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Afrique, mémoires d'un continent

Afrique, mémoires d'un continent

著者: RFI
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このコンテンツについて

Afrique, mémoires d'un continent explore l’histoire à travers les siècles et jusqu’à aujourd’hui. Historiens, universitaires et spécialistes expliquent et racontent, sans tabous et à rebours des clichés, comment le passé éclaire le présent. Une émission présentée par Elgas, en collaboration avec Delphine Michaud. Réalisation : Taguy M’Fah Traoré. *** Diffusions vers toutes cibles les dimanches à 08h10 TU et 22h10 TU (Heure de Paris = TU + 1 en hiver).

France Médias Monde
社会科学
エピソード
  • Noirs d’Europe : cinq siècles de présence et d’histoire
    2026/01/16

    Avec son invité, l’historien Dieudonné Gnammancou, Elgas retrace les courants qui ont dispersé les Africains dans le monde, et plus particulièrement en Europe, pour former cette diaspora noire dont le profil démographique évolue à travers les siècles. Les représentations, œuvres d’art, pièces de monnaie, vases, entres autres, témoignent d’une histoire longue. Les Égyptiens furent ainsi les premiers peuples africains à entretenir des relations avec les Grecs, avec des influences mutuelles.

    Au fil du temps, cette présence se fera aussi par les soldats, dans l’expansion musulmane en Espagne et sa péninsule ibérique dès le VIIème siècle. Et voici donc ouverts les chemins que les traites et l’esclavage agrandiront.

    Avec la participation de l’historien Dieudonné Gnammankou, enseignant à l’Université Abomey-Calavi au Bénin et auteur de « Abraham Hanibal: l'aïeul noir de Pouchkine » (éd. Présence africaine).

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    Une présence africaine ancienne et continue en Europe

    L’émission retrace l’histoire longue et méconnue de la présence africaine et noire en Europe, bien antérieure à l’esclavage moderne. Dès l’Antiquité, des Africains sont attestés en Grèce, notamment à partir du XIIIè siècle avant Jésus-Christ. Des œuvres d’art, des textes littéraires et des vestiges archéologiques témoignent de liens étroits entre l’Égypte antique, l’Éthiopie et le monde grec. Ces relations reposaient sur des échanges intellectuels, religieux, militaires et commerciaux, favorisant des circulations humaines et culturelles durables. Des auteurs comme Homère ou Hérodote évoquent cette présence, reconnue et intégrée dans les sociétés antiques, avec des phénomènes de métissage et des rôles sociaux variés.

    Des rôles multiples : soldats, savants et figures de pouvoir

    Au fil des siècles, les Africains en Europe ont occupé des fonctions diverses : soldats lors des guerres antiques et médiévales, intellectuels, artistes, religieux et dirigeants. L’expansion arabo-musulmane à partir du VIIè siècle accélère cette dynamique, notamment en Espagne et en Méditerranée, où des milliers de soldats africains s’installent durablement. Des figures majeures émergent, comme Ziryab à Cordoue ou Juan Latino à Grenade, mais aussi des papes africains, des empereurs romains et des penseurs influents. Cette réalité contredit l’idée réductrice selon laquelle toute présence noire en Europe serait exclusivement liée à l’esclavage.

    Esclavage, diaspora et mémoire contemporaine

    À partir du XVè siècle, la traite négrière atlantique marque un tournant majeur et transforme profondément le regard européen sur l’Afrique et les Africains. Si l’esclavage explique une partie des flux, il ne résume pas l’histoire des diasporas africaines en Europe. Des relations diplomatiques, éducatives et politiques persistent, comme l’illustrent les parcours d’élites africaines envoyées dans les cours européennes.

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    39 分
  • Au Sénégal, passions et désamours au sommet de l’État
    2026/01/09

    Si le Sénégal a réussi à se mettre sur orbite démocratiquement, la jeune république a régulièrement marché sur des braises pendant des séquences douloureuses, éprouvantes et répétées. Au cœur de ce cheminement, les rivalités marquées et emblématiques entre ses hommes politiques, et notamment dans ses couples exécutifs. Président et Premier ministre, unis par les passions, vivant l’idylle avant, presque inéluctablement, le divorce.

    De l’éclatement de la fédération du Mali au duo actuel au pouvoir, sans oublier la fracassante crise entre Mamadou Dia et Léopold Sédar Senghor, celle entre Abdoulaye Wade et ses héritiers malmenés, récit d’une histoire politique sénégalaise.

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    Une démocratie façonnée par les tempêtes

    Le Sénégal apparaît aujourd’hui comme une vitrine démocratique en Afrique de l’Ouest, mais cette stabilité est le fruit d’une histoire longue, heurtée et souvent conflictuelle. Depuis l’indépendance, le pays a traversé des cycles répétés de crises politiques, marqués par des tensions au sommet de l’État. Ces crises opposent régulièrement des hommes que tout semblait unir au départ : compagnonnage politique, idéaux communs, luttes partagées. La jeune République a ainsi souvent avancé sur des braises, entre accalmies et ruptures brutales.

    Les divorces fondateurs du pouvoir sénégalais

    Dès la Fédération du Mali (1959–1960), les rivalités éclatent entre Senghor, Modibo Keïta et Mamadou Dia, aboutissant à l’éclatement du projet fédéral. Au Sénégal indépendant, le tandem Senghor–Dia incarne l’espoir avant de sombrer dans une crise majeure en 1962, conclue par l’emprisonnement de Dia et l’instauration d’un régime présidentiel fort. Ce premier divorce fonde un modèle qui se répétera : primauté du chef, instrumentalisation de la justice, et marginalisation des anciens alliés. Les décennies suivantes, sous Abdou Diouf, connaissent moins de conflits au sommet, mais laissent mûrir un désir de changement.

    Alternances, répétitions et malédiction du tandem

    L’alternance de 2000 avec Abdoulaye Wade relance le cycle des passions et des ruptures : limogeages successifs de Premiers ministres, disgrâces politiques, emprisonnements et querelles personnelles. Macky Sall, lui-même ancien allié devenu adversaire, reproduit ce schéma une fois au pouvoir, avec plusieurs divorces exécutifs. En 2024, l’arrivée du tandem Bassirou Diomaye Faye–Ousmane Sonko ouvre une nouvelle page, nourrie par l’espoir populaire.

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    39 分
  • Cultes préislamiques du Mali: l’exemple du Nya minianka
    2026/01/02

    Afrique mémoires d’un continent explore ce dimanche la société d’initiation Nya, pratiquée chez les Minianka au Mali et destinée à maintenir l’harmonie collective. Bénédictions pour la pluie, la maternité, la protection contre les maladies, fusion avec des esprits… Les cultes sont incontournables dans l’identité d’un peuple. L’arrivée de l’Islam a-t-elle eu un impact sur ces savoirs transmis de génération en génération ?

    Avec la participation de Jean-Paul Colleyn, anthropologue et cinéaste, directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS) à Paris et professeur à l'université de New York

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    Le Nya et la société minyanka : une force spirituelle vivante

    L'émission nous plonge au Mali, au cœur de la société minyanka, pour explorer le Nya, un culte de possession et une société d’initiation centrale dans l’organisation sociale et spirituelle. Le Nya est une force spirituelle et une pratique coutumière ancestrale, associée à des rituels de possession, de protection, de fertilité et de lutte contre la maladie ou la sorcellerie. Contrairement aux visions coloniales il constitue, loin d’un simple « fétiche », un véritable art de vivre, un lien au monde et à l’ordre social, structuré par la transmission du savoir entre anciens et cadets. Le culte demeure actif dans plusieurs centaines de villages, malgré les transformations contemporaines.

    Déconstruction de l’ethnologie coloniale et des identités figées

    Jean-Paul Colleyn critique l’ethnologie coloniale qui a figé les sociétés africaines dans des catégories ethniques artificielles. Il rappelle que les « ethnies » sont souvent des constructions extérieures et que les identités sont en réalité fluides, issues de mélanges, de migrations et d’emprunts culturels. Cette approche remet en cause les visions essentialistes et hiérarchisées héritées de la colonisation.

    Nya, islam et transformations contemporaines

    Les cultes de possession comme le Nya n’ont jamais été totalement opposés à l’islam. Celui-ci s’est diffusé au Mali par des voies multiples, parfois pacifiques, parfois violentes, mais a souvent coexisté avec les cultes de possession. Loin d’une opposition frontale, des formes de syncrétisme se sont développées, intégrant des éléments islamiques dans les pratiques traditionnelles. Aujourd’hui, ces cultes sont moins menacés de disparition que de transformation, confrontés aux mutations sociales, à l’urbanisation et au désengagement partiel des jeunes générations, tout en restant des repères symboliques essentiels.

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    39 分
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