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Afrique économie

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著者: RFI
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概要

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France Médias Monde
経済学
エピソード
  • Au Kenya, les médecins en grève pour alerter sur un système de santé fragilisé
    2026/02/18

    Pendant plus d'un mois, le personnel médical dans le comté de Nairobi a fait grève. Le mouvement a été levé temporairement début février 2026, sur ordre de la justice kényane. Les médecins dénonçaient, entre autres, des retards sur les versements des paies et un manque d'augmentation des salaires. C'est la dernière action en date du secteur, qui s'est souvent mobilisé ces dernières années.

    De notre correspondante à Nairobi,

    « Rien qu'en 2025, nous avons compté 23 mouvements de grève à travers le pays », lance Davji Bhimji Atellah. Secrétaire général du KMPDU, le principal syndicat des médecins du Kenya, il est sur le front de toutes les batailles. Il énumère les retards de salaires, une absence de revalorisation des rémunérations ou encore des pénuries de médicaments et d'équipements.

    Autant de conditions qui encouragent, selon lui, une fuite des médecins vers l'étranger, alors même que le pays fait déjà face à un manque crucial de ressources humaines. « Le ratio médecins-patients au Kenya est d'un pour 17 000, explique-t-il, alors que la recommandation de l'OMS d'un pour 1 000. Le pays fait face à une pénurie de médecins sur l'ensemble du territoire. Pourtant, il y a eu un nombre important de diplômés entre 2017 et aujourd'hui, mais plus de 3 000 sont actuellement au chômage. »

    À lire aussiKenya: la grève de médecins se poursuit et provoque un pic de mortalité

    Pour 2025-2026, l'enveloppe santé du gouvernement a été augmentée de plus de 8%. Elle ne représente toutefois qu'à peine plus de 3% du budget total, loin des 15% auxquels se sont engagés les pays africains lors de la déclaration d'Abuja en 2001. D'autant que le secteur a été éclaboussé par plusieurs scandales de corruption. Les hôpitaux manquent de fonds insiste Davji Bhimji Atellah : « Nous avons de nombreux comtés, ainsi que des établissements privés, qui se plaignent d'être créanciers auprès de la sécurité sociale. Ils ont fourni des services aux patients mais n'ont pas été payés. Ces hôpitaux se retrouvent donc dans l'incapacité d'offrir des services. »

    Il est estimé que près de 60% des revenus du gouvernement au Kenya servent à rembourser la dette. Collecter les impôts nécessaires reste un défi, selon l'économiste XN Iraki : « Tout le monde est censé bénéficier d'une assurance de la part du gouvernement, mais très peu la paient : principalement ceux qui sont employés. Les travailleurs indépendants ne la paient pas toujours, alors qu'environ 80% des travailleurs kényans sont dans le secteur informel et n'ont souvent pas les moyens de payer cette assurance. Il y a donc un manque de fonds pour financer les services médicaux. »

    Pour favoriser l'embauche des médecins kényans, Nairobi a imposé de nouvelles restrictions visant les praticiens étrangers dans le pays. Le ministre de la Santé a annoncé avoir révoqué plus de 200 licences. Une démarche soutenue par le secteur.

    À lire aussiAu Kenya, l'État coincé entre sa dette et le rejet des nouvelles taxes

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  • Au sommet Mining Indaba, les détails de l'accord minier entre la RDC et les États-Unis se dévoilent
    2026/02/17

    Qu'en est-il de l’accord entre la RDC et les États-Unis sur les minerais stratégiques ? Début février, les deux pays se sont retrouvés pour un premier comité de pilotage. La RDC produit plus de 70% du cobalt mondial, utilisé notamment pour les batteries électriques. Cet accord entre Washington et Kinshasa était évidemment au cœur du Mining Indaba qui a eu lieu la semaine dernière au Cap.

    De notre envoyé spécial au Cap,

    Le ministre des Mines congolais, Louis Watum Kabamba, se défend de « brader » le potentiel minier de la RDC en signant cet accord sur les minerais stratégiques avec Washington. Aux dernières nouvelles, la balle est dans le camp américain, qui analyse une liste de projets transmise par Kinshasa :

    « Il y a toute une panoplie de projets pour lesquels nous avons arrêté une liste convenue avec les États-Unis. Quand je dis projets, il n'y a pas que dans les mines. Dans l'agriculture, dans l'énergie, dans l'assistance technique, etc. Cette liste va être mise au-devant du secteur privé américain pour que les parties intéressées puissent se prononcer dans un bref délai. Peut-être dans les prochains jours ou les prochaines semaines. Nous nous mettrons ensemble maintenant pour aller dans ces projets et voir comment nous pouvons structurer des partenariats et des financements. »

    Dans les projets qui paraissent avancés et qui font grand bruit : les 40% d'actifs que Glencore pourrait céder aux Américains. Un plan pour « soutenir les ambitions du gouvernement américain avec l'approvisionnement en deux minerais critiques », selon l'entreprise. On parle ici de cobalt et de cuivre. « Glencore ne se retire pas. Si un accord est conclu, nous avons pleinement l'intention d'être majoritaires et de conserver le contrôle. Il s'agit en réalité d'un signe de confiance de la part des investisseurs américains soutenus par l'État américain concernant les actifs de cuivre en RDC », précise Mark Davis, le PDG de Glencore en Afrique.

    À lire aussiAccord sur les minerais États-Unis-RDC: de quels projets parle-t-on?

    Les banques locales, un acteur stratégique

    Sur le terrain, les acteurs financiers sont en ordre de bataille. Même si ces accords sont encore très opaques, Jean-Eric Matunga, de la Rawbank, précise le rôle des banques locales congolaises. Le directeur en charge des financements structurels était à Washington en octobre dernier.

    « Le dialogue est permanent entre les investisseurs, les acteurs locaux et les banques. On joue notre rôle d'intermédiaire d'une manière assez poussée. Parce que ces capitaux, qui viennent vers la RDC, il faut pouvoir les orienter, mais il faut pouvoir aussi les structurer en fonction des réalités locales, mais aussi des connaissances de la réglementation. C'est là que les banques locales jouent un rôle clé de catalyseur et de connecteur entre ces capitaux qui doivent venir pour pouvoir les structurer et les rendre potables à la réalité locale », explique Jean-Eric Matunga.

    « ​​​​​​​On a des clients du secteur privé avec qui nous connectons les investisseurs américains, surtout pour pouvoir combler la phase de financement pendant la partie d'exploration avant le développement de la mine, qui est une phase critique », précise encore cet acteur bancaire. Si beaucoup d'acteurs du secteur s'enthousiasment de ces discussions avec Washington, dans le cadre du processus de paix entre la RDC et le Rwanda, aucun accord n'a jusqu'ici permis de mettre fin aux combats sur le terrain.

    À lire aussiSommet sur les minerais critiques à Washington: que faut-il retenir pour la RDC?

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  • Afrique-Émirats arabes unis: un boom des relations commerciales émiriennes sur le continent
    2026/02/16
    Burkina Faso, Gabon, RDC… La liste des États où les Émirats arabes unis investissent s’est allongée ces derniers mois. Les annonces de financements d’infrastructures se multiplient. Abou Dhabi, acteur dont l’implication dans certains conflits régionaux fait polémique, s'est néanmoins imposé comme un partenaire commercial incontournable ces dernières années. Comment analyser cet attrait des gouvernements africains pour ce partenaire ? Travail sur la filière or, construction du port commercial de Banana à l’embouchure du Congo, accords commerciaux sur 6 000 produits… Julien Paluku, ministre congolais du Commerce, rentre d’une visite très fructueuse d’Abou Dhabi : « Nous exploitons une disponibilité qui est à même de devoir nous accompagner aux côtés d'autres partenariats que nous avons tissés avec d'autres pays à travers le monde. » Abou Dhabi s’est imposé comme l’un des principaux partenaires commerciaux de la RDC, car l’un de ses points forts provient de sa capacité à investir dans les projets. « Pour qu’elle se développe après la Deuxième Guerre mondiale, l’Europe a bénéficié d'un plan Marshall. Des milliards de dollars ont été investis pour que l’Europe puisse recouvrer sa santé », rappelle le ministre. « Et donc la RDC aussi, après tous ces moments de turbulences, est à la recherche de capitaux frais et se dirige vers des capitaux frais. Et les Émirats arabes unis constituent une destination importante où les capitaux sont disponibles pour pouvoir échanger avec nous et transformer notre potentiel en richesse. C'est donc dans ce sens que nous nous tournons vers les Émirats arabes unis », explique-t-il. À lire aussiLa RDC et les Émirats arabes unis ont signé un accord économique global à Abou Dhabi Les Émirats adoptent « une approche business to business » De nombreux dirigeants africains se sont succédé à Abou Dhabi ces derniers mois. Pour Oscar Lafay – ex-consultant senior de chez Deloitte, la percée des Émirats arabes unis est nette. « Ce qu'on observe avec cette percée émiratie, c'est la fin d'un monopole des puissances traditionnelles, analyse l’expert. En quatre ans, ils sont devenus le premier investisseur du continent avec plus de 110 milliards d'euros injectés. Et ils sont devenus en effet le grand argentier, là où le FMI ou les banques de développement sont plus lentes. » Autre aspect plus politique, les Émirats ont l'avantage d'avoir la neutralité postcoloniale. « C'est un grand atout puisqu'ils n'ont aucun passif historique sur le continent et ils proposent donc une approche business to business qui est très attrayante pour les différents acteurs africains », poursuit Oscar Lafay. « Et enfin, ils ont un pragmatisme transactionnel, avec une agilité pure qui leur permet d'investir là où les autres ont peur, comme récemment au Burkina, où les questions sécuritaires ou politiques ne leur font pas peur », souligne-t-il. À lire aussiKinshasa mise sur un partenariat avec Abou Dhabi pour reprendre la main sur l’or de l’Est de la RDC Un puissant réseau d’entreprises détenu par l'État Et pour faire avancer cette ambition, les Émirats s’appuient sur leur puissant réseau d’entreprises : « Il faut comprendre que ce réseau d'entreprises est finalement un réseau étatique, puisque l'influence aux Émirats arabes unis d'Abou Dhabi sur le business est très puissante. Et donc ces entreprises sont des leviers pour le pouvoir émirati afin de s'implanter durablement en Afrique. Ce qui est important avec les entreprises émiraties, c'est de comprendre leur capitalisation. Souvent plus de 20 à 30 %, voire plus, du capital est détenu par l'État. Donc, dans ce cas-là, ces entreprises sont des leviers étatiques. » Les Émirats arabes unis semblent bien déterminés à profiter du contexte international de recomposition des partenariats commerciaux et de la baisse drastique de l’aide publique au développement. À lire aussiLe président Randrianirina en visite à Abu Dhabi pour «promouvoir une diplomatie économique offensive»
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