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Afrique économie

Afrique économie

著者: RFI
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概要

Chaque jour sur RFI, vivez la mutation de l'économie africaine. Chefs d'entreprises, décideurs, africains de tous bords et de toute condition témoignent dans Afrique Économie, votre rendez-vous de l'Économie africaine sur RFI.

France Médias Monde
経済学
エピソード
  • Moins de prêts, projets resserrés: les investissements chinois en Afrique évoluent
    2026/02/05
    Sur cette dernière décennie, d'après une étude de l'Observatoire de la finance du développement, Pékin a perçu plus d'argent du continent africain qu'il n'en a fourni. Les crédits accordés il y a une dizaine d'années arrivent à échéance, ainsi, la Chine est passée du statut de source de financement pour l'Afrique à celui de créancier. En parallèle, elle continue d'investir sur le continent, mais redessine profondément sa relation financière avec ses partenaires africains. En 2024, la Chine a accordé un peu plus de 2 milliards de dollars de prêts à l’Afrique, loin du pic de près de 30 milliards en 2016. Un changement drastique qui ne traduit pas un désengagement de Pékin à l’égard du continent, mais plutôt une évolution de la relation Chine-Afrique. Pour Philippe Aguignier, chercheur à l’Institut Montaigne et enseignant sur l’économie chinoise à l’Inalco, « la Chine a appris de ses expériences passées. Dans les années 2010, c’est peut-être allé trop vite, il n’y avait pas suffisamment d’examen critique de la qualité des projets ». Aujourd’hui, estime-t-il, « il y a un examen beaucoup plus rigoureux et sélectif des projets financés. » « Certains fondamentaux n’ont pas changé » On constate moins d’investissements dans des mégaprojets d’infrastructures, mais plutôt un resserrement vers des projets plus ciblés, dans le transport ou l’énergie. Pékin est aussi plus regardant sur les pays auxquels les crédits sont accordés. « Les vannes étaient ouvertes à partir des années 2010 jusqu’à la fin de la décennie. Mais avec le Covid, beaucoup de pays africains ont rencontré un ralentissement économique et ainsi des difficultés à rembourser. La Chine fait donc beaucoup moins de nouveaux crédits. » Ainsi, en 2024, d'après le Boston University Global Development Policy Center, seuls cinq États africains (Angola, RDC, Égypte, Kenya et Sénégal) ont obtenu des prêts de Pékin. Malgré cette évolution, « il y a certains fondamentaux qui n’ont pas changé », estime Philippe Aguignier. « La Chine finance principalement des projets qui intéressent la Chine : dans le domaine des ressources naturelles en particulier, mais également des projets d’infrastructures pour exporter les matières premières. » À lire aussiLa Chine continue l'accélération historique de ses exportations vers l’Afrique Une perception qui évolue Le partenariat Chine-Afrique évolue, tout comme sa perception par les gouvernements africains. Pour Magaye Gaye, économiste et ancien cadre de la Banque ouest-africaine de développement, « l’enthousiasme des années 2010 a laissé place à une lucidité croissante ». D’après lui, « les populations voient les infrastructures, mais constatent aussi le faible impact sur l’emploi industriel, la transformation locale et la montée en compétence ». Cette évolution du partenariat serait aussi « renforcée par l’arrivée de nouvelles générations politiques africaines, souvent plus jeunes et souverainistes ». Pour l’économiste, « le sentiment dominant n’est pas celui d’un rejet de la Chine, mais plutôt d’une exigence accrue de transparence, de retombées locales et de partenariats plus équilibrés ». En parallèle de cette reconfiguration de la relation Chine-Afrique, les pays africains diversifient leurs partenariats. « De plus en plus d’industriels se tournent vers des pays comme la Turquie, les Émirats arabes unis ou le Maroc », explique Magaye Gaye. À écouter dans La Chronique transportsLa Chine poursuit sa tournée en Afrique, centrée sur l'infrastructure et les partenariats stratégiques L’Afrique, pilier de la politique étrangère chinoise De son côté en revanche, Pékin continue de revendiquer une activité florissante sur le continent. Pour Selma Mihoubi, docteure en géopolitique de Sorbonne Université et spécialiste de l’influence informationnelle de la Chine en Afrique francophone, ces investissements sont même mis en avant dans les médias internationaux contrôlés par les autorités. « Si une entreprise chinoise construit une route au Sénégal ou au Niger, les reportages sur cette entreprise seront présentés comme une action d’aide au développement », mais à l’inverse, poursuit-elle, « il y a très peu de contenus dans les médias chinois qui traitent de l’exploitation de ressources minières sur le continent par des entreprises chinoises. C’est une manière de véhiculer des représentations favorables à la puissance chinoise ». Les médias chinois internationaux, comme la télévision CGTN, sont également utilisés pour contrer le narratif du « piège de la dette africaine », selon lequel certains pays africains seraient en difficulté après des prêts accordés par la Chine. Selon Selma Mihoubi, « il y a souvent du faux fact-checking, des articles qui expliquent qu’en réalité, les...
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  • À Madagascar, le textile mise sur le haut de gamme
    2026/02/04
    À Madagascar, plusieurs marques de vêtements haut de gamme ont vu le jour ces dernières années. Un écosystème très dynamique porté par de jeunes créateurs de mode malgaches soucieux de valoriser des matières premières et des savoir-faire locaux. Du design des pièces à leur commercialisation, ces entrepreneurs contrôlent l’essentiel de la chaîne de valeur. Si elles s’adressent dans un premier temps à une clientèle locale, ces marques aspirent à se faire connaître à l’international. Avec notre correspondant à Antananarivo, « Alors, là, je vous présente la chemise Iranja, une chemise en coton local entièrement crochetée à la main », nous présente Alexandra Denage. Elle nous reçoit dans son atelier de confection à Antananarivo. Cette créatrice franco-malgache a lancé il y a deux ans à Madagascar sa marque de prêt-à-porter haut de gamme, Denage, après avoir travaillé pour de grands noms de la mode en Europe. Son modèle économique est basé sur une chaîne de valeur presque 100 % locale, à l’opposé des usines textiles installées en zones franches à Antananarivo, qui produisent pour des enseignes étrangères. « Dans les zones franches, le tissu vient souvent d’Asie et sera déjà coupé ou dessiné, puis l’assemblage se fait ici avant que les pièces ne repartent ailleurs pour être terminées. On se retrouve sur une chaîne de valeur divisée partout dans le monde », explique-t-elle. « À la différence, dans notre atelier pour Denage, le dessin, la découpe, le collage, l’assemblage, tout se fait ici et la pièce est terminée ici », promeut l’entrepreneuse. Elle emploie aujourd’hui six couturières et a aussi lancé un Institut de la Mode et de l'industrie créative (IMIC), pour pallier le manque de formation dans ce secteur à Madagascar. « On confectionne ici pour les plus grandes marques du monde, notamment des grandes marques de luxe, mais on a très peu de marques locales connues », constate-t-elle. L’un des principaux freins, selon elle : les compétences. « Le patronage, par exemple, connaître les proportions, dessiner les pièces, avoir les bonnes mesures par taille... C’est une compétence locale très dure à trouver. On a un besoin de formation professionnelle et de structuration de toute cette chaîne de valeur de la mode », analyse Alexandra Denage. Des volontés de s'exporter Aina Luciana Rasoloarisoa, 31 ans, a créé sa marque Ain'Ampela. Elle produit du coton sauvage dans le sud-est de Madagascar, qui est ensuite travaillé par des tisserandes selon des techniques ancestrales : « On essaye de planter du coton, mais cela prend du temps. Le tissage du coton sauvage, c’est une filière complètement éteinte qu’on tend, en ce moment, à faire renaître. Les femmes tisserandes ont hérité ce savoir-faire de leurs ancêtres, de mère en fille. On va produire peu, mais ça va être de la bonne qualité, ça va durer dans le temps, on ne fait que du sur-mesure. » Pour toucher une clientèle principalement locale pour l’heure, à la fois malgache et expatriée, ces créatrices misent sur les réseaux sociaux et la présentation de leurs collections lors de défilés. Narove Soamamy, fondatrice de la marque Lovatsara.K, voit dans cette dynamique créative et entrepreneuriale une volonté d’affirmation culturelle. « Un créateur, quelle que soit son origine ethnique à Madagascar, peut travailler sur des signes culturels et mettre ça en valeur. Donc, les marques qui se distinguent aujourd'hui, chacune évolue sur son créneau. On arrive à reconnaître les marques par des signes bien distincts », témoigne Narove Soamamy. Une fois qu’elles seront pleinement rentables à Madagascar, ces marques comptent s’exporter sur de grandes places de la mode internationale, en Afrique, au Moyen-Orient ou en Europe. À lire aussiAchète-t-on trop de vêtements?
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  • Les cotonculteurs africains réclament des subventions pour les pesticides
    2026/02/03

    Une quarantaine de cotonculteurs ouest-africains, venus de six pays du continent, se sont réunis pendant trois jours à Dakar. Objectif : mettre en commun les bonnes pratiques et échanger sur les défis partagés par la filière, entre fluctuation des volumes dans un contexte de changement climatique, lutte contre les ravageurs et difficulté de financer les intrants agricoles.

    De notre correspondante à Dakar,

    Autour de la table, des producteurs de coton du Burkina Faso, du Cameroun, du Mali, du Sénégal, du Tchad et du Togo. Du bilan de l’année écoulée ressort un constat commun : entre la pluviométrie erratique liée au changement climatique, l’insécurité dans de nombreuses zones et la pression des parasites, impossible de maintenir un rendement satisfaisant sans appui de l’État.

    Principal plaidoyer de l’Association des producteurs de coton africains (AProCA) : obtenir davantage de soutien financier des pays producteurs. « Il faut que l’État subventionne les intrants, estime Koussouwè Kouroufei, président de la Fédération des groupements de producteurs de coton du Togo et de l’AProCA, surtout les engrais et les pesticides qui sont tellement chers aujourd’hui, surtout avec l’apparition de ce jasside. C’est une augmentation qui n’était même pas dans notre compte d’exploitation, donc, aujourd’hui, si l’État ne fait pas quelque chose, le producteur ne s’en sortira pas ».

    À lire aussiFace à un contexte mondial défavorable, le coton africain en lutte pour sa survie

    Le jasside, un ravageur qui fait exploser les coûts de production

    Le jasside, du nom de cet insecte ravageur apparu en Afrique de l’Ouest début 2020, provoque des dégâts considérables sur le coton. Comme au Cameroun l’année dernière, seul pays où il n’y a pas de subventions aux engrais ou pour l’achat de pesticides. Résultat : un important manque à gagner, comme en témoigne Gilbert Dousselbe, producteur de coton sur 20 hectares au nord du Cameroun : « C’est vrai, la campagne 2024-2025 a beaucoup joué sur le rendement, car on a eu l’attaque des jassides et le produit qu’on a utilisé pour contrôler ces jassides a eu aussi un autre effet, car ça a tellement coûté cher. En plus, les rendements ont baissé, ça a beaucoup joué sur les recettes ».

    Des recettes en baisse, avec une production en recul de plus de 20 %.

    Le Sénégal, une exception grâce à l’appui de l’État

    Il y a cependant une exception dans ce climat morose : le Sénégal, avec une production qui a presque doublé, elle est passée de 12 000 à 20 000 tonnes cette année. La recette ? « C’est la relation entre les producteurs de coton et la société cotonnière, explique Moussa Sabaly, producteur dans la région de Kolda, nous avons eu beaucoup de difficultés mais le gouvernement nous a soutenu et nous avons pu obtenir des intrants de qualité, à bon prix et à bonne date. L’État nous a soutenu sur le prix ».

    Dans un manifeste publié à l’issue de la réunion, les 15 pays membres de l’Association des producteurs de coton africains appellent les États à soutenir une filière particulièrement fragilisée, en facilitant l’accès à des intrants agricoles à des prix abordables et à du matériel de qualité, avec un objectif : produire au moins une tonne par hectare d’ici 2030.

    À lire aussiLes cotonniers africains sur le qui-vive refusent d'être déclassés

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