エピソード

  • En Autriche, les élèves au défi de tenir trois semaines sans portable
    2026/03/27

    Trois semaines sans votre smartphone, en seriez-vous capables ? C’est le défi que viennent de relever plus de 70 000 élèves autrichiens. L’idée est partie d’un établissement de Gänserndorf, en Basse-Autriche, où un professeur de biologie, Fabian Scheck, avait lancé ce défi à ses élèves l’an passé. Ils viennent à nouveau de participer à l’expérience qui se fait cette fois à l’échelle de toute l’Autriche et qui vient tout juste de s’achever le 24 mars. RFI s’est rendu à Gänserndorf, dans une des classes de Fabian Scheck en plein milieu de ce défi.

    De notre envoyée spéciale à Gänserndorf,

    Dans cette classe de Vienne, une vingtaine d’élèves âgés de 10 et 11 ans participent à une expérience inédite : passer trois semaines sans smartphone. La plupart d’entre eux reconnaissent y passer au moins trois heures par jour. Anika, l’une des élèves, explique son utilisation : « Moi, j’utilise mon portable surtout pour communiquer et aussi quand je m’ennuie. WhatsApp, YouTube et aussi des jeux. »

    Pour ces jeunes, ce défi représente un véritable challenge, mais Lina n’a pas hésité à s’y joindre, comme l’ensemble de ses camarades. « Je veux passer moins de temps sur mon téléphone, et je me suis dit que ce serait un bon début. J’aimerais avoir plus de temps pour d’autres choses et ne pas être tout le temps distraite par mon téléphone. Avant, par exemple, je regardais toujours des trucs sur mon téléphone avant de me coucher, mais là, ne plus le faire m’aide à dormir plus tôt et je sens que je suis moins fatiguée », confie-t-elle.

    Des effets positifs

    Fabian Scheck, leur professeur, les interroge sur leur ressenti après plusieurs jours d’expérience. « Cela me permet de trouver des nouveaux loisirs et de mieux réviser pour l’école », affirme une élève. Si les premiers jours sans téléphone ont été difficiles pour la plupart, avec parfois des symptômes de sevrage, les effets positifs se font déjà sentir. Amina et Öslim, deux amies de la classe, partagent leur expérience. « J’arrive mieux à me concentrer à l’école et à obtenir de meilleures notes. Et ça fait du bien parce que ça me permet de passer plus de temps avec ma famille ou mes amis », explique Amina. « Moi aussi, j’ai beaucoup plus de temps pour étudier et je ne remets plus les choses à plus tard. Quand j’ai quelque chose à faire, maintenant, je le fais tout de suite. J’aimerais bien continuer après à réduire le téléphone », ajoute Öslim.

    Ce défi, auquel participent 72 000 élèves autrichiens, est également suivi par des scientifiques. Fabian Scheck, à l’origine de cette initiative, se réjouit de l’engouement qu’elle suscite. « Un mouvement s’est créé et cela permet de sensibiliser les gens à cette question. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes le font, mais je sais que, grâce à notre initiative, de nombreux parents se demandent désormais : "Est-ce que je ne pourrais pas moi aussi réduire un peu mon temps d’écran ?" Mais évidemment, ceux qui sont le plus vulnérables, ceux à qui cela fait le plus de mal, ce sont les jeunes, car leur cerveau est encore en train de se développer. Il est donc essentiel que nous en discutions, y compris avec les responsables politiques, en Autriche et dans l’Union européenne », souligne-t-il. À la fin de l’échange, ses élèves n’ont qu’un mot à lui adresser, en français dans le texte : « Merci ! »

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  • À Londres, une école produit son électricité grâce à un projet solaire local
    2026/03/27

    Un quartier qui se cotise pour acheter des panneaux solaires et devenir auto-suffisant en énergie, à moindre coût : pour l’instant, c’est encore une utopie, mais au Royaume-Uni, plusieurs coopératives tentent de s’en approcher. Le gouvernement vient d’ailleurs d’annoncer des financements pour encourager le développement de ces systèmes. Emeline Vin a visité une école de Londres qui s’est lancée dans l’énergie communautaire.

    À 500 mètres de la gare Eurostar de St Pancras, à Londres, sur le toit d’un lycée, 200 panneaux solaires ont été installés, il y a deux ans, par l’association Power Up North London. « Nous avons un accord sur 20 ans. Nous, nous fournissons l’endroit, et nous nous engageons à acheter l’électricité pendant 20 ans – le prix ne bouge pas ! Power Up possède les panneaux, les fait fonctionner et s’occupe de la maintenance pendant 20 ans. L’école n’a pas dû fournir de capital, c’était vraiment gagnant-gagnant », explique Julian Race, le gérant commercial du lycée Regent’s School.

    Les panneaux solaires fournissent 10% de l’électricité de l’établissement. Les week-ends et les jours de vacances, l’énergie non utilisée est rachetée par le réseau national – une économie de 45 000 euros par an pour l’école. « Ça nous protège un peu contre les variations de prix [de l’énergie]. Ces installations nous rendent un peu plus autonomes. Et dans le quartier, les habitants constatent ce qui peut être fait à l’échelle locale. Et en plus, on rejette moins de CO2 qu’avant ! », dit-il.

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    Un impact social au-delà de l’énergie

    Les économies pourront aussi aller à des actions de lutte contre la pauvreté, qui concerne 7 élèves sur 10 du lycée. Dans le nord de Londres, Power Up a déjà lancé une quarantaine de projets similaires : des particuliers, souvent des riverains, achètent des actions à 100 ou 200 euros. La présidente Tanuja Pandit explique le principe : « Les actionnaires investissent avec un objectif de 4,5% d’intérêts en plus de récupérer leurs apports. C’est un investissement, pas un prêt ».

    Power Up ne s’arrête pas à la pose de panneaux solaires ou de pompes à chaleur. « Dans cette école, on organise des clubs "énergie verte" pour sensibiliser les élèves. Ils en parlent ensuite à leurs parents, qui en parlent autour d’eux... Les impacts, tangibles ou non, sont nombreux », ajoute-t-elle.

    Un modèle en expansion mais encore limité

    À l’échelle du pays, il existe plus de 600 organisations comme Power Up North London, qui produisent l’équivalent de la consommation annuelle de 213 000 maisons. À Londres, la pionnière, c’est Giovanna Speciale. Pour elle, l’énergie communautaire pourrait, à terme, représenter une solution nationale, à une condition : « Les normes doivent changer, il y a trop d’obstacles. Chaque site nous demande un travail exorbitant. Déjà que seule une minorité de bâtiments peut prétendre [à accueillir des panneaux solaires], cela dépend entièrement de la motivation et de l’investissement des acteurs, beaucoup n’ont tout simplement pas les ressources, ce n’est pas leur priorité ».

    Le gouvernement britannique doit investir un milliard de livres sterling dans les mois qui viennent pour soutenir la création de nouveaux projets d’énergie communautaire.

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  • En Allemagne, l'extrême droite en embuscade aux élections professionnelles
    2026/03/26

    L'extrême droite ne progresse pas uniquement dans les urnes en Allemagne. Zentrum, une organisation proche du parti extrémiste de droite AfD, veut profiter des élections professionnelles qui ont démarré début mars dans le pays pour mettre un pied dans les usines allemandes. Reportage dans la plus grosse usine de Mercedes et ses 12 500 salariés, à l'est de Stuttgart.

    De notre envoyée spéciale à Untertürkheim,

    Devant la porte des usines Mercedes, à Untertürkheim, 13h30 sonne l'heure du changement d'équipes sur le parking des salariés. Comme partout en Allemagne, on vote chez Daimler pour le renouvellement du comité d'entreprise. Dans un contexte de crise de l'automobile, l'ambiance dans l'usine est plutôt tendue, comme l'explique Pedro, un ouvrier espagnol qui s'apprête à monter sur son vélo : « Dans les périodes de campagne, l'ambiance est toujours un peu tendue, on sent une certaine nervosité. Tout le monde ne parle que des élections. Zentrum ? Oui, je crois qu'ils s'engageraient aussi bien qu'IG Metall le fait depuis des années. »

    Dans la cage d'escalier du parking, les affiches des listes en campagne confirment la joute entre IG Metall, syndicat historique de la métallurgie, réputé proche des sociaux-démocrates, et Zentrum, proche du parti d'extrême droite AfD. « IG Metall est l'ennemi préféré de Zentrum. Pour Zentrum, le conflit salariés-patrons, la lutte des classes, ne jouent aucun rôle. Leur adversaire, c'est toujours IG Metall », explique la chercheuse Daphne Weber, qui étudient les syndicats de droite.

    Il y a quelques semaines, la patronne de l'AfD, Alice Weidel, est venue à la rencontre des ouvriers devant les grilles de l'usine Daimler. Une source d'inquiétude pour Danial Bamdali, ouvrier turc en poste chez Daimler depuis 2010 et membre d'IG Metall : « Ce qui nous inquiète, c'est cette agitation d'extrême droite ici dans l'entreprise. Et ce qui nous affecte, c'est que la direction soutient ça, puisqu'ils ne font rien contre. »

    Zentrum, qui n'est pas reconnu comme un syndicat, est dépourvu de toute expérience en matière de négociations tarifaires. Christian Steffen, responsable de la stratégie politique chez IG Metall dans le sud-ouest du pays, doute que cela freine l'extrême droite : « Nous supposons qu'il y aura, aux élections des comités d'entreprise, des résultats qui, en partie, ne vont pas nous plaire. L'extrême droite obtiendra davantage de mandats, mais je ne crains pas de tremblement de terre. »

    Zentrum, 18 élus dans les comités sortants, ne pèse pour l'heure pas grand-chose sur un total de 180 000 élus dans les entreprises du pays. Mais il menace la paix sociale, surtout dans l'automobile. Et il fragilise les syndicats confrontés à la progression du vote d'extrême droite chez les ouvriers.

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  • En Pologne, la ville de Stalowa Wola attend les fonds européens du programme de défense Safe
    2026/03/25

    En Pologne, après le veto du président Karol Nawrocki au plan européen Safe, qui doit permettre aux pays de l'UE d'augmenter leurs capacités militaires, le gouvernement pro-européen de Donald Tusk élabore une solution pour ne pas perdre les 44 milliards d’euros de crédit destinés à ce pays frontalier de l'Ukraine et principal bénéficiaire de ces prêts à taux préférentiel. Cette décision du président conservateur, qui refuse de s'endetter auprès de Bruxelles, divise le pays, et en particulier la petite ville de Stalowa Wola : elle abrite une usine d’armement historique et attend beaucoup des fonds qu'elle devrait recevoir.

    Un reportage de notre envoyé spécial à Stalowa Wola à retrouver en intégralité dans Accents d'Europe.

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  • Turquie: les Afghans, nouvelle main-d’œuvre face au recul des travailleurs locaux
    2026/03/24

    Comme le textile ou la construction, le secteur agricole en Turquie est de plus en plus dépendant d’une main-d'œuvre étrangère, migrante. Chez les éleveurs en particulier, les Afghans prennent peu à peu la place des locaux comme ouvriers agricoles ou bergers. Les jeunes générations de Turcs se détournent de l’agriculture, durement touchée ces dernières années par l’hyperinflation dont souffre le pays. Mais pour ces paysans afghans, les conditions de travail sont souvent très précaires. Un reportage près d'Ankara d'Anne Andlauer.

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  • Argentine: 50 ans après le coup d'État de 1976, la mémoire résiste
    2026/03/23

    En Argentine, les petits-enfants de disparus reprennent le flambeau de la mémoire. Leurs grands-parents ont lutté contre la dictature dans les années 1970, leurs parents contre l’impunité dans les années 1990, eux luttent aujourd’hui contre l’oubli. Alors que le pays commémore ce mardi les 50 ans du coup d’État de 1976 sur fond de révisionnisme historique de la part du président Javier Milei, notre correspondant Théo Conscience est allé à la rencontre de cette nouvelle génération.

    De notre correspondant à Buenos Aires,

    On les reconnait au foulard blanc noué autour de leur tête. Comme chaque semaine depuis près de 50 ans, les Mères de la place de Mai entament une nouvelle ronde pour réclamer la vérité sur le sort de leurs enfants disparus pendant la dictature.

    « C’est la ronde nᵒ 2501. Qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, elles n’ont jamais arrêté de venir. » Lucas Pedulla se joint régulièrement aux rondes hebdomadaires des Mères de la place de Mai. À 35 ans, il appartient au collectif Nietes, qui regroupe depuis 2019 des petits-enfants de disparus de la dictature. Son grand-père Juan Jorge Wehitt a été enlevé par les militaires en 1978.

    « Le crime de disparition forcée est un crime qui continue de se perpétuer jour après jour, car chaque jour, ma mère attend de savoir ce qui est arrivé à son père. Donc pour moi venir ici, c’est une manière d'inscrire ce combat sur la durée », complète-t-il.

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    « La mémoire, c’est quelque chose qui se transmet »

    Selon les organisations de défense des droits humains, la dictature a fait disparaître plus de 30 000 opposants entre 1976 et 1983. Un chiffre aujourd’hui remis en cause par le président ultralibéral Javier Milei, qui promeut une réécriture historique du récit de la dictature.

    « Les discours négationnistes gagnent beaucoup de terrain, que ce soit au sein du gouvernement ou avec le président qui réhabilite de vieilles théories pour justifier ce qui s’est passé. » Rocco Bianchi Bolzan, 21 ans, est lui aussi petit-fils de disparu. Face au révisionnisme de Javier Milei, et alors que les Mères de la Place de Mai sont chaque année un peu moins nombreuses, le collectif Nietes se prépare à reprendre le flambeau de la mémoire, explique Lucas.

    « Nous pouvons interpeller, raconter et expliquer l’importance de cette cause à des générations pour qui la dictature est quelque chose de lointain », explique Lucas Pedulla.

    Pour toucher cette génération qui ne connaît la dictature qu’à travers les livres d’histoire, le collectif Nietes organise régulièrement des rencontres avec des collégiens et des lycéens. L’enjeu, explique Rocco, c’est de transformer l’Histoire en mémoire. « La mémoire, c’est quelque chose qui se transmet. Rien qu’en racontant une histoire à la première personne, on livre un témoignage qui permet l’empathie et l’identification, et on peut profondément toucher les gens. »

    À côté de Rocco, Lucas Pedulla approuve. « Il faut cultiver la sensibilité », conclut-il.

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  • Exercice Cold Response: des milliers de soldats de l'Otan s'exercent au-delà du cercle polaire
    2026/03/22

    Dans le nord de la Norvège, au-delà du cercle polaire, des milliers de soldats s’entraînent dans le froid et la neige. L’exercice de l’Otan Cold Response 2026 réunit 14 pays alliés pour tester leur capacité à combattre et à coopérer dans des conditions arctiques. Le chancelier allemand et le Premier ministre canadien ont fait le déplacement pour saluer leurs troupes. Dans un contexte de tensions accrues avec la Russie, ces manœuvres prennent en effet une importance stratégique particulière.

    Un reportage de notre envoyée spéciale à Bardufoss, aux côtés des soldats en plein exercice militaire, à retrouver dans la longueur dans Accents d'Europe.

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  • Attentats de Bruxelles: 10 ans après, les Bruxellois toujours marqués
    2026/03/21
    Il y a dix ans jour pour jour – le 22 mars 2016 – avaient lieu les attentats de Bruxelles, quelques mois après les attentats de Paris, perpétrés par la même équipe de terroristes et revendiqués par l'organisation État islamique. Une tragédie qui a profondément marqué les Belges et la capitale européenne. Alors que les cérémonies officielles de commémoration se déroulent ce 22 mars, comment la ville vit-elle avec les souvenirs de la tragédie ? De notre correspondant à Bruxelles, Un peu avant 8 heures ce 22 mars 2016, les kamikazes faisaient exploser deux bombes à l’aéroport de Bruxelles, soufflant une partie du hall des départs de l’aéroport de Zaventem. Une heure plus tard, une section du deuxième wagon de la rame de métro qui s’apprêtait à quitter la station Maelbeek, au cœur du quartier européen, volait en éclats. Un kamikaze venait de se faire sauter avec son sac à dos. Bilan de ces attentats, attaques les plus meurtrières de l'histoire de la Belgique : 35 morts et 340 blessés. Au mur de la station de métro Maelbeek, une plaque vitrée de plusieurs mètres de long abrite depuis 10 ans des messages de soutien et d'espoir rédigés quelques semaines après les attentats. Au niveau inférieur, sur le quai, Georges, 84 ans – 74 à l'époque –, se souvient : « Moi, j'étais à 6,5 mètres de la bombe. Je crois que j'étais un des plus proches de ceux qui sont sortis vivants de là. Et la chance que j'ai eue, c'est qu'il y avait des sièges et ils m'ont un peu protégé. » Ses souvenirs se font plus précis : « J'avais le crâne brûlé au troisième degré, mes mains brûlées et la figure brûlée au deuxième degré. Je me suis évanoui peut-être une fraction de seconde, mais je me suis retrouvé, je ne sais pas comment, debout. Et comme mes jambes étaient plus ou moins intactes, j'ai couru tout en haut. Comment je m'en suis sorti ? Je n'en sais rien », conclut l'octogénaire. Sur place, à Maelbeek, tout est désorganisé avec des secours qui sont à l'aéroport, là où les premières bombes ont explosé une heure plus tôt. Gaëtan Meuleman, secouriste occasionnel, intervient et participe à la mise en place d'un hôpital de guerre au rez-de-chaussée d'un hôtel voisin. « C'est le chaos, c'est le chaos total. Les premières victimes ont été posées à même le sol, sans matériel. Il faut attendre que les secours arrivent, se rappelle-t-il. On a fait le maximum de ce qu'on a pu avec les moyens qu'on avait. Mettre des perfusions pour pouvoir mettre des voies d'entrée, il faut compenser les hémorragies, les brûlures, mettre les anti-douleurs. On est face à des plaies qu'on n'a pas l'habitude de voir. » À lire aussiUn an après, Bruxelles se souvient des pires attentats de son histoire « On n'est pas indemne, on a perdu des plumes » Et puis il y a l'après. « Tous les intervenants, quels qu'ils soient, ont été confrontés à l'horreur. Personne, personne n'était prêt ce jour-là. Personne. Mon entourage, ma famille ont essayé de me dire que je n'allais pas bien, confie le secouriste. Mais moi, je pensais : foutez-moi la paix. Et puis j'ai vu un psychologue. Je n'avais jamais vu de psychiatres et de psychologues avant le 22 mars. Puis on se rend compte que ben non, on n'est pas indemne, on a perdu des plumes. » 10 ans plus tard, la date du 22 mars résonne pour chaque Bruxellois, chacun, chacune se rappelle où il était à ce moment-là, et ce qu'il faisait lorsque les bombes ont explosé. « On croise dans les couloirs des collègues qui gardent des séquelles des attentats, des personnes défigurées », témoigne Nathalie, qui travaille au sein des institutions européennes voisines. « Nous nous souvenons de ceux et celles qui étaient ici. Nous continuerons à nous en souvenir et nous espérons que quelque chose comme ça ne se reproduira jamais », poursuit Gina, sa collègue. Un message d'espoir partagé par de nombreuses victimes avec un mot qui revient souvent, celui de résilience. Mais aussi une peur : celle de l'oubli et la crainte que peu à peu, le nom des victimes s'efface des mémoires. À lire aussiAttentats de Bruxelles: Abrini condamné à 30 ans de prison, pas de peine additionnelle pour Abdeslam
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