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Afrique économie

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著者: RFI
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概要

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France Médias Monde
経済学
エピソード
  • Corne de l'Afrique: le commerce du bétail paralysé par la crise au Moyen-Orient
    2026/04/08
    Le conflit au Moyen-Orient se répercute sur l'économie africaine. C'est particulièrement le cas en ce mois d'avril sur le marché du bétail, durement touché. Les pays de la Corne exportent pratiquement toute leur production vers les pays du Golfe. Malgré le cessez-le-feu, les animaux sont toujours bloqués au port de Berbera, au Somaliland, principal point d'exportation du bétail. Le marché représente de quatre à cinq millions de têtes par an. La période est cruciale. La fin du ramadan, l'Aïd el-Fitr et la fête du sacrifice, le Hadj fin mai, représentent pour beaucoup d'exportateurs de bétail pratiquement l'intégralité de leur chiffre d'affaires sur l'année. Mais au port de Berbera, au Somaliland, de nombreux animaux restent à quai. Ridwan Ibrahim, directeur des opérations chez l'exportateur de bétail Qabyo Tire, explique : « Beaucoup de monde parle uniquement du pétrole. Évidemment, le pétrole, c'est ce qui fait tourner le monde. Mais il y a aussi le bétail, l'alimentation qu'on oublie. Depuis le début de la guerre, nous n'avons pas exporté vers les pays du Golfe, à l'exception de l'Arabie saoudite, car nous pouvons passer par Bab-el-Mandeb. Mais pour des pays comme Bahreïn, le Qatar, le Koweït et les Émirats arabes unis, nous avons eu beaucoup d'annulations et nous n'avons pas pu y exporter à cause de la fermeture du détroit d'Ormuz. » Les prix des transporteurs ont aussi doublé, passant de 100 euros la tonne exportée à 200. Les éleveurs qui ont acheminé les animaux à pied ou en camion restent coincés au port en attendant que les bateaux repartent. Une situation difficile pour de nombreuses communautés de la région qui en dépendent. Géraldine Pinault, chercheure associée au Centre français des études éthiopiennes, déclare : « Le bétail converge de très loin vers Berbera, c'est-à-dire de l'intérieur des espaces pastoraux de l'Éthiopie, de Somalie, y compris de Somalie du Sud, parfois même du nord du Kenya. Une partie du bétail va être exportée vers le Kenya, pour approvisionner les commerces et les villes en bétail vivant. Il y a une partie de ce bétail qui va également être exportée depuis le Kenya vers les pays du Golfe. » Pour la région séparatiste de Somalie, le Somaliland, le marché représente 85% des exportations. Pour la Somalie, c'est plus de la moitié. Pour l'Éthiopie, les exportations représentent officiellement beaucoup moins, mais une grande partie du marché demeure informelle. Les infrastructures se développent pour abattre les animaux et exporter leur viande. Il existe une dizaine d'abattoirs modernes en Éthiopie tournés vers l'export. Kelifa Hussein, président de l'association éthiopienne des exportateurs de viande, décrypte : « Ethiopian Airlines dessert plus de 60 villes dans différents pays d'Afrique. Nous essayons donc d'exporter vers plusieurs pays africains pour moins dépendre des pays du Golfe. On a essayé de diversifier même avant le conflit. Nous avons exporté des échantillons vers certains pays pour tester le marché. Nous essayons de vendre en Guinée et au Sénégal. » Principal obstacle : les protocoles sanitaires. Pour obtenir une certification, il faut un accord bilatéral avec le pays destinataire. Un processus long à mettre en place. L'annonce du cessez-le-feu en Iran est une bonne nouvelle pour les acteurs du secteur, même s'ils restent prudents. Mais il faudra de nombreuses semaines avant un retour à la normale, si le détroit d'Ormuz s'ouvre durablement. À lire aussiCessez-le-feu au Moyen-Orient: «Un rapport de force se joue entre Israël et les États-Unis»
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  • Égypte: des obligations citoyennes pour financer la dette publique
    2026/04/07

    Le gouvernement égyptien a récemment lancé « l'obligation citoyenne ». Il s'agit d'un bon du Trésor à destination des particuliers avec un taux avantageux. Accessible dans tous les bureaux de poste du pays, l'initiative est un succès pour un État qui cherche par tous les moyens à réduire son ratio de dette publique par rapport au PIB.

    Avec notre correspondant au Caire,

    Diversifier la dette publique à tout prix : c'est l'objectif affiché par Maï Adel, vice-ministre des Finances. Depuis son bureau au 15e étage du ministère, elle confie : « L'Égypte dispose d'une liquidité importante, mais notre principal obstacle sur le marché domestique est la concentration. Cette culture d'investissement direct dans les bons du Trésor, les obligations ou les titres publics n'est pas encore répandue dans le pays. »

    Pour y remédier, le gouvernement de Moustafa Madbouli a lancé en février une « obligation citoyenne ». Ce titre, d'une durée de 18 mois, offre un rendement annuel de 17,75% à l'ensemble de la population via les bureaux de poste. Ce grand succès a permis d'atteindre les populations sans comptes bancaires et les personnes en dehors de la capitale.

    La vice-ministre en fait un bilan positif : « Nous avons constaté un fort engouement de la part des clients, et beaucoup de gens ont même commencé à se demander ce qu'était une obligation lors de cette première opération qui n'a duré que trois semaines. Puis, nous avons ouvert et clôturé à la mi-mars. Le montant total s'est élevé à 5,6 milliards de livres égyptiennes. »

    Un succès toutefois à relativiser

    La dette publique égyptienne atteint aujourd'hui 84% du PIB, rappelle Mohammed Ramadan. Selon l'économiste au sein d'une ONG locale, il faut relativiser ce succès : « Beaucoup de personnes ont participé, mais le montant total collecté par le gouvernement reste encore très faible. » Pour lui, cette initiative s'inscrit dans une stratégie plus large, la recherche de financement en dehors du secteur bancaire par le gouvernement.

    « Les bureaux de poste constituent traditionnellement une épargne pour les Égyptiens les plus modestes. La plupart des comptes ou portefeuilles sont de petits montants, 10 000 ou 50 000 livres. L'objectif est simplement de mobiliser cet argent à moindre coût », souligne-t-il.

    Malgré ces limites, le ministère des Finances entend poursuivre sur cette lancée. Fort du succès de l'opération, il a déjà annoncé une nouvelle émission d'obligations citoyenne à la mi-avril.

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  • Centrafrique: Baoro, un pôle de développement grâce au retour des rapatriés
    2026/04/06
    À Baoro, petite ville de l'ouest de la République centrafricaine, située à environ 200 kilomètres de la frontière camerounaise, la vie reprend progressivement son cours après plusieurs années de crise. Grâce au retour progressif de la paix, de nombreux réfugiés centrafricains ont pu regagner leur terre natale. Aujourd'hui, Baoro s'impose comme l'une des principales localités d'accueil des rapatriés. La ville a été désignée, il y a un an, comme pôle de développement, une zone stratégique choisie pour accueillir et stimuler des projets socio-économiques. Avec notre envoyé spécial à Baoro, Alignés le long des enclos ou éparpillés dans les pâturages, les bœufs broutent paisiblement une herbe verte. À leurs côtés, quelques veaux, encore fragiles et hésitants, restent près des vaches. À leur retour au pays, ces réfugiés ont reçu quelques têtes de bétail. Aujourd'hui, leur troupeau compte une centaine d'animaux au sein du groupement « Mo ba tè », ce qui signifie « Mène ta vie ». Le regard attentif, Simplice Ngaya, chef du secteur de l'élevage à Baoro, accompagne ces réfugiés rapatriés depuis six ans : « L'élevage est très bénéfique pour cette communauté retournée. Il leur permet de subvenir à leurs besoins, notamment lors de la rentrée scolaire, en vendant quelques têtes de bétail pour payer la scolarité de leurs enfants, ou encore de faire face aux dépenses en cas de problème de santé. » La vente d'animaux qui peut rapporter de 20 000 à 100 000 francs CFA. L'élevage, mais surtout l'agriculture, est cœur de cette dynamique. À quelques pas de là, sous un soleil brûlant, une centaine d'hommes et de femmes s'activent sans relâche dans une vaste plantation. Leurs vêtements, marqués par la poussière et la sueur, témoignent de l'effort quotidien. Parmi eux, Doui Dieudonné, 43 ans, réfugié rapatrié après dix années d'exil au Cameroun. « Notre groupement est composé de réfugiés retournés. Nous cultivons le haricot rouge, la courge, l'arachide, la patate douce, le maïs, l'igname ainsi que divers légumes, témoigne-t-il. La crise nous a fait tout perdre : nos maisons, nos proches, nos activités économiques et nos moyens de subsistance. L'agriculture représente pour nous une source de reconstruction économique. » 75 000 Centrafricains réfugiés déjà retournés Au marché de Baoro, les étals réapparaissent progressivement, témoignant d'une reprise de la vie économique. Les petits commerces se diversifient à nouveau : produits alimentaires, articles électroniques, biens ménagers, objets artisanaux et vêtements retrouvent leur place dans les allées du marché. « La plupart de ces commerces sont tenus par des rapatriés revenus s'installer. Mais j'avoue que ce pôle de développement met en place des programmes importants. Je constate la création d'emplois, la réhabilitation des habitations et le développement des infrastructures », assure Marcelin, un habitant de la localité. Depuis le début de la crise, environ 75 000 Centrafricains réfugiés ont déjà regagné leur pays. « C'est le début du développement. Dans cette mission, nous cherchons à savoir quels réfugiés souhaitent retourner au pays, à quel moment et vers quelles localités. Nous faisons de notre mieux pour que, lorsqu'ils rentrent, nous soyons bien préparés à les accueillir. C'est pourquoi nous utilisons le rapatriement comme une opportunité pour développer les zones de retour et les transformer en pôles de développement. L'intégration locale s'appuie sur la formation professionnelle, l'éducation et les activités économiques, afin que les personnes retournées deviennent un atout pour le développement », explique Williams Chemaly, représentant du HCR . Un an après son lancement, les premiers résultats sont jugés encourageants par les observateurs. La vision portée par le gouvernement, en collaboration avec ses partenaires, consiste à mettre en place au moins quatorze pôles de développement répartis dans les différentes régions du pays, afin de faciliter la réinstallation des réfugiés dans leur pays d'origine.
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