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Afrique, mémoires d'un continent

Afrique, mémoires d'un continent

著者: RFI
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Afrique, mémoires d'un continent explore l’histoire à travers les siècles et jusqu’à aujourd’hui. Historiens, universitaires et spécialistes expliquent et racontent, sans tabous et à rebours des clichés, comment le passé éclaire le présent. Une émission présentée par Elgas, en collaboration avec Delphine Michaud. Réalisation : Taguy M’Fah Traoré. *** Diffusions vers toutes cibles les dimanches à 08h10 TU et 22h10 TU (Heure de Paris = TU + 2 en été).

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社会科学
エピソード
  • Lumière sur les «siècles obscurs» : cartographie de l’Afrique médiévale
    2026/05/29

    Le Moyen-Âge africain fascine. Comment vivaient nos ancêtres du VIIè au XVè siècle ? Quel était leur quotidien ? Quelles formations étatiques régissaient les cités avant la colonisation ? Cette période, appelée « siècles obscurs », s’avère être plutôt un âge d’or au sens premier du terme, avec l’essor de royaumes, de génies architecturaux et le commerce du précieux métal.

    Avec la participation de Bertrand Hirsch, historien, professeur des universités Histoire de l’Éthiopie, Histoire de l’Afrique.

    Pour aller plus loin

    L’Afrique médiévale entre le VIIe et le XVe siècle, période longtemps qualifiée de «siècles obscurs », apparaît aujourd’hui comme un âge d’or marqué par l’essor des royaumes, des échanges commerciaux et des réalisations culturelles. L’historien Bertrand Hirsch explique que le terme de « Moyen Âge africain » est une construction historiographique, une expression qui malgré ses limites permet de comparer différentes civilisations et de mieux intégrer l’histoire africaine dans l’histoire mondiale.

    Les sources disponibles pour étudier cette période sont diverses : récits écrits produits en Nubie ou en Éthiopie, textes arabes de géographes et voyageurs, traditions orales et découvertes archéologiques. Les historiens rappellent cependant que ces sources restent fragmentaires et parfois difficiles à interpréter. L’histoire de nombreuses sociétés rurales demeure encore largement inconnue.

    L’expansion de l’islam et les échanges commerciaux

    L’un des phénomènes majeurs du Moyen Âge africain est l’expansion de l’islam à partir du VIIe siècle. Contrairement à certaines idées reçues, cette diffusion s’effectue davantage par les marchands, les savants et les échanges commerciaux que par des conquêtes militaires. Dans plusieurs régions, notamment au Mali, sur la côte swahilie ou en Éthiopie, les élites se convertissent à l’islam afin de faciliter les relations commerciales avec le monde arabe. Toutefois, les populations continuent souvent à pratiquer leurs religions traditionnelles, créant des formes originales de coexistence religieuse.

    Le commerce joue également un rôle essentiel dans le développement des royaumes africains. L’or devient une richesse stratégique très recherchée par le monde islamique et européen. Le pèlerinage de Mansa Moussa à La Mecque en 1324 symbolise cette puissance économique : sa distribution d’or impressionne durablement le monde méditerranéen. Sur la côte swahilie et au Grand Zimbabwe, les échanges avec l’océan Indien favorisent aussi l’essor de villes commerçantes et d’une architecture sophistiquée.

    Des royaumes puissants et une histoire encore à écrire

    Plusieurs grands ensembles politiques africains, comme les royaumes de Nubie, l’Éthiopie chrétienne, l’empire du Mali, le royaume du Congo ou encore le Grand Zimbabwe, possèdent des systèmes politiques complexes, des traditions religieuses variées et parfois des systèmes d’écriture comme le guèze en Éthiopie. L’urbanisation, la construction de mosquées, d’églises ou de cités en pierre témoignent d’un important développement culturel et architectural.

    Enfin, Bertrand Hirsch souligne que l’histoire de l’Afrique médiévale reste encore largement à explorer. De nombreuses régions et populations demeurent peu connues faute de moyens de recherche et d’études archéologiques suffisantes. Le développement des universités et des recherches en Afrique est donc présenté comme une priorité pour mieux comprendre ce passé riche, complexe et longtemps sous-estimé.

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    39 分
  • Des rives de la Méditerranée au Sahara : vérités et tabous des esclavages dans le monde musulman
    2026/05/22

    La mémoire du continent longe ce dimanche les rives de la Méditerranée et descend jusqu'au Sahara pour tenter de cartographier l'esclavage dans les mondes musulmans. L'occasion de revisiter des questions peu discutées, taboues pour certains, dans un dialogue sans langue de bois et sans détours.

    Avec la participation de M’hamed Oualdi, historien, professeur d'histoire du Maghreb à l’Institut universitaire européen de Florence, auteur de L’esclavage dans les mondes musulmans (éd. Amsterdam).

    Pour aller plus loin

    L’historien M'hamed Oualdi présente l’exposition Esclaves en Méditerranée à l’Institut du monde arabe et explique que l’esclavage méditerranéen des XVIIe et XVIIIe siècles reste beaucoup moins connu que la traite transatlantique. Pourtant, la Méditerranée fut pendant des siècles un espace majeur de captivité et de servitude.

    L’exposition met en lumière les échanges entre l’Europe du Sud, le Maghreb et l’Empire ottoman, notamment à travers des œuvres d’art italiennes et françaises représentant des esclaves de différentes origines. L’historien rappelle que l’esclavage existait déjà dans l’Antiquité grecque et romaine, puis s’est poursuivi à l’époque moderne grâce au système des corsaires. Des navires musulmans comme chrétiens capturaient des passagers et exigeaient des rançons ; ceux qui ne pouvaient payer devenaient esclaves ou serviteurs.

    Les captifs étaient variés : pêcheurs, pèlerins, marins ou voyageurs. Chrétiens, musulmans et juifs pouvaient être réduits en captivité.

    La traite transsaharienne et les mondes musulmans

    M'hamed Oualdi insiste sur le fait qu’il ne faut pas parler d’une seule « traite islamique », mais de plusieurs traites liées aux mondes musulmans. Du VIIIe au XIXe siècle, des routes commerciales traversaient le Sahara, la Méditerranée, le Caucase ou encore l’Afrique de l’Est. Ces traites concernaient des populations très diverses et reposaient sur des réseaux complexes de marchands et de caravanes.

    L’historien privilégie le terme de « traite transsaharienne », car il désigne un espace géographique plutôt qu’une religion. Il rappelle que l’islam reconnaissait juridiquement l’esclavage, comme les autres religions monothéistes, tout en encourageant l’affranchissement des esclaves. En théorie, un musulman ne devait pas être réduit en esclavage, mais dans les faits cette règle fut souvent contournée.

    Les estimations du nombre de déportés restent imprécises : les historiens évoquent entre 12 et 17 millions de personnes sur le temps long. Contrairement à la traite transatlantique, les archives sont moins nombreuses et les chiffres plus difficiles à établir.

    Mémoire, racisme et héritages contemporains

    L’entretien aborde enfin les mémoires douloureuses laissées par cette histoire. M'hamed Oualdi estime que les sociétés maghrébines parlent encore trop peu de l’esclavage et de la négrophobie. Même si des romans, des recherches et des expositions existent, cette histoire reste peu enseignée au grand public.

    L’historien critique notamment le livre Le Génocide voilé de Tidiane N'Diaye, qu’il juge insuffisamment fondé scientifiquement et trop simplificateur. Selon lui, il ne faut pas opposer traite transatlantique et traite transsaharienne, mais étudier les deux phénomènes dans toute leur complexité.

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    L'exposition « Esclaves en Méditerranée, XVIIe-XVIIIe siècles » est à découvrir à l'Institut du monde arabe à Paris jusqu'au 19 juillet 2026. Entrée gratuite.

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    39 分
  • Togo : le pays Dyè-Boukombom, neuf siècles d’histoire au cœur du bassin de l’Oti
    2026/05/15

    Au nord du Togo, le bassin de l’Oti conserve les traces d’une histoire ancienne faite de migrations, de cohabitations et de rivalités politiques. Des récits fondateurs du pays Dyè-Boukombom (Ngangam) aux bouleversements des XVIIIe et XIXe siècles, l’émission explore la mémoire longue de cette région au carrefour de plusieurs mondes ouest-africains.

    Avec la participation de Ilaboti Dipo, historien, enseignant-chercheur à l'Université de Kara au Togo, auteur de L’histoire de ceux qu’on appelle les Ngangam des origines à 1890 (éd. L'Harmattan Togo).

    Pour aller plus loin

    Au nord du Togo, le bassin de l’Oti – aussi appelé Penjari – apparaît comme un vaste espace de circulation entre le Ghana, le Bénin et les anciens royaumes de la boucle voltaïque. Entre le Xe et le XIXe siècle, cette région fertile devient une terre de rencontres, d’échanges et de migrations où cohabitent plusieurs peuples de langues gour. Le pays Dyè-Boukombom, également désigné sous le nom de pays Ngangam, se construit progressivement autour de récits fondateurs, de traditions orales et d’une organisation sociale profondément liée au territoire et aux ancêtres.

    Les vestiges archéologiques, les anciens sites d’habitat et les récits transmis de génération en génération témoignent d’une histoire ancienne et complexe. Certains groupes se revendiquent autochtones et racontent que leurs ancêtres seraient sortis de la terre elle-même, tandis que d’autres sont arrivés au fil des siècles, poussés par les guerres, les sécheresses ou la recherche de terres plus fertiles.

    Des sociétés organisées autour du lignage et de la terre

    Dans le pays Dyè-Boukombom, la famille élargie et le lignage constituent les fondements de la vie sociale et politique. Le pouvoir repose sur les anciens et les maîtres de la terre, chargés des rites, des cérémonies et de la protection symbolique du territoire. Malgré la diversité des populations, une coexistence relativement pacifique s’installe durablement entre groupes autochtones et migrants, chacun participant aux activités collectives, aux cultes et aux conseils de la communauté.

    Le bassin de l’Oti devient ainsi une zone cosmopolite, traversée par des commerçants, des caravanes et des populations venues des régions voisines. Cette dynamique migratoire contribue à façonner les identités locales et les équilibres politiques de la région.

    L’arrivée des Anufo et les bouleversements du XIXe siècle

    À la fin du XVIIIe siècle, l’arrivée des Anufo venus de la région de l’Anno, dans l’actuelle Côte d’Ivoire, marque un tournant majeur. Armés de fusils obtenus grâce aux réseaux commerciaux liés à la traite négrière, ils imposent progressivement leur domination sur les populations du bassin de l’Oti. Razzias, tributs et conquêtes militaires transforment en profondeur les rapports de pouvoir dans la région.

    C’est également dans ce contexte qu’apparaît l’ethnonyme « Ngangam », un terme extérieur aux connotations parfois péjoratives, qui finira néanmoins par s’imposer pour désigner l’ensemble des populations du pays Dyè-Boukombom. Cette histoire de migrations, de domination et de recompositions politiques éclaire autrement le passé du nord du Togo, bien avant l’arrivée de la colonisation européenne à la fin du XIXe siècle.

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    39 分
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