エピソード

  • Au Vietnam, la progression rapide de l'obésité inquiète les autorités
    2026/06/05

    Au Vietnam, une nouvelle réalité inquiète les autorités publiques. Réputée pour son alimentation saine et équilibrée, la gastronomie vietnamienne fait désormais face à de nouvelles habitudes. Aujourd’hui, environ 20 % de la population est en situation de surpoids ou d’obésité. Selon l’Organisation mondiale de la santé, le pays connaît l’une des progressions les plus rapides d’Asie du Sud-Est.

    De notre correspondant à Hanoï,

    Sur les trottoirs de la capitale, ces jeunes dégustent des cafés au lait concentré, à la crème salée ou au jaune d’œuf. Une seule boisson peut contenir l’équivalent de la dose journalière de sucre recommandée par l’OMS. Dans ce café branché d’Hanoï, une jeune vendeuse explique la préparation de ses boissons. « La quantité de sucre varie, il y a environ entre 35 et 50 g de sirop, ce qui correspond à environ 20 à 30 g de sucre raffiné pour une portion de boisson de 350 à 500 ml. Les jeunes Vietnamiens aujourd’hui aiment manger sucré, oui, confirme-t-elle. Ils aiment la restauration rapide et boire des boissons qui contiennent beaucoup de sucre. »

    McDonald's, KFC ou Lotteria : depuis les années 1990 et l’ouverture économique du pays sur le monde, les chaînes de fast-food n’ont cessé de se développer, modifiant progressivement les habitudes de consommation. À Hanoï, dans certains quartiers, jusqu’à 40 % des jeunes seraient en situation de surpoids ou d’obésité. Les villes sont les plus exposées à cette hausse, explique Alice Nguyên, diététicienne. « Il y a beaucoup de nouvelles tendances alimentaires qui arrivent. Par exemple, les boissons et la nourriture, il y a beaucoup de publicités autour de ces produits, souligne-t-elle. La plupart des gens ne sont pas vraiment conscients de comment un apport excessif en calories peut avoir un impact sur le taux d’obésité. »

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    Les jeunes en première ligne

    Selon elle, les jeunes sont en première ligne face au phénomène. Le gouvernement a récemment annoncé la mise en place de mesures dans les écoles, avec un meilleur encadrement des repas et des actions de sensibilisation auprès des élèves. « Je pense que la génération plus âgée au Vietnam est celle qui consomme le plus de nourriture “réelle”, des aliments non transformés, plutôt que les jeunes », poursuit la diététicienne.

    Chaque jour, Hoa prépare des petits plats à base de tofu, de sauce de poisson ou encore de légumes frais du marché. Les mains sur la cuisinière, cette soixantenaire remue dans une poêle des champignons et du bœuf, en expliquant ses recettes favorites. « C’est les crevettes sautées avec du porc, sans utiliser beaucoup d’huile, et les plats sont très légers, tout en étant nutritifs, souligne-t-elle. Par exemple, le tofu frit avec des oignons, ou encore du poulet bouilli, dont le bouillon peut être utilisé pour cuisiner la courge. »

    Pour encourager la consommation de produits plus sains, les autorités vietnamiennes multiplient les mesures. Depuis 2026, l’étiquetage nutritionnel plus détaillé est devenu obligatoire sur les produits alimentaires. Le pays doit progressivement faire entrer en vigueur une taxe sur les boissons sucrées.

    À écouter dans Le goût du mondeLe secret des Vietnamiennes

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  • La Suède externalise ses prisonniers en Estonie
    2026/06/05

    En Estonie, les députés vont voter pour entériner le transfert de prisonniers suédois vers des prisons estoniennes qui sont vides. Les premiers prisonniers sont attendus pour le mois d’août. Ils seront 600 en tout. C’est le nombre de places libres dans la prison de Tartu. Ce serait une première en Estonie, qui avait déjà évoqué le transfert de prisonniers britanniques sans que le projet n’aboutisse. Notre correspondante dans la région, Marielle Vitureau, a pu se rendre dans la prison de Tartu, dans le sud du pays, là où leur accueil se prépare.

    De notre envoyée spéciale à Tartu,

    Dans la zone commerciale de Tartu, les cubes de béton gris font plus penser à une usine qu’à une prison. C’est là que les détenus suédois viendront purger leurs peines, à quelques mètres de magasins d’outillage. À l’intérieur, toute une aile leur sera réservée. « On va repeindre le couloir avec une couleur plus relaxante, le violet n’est pas la meilleure. Il y a deux places par cellule. Les Suédois auront la télévision. La surface est d’environ 10 mètres carrés et il y a des sanitaires », détaille Merle Ulst, la toute nouvelle directrice, qui fait la visite.

    L’idée de louer les prisons estoniennes à un autre État est née du constat qu'elles étaient vides. Moins de 1 500 personnes sont incarcérées en Estonie. Il y a 25 ans, elles étaient 5 000. Une baisse considérable liée à l’introduction de peines alternatives, comme le bracelet électronique. Le député Madis Timson, à la tête de la commission Justice au Parlement, trouve que la location est une bonne idée : « Nous avons trois prisons modernes en Estonie. Ce serait logique d’en fermer une car nous n’avons pas assez de prisonniers. Garder un bâtiment vide coûte aussi de l’argent. Si nous louons le bâtiment, nous pouvons créer 250 emplois. »

    La Suède versera 30 millions d’euros par an à l’Estonie, plus 8 500 euros chaque mois pour chaque prisonnier. La question n’est pas trop débattue dans l’espace public, mais ce transfert inédit suscite tout de même des interrogations, rappelle Anna Markina, professeur de droit criminel : « Dans la population, l’inquiétude la plus grande est que des criminels venant de l’étranger arrivent dans notre société. Comme criminologue, je me demande comment la socialisation de ces prisonniers venant de Suède va se faire. »

    Le député Madis Timpson se veut rassurant : « L’Estonie ne recevra pas de mineurs, de personnes âgées, de femmes, de chefs d’organisations criminelles, de terroristes et d’extrémistes. » Les détenus viendront de toutes les régions de Suède. Ils seront surveillés par des Estoniens qui parleront anglais avec eux. Ils auront certains avantages par rapport aux prisonniers estoniens.

    « J’espère qu’ils ne seront pas totalement contre l'idée de venir, car sinon, cela va causer des problèmes. Nos collègues suédois nous ont dit qu’ils auront la possibilité de se servir d’ordinateurs portables, c'est mieux qu’en Suède », explique Merle Ulst, la directrice. Le Parlement suédois a déjà ratifié l’accord. Les Estoniens le feront dans quelques jours. Il sera en vigueur pendant cinq ans, avec la possibilité de prolonger.

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  • Dans le village palestinien d'Umm al-Khair, les colons israéliens bloquent le chemin de l'école
    2026/06/04

    L'expansion des colonies israéliennes est presque quotidienne dans les territoires palestiniens. Dans le village d'Umm al-Khair, près d'Hébron, des colons se sont installés illégalement et ils bloquent le chemin de l'école pour une trentaine d'enfants du village.

    De notre envoyée spéciale de retour d'Umm al-Khair,

    Dans l’école de Zoukor al-Sarraya, quatre élèves ne viennent plus en classe depuis plusieurs semaines, explique le directeur Amjad al-Jundi. « Ils ont cessé de venir, car ils avaient peur pour leur vie. Le chemin de l’école est devenu dangereux avec les colons, dénonce-t-il, ils veulent éviter tout conflit avec eux… »

    Ce chemin, c’est celui qui mène du village palestinien d’Umm al-Khair jusqu’à l’école. Mi-avril, il a été coupé par des colons israéliens qui ont installé des barbelés. Le directeur fait un dessin pour expliquer la situation. « Voyez, là, il y a des caravanes sur le côté de la route. Elles coupent le petit chemin ici qui permettait aux élèves de prendre un raccourci pour se rendre à l'école, montre-t-il. Les élèves doivent désormais emprunter la route, plus longue et plus dangereuse car elle passe devant les caravanes des colons. »

    Lorsque le passage a été bloqué, Fahad, 17 ans, était là. « Les colons nous ont attaqués sur la route, ils se sont regroupés contre nous en nous menaçant avec des armes et en jetant sur nous des grenades assourdissantes et du gaz lacrymogène, témoigne-t-il. Ça peut te tuer. »

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    « Ils étaient effrayés, horrifiés, terrifiés »

    Aujourd’hui, les villageois palestiniens s’organisent. Tareq, professeur d’anglais, est très investi pour ses élèves. « Je suis un peu de la famille, je suis enseignant et depuis les attaques des colons qui ont bloqué la route, je suis devenu chauffeur aussi, souligne le professeur. J’emmène les élèves le matin à l’école en allant travailler. »

    L'enseignant assure les trajets pour éviter que les enfants soient confrontés à la violence. « Ils ont eu peur et certains d'entre eux restent sous le choc aujourd’hui encore, poursuit-il. Ils étaient effrayés, horrifiés, terrifiés, dirais-je, parce que c'est la première fois que cela leur arrive, surtout sur le chemin de l'école. »

    Pendant l’entretien, Tareq jette des regards inquiets vers une barrière en métal jaune qui sépare le village de la colonie israélienne de Carmel, illégale au regard du droit international, qui se trouve à 50 mètres de l’autre côté de la rue. « Le colon qui est derrière la barrière, dans le Land Cruiser, c'est un colon violent qui a attaqué le village à plusieurs reprises, pointe-t-il. Pendant que nous parlons, il y a un véhicule de la police des frontières. Est-ce qu’on peut attendre de voir ce qui va se passer avec eux ? Je n'ai pas peur. Je suis inquiet. Les choses peuvent changer rapidement ici. Et vous voyez, il y a la police des frontières, il y a un colon très violent, un avant-poste avec les caravanes… On ne peut pas vraiment prédire ce qui va se passer. »

    Pas d’incident finalement mais une atmosphère très lourde. 17 nouvelles familles de colons israéliens viennent de s'installer dans le secteur, dans des caravanes. Une femme nous demande de quitter les lieux, c’est une propriété privée, dit-elle, et je vais appeler la police…

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  • «Avec la Russie, c'est toujours compliqué»: l'agriculture arménienne prise entre l'UE et l'Union eurasiatique
    2026/06/03

    À quelques jours des législatives du 7 juin en Arménie, la Russie accentue ses pressions politiques et menace Erevan en termes à peine voilés. En accueillant récemment deux sommets européens, l'Arménie a exprimé sa volonté de se rapprocher de l'Union européenne. Mais le président russe, Vladimir Poutine, somme le pays de choisir entre Bruxelles et l'Union économique eurasiatique. Moscou utilise le levier économique en multipliant les restrictions d'importations arméniennes, notamment agricoles. Or, les producteurs arméniens restent très dépendants du marché russe, et la diversification est difficile. Le reportage de Marie Penin à Erevan.

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  • Au Liban, «on vend plus d'antidépresseurs que de paracétamol»
    2026/06/02

    Au Liban, face à toutes les urgences de la guerre, la santé mentale passe souvent au second plan. Pourtant, les conséquences du conflit sont insidieuses sur la société. Au quotidien, comment tenir face au déplacement forcé qui dure depuis trois mois pour un quart de la population ? Face au stress des bombardements ? Au deuil ? Le tout, alors que la crise économique qui s’est installée depuis plus de sept ans a durablement appauvri la population. En 2025, le Liban était l'un des pays les plus malheureux du monde, classé 145 sur 147 dans le rapport World Happiness.

    Reportage de notre correspondante à Beyrouth, Sophie Guignon

    Nous sommes dans le quartier de Hamra, à Beyrouth, au Liban. Dans de nombreux immeubles désaffectés, on peut apercevoir des déplacés qui n'ont pas trouvé de meilleurs refuges. À quelques pas, dans sa pharmacie, le docteur Omar Richany confie : « Tu veux que je te dise franchement : on vend beaucoup de pilules contre l'anxiété et la dépression. On vend plus de médicaments contre la dépression que de paracétamol contre les maux de tête. »

    Un mal-être général causé par l'accumulation de crises que traverse le Liban, selon le pharmacien : « La situation dans laquelle on vit est très mauvaise. Les banques ont volé l'argent des gens. À cause des guerres, personne n'a de travail, tout est très angoissant. C'est ça qui pèse sur les gens. Heureusement que les médicaments existent pour que l'on puisse dormir, pour qu'on puisse se détendre un peu. Sans cela, ce serait encore plus dur. »

    « Les déplacements forcés ont un impact très douloureux sur les individus »

    Comme dans cette pharmacie, à l'échelle du pays, les ventes d'antidépresseurs augmentent de manière vertigineuse. Dans les locaux de l'ONG Embrace, on reçoit des appels de tout le Liban. Au bout du fil, plus de 120 bénévoles formés à la prévention des suicides. Mira Dali Balta, psychologue chargée du 1564, la ligne d'écoute gratuite nationale fondée par l'ONG Embrace en 2017, explique :

    « Les gens ont perdu beaucoup de biens matériels, mais aussi symboliques. Avec les déplacements d'un endroit à un autre, ils ont dû abandonner beaucoup d'objets et de souvenirs attachés à leur foyer. Alors qu'ils croyaient leur lieu de refuge en sécurité, il s'avère que ces lieux sont ciblés à leur tour. Toutes ces pressions liées au déplacement forcé ont un impact très douloureux sur les individus qui se sentent impuissants. »

    L'ONG reçoit plus de 60 appels par jour, principalement de jeunes entre 18 et 34 ans inquiets pour l'avenir. Agatha Abboud est responsable de la ligne d'urgence : « Nous avons du mal à répondre au grand nombre d'appels. Tout le monde vit dans une forme d'anxiété, d'incertitude quant à l'avenir, d'un manque d'espoir. On ne sait pas quand ça va s'améliorer. »

    Y aura-t-il une lumière au bout de ce tunnel de crise ? Le moral des Libanais en dépend.

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  • Vyborg, ville russe en face de la Finlande: une nostalgie européenne à l'ombre de la guerre en Ukraine
    2026/06/01
    Les derniers exercices de l'Otan à la frontière entre la Finlande et la Russie se sont achevés samedi 30 mai, dans une région aux abords de cette démarcation de 1 340 kilomètres. Depuis fin 2023 et la fermeture totale de la frontière, la ville reste attachée à ses liens européens. Mais comme partout ailleurs en Russie, la longueur du conflit imprime sa marque. Reportage dans la ville russe de Vyborg, au bord du golfe de Finlande et à 35 kilomètres de la frontière. De notre correspondante de retour de Vyborg, Un vieux marché couvert sous des voûtes gothiques, au milieu d'un centre historique aux allées étroites, des montagnes de produits, le plus souvent alimentaires. Et sur les étals, cette particularité de Vyborg : café, thé, chocolats, bonbons, mais aussi lessive et huile d'olive venus de Finlande, de Suède, de Suisse, d'Italie, des Pays-Bas: « C'est ce qu'il y a de meilleur », assurent les vendeuses, pour qui « le contrôle de la qualité fait une vraie différence ». Depuis 2023 et la fermeture totale de la frontière, les produits européens arrivent désormais par le dernier point de passage via l'Estonie. Un trajet plus long, plus incertain, plus coûteux, mais ici, personne n’y a renoncé dit Elena Sokolova, la directrice générale du journal local Vyborg : « On s'était habitués à manger de la moutarde finlandaise. J'aimerais retrouver ce goût et toutes les saveurs d'il y a cinq ans, quand j'étais aussi plus jeune et plus jolie. J'aimerais aussi manger une truite typiquement finlandaise. Mais pour ce qui est des produits et des fabricants, je crois que c'est surtout une question de nostalgie. » Elena Sokolova explique qu'elle se rendait de l'autre côté de la frontière en Finlande « pour acheter de jolies robes et profiter de la belle architecture », et assure que les Finlandais se rendaient surtout à Vyborg et dans la région pour de l'essence et de la vodka moins chères. On estime que la moitié de la population de cette ville de 74 000 habitants parlerait finnois, et les mariages des deux côtés de la frontière sont nombreux. Les liens familiaux et amicaux sont aussi devenus techniquement plus compliqués : on est passé d’un trajet de 40 minutes pour la première ville de l’autre côté de la frontière, et deux heures pour la capitale Helsinki pour un montant d’environ 1 000 roubles d'essence, à des délais et des prix qui ont explosé : 12 heures de ferry + bus pour la capitale finlandaise en passant par l’Estonie (parfois plus si les contrôles s’allongent) pour environ 500 dollars. Dans ses conversations, Elena Sokolova se montre aussi plus évitante : « Les Finlandais et les Russes qui vivent là-bas que je connais, je sais comment ils voient le monde, dit-elle, et si nous avons des différences d’opinion, j’évite de les mettre sur la table. » Un « petit coin d'Europe » qui attire les touristes De l'avis général, le tourisme dans la ville connaît un boom sans précédent. Vyborg, son château médiéval et sa bibliothèque d'architecture finlandaise ont toujours été des attractions connues. Mais depuis 2022, la ville profite tout particulièrement du flux des touristes intérieurs qui ne se rendent plus dans l'Union européenne en raison des sanctions et de la politique d'attribution plus restrictive de visas. « Aussi étrange et regrettable que cela puisse paraître, la mauvaise situation géopolitique profite à Vyborg, explique Denis Tesselkine, guide depuis 20 ans dans la ville. C'est une période faste pour tous les guides. Le nombre de visiteurs a doublé, attirés par ce que Vyborg a d'unique à offrir : un véritable petit coin d'Europe. Ils peuvent y voir, mais aussi expérimenter, sentir et goûter cette atmosphère. L'architecture, avant tout. Celle de la ville médiévale et celle du romantisme national finlandais, ce qu'on appelle l'Art nouveau nordique. » Pourtant, l'atmosphère régionale a pris, ses dernières années, d'autres couleurs. Une grande bande de plusieurs dizaines de kilomètres le long de la frontière est interdite aux étrangers, sauf permis spécial ; les Russes, eux, savent qu'ils peuvent y être contrôlés, surtout ceux qui ne sont pas de la région. En Finlande, on avance que cette zone en Russie se militarise à grand pas. Aucun uniforme n'est visible dans Vyborg, mais les affiches de recrutement pour aller se battre en Ukraine sont visibles partout. Et ici comme ailleurs en Russie, personne n'entrevoit la fin des combats. « Ici, c'est comme dans ce vieux proverbe, celui où une personne tombe du 30ème étage d’un gratte-ciel et pendant la chute se dit ’’Jusqu’ici, tout va bien’’ », dit un observateur local. Fin mars dernier, un drone a percuté sur un immeuble de la ville. C'était la première fois. À lire aussiRussie: le rapprochement à grands pas de l'éducation et de la défense
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  • «Ils me tueront»: en Suède, l'angoisse des Afghans face aux négociations avec les talibans
    2026/05/31

    La Commission européenne a invité des responsables talibans à Bruxelles afin de discuter du renvoi d'Afghans condamnés, déboutés du droit d'asile ou en situation irrégulière sur le sol européen. Présentée comme « technique » et sans reconnaissance officielle du régime, cette réunion fait néanmoins polémique, notamment en Suède, pays qui joue un rôle central en coordonnant cette initiative. C'est là-bas, à Stockholm, que notre correspondante a rencontré ceux qui sont terrorisés à l'idée de retourner dans l'Afghanistan des talibans. 

    Le reportage de notre correspondante Ottilia Férey à Stockholm est à écouter dans son intégralité dans l’émission Accents d'Europe.

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  • Allemagne: le miracle énergétique de Feldheim, un exemple difficile à reproduire
    2026/05/30

    Une rue principale, un stade, une église, 130 habitants, et une caserne de pompiers : le village de Feldheim au sud de Berlin est au premier abord un hameau, comme beaucoup d’autres dans cette zone rurale. Mais il attire des visiteurs du monde entier. Depuis 16 ans, Feldheim vit en autarcie énergétique.

    De notre correspondant à Berlin,

    « Cette éolienne produit 8 à 9 millions de kWh par an ; cela représente huit fois les besoins du village. Le reste va dans le réseau. Et ça n’est qu’une seule éolienne. » Feldheim en compte une cinquantaine au total, ce qui permet au village de 130 habitants, au sud de Berlin d’alimenter en électricité 50 000 personnes. À ces éoliennes s’ajoutent des panneaux solaires. Quand le vent et le soleil laissent à désirer, une batterie de stockage permet aux habitants de ne pas rester dans le noir ou d’avoir recours au réseau extérieur. Le village a, créé d’ailleurs le sien, identique à celui d’un fournisseur officiel.

    Une installation de biogaz qui fonctionne au purin et aux déchets céréaliers assure le chauffage de la trentaine de foyers. En 2010, Feldheim proclamait son autarcie énergétique. Petra Richter est née dans le village : « Nous avons de la chance d’être un village autarcique connu dans le monde entier. Tous les habitants sont heureux d’avoir cette énergie bon marché et ils sont fiers de leur village. »

    Comme ses voisins, Petra Richter paye son électricité 12 centimes le brut le kilowattheure, soit deux à trois fois moins qu’ailleurs en Allemagne. L’explosion des prix après le début de la guerre en Ukraine il y a quatre ans, comme la récente hausse des prix du pétrole, n’affecte pas les habitants de Feldheim, sauf ceux qui n’ont pas de voiture électrique et doivent faire le plein. Feldheim dispose d’un centre d’information qui accueille 3 000 visiteurs et experts du monde entier chaque année. L’ex-chancelier Olaf Scholz est venu sur place il y a deux ans.

    Un modèle unique

    Mais cet exemple reste un cas isolé, comme le souligne Michael Knape, maire durant un quart de siècle de Treuenbrietzen, auquel le hameau de Feldheim est rattaché : « On ne nous a pas pris au sérieux au départ et on nous a laissé faire. Aujourd’hui un tel projet ne serait plus possible. La technique est là, le soutien de la population également, mais les conditions juridiques ne sont pas réunies. Ça montre bien que cette transition énergétique en Allemagne manque d’ambition. »

    L’expert Bernd Hirschl souligne également que le modèle allemand a besoin de plus de flexibilité pour que le modèle Feldheim fasse école : « Nous avons besoin de règles qui permettent à l’énergie renouvelable d’être utilisée sur place sans qu’un village soit obligé de construire son propre réseau. Feldheim est un projet formidable mais avec des efforts énormes. »

    Les habitants profitent en tout cas d’une électricité bon marché, la mairie de retombées financières positives et l’engagement des villageois a renforcé la cohésion de cette petite commune rurale.

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