エピソード

  • La Chine jouera-t-elle un rôle de médiateur en Ukraine?
    2025/04/02

    La Chine s’affiche prête à jouer un « rôle constructif » pour mettre fin au conflit en Ukraine, tout en soutenant Moscou dans la défense de ses « intérêts ». C’est ce qu’a déclaré mardi 1er avril le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, dans une interview accordée à l’agence russe Ria Novosti. En visite à Moscou, il a rencontré son homologue Sergueï Lavrov, et a assuré que Pékin travaillerait avec la Russie pour contribuer à « la paix ».

    Avec notre correspondante à Beijing, Clea Broadhurst

    La Chine a plusieurs cartes en main. Avec son influence mondiale, ses liens étroits avec la Russie, et sa volonté affichée de maintenir un certain équilibre avec l’Occident, elle pourrait théoriquement jouer les médiateurs. Elle a d’ailleurs publié un plan de paix en 12 points dès 2023, qui appelait à un cessez-le-feu et à des négociations. Mais ce plan avait laissé les occidentaux dubitatifs, tant il semblait vague et orienté vers les positions russes.

    Sur le plan économique, la Chine est aujourd’hui un partenaire indispensable pour la Russie, surtout depuis les sanctions occidentales. Elle pourrait donc, si elle le voulait, peser sur Moscou, voire proposer une aide à la reconstruction à l’Ukraine, une fois la guerre terminée.

    Ce serait aussi une manière pour Pékin de renforcer son image de puissance responsable sur la scène internationale.

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    « Rôle constructif »

    La déclaration de Wang Yi est soigneusement calibrée. Il parle d’un « rôle constructif », tout en précisant que Pékin tiendra compte des « aspirations des parties concernées » - une formule vague qui laisse entendre que la Chine pourrait soutenir un accord aligné sur les conditions russes, y compris des concessions territoriales ou un départ du président ukrainien Volodymyr Zelensky.

    Ce n’est pas de la neutralité, mais une ambiguïté stratégique : la Chine ne fournit pas d’armes, mais soutient Moscou tout en appelant au dialogue. Ce double discours lui permet de ménager l’Europe, contester le récit occidental, et éviter toute sanction directe.

    Le timing est, lui aussi, stratégique : la visite de Wang Yi précède celle de Xi Jinping à Moscou en mai, un moment symbolique que Pékin et Moscou comptent utiliser pour afficher leur unité face à l’Occident.

    Arbitre pour les pays du Sud

    Ce soutien affirmé aux « intérêts » russes montre que la Chine n’est plus un simple spectateur. Elle s’aligne de plus en plus clairement sur Moscou, tout en se présentant comme un acteur clé dans un ordre multipolaire qui remet en cause l’influence américaine – ce n’est pas qu’une posture bilatérale – c'est un projet de rééquilibrage global.

    En refusant de condamner l’invasion, Pékin légitime la position de Moscou, alors même que Vladimir Poutine rejette les initiatives de cessez-le-feu venues de Washington.

    C’est un frein aux efforts occidentaux, mais une stratégie bien pensée : la Chine se pose en arbitre pour les pays du Sud, avec ce message : « nous défendons la souveraineté, pas les blocs ». Et cela résonne pour un certain nombre de pays.

    Sans livrer d’armes, Pékin agit sur le plan diplomatique et permet à Moscou d’échapper à l’isolement. Une influence discrète, mais qui pourrait s’avérer décisive.

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  • Séisme meurtrier en Birmanie et en Thaïlande: Bangkok lance un appel à l'aide internationale
    2025/04/01

    Une minute de silence sera observée ce mardi en Birmanie, en Asie du Sud-Est, à la suite du séisme meurtrier de magnitude 7,7 qui a frappé Mandalay en Birmanie et la Thaïlande le 28 mars dernier. Bilan provisoire côté birman, 2056 morts et 3 900 blessés. Un deuil national d'une semaine a été décrété par la junte au pouvoir. En Thaïlande, 19 personnes ont perdu la vie dans l'effondrement d'une tour de 30 étages en construction. Comment s'organise l'aide internationale en Birmanie ? Explications de notre correspondante à Bangkok.

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  • Visas, vols, frontière: entre l’Inde et la Chine, un certain dégel
    2025/03/31

    Le rapprochement prudent mais certain entre l’Inde et la Chine... Reprise des vols directs entre les deux pays, avancées sur les visas et même déclarations optimistes sur l’épineux conflit frontalier dans l’Himalaya. Décryptage.

    Avec notre correspondant en Inde,

    Des signes d’embellie rares entre les deux puissances d’Asie

    C’est le Premier ministre Narendra Modi qui le dit : « Lentement mais sûrement, la confiance et l'enthousiasme reviennent » a-t-il jugé. Encore plus enthousiaste, le consul Chinois à Calcutta parle d’un « printemps des relations Inde-Chine ». Il se réjouissait de la reprise des vols directs, depuis janvier, entre New Delhi et Pékin après cinq ans d’interruption. Depuis mars, il est plus simple, moins cher et plus rapide pour les citoyens Indiens de demander un visa pour la Chine. Les pèlerins indiens peuvent aussi accéder au Mont Kailash, une montagne sacrée pour les hindous, restée inaccessible pendant quatre ans. Elle se trouve dans la région chinoise du Tibet, dans l’Himalaya, à 40 kilomètres de la frontière Indienne. Cette même frontière que les deux pays se disputent, mais sur laquelle leurs discussions ont repris lors d’une rencontre à Pékin, la semaine dernière.

    L’Inde et la Chine reviennent de loin et notamment avec ce conflit frontalier

    Un conflit que ces discussions et déclarations optimistes ne suffisent évidemment pas à régler. Il remonte à la première guerre sino-indienne en 1962, plutôt remportée par la Chine mais qui a laissé 3000 kilomètres de frontières disputées dans l’Himalaya. Depuis dix ans le conflit s’est intensifié, l’Inde reprochant notamment à la Chine de construire des barrages, des villages, d’amasser des troupes le long de la ligne de la discorde. En 2020, des patrouilles chinoises et indiennes ont fini par en venir aux mains avec des morts des deux côtés, dont 20 soldats indiens. Depuis, les deux pays sont en froid, même si les échanges commerciaux, largement à l'avantage de la Chine, ont continué.

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    Mais alors pourquoi ce léger dégel a-t-il lieu maintenant ?

    Officiellement, c’est à l'occasion du 75e anniversaire de leurs relations diplomatiques, qui aura lieu ce mardi 1er avril. En réalité, c’est sans doute juste une date pratique. Les discussions sur la frontière avaient repris dès octobre 2024. Les deux pays sont conscients qu’un gel de leurs relations n’est pas dans leur intérêt. Mais c’est sans doute le retour de Donald Trump qui a accéléré les choses. Il est dans l'intérêt de la Chine qui est l’ennemi numéro un du président américain, de normaliser et pacifier un peu ses relations avec l’Inde. Menacée de sanctions commerciales par les États-Unis, l’Inde veut aussi calmer les tensions avec son grand voisin qui est aussi son premier partenaire commercial. Ceci dit, la rivalité entre l’Inde et la Chine n’est pas que frontalière et commerciale mais aussi géographique, avec une bataille d’influence en Asie dans des pays tels que le Sri Lanka, le Népal ou le Bangladesh, qui devrait se poursuivre.

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  • En Corée du Sud, des victimes d’adoptions forcées en quête de vérité
    2025/03/28

    En Corée du Sud, une Commission Vérité et Réconciliation a reconnu coupable l’État de fraudes et d’abus dans le processus d’adoptions forcées, pratiquées pendant des décennies. Elle dénonce une « exportation de masse » d’enfants coréens, souvent arrachés à leurs parents. La Commission a présenté un nouveau rapport accablant au public ce mercredi, 26 mars.

    Il y a cette photo prise à l’issue de la conférence de presse, qui a marqué les esprits et fait preuve d’un passé qui ne passe pas. On y voit la présidente de la Commission, Park Sun-Young, à genoux pour réconforter l’une des victimes en pleurs. La femme qui se tient devant elle s’appelle Yooree Kim. Elle avait 11 ans, lorsqu’une agence d’adoption l’a envoyé en France sans l’accord de ses parents.

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    Ses papiers, falsifiés, faisaient croire qu’elle était une orpheline abandonnée. Aujourd’hui, Yooree Kim demande une compensation financière au gouvernement sud-coréen et des tests ADN à grande échelle pour augmenter les chances de tous les adoptés de retrouver leurs parents biologiques.

    Une quête longue et difficile pour les victimes d’adoptions forcées

    Sur 15 000 adoptés qui ont demandé de l’aide à la Corée du Sud, seulement une victime sur cinq a pu retrouver ses proches, selon des chiffres officiels. Le rapport parle d’au moins 170 000 enfants adoptés par des parents étrangers entre 1955 et 1999. Aucun autre pays au monde n’a permis autant d’adoptions internationales. Les rapporteurs n’hésitent d’ailleurs pas à parler d’une « industrie motivée par le profit » et d’une « exportation de masse » d’enfants coréens.

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    « Ces violations n’auraient jamais dû se produire »

    Durant l’enquête de presque trois ans, la Commission a reçu 367 plaintes de Coréennes et Coréens adoptés en Europe, aux États-Unis ou encore en Australie. Les enquêteurs ont ainsi pu retracer pléthore d’enregistrements frauduleux d’orphelins, des falsifications d’identité et aussi un contrôle totalement inadapté des parents adoptifs. La Commission Vérité et Réconciliation suggère donc au gouvernement de présenter ses excuses officielles. Sa présidente Park Sun-Young estime que « ces violations n’auraient jamais dû se produire » et qu’il s’agit là d’une partie honteuse de l’histoire sud-coréenne.

    Les adoptions internationales ont commencé à la fin de la guerre de Corée (1950-1953). À l’époque, la Corée était extrêmement pauvre, les bébés nés de relations entre des soldats américains et des Sud-Coréennes étaient mal vus, aussi parce que l’État ne jurait que par l’homogénéité ethnique. Dans les années 1970 à 1980, les adoptions internationales sont en plein boom, avec des agences privées qui encaissent des millions de dollars grâce à des pratiques pour le moins douteuses.

    La dictature militaire de l’époque a laissé faire, au prétexte de vouloir éradiquer la pauvreté. Une pratique effectivement moins chère que de construire un système social qui aurait pu aider des enfants et des parents en difficultés, a jugé la Commission d’enquête. Elle doit rendre ses conclusions définitives en mai prochain.

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    3 分
  • L'espace, l'autre terrain d'affrontement des super-puissances
    2025/03/26

    Les États-Unis et la Chine sont engagés dans une compétition à multiples facettes dans l'espace, qui englobe l'innovation technologique, l'exploration lunaire et planétaire, les capacités satellitaires et les applications militaires. Au moins six fusées chinoises conçues dans une optique de réutilisation devraient effectuer leur premier vol cette année.

    Avec notre envoyée spéciale en Chine, Clea Broadhurst

    Cette course va au-delà de la Lune ou de Mars. Ce qui est en jeu : la suprématie technologique, l’influence géopolitique, la puissance militaire… et d’immenses opportunités économiques. L’espace est devenu un outil de prestige, un levier d’influence. Mener des missions, poser des drapeaux, envoyer des robots : autant de gestes qui affirment la place d’un pays sur la scène internationale.

    D’un côté, les États-Unis avec les accords d’Artémis. De l’autre, la Chine, alliée à la Russie, avec son propre programme lunaire. Deux visions de deux alliances.

    Les satellites sont désormais vitaux : navigation, communication, surveillance, renseignement. Washington et Pékin développent des armes antisatellites, et des engins capables de défendre leurs ressources en orbite. Le contrôle de l’espace, c’est du pouvoir sur Terre.

    Mais cette course stimule aussi l’innovation : intelligence artificielle, robotique, technologies de pointe. Et elle transforme l’économie. D’ici 2040, le marché spatial pourrait peser 1 000 milliards de dollars. Haut débit mondial, tourisme spatial, exploitation d’astéroïdes ou de ressources lunaires : les ambitions sont claires. Mais les règles restent à être définies.

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    États-Unis et Chine au coude à coude

    Commercialement, la Chine avance vite. Elle veut concurrencer SpaceX, avec ses propres fusées réutilisables attendues dès cette année, portées par de gros investissements publics. D’ici 2030, certaines entreprises chinoises pourraient rivaliser avec les Américains.

    Côté satellites, Pékin a dépassé la Russie et devient le principal rival des États-Unis. En 2024, ses systèmes ont été classés parmi les meilleurs en télédétection. Un vrai signal : la Chine progresse vite dans l’observation de la Terre.

    Militairement, elle teste des satellites capables de manœuvres complexes, presque comme des combats en orbite. Ces tests inquiètent : ils renforcent l’idée d’un espace de plus en plus stratégique, et de moins en moins neutre.

    Défis à relever

    Pour les États-Unis, il faut maintenir l’avance. Cela exige innovation, coordination et moins de dépendance à des acteurs comme SpaceX. Mais la loi interdit toute coopération directe avec la Chine, ce qui limite les échanges et augmente les tensions.

    La Chine, elle, progresse, mais reste en retard sur certaines technologies. Son secteur privé manque d’agilité, et sur la scène internationale, elle reste isolée.

    Résultat : il y a le risque d’un espace divisé, avec des règles floues, des tensions croissantes, des collisions ou des cyberattaques. Mais aussi des opportunités pour les puissances émergentes. Restera toutefois la question si l’espace restera un lieu de coopération ou un terrain de confrontation durable.

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  • Japon: les experts mettent en garde contre une éruption du mont Fuji
    2025/03/25
    Les plus grands volcanologues japonais viennent de lancer une mise en garde solennelle à la population : elle doit se préparer à une éruption du mont Fuji, qui peut survenir à tout moment. Cette catastrophe redoutée pourrait avoir un impact sur un Japonais sur trois, dont les 40 millions d'habitants de Tokyo et de son immense banlieue. Avec notre correspondant à Tokyo, Bruno DuvalLe « Fuji-san », comme on l'appelle dans l'archipel, ne se situe qu'à 90 kilomètres de la capitale. S'il entre en éruption, plus de 800 000 personnes vivant à proximité de la montagne la plus célèbre du Japon devraient impérativement évacuer. Parmi elles, les 120 000 habitants des localités situées au pied du volcan n'auraient que trois heures pour se mettre à l'abri, car, passé ce délai, des coulées de lave dévasteraient toute la zone.Au-delà, la région tokyoïte dans son ensemble sera plongée dans la pénombre par près de 500 millions de mètres cubes de cendres volcaniques, qui poseraient d'énormes problèmes. « Ces cendres rendront le réseau routier impraticable et, en s'accumulant sur les câbles et les transformateurs électriques, causeront des courts-circuits en cascade qui immobiliseront les trains et les métros, alerte Toshitsugu Fujii, qui préside le comité d'experts mis en place par le gouvernement. Elles pourraient même provoquer un black-out électrique, à savoir une panne de courant générale. On ne peut pas du tout exclure ce risque, donc il faut s'y préparer. »À lire aussiJapon: un système de réservation en ligne et une entrée payante pour visiter le mont FujiRemplir ses placards et ne pas sortir de chez soiLes autorités ont donné à la population la consigne de faire des provisions. Dans l'idéal, il faut avoir dans ses placards de quoi manger et boire pendant 15 jours, à savoir le temps que durera vraisemblablement cette éruption. En effet, vu la panique, les rayons des magasins se videront en quelques heures et ne pourront pas être réapprovisionnés étant donné la paralysie du réseau routier et des transports.En outre, un confinement obligatoire sera probablement décrété comme au temps de la pandémie de Covid-19, car la qualité de l'air sera épouvantable en raison de ces cendres. Les médecins estiment d'ailleurs qu'une telle purée de pois causera de gros problèmes de santé à 12 millions de personnes : des problèmes respiratoires et oculaires, notamment. Or, leur prise en charge médicale sera compliquée si les hôpitaux seraient plongés dans le noir et leurs appareils ne fonctionneraient plus, faute d'électricité.« Je tombe des nues : jamais, je n'avais imaginé qu'une telle catastrophe puisse survenir », réagit une Tokyoïte. « Des millions de gens empêchés d'aller à l'école ou au travail ! Je n'en reviens pas… », s'effare une lycéenne. « Le mont Fuji étant un site touristique extrêmement fréquenté, si une éruption survient, il faudra porter secours à des milliers de visiteurs étrangers dont la plupart ne parlent pas un mot de japonais », s'inquiète un passant, pour qui « ce sera le chaos ».À lire aussiLe Japon s'attaque aux méfaits du tourisme de masse malgré ses besoins économiquesImpossible de prévoir une date d'éruption, chaque jour qui passe accroît le risqueLes experts soulignent qu'il est impossible de prévoir le moment où cette éruption surviendra, ce qui renforce l'anxiété de la population. Dans le passé, 180 éruptions du mont Fuji se sont produites à raison d'une tous les trente ou quarante ans environ. Mais la dernière en date, elle, remonte à plusieurs siècles : elle a eu lieu en 1707. Dès lors, selon les volcanologues, étant donné, à la fois, ce délai si inhabituel entre deux éruptions et le fait que le Fuji demeure un volcan actif, sur le plan statistique – en termes de probabilité – chaque jour qui passe accroît le risque qu'une telle catastrophe survienne.Et, le moment venu, son coût sera astronomique pour l'économie nippone. Il se montera à plusieurs milliers de milliards de yens, soit des dizaines de milliards d'euros.
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  • Thaïlande: le Parlement débat sur la motion de censure contre la Première ministre Paetongtarn Shinawatra
    2025/03/24

    Un début de semaine politiquement agité en Thaïlande. Lundi 24 mars au matin, les députés du royaume ont commencé à débattre sur la motion de censure visant la Première ministre thaïlandaise. L’opposition accuse notamment Paetongtarn Shinawatra de manquer de leadership et de faire passer des intérêts privés avant ceux de la nation.

    De notre correspondant à Bangkok,

    Le Parti du Peuple (PP), à l'opposition, a déposé cette motion de censure le mois dernier, car il accuse la Première ministre Paetongtarn Shinawatra d’incompétence. D’abord, sur le volet économique : le principal parti d’opposition dénonce une mauvaise gestion de l’économie thaïlandaise, qui est en perte de vitesse et qui enregistre actuellement l’une des croissances les plus faibles parmi les pays d’Asie du Sud-Est.

    Ensuite, sur la question des droits humains : le Parti du Peuple estime que, sous l’actuel gouvernement, la réputation mondiale de la Thaïlande a été ternie à cause de plusieurs violations en la matière. Dernière en date, la déportation de 40 Ouïghours vers la Chine.

    L’opposition accuse, enfin et surtout, Paetongtarn Shinawatra de faire passer les intérêts de sa famille au détriment du peuple thaïlandais. En creux, de laisser son père Thaksin Shinawatra tirer les ficelles du pouvoir.

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    L'influence toujours persistante de l'ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra

    Le milliardaire controversé Thaksin Shinawatra, Premier ministre de 2001 à 2006, semble toujours exercer une influence politique considérable. C’est un secret de polichinelle ici en Thaïlande : Thaksin a la main sur le Pheu Thai (PT), le parti au pouvoir qu’il a lui-même fondé, mais qui est officiellement dirigé par sa fille.

    Après 15 années d’exil pour échapper à plusieurs condamnations pour corruption, il était rentré au pays en 2023 à la suite des élections générales. Et après six mois en détention à son arrivée, sa longue peine de prison avait été effacée.

    Le retour de Thaksin Shinawatra n’a été possible que grâce à l’alliance contre-nature entre son parti PT et les militaires l’ayant chassé du pouvoir des années plus tôt. Depuis, le patriarche multiplie les meetings et s’affiche en leader. Bien malgré le fait que le PT se soit assis sur ses promesses électorales, dont la réforme de l’armée, acteur incontournable dans la vie politique thaïlandaise. Ce sujet sera sûrement abordé lors des débats aujourd’hui et demain.

    Trois jours de débats et votes au Parlement

    Lors des débats au Parlement lundi 24 et mardi 25 mars, l’opposition a un total 28 heures pour interroger la Première ministre sur divers sujets. Elle et sa coalition gouvernementale ont 7 heures pour y répondre. Le vote de défiance aura ensuite lieu mercredi. Mais il est peu probable que la motion de censure soit adoptée par l’Assemblée, où le gouvernement de coalition dirigé par Paetongtarn Shinawatra dispose d’une confortable majorité (322 sièges sur 500).

    Pour les observateurs, le détail du vote pourrait néanmoins dévoiler des signes de divisions internes. Surtout, c’est l'occasion pour l’opposition de marquer des points auprès du grand public. Car la plupart des Thaïlandais sont mécontents de l’actuel gouvernement et en faveur de cette motion de censure, selon un sondage.

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  • En Indonésie, le grand retour de l’armée dans le secteur civil
    2025/03/21

    Dans un pays, qui a vécu pendant une trentaine d’années sous la dictature, c’est un vote qui fait grand bruit : en Indonésie, le Parlement a amendé ce jeudi une loi, qui permettra aux militaires de faire leur grand retour dans les instances gouvernementales. Un coup de force, qui a l’air d’un « déjà-vu » pour les Indonésiens.

    Au moment où les députés étaient en train de voter ces amendements controversés dans l’hémicycle, ce jeudi 20 mars, des canons à eau repoussaient les manifestants devant le Parlement transformé en forteresse. Des milliers de manifestants étaient rassemblés pour exprimer leur colère contre le retour des militaires aux postes civils. Un retour qui réveille de très mauvais souvenirs à l’ère Suharto.

    C'est justement grâce à l'appui de l'armée que le général Suharto a pu diriger l’Indonésie d’une main de fer pendant 33 ans, de 1965 à 1998. Vinnt-sept ans après le rétablissement de la démocratie, une expression de sinistre mémoire fait aujourd’hui son retour : celle de « dwi-fungsi ». « "Dwi" veut dire deux ou double, "fungsi" veut dire fonction, "Dwifungsi" signifie donc une double fonction, explique Andreas Harsono, chercheur auprès de l’ONG Human Rights Watch à Jakarta. C'est un terme utilisé sous le président Suharto, lorsque les officiers occupaient aussi bien des postes militaires que non militaires. Ils étaient partout, y compris dans les affaires. Ce système fait son retour aujourd’hui, c’est donc un jour triste et un recul de la démocratie en Indonésie. Le président Prabowo Subianto n’aura mis que quelques mois pour faire revenir l’armée dans le secteur civil ».

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    Prabowo accusé de vouloir restaurer le rôle de l’armée

    Sous la dictature, le gendre du défunt Suharto commandait les très redoutées forces spéciales. Aujourd'hui, ses détracteurs accusent Prabowo de vouloir revenir en arrière pour restaurer le rôle de l'armée.

    Jusqu'à présent, les officiers de l'armée pouvaient déjà servir dans dix agences et institutions gouvernementales, comme le ministère de la Défense ou l'agence du renseignement. Mais en vertu de la loi révisée, les militaires pourront occuper des postes dans six organes supplémentaires. Ces nouvelles institutions comprennent la Cour suprême, le bureau du procureur général ou encore l’Agence nationale de gestion des catastrophes, mais aussi les entreprises d'État.

    Comme de nombreux défenseurs des droits de l'Homme, Andreas Harsono craint des abus de pouvoir, l'impunité pour les militaires et le retour de la corruption : « Tous ces soldats, lorsqu’ils sont nommés dans des secteurs en dehors de l’armée, sont obligés de faire un rapport à leurs supérieurs et d'obéir à leurs ordres. Autre exemple : imaginez qu’un officier dirige une ferme agricole. Une ferme a besoin de beaucoup d’eau. Qui aura la priorité pour obtenir l’eau nécessaire ? Je crains que ce soit comme sous le règne de Suharto : les militaires seront servis les premiers ».

    Manque de transparence, absence de débat démocratique, intimidation des voix critiques : Human Rights Watch et six autres ONGs demandent l'abandon pur et simple des amendements controversés. Au total, 186 organisations de la société civile ont lancé une pétition pour dire non à ce grand retour de l'armée dans le secteur civil.

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