エピソード

  • En Allemagne, les agriculteurs divisés sur les accords de libre échange
    2026/01/26
    À New Delhi, Ursula von der Leyen et Antonio Costa espèrent concrétiser un accord de libre-échange avec un marché de près d'un milliard et demi d'habitants.Le chancelier allemand appelle de tous ses vœux cet accord, de la même façon qu'il avait mis tout son poids dans la balance en faveur du traité Mercosur - aujourd'hui suspendu à la décision de la justice européenne. De notre correspondante dans la région de Berlin, Contrairement aux Français, les agriculteurs allemands sont profondément divisés sur le dossier. Dans un pays où les très grandes exploitations intensives sont largement majoritaires, les principaux syndicats de l'agro-industrie, réunis à Berlin pour le Salon de l'agriculture qui a fermé ses portes dimanche, ont soutenu le Mercosur et sont favorables à davantage de partenariats économiques. Mais les petits agriculteurs, eux, sont à la peine et manifestent leur inquiétude. Malgré les températures négatives de ce mois de janvier, Lilli Haule est à la ferme depuis 7 h 15 ce matin-là. La jeune femme de 27 ans termine son apprentissage dans une exploitation du Brandebourg. « Nous avons environ 120 animaux, il y a environ 45 vaches allaitantes et leur progéniture. » Passionnée, elle a toujours su qu’elle voulait devenir agricultrice et suivre les pas de son grand-père. Mais Lilli est aussi engagée. Depuis plusieurs années, elle participe au mouvement « On n’en peut plus », qui réunit agriculteurs, consommateurs et activistes – pour une agriculture plus raisonnée dans une Allemagne où la profession est très divisée, entre petits et gros exploitants. Une bataille entre petits et gros exploitants « Les dirigeants des grandes fermes-entreprises ont d'autres intérêts que les nôtres, et ils considèrent la profession comme une industrie, et non comme une activité paysanne. Nous ne sommes pas d'accord avec eux. Nous sommes certifiés bio et ce que je trouve particulièrement intéressant ici, c'est que nous cultivons de nombreuses céréales. Mais sans miser sur un seul type de culture – d'autant plus qu'actuellement le prix des céréales permet difficilement d’en vivre. Nous devons aussi produire suffisamment de fourrage pour pouvoir nourrir les animaux en été, car l’herbe ne repousse pas assez dans les pâturages », explique Lilli Haule. Sa ferme se trouve en effet dans l’une des régions les plus sèches d’Allemagne. Alors comme des milliers d’autres agriculteurs, Lilli Haule est montée en tracteur à Berlin pour manifester son ras-le-bol – et son rejet de l’accord avec le Mercosur par la même occasion. La jeune femme a laissé ses vaches pour la journée mais elle est déçue que le mouvement ici ne prenne pas davantage d’ampleur, comme en France : « Oui, l’accord Mercosur est tout simplement dramatique pour les agriculteurs ! Et il y a une chose que je trouve particulièrement intéressante : c'est que tous les agriculteurs européens s'accordent à dire que c'est stupide, mais tous ceux des pays du Mercosur aussi ! » Le nombre de fermes a baissé de 12 % en 10 ans Car les petits exploitants ont peur de se faire manger par l’agro-business. Selon le journal The Guardian, l’Allemagne est l’un des pays européens avec le plus de fermes-usines, notamment des élevages porcins. Malgré tout, la moitié des exploitations ici sont familiales – et ont du mal à joindre les deux bouts. Le nombre de fermes a baissé de 12 % entre 2010 et 2020, un chiffre qui ne devrait pas aller en s’améliorant avec le départ à la retraite de milliers de baby-boomers comme ces retraités, Jürgen et Anke, rencontrés dans le cortège. À la tête d’une petite exploitation, ils se battent pour leurs enfants et petits-enfants, « et pour que nos descendants aient un avenir ! En 2015, l'Organisation des Nations unies, la FAO avait déjà averti que si on continuait à pratiquer l'agriculture intensive, il ne resterait plus que 60 années de récoltes. Dix ans plus tard, on voit malheureusement que le système n'a pas beaucoup changé. » En cause, la baisse de la biodiversité, l’acidité des sols qui contiennent de moins en moins de nutriments et la hausse des quantités de nitrates dans l’eau. À lire aussiAccord UE-Mercosur: des milliers d’agriculteurs européens expriment leur colère à Strasbourg Le puissant syndicat Raiffeisenverband salue l'accord avec le Mercosur À l’autre bout de Berlin, au salon de l’agriculture Grüne Woche, on est loin de ces considérations. Il a réuni mi-janvier plus de 1 500 exposants, dont les principaux syndicats agricoles, la grande distribution et de grands groupes de l’industrie agro-alimentaire. Malgré des intérêts qui divergent, ces derniers sont d’accord sur un point : le traité avec le Mercosur est une bonne chose pour l'Allemagne et son économie, comme le résume Jörg Migende, le secrétaire général du très puissant syndicat agricole ...
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  • Ukraine: à Odessa, parler de la guerre aux enfants
    2026/01/25

    En Ukraine, voilà déjà bientôt quatre ans que l’invasion russe bouleverse le quotidien des familles. Le soir, à table, la guerre est souvent un sujet tabou. Alors c’est à l’école que le dialogue est initié, par des questions et des réponses entre professeurs et enfants, ou encore des activités artistiques. Théo Renaudon, correspondant en Ukraine, nous immerge aujourd'hui dans la classe de Madame Olikova, institutrice pour des enfants ukrainiens de 10 à 11 ans dans l’école primaire n°19 d’Odessa, dans le sud du pays. Chaque matin, la journée commence par une minute de silence. Puis, la classe commence.

    Un reportage à retrouver dans la longueur dans Accents d'Europe.

    À lire aussiEn Ukraine le port d'Odessa, une cible privilégiée des frappes russes

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  • Au Brésil, le bois du Pernambouc, utilisé en musique, est en voie de disparition
    2026/01/24

    Symbole national, le « bois Brésil », connu à l’étranger sous le nom de bois de Pernambouc, est utilisé pour la fabrication d’archets d’instruments de musique dans le monde entier. Mais l’essence, en voie de disparition, fait l’objet de trafic illégal.

    Gabriela Queiroz est premier violon de l’orchestre symphonique brésilien. Elle a commencé à jouer à l’âge de 4 ans. Dès qu’elle est devenue professionnelle, à 17 ans, elle a eu son premier archet en bois de Pernambouc. Depuis, elle n’utilise que ce type d’archet. « L’élasticité de ce bois nous permet de réaliser des mouvements techniques, ce qu’on appelle les "coups", de manière beaucoup plus efficace, explique-t-elle, et le son est d’une grande qualité. »

    Selon le Centre national de conservation de la flore, 84 % de ce bois sauvage brésilien aurait déjà disparu malgré l’interdiction de son commerce international depuis 2007. « Est-ce qu’on veut assister à l’extinction du bois de Pernambouc en écoutant de la musique classique et en applaudissant ?, s'indigne Felipe Guimarães, agent de l’Ibama, l’institut environnemental brésilien, et spécialiste du bois de Pernambouc. On ne peut pas en arriver là et c’est justement à ça que sert l’Ibama : pour la conservation et le contrôle. Nous nous battrons jusqu’au bout, pour que cet arbre ne disparaisse pas. »

    En 2018, cet agent a participé à l’opération « Do-Ré-Mi » et a découvert un vaste réseau international de trafic illégal de ce bois sauvage. Car les archets peuvent valoir jusqu’à 25 000 euros quand ils sont vendus en Europe ou aux États-Unis.

    À écouter dans Grand reportageAmazonie: restaurer la forêt en imitant la nature

    L'ipê à la place du bois de Pernambouc

    À São Paulo, Daniel Lombardi confectionne des archets dans une autre essence de bois dotée des mêmes caractéristiques : l’ipê. « Ce que vous voyez là, ce sont les fils du bois, montre cet artisan. Vous voyez comme ils suivent le sens de la baguette ? Il n’y a pas de nœuds, ni de croisement. Donc, ce bois est idéal pour faire un archet. »

    Mais les archets en pernambouc restent les plus demandés, regrette-t-il : « C’est dû à une certaine tradition, à un conservatisme, mais aussi à l’ignorance, au fait de ne pas connaître d’autres bois et de penser que le pernambouc est ce qu’il y a de mieux. Mais ce n’est pas le cas. C’est un très bon bois, tout comme l’ipê ou le massaranduba, qui sont aussi de grande qualité. »

    Si Daniel Lombardi estime difficile de retracer l’origine du bois qu’on lui fournit, l’archetier préfère miser sur l’éducation et le changement des mentalités des musiciens. Il rêverait de pouvoir confectionner des archets en ipê pour tout un orchestre de musique de chambre et faire apprécier la qualité des essences de bois alternatives.

    À écouter dans Grand reportageAmazonie: les défis autour des concessions forestières durables

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  • Birmanie: les Rohingyas en exil observent avec inquiétude les élections organisées par la junte
    2026/01/23
    La Birmanie va débuter la troisième et dernière phase des élections générales dimanche 25 janvier. La junte au pouvoir depuis le coup d’État de 2021 organise le scrutin et tente de se légitimer aux yeux de la communauté internationale. Elles sont toutefois qualifiées de « mascarade » par la plupart des ONG et observateurs. De nombreux réfugiés birmans regardent cette élection depuis l’extérieur et notamment les Rohingyas, majoritairement musulmans et victimes de graves persécutions depuis l’indépendance du pays. Alors que la Gambie a saisi la Cour internationale de justice pour accuser la Birmanie du génocide de la communauté, plusieurs d’entre eux, exilés en Malaisie, ont accepté de témoigner. De notre envoyée spéciale à Kuala Lumpur, Dans le sud de Kuala Lumpur, un bâtiment discret se fond dans le quartier. À l’intérieur : les locaux d’une association d’aide aux réfugiés birmans, et notamment aux Rohingyas. Rafik Ismaël est originaire de l'État birman d’Arakan. Lui et sa famille ont fui les persécutions il y a presque 30 ans. « Mon père était un leader local, donc il essayait d’aider les communautés qui avaient besoin de nourriture. Mais les militaires n’aimaient pas ça, et ils ont pris mon père pour le mettre dans un camp de détention. Ensuite, ils s’en sont pris à ma mère, et puis à mon grand-père. Notre communauté s’est battue pour ma famille, mais après les avoir libérés, les militaires nous ont dit : "Il vaut mieux que vous partiez, sinon on tuera toute la famille." » À lire aussiÉlections en Birmanie: «C'est un effort visant à légitimer un pouvoir qui va se succéder à lui-même» Un problème qui dure depuis 70 ans Malgré l’exil, Rafik Ismaël regarde attentivement le déroulement des élections organisées en Birmanie dans les médias : « Le problème en Birmanie dure déjà depuis 70 ans, donc je ne vois aucun avenir possible. Sauf si on fait partir la junte. L’élection pourrait alors permettre la démocratie, peut-être qu’on aurait une chance, mais cette élection-là ne sert à rien. Pour nous Rohingyas, que ce soit la junte ou Aung San Suu Kyi, c’est pareil. Parce qu’ils ne nous soutiennent pas. La dernière fois, parce qu’elle a obtenu le prix Nobel de la paix, vous savez, on a cru qu’elle pouvait faire quelque chose de meilleur pour le pays, mais malheureusement non, on n'a vu rien bon de sa part. » Dans un coin de la pièce, Katija regarde attentivement deux réfugiés endormis sur des matelas posés au sol. Elle a fui la Birmanie il y a cinq ans. Certains de ses proches rohingyas sont toujours sur place : « Mon beau-frère a été pris par l’armée d’Arakan en 2024, c’était l’an dernier. Il a été battu pendant environ deux mois, donc il ne peut presque plus bouger, il est quasiment paralysé maintenant. Je crois à l’unité, mais je ne pense pas que la situation en Birmanie va s’améliorer. On sait que beaucoup de pays soutiennent la junte avec des armes et aussi de l’argent. Nous connaissons la plus longue guerre de l'histoire, donc je ne pense pas que ça ira mieux. » D’autres difficultés font désormais le quotidien de ces Rohingyas, exilés en Malaisie : le pays n’est pas signataire de la convention de l’ONU pour les réfugiés. L’accès à l’emploi, la santé et l’éducation sont notamment limités. À lire aussiBirmanie: la junte organise la deuxième phase des élections législatives
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  • Sarah Mullally, nouvelle archevêque de Canterbury, face aux défis de l’Église anglicane
    2026/01/23

    C’est l’équivalent du pape pour la communauté anglicane : Sarah Mullally deviendra, mercredi 28 janvier, la nouvelle archevêque de Canterbury. C’est la première femme élue à ce poste – son prédécesseur, Justin Welby, a dû démissionner il y a un an, accusé d’avoir mal géré un scandale d’abus sexuels au sein de l’Église anglicane. Sarah Mullally va devoir reconstruire la confiance dans l’institution, et surtout réunifier une communauté divisée sur les grandes questions sociales (comme l’acceptation des couples de même sexe).

    De notre correspondante à Londres ,

    Trois matins par semaine, les fidèles prient dans l’Église St Mary, au cœur de la City de Londres. Le diocèse de Sarah Mullally. Agnès et Alan, en chaussettes sur le sol en pierre, n’ont pas été surpris de sa nomination. « Ça ne va pas changer ma vie religieuse, mais c’est l’ancienne patronne des infirmières des hôpitaux publics. Par conséquent elle a une expérience administrative, en plus de son expérience ecclésiastique, qui va lui être utile », dit Alan. « Beaucoup pensent qu’avoir une femme à ce poste est une avancée, mais il reste beaucoup de dossiers à traiter », estime Agnès.

    Une Église anglicane traversée par de profondes divisions

    Comme l’inclusion des minorités, la protection des victimes d’abus sexuels... Pour le prêtre de la paroisse, Paul Kennedy, Sarah Mullally ne pourra pas plaire aux 110 millions de fidèles anglicans dans le monde. « Elle a été une bonne évêque à Londres, mais elle pourrait causer des frictions à l’étranger. L’Église anglicane est très large, et inclut des ailes très conservatrices, qui ne seront pas d’accord avec ses idées. Il y aura des tensions ».

    L’Église du Nigeria par exemple, rejette déjà l’autorité de Sarah Mullally. En visite à Sainte-Mary, Paul Shaw est recteur dans l’ouest du pays. Pour lui, même en Angleterre, les questions liées à la sexualité divisent, d’ailleurs, le prêtre qui l’accompagne préfère s’éloigner, pour ne pas s’agacer explique-t-il. « À l’échelle nationale, même au sein d’une église, d’une paroisse, c’est un sujet très clivant. Et bien sûr, il y a aussi le fait que ce soit une femme : certains pans de notre Eglise sont mal à l’aise à ce sujet, mais je n’en fais pas partie ».

    Réparer la confiance

    Unifier une Église mondiale, pour Linda Woodhead, sociologue des religions, l’ancienne infirmière devra aussi réparer la confiance après une série de scandales sexuels. « Il faut qu’il y ait un système de compensations, à l’écoute des victimes et qui leur convienne, sans avoir à passer par des procédures judiciaires longues et horribles. Il s’agit de retisser le lien entre l’Église d’Angleterre et la population d’Angleterre ».

    Une reconnexion nécessaire pour prévenir la montée de l’extrême droite, menée sur les réseaux sociaux par l’influenceur anti-immigration et islamophobe Tommy Robinson. « Les voix d’extrême droite comme Tommy Robinson se présentent comme les seules capables de représenter une chrétienté anglaise, patriote. Or, jusqu’à maintenant, l’Église anglicane ne s’est pas demandé comment incarner, au XXIè siècle, une religion nationale. [Sarah Mullally] va devoir prendre position ».

    Sarah Mullally devra quitter son poste à 70 ans. Elle a six ans pour réunifier son Église.

    À lire aussiRoyaume-Uni: la «bergère» Sarah Mullally sera la première femme archevêque de Canterbury

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  • Guerre en Ukraine: à Kiev, les habitants face à la pire crise humanitaire depuis 2022
    2026/01/23
    En Ukraine, les campagnes de frappes russes sur les infrastructures énergétiques se poursuivent quotidiennement. Depuis le 10 octobre, pas une journée ne s'est passée sans que missiles ou drones ne se soient abattus sur des centrales énergétique ou thermiques, plongeant le pays dans le noir et dans le froid au cœur de l'hiver. La situation est particulièrement critique à Kiev. De notre correspondante à Kiev, Depuis 2022, des millions d'Ukrainiens se sont trouvés sous le danger constant des attaques aériennes russes. À Kiev, des raids de grande ampleur, combinant missiles et drones, se succédaient presque régulièrement, toutes les deux ou trois semaines. Cette année, la Russie est passée à la vitesse supérieure et semble vouloir plonger l'Ukraine dans un hiver sans fin : désormais, plus un seul jour ne se passe sans que les attaques se succèdent sur Kiev. Le but de ces frappes est clair : mettre à genoux la capitale et procéder à l'anéantissement total des capacités énergétiques de l'Ukraine. Alors que Moscou nie cibler les civils ukrainiens, ils sont pourtant, quotidiennement, les premières victimes de ces frappes : à Kiev, plus de trois millions de résidents se trouvent, en plein hiver, face à des pénuries prolongées d'électricité, d'eau et de chauffage. Le tout, alors que l'Ukraine est en proie à une vague de froid polaire, où les températures, qui ont avoisiné les -20°C ces deux dernières semaines, se stabilisent désormais à - 10°C. À lire aussiUkraine: en pleine vague de froid, des frappes russes plongent à nouveau Kiev dans le noir Devant l'ampleur des dégâts, et suite à une frappe dévastatrice sur les centrales énergétiques de la ville le 9 janvier dernier, le maire Vitali Klitschko a même enjoint ceux des habitants qui le pouvaient à quitter la ville. Deux semaines plus tard, il affirme que selon des estimations basées sur les bornages téléphoniques, près de 600 000 personnes ont quitté la capitale ukrainienne. Les quartiers populaires en première ligne Tous ne peuvent cependant pas quitter la ville, et pour une grande majorité de la population, il s'agit de survivre à la fois aux frappes et à leurs conséquences. Sur la rive gauche de la ville, où les quartiers populaires sont les plus affectés, les résidents des barres d'immeubles de grande hauteur sont particulièrement exposés : ils vivent tout près de centrales visées par les Russes, et leur approvisionnement en électricité, chauffage et eau est devenu plus qu'aléatoire. Oksana, une mère de famille explique : « La situation est très difficile, on se retrouve sans électricité pendant dix heures, vingt heures d'affilée. Et lorsqu'elle apparaît, c'est au milieu de la nuit, alors je me lève pour charger toutes nos batteries. Sans électricité, il n'y a pas d'eau non plus, et comme l'immeuble a plusieurs étages, elle n'arrive plus aux étages supérieurs ». L'immeuble en question a déjà été éventré par une frappe de drones, et les fenêtres des étages inférieurs ont été remplacées par des panneaux en bois. Pourtant, Oksana n'envisage pas de quitter Kiev : « Nous avons bien de la famille dans l'ouest, où nous nous étions réfugiés début 2022, mais mon mari est en situation de handicap et en attente d'une opération, je ne me vois donc pas partir maintenant. En plus, nous avons ici tous nos proches, dont mes parents, dans des immeubles voisins ». Tout comme Oksana, Valentina, une retraitée, tente de survivre malgré les conditions difficiles : « Dieu merci, une partie de l'immeuble est encore chauffée, et chez moi, je conserve mon manteau pour ne pas avoir froid ». Pour ceux des résidents qui restent dans la capitale, le quotidien s'organise autour de rares heures d'électricité pendant lesquelles il faut recharger ses appareils électriques et batteries, faire tourner une machine à laver, ou encore faire des provisions d'eau courante. Les nuits, au cours desquelles les frappes sont plus fréquentes, se passent dans le froid, dans des caves, parkings ou encore stations de métro, pour ceux qui ont encore l'énergie de s'abriter des bombes. Les « points d’invincibilité », îlots de chaleur dans une ville à l’arrêt Devant cette crise humanitaire qui s'accentue à mesure que la Russie continue de frapper Kiev, la ville a déployé une cinquantaine de générateurs mobiles. Dans certaines cours d'immeubles affectés, des milliers, qui sitôt reconnectés au réseau énergétique sont à nouveau plongés dans le froid et le noir après chaque nouvelle frappe, les secouristes ont mis en place de grandes tentes oranges qui constituent des « points d'invincibilité », des îlots énergétiques dans lesquels les habitants peuvent venir se réchauffer, travailler à distance ou bien encore passer la nuit si les conditions ne leur permettent plus de dormir chez eux. Ces îlots ne sont pas une nouveauté : depuis le début des raids...
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  • La Lettonie a mis fin à la diffusion de nouvelles en russe par les médias publics
    2026/01/21

    En Lettonie, ni la radio ni la télévision du service public ne diffusent plus de nouvelles en russe. Une décision prise au nom de la sécurité nationale en 2023 et entrée en vigueur le 1er janvier de cette année. Le déclenchement de la guerre à grande échelle contre l’Ukraine a été le catalyseur de nombreuses décisions diminuant la place de la langue russe dans la société, qui compte une forte minorité russophone. Mais celle concernant les médias suscite des interrogations, surtout dans le milieu journalistique.

    De notre correspondante à Riga,

    Le reportage est à retrouver dans son intégralité sur le site de RFI dans le podcast Accents d’Europe.

    À lire aussiLettonie: Dojd, la chaîne russe en exil qui se bat pour sa licence

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  • L'Espagne mise sur l'immigration légale pour revitaliser ses campagnes et contrer la baisse des naissances
    2026/01/20

    Pour lutter contre la baisse des naissances, l'Espagne a fait le pari d'une immigration légale et choisie. Deux millions d'étrangers pour la plupart originaires d'Amérique latine se sont installés en Espagne au cours des sept dernières années. C'est le cas dans la région de Zamora, en Castille-et-León, dans le nord de l'Espagne, où, depuis 2022, une entreprise céréalière fait venir des conducteurs de camions du Pérou ou de Colombie. Ces embauches ont permis de remettre à flot le céréalier et, au passage, de redonner vie au village de Bóveda de Toro.

    De notre envoyée spéciale à Zamora,

    Ce reportage est à retrouver dans son intégralité dans le podcast Accents d'Europe ou à écouter sur notre antenne à 17H10 TU.

    À lire aussiEspagne: vers une régularisation de près de 500 000 personnes en situation irrégulière

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