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Afrique, mémoires d'un continent

Afrique, mémoires d'un continent

著者: RFI
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Afrique, mémoires d'un continent explore l’histoire à travers les siècles et jusqu’à aujourd’hui. Historiens, universitaires et spécialistes expliquent et racontent, sans tabous et à rebours des clichés, comment le passé éclaire le présent. Une émission présentée par Elgas, en collaboration avec Delphine Michaud. Réalisation : Taguy M’Fah Traoré. *** Diffusions vers toutes cibles les dimanches à 08h10 TU et 22h10 TU (Heure de Paris = TU + 2 en été).

France Médias Monde
社会科学
エピソード
  • Amérique latine - Afrique : une mémoire partagée
    2026/06/05

    Quels liens unissent l’Amérique latine et l’Afrique ? Des deux côtés de l’océan Atlantique, s’écrit une histoire commune faite de migrations, d’échanges culturels et d’héritages partagés. De l’arrivée des populations africaines en Amérique aux influences qui marquent encore aujourd’hui des arts comme la musique ou la littérature, nous explorons les racines de cette relation singulière.

    Un voyage entre histoire, mémoire et identité, à la découverte des passerelles qui relient l’Amérique latine au continent africain.

    Avec la participation de :

    • Sarah Quesada, professeure associée d’études des romances, de genre et de sexualité à l’université de Duke aux États-Unis
    • Estefania Bournot, chercheuse en littérature comparée et spécialiste des circulations culturelles entre l’Afrique et l’Amérique latine
    • Mohamed Mbougar Sarr, écrivain sénégalais, lauréat du prix Goncourt en 2021
    • Sami Tchak, écrivain togolais.

    Pour aller plus loin

    La traite transatlantique a profondément façonné l'Amérique latine et l'Afrique et son histoire continue d’influencer leurs sociétés. Léopold Sédar Senghor est présenté comme une figure majeure de ce rapprochement, notamment grâce à ses voyages en Amérique latine dans les années 1970 et à sa volonté de créer des solidarités entre les peuples issus d’une histoire commune.

    La présence africaine en Amérique latine reste souvent méconnue. L’exemple de Veracruz, au Mexique, montre pourtant l’importance du rôle des Africains dans la construction du pays. De même, la ville de Yanga rappelle l’héritage des esclaves rebelles et la contribution des populations afro-descendantes à l’histoire mexicaine.

    Les chercheurs insistent sur la nécessité de dépasser la simple mémoire de l’esclavage pour mettre en valeur les relations vivantes entre l’Afrique et l’Amérique latine. Ils évoquent les réseaux intellectuels, les festivals panafricains, les écrivains, diplomates et artistes qui ont contribué à construire des passerelles entre les deux espaces culturels.

    L’émission s’interroge enfin sur la réalité contemporaine des relations entre l’Afrique et l’Amérique latine. Malgré l’existence de discriminations raciales et le manque de connaissance mutuelle, plusieurs intervenants observent un regain d’intérêt pour les échanges culturels, universitaires et diplomatiques, notamment au Brésil et en Colombie.

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    39 分
  • Lumière sur les «siècles obscurs» : cartographie de l’Afrique médiévale
    2026/05/29

    Le Moyen-Âge africain fascine. Comment vivaient nos ancêtres du VIIè au XVè siècle ? Quel était leur quotidien ? Quelles formations étatiques régissaient les cités avant la colonisation ? Cette période, appelée « siècles obscurs », s’avère être plutôt un âge d’or au sens premier du terme, avec l’essor de royaumes, de génies architecturaux et le commerce du précieux métal.

    Avec la participation de Bertrand Hirsch, historien, professeur des universités Histoire de l’Éthiopie, Histoire de l’Afrique.

    Pour aller plus loin

    L’Afrique médiévale entre le VIIe et le XVe siècle, période longtemps qualifiée de «siècles obscurs », apparaît aujourd’hui comme un âge d’or marqué par l’essor des royaumes, des échanges commerciaux et des réalisations culturelles. L’historien Bertrand Hirsch explique que le terme de « Moyen Âge africain » est une construction historiographique, une expression qui malgré ses limites permet de comparer différentes civilisations et de mieux intégrer l’histoire africaine dans l’histoire mondiale.

    Les sources disponibles pour étudier cette période sont diverses : récits écrits produits en Nubie ou en Éthiopie, textes arabes de géographes et voyageurs, traditions orales et découvertes archéologiques. Les historiens rappellent cependant que ces sources restent fragmentaires et parfois difficiles à interpréter. L’histoire de nombreuses sociétés rurales demeure encore largement inconnue.

    L’expansion de l’islam et les échanges commerciaux

    L’un des phénomènes majeurs du Moyen Âge africain est l’expansion de l’islam à partir du VIIe siècle. Contrairement à certaines idées reçues, cette diffusion s’effectue davantage par les marchands, les savants et les échanges commerciaux que par des conquêtes militaires. Dans plusieurs régions, notamment au Mali, sur la côte swahilie ou en Éthiopie, les élites se convertissent à l’islam afin de faciliter les relations commerciales avec le monde arabe. Toutefois, les populations continuent souvent à pratiquer leurs religions traditionnelles, créant des formes originales de coexistence religieuse.

    Le commerce joue également un rôle essentiel dans le développement des royaumes africains. L’or devient une richesse stratégique très recherchée par le monde islamique et européen. Le pèlerinage de Mansa Moussa à La Mecque en 1324 symbolise cette puissance économique : sa distribution d’or impressionne durablement le monde méditerranéen. Sur la côte swahilie et au Grand Zimbabwe, les échanges avec l’océan Indien favorisent aussi l’essor de villes commerçantes et d’une architecture sophistiquée.

    Des royaumes puissants et une histoire encore à écrire

    Plusieurs grands ensembles politiques africains, comme les royaumes de Nubie, l’Éthiopie chrétienne, l’empire du Mali, le royaume du Congo ou encore le Grand Zimbabwe, possèdent des systèmes politiques complexes, des traditions religieuses variées et parfois des systèmes d’écriture comme le guèze en Éthiopie. L’urbanisation, la construction de mosquées, d’églises ou de cités en pierre témoignent d’un important développement culturel et architectural.

    Enfin, Bertrand Hirsch souligne que l’histoire de l’Afrique médiévale reste encore largement à explorer. De nombreuses régions et populations demeurent peu connues faute de moyens de recherche et d’études archéologiques suffisantes. Le développement des universités et des recherches en Afrique est donc présenté comme une priorité pour mieux comprendre ce passé riche, complexe et longtemps sous-estimé.

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    39 分
  • Des rives de la Méditerranée au Sahara : vérités et tabous des esclavages dans le monde musulman
    2026/05/22

    La mémoire du continent longe ce dimanche les rives de la Méditerranée et descend jusqu'au Sahara pour tenter de cartographier l'esclavage dans les mondes musulmans. L'occasion de revisiter des questions peu discutées, taboues pour certains, dans un dialogue sans langue de bois et sans détours.

    Avec la participation de M’hamed Oualdi, historien, professeur d'histoire du Maghreb à l’Institut universitaire européen de Florence, auteur de L’esclavage dans les mondes musulmans (éd. Amsterdam).

    Pour aller plus loin

    L’historien M'hamed Oualdi présente l’exposition Esclaves en Méditerranée à l’Institut du monde arabe et explique que l’esclavage méditerranéen des XVIIe et XVIIIe siècles reste beaucoup moins connu que la traite transatlantique. Pourtant, la Méditerranée fut pendant des siècles un espace majeur de captivité et de servitude.

    L’exposition met en lumière les échanges entre l’Europe du Sud, le Maghreb et l’Empire ottoman, notamment à travers des œuvres d’art italiennes et françaises représentant des esclaves de différentes origines. L’historien rappelle que l’esclavage existait déjà dans l’Antiquité grecque et romaine, puis s’est poursuivi à l’époque moderne grâce au système des corsaires. Des navires musulmans comme chrétiens capturaient des passagers et exigeaient des rançons ; ceux qui ne pouvaient payer devenaient esclaves ou serviteurs.

    Les captifs étaient variés : pêcheurs, pèlerins, marins ou voyageurs. Chrétiens, musulmans et juifs pouvaient être réduits en captivité.

    La traite transsaharienne et les mondes musulmans

    M'hamed Oualdi insiste sur le fait qu’il ne faut pas parler d’une seule « traite islamique », mais de plusieurs traites liées aux mondes musulmans. Du VIIIe au XIXe siècle, des routes commerciales traversaient le Sahara, la Méditerranée, le Caucase ou encore l’Afrique de l’Est. Ces traites concernaient des populations très diverses et reposaient sur des réseaux complexes de marchands et de caravanes.

    L’historien privilégie le terme de « traite transsaharienne », car il désigne un espace géographique plutôt qu’une religion. Il rappelle que l’islam reconnaissait juridiquement l’esclavage, comme les autres religions monothéistes, tout en encourageant l’affranchissement des esclaves. En théorie, un musulman ne devait pas être réduit en esclavage, mais dans les faits cette règle fut souvent contournée.

    Les estimations du nombre de déportés restent imprécises : les historiens évoquent entre 12 et 17 millions de personnes sur le temps long. Contrairement à la traite transatlantique, les archives sont moins nombreuses et les chiffres plus difficiles à établir.

    Mémoire, racisme et héritages contemporains

    L’entretien aborde enfin les mémoires douloureuses laissées par cette histoire. M'hamed Oualdi estime que les sociétés maghrébines parlent encore trop peu de l’esclavage et de la négrophobie. Même si des romans, des recherches et des expositions existent, cette histoire reste peu enseignée au grand public.

    L’historien critique notamment le livre Le Génocide voilé de Tidiane N'Diaye, qu’il juge insuffisamment fondé scientifiquement et trop simplificateur. Selon lui, il ne faut pas opposer traite transatlantique et traite transsaharienne, mais étudier les deux phénomènes dans toute leur complexité.

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    L'exposition « Esclaves en Méditerranée, XVIIe-XVIIIe siècles » est à découvrir à l'Institut du monde arabe à Paris jusqu'au 19 juillet 2026. Entrée gratuite.

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    39 分
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