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Afrique, mémoires d'un continent

Afrique, mémoires d'un continent

著者: RFI
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Afrique, mémoires d'un continent explore l’histoire à travers les siècles et jusqu’à aujourd’hui. Historiens, universitaires et spécialistes expliquent et racontent, sans tabous et à rebours des clichés, comment le passé éclaire le présent. Une émission présentée par Elgas, en collaboration avec Delphine Michaud. Réalisation : Taguy M’Fah Traoré. *** Diffusions vers toutes cibles les dimanches à 08h10 TU et 22h10 TU (Heure de Paris = TU + 2 en été).

France Médias Monde
社会科学
エピソード
  • L'histoire de Boko Haram : racines, expansion et divisions
    2026/08/28

    Né en 2002 dans le nord-est du Nigeria sous l'impulsion de Mohamed Yusuf, Boko Haram s'est développé dans un contexte de profondes inégalités sociales, de fragilité économique et de tensions religieuses. Radicalisé à partir de 2009, le mouvement jihadiste a plongé la région dans une insurrection marquée par des massacres, des attentats et des enlèvements de masse, avec l'objectif d'imposer un État fondé sur une interprétation rigoriste de la charia.

    Malgré les offensives militaires, les scissions et l'émergence de groupes rivaux, Boko Haram continue de déstabiliser le bassin du lac Tchad. Comment expliquer la résilience de cette organisation plus de vingt ans après sa création ?

    Avec la participation de Vincent Foucher, historien et chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

    Pour aller plus loin

    Groupe djihadiste apparu dans le nord-est du Nigeria, l'organisation Boko Haram s’inscrit dans une histoire ancienne marquée par les différences religieuses, politiques et sociales entre les régions du Nigeria.

    Dans les années 1970 à 1990, les courants salafistes et wahhabites gagnent progressivement en influence et un certain

    Mohamed Yusuf, influencé par le prédicateur salafiste Ja’afar Mahmud Adam, devient un orateur particulièrement populaire. Il critique les élites musulmanes jugées trop proches du pouvoir et développe un mouvement religieux de plus en plus radical.

    De la radicalisation aux violences de masse

    Au début des années 2000, Yusuf se rapproche progressivement du djihadisme. En juillet 2009, des affrontements opposent les partisans de Yusuf aux autorités nigérianes, provoquant plusieurs centaines de morts. Mohamed Yusuf est arrêté puis exécuté par la police, ce qui accélère la transformation du mouvement en organisation armée. Abubakar Shekau prend alors la direction du groupe et lance une campagne de vengeance contre les policiers, les responsables locaux et les opposants. Entre 2010 et 2013, Boko Haram développe un terrorisme urbain marqué par les attentats-suicides et les attaques contre les églises.

    Le groupe s'étend au-delà du Nigeria, notamment au Cameroun, au Niger et au Tchad, grâce aux liens sociaux et commerciaux transfrontaliers.

    Les combattants associent convictions religieuses, volonté de créer une société jugée plus juste et intérêts matériels liés au pillage et aux extorsions. Les massacres de Baga, Bama et d'autres localités deviennent particulièrement meurtriers en 2013-2015, tandis que l'enlèvement des lycéennes de Chibok en 2014 internationalise le conflit.

    La scission

    Une divergence importante apparaît autour du traitement des civils, Shekau considère même certains musulmans comme des « infidèles » lorsqu'ils ne soutiennent pas son mouvement.

    Cette doctrine provoque des dissidences, notamment la création d'Ansaru, puis rapproche certains dirigeants de Boko Haram de l'État islamique. En 2015, Shekau prête finalement allégeance à l'État islamique, mais refuse ensuite d'appliquer pleinement ses directives. L'année suivante, une faction dirigée notamment par Abou Moussab al-Barnawi

    se sépare et forme l'ISWAP qui privilégie une organisation plus structurée et limite les attaques contre les civils musulmans.

    Depuis la mort de Shekau en 2021, les deux factions continuent d'exister.

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  • Anjanamasina : une histoire coloniale de la folie à Madagascar
    2026/09/04

    Dans son ouvrage, l’historien Raphaël Gallien revient sur une découverte archivistique majeure effectuée en 2019 : celle des archives et des dossiers relatifs aux personnes internées à Anjanamasina, considéré comme le premier établissement psychiatrique créé par l’administration coloniale française à Madagascar. Cette découverte apporte un éclairage nouveau sur l’histoire de la psychiatrie dans le contexte colonial ainsi que sur les pratiques d’internement mises en place dans l’île Rouge.

    Avec l’historien Raphaël Gallien, chargé de recherche au CNRS et auteur de À en perdre la raison : Folies et colonisation à Madagascar (éd. La Découverte).

    Pour aller plus loin

    Ouvert en 1912, l’asile psychiatrique d’Anjanamasina à Madagascar constitue le premier établissement de ce type dans l’Empire colonial français.

    L’asile devient un véritable laboratoire des politiques coloniales de santé, marquées par de fortes inégalités sociales et raciales. Son architecture reflète cette hiérarchie : les Européens disposent de pavillons plus confortables, tandis que les Malgaches sont placés dans des bâtiments plus éloignés et souvent surpeuplés.

    Notre invité l’historien Raphaël Gallien s’appuie sur près de 1 500 dossiers d’internés pour étudier cette histoire.

    Ces archives, longtemps reléguées dans un pavillon, ont été classées et numérisées afin d’être conservées.

    Elles permettent de découvrir les parcours individuels, les diagnostics, mais aussi les effets de la colonisation sur les personnes internées.

    La folie comme expression des tensions sociales et coloniales

    Les dossiers montrent que les délires des patients sont souvent liés à leur histoire personnelle et aux bouleversements provoqués par la colonisation. Les anciennes hiérarchies malgaches, notamment les lignages et les références à la royauté, restent très présentes dans les discours des internés. Certains utilisent ainsi la folie pour réaffirmer une origine prestigieuse ou contester leur déclassement social.

    La folie peut aussi parfois constituer une forme de résistance à l’ordre colonial.

    1947, la révolte et les traces de la décolonisation

    La révolte malgache de 1947 constitue un moment essentiel de l’histoire de l’asile et de la colonisation. La répression provoque des milliers de morts, des arrestations, des détentions et des traumatismes durables. Certains internés ont été torturés et arrivent à l’asile profondément détruits psychologiquement. La peur et les rumeurs liées à l’insurrection continuent également à influencer les comportements plusieurs années après les événements.

    Raphaël Gallien rappelle aussi que la société malgache possédait ses propres manières de comprendre et de prendre en charge la folie avant l’arrivée de la psychiatrie occidentale. La folie pouvait être associée à la religion, à la parenté, aux interdits ou à une forme de malédiction touchant l’ensemble du groupe.

    Aujourd’hui, l’ancien asile est devenu un hôpital universitaire qui cherche à dépasser son héritage carcéral.

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    39 分
  • David Diop : avec son héros Bilal Seck, 3 500 ans d'histoire du Sénégal à l'Égypte antique
    2026/07/31

    Dans Où s'adosse le ciel, l’auteur David Diop ne déroge pas à sa belle tradition de confesser l’histoire. À travers le voyage du griot Bilal Seck, son héros, de retour de La Mecque à la fin du XIXᵉ siècle, le récit fait dialoguer le Sénégal et l'Égypte ancienne. Le roman invité à réfléchir sur la transmission, l’exil et la quête des origines.

    Avec l’écrivain David Diop, auteur de Où s’adosse le ciel (éd. Julliard) et professeur de littérature à l’université de Pau.

    Pour aller plus loin

    Le roman Où s’adosse le ciel ? de David Diop mêle fiction, histoire et mémoire africaine. L’auteur, écrivain franco-sénégalais et professeur de littérature, nourrit son œuvre d’une profonde passion pour l’histoire qui lui vient notamment de son adolescence à Dakar et de son enseignante d’histoire.

    Il cite également l’influence majeure de Cheikh Anta Diop, dont les travaux ont contribué à réinscrire l’Égypte ancienne dans son contexte africain.

    David Diop explique qu’il utilise une documentation historique importante, mais qu’il préfère ensuite « oublier » les détails pour laisser place aux émotions des personnages, une méthode qu'il appelle la « mémoire affective » et qui permet de transformer les faits historiques en matière romanesque.

    Son héros, Bilal Seck, est présenté comme le 72ᵉ passeur d’une mémoire transmise de génération en génération.

    Le voyage de Bilal Seck

    L’histoire commence au Sénégal, à la fin du XIXᵉ siècle, dans le contexte de la colonisation française.

    Bilal Seck appartient à une famille de griots et possède un rôle essentiel de gardien et de transmetteur de la mémoire.

    Il entreprend un pèlerinage à La Mecque avec Yérim Tchao, un homme issu de la noblesse avec lequel il a grandi.

    Malgré leur amitié, les différences sociales et les préjugés liés à la « pureté du sang » finissent par provoquer une rupture entre eux.

    En 1893, une importante épidémie de choléra frappe les pèlerins et fait environ 30 000 victimes en un mois.

    Abandonné à Djeddah, Bilal doit alors entreprendre seul son retour vers l’Afrique, souvent à pied et en travaillant pour financer son voyage.

    Son périple le conduit notamment par la péninsule Arabique, l’Égypte et Djenné, avant son retour au Sénégal.

    L’Égypte, les origines et la transmission

    En Égypte, Bilal cherche à comprendre les récits qui relient les peuples sénégalais à l’Égypte antique.

    David Diop s’appuie sur des traditions orales rapportant plusieurs migrations anciennes depuis l’Égypte vers l’Afrique de l’Ouest.

    Le roman interroge ainsi les liens entre histoire écrite, traditions orales et mythes des origines. La figure du griot y occupe une place centrale. À travers Bilal et ses descendants, la transmission devient un véritable flambeau qui doit passer d’une génération à l’autre.

    Le roman pose enfin une question politique majeure : comment raconter l’histoire de l’Afrique sans la réduire aux récits construits par la colonisation ?

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    39 分
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