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Afrique économie

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経済学
エピソード
  • Guinée: à Kankan, le manque de courant limite le développement économique
    2026/01/08

    Kankan, la plus grande ville de la Haute-Guinée dans le nord-est du pays, reste jusqu’à aujourd’hui largement privée d’électricité, qui n’est disponible que le soir et une partie de la nuit. Jusqu’à aujourd’hui, la ville n’est alimentée que par quelques centrales thermiques, mais les autorités prévoient un raccordement sur le réseau électrique ivoirien cette année.

    De notre envoyé spécial à Kankan,

    La situation exaspère ses habitants et avait même alimenté la contestation contre le président déchu Alpha Condé dans son propre fief. Les autorités assurent qu’elles vont raccorder Kanan au réseau ivoirien cette année. En attendant, les entreprises et les habitants s’organisent comme ils peuvent pour accéder à l’énergie en journée quand ils en ont les moyens.

    Si les habitants de Kankan peuvent écouter la radio Baraka toute la journée, ce n’est pas grâce à EDG, Électricité de Guinée, qui ne fournit du courant que la nuit. Mais, comme l’explique son directeur Oumar Fofana, parce que la radio est équipée de multiples sources d’énergie : « Nous avons installé les panneaux solaires de 10 kVA. Avec ça, on fonctionne normalement. Vous savez, les panneaux solaires, ça fonctionne quand il y a du soleil. En saison pluvieuse, par exemple, surtout au mois d’août, les panneaux ne fonctionnent pas. Donc on fonctionne avec les groupes électrogènes toute la journée et quand l’EDG vient la nuit, on met l’EDG. Mais parfois aussi l’EDG ne vient pas, donc le groupe peut fonctionner à temps plein. Imaginez, de 6 h 00 à 0 h 00 avec un groupe électrogène. Du coup, le groupe tombe régulièrement en panne ici. » Il arrive, de temps en temps, que les auditeurs soient privés d’antenne pendant quelques minutes, voire quelques heures.

    «S’il n’y a pas de courant, il va y avoir beaucoup de chômage»

    D’autres secteurs économiques pâtissent du manque d’électricité. Kabinet est commerçant, il vend des fruits. Il estime qu’il pourrait augmenter son chiffre d’affaires s’il s’équipait de chambres froides. « S'il y a le courant, on peut travailler, on peut faire de l’entrepreneuriat. Mais s’il n’y a pas de courant, on ne peut rien faire », fait-il valoir. « Par exemple, en Haute-Guinée, il y a des fruits. S’il y a le courant, on peut garder les fruits. Ça, c'est un exemple. S'il y a du courant, les menuisiers et les soudeurs peuvent travailler. Mais s’il n’y a pas de courant, ils ne peuvent pas travailler, donc il va y avoir beaucoup de chômage », poursuit-il.

    Depuis le coup d’État du 5 septembre 2021, le CNRD a relancé le projet d’interconnexion avec le réseau électrique ivoirien. La grande ville de Guinée forestière Nzérékoré en bénéficie déjà depuis 2022. Selon Mamadi Kaba, l’un des porte-paroles du projet, les travaux continuent de bien avancer : Kankan et d’autres villes de la Haute-Guinée devraient bientôt en bénéficier. « La ligne haute tension qui quitte Nzérékoré jusqu’à Siguiri, à la frontière malienne, est réalisée à 80 %. Lors de la dernière réunion avec les bailleurs de fonds et les entreprises contractantes, on nous a dit pour le mois de juin 2026. En juin 2026, les régions administratives de Kankan et de Nzérékoré seront électrifiées 24h/24. L’espoir est là. On sait que ce n’est pas une question d’une année, c’est une question de mois et de jours. Donc, l’espoir est là », explique-t-il. Une alimentation en électricité qui devrait soulager les habitants, mais aussi dynamiser l’économie de la ville.

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  • Tunisie: pénuries de médicaments et pharmacies sous pression
    2026/01/07

    En Tunisie, la crise du médicament ne fait qu’empirer. En plus du manque persistant de certains médicaments importés, plusieurs pharmacies font face à des retards de remboursement de la Caisse nationale d’Assurance maladie, parfois sur plusieurs mois. Une situation critique dénoncée par les professionnels du secteur, qui affecte directement les patients.

    Dans sa pharmacie située dans le centre-ville de Tunis, Emna Abbes, secrétaire adjointe du syndicat des pharmaciens, se dit débordée. La pénurie de certains médicaments, remarquée depuis l’été, ne s’est toujours pas résorbée.

    « Il y a toujours des antidiabétiques qui manquent, des antipsychotiques qui manquent, il y a toujours des médicaments destinés à traiter l'hypothyroïde qui manquent encore. Parfois, on peut substituer des médicaments, parfois, il n'y a ni le princeps ni le générique. »

    Rahma Hamzaoui, cliente régulière de plusieurs pharmacies et atteinte de troubles de la thyroïde, en fait l’expérience au quotidien : « Je me suis habituée à prendre le générique, mais ça m'arrive des fois de prendre, par exemple, je dis n'importe quoi, en semaine cinq jours de dosage X et en week-end, je dois changer le dosage Y. Et parfois quand je bascule entre les dosages, ce n'est pas la même molécule et donc ça peut aussi perturber l'équilibre hormonal de mon corps. »

    Une production locale insuffisante

    Elle rencontre également de grandes difficultés pour trouver le traitement de sa sœur, épileptique. « C'est un traitement qu'elle prend à vie et si elle le prend pas, elle peut avoir des crises d'épilepsie. Je me rappelle une fois, elle a raté deux semaines. Elle n'a pas eu son médicament et elle a failli mourir. »

    Comme de nombreux Tunisiens, Rahma s’adapte en multipliant les déplacements entre pharmacies ou en s’informant via des groupes Facebook pour repérer les stocks disponibles. Ces ruptures de stock interviennent pourtant dans un pays qui produit environ 70 % de ses médicaments, selon le médecin généraliste Rafik Boudjaria : « Il s'agit de médicaments généralistes, c'est-à-dire des antibiotiques de première ligne, des anti-inflammatoires. Les médicaments issus de la biotechnologie, des médicaments pointus, sont encore importés et les pénuries sont récurrentes. »

    Pour le médecin, le problème est avant tout structurel et ancien. « C'est un problème essentiellement en rapport avec le financement, les équilibres financiers de la pharmacie centrale de Tunisie, qui est la seule plateforme d'achat de médicaments. »

    Un manque de liquidités qui touche à la fois la pharmacie centrale et la Caisse nationale d’Assurance maladie, lourdement endettée. Aujourd’hui, en plus des pénuries, les pharmacies font face à des retards de remboursement de leurs créances par la CNAM, un dysfonctionnement qui risque d’aggraver encore les difficultés d’approvisionnement en médicaments.

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  • Pour le birr, la monnaie éthiopienne, 2025 a été une année difficile
    2026/01/06

    Cette année, le birr, la devise éthiopienne, a subi une chute historique. En un an et demi, elle a perdu plus de 150 % de sa valeur. Pour les entreprises du pays, l’impact de cette dépréciation record est mitigé : si elle profite aux exportations, les entreprises publiques, elles, essuient des pertes de bénéfices.

    De notre correspondante à Addis-Abeba,

    Jamais le birr n’avait connu une telle chute : fin novembre, dans les bureaux de change, un dollar s’échangeait contre 177 birrs. Soit 165 % de plus qu’en juillet 2024, lors de la mise en place d’une réforme du gouvernement, qui a modifié radicalement le régime de change en Éthiopie. Avant cette date, le taux de change du birr était fixé chaque jour par la Banque centrale. Depuis la réforme, celui-ci est déterminé par les marchés financiers. Une réforme « nécessaire », selon Getachew Teklemariam Alemu, économiste à l’Union africaine.

    « Il existait deux types de taux de change à l'époque : le budget de l'État était par exemple calculé selon un taux de change officiel. Mais les importations et les exportations étaient, elles, tarifées sur la base du taux de change parallèle. Il existait donc un important décalage entre l'économie formelle et l'économie informelle », détaille-t-il. Bien qu’impressionnante, la dépréciation immédiate du birr qui a suivi l’annonce de la réforme a eu des effets positifs sur l’export, détaille Getachew Teklemariam Alemu. « Ces treize ou quatorze dernières années, les exportations de marchandises se sont toujours situées aux alentours de trois milliards de dollars. Mais l’année dernière, en 2024, elles ont augmenté de manière significative, à 8,3 milliards de dollars », poursuit-il.

    À lire aussiL'Éthiopie libéralise son régime de change et obtient une aide de 3,4 milliards du FMI

    Perte de 70 % pour Ethio Telecom

    Des bénéfices en hausse, dont témoigne aussi Kiroubel Siyoum, chef des opérations au sein de la marque emblématique de café Tomoca. « La dépréciation a impacté notre entreprise. Pour les exportations par exemple, ça a été un boost. À long terme, c’est une opportunité potentielle, puisque nos produits seront plus compétitifs, et cela nous rapportera plus de gains », espère-t-il. Mais les entreprises publiques peinent, elles, à faire face à cette chute vertigineuse. Au cours de l’exercice 2024/2025, Ethio Telecom, l’opérateur de télécommunications géré par l’État, a ainsi accusé une perte de 70 % de ses bénéfices net.

    « Le problème est le suivant : pour les entreprises comme Ethio Telecom, la plupart de leurs dettes sont libellées en devises étrangères, tandis que leurs revenus sont en birr. En conséquence, le montant de birrs éthiopiens qu’elles doivent collecter pour régler leurs dettes en devises étrangères a considérablement augmenté, en raison du taux sur le marché. Maintenant, la même dette leur coûte trois fois plus cher qu'avant la réforme », détaille l’économiste Getachew Teklemariam Alemu. La dépréciation impacte aussi lourdement les Éthiopiens. En 2025, l’inflation s’élevait à plus de 13 %.

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