エピソード

  • En Irlande, des logements sont laissés à l'abandon alors que les loyers explosent
    2026/10/26

    Maisons à l’abandon, appartements inoccupés, lotissements désertés, en Irlande, des milliers de logements restent vides, alors que la crise du logement atteint des niveaux records. Les loyers à Dublin sont devenus les plus chers d’Europe, deux tiers des 18-34 ans vivent encore chez leurs parents et jamais autant de personnes n’ont eu besoin d’un hébergement d’urgence. Alors pourquoi ces milliers de logements vides ne sont-ils pas remis sur le marché, quand tant d'Irlandais peinent à trouver un toit ? Direction Cork, dans le sud du pays, deuxième plus grande ville d’Irlande, où le paradoxe est bien visible.

    Un reportage de notre correspondante à retrouver dans la longueur dans Accents d'Europe.

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  • Brésil: dans le Minas Gerais, les bolsonaristes entre rejet du PT et défense des valeurs traditionnelles
    2026/10/23

    Ce dimanche 25 octobre, les électeurs brésiliens sont appelés aux urnes pour le second tour de la présidentielle. Le sénateur d’extrême droite Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, affronte le président sortant Lula, qui brigue un quatrième mandat non consécutif. Après être arrivé en tête dans l’État clé du Minas Gerais au premier tour, Flavio Bolsonaro espère y confirmer son avance. En 2022, son père y avait pourtant été battu par Lula.

    De notre envoyé spécial à Itabirito,

    Ils sont venus en voiture, en camion, en pick-up et même à cheval. Cette semaine, les partisans de Flavio Bolsonaro se sont donné rendez-vous à Itabirito, une petite ville de tradition minière, à une heure de route de Belo Horizonte, la capitale du Minas Gerais. Le rassemblement est organisé par le député local, le pasteur Anderson.

    « La criminalité ici, dans le Minas Gerais, a augmenté. On a appris aujourd’hui que le chômage avait également augmenté, clame-t-il. Dans cette région, on vit de l’exploitation minière, mais même les compagnies minières commencent à montrer des signes de faiblesse. Alors, nous sommes là, démocratiquement, pour envoyer un message. Nous croyons en un pays qui va se relever. »

    Un pays qui, selon les bolsonaristes, a été détruit par des années de gouvernements corrompus du Parti des travailleurs, le PT. C’est l’un des principaux arguments de campagne de Flavio Bolsonaro, repris par ses sympathisants. Comme Walter, un entrepreneur local qui redoute une dérive socialiste de son pays. « Si on continue comme ça, on sera bientôt au niveau du Venezuela », alerte-t-il.

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    « Tout ce qui ne va pas, c’est du côté de la gauche »

    En plus du rejet de Lula et du PT, c'est aussi la défense des valeurs traditionnelles qui mobilise les militants. Pour Giovani, c’est même la principale raison de voter Flavio Bolsonaro. « Depuis tout petit, notre mère nous a appris à aimer notre patrie, notre famille et les nôtres. Nous avons grandi avec ces valeurs, explique-t-il. Alors, nous devons voter pour un candidat qui se rapproche le plus de l’éducation que nous avons reçue. Tout ce qui ne va pas, c’est du côté de la gauche. Ma mère est aujourd’hui au ciel, mais je suis sûr qu’elle est fière de moi. Parce que mes valeurs, elles ne sont pas négociables. »

    Dans le centre-ville de Belo Horizonte, Luciana distribue des tracts pour Flavio Bolsonaro. Pour elle aussi cette élection est avant tout une question de valeurs. Elle est notamment opposée à la légalisation de l’avortement. « Moi, je pense que si une personne avorte clandestinement ou prend des médicaments pour avorter, c’est son problème, opine-t-elle. Mais le gouvernement n’a rien à faire là-dedans. Ce n’est pas un père ! »

    À quelques mètres seulement du stand de Luciana, des militants de Lula font campagne pour le président sortant. Eux aussi dénoncent leur adversaire. Deux camps qui se font face, dans un pays profondément polarisé, où le dialogue semble devenu impossible.

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  • Arménie: des chercheurs français en quête de semences pour affronter le réchauffement climatique
    2026/10/17

    Avant la COP17 sur la biodiversité, qui s'ouvre ce lundi 19 octobre en Arménie, des scientifiques français ont parcouru le pays à la recherche de semences locales. Face au changement climatique, ils cherchent dans cette diversité génétique des plantes capables de s'adapter aux conditions de demain. Reportage de Marie Penin pour RFI.

    « Nous sommes de l'université agraire, et nos collègues français vont arriver dans un instant. Ils s'intéressent aux plantes que vous cultivez dans votre village. Est-ce qu'on pourrait aller les voir dans votre jardin ? », demande Andrea Melikyan. « Si vous étiez arrivés un peu plus tôt, vous auriez pu goûter le tolma [au chanvre] de ma belle-mère », lui répond Gohar Khachatryan.

    Dans leur jardin à Vaghatin, Gohar et Seyran Khachatryan cultivent pommes de terre, tomates, haricots... Les Français, eux, s'intéressent aux asperges. « Depuis 25 à 30 ans, grâce à nos amis américains et à notre travail, nous continuons à cultiver ces variétés de Mary Washington », explique Seyran. « On collecte les graines, mais on collecte les savoirs qui vont avec. Elle est précoce, elle est tardive, elle est irriguée, pas irriguée, elle est sensible à telle maladie ou pas », souligne Stéphane Crozat, co-directeur du Centre de ressources de botanique appliquée, qui dirige cette mission.

    S'adapter au nouveau climat

    Ici, les scientifiques cherchent des semences plus résistantes au réchauffement climatique et aux maladies. Elles seront ensuite étudiées et testées à Lyon avec des agriculteurs français. « L'idée, c'est d'aller chercher dans des zones hypercontinentales – l'Arménie se trouve, en pointes extrêmes, de -22°C à pas loin de 50°C – pour pouvoir adapter nos futurs légumes, céréales et autres à notre nouveau climat. La plante va enregistrer petit à petit, progressivement, ces informations et va les inscrire progressivement dans son génome. Cette notion de coévolution est fondamentale parce que c'est ce qui peut nous permettre de nous adapter », ajoute-t-il.

    Une génétique très large

    Johan Cottreel, agronome au Centre de ressources de botanique appliquée (CRBA), recherche en priorité des variétés locales, familiales, avec une grande diversité génétique : « Ici, en Arménie, les croisements se font dans le jardin, soit par le vent, soit par les insectes. Ils n'ont pas peur du brassage génétique. C'est une des pistes aussi, d'aller voir une génétique très large pour résister aux conditions très aléatoires d'une année sur l'autre. »

    Direction la banque de semences. « ​​​​​​​Nous allons le faire sécher. Il faut ensuite mettre 300 graines dans une enveloppe, puis la placer au réfrigérateur pour les conserver », détaille la scientifique Margo Ghazaryan. Ces graines rejoignent la banque de semences arménienne, qui conserve déjà 12 000 ressources génétiques. « ​​​​​​​Nous essayons de collecter les graines de toutes les espèces de plantes présentes en Arménie, notamment les ressources génétiques qui sont menacées de disparition. Si certaines venaient à disparaître, nous pourrions les restaurer », estime Andrea Melikyan, qui dirige ce centre scientifique.

    Une partie de ces ressources sera étudiée à Lyon par l'équipe française. Les résultats seront présentés conjointement à la COP17. Des graines arméniennes, donc, qui pourraient bien se retrouver au cœur des discussions sur l'avenir de notre agriculture.

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  • Biodiversité: dans les Asturies, la nature se réinstalle entre béton et industrie
    2026/10/18

    La renaturalisation des cours d'eau en milieu urbain est l'un des objectifs de la COP17 (du 18 au 30 octobre à Erevan, en Arménie). En la matière, l’Espagne se classe plutôt bien en Europe. Et même si, de façon générale, la conservation des habitats naturels n'est pas encore à la hauteur des enjeux, les bonnes pratiques existent. Exemple dans les Asturies, où s'est rendue RFI. Dans cette région qui abrite 1% de la biodiversité mondiale, le passé sidérurgique s'estompe peu à peu des écosystèmes.

    De notre envoyée spéciale à Gijon,

    Après des années à l'avoir maltraitée, la ville de Gijon, dans les Asturies, vient de se réconcilier avec sa rivière, le Río Pilon, qui se jette dans la mer au niveau de la grande plage de San Lorenzo. Le cours d'eau, qui circulait entre des digues de béton, abrite désormais des joncs, des roseaux et tous types d'arbustes typiques des berges.

    « Ce que l'on a fait ici, c'est revégétaliser la zone avec des arbres d'espèces autochtones. Retrouver les plantes et arbres typiques des berges comme le laurier par exemple », explique Paco, membre des Écologistes en action et un des précurseurs de ce projet de restauration-plantation.

    Dans la rivière, plusieurs types de canards pataugent joyeusement, alors qu'un héron blanc se tient immobile sur une sorte de petite île qui s'est recréée naturellement. « Devant nous, il y avait deux vannes qui séparaient la rivière en deux, et ils avaient construit une île artificielle en béton. Il reste encore des travaux de renaturalisation à faire, mais on retrouve une rivière dans son état naturel. Il y a même une source d'eau potable qui a fait irruption lorsque l'on a retiré les digues en béton », détaille Paco.

    À 50 kilomètres de là, l'estuaire d'Avilés, la grande ville industrielle des Asturies. Face à nous, de l'autre côté du fleuve, s'activent des camions et des grues qui déversent des tonnes de métal ou de charbon. David, membre de l'Association de conservation de la nature, présente aux visiteurs les dernières dunes qui s'éloignent. Un espace presque miraculé de l'estuaire.

    « Nous sommes dans le dernier endroit préservé dans la zone. C'est un bouclier pour tenir tête à tous ceux qui veulent transformer cet espace et, du même coup, le dégrader. Ici, nous avons des hérons, des sternes. Il y a également des plantes qui sont très rares en Asturies, et certaines espèces de mollusques qui avaient disparu sont revenues dans l'estuaire. Évidemment, je soutiens ce genre d'initiatives qui favorisent la biodiversité de l'estuaire, mais il faut aller encore plus loin. Il faut les reproduire à grande échelle », estime-t-il.

    Il reste du travail à Avilés, et la conservation des habitats est encore un point faible de l'Espagne, avec seulement 9% des habitats d'intérêt communautaire en bon état de conservation. Pour inverser cette tendance, le pays a transmis son projet de plan national de restauration de la nature à la Commission européenne, qui prévoit des actions de réparation ciblées sur près de 9 500 kilomètres carrés d'habitat dégradés d'ici 2030.

    Un reportage à retrouver en intégralité dans l'émission Accents d'Europe

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  • Israël: à Rehovot, une jeunesse qui penche à droite avant les législatives
    2026/10/19
    Dans une semaine, le 27 octobre, les Israéliens se rendront aux urnes. Rehovot, une ville de 140 000 habitants près de Tel-Aviv, est considérée comme un bon baromètre, car les résultats électoraux y sont similaires à ceux de l'ensemble du pays. Elle y a rencontré des jeunes. Pour ce scrutin, ils seront 600 000 primo-votants, et ils se positionnent beaucoup plus à droite que leurs aînés : 56% de ces jeunes de 18 à 22 ans se déclarent de droite. De notre envoyée spéciale à Rehovot, « Le plus logique pour moi serait de voter soit Bibi (Benyamin Netanyahu, NDLR), soit Ben Gvir. Et pour l'instant, je pense plutôt voter Ben Gvir », confie Shahar. « Probablement à droite. Ben Gvir, Bibi ou quelque chose comme cela. Qu'est-ce qui est important pour moi ? Que ce soit un pays de droite, un pays juif », explique Noa. Shahar et Noa vont donc voter à droite ou à l'extrême droite lors des élections législatives du 27 octobre en Israël. Elles ont 18 ans et travaillent au centre commercial de Rehovot. Rei est attablé à un café. Le jeune homme a 21 ans et il fait son service militaire. « C'est la première fois que je vote et j'hésite... Je vais probablement voter pour le bloc de droite, pour Ben Gvir. Avec lui, c'est la sécurité... Il y a la loi sur la peine de mort pour les terroristes. Des lois qui protégeront et rendront l'État plus sûr », assure-t-il. À lire aussiRestauration de la peine de mort en Israël: des ONG fustigent «un retour en arrière de plusieurs décennies» Une génération marquée par le 7-Octobre et trois années de guerre. Amit refuse de se laisser enfermer dans ce schéma. Il fait des études pour devenir vétérinaire, il a 26 ans et va voter centre droit, pour s'opposer à l'actuelle coalition au pouvoir. « Moi, je pense voter Eisenkot. Si le gouvernement actuel est réélu, nous allons vers de gros problèmes dans notre pays. Par exemple, tout le monde veut la peine de mort. Je trouve cela stupide parce que c'est raciste », estime-t-il. En tête des intentions de vote des jeunes : Naftali Bennett, de droite libérale, mais du bloc anti-Netanyahu. Rotem trouve son programme intéressant : « J'ai 18 ans. Je me situe quelque part entre Bennett et Eisenkot. J'hésite. Je viens d'une famille dans laquelle mes parents votent Likoud, Ben Gvir et tout ça. Mais moi, c'est un peu moins mon truc, ces extrêmes. Je pense aussi qu'il faut du changement. Bibi est Premier ministre depuis que je suis née. Cela fait longtemps. » Ces jeunes électeurs israéliens n'ont connu que Benjamin Netanyahu à la tête du pays. Sharon porte une voix minoritaire : cette étudiante, réserviste, a des idées de gauche. « Je vais voter pour le parti démocrate aux prochaines élections parce que c'est important pour moi de renforcer le bloc du changement. Il est important pour moi de soutenir un parti qui prendra toutes les mesures nécessaires pour former un gouvernement qui ne soit pas dirigé par Netanyahu. Qui pourra construire un avenir meilleur pour ce pays », espère-t-elle. Chacun s'accorde à dire qu'il ne faut surtout pas s'abstenir. Même lorsqu'on est Palestinien d'Israël comme Yasmine, étudiante de 22 ans qui va voter pour un parti qui la représente. « On a besoin des voix de tout le monde cette fois. On ne veut pas des racistes. C'est pourquoi je vais voter pour la Liste arabe unie. On veut la paix », affirme-t-elle. À Rehovot, les jeunes souhaitent que les ultra-orthodoxes partagent le fardeau du service militaire et fassent l'armée. Les très religieux ne se posent pas de questions : ils voteront selon les indications de leur rabbin. À lire aussiLégislatives en Israël: Benyamin Netanyahu obtient le soutien tardif de Donald Trump
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