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サマリー
あらすじ・解説
La Chine s’affiche prête à jouer un « rôle constructif » pour mettre fin au conflit en Ukraine, tout en soutenant Moscou dans la défense de ses « intérêts ». C’est ce qu’a déclaré mardi 1er avril le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, dans une interview accordée à l’agence russe Ria Novosti. En visite à Moscou, il a rencontré son homologue Sergueï Lavrov, et a assuré que Pékin travaillerait avec la Russie pour contribuer à « la paix ».
Avec notre correspondante à Beijing, Clea Broadhurst
La Chine a plusieurs cartes en main. Avec son influence mondiale, ses liens étroits avec la Russie, et sa volonté affichée de maintenir un certain équilibre avec l’Occident, elle pourrait théoriquement jouer les médiateurs. Elle a d’ailleurs publié un plan de paix en 12 points dès 2023, qui appelait à un cessez-le-feu et à des négociations. Mais ce plan avait laissé les occidentaux dubitatifs, tant il semblait vague et orienté vers les positions russes.
Sur le plan économique, la Chine est aujourd’hui un partenaire indispensable pour la Russie, surtout depuis les sanctions occidentales. Elle pourrait donc, si elle le voulait, peser sur Moscou, voire proposer une aide à la reconstruction à l’Ukraine, une fois la guerre terminée.
Ce serait aussi une manière pour Pékin de renforcer son image de puissance responsable sur la scène internationale.
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« Rôle constructif »La déclaration de Wang Yi est soigneusement calibrée. Il parle d’un « rôle constructif », tout en précisant que Pékin tiendra compte des « aspirations des parties concernées » - une formule vague qui laisse entendre que la Chine pourrait soutenir un accord aligné sur les conditions russes, y compris des concessions territoriales ou un départ du président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Ce n’est pas de la neutralité, mais une ambiguïté stratégique : la Chine ne fournit pas d’armes, mais soutient Moscou tout en appelant au dialogue. Ce double discours lui permet de ménager l’Europe, contester le récit occidental, et éviter toute sanction directe.
Le timing est, lui aussi, stratégique : la visite de Wang Yi précède celle de Xi Jinping à Moscou en mai, un moment symbolique que Pékin et Moscou comptent utiliser pour afficher leur unité face à l’Occident.
Arbitre pour les pays du SudCe soutien affirmé aux « intérêts » russes montre que la Chine n’est plus un simple spectateur. Elle s’aligne de plus en plus clairement sur Moscou, tout en se présentant comme un acteur clé dans un ordre multipolaire qui remet en cause l’influence américaine – ce n’est pas qu’une posture bilatérale – c'est un projet de rééquilibrage global.
En refusant de condamner l’invasion, Pékin légitime la position de Moscou, alors même que Vladimir Poutine rejette les initiatives de cessez-le-feu venues de Washington.
C’est un frein aux efforts occidentaux, mais une stratégie bien pensée : la Chine se pose en arbitre pour les pays du Sud, avec ce message : « nous défendons la souveraineté, pas les blocs ». Et cela résonne pour un certain nombre de pays.
Sans livrer d’armes, Pékin agit sur le plan diplomatique et permet à Moscou d’échapper à l’isolement. Une influence discrète, mais qui pourrait s’avérer décisive.
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