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Afrique économie

Afrique économie

著者: RFI
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概要

Chaque jour sur RFI, vivez la mutation de l'économie africaine. Chefs d'entreprises, décideurs, africains de tous bords et de toute condition témoignent dans Afrique Économie, votre rendez-vous de l'Économie africaine sur RFI.

France Médias Monde
経済学
エピソード
  • Avec la fin du moratoire sur les permis miniers, Madagascar appelle à l'investissement
    2026/02/09

    Le 2 février 2026, les autorités malgaches ont annoncé la levée du moratoire sur les permis miniers, sauf l'or. Ils étaient gelés depuis une quinzaine d'années. À Antananarivo, Akora Ressources a, dans la foulée, été la première entreprise à faire connaître sa demande de permis d'exploitation de minerai de fer. Si les autorités espèrent voir les investissements se multiplier – le secteur extractif représente aujourd'hui déjà la moitié des recettes extérieures de Madagascar –, les défis à la concrétisation des projets restent nombreux.

    « C'est un bon signal. C'est une façon aussi de dire : "Allez-y, allez-y, n'attendez pas les futures élections" », analyse Jean-Jacques Yung. Aujourd'hui consultant minier, il a travaillé plusieurs années sur l'île de Madagascar dans le grand projet de nickel et de cobalt d'Ambatovy. Plusieurs projets majeurs pourraient ainsi aboutir :

    « Il y a aujourd'hui un gros projet avec un investissement qui se rapproche du milliard de dollars, qui est un projet de l'entreprise américaine Energy Fuel. C'est un projet de sables minéralisés, en exploration depuis très longtemps. C'est aujourd'hui le projet le plus important. Il est dans les cartons depuis longtemps. »

    D'autres projets prometteurs dans le graphite portés par des Canadiens, des Australiens ou encore des Chinois, sont en attente, explique Jean-Jacques Young. « Ce ne sont pas des projets extrêmement importants en matière d'investissements. On parle de projets à moins de 100 millions de dollars. Mais ils auront un impact non négligeable sur les rentrées de devises du pays », souligne l'expert.

    Mais pour ce connaisseur, il ne suffit pas d'envoyer un message politique : les freins sur le terrain restent nombreux. Il y a un sujet culturel et local avec le « souci des communautés de protection de leurs activités ». Autre frein majeur : celui du manque d'infrastructures.

    « Tout projet, qu'il soit minier ou autre d'ailleurs, a des soucis en matière d'approvisionnement d'électricité. Les routes sont dans un état pitoyable. Donc très souvent, les opérateurs qui construisent, par exemple, une mine hors des sentiers battus, sont obligés aussi de construire des routes, etc. », témoigne Jean-Jacques Yung. À cela s'ajoute la difficulté pour les entreprises internationales de trouver des ressources humaines qualifiées pour ces secteurs techniques.

    Sur l'île, les acteurs s'interrogent également sur le suivi des projets à venir s'ils venaient à se multiplier. « Nous avons peur parce que nous n'avons que deux bureaux de liaison de l'Office national pour l'environnement (ONE), à Tamatave et à Fort-Dauphin, alors que les mines sont partout à Madagascar. Nous aimerions donc avoir un cadre de collaboration avec l'ONU pour que nous puissions participer activement à l'évaluation environnementale et sociale dans la procédure de délivrance de permis », met en avant Clément Rabenandrasana, coordinateur national de l'organisation de la société civile sur les industries extractives.

    Environ 3 000 demandes de permis sont en attente de traitement par le Bureau du cadastre minier.

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  • Guinée: pourquoi la pénurie de liquidités perdure?
    2026/02/08

    Depuis huit mois, la Guinée fait face à une pénurie persistante de billets de banque. Une situation qui freine l'activité économique et alimente la défiance envers le système bancaire. Malgré un plan de sortie de crise engagé par la Banque centrale et les banques commerciales, la distribution de liquidités reste lente et insuffisante.

    Les retraits de certains montants sont toujours limités en Guinée. Certes, les files d'attente sont moins longues devant les guichets de banque, mais c'est surtout parce que trouver des billets relève désormais du parcours du combattant.

    M'Bany Sidibé, habitant de Conakry et président de l'Union pour la défense des consommateurs, confie : « C'est une crise qui affecte non seulement les banques primaires, mais ça affecte aussi aujourd'hui les transactions électroniques, que ce soit au niveau d'Orange Money, que ce soit Mobile Money, que ce soit Kulu ou que ce soit d'autres entreprises qui font des transactions électroniques. Non seulement, ça participe au ralentissement de l'activité économique, mais aussi, ça crée assez de difficultés au niveau du consommateur. »

    Une crise de confiance durable entre l'État et les acteurs économiques

    Cette crise des liquidités freine les échanges. La perte de confiance des opérateurs économiques à l'égard du système bancaire guinéen constitue le principal carburant de cette pénurie. Pour l'économiste Mohammed Camara, il est impératif de renouer le dialogue avec les acteurs économiques, dont certains préfèrent désormais placer leur argent dans d'autres places financières comme Dakar, Bissau ou Freetown :

    « La difficulté aujourd'hui, c'est que ce cash ne passe plus par le système bancaire. Disons que c'est 10% de Guinéens qui ont un compte en banque. Les autres ont des comptes de monnaie électronique. La difficulté, c'est que les agents économiques sont habitués à faire leurs transactions en cash. Et depuis quelque temps, il y a eu une série de mesures entreprises par les autorités qui ont fait un peu peur aux agents économiques. Parce qu'il y a une crise de confiance entre ces opérateurs économiques et le système financier national. C'est qu'il faut voir la Guinée comme une place financière. Et la place financière doit rassurer. »

    Depuis l'arrivée de la junte militaire au pouvoir, les gels de comptes ciblés se sont multipliés. Les informations bancaires sont plus facilement transmises à la justice et les barrières réglementaires se sont renforcées. Conséquence : de nombreux acteurs économiques ont choisi de se débancariser.

    M'Bany Sidibé réclame le respect des règles fondamentales du secteur bancaire : « Tout le monde a eu peur des banques et nous nous sommes demandés pourquoi. D'abord, il faut une réforme structurelle au niveau de la banque centrale. D'abord, il faut que la protection, le secret bancaire soient respectés et que les acteurs n'interviennent plus lorsqu'ils doivent bloquer le compte bancaire. Que ça soit une décision de justice. »

    La Banque centrale avait, dans un premier temps, expliqué cette crise par une « thésaurisation massive » des billets en circulation, les Guinéens conservant leur cash hors du système bancaire. Mais la mise en circulation de nouveaux billets, en fin d'année dernière, n'a pas permis de régler la situation. Pour de nombreux analystes, la crise est désormais considérée comme structurelle, bien plus que passagère.

    À lire aussiCrise de liquidités en Guinée: «Nous demandons à la Banque centrale que les plafonnements soient levés»

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  • Moins de prêts, projets resserrés: les investissements chinois en Afrique évoluent
    2026/02/05
    Sur cette dernière décennie, d'après une étude de l'Observatoire de la finance du développement, Pékin a perçu plus d'argent du continent africain qu'il n'en a fourni. Les crédits accordés il y a une dizaine d'années arrivent à échéance, ainsi, la Chine est passée du statut de source de financement pour l'Afrique à celui de créancier. En parallèle, elle continue d'investir sur le continent, mais redessine profondément sa relation financière avec ses partenaires africains. En 2024, la Chine a accordé un peu plus de 2 milliards de dollars de prêts à l’Afrique, loin du pic de près de 30 milliards en 2016. Un changement drastique qui ne traduit pas un désengagement de Pékin à l’égard du continent, mais plutôt une évolution de la relation Chine-Afrique. Pour Philippe Aguignier, chercheur à l’Institut Montaigne et enseignant sur l’économie chinoise à l’Inalco, « la Chine a appris de ses expériences passées. Dans les années 2010, c’est peut-être allé trop vite, il n’y avait pas suffisamment d’examen critique de la qualité des projets ». Aujourd’hui, estime-t-il, « il y a un examen beaucoup plus rigoureux et sélectif des projets financés. » « Certains fondamentaux n’ont pas changé » On constate moins d’investissements dans des mégaprojets d’infrastructures, mais plutôt un resserrement vers des projets plus ciblés, dans le transport ou l’énergie. Pékin est aussi plus regardant sur les pays auxquels les crédits sont accordés. « Les vannes étaient ouvertes à partir des années 2010 jusqu’à la fin de la décennie. Mais avec le Covid, beaucoup de pays africains ont rencontré un ralentissement économique et ainsi des difficultés à rembourser. La Chine fait donc beaucoup moins de nouveaux crédits. » Ainsi, en 2024, d'après le Boston University Global Development Policy Center, seuls cinq États africains (Angola, RDC, Égypte, Kenya et Sénégal) ont obtenu des prêts de Pékin. Malgré cette évolution, « il y a certains fondamentaux qui n’ont pas changé », estime Philippe Aguignier. « La Chine finance principalement des projets qui intéressent la Chine : dans le domaine des ressources naturelles en particulier, mais également des projets d’infrastructures pour exporter les matières premières. » À lire aussiLa Chine continue l'accélération historique de ses exportations vers l’Afrique Une perception qui évolue Le partenariat Chine-Afrique évolue, tout comme sa perception par les gouvernements africains. Pour Magaye Gaye, économiste et ancien cadre de la Banque ouest-africaine de développement, « l’enthousiasme des années 2010 a laissé place à une lucidité croissante ». D’après lui, « les populations voient les infrastructures, mais constatent aussi le faible impact sur l’emploi industriel, la transformation locale et la montée en compétence ». Cette évolution du partenariat serait aussi « renforcée par l’arrivée de nouvelles générations politiques africaines, souvent plus jeunes et souverainistes ». Pour l’économiste, « le sentiment dominant n’est pas celui d’un rejet de la Chine, mais plutôt d’une exigence accrue de transparence, de retombées locales et de partenariats plus équilibrés ». En parallèle de cette reconfiguration de la relation Chine-Afrique, les pays africains diversifient leurs partenariats. « De plus en plus d’industriels se tournent vers des pays comme la Turquie, les Émirats arabes unis ou le Maroc », explique Magaye Gaye. À écouter dans La Chronique transportsLa Chine poursuit sa tournée en Afrique, centrée sur l'infrastructure et les partenariats stratégiques L’Afrique, pilier de la politique étrangère chinoise De son côté en revanche, Pékin continue de revendiquer une activité florissante sur le continent. Pour Selma Mihoubi, docteure en géopolitique de Sorbonne Université et spécialiste de l’influence informationnelle de la Chine en Afrique francophone, ces investissements sont même mis en avant dans les médias internationaux contrôlés par les autorités. « Si une entreprise chinoise construit une route au Sénégal ou au Niger, les reportages sur cette entreprise seront présentés comme une action d’aide au développement », mais à l’inverse, poursuit-elle, « il y a très peu de contenus dans les médias chinois qui traitent de l’exploitation de ressources minières sur le continent par des entreprises chinoises. C’est une manière de véhiculer des représentations favorables à la puissance chinoise ». Les médias chinois internationaux, comme la télévision CGTN, sont également utilisés pour contrer le narratif du « piège de la dette africaine », selon lequel certains pays africains seraient en difficulté après des prêts accordés par la Chine. Selon Selma Mihoubi, « il y a souvent du faux fact-checking, des articles qui expliquent qu’en réalité, les...
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