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Afrique, mémoires d'un continent

Afrique, mémoires d'un continent

著者: RFI
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Afrique, mémoires d'un continent explore l’histoire à travers les siècles et jusqu’à aujourd’hui. Historiens, universitaires et spécialistes expliquent et racontent, sans tabous et à rebours des clichés, comment le passé éclaire le présent. Une émission présentée par Elgas, en collaboration avec Delphine Michaud. Réalisation : Taguy M’Fah Traoré. *** Diffusions vers toutes cibles les dimanches à 08h10 TU et 22h10 TU (Heure de Paris = TU + 2 en été).

France Médias Monde
社会科学
エピソード
  • Paroles d'aînés: l'Afrique en quatre dates selon Marie-Roger Biloa
    2026/07/24

    Afrique mémoires d'un continent donne la parole aux aînés, femmes et hommes, aux savoirs précieux, pour qu'ils nous racontent l'histoire de l'Afrique et le rapport qu'ils entretiennent avec le continent. Ces grandes voix du continent reviennent sur quatre séquences de leur choix, quatre moments cruciaux qui les ont marqués, travaillés, inspirés.

    Avec la journaliste camerounaise Marie-Roger Biloa.

    Selon la journaliste Marie-Roger Biloa, il est plus que nécessaire de mieux enseigner l’histoire africaine, longtemps occultée ou racontée par d’autres. Elle souligne également le rôle essentiel des femmes dans l’histoire, souvent minimisé malgré leur contribution décisive à la résistance, à la gouvernance et aux luttes pour l’indépendance. Elle cite notamment la reine Nzinga d’Angola, qui résista pendant plus de quarante ans aux Portugais et symbolise le courage, le leadership et la défense de la souveraineté africaine.

    Marie-Roger Biloa revient aussi sur l’apartheid en Afrique du Sud, qui a profondément marqué sa génération et renforcé le sentiment d’appartenance à une communauté africaine. Elle rappelle la solidarité des États africains contre ce régime et rend hommage aux nombreuses personnalités, parfois oubliées, qui ont participé à cette lutte. Elle aborde également la guerre du Biafra, conflit qui révéla les divisions politiques et ethniques du Nigeria ainsi que les interventions des puissances étrangères. Enfin, quatrième date marquante selon elle, le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994. Ayant couvert cette période en tant que journaliste, elle estime que le traitement médiatique et politique de ce drame reste sujet à débat.

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    39 分
  • David Diop : avec son héros Bilal Seck, 3 500 ans d'histoire du Sénégal à l'Égypte antique
    2026/07/31

    Dans Où s'adosse le ciel, l’auteur David Diop ne déroge pas à sa belle tradition de confesser l’histoire. À travers le voyage du griot Bilal Seck, son héros, de retour de La Mecque à la fin du XIXᵉ siècle, le récit fait dialoguer le Sénégal et l'Égypte ancienne. Le roman invité à réfléchir sur la transmission, l’exil et la quête des origines.

    Avec l’écrivain David Diop, auteur de Où s’adosse le ciel (éd. Julliard) et professeur de littérature à l’université de Pau.

    Pour aller plus loin

    Le roman Où s’adosse le ciel ? de David Diop mêle fiction, histoire et mémoire africaine. L’auteur, écrivain franco-sénégalais et professeur de littérature, nourrit son œuvre d’une profonde passion pour l’histoire qui lui vient notamment de son adolescence à Dakar et de son enseignante d’histoire.

    Il cite également l’influence majeure de Cheikh Anta Diop, dont les travaux ont contribué à réinscrire l’Égypte ancienne dans son contexte africain.

    David Diop explique qu’il utilise une documentation historique importante, mais qu’il préfère ensuite « oublier » les détails pour laisser place aux émotions des personnages, une méthode qu'il appelle la « mémoire affective » et qui permet de transformer les faits historiques en matière romanesque.

    Son héros, Bilal Seck, est présenté comme le 72ᵉ passeur d’une mémoire transmise de génération en génération.

    Le voyage de Bilal Seck

    L’histoire commence au Sénégal, à la fin du XIXᵉ siècle, dans le contexte de la colonisation française.

    Bilal Seck appartient à une famille de griots et possède un rôle essentiel de gardien et de transmetteur de la mémoire.

    Il entreprend un pèlerinage à La Mecque avec Yérim Tchao, un homme issu de la noblesse avec lequel il a grandi.

    Malgré leur amitié, les différences sociales et les préjugés liés à la « pureté du sang » finissent par provoquer une rupture entre eux.

    En 1893, une importante épidémie de choléra frappe les pèlerins et fait environ 30 000 victimes en un mois.

    Abandonné à Djeddah, Bilal doit alors entreprendre seul son retour vers l’Afrique, souvent à pied et en travaillant pour financer son voyage.

    Son périple le conduit notamment par la péninsule Arabique, l’Égypte et Djenné, avant son retour au Sénégal.

    L’Égypte, les origines et la transmission

    En Égypte, Bilal cherche à comprendre les récits qui relient les peuples sénégalais à l’Égypte antique.

    David Diop s’appuie sur des traditions orales rapportant plusieurs migrations anciennes depuis l’Égypte vers l’Afrique de l’Ouest.

    Le roman interroge ainsi les liens entre histoire écrite, traditions orales et mythes des origines. La figure du griot y occupe une place centrale. À travers Bilal et ses descendants, la transmission devient un véritable flambeau qui doit passer d’une génération à l’autre.

    Le roman pose enfin une question politique majeure : comment raconter l’histoire de l’Afrique sans la réduire aux récits construits par la colonisation ?

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    39 分
  • L'histoire de Boko Haram : racines, expansion et divisions
    2026/08/28

    Né en 2002 dans le nord-est du Nigeria sous l'impulsion de Mohamed Yusuf, Boko Haram s'est développé dans un contexte de profondes inégalités sociales, de fragilité économique et de tensions religieuses. Radicalisé à partir de 2009, le mouvement jihadiste a plongé la région dans une insurrection marquée par des massacres, des attentats et des enlèvements de masse, avec l'objectif d'imposer un État fondé sur une interprétation rigoriste de la charia.

    Malgré les offensives militaires, les scissions et l'émergence de groupes rivaux, Boko Haram continue de déstabiliser le bassin du lac Tchad. Comment expliquer la résilience de cette organisation plus de vingt ans après sa création ?

    Avec la participation de Vincent Foucher, historien et chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

    Pour aller plus loin

    Groupe djihadiste apparu dans le nord-est du Nigeria, l'organisation Boko Haram s’inscrit dans une histoire ancienne marquée par les différences religieuses, politiques et sociales entre les régions du Nigeria.

    Dans les années 1970 à 1990, les courants salafistes et wahhabites gagnent progressivement en influence et un certain

    Mohamed Yusuf, influencé par le prédicateur salafiste Ja’afar Mahmud Adam, devient un orateur particulièrement populaire. Il critique les élites musulmanes jugées trop proches du pouvoir et développe un mouvement religieux de plus en plus radical.

    De la radicalisation aux violences de masse

    Au début des années 2000, Yusuf se rapproche progressivement du djihadisme. En juillet 2009, des affrontements opposent les partisans de Yusuf aux autorités nigérianes, provoquant plusieurs centaines de morts. Mohamed Yusuf est arrêté puis exécuté par la police, ce qui accélère la transformation du mouvement en organisation armée. Abubakar Shekau prend alors la direction du groupe et lance une campagne de vengeance contre les policiers, les responsables locaux et les opposants. Entre 2010 et 2013, Boko Haram développe un terrorisme urbain marqué par les attentats-suicides et les attaques contre les églises.

    Le groupe s'étend au-delà du Nigeria, notamment au Cameroun, au Niger et au Tchad, grâce aux liens sociaux et commerciaux transfrontaliers.

    Les combattants associent convictions religieuses, volonté de créer une société jugée plus juste et intérêts matériels liés au pillage et aux extorsions. Les massacres de Baga, Bama et d'autres localités deviennent particulièrement meurtriers en 2013-2015, tandis que l'enlèvement des lycéennes de Chibok en 2014 internationalise le conflit.

    La scission

    Une divergence importante apparaît autour du traitement des civils, Shekau considère même certains musulmans comme des « infidèles » lorsqu'ils ne soutiennent pas son mouvement.

    Cette doctrine provoque des dissidences, notamment la création d'Ansaru, puis rapproche certains dirigeants de Boko Haram de l'État islamique. En 2015, Shekau prête finalement allégeance à l'État islamique, mais refuse ensuite d'appliquer pleinement ses directives. L'année suivante, une faction dirigée notamment par Abou Moussab al-Barnawi

    se sépare et forme l'ISWAP qui privilégie une organisation plus structurée et limite les attaques contre les civils musulmans.

    Depuis la mort de Shekau en 2021, les deux factions continuent d'exister.

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    39 分
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