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Afrique économie

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著者: RFI
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France Médias Monde
経済学
エピソード
  • L'alimentation pour enfant, un marché porteur sur le continent africain
    2026/01/18

    La malnutrition infantile reste très importante sur le continent. Un tiers des enfants de moins de 5 ans souffre de malnutrition chronique, note l’Unicef. Une malnutrition souvent déterminée par la qualité et non la diversité des aliments donnés aux enfants. Ces dernières années, les scandales liés à l’alimentation pour bébé se sont multipliés. Les pratiques de grandes multinationales comme Nestlé sont dénoncées. Dans le même temps, de petites entreprises agro-alimentaires investissent de plus en plus le terrain de l’alimentation pour bébé.

    « Je suis Marie-Ange Ehounou, nutritionniste, diplômée d'État de la petite enfance et maman d'enfants en bas âge. » En 2018, cette jeune mère ivoirienne nourrit son bébé avec des aliments achetés dans le commerce. Elle pense bien faire, mais fait face à une situation inattendue. « J’ai été frustrée, révoltée par le vécu malheureux avec mon fils Kylian. Il a été atteint de malnutrition infantile et a failli mourir », témoigne-t-elle. Elle décide alors de faire une formation de nutritionniste et alimente un blog dédié. La demande d'informations et de produits de qualité est importante.

    Marie-Ange Ehounou se lance ainsi dans l'aventure Pooyou, la production de farine locale à base de produits sourcés et contrôlés. Pooyou compte aujourd'hui une dizaine d'employés, travaille avec une centaine d'agricultrices ivoiriennes et produit un peu plus de 40 000 tonnes de farine par an. Malgré la croissance de son activité, les défis ne manquent pas. « Surtout au niveau de la recherche de financements, explique l’entrepreneuse, parce que pour une start-up comme la mienne, où le marché est existant - il est fiable, il est viable et il croît rapidement -, il faut tout de suite avoir de l'argent pour pouvoir booster l'entreprise. Donc le défi est plus à ce niveau-là ».

    À écouter dans Le Conseil santéL’alimentation idéale pour le nourrisson

    Alimentation pour bébé : un marché de plus d'un milliard d'euros

    En septembre dernier à Cotonou, l'Unicef a lancé l'initiative First Foods Africa. Un de ses objectifs : soutenir une agro-industrie dédiée à l'alimentation pour bébé de qualité. « On veut engager des entreprises locales qui cherchent à améliorer la nutrition des jeunes enfants. Quand on a identifié ce type d'entreprise, nous, on facilite l'investissement », détaille Mauro Brero, spécialiste nutrition de l'UNICEF. Il prend l’exemple des entreprises moyennes « qui n'ont pas un accès très facile aux financements parce qu'elles n'ont pas accès au microcrédit, parce qu'elles sont trop grandes pour le microcrédit ». Elles n'ont pas accès également « aux financements traditionnels par des banques, parce qu'elles ne peuvent pas donner de garanties suffisantes ». « C'est ça qu'on cible aussi », pointe Mauro Brero.

    Un secteur qui ne peut cependant pas avancer sans un appui politique important. « On travaille avec les gouvernements pour améliorer les standards et les politiques régulatrices, parce que c'est important d'avoir un environnement politique qui est favorable à la production locale et au business et en même temps, qui respecte les meilleurs standards », explique encore le spécialiste de l’UNICEF. « Parfois, ce n'est pas facile parce qu'on fait face à un lobbying très fort de certaines entreprises multinationales, mais les gouvernements peuvent aller dans cette direction, concède-t-il. On a la preuve que dans certains pays, c'est en train de marcher. »

    Pouvoir d'achat et prise de conscience des populations créent une demande de plus en plus importante. L’alimentation pour bébé est un secteur porteur. Ce marché, évalué à 600 millions d'euros en 2022, devrait dépasser le milliard cette année.

    À écouter dans Priorité santéQuestions de femmes: la diversification alimentaire chez l’enfant

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  • Avec la mécanisation, la transformation du karité ivoirien rapporte plus aux coopératives
    2026/01/15

    La Côte d’Ivoire est l'un des plus gros producteurs de karité. Selon le Conseil du coton et de l’anacarde désormais en charge de la gestion de la filière karité, plus de 50 000 tonnes ont été produites entre avril et décembre 2025. Mais elle ne transforme localement qu'une part de sa production. À Tafiré, dans le centre-nord du pays, une unité moderne de transformation du karité, installée il y a deux ans par une ONG au profit de deux coopératives féminines, a profondément changé les pratiques. Moins de pénibilité, une production en hausse et des revenus plus réguliers : derrière le beurre de karité, c’est une véritable dynamique d’autonomisation économique qui s’installe.

    Avec notre envoyée spéciale à Tafiré,

    À l’entrée de la commune de Tafiré, l’unité de transformation du karité est en pleine activité. Dans la cour, à l’ombre d’un arbre, une trentaine de femmes, pour la plupart d’âge mûr, s’affairent autour des amandes de karité, fraîchement ramassées en forêt. Assises sur des nattes, elles procèdent au tri, une étape essentielle, explique Yah Coulibaly, membre de la coopérative : « Nous trions les noix de karité pour enlever les mauvaises graines. Si le tri n’est pas bien fait, le beurre ne sera pas de bonne qualité. Quand toutes les femmes sont présentes, on peut trier plus de quinze sacs par jour. »

    Une fois triées, les amandes sont lavées, puis séchées au soleil. Viennent ensuite le concassage, la torréfaction et le broyage, qui permettent d’obtenir une pâte épaisse et rougeâtre. Malgré la présence d’équipements modernes, le moulin reste de capacité limitée. Et lorsque l’électricité fait défaut, les femmes doivent encore battre la pâte à la main.

    Elles sont aujourd’hui plus d’une centaine, issues de deux coopératives, à travailler dans cette unité. Avant son installation, chacune transformait le karité de façon individuelle. Ami Koné, l’une des responsables, mesure le chemin parcouru. « Avant, il fallait au moins quatre à cinq jours pour produire vingt kilos de beurre. Aujourd’hui, avec les moulins, en deux jours, on dépasse les cinq cents kilos. Et on a surtout appris comment bien traiter les amandes », détaille-t-elle.

    À lire aussiTransformation du karité, les femmes engagées malgré la pénibilité

    Des conditions pour développer la production

    Au-delà de la productivité, c’est le quotidien de ces femmes qui est transformé. Pour certaines, le karité est devenu la principale source de revenus. « J’ai cinq enfants. Quatre vont à l’école. C’est avec la vente du beurre de karité que je paie leur scolarité et les fournitures. Je ne fais aucune autre activité à part ça », assure Yélé Koné.

    Le beurre de karité produit dans cette unité est vendu sur place entre 2 000 et 3 000 francs CFA le kilogramme. Mais, malgré ces débouchés, un défi majeur persiste : l’approvisionnement en amandes de karité. En cause, la concurrence croissante sur le marché, explique Minafou Koné, présidente de l’ONG Femmes, Agriculture et Actions en Côte d’Ivoire, la FAACI, à l’origine de l’installation de cette unité de transformation : « Aujourd’hui, des industriels entrent dans la filière et parlent en termes de grandes quantités d’amandes. Forcément, sur le marché, la capacité d’achat de ces femmes diminue. C’est la loi de l’offre et de la demande : les prix des amandes augmentent et elles n’ont plus toujours les moyens d’en acheter suffisamment pour transformer. »

    Aujourd’hui, ces femmes ambitionnent d’exporter le beurre de karité produit à Tafiré. Mais, pour franchir ce cap, plusieurs conditions restent à remplir : sécuriser l’approvisionnement, disposer de davantage de zones de collecte de karité et surtout faire certifier la matière première, un passage obligé pour accéder aux marchés internationaux.

    À lire aussiKarité, quatre pays producteurs ferment leurs exportations d'amandes brutes

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  • L’industrie du parapluie «made in Madagascar» menacée
    2026/01/14

    À Madagascar, la saison des pluies est déjà bien engagée et la capitale subit des précipitations particulièrement intenses cette année. Chapeaux de pluie, imperméables et parapluies sont sans nul doute les accessoires incontournables du moment. Des accessoires qui, fait moins connu, sont encore fabriqués sur l’île. Antananarivo abrite encore une demi-douzaine d’ateliers artisanaux de fabrication de parapluies qui font figure de derniers des mohicans, tant la concurrence des produits importés est rude.

    Avec notre correspondante à Antananarivo,

    C’est dans le quartier de Besarety, niché au fond de la même ruelle depuis sa création en 1987, que se trouve l’atelier de la Maison Rajoely. Ici, une quinzaine d’employés perpétuent un savoir-faire transmis au milieu des années 1980 par une grande maison française de fabrique de parapluies historiquement installée dans le Jura. Madame Saholy a été recrutée dès l’ouverture de l’entreprise. Cet atelier, c’est toute sa vie : « J’ai connu l’âge d’or des années 1990. On avait énormément de travail : des journées de dix heures, jusqu’à mille parapluies fabriqués par jour. C’était comme une fourmilière. Quand je pense à cette période, je ressens beaucoup de nostalgie ».

    À l’époque, l’entreprise familiale exporte massivement vers l’ex-URSS et devient un fournisseur important de la maison de haute couture Pierre Cardin. Mais depuis une vingtaine d’années, la production a fortement chuté, passant à environ 70 pièces par jour. En cause : l’arrivée massive de parapluies bon marché confectionnés à l’étranger. « C'est un peu difficile actuellement compte tenu du fait qu’il y a plusieurs sociétés qui font de l'import de parapluies de mauvaise qualité, surtout pour les revendre ici à Madagascar », explique Tsiry Rakotonirina, le neveu du fondateur qui dirige, aujourd’hui, la Maison Rajoely.

    « Les grandes entreprises existant à Madagascar continuent de nous faire confiance »

    « Nous, on a des salariés, on paie nos taxes. Donc nos produits sont plus chers, ce qui n’est pas tout le temps compréhensible pour les gens, surtout à cause du fait que le pouvoir d’achat des Malgaches diminue beaucoup. Il y a de moins en moins de personnes qui choisissent d’avoir des produits de qualité », regrette le dirigeant. Des produits de qualité, souvent ornés de broderies cousues main. Des petits bijoux sur lesquels Elphine a dû se résoudre à coudre à la main les aiguillettes, ces pièces métalliques qui maintiennent les baleines du parapluie. « La machine qui faisait ça mécaniquement est cassée depuis des années et on ne trouve plus les pièces pour la réparer. Ça me rend triste de voir toutes ces machines allemandes qui faisaient notre fierté aujourd’hui à l’arrêt », témoigne la couturière.

    Malgré tout, la petite entreprise refuse de baisser les bras. « Ce que vous voyez ici, ce sont des parapluies publicitaires. Les grandes entreprises existant à Madagascar continuent de nous faire confiance. C'est ça qui nous permet de survivre actuellement au niveau du marché locale », détaille Tsiry Rakotonirina. L’atelier s’est aussi mis à confectionner des parapluies et des ombrelles personnalisés - des pièces uniques exceptionnelles - mais aussi des bleus de travail, des uniformes. Une diversification devenue indispensable pour compenser la baisse des commandes d’un objet du quotidien, robuste et durable, mais de plus en plus délaissé au profit de modèles bien moins chers.

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