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Afrique économie

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著者: RFI
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経済学
エピソード
  • Avec la mécanisation, la transformation du karité ivoirien rapporte plus aux coopératives
    2026/01/15

    La Côte d’Ivoire est l'un des plus gros producteurs de karité. Selon le Conseil du coton et de l’anacarde désormais en charge de la gestion de la filière karité, plus de 50 000 tonnes ont été produites entre avril et décembre 2025. Mais elle ne transforme localement qu'une part de sa production. À Tafiré, dans le centre-nord du pays, une unité moderne de transformation du karité, installée il y a deux ans par une ONG au profit de deux coopératives féminines, a profondément changé les pratiques. Moins de pénibilité, une production en hausse et des revenus plus réguliers : derrière le beurre de karité, c’est une véritable dynamique d’autonomisation économique qui s’installe.

    Avec notre envoyée spéciale à Tafiré,

    À l’entrée de la commune de Tafiré, l’unité de transformation du karité est en pleine activité. Dans la cour, à l’ombre d’un arbre, une trentaine de femmes, pour la plupart d’âge mûr, s’affairent autour des amandes de karité, fraîchement ramassées en forêt. Assises sur des nattes, elles procèdent au tri, une étape essentielle, explique Yah Coulibaly, membre de la coopérative : « Nous trions les noix de karité pour enlever les mauvaises graines. Si le tri n’est pas bien fait, le beurre ne sera pas de bonne qualité. Quand toutes les femmes sont présentes, on peut trier plus de quinze sacs par jour. »

    Une fois triées, les amandes sont lavées, puis séchées au soleil. Viennent ensuite le concassage, la torréfaction et le broyage, qui permettent d’obtenir une pâte épaisse et rougeâtre. Malgré la présence d’équipements modernes, le moulin reste de capacité limitée. Et lorsque l’électricité fait défaut, les femmes doivent encore battre la pâte à la main.

    Elles sont aujourd’hui plus d’une centaine, issues de deux coopératives, à travailler dans cette unité. Avant son installation, chacune transformait le karité de façon individuelle. Ami Koné, l’une des responsables, mesure le chemin parcouru. « Avant, il fallait au moins quatre à cinq jours pour produire vingt kilos de beurre. Aujourd’hui, avec les moulins, en deux jours, on dépasse les cinq cents kilos. Et on a surtout appris comment bien traiter les amandes », détaille-t-elle.

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    Des conditions pour développer la production

    Au-delà de la productivité, c’est le quotidien de ces femmes qui est transformé. Pour certaines, le karité est devenu la principale source de revenus. « J’ai cinq enfants. Quatre vont à l’école. C’est avec la vente du beurre de karité que je paie leur scolarité et les fournitures. Je ne fais aucune autre activité à part ça », assure Yélé Koné.

    Le beurre de karité produit dans cette unité est vendu sur place entre 2 000 et 3 000 francs CFA le kilogramme. Mais, malgré ces débouchés, un défi majeur persiste : l’approvisionnement en amandes de karité. En cause, la concurrence croissante sur le marché, explique Minafou Koné, présidente de l’ONG Femmes, Agriculture et Actions en Côte d’Ivoire, la FAACI, à l’origine de l’installation de cette unité de transformation : « Aujourd’hui, des industriels entrent dans la filière et parlent en termes de grandes quantités d’amandes. Forcément, sur le marché, la capacité d’achat de ces femmes diminue. C’est la loi de l’offre et de la demande : les prix des amandes augmentent et elles n’ont plus toujours les moyens d’en acheter suffisamment pour transformer. »

    Aujourd’hui, ces femmes ambitionnent d’exporter le beurre de karité produit à Tafiré. Mais, pour franchir ce cap, plusieurs conditions restent à remplir : sécuriser l’approvisionnement, disposer de davantage de zones de collecte de karité et surtout faire certifier la matière première, un passage obligé pour accéder aux marchés internationaux.

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  • L’industrie du parapluie «made in Madagascar» menacée
    2026/01/14

    À Madagascar, la saison des pluies est déjà bien engagée et la capitale subit des précipitations particulièrement intenses cette année. Chapeaux de pluie, imperméables et parapluies sont sans nul doute les accessoires incontournables du moment. Des accessoires qui, fait moins connu, sont encore fabriqués sur l’île. Antananarivo abrite encore une demi-douzaine d’ateliers artisanaux de fabrication de parapluies qui font figure de derniers des mohicans, tant la concurrence des produits importés est rude.

    Avec notre correspondante à Antananarivo,

    C’est dans le quartier de Besarety, niché au fond de la même ruelle depuis sa création en 1987, que se trouve l’atelier de la Maison Rajoely. Ici, une quinzaine d’employés perpétuent un savoir-faire transmis au milieu des années 1980 par une grande maison française de fabrique de parapluies historiquement installée dans le Jura. Madame Saholy a été recrutée dès l’ouverture de l’entreprise. Cet atelier, c’est toute sa vie : « J’ai connu l’âge d’or des années 1990. On avait énormément de travail : des journées de dix heures, jusqu’à mille parapluies fabriqués par jour. C’était comme une fourmilière. Quand je pense à cette période, je ressens beaucoup de nostalgie ».

    À l’époque, l’entreprise familiale exporte massivement vers l’ex-URSS et devient un fournisseur important de la maison de haute couture Pierre Cardin. Mais depuis une vingtaine d’années, la production a fortement chuté, passant à environ 70 pièces par jour. En cause : l’arrivée massive de parapluies bon marché confectionnés à l’étranger. « C'est un peu difficile actuellement compte tenu du fait qu’il y a plusieurs sociétés qui font de l'import de parapluies de mauvaise qualité, surtout pour les revendre ici à Madagascar », explique Tsiry Rakotonirina, le neveu du fondateur qui dirige, aujourd’hui, la Maison Rajoely.

    « Les grandes entreprises existant à Madagascar continuent de nous faire confiance »

    « Nous, on a des salariés, on paie nos taxes. Donc nos produits sont plus chers, ce qui n’est pas tout le temps compréhensible pour les gens, surtout à cause du fait que le pouvoir d’achat des Malgaches diminue beaucoup. Il y a de moins en moins de personnes qui choisissent d’avoir des produits de qualité », regrette le dirigeant. Des produits de qualité, souvent ornés de broderies cousues main. Des petits bijoux sur lesquels Elphine a dû se résoudre à coudre à la main les aiguillettes, ces pièces métalliques qui maintiennent les baleines du parapluie. « La machine qui faisait ça mécaniquement est cassée depuis des années et on ne trouve plus les pièces pour la réparer. Ça me rend triste de voir toutes ces machines allemandes qui faisaient notre fierté aujourd’hui à l’arrêt », témoigne la couturière.

    Malgré tout, la petite entreprise refuse de baisser les bras. « Ce que vous voyez ici, ce sont des parapluies publicitaires. Les grandes entreprises existant à Madagascar continuent de nous faire confiance. C'est ça qui nous permet de survivre actuellement au niveau du marché locale », détaille Tsiry Rakotonirina. L’atelier s’est aussi mis à confectionner des parapluies et des ombrelles personnalisés - des pièces uniques exceptionnelles - mais aussi des bleus de travail, des uniformes. Une diversification devenue indispensable pour compenser la baisse des commandes d’un objet du quotidien, robuste et durable, mais de plus en plus délaissé au profit de modèles bien moins chers.

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  • Dans le nord du Nigeria, les ressources minières sous la coupe des groupes armés
    2026/01/13
    Entre tueries et enlèvements, les violences s’intensifient dans le nord-ouest du Nigeria. Les États de Zamfara, Niger et Katsina, riches en ressources naturelles, sont eux-aussi le théâtre d’une exploitation minière illégale contrôlée par des groupes armés qui alimente l’insécurité. Dans le district de Shiroro, riche en or, en cuivre et en lithium, voilà des mois que les communautés sont harcelées par des gangs armés qui se livrent à des raids meurtriers contre les artisans locaux extrayant l’or pour gagner leur vie. Dans ces régions du nord ouest du pays, les groupes armés ont peu à peu pris le contrôle des richesses. Un récent rapport estime qu'aujourd'hui, « 60% des camps de bandits sont situés à proximité de sites d’extraction illégale d’or ». « Les groupes armés se sont mis à employer directement des personnes qui travaillent dans ces exploitations informelles, explique Ikemesit Effiong, analyste chez SMB Intelligence, un cabinet de conseil en risques géopolitiques à Lagos. Ils tirent profit du produit de la vente de ces ressources. Les acteurs miniers sont contraints d’abandonner une partie de leurs recettes, ou de céder une fraction des minerais extraits à ces groupes armés. Leur vente sert ensuite à financer l’achat d’armes, de véhicules et d’autres moyens nécessaires à la poursuite de leurs activités. » À lire aussiNigeria: les autorités condamnent l'attaque d'un site minier dans le centre Un manque à gagner énorme pour l'État Le secteur minier ne représente que 5% du PIB nigérian mais il est en forte croissance ces dernières années. L'or vendu en contrebande, notamment dans les pays du Moyen-Orient, représente lui un manque à gagner important pour l'État : il s'agit en effet de revenus qui échappent au Trésor public et qui, en plus, financent l'insécurité explique Abubakar Abdulmumin, directeur Énergie et Mines au sein de Neiti, une initiative nigériane qui veille à la transparence des industries extractives. « L’ampleur des pertes, tant en termes de recettes publiques que d’impact sur l’environnement et les moyens de subsistance, est très, très importante. Par exemple, à cause du banditisme et de l’insécurité, une grande partie de l'agriculture est en souffrance. Et il faut ajouter à cela les pertes en vies humaines et les enlèvements. S’agissant des revenus miniers, concrètement, le manque à gagner peut correspondre à environ 9 milliards de dollars par an. Mais ça peut aussi être plus ! », affirme ainsi ce dernier. Aucun chiffre n’a cependant encore été officiellement établi. Des brigades minières peu efficaces Pour endiguer ce phénomène, l'État cherche des solutions. Par la répression notamment, avec la brigade des Mining Marshall créée il y a un an - leur rapport indique plus de 300 arrestations et une centaine de sites miniers récupérés des mains d'organisations armées. Mais Ikemesit Effiong reste sceptique quant à l'efficacité de ces brigades : « Une stratégie bien plus efficace aurait consisté à mettre en place une force de police plus large, mieux financée et mieux formée, capable de répondre à l’ensemble de ces enjeux sécuritaires, plutôt que de créer une nouvelle agence de sécurité supplémentaire, qui est relativement mal financée », estime-t-il. La suspension temporaire des activités minières dans ces zones est également réclamée, notamment par les gouverneurs du nord du pays. « Ce n’est pas une solution miracle mais elle aura un impact, comme cela a été le cas par le passé. Ça perturbera les activités illégales, il n’y a aucun doute là-dessus, assure Abubakar Abdulmumin. Mais il est nécessaire d’adopter une approche plus globale pour résoudre ce problème. Certaines initiatives vont dans ce sens, mais on peut faire plus, notamment en accélérant la formalisation du secteur ». Son organisation, Neiti, plaide pour un renforcement de la réglementation, mais aussi plus de sécurité sur les sites miniers dans certaines zones où l'État a totalement disparu. À lire aussiAu Nigeria, l'exploitation minière va pouvoir reprendre dans l'État de Zamfara
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