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Afrique économie

Afrique économie

著者: RFI
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概要

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France Médias Monde
経済学
エピソード
  • Guinée: orpailleur artisanal, une profession à haut risque
    2026/01/27

    Dans la préfecture de Siguiri, dans le nord-est de la Guinée, région riche en or, l’orpaillage artisanal est l’activité économique qui emploie le plus. Selon des estimations, plus de 200 000 personnes en tirent un revenu direct. Mais, cette activité présente des risques. Régulièrement, des puits s’effondrent sur les mineurs. Les sites d’orpaillage bénéficient certes de l’assistance de la Croix-Rouge pour les secours, mais cela ne suffit pas toujours.

    De notre envoyé spécial à Siguiri,

    Au fond de son puits d’une dizaine de mètres, Sidiki remplit des seaux de boue et de roches qu’il a extraites avec sa pioche. Quand le seau est plein, il est remonté avec une corde par des personnes restées à la surface. Si les orpailleurs ont de la chance, ils y trouveront de la poussière d’or. Sidiki remonte à la surface, ses vêtements sont recouverts de boue, son visage aussi. Il a une quarantaine d’années, cela fait vingt ans qu’il est mineur, et il a déjà connu un accident.

    « C’est un travail difficile, témoigne le mineur. J’ai déjà vu un éboulement sur d’autres mineurs. Et moi, ça m’est aussi arrivé une fois : j’étais dans le puits, j’ai cherché à me lever, il y a eu un bruit puis ça s’est effondré. J’ai crié et cinq personnes sont venues m’aider : ils ont creusé pour enlever la terre et j’ai pu sortir. Mon corps était entièrement enseveli, sauf ma tête. J’ai eu de la chance. » Et même s’il a vécu cet épisode traumatisant, il continue à descendre. « Malgré ça, je n’ai pas peur. Je n’ai pas d’autre travail donc je continue de faire ça pour nourrir ma famille », explique-t-il.

    « Il a eu de la chance, mais il est maintenant handicapé »

    Mounir, lui, reste à la surface pour remonter les seaux. Il a 18 ans, il était chauffeur, mais un accident lui a causé des problèmes de vue, alors il travaille ici depuis deux ans. Quand il a débuté, il descendait dans les puits, mais il a arrêté à cause du danger que cela représente. « C’est très profond, c’est obscur et on a du mal à respirer quand on est au fond. J’ai déjà vu un éboulement, tout s’est effondré sur le creuseur. Les autres ont pu le sortir, il a eu de la chance, mais il est maintenant handicapé. Ses hanches sont abîmées, il ne peut plus marcher normalement. Depuis, ça me fait peur. Même si on gagne plus d’argent quand on descend, je ne veux plus le faire », détaille Mounir.

    Souvent, les accidents se produisent à cause de négligences. « Généralement, c’est lorsque les consignes de sécurité ne sont pas appliquées », déplore M’Bemba Bayo, le président de la Croix-Rouge dans la préfecture de Siguiri. « Là où on creuse et qu’il y a faille, les traditionnels sont informés et ils interdisent et balisent la zone pour interdire l’accès au site. Mais si vous ne respectez pas les consignes de sécurité et que vous descendez en l’absence des chefs traditionnels, s’il y a effondrement, c’est que vous n’avez pas respecté », détaille-t-il.

    En cas d’effondrement, la Croix-Rouge aide les orpailleurs à sortir les victimes, à leur appliquer les premiers soins et à les évacuer vers un centre de santé. Malgré ces risques, le cours élevé de l’or incite toujours plus d’orpailleurs à creuser le sol pour en trouver.

    À lire aussiRemède à la misère pour certains, l’or transforme en profondeur la société guinéenne

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  • En Tunisie, les agricultrices à la conquête de la propriété et des marchés
    2026/01/26

    Comment aider les Tunisiennes à devenir propriétaires de leurs terres agricoles ? Elles représentent 80 % de la main-d'œuvre agricole, mais seulement un quart d'entre elles tiennent une exploitation. Pour les aider à se mettre à leur propre compte, ou à acheter leurs terres, ces dernières années, des programmes leur viennent en aide. Grâce à des bailleurs de fonds ou des financements étatiques, elles sont de plus en plus nombreuses à se lancer.

    Derrière son stand bien achalandé, Dhekra Ben Salah présente fièrement son huile d'olive. Elle a fait le déplacement depuis le Kef, au nord de la Tunisie, pour faire découvrir son travail à l'occasion d'un événement à Tunis. Le résultat d'un labeur acharné pour cette ingénieure agronome reconvertie à l'agriculture. « J’ai planté dix hectares d’olives de la variété Chetoui », explique-t-elle.

    C’est grâce à un prêt foncier, « une opportunité que donne l’État pour les ingénieurs agronomes », qu’elle a pu se lancer. Un prêt sur 25 ans avec un taux d’intérêt à 3 %, une aubaine pour elle qui a toujours voulu revenir sur sa terre natale après des années passées à l’étranger. Malgré ce coup de pouce, les difficultés restent nombreuses, notamment pour « la vente en ligne, la visibilité ou le financement. Par exemple, pour exporter un produit, il faut avoir certaines certifications, telles que le bio qui coûte au minimum 4 000 dinars par an ».

    Des collectifs pour s'entraider

    Cela représente un budget considérable pour ces agricultrices-entrepreneuses qui partent souvent de rien. Comme Meriem Majdi, qui tient un collectif d'agricultrices à Sidi Bouzid, au centre-ouest tunisien. « Au début, on n’avait pas grand-chose, à part le savoir-faire lié au bois d’olivier », raconte-t-elle tout en se prenant en photo avec des représentants étrangers sur son stand. « On s'est organisées à plusieurs pour s'entraider et aussi créer plusieurs produits de la région. On a participé à des formations et on a réussi à se rendre plus visibles. Et après une visite organisée par l'Organisation internationale du travail en Afrique, on a commencé à participer à des foires africaines et maintenant, nous avons un réseau. »

    Aujourd’hui, avec trente femmes de la région, Meriem Majdi exporte de l’huile d’olive et du bois d’olivier vers la Côte d’Ivoire et le Kenya. Cette constitution en collectif leur permet aussi de sortir du travail informel et de constituer des entreprises durables. Un élan important pour ces femmes qui représentent près de 50 % de la population rurale active.

    À lire aussiEn Tunisie, les femmes apportent un nouveau souffle au secteur de l'olive

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  • RDC: à Rubaya, des mines stratégiques au cœur de la guerre, toujours contrôlées par le M23
    2026/01/25

    Les rebelles du M23 contrôlent plusieurs gisements stratégiques et font transiter les minerais par le Rwanda, un moyen clé de financement du conflit. C’est notamment le cas des mines de Rubaya, situées à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de Goma, qui fourniraient entre 15 et 20 % du coltan mondial et restent toujours sous le contrôle du M23.

    Chaque jour, des milliers de creuseurs artisanaux gravissent les collines de Rubaya, pelles et pioches en main, dans l’espoir de trouver sous terre de précieux fragments de coltan. Les équipes de jour et de nuit se relaient sans interruption sur ces sites hautement convoités.

    Le M23 y prélève des taxes importantes : 50 000 francs congolais par jour et par puits. Une spoliation organisée qui se poursuit, selon Jean-Pierre Okenda, directeur de l’ONG congolaise La Sentinelle des ressources naturelles. « La guerre, c’est l’argent, et l’argent, ce sont les mines de Rubaya. En réalité, c’est l’essentiel du budget du M23, compte tenu de l’importance du gisement et de la qualité du coltan. Rubaya reste l’épicentre de cette guerre et permet de ravitailler suffisamment le M23, et bien entendu le Rwanda », explique-t-il.

    À lire aussiEst de la RDC: les minerais des Kivus entre économie, géopolitique et insécurité (rfi.fr)

    Une contrebande de minerais avérée

    Une fois extraits, les minerais sont vendus à des négociants, qui s’acquittent eux aussi d’un agrément annuel auprès du M23. Le coltan est ensuite confié à des transporteurs qui l’acheminent jusqu’à Mubambiro, près de Goma, avant de franchir la frontière rwandaise.

    À ce stade, les minerais sont mélangés à d’autres productions, ce qui rend leur traçabilité quasi impossible. Des fraudes documentées par le programme ITSCI, chargé de promouvoir des chaînes d’approvisionnement responsables. Son directeur, Mickaël Daudin, pointe des incohérences. « Prenons l’exemple du Rwanda. Nous avons mis en place des contrôles efficaces au niveau local et constatons que, sur l’année 2025, les données de production tracées sont restées stables. En revanche, si l’on observe les statistiques internationales, on note une très forte augmentation des importations, en particulier de tantale, en provenance du Rwanda », souligne-t-il.

    Des gisements dans l'accord USA-RDC ?

    Les mines de coltan de Rubaya figurent aujourd’hui sur la liste des projets proposés par la RDC aux États-Unis dans le cadre d’un accord sur les minerais stratégiques. Le pari de Kinshasa : attirer l’intérêt américain pour sécuriser la zone. Un espoir que tempère Jean-Pierre Okenda. « On peut considérer cet accord comme un échange minerais contre sécurité. Kinshasa nourrit beaucoup d’attentes, car les minerais sont la clé de voûte de tout le système. Il y a clairement une volonté des États-Unis de contrer la Chine en RDC. Mais il faut relativiser : une exploitation industrielle n’est pas possible sans une pacification durable de la région », avertit-il.

    Récemment, le groupe suisse Mercuria et un fonds d’investissement américain ont annoncé des investissements pour moderniser l’extraction à Rubaya. Un effet d’annonce, selon plusieurs experts, qui estiment que le Rwanda ne renoncera pas à l’exploitation de ces ressources sans garanties solides.

    À lire aussiAccord sur les minerais États-Unis-RDC: de quels projets parle-t-on?

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