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Afrique économie

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著者: RFI
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経済学
エピソード
  • Au Cameroun, le grand flou autour de la production d'or
    2026/01/22

    Alors que le cours de l’or atteint des sommets, le Cameroun peine à tirer profit de sa production aurifère. Le dernier rapport de l’ITIE révèle un écart spectaculaire entre les exportations officiellement déclarées et les chiffres avancés par les pays importateurs, mettant en lumière une filière minière largement opaque.

    22,3 kilos d’or exportés en 2023 : c’est le chiffre communiqué par l’administration camerounaise et repris dans le dernier rapport de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE). Un volume dérisoire comparé aux données du principal pays importateur, les Émirats arabes unis, qui affirment avoir acheté près de 15 tonnes d’or camerounais sur la même période. Un écart qui soulève de sérieuses interrogations sur la production réelle du pays.

    Pour Marc Ummel, responsable Matières premières au sein de l’ONG Swissaid, plusieurs explications se superposent. « Il peut y avoir eu une augmentation de la production d’or au Cameroun. Mais on sait aussi, et cela a été documenté, qu’une partie de l’or de Centrafrique transite en contrebande par l’est du Cameroun avant d’être réexportée vers les Émirats arabes unis. »

    La production officiellement déclarée reste extrêmement faible. « Une grande partie de l’or n’est pas déclarée. Il y a beaucoup de production illégale et un écart très important lié à la contrebande », souligne Marc Ummel.

    De l'or qui s'échappe très rapidement

    S'exprimant sur ce décalage, le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique par intérim, le Pr Fuh Calistus Gentry reconnaît les limites de l’appareil étatique. Il estime que la société nationale des mines, la Sonamines, ne dispose pas des moyens « financiers et technologiques » nécessaires pour assurer un suivi efficace de la production aurifère.

    Ce manque de structuration de la filière aurifère est dénoncé notamment par le chercheur Bareja Youmssi, expert en mines et pétrole à l'université de Bamenda, qui pointe une filière mal structurée. « Notre compagnie nationale minière intervient uniquement en aval, au niveau de la collecte et de la commercialisation. Mais qui s’occupe de l’exploitation ? C’est là que l’or nous échappe. Avec une réelle volonté politique, le Cameroun pourrait produire jusqu’à 20 tonnes d’or par an. », estime-t-il.

    Extrait en grande partie dans l’est du pays, l’or camerounais transite de collecteur en collecteur avant d’être acheminé vers Yaoundé ou Douala. Il est ensuite vendu à des bureaux d’achat et à des sociétés de trading souvent opaques, avant d’être exporté, principalement vers les Émirats arabes unis. « L’or est transporté par des personnes, en bagage à main, jusqu’aux Émirats arabes unis. Une partie est aussi passée par l’Ouganda en 2024 avant d’y être exportée, explique Marc Ummel, il y a un phénomène de contrebande extrêmement important. Il y a vraiment un besoin ou une nécessité que les autorités s'engagent pour lutter contre ce fléau de la contrebande et que cet or soit déclaré pour que l'État en profite ».

    Selon l’ITIE, ces dysfonctionnements auraient entraîné des pertes estimées à 1,8 milliard de francs CFA pour la Sonamines sur la seule année 2023. Face à cette situation, le directeur général de la société d’État a réclamé la fermeture immédiate de tous les sites semi-mécanisés illégaux, jusqu’à leur mise en conformité.

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  • Infrastructures, commerce, emploi: l’Afrique mise sur les corridors intégrés
    2026/01/20

    Construire des écosystèmes économiques durables, développer les industries, les transports et les opportunités d'emploi tout en misant sur la collaboration entre les pays : les projets de corridors intégrés fleurissent sur le continent. Bâtis autour d'axes de circulation, ce sont bien plus que de simples infrastructures destinées à exporter des matières premières, mais plutôt la promesse d'un développement économique qui profite au plus grand nombre.

    De notre envoyée spéciale à Luanda,

    L’autoroute Abidjan-Lagos, qui doit relier sur plus de 1 000 kilomètres cinq mégapoles d’Afrique de l’Ouest, est un exemple des grands projets de corridors qui se multiplient sur le continent. Ces grands travaux ont pour but de stimuler le développement économique et industriel, ainsi que le commerce entre les pays.

    Pour Amine Idriss Adoum, directeur en charge des infrastructures à l’agence de développement de l’Union africaine, cela représente un changement de paradigme : « Aujourd'hui, si vous regardez le commerce transfrontalier ou le commerce intra-africain, c'est à peu près 15 %, ce qui est extrêmement bas par rapport au reste du monde. Pendant longtemps, nous avons fait l'erreur de croire que les projets de transport doivent servir uniquement pour exporter. Nous sommes en train de montrer que la mobilité a un véritable impact économique. »

    La mobilité pour encourager l’intégration nationale, une ambition qui nécessite de la part des pays concernés de gros efforts d’harmonisation des politiques et de gouvernance. C'est même « le principal défi » pour Pedro Pinto, PDG de Dominio Capital, une entreprise liée à la logistique du secteur pétrolier : « La plupart de ces investisseurs craignent que la situation d'un pays donné ne change radicalement d'ici trois, quatre ou cinq ans. »

    Le corridor de Lobito, un modèle

    Avec des objectifs économiques et sociaux multiples, les corridors intégrés sont des projets très ambitieux, qui appellent des investissements massifs. Cette dimension supplémentaire demande le soutien des investisseurs et partenaires. « Ce sont des projets d'éducation, de santé, qui sont plus complexes que faire purement des infrastructures, estime Sergio Oliete, en charge des transports à la Commission européenne. Si on veut faire bien les projets, ils sont plus complexes et plus coûteux. »

    Déjà bien avancé, le corridor de Lobito, qui doit permettre de relier les régions minières de la Zambie et de la RDC à la façade atlantique de l’Angola, est souvent érigé en modèle de ces nouveaux corridors intégrés. Le long de la ligne ferroviaire sont prévus la création de zones économiques spéciales, l’extension de la couverture du réseau mobile ou encore le développement du secteur agricole.

    À lire aussiAngola: les États-Unis accordent un prêt pour moderniser le tronçon angolais du corridor de Lobito

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  • Tchad: Baga Sola, «capitale humanitaire» du Lac, victime du retrait de l’aide
    2026/01/19

    Ces quinze dernières années, la ville de Baga Sola dans la province tchadienne du Lac a connu un essor économique sans précédent avec l’arrivée massive d’organisations humanitaires déployées en réponse aux exactions de Boko Haram. Mais aujourd’hui, sous l’effet conjugué de la multiplication des crises et des baisses des financements occidentaux, les ONG se retirent de la zone, le Lac sombre dans l’oubli de l’aide internationale et Baga Sola périclite.

    De notre envoyé spécial de retour de Baga Sola,

    « Actuellement nous sommes au carrefour, station Cho Cherif », explique Vincent Gouara Lassou, agent de protection pour Handicap International à Baga Sola. Il nous sert de guide aujourd’hui. Ici, c’est le cœur de la ville. Avant « il y avait de l’ambiance. Il y avait des embouteillages tout au long de la route. Les gens mettaient ici des marchandises. Et quand vous regardez avec moi, maintenant tout est quasiment vide, décrit-il. Derrière là, c’était un bureau d’une ONG nationale. Ils ont perdu les financements. C’est pourquoi ils ont quitté ce bâtiment. C’est vraiment la crise. »

    Après 15 ans de crise humanitaire, l’attention se détourne du Lac. Les efforts sont redirigés vers l’Est du Tchad où affluent les réfugiés soudanais. Puis en janvier, la suspension de l’aide américaine est un nouveau coup dur : « Il y a des pères de familles qui se retrouvent à la maison, sans travail, puisqu’ils sont arrivés au terme de leur contrat et avec la rupture des financements ils sont partis. Donc, je me retrouve presque seul. Et cela m’affecte aussi. »

    « Ça nous a vraiment impactés »

    Tous les pans de l’économie sont touchés à Baga Sola. « Même au marché, vous trouvez des commerçants qui se plaignent car ils ne voient plus personne », intervient Vincent Gouara Lassou. Bienvenue Balong est l’un de ces commerçants. Il fournit les ONG en véhicules et carburant. « Auparavant par mois, je vendais au moins 68 000 litres. Mais de nos jours, je n’arrive même pas à vendre 30 000 litres. De 2015-2016 à nos jours, on est descendu à vraiment 35 % du chiffre d’affaires », se plaint-il. La politique de Trump et l’arrêt de nombreux financements ont été un coup dur. « Ça nous a vraiment impactés En janvier, on n’a pas travaillé. En février, on n’a pas travaillé. Jusqu’à mars, il n’y avait rien. Et si ça nous touche, ça touche aussi la population. Elle vit pire que nous », déplore-t-il.

    La population souffre également de l’arrêt des distributions du Programme alimentaire mondial qui a perdu près de la moitié de ses ressources au Tchad par rapport à l’an dernier. L’organisation humanitaire a également fermé son bureau de Baga Sola et cessé d’opérer les vols humanitaires vers la province, accentuant encore son isolement.

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