est l’un des moins fréquentés de l’île. Depuis l’an 2000, il a reçu moins de 7 000 visiteurs. « Ce qui fait que finalement, ce parc, qui est assez délaissé par les touristes parce qu’il demande du temps pour y accéder, rapporte peu d’argent, souligne Cyrille Cornu. Et il faut dire ce qui est : ce système de conservation, il est aussi économique. »

    Et pendant ce temps, la forêt, elle, dans la région du Menabe, continue de reculer. « Avec le Global Forest Watch, on a des chiffres effrayants. De 2001 à 2023, on est à 38 % de diminution du couvert végétal, ce qui est gigantesque », précise Cyrille Cornu.

    Dans la partie orientale du parc, plus difficile à surveiller, les infractions sont fréquentes. D’ailleurs, pendant le tournage, il y a un feu au loin, alors que c'est strictement interdit. Sauf que le parc compte seulement 18 garde-forestiers, épaulés par 300 bénévoles. « Et c'est là l'un des enjeux, analyse Cyrille Cornu, faire connaître ce parc, mieux communiquer à son sujet pour que les dizaines de milliers de touristes qui se rendent à l'allée des baobabs puissent, à quatre heures de route, découvrir un univers où les baobabs vivent dans un environnement parfaitement conservé. »

    Un sanctuaire encore préservé, mais dont l’isolement, aujourd’hui, constitue autant une protection qu’une menace.

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  • «Les prix sont excessifs»: au Maroc, difficile d'acheter des moutons pour célébrer l'Aïd el-Kébir
    2026/05/25

    La Tabaski a lieu mercredi 27 mai au Maroc. L'Aïd el-Kébir, comme on l’appelle au Maghreb, aura une saveur particulière cette année dans le royaume. En 2025, il n'y avait pas eu de sacrifices de moutons. Le roi Mohammed VI avait appelé les Marocains à ne pas l'accomplir pour préserver le budget déjà serré des ménages, dans un contexte de sécheresse et de diminution du cheptel. Les Marocains ont donc repris le chemin des marchés aux moutons.

    De notre correspondant à Casablanca,

    À l'ombre du minaret de la mosquée Hassan II, qui culmine à 200 mètres de haut, un marché est installé en plein cœur de Casablanca. Amine et Ilham, frères et sœurs, viennent d'arriver. Ils ont le sourire pour l'instant : « J'ai trois enfants. L'année dernière, on ne l'a pas célébré. Là, les pauvres voient les gens en train d'acheter des moutons et nous, on en n'achèterait pas ? C'est pas possible. On va le faire même si on va devoir faire des sacrifices, même s'il le faut que je vende un objet de valeur. »

    Ils sont venus acheter trois moutons, avec un budget plutôt conséquent. Ils sont prêts à débourser jusqu'à 500 euros par bête. Après un petit tour du marché, c'est la déception pour Ilham : « Les prix sont excessifs. On ne peut rien acheter ici. Ça oscille entre 650 et 700 euros, c'est beaucoup. Comme il n'y a pas eu de sacrifice l'année dernière, on s'attendait à ce que ça soit moins cher cette année. Et en fait, les prix ont doublé ! Dans ce cas-là, on ne pourra pas acheter. C'est abusé, je ne vais pas acheter 650 euros un mouton qui coûte normalement 300 à 400 euros. »

    Le gouvernement du Maroc promettait pourtant des tarifs accessibles cette année grâce à la reconstitution du cheptel – neuf millions de têtes d'ovins et de caprins disponibles pour l'Aïd –, mais la polémique enfle, car les prix ont explosé.

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    Des coûts importants pour les éleveurs

    Il y a une semaine, à la Chambre des représentants, un débat sur le prix du mouton a même donné lieu à une passe d'armes entre parlementaires. Le gouvernement a finalement annoncé, quelques jours avant la fête, des mesures « exceptionnelles et temporaires » pour mieux encadrer les marchés et lutter contre la spéculation. Amine, le frère d'Ilham n'est pas vraiment convaincu : « Je ne sais pas pourquoi c'est aussi cher. Il y a eu des subventions. L'année dernière, on n'a pas sacrifié pour avoir plus d'offres en 2026. On a eu un hiver pluvieux, alors qu'avant, ils justifiaient la hausse des prix par la sécheresse. »

    Tahar est un revendeur de moutons. Il achète les bêtes et les engraisse pendant quelques mois juste avant l'Aïd : « L'agriculteur a des coûts plus importants désormais. Avant, il avait tout à sa disposition chez lui. Il ne dépensait rien pour ses bêtes. Il pouvait te vendre un mouton à 300 euros tout en gagnant de l'argent ! Mais actuellement, et surtout avec la succession des années de sécheresse, il a beaucoup de choses à acheter. Même si cette année a été plus clémente, il n'en profite pas encore. »

    Les agriculteurs ont dû se tourner vers l'achat d'aliments pour bétail. Beaucoup de Marocains repartent du marché les mains vides ce jour-là. La pression sociale reste forte, mais ils sont de plus en plus nombreux à renoncer au sacrifice et à revendiquer ce choix.

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  • Afrique du Sud: à Johannesburg, la foire d'art Latitudes dévoile un autre regard sur le Nigeria
    2026/05/24

    Une nouvelle édition de Latitudes, l'une des foires d’art contemporain de Johannesburg, s'est déroulée ce week-end du 23-24 mai. Et comme chaque année, un espace était dédié à des artistes d'un pays du continent mis à l'honneur. Après le Botswana, c'était cette fois-ci au tour du Nigeria de voir sa scène créative être célébrée et présentée au public local. Un échange à rebours des clichés, qui permet aux Sud-Africains d'avoir un autre regard sur le Nigeria, souvent perçu de manière négative à cause des tensions xénophobes.

    De notre correspondante à Johannesburg,

    Ces réalisations de peintres et plasticiens nigérians sont rassemblées au niveau d'une des terrasses des magnifiques jardins de Shepstone, où se déroule la foire d'art. Boitumelo Makousu est la commissaire de l'exposition : « Nous avons des sculptures, des peintures, des œuvres faites avec des étoffes... Prenons par exemple Meritblessing Ibrahim : elle utilise des tissus traditionnels pour les transformer en sculptures. Ici, nous avons (Gbolahan) Ayola, qui travaille l'argile. Il se rend sur des sites archéologiques du Nigeria, mène des recherches et réfléchit à la notion d'origine. Jusqu'à présent, nous avons déjà vendu 12 œuvres en tout, et j'ai dû les remplacer pour recomposer ce que vous voyez. »

    De grands visages de femmes peints sur des sacs en toile de jute signés Paul Ayihawu côtoient des tableaux de Samuel Inalegwu. Dans l'entrée, sont exposées des œuvres de Jemiye Ugwujide, artiste aux origines nigérianes qui habite en Afrique du Sud depuis 15 ans. Son travail tourne autour des questions de genre et d'identité queer : « C'est magnifique de voir des artistes et des Sud-Africains s'intéresser à l'art nigérian, l'admirer ou faire preuve de curiosité. J'aime beaucoup que les gens viennent me voir et me posent des questions sur ma culture igbo, sur notre cosmologie. Parce que le panafricanisme, c'est refuser l'idée xénophobe selon laquelle il n'y aurait pas assez de place pour que tout le monde coexiste. »

    « Nos histoires sont entremêlées »

    Dans l'ensemble, les couleurs sont vives, et beaucoup choisissent l'art du portrait comme moyen d'expression. Toute cette série a d'abord été dévoilée à Lagos, et elle est maintenant présentée au public sud-africain, ce qui ravit Tsakane, venue visiter la foire : « Ce sont de très belles créations. À travers l'art, on commence à voir qu'on n'est pas si différents, nos histoires sont entremêlées et nous avons beaucoup de thématiques en communs. Ça aide à humaniser des personnes qu'on ne connait pas, et à faire reculer la peur. »

    Une collaboration facilitée par la présence dans les deux pays de la banque qui sponsorise la foire Latitudes. Mais pour Boitumelo Makousu, le fait que Lagos et Pretoria soient deux places fortes de l'art contemporain sur le continent devrait encourager davantage les échanges : « Il y a une relation assez violente entre les deux pays, et pour moi, l'aborder à travers le prisme de l'art peut permettre de créer des discussions et une forme de dialogue. »

    Au-delà de cette salle dédiée au Nigeria, la foire aura permis de découvrir en tout, les œuvres de quelque de 300 artistes.

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