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Afrique économie

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著者: RFI
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概要

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France Médias Monde
経済学
エピソード
  • Centrafrique: comment sortir de l'enclavement et relancer l'économie?
    2026/03/18

    Enclavée au cœur de l'Afrique, la République centrafricaine fait face à un défi majeur : son isolement géographique. Sans accès direct à la mer et confronté à la dégradation avancée de ses infrastructures routières, le pays voit son développement économique fortement ralenti. Une situation qui affecte également la compétitivité des entreprises locales, qui peinent à exporter leurs produits vers les marchés sous-régionaux et internationaux.

    Avec notre correspondant à Bangui, Rolf Steve Domia-Leu

    Dans la cabine avant du camion, Jean-Jacques échange avec le chauffeur sur un ton amical. Ce commerçant grossiste revient de Yaoundé, au Cameroun, chargé de marchandises. Depuis quatre jours, ils progressent au rythme de la route qui se dégrade et du poids de leur cargaison. « Depuis des décennies, explique le commerçant, l'enclavement de notre pays nous oblige à dépendre des infrastructures et des ports des pays voisins pour importer et exporter. Ce n'est pas profitable pour nous, car il y a toujours des frais de transit supplémentaires. Ce qui fait également en sorte que les délais d'importation sont souvent longs. Cela entraîne parfois des ruptures de stock. »

    Ces tracasseries font qu'aujourd'hui, une fois arrivés en Centrafrique, les produits sont plus chers que dans d'autres pays. De nombreux opérateurs économiques, comme Oumarou, sont ainsi en difficulté : « Lorsque j'exporte mes produits, notamment l'huile de palme ou le beurre de karité, ils sont moins compétitifs à cause des coûts logistiques élevés. Nous sommes obligés d'augmenter le prix. Mais une fois sur le marché sous-régional, nos produits sont moins compétitifs. »

    Investir dans les infrastructures

    Sur les marchés, les effets de cet enclavement sont palpables. Et dans le panier de Magalie, mère de famille, ils se voient, semaine après semaine. « L'année dernière, souffle-t-elle, j'ai passé mes vacances chez ma sœur au Cameroun. Si je fais une étude comparative des prix du sucre, du sel, du savon, et de tout autre produit manufacturé, chez nous, le prix est bien plus élevé. L'argent est devenu dur à gagner et c'est difficile de joindre les deux bouts. »

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    Comment sortir de cette situation ? Pour Lorenzo Ganazouï, économiste, cela passe par des investissements dans les infrastructures. « Avec les instabilités que nous avons traversées, il n'y a pas eu de plan de maintenance, ni de construction de nouvelles infrastructures. Sur environ 7 000 kilomètres de route, il n'y a eu de travaux que sur 2% ou 3% du réseau. Il faut construire des infrastructures pour le transport aérien, routier, ferroviaire ou encore maritime. »

    L'intégration régionale doit favoriser le développement du commerce dans la zone CEMAC, et donc la baisse des prix. Une zone de libre-échange encore « théorique », note cependant la Commission dans son dernier rapport. Elle appelle notamment à harmoniser les systèmes douaniers.

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  • L'Union européenne veut conserver sa place d'investisseur stratégique sur le continent africain
    2026/03/16
    La Banque d’investissement européenne, bras armé financier de la politique de l’UE, a récemment publié ses résultats annuels. En 2025, elle a investi 3,1 milliards d’euros sur le continent africain, soit un tiers de ses investissements dans le monde. Ils sont stables par rapport à l’année passée dans un contexte de restrictions budgétaires. Un signal que l’Union européenne veut conserver une place stratégique sur le continent. L'énergie figure parmi les secteurs prioritaires pour les investissements de l'Union européenne en Afrique. La Banque d'investissement européenne (BEI) vient de signer un nouvel accord d'un milliard d'euros avec la Banque mondiale et la Banque africaine de développement. « Une initiative qui vise à financer des projets en Afrique pour amener 300 millions d'Africains à avoir l'électricité », explique Ambroise Fayolle, vice-président de la BEI. « C'est une priorité européenne. La présidente de la BEI avait annoncé des investissements de l'ordre de 2 milliards d'euros dans les énergies renouvelables quand elle était en Afrique du Sud à la fin de l'année dernière. Ce sont des problématiques extrêmement importantes en Afrique et des investissements souvent coûteux, mais qui sont nécessaires si on veut contribuer au développement et à la prospérité du continent. » Appui au secteur de l’eau potable en Tunisie et au Maroc, soutien à l’économie bleue en Afrique de l’Ouest ou encore financement de programmes de santé et de développement de vaccins… Autant de projets qui répondent à la « priorité stratégique que l'Europe accorde à l'Afrique », souligne Ambroise Fayolle. « Ce qu'on essaye de développer, ce sont des positionnements de la BEI dans des projets qui correspondent à la fois à des priorités européennes, aux intérêts des entreprises européennes, mais aussi à des problématiques et des priorités qui sont des priorités africaines. » À lire aussiComment la Banque européenne d’investissements investit en Afrique avec la réduction de l’aide publique « Des investissements de meilleure qualité » L’Union européenne cherche également des débouchés sur le continent. La bataille commerciale y est importante avec des acteurs tels que les États-Unis, les Émirats arabes unis ou encore la Chine. Pour Thierry Vircoulon, chercheur associé à l’Institut français des relations internationales (IFRI), l'UE a un atout face à ses concurrents : « elle met l'accent sur les critères sociaux et environnementaux dans ses projets. Elle a aussi l'avantage d'être un peu plus prudente dans ses analyses de risques. Car on voit souvent des pays du Golfe ou la Chine lancer des projets sans véritable étude de faisabilité. Cette stratégie peut avoir des inconvénients, puisque les conditions sont difficiles et les projets peuvent prendre plus de temps. Mais ce sont quand même des investissements de meilleure qualité. » À lire aussiAfrique-Émirats arabes unis: un boom des relations commerciales émiriennes sur le continent Une bataille commerciale alors que les puissances cherchent en même temps à sécuriser leurs approvisionnements en matières premières et minerais stratégiques.
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  • À Conakry, le grand ménage des marchés informels
    2026/03/15
    Ces dernières semaines, les autorités ont lancé une vaste opération de déguerpissement à Conakry pour libérer les routes et trottoirs occupés par les marchés informels. Si beaucoup d’habitants saluent une circulation plus fluide, la question de l’avenir des vendeurs reste entière. Sans nouveaux espaces pour les accueillir, beaucoup craignent un retour progressif des étals sur les voies. De notre correspondant à Conakry, On peut de nouveau circuler sur les routes autour du marché de Madina, le plus grand de Conakry. Les étals détruits sont encore visibles sur les bords des voies. Le mois dernier, la police est intervenue pour libérer la circulation, renversant les installations qui occupaient trottoirs et chaussées. Mariama, vendeuse de chaussures, en a fait les frais. Elle est encore sous le choc. « C’est là que je travaille, que je gagne un peu d’argent. Les policiers sont venus, ils ont cassé tous les étals. Je suis en colère. Je viens ici pour pouvoir payer la nourriture et la scolarité de mes enfants. Maintenant, je dois faire comment ?, s'indigne-t-elle. « Le gouvernement doit nous aider, poursuit la vendeuse. Il n’y a pas assez de place pour tout le monde dans le marché de Madina, donc on est bien obligé de se mettre sur la route. Je comprends que ça gêne la circulation, mais on n’a pas le choix. On n’a nulle part où aller. Si on part d’ici, on va aller où ? » Une réforme urbaine à construire Cette question, beaucoup se la posent à Conakry. Si de nombreux habitants saluent la libération des routes, qui devrait permettre de fluidifier la circulation dans une ville régulièrement paralysée par les embouteillages, certains doutent de la durabilité de l’opération. Tidiane Barry, économiste, estime que la création de nouveaux marchés aurait peut-être dû précéder les déguerpissements : « Moi, je voudrais attendre peut-être 6 mois pour me prononcer et voir si l’opération a été vraiment réfléchie. On verra ce que l’État fera des artères libérées et les alternatives crédibles qu'il proposera aux vendeurs. Quand nous prenons les villes qui ont réussi cela, car Conakry n’est pas la première, elles ont combiné fermeté et organisation. » L'économiste pointe du doigt que, pour l’instant, c’est la police qui est mise en avant : « Une réforme urbaine ne doit pas se faire que par la police. Surtout que cela touche plusieurs dimensions : l’urbanisation, l’emploi et la gouvernance. Ces trois instruments doivent communiquer pour trouver une solution durable. » À lire aussi[Vos réactions] Déguerpissements : après Abidjan, Brazzaville, Libreville, c'est au tour de Conakry Trouver de nouveaux marchés Le Premier ministre Bah Oury reconnaît lui-même la nécessité de trouver rapidement des solutions pour les vendeurs expulsés. Il a demandé aux autorités municipales de chaque commune de Conakry d’identifier des espaces pour accueillir ces commerçants. « Ceux qui n’ont pas pu relocaliser les déguerpis, qu’on le sache, et qu’on cherche une solution alternative le plus rapidement possible dans la commune, ça c’est l’urgence, assure Bah Oury. Ça ne sert à rien de régler les questions comme des sapeurs-pompiers et de ne pas éteindre définitivement le feu. D’où la nécessité absolue pour les collectivités locales d’indiquer les espaces à aménager pour la construction de véritables marchés dignes de ce nom, parce que c’est ça la solution définitive. Il faut trouver l’espace et, à partir de là, on trouvera les financements pour construire des marchés dignes de ce nom. » La balle est désormais dans le camp des autorités municipales. Leur capacité à créer rapidement de nouveaux marchés dira si cette opération peut transformer durablement l’organisation de la capitale. Sans solution concrète, beaucoup redoutent que les vendeurs ne reviennent progressivement s’installer sur les routes, comme lors des précédentes opérations de déguerpissement. À lire aussiGuinée: à Conakry, les déguerpissements se multiplient et la grogne des délogés se fait entendre
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