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Afrique, mémoires d'un continent

Afrique, mémoires d'un continent

著者: RFI
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Afrique, mémoires d'un continent explore l’histoire à travers les siècles et jusqu’à aujourd’hui. Historiens, universitaires et spécialistes expliquent et racontent, sans tabous et à rebours des clichés, comment le passé éclaire le présent. Une émission présentée par Elgas, en collaboration avec Delphine Michaud. Réalisation : Taguy M’Fah Traoré. *** Diffusions vers toutes cibles les dimanches à 08h10 TU et 22h10 TU (Heure de Paris = TU + 2 en été).

France Médias Monde
社会科学
エピソード
  • Togo : le pays Dyè-Boukombom, neuf siècles d’histoire au cœur du bassin de l’Oti
    2026/05/15

    Au nord du Togo, le bassin de l’Oti conserve les traces d’une histoire ancienne faite de migrations, de cohabitations et de rivalités politiques. Des récits fondateurs du pays Dyè-Boukombom (Ngangam) aux bouleversements des XVIIIe et XIXe siècles, l’émission explore la mémoire longue de cette région au carrefour de plusieurs mondes ouest-africains.

    Avec la participation de Ilaboti Dipo, historien, enseignant-chercheur à l'Université de Kara au Togo, auteur de L’histoire de ceux qu’on appelle les Ngangam des origines à 1890 (éd. L'Harmattan Togo).

    Pour aller plus loin

    Au nord du Togo, le bassin de l’Oti – aussi appelé Penjari – apparaît comme un vaste espace de circulation entre le Ghana, le Bénin et les anciens royaumes de la boucle voltaïque. Entre le Xe et le XIXe siècle, cette région fertile devient une terre de rencontres, d’échanges et de migrations où cohabitent plusieurs peuples de langues gour. Le pays Dyè-Boukombom, également désigné sous le nom de pays Ngangam, se construit progressivement autour de récits fondateurs, de traditions orales et d’une organisation sociale profondément liée au territoire et aux ancêtres.

    Les vestiges archéologiques, les anciens sites d’habitat et les récits transmis de génération en génération témoignent d’une histoire ancienne et complexe. Certains groupes se revendiquent autochtones et racontent que leurs ancêtres seraient sortis de la terre elle-même, tandis que d’autres sont arrivés au fil des siècles, poussés par les guerres, les sécheresses ou la recherche de terres plus fertiles.

    Des sociétés organisées autour du lignage et de la terre

    Dans le pays Dyè-Boukombom, la famille élargie et le lignage constituent les fondements de la vie sociale et politique. Le pouvoir repose sur les anciens et les maîtres de la terre, chargés des rites, des cérémonies et de la protection symbolique du territoire. Malgré la diversité des populations, une coexistence relativement pacifique s’installe durablement entre groupes autochtones et migrants, chacun participant aux activités collectives, aux cultes et aux conseils de la communauté.

    Le bassin de l’Oti devient ainsi une zone cosmopolite, traversée par des commerçants, des caravanes et des populations venues des régions voisines. Cette dynamique migratoire contribue à façonner les identités locales et les équilibres politiques de la région.

    L’arrivée des Anufo et les bouleversements du XIXe siècle

    À la fin du XVIIIe siècle, l’arrivée des Anufo venus de la région de l’Anno, dans l’actuelle Côte d’Ivoire, marque un tournant majeur. Armés de fusils obtenus grâce aux réseaux commerciaux liés à la traite négrière, ils imposent progressivement leur domination sur les populations du bassin de l’Oti. Razzias, tributs et conquêtes militaires transforment en profondeur les rapports de pouvoir dans la région.

    C’est également dans ce contexte qu’apparaît l’ethnonyme « Ngangam », un terme extérieur aux connotations parfois péjoratives, qui finira néanmoins par s’imposer pour désigner l’ensemble des populations du pays Dyè-Boukombom. Cette histoire de migrations, de domination et de recompositions politiques éclaire autrement le passé du nord du Togo, bien avant l’arrivée de la colonisation européenne à la fin du XIXe siècle.

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    39 分
  • Des comptoirs aux urnes, l’histoire politique de la Guinée-Bissau
    2026/05/08

    Au XVe siècle, les navigateurs portugais installent des comptoirs sur la côte de la Guinée-Bissau et intègrent la région aux circuits du commerce transatlantique. Sans cesse contestée par les résistances locales, la présence coloniale tient bon jusque dans les années 1960 et la création du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert, mené par Amilcar Cabral et qui engage une guerre de libération organisée. L’indépendance de la Guinée-Bissau est proclamée en 1973.

    Avec la participation de Ferhat Méchouèk, docteur en ethnologie et en sociologie, auteur du livre Le pouvoir politique en Guinée-Bissau, du XVe au XXIe siècle (éd. Présence africaine).

    Pour aller plus loin

    La mémoire d'un continent propose une exploration dans la longue histoire de la Guinée-Bissau, petit État d’Afrique de l’Ouest au carrefour des mondes atlantiques. Depuis l’arrivée des Portugais au XVe siècle jusqu’aux instabilités contemporaines, ce parcours historique retrace les grandes séquences politiques qui ont façonné le pays.

    Les premiers contacts entre les navigateurs portugais et les sociétés de la côte guinéenne s’inscrivent dans le contexte des explorations atlantiques et de l’essor du commerce esclavagiste. Très tôt liée au Cap-Vert, la Guinée portugaise devient un espace stratégique pour l’Empire portugais, où émergent des comptoirs commerciaux et une élite métissée jouant un rôle central dans les échanges et l’administration coloniale.

    Comptoirs, commerce et ordre colonial

    À travers des figures comme Bibiana Vaz de França, se dessinent les trajectoires de certaines élites créoles qui participent à l’essor économique tout en contestant parfois l’autorité portugaise. Le récit éclaire aussi la manière dont se construit progressivement l’État colonial : administration indirecte, recours aux chefs locaux, fiscalité, travail forcé et campagnes militaires dites de « pacification ».

    Ferhat Méchouèk analyse également les profondes recompositions sociales produites par la colonisation dans un territoire marqué par une grande diversité de groupes sociaux – Balante, Papel, Fula, Manding ou Manjac. La domination coloniale repose autant sur les intérêts commerciaux que sur des stratégies de division et de contrôle du territoire.

    Le PAIGC et la lutte pour l’indépendance

    L’émergence d’une conscience anticoloniale prend forme dans les milieux intellectuels capverdiens et bissau-guinéens. Des mouvements culturels aux réseaux étudiants de Lisbonne, une nouvelle génération politisée commence à penser l’émancipation des colonies portugaises.

    La figure d’Amílcar Cabral occupe une place centrale dans cette histoire. Fondateur du PAIGC, le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert, il structure la lutte contre le pouvoir colonial portugais et théorise une mobilisation populaire articulée à la lutte armée. Le massacre des dockers de Pidjiguiti en 1959 marque un tournant décisif dans cette trajectoire.

    Héritages politiques et instabilité contemporaine

    L’entretien interroge enfin les continuités entre l’histoire coloniale, les fractures issues de la guerre de libération et les crises politiques qui traversent la Guinée-Bissau depuis l’indépendance. Rivalités internes au PAIGC, tensions entre civils et militaires, coups d’État et conflits autour de l’exercice du pouvoir constituent autant d’éléments qui éclairent les fragilités persistantes de l’État bissau-guinéen.

    Plusieurs siècles d’histoire politique se déploient ainsi entre logiques impériales, dynamiques sociales locales et construction difficile d’un État indépendant.

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    39 分
  • Bob Denard et les Affreux : les mercenaires de la Françafrique
    2026/05/01

    Mercenaire français devenu figure emblématique des opérations clandestines en Afrique, Bob Denard a marqué de son empreinte l’histoire politique de l’Afrique postcoloniale en participant à plusieurs coups d’État entre les années 1960 et 1990. Du Congo aux Comores, son parcours s’inscrit dans le contexte des indépendances africaines et des rivalités de la guerre froide.

    À ses côtés, les « Affreux », ces mercenaires occidentaux engagés dans différents conflits, soldats de l’ombre engagés dans les luttes de pouvoir, ont joué un rôle souvent discret mais déterminant. Qui étaient-ils vraiment ? Qui finançait ces opérations et quels intérêts servaient-elles ?

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    39 分
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