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Afrique, mémoires d'un continent

Afrique, mémoires d'un continent

著者: RFI
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概要

Afrique, mémoires d'un continent explore l’histoire à travers les siècles et jusqu’à aujourd’hui. Historiens, universitaires et spécialistes expliquent et racontent, sans tabous et à rebours des clichés, comment le passé éclaire le présent. Une émission présentée par Elgas, en collaboration avec Delphine Michaud. Réalisation : Taguy M’Fah Traoré. *** Diffusions vers toutes cibles les dimanches à 08h10 TU et 22h10 TU (Heure de Paris = TU + 1 en hiver).

France Médias Monde
社会科学
エピソード
  • Bénin : sens des biens culturels spoliés et processus de restitution
    2026/03/20

    Afrique mémoires d’un continent propose ce dimanche un état des lieux de la restitution des biens culturels spoliés, particulièrement ceux du Bénin. Tandis que le processus de retour est enclenché, quels sont les enjeux ? Quelles réticences ? Et que représentent ces objets ? Quel est leur sens et leur genèse ?

    Avec la participation de :

    • Pr Saskia Cousin-Kouton, professeur de sociologie et anthropologie à l'Université de Nanterre, auteure « Ògún et les matrimoines. Histoires de Porto-Novo, Xọ̀gbónù, Àjàṣẹ » (Presses universitaires de Paris Nanterre)
    • Pr Didier Houénoudé, professeur d’histoire de l’art à l’université d’Abomey Calavi et membre du comité de préfiguration du projet de musée d’art contemporain, auteur de « Quelle mémoire valoriser ? Patrimoine afro-brésilien et tourisme mémoriel au Bénin » (éd. La Sorbonne)
    Pour aller plus loin

    L’émission s’ouvre sur une réflexion autour des biens culturels béninois, souvent qualifiés à tort d’« objets d’art ». Les intervenants expliquent que ces éléments relevaient avant tout de fonctions sociales, politiques et spirituelles. Produits dans le royaume du Danhomé depuis le XVIᵉ siècle, ils servaient à incarner le pouvoir, protéger les communautés ou communiquer avec les ancêtres. Ces « choses » étaient intégrées à des systèmes religieux comme le vodou et possédaient une véritable « vie » : elles naissaient, remplissaient une fonction, puis disparaissaient. Leur transformation en œuvres d’art dans les musées occidentaux, notamment au début du XXᵉ siècle, a donc profondément dénaturé leur sens originel en les figeant et en les décontextualisant.

    Spoliations coloniales et dispersion des biens

    La rupture intervient avec la colonisation à la fin du XIXᵉ siècle. Les biens culturels sont alors saisis lors de campagnes militaires, notamment dès 1892, dans un contexte de violence extrême. Considérés comme butins de guerre, ils sont ensuite envoyés en Europe pour enrichir les musées, souvent sous couvert de « dons » qui occultent leur origine violente.

    Aujourd’hui, ces objets sont dispersés dans de nombreux pays : France, Allemagne, États-Unis, entre autres. Leur inventaire reste incomplet, malgré des accords récents. Dès leur spoliation, des demandes de restitution ont émergé, portées par les familles, les diasporas et les intellectuels africains. Cependant, des obstacles juridiques et politiques ont longtemps freiné ces démarches.

    Restitutions, enjeux actuels et perspectives

    Depuis les années 2010, la dynamique de restitution s’est accélérée, notamment après le rapport Sarr-Savoy et le discours d’Emmanuel Macron en 2017. Le retour de 26 œuvres au Bénin a constitué un moment symbolique fort, suscitant une grande émotion populaire et une réappropriation culturelle, notamment par les communautés traditionnelles.

    Ces restitutions participent à une reconstruction identitaire et historique, essentielle pour les jeunes générations. Elles s’inscrivent aussi dans des enjeux diplomatiques et juridiques, comme la récente loi française encadrant ces retours.

    Enfin, le Bénin développe aujourd’hui une ambitieuse politique muséale (Abomey, Ouidah, Cotonou) pour accueillir ces biens. Au-delà de leur conservation, l’enjeu est de redonner vie à ces « choses », en permettant aux populations de renouer avec leur sens spirituel et culturel.

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  • Ethiopie : Lalibela, une histoire gravée dans la roche
    2026/03/13

    Au nord de l’Ethiopie se trouve un joyau archéologique et architectural, façonné dans la roche, le site rupestre sacré de Lalibela. Des églises monolithiques, dans un réseau de galeries souterraines, toutes singulières et héritage d’un roi du même nom, Lalibela, souverain au croisement des 12ème et 13ème siècles. L’ensemble abrite aujourd’hui encore une vitalité religieuse faite d’offices et d’un culte persistant.

    Avec la participation de :

    • Marie-Laure Derat, historienne et archéologue spécialiste du moyen-âge éthiopien, directrice de recherche au CNRS
    • Marie Bridonneau, maître de conférences en Géographie à l’université Paris Nanterre
    • Yvette Jallade-Maestroni, productrice déléguée, documentaire sonore « Préserver Lalibela en temps de crise »

    Pour aller plus loin Un site historique et religieux unique

    Lalibela est un site religieux et architectural exceptionnel datant principalement des XIIᵉ et XIIIᵉ siècles. Le roi Lalibela aurait fait creuser onze églises directement dans la roche volcanique afin de créer une « Nouvelle Jérusalem », à une époque où les pèlerinages vers Jérusalem étaient devenus difficiles. Ces églises monolithiques, reliées par des galeries et des passages souterrains, constituent une prouesse technique remarquable : elles ont été entièrement sculptées dans la pierre et non construites. Chaque édifice possède un style architectural particulier, inspiré notamment des traditions du royaume antique d’Aksoum. Aujourd’hui encore, le site reste un centre religieux vivant, fréquenté quotidiennement par les fidèles et lors de grands pèlerinages, notamment à Noël, lorsque des milliers de croyants s’y rassemblent. Lalibela incarne ainsi un patrimoine à la fois spirituel, historique et culturel majeur pour l’Éthiopie et pour le monde.

    Une ville en transformation et confrontée aux crises

    Autour de ces églises s’est développée une petite ville d’environ 50 000 habitants. Autrefois simple village, Lalibela s’est progressivement urbanisée grâce à l’activité touristique et à son importance religieuse. Des hôtels, des infrastructures et des services publics ont été créés pour accueillir les visiteurs venus du monde entier. Cependant, la ville traverse aujourd’hui une période difficile. La pandémie de Covid-19 a brutalement interrompu le tourisme, principale source de revenus locaux. À cela s’ajoutent les conséquences de la guerre dans le nord de l’Éthiopie, notamment le conflit du Tigré et les tensions dans la région Amhara. Ces crises ont fragilisé l’économie locale et provoqué des mouvements de population : certaines élites quittent la ville tandis que des habitants des campagnes s’y réfugient pour plus de sécurité. Malgré ces difficultés, la vie religieuse et communautaire continue d’animer le site.

    Le projet « Lalibela durable » pour préserver le patrimoine

    Face aux menaces qui pèsent sur ce patrimoine exceptionnel, un projet international appelé « Lalibela durable » a été lancé afin de protéger et restaurer le site. Ce programme réunit chercheurs, archéologues, géographes, architectes, artisans et acteurs locaux. L’objectif est de mieux comprendre l’histoire et la structure des églises afin de garantir leur conservation, notamment contre l’érosion causée par l’eau et la fragilité de la roche volcanique. Le projet inclut également la formation d’artisans locaux, la restauration des accès aux églises et la création d’équipements culturels comme un musée ethnographique. L’approche privilégie la collaboration avec la population locale et les institutions éthiopiennes afin d’assurer une gestion durable du site. Malgré les crises actuelles, ce projet témoigne de la volonté de préserver l’héritage de Lalibela et de soutenir les communautés qui y vivent.

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  • Bénin : Solange et Géraldine Faladé, soeurs et pionnières d'un élan féministe
    2026/03/06

    Solange et Géraldine Faladé, deux soeurs issues de l'élite dahoméenne, ont chacune à leur manière participé aux grands combats intellectuels et politiques des années 50 et 60. Entre psychanalyse, militantisme et écriture, elles ont contribué à mettre en lumière les luttes et les figures pionnières des femmes africaines.

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