Les États-Unis et la Chine sont engagés dans une compétition à multiples facettes dans l'espace, qui englobe l'innovation technologique, l'exploration lunaire et planétaire, les capacités satellitaires et les applications militaires. Au moins six fusées chinoises conçues dans une optique de réutilisation devraient effectuer leur premier vol cette année.
Avec notre envoyée spéciale en Chine, Clea Broadhurst
Cette course va au-delà de la Lune ou de Mars. Ce qui est en jeu : la suprématie technologique, l’influence géopolitique, la puissance militaire… et d’immenses opportunités économiques. L’espace est devenu un outil de prestige, un levier d’influence. Mener des missions, poser des drapeaux, envoyer des robots : autant de gestes qui affirment la place d’un pays sur la scène internationale.
D’un côté, les États-Unis avec les accords d’Artémis. De l’autre, la Chine, alliée à la Russie, avec son propre programme lunaire. Deux visions de deux alliances.
Les satellites sont désormais vitaux : navigation, communication, surveillance, renseignement. Washington et Pékin développent des armes antisatellites, et des engins capables de défendre leurs ressources en orbite. Le contrôle de l’espace, c’est du pouvoir sur Terre.
Mais cette course stimule aussi l’innovation : intelligence artificielle, robotique, technologies de pointe. Et elle transforme l’économie. D’ici 2040, le marché spatial pourrait peser 1 000 milliards de dollars. Haut débit mondial, tourisme spatial, exploitation d’astéroïdes ou de ressources lunaires : les ambitions sont claires. Mais les règles restent à être définies.
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États-Unis et Chine au coude à coudeCommercialement, la Chine avance vite. Elle veut concurrencer SpaceX, avec ses propres fusées réutilisables attendues dès cette année, portées par de gros investissements publics. D’ici 2030, certaines entreprises chinoises pourraient rivaliser avec les Américains.
Côté satellites, Pékin a dépassé la Russie et devient le principal rival des États-Unis. En 2024, ses systèmes ont été classés parmi les meilleurs en télédétection. Un vrai signal : la Chine progresse vite dans l’observation de la Terre.
Militairement, elle teste des satellites capables de manœuvres complexes, presque comme des combats en orbite. Ces tests inquiètent : ils renforcent l’idée d’un espace de plus en plus stratégique, et de moins en moins neutre.
Défis à releverPour les États-Unis, il faut maintenir l’avance. Cela exige innovation, coordination et moins de dépendance à des acteurs comme SpaceX. Mais la loi interdit toute coopération directe avec la Chine, ce qui limite les échanges et augmente les tensions.
La Chine, elle, progresse, mais reste en retard sur certaines technologies. Son secteur privé manque d’agilité, et sur la scène internationale, elle reste isolée.
Résultat : il y a le risque d’un espace divisé, avec des règles floues, des tensions croissantes, des collisions ou des cyberattaques. Mais aussi des opportunités pour les puissances émergentes. Restera toutefois la question si l’espace restera un lieu de coopération ou un terrain de confrontation durable.
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