エピソード

  • À 100 jours des Jeux Olympiques de la Jeunesse, Dakar est prêt... ou presque!
    2026/07/22

    À 100 jours des prochains Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026, Dakar est prêt même si quelques réglages sont encore à faire. Un reportage de notre correspondant dans la capitale sénégalaise.

    À lire aussiJOJ de Dakar J-1 an: pour les infrastructures, la course contre-la-montre est bien lancée

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  • CAN féminine 2026: quel engouement pour les Éléphantes en Côte d'Ivoire?
    2026/07/23
    La 14ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des nations féminine (CAN 2026) démarre ce samedi 25 juillet au Maroc où elle va se dérouler jusqu’au 16 août. Seize pays, dont la Côte d’Ivoire, y prennent part. La dernière participation des Ivoiriennes à la CAN remonte à 2014, soit douze ans. Ce retour des Éléphantes sur la scène continentale coïncide avec un renouveau du football féminin dans leur pays. Sans être tout à fait flamboyant, un engouement naissant apparaît autour du foot féminin dans le pays. De notre correspondant à Abidjan, Sous la houlette de Reynald Pedros, les joueuses de l’équipe nationale s’entraînent allègrement. Le football féminin semble avoir trouvé un second souffle. Bernadette Kakounan, joueuse du Bayern et capitaine des Éléphantes, incarne cette dynamique. « Maintenant, nous voyons l’énergie et les moyens que déploie la Fédération pour promouvoir le foot féminin. C’est vrai, tout n’est pas parfait, admet la footballeuse, mais il faut reconnaître qu’il y a eu des avancées majeures. » L’ambition de la Fédération en faveur du foot féminin a été matérialisée notamment par la nomination de l’entraîneur expérimenté Reynald Pedros au poste de sélectionneur, en janvier 2025. « Il y a énormément de progrès qui ont été faits, énormément d’investissements de la part de la Fédération qui nous ont permis de travailler, se réjouit l'entraîneur. Ce qu’on a montré sur le terrain footballistiquement, c’était très intéressant, mais on doit continuer à travailler dans cet état d’esprit. » Dans les coulisses de la Fédération, on rappelle à qui veut l’entendre que le développement du football féminin constitue une priorité stratégique. « Vous savez, le football féminin, de façon générale, on revient de loin. On a une certaine notoriété qu’on commence à construire, ce qui fait qu’au niveau des pratiquantes, il y a un grand engouement et quand il y a des défections, on reçoit des milliers de filles, pointe Elina Kassebedo, vice-présidente de la Commission du football féminin à la Fédération ivoirienne de football. Aujourd’hui, nous avons vraiment des talents. On a plus de 50 filles à l’international. » Au plan national, le public a pu assister ces trois dernières années à divers tournois féminins, des sélections et des clubs. « Avec la régularité des matchs, la participation à de grandes compétitions et la qualité des matchs, l’opinion du public a beaucoup changé au regard du football féminin », ajoute Elina Kassebedo. À lire aussiCAN féminine 2026: douze sélections ont obtenu leur ticket pour la phase finale au Maroc « Elles ont vraiment l’amour du football » Un public nombreux a effectué le déplacement lors du dernier match des Éléphantes avant leur départ à la CAN. « Les filles de Côte d’Ivoire, vraiment, on constate maintenant qu’elles s’améliorent, souligne Habib Coulibaly, qui suit assidûment le football féminin et le promeut. Si vraiment on veut élever le football féminin en Côte d’Ivoire, il faut que les gens viennent soutenir. J’appelle aussi les autorités à investir davantage. » Junior et d’autres supporters et fans de foot féminin partagent cet enthousiasme. L’un d’eux confie : « Moi, ça me fait toujours plaisir de voir les filles jouer. Ça montre qu’elles ont vraiment l’amour du football. Ça montre aussi qu’elles peuvent faire mieux que les hommes, parce qu’il y a la qualité et puis il y a les buts qui sont vraiment magnifiques à voir. » Joueuse de l’équipe nationale et capitaine de l’ASEC Mimosas, Érika Gnounoué se réjouit de la présence du public lors des dernières affiches majeures du foot féminin : « C’est motivant de voir autant de personnes réunies pour un match de football féminin, se réjouit-elle. Nous, on sera très fières de voir toute la population regarder nos différents matchs de championnat. » Car au championnat, même si l’engouement grandit, il reste sans commune mesure avec les affiches internationales. Un autre défi majeur demeure : sa professionnalisation, car il est encore au statut d’amateur. À lire aussiCAN féminine 2026: la CAF reporte officiellement le tournoi à l’été prochain
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  • Vietnam: les défis du tourisme sur l'archipel de Cát Bà
    2026/07/24

    Joyau naturel du nord du Vietnam, l’archipel de Cát Bà attire chaque année davantage de visiteurs. Situé au large de la baie de Ha Long, il séduit par ses paysages karstiques et ses forêts luxuriantes. Fort de ce succès, plusieurs grands groupes immobiliers y ont développé des résidences de luxe et des complexes hôteliers. Des projets qui refaçonnent désormais une partie de l’île.

    De notre correspondant à Hanoï,

    Depuis son embarcation, Đạt navigue entre les villages de pêcheurs aux toitures bleues et rouges et les îlots rocheux recouverts de forêts luxuriantes. Originaire de l’île et issu d’une famille de pêcheurs, il explique : « Je suis originaire de Cát Bà. Je travaille dans le tourisme depuis déjà quatre ans. L’île s’est développée rapidement au cours de ces deux dernières années. Elle est toujours aussi belle. Les infrastructures et les bateaux se sont grandement modernisés. »

    Routes élargies, réseau électrique renforcé, gestion des déchets plus performante : Cát Bà s’est modernisée pour accueillir plus de quatre millions de touristes l’année dernière. Lancé en août 2024, un projet de réaménagement urbain de près de 50 hectares est présenté comme les « petites Maldives de l’Asie du Sud-Est ». Son promoteur le décrit comme un projet vert et à faible empreinte carbone. Le propriétaire d’une petite agence de tourisme constate néanmoins les conséquences du chantier sur son quotidien : « Le chantier provoque beaucoup de bruit et de poussière. Avant, il y avait la mer juste devant nous. Aujourd’hui, il n’y a plus que des bâtiments en béton armé. Bien sûr, cela va créer beaucoup d’emplois pour les habitants locaux, mais cela détruit aussi une grande partie du paysage. »

    Les infrastructures occupent un vaste remblai aménagé sur une partie de l’ancienne baie centrale. Évalué à plus de 500 millions de dollars, le complexe accueille déjà des résidences touristiques, des commerces et des établissements haut de gamme. Une plage artificielle de sable blanc s’étend sur près d’un kilomètre : « Ce que l’on peut considérer comme les plus beaux espaces naturels est également en partie affecté. Heureusement, ce complexe et cette zone ne représentent pas une part trop importante de l’ensemble de l’île, puisque 80 % de Cát Bà restent constitués de forêts, de montagnes et d’espaces naturels. »

    Vers un tourisme plus durable

    L’homme développe lui aussi un établissement touristique en périphérie du centre de l’île. Des bungalows en bois équipés de panneaux solaires voient progressivement le jour face aux mangroves : « L’objectif est de construire quelque chose davantage tourné vers la nature. Nous voulons développer l’île dans une direction plus écologique, plus verte, plus propre, plus belle et plus durable pour l’avenir. »

    L’année dernière, le Comité du patrimoine mondial avait exprimé sa « très vive inquiétude » face à la poursuite des projets touristiques et d’infrastructures sur l’île de Cát Bà et le long du littoral de la baie d’Ha Long. Le Vietnam a depuis transmis un rapport actualisé sur l’état de conservation du site. Celui-ci doit être examiné par le Comité du patrimoine mondial en juillet prochain.

    À écouter aussiAu Vietnam, la vente sur les trottoirs, emblématique de la ville d'Hanoï, est en sursis

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  • Au Royaume-Uni, des bénévoles se forment pour sauver les mammifères marins échoués
    2026/07/25

    Des dauphins, des baleines échoués sur les plages... Cette image est de plus en plus fréquente sur les côtes européennes, britanniques en particulier. Le Royaume-Uni compte plus de 15 000 kilomètres de plages et de falaises. Pour venir en aide à ces cétacés et ces phoques en difficulté, des associations de biodiversité organisent des ateliers de premiers secours à destination du grand public.

    De notre envoyée spéciale à Southampton,

    Sur les côtes britanniques, une dizaine de nageurs, de l'eau jusqu'à la taille, agitent une bâche au rythme des vagues. Sur le plastique, un dauphin gonflable au réalisme frappant. « Je ne m'attendais pas à ce qu'il soit si lourd, et encore, le moniteur dit que c'est un jeune. Il faut faire attention à ne pas trébucher sur des rochers, à bien faire flotter l'animal sur une bâche, à le recouvrir d'un drap mouillé puis le bercer dans l'eau. Ils peuvent mettre plusieurs heures avant de repartir », témoigne l'un des participants.

    Un dauphin adulte, c'est presque 250 kilos : il faut une dizaine de bénévoles pour le remettre à l'eau. Ils sont une trentaine, en combinaison de plongée, casqués, à suivre cette journée d'initiation aux premiers secours pour mammifères marins. Sur la plage, un groupe se penche sur une réplique de bébé phoque. Charlotte retire une paire de gants de jardinage. « Je travaille dans le secteur pétrolier. S'il y a une marée noire, j'aurais une part de responsabilité, donc je veux pouvoir aider. Ce que je ne savais pas, c'est que les phoques mordent facilement », explique-t-elle.

    La surpêche et le dérèglement climatique en cause

    Sur les côtes du Royaume-Uni, les échouages se multiplient : les phoques, comme ici au sud, mais aussi les rorquals, les orques et les dauphins au nord. Chris Berry, sauveteur confirmé, déplore une tendance à la hausse. « Durant mes cinq premières années, j'ai vu UN dauphin. Depuis, il m'est arrivé d'en secourir cinq en un an... Cela augmente. La surpêche est l'une des raisons, le dérèglement climatique aussi : les poissons changent d'endroit, donc les cétacés les suivent dans des zones qu'ils connaissent mal, se perdent et s'échouent », analyse-t-il.

    Les sauvetages peuvent intervenir toute l'année, à n'importe quelle heure. Alors, l'association des plongeurs britanniques, la British Divers Marine Life Rescue (BDMMA) espère recruter de nouveaux bénévoles. Louise Round, spécialiste du secourisme des phoques, souligne l'urgence : « Les gens se baladent beaucoup sur la côte, et nous recevons de plus en plus d'appels. Nous souhaitons être capables de répondre à ces appels rapidement, afin de sauver autant d'animaux que possible, donc nous avons besoin de bénévoles partout dans le pays. » Les listes d'attente pour la formation atteignent un an dans certaines régions.

    Passionné de plongée, Chris Berry aimerait une sensibilisation plus générale. « Sur les réseaux sociaux, j'ai déjà vu quatre millions de likes sur la vidéo de quelqu'un qui tirait un dauphin par la queue pour le remettre à l'eau. L'intention est bonne, mais les conséquences peuvent être graves. En particulier si vous ne savez pas pourquoi l'animal s'est échoué, vous risquez de le relâcher juste pour qu'il se noie. Il faut sensibiliser les gens : on ne fait pas n'importe quoi », insiste-t-il.

    À l'issue de la journée, les bénévoles repartent avec une immatriculation de secouriste pour une durée d'un an.

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  • Guerre en Ukraine: à Kiev, le douloureux pèlerinage des mères colombiennes endeuillées
    2026/07/26

    Il n'est pas rare, sur le front ukrainien, d'entendre parler espagnol. Les Colombiens forment aujourd'hui le principal contingent de volontaires étrangers engagés aux côtés de l'armée ukrainienne. Ils seraient plus de 7 000 à s'être enrôlés depuis l'invasion russe à grande échelle, souvent attirés par des promesses de salaires élevés pour aider leurs familles restées au pays. Des familles rattrapées par la guerre et le deuil lorsqu'elles apprennent la mort de leur proche. S'ensuit un périple douloureux pour les mères, les épouses, les sœurs, jusqu'en Ukraine, nourries par l'espoir de retrouver un corps, ce qui ouvre aussi le droit à des indemnités.

    Sur le mémorial des héros de la place Maïdan, dans un océan jaune et bleu de drapeaux ukrainiens, se niche un espace dédié aux volontaires colombiens. Carmenza Guerrero s'agenouille, une dernière fois, devant le portrait de son fils, Efrain Enrique Mejia Guerrero, les traits juvéniles. Il avait 26 ans. De son téléphone serré contre son cœur, Carmenza fait jaillir quelques notes d'une musique que le garçon aimait tant. Le lendemain, elle repart en Colombie, seule.

    « Ne pas rentrer avec lui me déchire l'âme. Savoir que je dois partir sans rien pouvoir emporter de mon fils... Mon souhait le plus cher, c'était de pouvoir l'emmener avec moi pour lui offrir une sépulture digne », se lamente-t-elle.

    À Kiev, Carmenza a enchaîné les rendez-vous éprouvants avec les autorités militaires ukrainiennes. Huit mois ont passé depuis la disparition de son fils, mais personne n'a pu lui apporter de réponse : « Ils m'ont dit qu'il fallait que j'attende, parce qu'ils devaient d'abord faire l'enquête pour voir à quel endroit il était tombé. Soi-disant, ils me disaient qu'il était à Zaporijjia. Ensuite, ils m'ont dit qu'il était à Pokrovsk, puis qu'ils l'avaient déjà dans des congélateurs. » Infirmière à Bucaramanga, Carmenza s'est endettée, à hauteur de 4 000 euros, pour financer un périple en Ukraine, d'où elle repart le cœur lesté d'amertume.

    « La dernière fois que j'ai pu lui parler, c'était le 25 octobre. Il avait très froid. "C'est dur, ma petite maman. Je regrette d'être venu ici, ma petite maman", c'est ce qu'il m'a dit. De la chair à canon, c'est pour ça qu'il est venu en Ukraine, de la chair à canon », se désespère-t-elle.

    Un sacrifice inutile, c'est aussi le sentiment de Luz. Exténuée, tout juste arrivée d'un village du sud de la Colombie, elle a perdu sur le front ukrainien Juan Andres, le père de ses trois enfants. « Après un entraînement d'à peine 15 jours, il a été envoyé pour sa première mission. Alors qu'il pensait qu'il recevrait une formation de trois mois. Ce n'est pas juste », estime-t-elle.

    À Kiev, tout l'intimide. Pourtant, elle doit prendre son courage à deux mains pour faire reconnaître la mort de son époux, toujours porté disparu, et réclamer les indemnités promises à sa famille. « C'est pour les enfants que je suis ici, afin d'honorer une promesse de leur père. Avant de me dire adieu, il m'avait dit : "Tu vas devoir venir ici en Ukraine, il ne faut pas perdre ce qu'ils doivent me donner, c'est pour les enfants, c'est pour eux que je donne la vie." Il disait et il sentait qu'il ne reviendrait pas en Colombie et qu'il ne reverrait pas les enfants », raconte-t-elle.

    Dans le carré colombien du mémorial de Maïdan, Luz dépose une lettre de son fils au pied du portrait de Juan Andres : « ​​​​​​​Cher papa, j'espère que tout va bien en Ukraine. » Comme Carmenza et Luz, une dizaine de familles colombiennes font chaque mois le voyage jusqu'à Kiev.

    À lire aussiDu Darfour à l'Ukraine, comment les vétérans colombiens alimentent le marché mondial du mercenariat

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  • En Pennsylvanie, le Liberal Gun Club passe les armes à gauche
    2026/07/28

    Aux États-Unis, les armes à feu ont longtemps été associées à une population blanche, rurale et conservatrice. Mais à en croire les experts, elles séduisent désormais de plus en plus l'électorat progressiste, ainsi que les personnes de couleur et LGBTQ+, surtout depuis la réélection de Donald Trump en novembre 2024. Illustration à Lancaster, dans le sud-est de la Pennsylvanie.

    De notre envoyé spécial à Lancaster,

    Ils sont une dizaine à s'être donné rendez-vous dans ce stand de tir de Lancaster, en Pennsylvanie, État du nord-est des États-Unis. Tous sont membres du Liberal Gun Club, un club de tir classé à gauche. Parmi eux, il y a Molly. Elle teste des pistolets de différents calibres avec son père. À 22 ans, elle est sur le point de quitter le domicile parental. Il lui faut donc une arme. Reste à trouver la bonne.

    « La première fois que j'ai tiré, j'avais 11 ans. Maintenant que je m'apprête à déménager et à vivre seule, j'ai besoin d'une arme. Parce que je fais 1,50 m et je ne me sens pas capable de me défendre toute seule sans une arme », explique-t-elle. Un sentiment de vulnérabilité renforcé, selon elle, par les discours masculinistes de la droite Maga.

    « Je vis dans un bon quartier, là-bas, je m'y sens bien. Mais la façon dont Trump et son entourage ont encouragé les hommes à considérer les femmes comme inférieures à eux et comme des objets sexuels. C'est préoccupant et particulièrement dégoûtant », ajoute Molly.

    À lire aussiC'est quoi le masculinisme?

    Le Liberal Gun Club compte aujourd'hui quelque 5 000 adhérents à l'échelle nationale. En novembre 2024, juste avant la seconde élection de Donald Trump, ils étaient moins de 3 000. Les demandes de formation aux armes à feu auraient, quant à elles, été multipliées par cinq en un an. Pour Ed Patches, le président de la section locale du club, le tournant a été en réalité l'épidémie de Covid-19, lorsqu'une partie de l'électorat conservateur a refusé de se faire vacciner pour des motifs qu'il qualifie d'irrationnels.

    « Si vous faisiez partie de ceux qui disaient que ça n'avait aucune valeur scientifique, que c'était idiot, vous étiez considéré comme un libéral qui doit être surveillé, voire pire. Je pense que cette radicalisation de la droite est la raison pour laquelle certains à gauche ont jugé qu'ils devaient se protéger, eux et leur famille », analyse-t-il.

    Ceux qui sont présents ce jour-là sont pour la plupart des adhérents de plus longue date. Mais tous font part de leur inquiétude au sujet de ce président que certains qualifient de « fasciste ». C'est le cas de Sam. « Je me suis intéressé aux armes à feu assez tard. Au départ, je n'étais pas du tout fan. Mais avec l'élection de Donald Trump et le rassemblement de Charlottesville en 2017, j'ai totalement changé d'avis. Je suis juif, ma femme est d'origine portoricaine. J'ai acheté des armes par précaution lors du premier mandat, mais quand il a été réélu, avec ma famille, on a songé à quitter le pays », confie-t-il. Aujourd'hui, Sam s'efforce de maintenir le contact avec un maximum d'amis à l'étranger au cas où il lui faudrait s'enfuir.

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  • À bord de l'Ocean Viking, les rescapés racontent les sévices sur les routes de l'exil
    2026/07/30
    Depuis le début du mois de juillet, RFI s’est embarqué à bord de l’Ocean Viking, le bateau de sauvetage affrété par l’ONG française SOS Méditerranée. Patrouillant dans les eaux internationales au large de la Libye, le navire humanitaire a effectué samedi 18 juillet son premier sauvetage de l’été. L’équipage a secouru 38 migrants principalement issus d’Érythrée, du Soudan et de Somalie. Sous un soleil de plomb, sans eau et quasiment à court de carburant, ils voguaient sur une barque de fortune, en fer rouillé, qui menaçait de chavirer à tout moment. Une fois sains et saufs à bord de l’Ocean Viking, ces naufragés de la Méditerranée racontent leur périple, et comment ils en sont venus à prendre autant de risques pour fuir la violence, la torture et la guerre. De notre envoyé spécial à bord, Sur le pont de l’Ocean Viking, les rescapés jouent aux cartes pour tuer le temps. Un peu de légèreté sous une chaleur écrasante. De quoi dissiper un instant les souvenirs du passé. Hadrob, 25 ans, vient d’un petit village en Érythrée. « J’ai fui le service militaire obligatoire. Là-bas, ils te recrutent de force. Tu ne peux plus voir ta famille. Si ta mère meurt, tu ne pourras même pas l’enterrer. À 10 ou 11 ans, tu peux être mobilisé. Femme ou homme, tu n’as pas le choix, ils t’embarquent. De crainte des rafles militaires, tous les jeunes Érythréens vont se cacher dans les montagnes. Pourquoi je devrais rester dans un tel pays ? Alors, j'ai fui au Soudan. » Hadrob se retrouve alors dans un pays ravagé par la guerre. Il gagne sa croûte dans une boulangerie, puis décide de tenter sa chance en Libye. « Au bout de sept jours à Tripoli, une milice, la Brigade 444, a débarqué de nuit dans l’appartement. Ils sont venus avec six véhicules. Ils tiraient en l’air. Ils nous ont menottés et nous ont envoyés en prison dans un grand camp militaire. Dans la prison, il y a plus de 400 personnes. La moitié sont dans un sale état, certains y meurent. À 6 h du matin, on te réveille pour que tu ailles les servir jusqu’à 8 h du soir. » À lire aussiÀ bord de l'«Ocean Viking»: au cœur d’une Méditerranée de plus en plus mortelle « La Libye est un enfer. C’est un enfer, je vous le dis » Travail forcé, racisme, sévices corporels, sexuels et psychologiques sont quotidiens en Libye. Les exilés sont ensuite monnayés comme de la marchandise, raconte Mahmoud, un jeune Soudanais. « Ils exploitent les étrangers. Ils te prennent ton argent, te font miroiter un départ vers l’Europe, mais finalement rien ne se passe. D’autres te prennent ton argent, te font monter dans un bateau et ensuite ils te vendent aux autorités libyennes qui viennent t’intercepter et te ramener en prison. Et pour en sortir, tu dois payer encore. C’est du commerce d’êtres humains ! On te vend ici et on te rachète là. Moi, ça m’est arrivé deux fois. Et à chaque fois, tu dois retrouver un travail, galérer, repartir de zéro. » Comme son compatriote, Hamza, crâne chauve et visage balafré, a vu sa vie pulvérisée par la guerre. D’abord réfugié au Caire, il doit échapper aux rafles menées par les autorités égyptiennes. Une fois en Libye, Hamza est emprisonné et torturé à plusieurs reprises. « J’ai été brisé en Libye. Une année s’est écoulée comme 100 ans. Je n’ai pu regarder personne dans les yeux, ni dire un mot contre l’injustice permanente. Il n’y a pas d’humanité en Libye. Alors quand j’ai pris la mer, je me suis convaincu que si les garde-côtes venaient pour nous intercepter, je me jetterais à l’eau. J’étais prêt à me tuer plutôt que d’être renvoyé là-bas, emprisonné une nouvelle fois. La Libye est un enfer. C’est un enfer, je vous le dis. Ils m’ont détruit. » Fuyant la Somalie, l’Érythrée ou le Soudan en guerre, le calvaire de ces exilés se poursuit dans les pays de transit comme l’Égypte, la Tunisie et la Libye. Bafouant les droits humains, ces régimes autoritaires continuent pourtant de recevoir un soutien croissant des pays européens au nom de la lutte contre l’immigration clandestine. Pour leur sécurité, RFI a préféré garantir l’anonymat des témoins que vous venez d’écouter. Leurs prénoms ont été modifiés. À lire aussiÀ bord de l'«Ocean Viking»: les premières vies sauvées de l'été au large de la Libye
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  • Bolivie: changement des politiques de lutte contre le narcotrafic, un discours plus qu'une réalité?
    2026/07/31
    En Bolivie, on cultive la feuille de coca depuis des siècles et sa production est en partie légale. Pendant 20 ans, la gauche a mené des politiques favorables à cette culture, mais depuis plusieurs années, la production illégale pour le narcotrafic est en augmentation. Avec le retour de la droite au pouvoir fin 2025, c’est une nouvelle stratégie qui est mise en place : discours de fermeté et rapprochement idéologique et financier avec les États-Unis pour lutter plus frontalement contre le narcotrafic. Comment cette évolution se traduit-elle sur le terrain ? Nils Sabin a suivi des policiers et des militaires qui réalisaient une opération d’éradication de cultures de coca. De notre correspondant à La Paz, Le jour se lève à peine dans cette région de jungle de montagne, à plusieurs heures de route de La Paz. Et, déjà, le campement militaire temporaire fourmille d'activités. Pendant cinq jours, militaires et policiers réalisent des opérations d'éradication de cultures de coca illégales dans la zone. Ernesto est l’un des gradés en charge de ce travail, il a requis l'anonymat : « On forme notre colonne de sécurité et ensuite, on se rend sur le site d'éradication. Là-bas, nous, les policiers, avons la charge de la sécurité et les soldats sont ceux qui s’occupent de l'éradication ». Un tiers de la production de coca en Bolivie est illégal Derrière nous, on entend les soldats qui déracinent les plants de coca avec des pioches. Ils vont travailler sur cette parcelle toute la matinée, nous explique un autre soldat : « Ils se sont mis en ligne d'un point à un autre, et ils vont éradiquer jusqu’en haut. Je pense sur une distance d’environ 100 mètres ». Ces opérations sont essentielles pour limiter la production de coca dans le pays : en 2024, la Bolivie en comptait 35 000 hectares, dont un tiers est illégal et donc à destination de la production de cocaïne. Ici, l’éradication est réalisée en concertation avec les producteurs locaux pour limiter les tensions, c’est l’une des mesures qui ont été mises en place par la gauche dans les années 2000. « Dans les zones où un accord a été conclu, comme vous pouvez le voir, le propriétaire de la plantation de coca est présent. C’est donc lui qui indique quelle parcelle va être rationalisée. Il y a donc un consentement de la part des membres de la communauté, mais dans les zones rouges, cet accord n’existe généralement pas et les gens réagissent de manière hostile », explique Ernesto. À lire aussiBolivie: le pays rêve d'exporter sa production de feuille de coca Éradication de coca : « Quel que soit le gouvernement, c’est pareil » Malgré le revirement opéré par le président Rodrigo Paz sur les questions de narcotrafic, ces opérations coordonnées d'éradication de coca n'ont pas été modifiées. C’est ce qu’explique Gonzalo, le représentant des producteurs de coca de la zone : « J'ai vu passer Morales, Arce, Añez, quel que soit le gouvernement, c’est pareil. Avec Rodrigo Paz, le fonctionnement est le même, on n’a pas vu de changements ». Quant au rapprochement avec les États-Unis, il a conduit au retour de la DEA, l’agence antidrogue américaine, dans le pays. Et, fin juillet, une aide de 20 millions de dollars à la Bolivie pour lutter contre le narcotrafic a été signée. Mais cela ne s’est pas encore traduit par des changements concrets. Daniel est l’un des fonctionnaires qui vient vérifier les superficies de culture de coca des producteurs : « C’est presque pareil qu’avant, nous sommes toujours 25 fonctionnaires pour toute la région de La Paz ». Si les discours et le ton du gouvernement ont bien changé, sur le terrain, ces évolutions se font encore attendre. À lire aussiLe retour de la droite au pouvoir en Bolivie, promesse d’une lutte frontale contre le narcotrafic?
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