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Afrique, mémoires d'un continent

Afrique, mémoires d'un continent

著者: RFI
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Afrique, mémoires d'un continent explore l’histoire à travers les siècles et jusqu’à aujourd’hui. Historiens, universitaires et spécialistes expliquent et racontent, sans tabous et à rebours des clichés, comment le passé éclaire le présent. Une émission présentée par Elgas, en collaboration avec Delphine Michaud. Réalisation : Taguy M’Fah Traoré. *** Diffusions vers toutes cibles les dimanches à 08h10 TU et 22h10 TU (Heure de Paris = TU + 2 en été).

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  • Les Ivoiriens face à leurs historiens
    2026/06/12

    Quelle est l’origine des Ivoiriens ? Combien d’ethnies sont recensées en Côte d’Ivoire ? Quelle est l’histoire de la reine Pokou ? Afrique mémoires d’un continent pose ce dimanche ses bagages à Abidjan, plus précisément à la fondation Hampâté Bâ, et propose un échange direct entre deux historiens et six intervenants ivoiriens de tous âges et passionnés d’histoire.

    Avec la participation des historiens ivoiriens Séverin Konin et Chikouna Cissé.

    Tous nos remerciements à la fondation Hampâté Bâ pour son accueil.

    Pour aller plus loin

    Les premières questions portent sur les origines des populations ivoiriennes, la reine Pokou, les ethnies et la notion d’autochtonie. Les historiens expliquent que l’histoire du peuplement de la Côte d’Ivoire résulte de migrations successives très anciennes. Il n’existe donc pas une origine unique des Ivoiriens, mais une superposition de populations venues de différentes régions d’Afrique de l’Ouest. La légende de la reine Pokou illustre ces mouvements migratoires qui ont marqué la formation du peuple baoulé. Les intervenants soulignent également la diversité ethnique du pays, composé officiellement de 63 ethnies, auxquelles s’ajoutent de nombreux sous-groupes.

    Indépendance, crises politiques et rôle de l’historien

    Les intervenants abordent ensuite la question de l’indépendance de la Côte d’Ivoire et les luttes menées contre la domination coloniale. Ils rappellent que l’indépendance de 1960 résulte à la fois de facteurs internationaux et de mobilisations locales, notamment celles du PDCI-RDA et des femmes de Grand-Bassam. Le débat s’étend également à la crise politico-militaire de 2002-2011. Les participants s’interrogent sur la possibilité d’écrire une histoire objective de cette période encore récente et marquée par de fortes divisions. Les historiens insistent sur la nécessité de prendre du recul et de distinguer le travail scientifique des interprétations politiques. Selon eux, l’histoire doit contribuer à la réconciliation nationale plutôt qu’à l’entretien des clivages.

    Transmission de la mémoire et valorisation du patrimoine

    La dernière partie de l’émission porte sur la transmission de la mémoire historique africaine. Plusieurs intervenants regrettent que l’histoire soit souvent perçue comme une simple matière scolaire alors qu’elle constitue un outil essentiel de compréhension de soi et d’émancipation culturelle. Les historiens défendent une histoire accessible au grand public et rappellent l’importance de vulgariser les connaissances produites par l’université. Ils évoquent également les conséquences de la traite négrière, la nécessité de mieux valoriser les sites historiques ivoiriens et le besoin de dépasser certains héritages intellectuels de la colonisation. Enfin, les échanges mettent en lumière le rôle fondamental des traditions orales, de l’archéologie et de la préservation du patrimoine.

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    39 分
  • Amérique latine - Afrique : une mémoire partagée
    2026/06/05

    Quels liens unissent l’Amérique latine et l’Afrique ? Des deux côtés de l’océan Atlantique, s’écrit une histoire commune faite de migrations, d’échanges culturels et d’héritages partagés. De l’arrivée des populations africaines en Amérique aux influences qui marquent encore aujourd’hui des arts comme la musique ou la littérature, nous explorons les racines de cette relation singulière.

    Un voyage entre histoire, mémoire et identité, à la découverte des passerelles qui relient l’Amérique latine au continent africain.

    Avec la participation de :

    • Sarah Quesada, professeure associée d’études des romances, de genre et de sexualité à l’université de Duke aux États-Unis
    • Estefania Bournot, chercheuse en littérature comparée et spécialiste des circulations culturelles entre l’Afrique et l’Amérique latine
    • Mohamed Mbougar Sarr, écrivain sénégalais, lauréat du prix Goncourt en 2021
    • Sami Tchak, écrivain togolais.

    Pour aller plus loin

    La traite transatlantique a profondément façonné l'Amérique latine et l'Afrique et son histoire continue d’influencer leurs sociétés. Léopold Sédar Senghor est présenté comme une figure majeure de ce rapprochement, notamment grâce à ses voyages en Amérique latine dans les années 1970 et à sa volonté de créer des solidarités entre les peuples issus d’une histoire commune.

    La présence africaine en Amérique latine reste souvent méconnue. L’exemple de Veracruz, au Mexique, montre pourtant l’importance du rôle des Africains dans la construction du pays. De même, la ville de Yanga rappelle l’héritage des esclaves rebelles et la contribution des populations afro-descendantes à l’histoire mexicaine.

    Les chercheurs insistent sur la nécessité de dépasser la simple mémoire de l’esclavage pour mettre en valeur les relations vivantes entre l’Afrique et l’Amérique latine. Ils évoquent les réseaux intellectuels, les festivals panafricains, les écrivains, diplomates et artistes qui ont contribué à construire des passerelles entre les deux espaces culturels.

    L’émission s’interroge enfin sur la réalité contemporaine des relations entre l’Afrique et l’Amérique latine. Malgré l’existence de discriminations raciales et le manque de connaissance mutuelle, plusieurs intervenants observent un regain d’intérêt pour les échanges culturels, universitaires et diplomatiques, notamment au Brésil et en Colombie.

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    39 分
  • Lumière sur les «siècles obscurs» : cartographie de l’Afrique médiévale
    2026/05/29

    Le Moyen-Âge africain fascine. Comment vivaient nos ancêtres du VIIè au XVè siècle ? Quel était leur quotidien ? Quelles formations étatiques régissaient les cités avant la colonisation ? Cette période, appelée « siècles obscurs », s’avère être plutôt un âge d’or au sens premier du terme, avec l’essor de royaumes, de génies architecturaux et le commerce du précieux métal.

    Avec la participation de Bertrand Hirsch, historien, professeur des universités Histoire de l’Éthiopie, Histoire de l’Afrique.

    Pour aller plus loin

    L’Afrique médiévale entre le VIIe et le XVe siècle, période longtemps qualifiée de «siècles obscurs », apparaît aujourd’hui comme un âge d’or marqué par l’essor des royaumes, des échanges commerciaux et des réalisations culturelles. L’historien Bertrand Hirsch explique que le terme de « Moyen Âge africain » est une construction historiographique, une expression qui malgré ses limites permet de comparer différentes civilisations et de mieux intégrer l’histoire africaine dans l’histoire mondiale.

    Les sources disponibles pour étudier cette période sont diverses : récits écrits produits en Nubie ou en Éthiopie, textes arabes de géographes et voyageurs, traditions orales et découvertes archéologiques. Les historiens rappellent cependant que ces sources restent fragmentaires et parfois difficiles à interpréter. L’histoire de nombreuses sociétés rurales demeure encore largement inconnue.

    L’expansion de l’islam et les échanges commerciaux

    L’un des phénomènes majeurs du Moyen Âge africain est l’expansion de l’islam à partir du VIIe siècle. Contrairement à certaines idées reçues, cette diffusion s’effectue davantage par les marchands, les savants et les échanges commerciaux que par des conquêtes militaires. Dans plusieurs régions, notamment au Mali, sur la côte swahilie ou en Éthiopie, les élites se convertissent à l’islam afin de faciliter les relations commerciales avec le monde arabe. Toutefois, les populations continuent souvent à pratiquer leurs religions traditionnelles, créant des formes originales de coexistence religieuse.

    Le commerce joue également un rôle essentiel dans le développement des royaumes africains. L’or devient une richesse stratégique très recherchée par le monde islamique et européen. Le pèlerinage de Mansa Moussa à La Mecque en 1324 symbolise cette puissance économique : sa distribution d’or impressionne durablement le monde méditerranéen. Sur la côte swahilie et au Grand Zimbabwe, les échanges avec l’océan Indien favorisent aussi l’essor de villes commerçantes et d’une architecture sophistiquée.

    Des royaumes puissants et une histoire encore à écrire

    Plusieurs grands ensembles politiques africains, comme les royaumes de Nubie, l’Éthiopie chrétienne, l’empire du Mali, le royaume du Congo ou encore le Grand Zimbabwe, possèdent des systèmes politiques complexes, des traditions religieuses variées et parfois des systèmes d’écriture comme le guèze en Éthiopie. L’urbanisation, la construction de mosquées, d’églises ou de cités en pierre témoignent d’un important développement culturel et architectural.

    Enfin, Bertrand Hirsch souligne que l’histoire de l’Afrique médiévale reste encore largement à explorer. De nombreuses régions et populations demeurent peu connues faute de moyens de recherche et d’études archéologiques suffisantes. Le développement des universités et des recherches en Afrique est donc présenté comme une priorité pour mieux comprendre ce passé riche, complexe et longtemps sous-estimé.

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    39 分
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