エピソード

  • En Iran, une nouvelle contestation sur fond de chute vertigineuse du pouvoir d'achat
    2026/01/05

    Le mouvement de protestation qui se déroule en Iran témoigne de la forte dégradation de la situation économique causée par les sanctions américaines, mais aussi par la corruption et la mauvaise gestion du pays. Alors que l’inflation y dépasse les 50%, la hausse des prix des produits de consommation courante atteint même 80%, touchant de plein fouet les Iraniens dans leur quotidien.

    De notre correspondant à Téhéran,

    Les marchés municipaux sont chaque jour bondés à Téhéran. Il en existe dans tous les quartiers de la capitale de l'Iran. Créés par la mairie, ils proposent des produits alimentaires et des fruits et légumes moins chers que dans les magasins privés. Mehdi et Farideh, un couple de cinquantenaires, ont l’habitude de venir faire leurs courses ici même s’ils ne font pas partie des catégories les moins aisées.

    « Voilà plusieurs années que nous faisons nos courses dans ce marché. Nous y venions même lorsque les prix n’étaient pas aussi élevés. Ici, les prix sont moins chers qu'ailleurs car les produits sont de moins bonne qualité. On doit regarder notre porte-monnaie quand nous faisons nos courses. Si on voulait acheter ces mêmes fruits et légumes ailleurs, nous devrions payer 50% plus cher. Lorsqu’il est venu nous rendre visite récemment, mon fils qui vit à l'étranger n'arrivait pas à croire que les prix avaient autant augmenté. Par exemple, le prix du poulet est sans commune mesure avec son niveau d'il y a deux ou trois ans », expliquent-ils.

    De nombreux Iraniens des classes les plus pauvres n’ont pas les moyens d’acheter de la viande ou du poulet et beaucoup doivent faire des choix lorsqu’ils font leurs courses.

    « Les gens achètent ce dont ils ont vraiment besoin »

    C’est également le cas de Mehdi et Farideh : « Pour certains produits, on en achète moins. Pour d’autres, on les a supprimés. On achète d’abord ce dont nous avons réellement besoin. Pour pouvoir continuer de vivre et manger comme avant, nous avons dû vendre des biens, un terrain par exemple ».

    Abbas, le gérant de l’épicerie d’à côté, se plaint aussi de la situation économique et de la baisse du pouvoir d’achat de ses clients qui ont fait baisser ses ventes : « Nos ventes ont baissé de 30% à 50%, en particulier les produits laitiers comme le fromage qui a fortement baissé. Les gens achètent ce dont ils ont vraiment besoin. Même constat pour le riz devenu très cher lui aussi : les gens n’en achètent plus. Ou si, auparavant, un client en prenait un sac de plusieurs kilos, désormais il en achète une quantité bien moindre : 500 grammes ou un kilo. »

    Le riz fait partie des principaux aliments des Iraniens mais son prix a augmenté de près de 300% depuis un an. Nombreux sont ceux qui ont donc été contraints d'en réduire leur consommation.

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  • Balkans: les conséquences dramatiques de la fermeture des frontières sur la vie des réfugiés
    2026/01/04

    Officiellement, les frontières des Balkans sont fermées et tellement bien gardées que les exilés ne tenteraient presque plus de les franchir. Mais dans les faits, les migrants sont surtout devenus indétectables et entièrement à la merci des passeurs prêts à tout pour maximiser leurs gains. Un reportage à retrouver en entier dans l'émission Accents d'Europe.

    De notre correspondant à Belgrade,

    Personne ne sait combien d'exilés empruntent actuellement la route des Balkans, notamment parce que la plupart évitent les camps officiels où ils sont identifiés. Shaheer, un jeune Afghan de 21 ans, préfère lui la jungle d'Obrenovac, au sud de Belgrade.

    « J'espère qu'on va finir par me laisser entrer en Hongrie. Ce n'est pas une vie ici, c'est dangereux. On doit se cacher de la police, des gens. Aujourd'hui, il y a un type d'ici, un Serbe, qui m'a frappé. Il m'a dit : "Dégage, tu n'as rien à faire ici". On doit toujours fuir. Ça me rend fou, littéralement », témoigne le jeune homme qui vit dans la rue depuis un mois et demi, n'ayant plus d'argent pour poursuivre son périple vers l'Union européenne.

    Sur la route des Balkans, les prix flambent depuis l'entrée de la Croatie dans l'espace Schengen et le déploiement des gardes frontières de Frontex dans le pays. Les trafiquants font leur pub ouvertement sur TikTok et sont aussi prêts à tout - même aux pires exactions - pour maximiser leurs profits.

    Les risques pris par les sans-papiers se matérialisent dans les cimetières

    « Dans les Balkans, les gangs sont surtout tenus par des Afghans, tandis qu'en Libye, ils le sont par des Libyens. Mais le système est le même : ils kidnappent, torturent, violent, brisent les os et envoient des vidéos aux familles pour leur réclamer des rançons de 3 000 ou 4 000 euros. Cela peut paraître peu, mais pour eux, c'est beaucoup d'argent. Une fois que les familles ont payé, les personnes sont libérées. Les transferts se font par Western Union ou MoneyGram », détaille Silvia Maraone, une humanitaire italienne basée de longue date en Bosnie-Herzégovine.

    Dans les Balkans, les risques toujours plus grands pris par les sans-papiers se matérialisent concrètement dans les cimetières. Les tombes portant l'inscription « N. N. », pour « Nomen nescio » (« Nom inconnu », en latin), se multiplient dans ceux qui se trouvent près des frontières. Régulièrement sollicitée par des familles de disparus, l'ONG serbe KlikAktiv a lancé cette année un projet pour tenter de les identifier, comme l'explique Milica Svabic. « Des dizaines de personnes sont mortes noyées dans la rivière Drina, entre la Serbie et la Bosnie-Herzégovine. Malheureusement, personne n'en parle et ces victimes sont mal identifiées », déplore-t-elle.

    Aujourd'hui, les ONG de la route des Balkans font ce qu'elles peuvent pour continuer à porter assistance à ceux qui la rejoignent, alors que les autorités les ignorent.

    Un reportage à retrouver en entier dans l'émission Accents d'Europe.

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  • En Palestine, les enfants du choeur Amwaj s'essaient à la direction
    2026/01/04

    En Palestine, malgré les attaques de colons à répétition, le grignotage des terres, les raids quotidiens de l'armée israélienne et Gaza dans toutes les têtes, l'espoir vient peut-être de la musique qui permet de s'évader du quotidien au fil des notes. Tel est quoi qu'il en soit l'objectif de la chorale Amwaj, un chœur d'enfants palestiniens venus de Bethléem et d'Hébron, en Cisjordanie occupée. Les 60 enfants qui le composent pratiquent la musique six heures par semaine avec des musiciens qui viennent du monde entier et participent à des masterclass. L'une d'elles a notamment été animée par une jeune cheffe d'orchestre palestinienne qui vit désormais en France venue transmettre bien plus que des techniques vocales : une confiance, une discipline, et l’idée que la musique peut encore faire rêver.

    De notre envoyée spéciale à Bethléem,

    Dans une vaste salle de béton, une chorale d’une soixantaine d'enfants venus d'Hébron et de Bethléem s’échauffe la voix en attendant l’arrivée du public. Devant eux, une rangée de musiciens : cinq violons, un violoncelle, une flûte traversière. Tous attendent une jeune violoniste et cheffe d’orchestre professionnelle, Lamar Elias, originaire de Bethléem.

    Mathilde Vittu a créé et cofondé le chœur Amwaj de Palestine. C’est elle qui a pensé à cette co-création : « On connaît bien Lamar Elias. Mon mari lui a enseigné le violon quand elle était enfant. Elle a grandi, elle a voulu devenir cheffe d'orchestre. Elle est partie en France réaliser son rêve et, peu à peu, elle a fait carrière. Elle a été sélectionnée pour le concours de la Maestra qui va se passer bientôt à la Philharmonie de Paris. Quand est né le chœur Amwaj, il y a dix ans, elle a été à nos côtés pour nous soutenir dans ce projet. Récemment, j'ai proposé à Lamar d'enseigner la direction à mes jeunes ».

    Car dans la chorale, plusieurs d’entre eux se forment pour devenir des chefs de chœur. « Avoir la transmission d'une jeune cheffe brillante qui fait déjà carrière comme Lamar Elias dans leur propre langue, en arabe, c'était une manière, pour moi, de montrer qu'on a plein de jeunes chefs en Palestine qui ne demandent qu'à être formés », explique-t-elle.

    La masterclass aborde tous les registres : baroque, classique, ou chansons arabes. Tous les enfants et les adolescents de la chorale Amwaj défilent un à un au pupitre. Tous veulent s’essayer à la direction. « Aujourd’hui, on répétait avec la chorale. On apprenait à se placer pour faire un orchestre, comment chanter en groupe. Quand j’ai pris la place de la cheffe, franchement, j’ai senti que la chorale était dans ma main. Je veux apprendre à faire ça quand je serai plus grande, parce que c’est quelque chose de très beau », raconte Naïf Hijazi, 11 ans, qui vient d’Hébron.

    En Palestine, les chefs d’orchestre sont rares. Par manque d’orchestre d’abord, alors qu’il y a un véritable besoin car des ensembles se créent et les musiciens ne manquent pas. Mais peu de chefs sont formés. Il n’y a pas de véritable cursus de direction. Lamar Elias le précise : cette masterclass était inimaginable à ses débuts dans la musique. « Je n'aurais jamais dit qu'on pouvait avoir un chœur qui chante à quatre voix à Bethléem. Ce n'est pas un manque de culture, c'est juste que ce n'est pas la même éducation. On n'a pas accès à ces moyens. On a des super musiciens mais qui ne peuvent pas vivre ici. Je suis très émue de voir cela et de former des chefs de chœur, quelle chance », se réjouit-elle avec émotion.

    « Ce que l'on fait, c'est dire : "Oui, il y a un futur. Il y a des jeunes Palestiniens, des musiciens, des chœurs. Il y a des gens qui jouent, qui dirigent. C’est vers ce futur que nous avons envie d’aller ensemble », abonde Mathilde Vittu.

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  • Équateur: le Gema, l'unité d'élite de la police équatorienne au centre des opérations anti-drogue
    2026/01/03

    La police équatorienne a saisi plus de 211 tonnes de drogue entre le mois de janvier et le 17 décembre 2025, ce qui devrait priver les organisations criminelles de plus de 400 millions d’euros, selon les autorités. Près de 9 000 opérations sur les ports, aéroports, routes et zones côtières ont permis d'arrêter cette année 11 000 personnes et de désarticuler 74 organisations criminelles. Au centre de ces opérations anti-drogue se trouve le Groupe spécial mobile antinarcotiques (Gema) de la police nationale. Les aspirants à ce groupe d’élite s’entraînent dans la base de Baeza qui contrôle le trafic entre la capitale Quito et l’Amazonie.

    De notre envoyé spécial à Baeza,

    Simulacres d’attaques, descentes en rappel, orientation : les exercices sont constants sur la base de Baeza, en Équateur. Deux véhicules sont utilisés pour entraîner les aspirants comme Jonathan Quishpe à détecter les caches de drogue. « On a un poinçon avec des stries un peu plus bas sur la lame. On l’utilise pour piquer les caches naturelles ou fabriquées dans un véhicule. Si on traverse un paquet de drogue, on en retrouvera des traces sur le poinçon », explique-t-il.

    Les succès sont fréquents, immortalisés sur des photos que le lieutenant Christian Carrasco montre avec fierté. « Un cas important cette année, pour nous à Baeza, a été la saisie de 500 kilos de drogue. Les trafiquants se déplaçaient en camion, près de Tena, sur une route secondaire qu’ils utilisent pour éviter les contrôles. On a fait lever la benne et, grâce à notre entraînement, on a repéré un endroit où la peinture était neuve. C’était l’entrée de la cache où la drogue était dissimulée », raconte-t-il.

    À quelques mètres du terrain d’exercice, la route qui mène à la capitale permet de passer de la théorie à la pratique, comme l’explique le lieutenant-colonel Edwin Fierro, commandant du Groupe spécial mobile antinarcotiques (Gema) de la police nationale. « On travaille à base de profils et de renseignements. Bus, camions ou voitures : on choisit les véhicules que l’on va fouiller 50 mètres avant leur arrivée au point de contrôle. Si c’est nécessaire, on fait intervenir les chiens », détaille-t-il.

    Beaucoup d'appelés et peu d'élus

    Comme souvent, la psychologie est aussi une arme pour détecter les possibles trafiquants. « Parmi les profils de potentiels suspects, il y a ceux qui restent impassibles. On les appelle les “nerfs d’acier”. Ils sont capables de cacher la drogue à pleine vue, par exemple dans la boîte à gants », indique Jonathan Quishpe.

    À Baeza, les aspirants au Gema ont aussi à leur disposition la réplique d’un laboratoire dans lequel les étudiants comme Ariel Chiquiranda se familiarisent avec les différentes phases de la production du chlorhydrate de cocaïne. « Ici, la feuille de coca triturée est mélangée avec différents précurseurs chimiques : de l’acide sulfurique, de l’essence et du bicarbonate de soude. Dans la vie réelle, il faudrait travailler avec des masques et des gants », précise-t-il.

    Une formation pour laquelle il y a beaucoup d’appelés mais peu d’élus. Au début du 13e cours de commandos Gema, plus de 100 policiers se sont présentés. Ils ne sont plus aujourd’hui qu’une trentaine – les autres ont rejoint leurs unités après avoir fait sonner une cloche, synonyme d’échec. Ils seront bientôt sur le terrain où ils sont plus attendus que jamais. Car seules 211 tonnes de drogue ont été saisies cette année, 80 tonnes de moins que l’an dernier.

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  • Aux États-Unis, New York se prend de passion pour le couple Zohran Mamdani-Rama Duwaji
    2026/01/01

    New York a officiellement un nouveau maire en la personne de Zohran Mamdani, investi jeudi 1ᵉʳ janvier lors d’une grande cérémonie suivie d'une grande fête populaire dans les rues de la ville. Ce dernier a prêté serment accompagné de son épouse, Rama Duwaji, avec laquelle il forme un couple qui a déjà souvent fait parler de lui et qui fascine les électeurs.

    De notre correspondante à New York,

    « J’aime beaucoup leur style, ils sont géniaux ! » Comme Maria et Calvin, de nombreux New-Yorkais se disent fascinés par le nouveau couple à la mode et dont tout le monde parle, celui formé par le nouveau maire et la « première dame » de la ville, Zohran Mamdani et Rama Duwaji.

    Lui a 34 ans et est issu d’une famille indienne d’intellectuels et d’artistes renommés. Elle a 28 ans, est née dans une famille syrienne, a grandi entre Dubaï et le Texas et est diplômée d’une école d’art. L'un et l'autre se sont connus sur une application de rencontres. Les photos de leur mariage, très simple, célébré durant la campagne, ont fait sensation. Comme la dédicace du jeune démocrate à sa femme, le soir de sa victoire : « À mon incroyable femme Rama. Mon amour. Je ne voudrais célébrer ce moment avec personne d’autre que toi à mes côtés ».

    « C’est quelqu’un qui a beaucoup d’énergie. Cela se voit qu’il veut bien faire. Et Rama, elle, a cette attitude de fille cool, d’artiste branchée de Brooklyn. Ils ont quelque chose de magnétique », selon cette électrice rencontrée dans la rue.

    « Beaucoup de New-Yorkais se reconnaissent en eux »

    Lisa Burns est professeure spécialiste des couples en politique et des premières dames. Pour elle, le succès des Mamdani réside dans les valeurs qu’ils incarnent. Lui, avec ses idées socialistes. Elle, avec son art engagé, exposé dans de prestigieux musées et publié dans de nombreux magazines. « Beaucoup de New-Yorkais se reconnaissent en eux : les minorités, les musulmans, les jeunes, etc. car quand on regarde nos politiciens d'aujourd'hui, une grande majorité sont des hommes blancs âgés dans lesquels une grande partie du pays ne se reconnaît pas. Alors voir la diversité que ce couple représente, ça fait du bien », estime Lisa Bruns.

    Un avis partagé, en effet, par les nombreux New-Yorkais qui ont voté pour Zohran Mamdani. « Les voir au pouvoir nous donne espoir. Nous avons enfin des personnes qui nous défendent et nous écoutent au lieu des vieux politiciens qui nous disent qu’on ne comprend rien parce qu’on est jeunes », s'enthousiasme une jeune femme. « C’est super d’avoir enfin quelqu’un de mon âge qui change l’image classique du politicien », abonde un jeune homme.

    En posant leurs valises cette semaine à la résidence officielle du maire de New York, Zohran Mamdani et Rama Duwaji deviennent l’un des plus jeunes couples à la tête de la ville. Leurs partisans espèrent qu’ils resteront fidèles aux idées et aux engagements qui ont fait leur popularité.

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  • Deux compositrices au programme du concert du Nouvel An 2026 de Vienne
    2025/12/31

    Ce 1ᵉʳ janvier se tient le traditionnel concert du Nouvel An de l’Orchestre philharmonique de Vienne, dirigé cette année par Yannick Nézet-Séguin. Suivi par des millions de téléspectateurs à travers le monde, c’est le plus grand événement de musique classique. Pour la première fois, deux compositrices sont au programme. Réputés conservateurs, l’Orchestre philharmonique de Vienne et le concert du Nouvel An veulent aujourd’hui davantage s’ouvrir aux femmes, compositrices et musiciennes.

    C’est lors de la dernière édition du concert du Nouvel An que, pour la première fois, une compositrice a été jouée. Cette année, le programme va plus loin en incluant deux œuvres de deux compositrices. La Rainbow Waltz de l'Afro-Américaine Florence Price et le Sirenen Lieder de l'Autrichienne Josephine Weinlich, qu’on entend ici jouée par quatre musiciens de l’Orchestre philharmonique de Vienne : Lara Kusztrich, Raimund Lissy, Robert Bauerstatter et Raphael Flieder. Cela montre une volonté d’ouverture, selon le directeur de l’Orchestre philharmonique de Vienne Daniel Froschauer.

    « Nous voulons montrer cette diversité. Il y a beaucoup d’excellentes cheffes d'orchestre et compositrices. Et il n'y a aucune raison de ne pas ajouter au concert du Nouvel An toutes ces couleurs qui sont intéressantes, et qui méritent d’y figurer. Il est réjouissant de pouvoir présenter encore davantage de compositrices. Cela va continuer à se développer », affirme-t-il.

    Une évolution que salue l’historien Oliver Rathkolb, mais en soulignant qu’elle arrive tard. Selon lui, en Autriche, ce ne sont pas uniquement les orchestres, mais tout un système qui a conduit à l’exclusion des femmes musiciennes et compositrices. « Il a fallu beaucoup de temps avant que la musicologie, y compris dans le milieu universitaire, ne s'intéresse à ce sujet, et on constate que très peu de compositions ont été conservées. Aujourd’hui, on est à la recherche d’archives. On voit qu’il y a donc plusieurs aspects à cette question de l’exclusion des femmes du monde de la musique, qui concerne le domaine de la composition, mais aussi celui de l’appartenance à un orchestre. Mais c’est en train d’évoluer », explique-t-il.

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    Lara Kusztrich, jeune violoniste de 31 ans, est l’une des 24 femmes des 148 membres de l’Orchestre philharmonique de Vienne et jouera lors du concert du Nouvel An. Si les femmes sont encore peu nombreuses au sein de l’orchestre, cela est en train de changer selon la musicienne.

    « J’ai des collègues qui ont été les toutes premières femmes à rejoindre l'orchestre. C’est dû au fait que cette ouverture a eu lieu relativement tard. Et aussi au fait qu’un poste se libère uniquement lorsque quelqu'un prend sa retraite ou quitte l'orchestre. Il ne peut donc pas y avoir beaucoup de nouvelles recrues en peu de temps. Mais ma génération a passé des auditions à une époque où cela n'était plus un sujet. On constate lors des auditions qu’il y a aujourd’hui un équilibre entre hommes et femmes. Je dirais que c'est environ 50-50 pour les nouveaux postes à pourvoir », estime-t-elle. Le concert du Nouvel An n’a encore jamais été dirigé par une femme-cheffe.

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  • Mexique: les conséquences sociales de la guerre des cartels à Culiacan
    2025/12/30

    Au Mexique, l'État de Sinaloa est depuis plus d’un an le théâtre d’une guerre qui oppose deux clans rivaux du cartel du Sinaloa. Depuis l’arrestation aux États-Unis du chef de cartel El Mayo, son groupe affronte celui des fils d’El Chapo accusés de trahison. Résultat : la région a plongé dans une violence extrême. Officiellement, le conflit a fait plus de 2 000 morts, et au moins autant de disparus. La ville de Culiacan est l’épicentre de cette guerre intestine et son million d'habitants est pris entre les feux croisés. Les conséquences sont aussi sociales et économiques. Culiacan, qui était une ville réputée pour son opulence et pour la fête, vit désormais dans la terreur.

    Avant le coucher du soleil, il y a encore de la vie dans le centre de Culiacan. Quelques commerces ouverts et du monde dans la rue. Plongé dans ses pensées, Jesus prend un verre sur une terrasse de café. Le jeune homme sort de son service dans un hôtel chic pratiquement vide depuis des mois. « J’ai commencé mon tour à 6 h du matin alors je voulais me détendre un peu, jusqu'à la tombée de la nuit. Là, ça devient dangereux », affirme-t-il.

    Il raconte que l’établissement est pratiquement vide depuis des mois. « On a tous peur qu'il y ait des coupes dans le personnel parce que ça a déjà eu lieu. Moi, j'ai un peu d'ancienneté, je suis parmi les plus vieux, mais pourtant je ne suis pas à l’abri. Des collègues ont été renvoyés à cause de la vague de violence », explique-t-il.

    Là où vit Jesus, dans le sud de la ville, les fusillades sont quotidiennes. Récemment, un de ses amis a perdu la vie dans un restaurant à cause d’une balle perdue. Pour sa famille, la vie est au jour le jour et la peur omniprésente. Il raconte : « On se réveille chaque matin dans l’incertitude. D’ailleurs, aujourd’hui, l’école de ma fille a lancé un message pour nous demander si on allait ou non l’envoyer à l’école. Parce qu’il y a eu une fusillade à 5 h du matin juste à un pâté de maisons de l’école. Clairement, je ne l’ai pas emmené. J’ai dû aller chez ma belle-mère pour qu’elle nous aide à s’en occuper. »

    « Fini le luxe, les voitures, les excès, la drogue »

    L'économie de Culiacan, qui reposait essentiellement sur les services et le commerce, s’est effondrée. Les autorités du Sinaloa comptent les pertes en milliards d’euros, estiment que plus de 25 000 emplois formels et informels ont disparu. Les habitants du Sinaloa limitent leurs déplacements, réduisent leurs activités. Alfredo a fermé deux restaurants sur les trois qu’il possédait. « C’est horrible, c'est encore pire que pendant la pandémie. On avait deux restaurants qui étaient faits pour travailler la nuit, mais on n’a pas pu tenir car personne ne sort plus la nuit », regrette-t-il.

    Il espère ne pas avoir à quitter la ville comme l’ont fait tant d’autres. Mais, pour cela, il sait qu’il doit faire preuve de résilience. Selon lui, une bulle vient d’éclater dans la ville qui ne reviendra pas en arrière. « Ceux qui maintenaient l'économie faisaient partie du crime organisé. Ils ne sont plus là ou du moins leur argent ne circule plus comme avant. C'était une économie fictive. Elle existait grâce au crime organisé. Elle était informelle. Elle a augmenté les prix de tout parce que nous sommes dans une ville très chère. Les restaurants étaient chers, mais les salaires étaient bons. Et donc tous ceux qui avaient offert un service, moi y compris : nous vivions de tout cela. Maintenant on se rend compte qu’il n’y a rien d’autre qui puisse soutenir suffisamment l'économie à Culiacan pour revenir comme avant. On pourrait devenir une ville moins développée peut-être… On va revenir à la réalité parce que les personnes qui sortent maintenant, ce sont des gens qui travaillent normalement. Fini le luxe, les voitures, les excès, la drogue… Je veux dire que la paix sera le véritable luxe maintenant », conclut-il.

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  • À Providencia, les pêcheurs colombiens face aux bombardements américains
    2025/12/29
    Donald Trump a confirmé lundi 29 décembre que les États-Unis avaient détruit une zone de mise à quai pour des bateaux présentés comme impliqués dans le narcotrafic au Venezuela, dans ce qui pourrait être la première frappe au sol. Au nom de la lutte contre le narcotrafic, les États-Unis ont déjà mené des frappes contre plusieurs dizaines de navires. Une centaine de personnes ont été tuées sans que les États-Unis puissent présenter des preuves de leurs liens avec le trafic de drogue. Dans l’archipel de San Andrés, qui appartient à la Colombie, cette opération fait craindre le pire aux pêcheurs artisanaux. De notre correspondante en Colombie, Le soleil pointe à peine lorsque les premières embarcations quittent le rivage de Providencia, petite île colombienne des Caraïbes. Les pêcheurs s’éloignent en mer, mais jamais seuls : depuis plusieurs semaines, leurs habitudes ont changé. « On sort désormais en groupes. C’est mieux d’être ensemble, parce qu’en voyant plusieurs bateaux réunis, ils ne peuvent pas dire que c’est du narcotrafic, n’est-ce pas ? », raconte Joan Peñalosa, un pêcheur. Depuis début septembre, les frappes américaines contre des embarcations soupçonnées de narcotrafic se multiplient dans les Caraïbes. La peur s’est installée parmi les 220 pêcheurs de cette communauté. José Manuel est l’un d’entre eux : il pêche « aux poumons », sans bouteilles, harpon à la main. Et ce matin il est parti près du littoral avec deux collègues. « Ça nous inquiète d’aller vers les cayes les plus éloignées à cause de la situation. On ne sait jamais ce qui peut se passer. Mais en tant que pêcheurs, on n’a pas le choix : on doit continuer à travailler », regrette-t-il. Par crainte d’être pris pour des trafiquants, certains pêcheurs renoncent désormais aux zones les plus riches en poissons. Un sacrifice : toute la communauté dépend de ce revenu. Dans les cayes, cela représente plus de 100 euros par jour, contre à peine 30 près de l’île. Joan Penalosa se veut tout de même rassurant. « Nos embarcations n’ont rien à voir avec celles des trafiquants : elles sont plus petites, avec moins de tirant d’eau et des moteurs beaucoup moins puissants », affirme-t-il. À lire aussiÉtats-Unis: Donald Trump menace Nicolas Maduro et met en garde le président colombien Gustavo Petro Pour l’instant, la zone autour de Providencia n’a pas été frappée. Mais cela n’empêche pas Elizabeth Cabezas, pêcheuse de 63 ans d’angoisser quotidiennement. Elle prépare le déjeuner pour ses deux fils partis en mer. « Ce sont nos enfants qui risquent leur vie là-dehors, s'inquiète-t-elle. Eux ils bombardent en disant que c’est de la drogue. Et quand ils bombardent, si ce sont des pécheurs et qu’il n’y a pas de drogue, on ne peut pas leur rendre la vie… » Pour Edgar Jay, président de l’association des pêcheurs afrodescendants de Providencia, ces opérations américaines vont bien au-delà de la lutte antidrogue. « C’est une stratégie d’intimidation. Est-ce que les États-Unis peuvent appliquer la peine de mort de façon extrajudiciaire, partout dans le monde ? C’est une invasion », s'indigne-t-il. Et cette colère contre l'administration Trump est largement partagée sur l’île. « Ces Américains se croient les maîtres du monde ! », s'exclament certains. Pour dénoncer la situation, Edgar Jay a adressé une lettre aux Nations unies. Avec les pêcheurs de son village, il exige le droit de travailler en toute sécurité. « Nous pensons que l’ONU doit servir la paix mondiale et défendre les populations les plus vulnérables », revendique-t-il. Les pêcheurs artisanaux de l’île espèrent désormais une intervention de la communauté internationale. À lire aussiDes frappes américaines contre trois navires liés au «narcotrafic» font huit morts dans le Pacifique À lire aussiÀ la Une: la légalité des frappes américaines dans les Caraïbes
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