エピソード

  • Royaume-Uni: accusés de trop-perçus, des proches aidants dans le collimateur de la justice
    2026/01/10

    Au Royaume-Uni, des centaines de proches aidants - ces parents, enfants, amis qui s’occupent d’un proche handicapé, malade ou en fin de vie - ont été poursuivis en justice pour fraude. Leur tort : avoir dépassé le plafond de revenus maximum pour toucher des aides, parfois de quelques centimes seulement... Fin novembre, un rapport pointait la responsabilité du gouvernement britannique dans ce scandale. Emeline Vin a rencontré l’une des victimes.

    De notre correspondante à Londres ,

    Institutrice, Elizabeth Taite a arrêté de travailler à temps plein il y a 22 ans, lors de la naissance de son fils Oliver, porteur de trisomie 21. Elle s'est ensuite occupée de son mari, atteint d’un cancer. C'est alors qu'elle commence à demander l’allocation pour les proches aidants d'un montant d'environ 100 euros par semaine.

    « J’ai fait des remplacements dans les écoles. Avec tout ce stress à la maison, j'étais moins sérieuse avec mes comptes, j’ai dépassé le plafond. Les autorités ont fait une moyenne sur l’année alors que je faisais des moyennes mensuelles de mes revenus et que je ne demandais pas l’allocation tous les mois », raconte-t-elle avant d'ajouter : en 2018, « j’ai reçu une lettre m’indiquant que je devais rembourser 2500 livres, soit près de 3000 euros ».

    Des années de trop-perçus réclamées aux proches aidants

    Devenue veuve mais toujours aidante d’Oliver, Elizabeth rassemble ses économies et rembourse la dette. « J’avais l’impression d’être une criminelle. J’étais très contrariée car ma vie à l’époque était sens dessus dessous, ce n’était pas délibéré. Nous n’avions aucune autre aide, et il fallait bien que je nourrisse ma famille », reprend-t-elle.

    Parmi les 134 000 aidants concernés depuis 2016, certains ont accumulé des années de trop-perçus, jusqu’à plus de 20 000 euros. En novembre, un rapport a accusé le gouvernement d’avoir conservé un logiciel qui a échoué à informer les demandeurs qu’ils dépassaient les seuils. Pour John Perryman, de l’association Carers UK, tout cela était évitable.

    « Les conditions autour de l’allocation proche aidant sont techniques et peu claires. Beaucoup de ces aidants ont été dévastés à l’idée de devoir rembourser de telles sommes. Les gouvernements successifs savaient, et n’ont rien fait », affirme-t-il. John Perryman espère que le scandale va permettre une refonte du système : « 69% des gens qui perçoivent l’allocation proche aidant vivent sous le seuil de pauvreté. Un nouveau système va être mis en place pour remplacer ces procédures complexes. Nous, les associations, allons devoir nous assurer que tout est fait pour que les aidants comprennent les règles et les seuils et qu’ils soient informés rapidement en cas de dépassement ».

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    « Nous ne sommes pas des criminels, simplement des gens qui essaient de s’en sortir »

    La culture nationale, très critique envers les récipiendaires d’allocations, a renforcé le tabou autour du scandale. Elizabeth, le bras autour des épaules de son fils Oliver, se sent invisibilisée en tant qu’aidante. « Cela m’a fait mal de me sentir aussi peu valorisée par la société. J’espère que les histoires comme la mienne vont faire changer le regard sur les aidants : nous ne sommes pas des criminels, juste des gens qui essaient de s’en sortir

    Les dettes de 26 000 personnes devraient être réduites ou annulées. Mais aucune excuse officielle n’est prévue.

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  • Thaïlande: un congé parental allongé à 120 jours, une avancée saluée mais jugée insuffisante
    2026/01/09

    Entrée en vigueur le 7 décembre, un mois après sa publication dans la Gazette Royale, une nouvelle législation étend la durée du congé maternité à 120 jours, contre 98 auparavant. Les pères disposent désormais de 15 jours de congé payé après la naissance de leur enfant. Une mesure sociale encourageante dans l'un des pays les plus inégalitaires, confronté à une société vieillissante et à une économie stagnante.

    De notre correspondant à Bangkok,

    Sa silhouette annonce l’arrivée prochaine d’un nouveau-né. Enceinte de six mois, Kingkarn se réjouit de l’allongement du congé maternité : « C’est une excellente mesure pour les mères, on a presque quatre mois de congé. »

    Le congé maternité passe donc de 98 à 120 jours, dont 60 rémunérés par l’employeur, contre 45 auparavant. Autre avancée majeure de la législation thaïlandaise, qui ravit cette future mère de 31 ans : après la naissance de l’enfant, les conjoints ont aussi droit à 15 jours de congé payés. « Un bébé, c’est la responsabilité des deux parents. C’est bien que les pères aient du temps pour nous aider, surtout quand l’enfant est malade. »

    D’ailleurs, 15 jours de congé supplémentaires, indemnisés à demi-salaire, sont prévus si le nouveau-né souffre de complications. Quant au congé paternité, Kan, père dans quelques mois, entend bien en profiter : « Avoir plus de temps pour se préparer, puis passer plus de temps à la maison avec sa femme et son enfant, c’est très important. D’autant que la plupart des entreprises n’autorisent pas le télétravail : ces jours de congé auprès du nouveau-né sont essentiels. »

    Pour Christine Arab, directrice de ONU Femmes pour l’Asie-Pacifique, il s’agit d’une avancée significative pour les femmes, les familles et l’ensemble de la société en Thaïlande : « Ce progrès reflète une prise de conscience partagée : le travail de prise en charge, qu’il soit rémunéré ou non, est l’un des piliers de notre société et de notre économie. En prolongeant le congé maternité, la Thaïlande reconnaît que ce travail influence directement la capacité des femmes à entrer sur le marché du travail, à s’y maintenir et à s’y épanouir. »

    Un premier pas face au vieillissement

    C’est certes un bon début, estime Thanaporn, 30 ans, mais clairement pas suffisant : « J’ai lu que dans les pays scandinaves, le congé maternité peut durer jusqu’à un an et qu’il est largement pris en charge. Moi, j’aimerais au moins six mois de congé maternité et que l’entreprise couvre l’intégralité du revenu, pour que la mère puisse rester à la maison sans inquiétude. Ce serait une bonne chose, pas seulement pour les femmes, mais pour tout le monde en Thaïlande. »

    Mère d’une fillette de 2 ans, elle a dû arrêter de travailler pour s’en occuper : « Quand on devient mère, on a parfois l’impression de devoir abandonner tous ses rêves, de tout sacrifier. Mais nous aussi, on a une vie. Les mères ont des sentiments, des rêves, et nous voulons pouvoir les poursuivre. »

    Pour beaucoup de jeunes en Thaïlande, ce coup de pouce ne suffira pas à les encourager à avoir des enfants, alors que le taux de natalité est en chute libre dans le royaume, confronté à une société vieillissante et des plus inégalitaires.

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    3 分
  • Ukraine: à Kharkiv, des milliers de civils trouvent refuge loin des bombardements
    2026/01/09

    En Ukraine, alors que les bombardements russes continuent quotidiennement le long de la ligne de front, les évacuations de civils de ces zones rouges se poursuivent et des milliers de personnes arrivent chaque mois dans des villes moins exposées. Dans l'est du pays, la région de Kharkiv est particulièrement touchée par les déplacements de population. Reportage de notre correspondante à Kharkiv, dans l'un des hébergements d'urgence où sont accueillis ces personnes.

    Suivez nos dernières infos, reportages et émissions sur la guerre en Ukraine

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  • Syrie: À Alep, de violents affrontements ravivent les tensions entre les autorités de Damas et les forces kurdes
    2026/01/09

    C'est le troisième jour d’affrontements entre les forces gouvernementales de Damas et les combattants kurdes des Forces démocratiques syriennes, retranchés dans deux quartiers kurdes de la ville d'Alep. Cette nouvelle flambée de violences témoigne de l’impasse politique dans laquelle se trouvent les négociations, censées aboutir à l’intégration des institutions kurdes au sein de l’État syrien centralisé. L’armée est parvenue, à pénétrer dans l’un de ces deux quartiers déclarés « zone militaire », après une intense journée de combats.

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  • Le port d’Odessa en Ukraine: le cœur économique du pays en péril face aux frappes russes
    2026/01/07

    Pendant que les négociations se poursuivent, la Russie continue de frapper l’Ukraine à l’arrière. Sur ses villes et ses infrastructures. On parle beaucoup de l’électricité, mais tout l’appareil économique ukrainien est touché. Les trains, les routes et les ports. La ville d’Odessa, à 150 kilomètres du front, accueille le plus grand complexe portuaire du pays où presque toutes les exportations transitent, principalement des céréales type blé et maïs. Sans compter les minerais de fer. Résultat : la cité d’un million d’habitants a subi davantage d’alertes aériennes que Kiev en 2025.

    Le reportage de notre correspondant à Odessa est à retrouver dans son intégralité dans notre podcast Accents d’Europe.

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  • En Iran, une nouvelle contestation sur fond de chute vertigineuse du pouvoir d'achat
    2026/01/05

    Le mouvement de protestation qui se déroule en Iran témoigne de la forte dégradation de la situation économique causée par les sanctions américaines, mais aussi par la corruption et la mauvaise gestion du pays. Alors que l’inflation y dépasse les 50%, la hausse des prix des produits de consommation courante atteint même 80%, touchant de plein fouet les Iraniens dans leur quotidien.

    De notre correspondant à Téhéran,

    Les marchés municipaux sont chaque jour bondés à Téhéran. Il en existe dans tous les quartiers de la capitale de l'Iran. Créés par la mairie, ils proposent des produits alimentaires et des fruits et légumes moins chers que dans les magasins privés. Mehdi et Farideh, un couple de cinquantenaires, ont l’habitude de venir faire leurs courses ici même s’ils ne font pas partie des catégories les moins aisées.

    « Voilà plusieurs années que nous faisons nos courses dans ce marché. Nous y venions même lorsque les prix n’étaient pas aussi élevés. Ici, les prix sont moins chers qu'ailleurs car les produits sont de moins bonne qualité. On doit regarder notre porte-monnaie quand nous faisons nos courses. Si on voulait acheter ces mêmes fruits et légumes ailleurs, nous devrions payer 50% plus cher. Lorsqu’il est venu nous rendre visite récemment, mon fils qui vit à l'étranger n'arrivait pas à croire que les prix avaient autant augmenté. Par exemple, le prix du poulet est sans commune mesure avec son niveau d'il y a deux ou trois ans », expliquent-ils.

    De nombreux Iraniens des classes les plus pauvres n’ont pas les moyens d’acheter de la viande ou du poulet et beaucoup doivent faire des choix lorsqu’ils font leurs courses.

    « Les gens achètent ce dont ils ont vraiment besoin »

    C’est également le cas de Mehdi et Farideh : « Pour certains produits, on en achète moins. Pour d’autres, on les a supprimés. On achète d’abord ce dont nous avons réellement besoin. Pour pouvoir continuer de vivre et manger comme avant, nous avons dû vendre des biens, un terrain par exemple ».

    Abbas, le gérant de l’épicerie d’à côté, se plaint aussi de la situation économique et de la baisse du pouvoir d’achat de ses clients qui ont fait baisser ses ventes : « Nos ventes ont baissé de 30% à 50%, en particulier les produits laitiers comme le fromage qui a fortement baissé. Les gens achètent ce dont ils ont vraiment besoin. Même constat pour le riz devenu très cher lui aussi : les gens n’en achètent plus. Ou si, auparavant, un client en prenait un sac de plusieurs kilos, désormais il en achète une quantité bien moindre : 500 grammes ou un kilo. »

    Le riz fait partie des principaux aliments des Iraniens mais son prix a augmenté de près de 300% depuis un an. Nombreux sont ceux qui ont donc été contraints d'en réduire leur consommation.

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  • Balkans: les conséquences dramatiques de la fermeture des frontières sur la vie des réfugiés
    2026/01/04

    Officiellement, les frontières des Balkans sont fermées et tellement bien gardées que les exilés ne tenteraient presque plus de les franchir. Mais dans les faits, les migrants sont surtout devenus indétectables et entièrement à la merci des passeurs prêts à tout pour maximiser leurs gains. Un reportage à retrouver en entier dans l'émission Accents d'Europe.

    De notre correspondant à Belgrade,

    Personne ne sait combien d'exilés empruntent actuellement la route des Balkans, notamment parce que la plupart évitent les camps officiels où ils sont identifiés. Shaheer, un jeune Afghan de 21 ans, préfère lui la jungle d'Obrenovac, au sud de Belgrade.

    « J'espère qu'on va finir par me laisser entrer en Hongrie. Ce n'est pas une vie ici, c'est dangereux. On doit se cacher de la police, des gens. Aujourd'hui, il y a un type d'ici, un Serbe, qui m'a frappé. Il m'a dit : "Dégage, tu n'as rien à faire ici". On doit toujours fuir. Ça me rend fou, littéralement », témoigne le jeune homme qui vit dans la rue depuis un mois et demi, n'ayant plus d'argent pour poursuivre son périple vers l'Union européenne.

    Sur la route des Balkans, les prix flambent depuis l'entrée de la Croatie dans l'espace Schengen et le déploiement des gardes frontières de Frontex dans le pays. Les trafiquants font leur pub ouvertement sur TikTok et sont aussi prêts à tout - même aux pires exactions - pour maximiser leurs profits.

    Les risques pris par les sans-papiers se matérialisent dans les cimetières

    « Dans les Balkans, les gangs sont surtout tenus par des Afghans, tandis qu'en Libye, ils le sont par des Libyens. Mais le système est le même : ils kidnappent, torturent, violent, brisent les os et envoient des vidéos aux familles pour leur réclamer des rançons de 3 000 ou 4 000 euros. Cela peut paraître peu, mais pour eux, c'est beaucoup d'argent. Une fois que les familles ont payé, les personnes sont libérées. Les transferts se font par Western Union ou MoneyGram », détaille Silvia Maraone, une humanitaire italienne basée de longue date en Bosnie-Herzégovine.

    Dans les Balkans, les risques toujours plus grands pris par les sans-papiers se matérialisent concrètement dans les cimetières. Les tombes portant l'inscription « N. N. », pour « Nomen nescio » (« Nom inconnu », en latin), se multiplient dans ceux qui se trouvent près des frontières. Régulièrement sollicitée par des familles de disparus, l'ONG serbe KlikAktiv a lancé cette année un projet pour tenter de les identifier, comme l'explique Milica Svabic. « Des dizaines de personnes sont mortes noyées dans la rivière Drina, entre la Serbie et la Bosnie-Herzégovine. Malheureusement, personne n'en parle et ces victimes sont mal identifiées », déplore-t-elle.

    Aujourd'hui, les ONG de la route des Balkans font ce qu'elles peuvent pour continuer à porter assistance à ceux qui la rejoignent, alors que les autorités les ignorent.

    Un reportage à retrouver en entier dans l'émission Accents d'Europe.

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  • En Palestine, les enfants du choeur Amwaj s'essaient à la direction
    2026/01/04

    En Palestine, malgré les attaques de colons à répétition, le grignotage des terres, les raids quotidiens de l'armée israélienne et Gaza dans toutes les têtes, l'espoir vient peut-être de la musique qui permet de s'évader du quotidien au fil des notes. Tel est quoi qu'il en soit l'objectif de la chorale Amwaj, un chœur d'enfants palestiniens venus de Bethléem et d'Hébron, en Cisjordanie occupée. Les 60 enfants qui le composent pratiquent la musique six heures par semaine avec des musiciens qui viennent du monde entier et participent à des masterclass. L'une d'elles a notamment été animée par une jeune cheffe d'orchestre palestinienne qui vit désormais en France venue transmettre bien plus que des techniques vocales : une confiance, une discipline, et l’idée que la musique peut encore faire rêver.

    De notre envoyée spéciale à Bethléem,

    Dans une vaste salle de béton, une chorale d’une soixantaine d'enfants venus d'Hébron et de Bethléem s’échauffe la voix en attendant l’arrivée du public. Devant eux, une rangée de musiciens : cinq violons, un violoncelle, une flûte traversière. Tous attendent une jeune violoniste et cheffe d’orchestre professionnelle, Lamar Elias, originaire de Bethléem.

    Mathilde Vittu a créé et cofondé le chœur Amwaj de Palestine. C’est elle qui a pensé à cette co-création : « On connaît bien Lamar Elias. Mon mari lui a enseigné le violon quand elle était enfant. Elle a grandi, elle a voulu devenir cheffe d'orchestre. Elle est partie en France réaliser son rêve et, peu à peu, elle a fait carrière. Elle a été sélectionnée pour le concours de la Maestra qui va se passer bientôt à la Philharmonie de Paris. Quand est né le chœur Amwaj, il y a dix ans, elle a été à nos côtés pour nous soutenir dans ce projet. Récemment, j'ai proposé à Lamar d'enseigner la direction à mes jeunes ».

    Car dans la chorale, plusieurs d’entre eux se forment pour devenir des chefs de chœur. « Avoir la transmission d'une jeune cheffe brillante qui fait déjà carrière comme Lamar Elias dans leur propre langue, en arabe, c'était une manière, pour moi, de montrer qu'on a plein de jeunes chefs en Palestine qui ne demandent qu'à être formés », explique-t-elle.

    La masterclass aborde tous les registres : baroque, classique, ou chansons arabes. Tous les enfants et les adolescents de la chorale Amwaj défilent un à un au pupitre. Tous veulent s’essayer à la direction. « Aujourd’hui, on répétait avec la chorale. On apprenait à se placer pour faire un orchestre, comment chanter en groupe. Quand j’ai pris la place de la cheffe, franchement, j’ai senti que la chorale était dans ma main. Je veux apprendre à faire ça quand je serai plus grande, parce que c’est quelque chose de très beau », raconte Naïf Hijazi, 11 ans, qui vient d’Hébron.

    En Palestine, les chefs d’orchestre sont rares. Par manque d’orchestre d’abord, alors qu’il y a un véritable besoin car des ensembles se créent et les musiciens ne manquent pas. Mais peu de chefs sont formés. Il n’y a pas de véritable cursus de direction. Lamar Elias le précise : cette masterclass était inimaginable à ses débuts dans la musique. « Je n'aurais jamais dit qu'on pouvait avoir un chœur qui chante à quatre voix à Bethléem. Ce n'est pas un manque de culture, c'est juste que ce n'est pas la même éducation. On n'a pas accès à ces moyens. On a des super musiciens mais qui ne peuvent pas vivre ici. Je suis très émue de voir cela et de former des chefs de chœur, quelle chance », se réjouit-elle avec émotion.

    « Ce que l'on fait, c'est dire : "Oui, il y a un futur. Il y a des jeunes Palestiniens, des musiciens, des chœurs. Il y a des gens qui jouent, qui dirigent. C’est vers ce futur que nous avons envie d’aller ensemble », abonde Mathilde Vittu.

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