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Chronique des matières premières

Chronique des matières premières

著者: RFI
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Céréales, minerais ou pétrole, les ressources naturelles sont au cœur de l’économie. Chaque jour, la chronique des matières premières décrypte les tendances de ces marchés souvent méconnus.

France Médias Monde
経済学
エピソード
  • Les prix du coton toujours assommés par l'abondance brésilienne
    2026/01/12
    Les prix du coton subissent depuis des mois une mauvaise conjoncture : la demande des consommateurs n'est pas satisfaisante, et les taxes douanières américaines ont bouleversé les échanges commerciaux. Début 2026, les prix semblent avoir atteint un nouveau point d'équilibre qui se situe autour de 65 cents la livre, soit 25% de moins qu'il y a un an. Ce qui évite aux cours de sombrer plus bas, c'est notamment la perspective de voir les Américains cultiver moins lors de la prochaine campagne. Les dernières projections des surfaces plantées aux États-Unis, basées sur des intentions de semis, font état de 9 millions d'acres dédiés au coton contre 11 l'année dernière. Ce qui pourrait se traduire par 2 millions de balles de 220 kg en moins. L'aide financière que les cotonculteurs américains ont touché au travers du plan de soutien agricole de 12 milliards de dollars n'a manifestement pas suffi à rassurer. Les cours actuels restent trop bas pour être attractifs. À lire aussiLes cours du coton dévissent sur fond de bonnes récoltes mondiales Des prix peu rémunérateurs Au niveau actuel des prix, peu de cultivateurs tirent leur épingle du jeu : les prix couvrent à peine, voire pas du tout, les coûts de production, selon les pays. Seul le Brésil semble gagner de l'argent et continue d'étendre ses surfaces, relève Mambo Commodities, dans sa lettre de marché du 12 janvier. C'est d'ailleurs cette production brésilienne pléthorique, annoncée à plus de 4 millions de tonnes de fibres de coton, qui asphyxie le marché et écrase les prix. Le contexte est particulièrement compliqué pour l'or blanc africain. Le coton standardisé et bon marché brésilien séduit de plus en plus, et quand les importateurs cherchent une autre origine ils achètent souvent aux États-Unis pour faire figure de bon élève vis-à-vis de Donald Trump. Le coton africain subit aussi le rétablissement de la taxe indienne à l'importation depuis le 1er janvier. Plusieurs pays du continent avaient profité de la fenêtre de tir pendant laquelle elle a été levée entre septembre et décembre dernier. À lire aussiLes prix du coton, ballotés par la guerre commerciale, pèsent sur l'Afrique Filatures asiatiques en difficulté Au total, il y a cette année 25 millions de tonnes de fibres de coton à transformer, rappelle Mambo Commodities. Ce n'est pas un record, mais c'est trop par rapport aux volumes que l'industrie est capable d'absorber. La demande textile n'est pas bonne. Les filateurs asiatiques tirent la langue, ils ne maîtrisent plus le prix du fil, et leur vendre du coton est devenu plus compliqué. « Ce contexte crée une incertitude globale sur les marchés », résume un expert de la filière. La situation est difficile en Inde, au Vietnam, au Pakistan, et en particulier au Bangladesh, l'un des principaux importateurs de coton. « Toutes les semaines ou presque, une filature va mal et ne peut pas honorer ses engagements vis à vis des banques », explique notre interlocuteur. Ce qui se passe en Chine illustre le contexte actuel : le 1er janvier, le pays a réduit ses droits de douane sur les importations de coton pour soutenir ses filatures. Mais personne ne se précipite pour l'instant pour acheter, faute de débouchés derrière. À lire aussiLe coton invendu s'accumule et impacte tout les maillons de la chaîne
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  • Les miniers Glencore et Rio Tinto en pourparlers pour une mégafusion
    2026/01/11
    Le mariage est encore loin d'être scellé mais le géant suisse des matières premières Glencore et le minier anglo-australien Rio Tinto ont confirmé être en pourparlers pour une éventuelle fusion. Si elle se concrétise, l'opération pourrait aboutir à la création de la plus grande compagnie minière au monde. Si elle aboutit, la méga-transaction entre Glencore et Rio Tinto donnerait naissance à la plus grande compagnie minière au monde, valorisée à plus de 260 milliards de dollars - l'équivalent de 225 milliards d'euros -, selon le Financial Times. Le groupe BHP perdrait alors le titre de premier producteur mondial de cuivre qu'il détient depuis longtemps. Le métal rouge est l'un des métaux clés du futur en raison de son importance pour la transition énergétique : on en trouve dans les câbles électriques, les batteries des voitures électriques, les éoliennes ou encore les panneaux solaires. Pour rester dans le jeu, les compagnies minières se sont donc lancées dans une course effrénée en vue de s'assurer d'en avoir assez. Or, Rio Tinto est moins bien doté en la matière que son concurrent. Ce serait donc pour le géant minier un moyen efficace de s'assurer une place à long terme dans le secteur. Techniquement, cette fusion pourrait se faire par un échange d'actions. Rio Tinto doit dire d'ici le 5 février au plus tard s'il souhaite ou non soumettre une offre de rachat de Glencore, qui exploite différents minerais en plus de son activité de négoce international. À lire aussiAnglo American veut recentrer son activité sur le cuivre et le minerai de fer Un précédent échec Une tentative de rapprochement avait déjà eu lieu il y a un an, mais elle s'était soldée par un échec. La question est donc de savoir si les divergences d'hier pourront être dépassées aujourd'hui, d'autant plus que certaines sont structurelles : les deux groupes ont la réputation d'avoir des cultures d'entreprise très différentes, Rio Tinto étant plus conservatrice, et Glencore plus agressive et audacieuse dans sa stratégie de développement. Il y a aussi la question du charbon : Glencore en est le plus grand exportateur et entend bien conserver ses mines, alors que Rio Tinto a abandonné l'activité en 2018. Le groupe anglo-australien serait-il prêt à racheter la totalité de son concurrent et à payer y compris pour acquérir son activité charbon ? C'est ce qui se murmure, mais cela reste l'une des questions qui sera déterminante. Depuis l'échec des précédentes discussions, Rio Tinto s'est choisi un nouveau directeur général, tandis que le britannique Anglo American est en passe de fusionner avec le canadien Teck Resources pour créer Anglo Teck, un autre géant minier du cuivre. Des évolutions qui pèseront peut-être dans les discussions... 13 000 dollars la tonne Ces nouveaux pourparlers entre les deux miniers ont lieu dans un contexte de prix qu'il est difficile de ne pas évoquer. Ces derniers ont atteint, la semaine dernière, 13 000 dollars la tonne à la bourse aux métaux de Londres (LME), un sommet inégalé. Liée à des arrêts de production dans plusieurs mines et à la politique de stockage en vigueur aux États-Unis pour anticiper de nouvelles taxes sur le cuivre, cette hausse a fait s'effondrer la demande chinoise - qui représente la moitié de la demande mondiale - ces dernières semaines, les raffineries n'étant plus capables de dégager des marges. S'ils confortent la logique de cette opération de fusion, selon l'agence Bloomberg, ces prix pourraient cependant pousser aussi les actionnaires de Glencore à vouloir profiter encore un peu plus de l'empire du cuivre qu'ils possèdent, ou inciter le géant BHP à jouer les trublions en déposant une offre concurrente. À lire aussiAnglo American et Teck Ressources, un mariage taillé pour le marché du cuivre
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  • Céréales, les grandes inconnues qui rythmeront le marché en 2026
    2026/01/08

    À quoi va ressembler l'année 2026 sur le marché des céréales ? En 2025, les prix du blé et du maïs se sont négociés à des niveaux historiquement bas. L'évolution des prix cette année dépendra de trois principaux facteurs : la guerre en Ukraine, l'appétit de la Chine et le prix des engrais.

    La première inconnue, c'est l'évolution de la situation en Ukraine. Depuis le début de la guerre, il y a quatre ans, le secteur est sans cesse ciblé et ne connaît pas de répit, rappelle Sébastien Poncelet, analyste chez Argus Media, dans un entretien à l'Agence France-Presse. Les frappes ont affecté la capacité énergétique, et les infrastructures d'exportation. Or l'Ukraine est un des quatre gros fournisseurs mondiaux de maïs, et on sait que la demande mondiale est forte, et les stocks en baisse.

    Sur cette saison, l'Ukraine a environ 4 à 5 millions de tonnes de retard dans ses exportations de grains jaunes, explique Damien Vercambre, du cabinet Inter-courtage. Ce retard est dû, au-delà de la guerre, à une récolte plus lente liée à la météo, avec une humidité qui requiert un temps de séchage plus long.

    L'Ukraine est également un fournisseur majeur de tournesol, un secteur qui n'est pas épargné non plus par le conflit : une des dernières attaques de drones russes a ciblé en début de semaine une usine de trituration – qui transforme les graines en huile – de l'américain Bunge à Dnipropetrovsk dans le centre-est du pays.

    Quid de l'appétit de la Chine ?

    La Chine et son niveau d'importation est un des autres facteurs qui vont compter. Le géant asiatique a acheté environ deux fois moins de blé l'année dernière que les deux années précédentes. Cela a largement contribué à faire chuter les cours. En un an, les prix européens ont baissé de 5 %. Si la Chine se réveille, ce sera évidemment un facteur de reprise des prix.

    L'Empire du Milieu joue aussi un rôle crucial sur le marché du soja. Cette graine oléagineuse, qui sert essentiellement à nourrir le bétail, fait l'objet d'un bras de fer entre Pékin et Washington. Les deux pays se sont accordés sur un niveau d'importation de soja américain de 12 millions de tonnes par la Chine. « Si les Chinois dépassent cet objectif, cela pourrait faire bouger le marché », selon Damien Vercambre.

    La pression des engrais

    On peut ajouter au paysage de 2026 une autre inconnue, le prix des engrais. Ils ont rarement été si déconnectés du prix des céréales, selon Sébastien Poncelet. C'est surtout vrai pour l'urée, un des engrais les plus répandus au monde : à titre d'illustration, le prix de l'urée d'Égypte – hors transport maritime – a augmenté de 10 % en un an, de 32 % en deux ans et de 85 % par rapport au niveau d'il y a 5 ans alors que les blés français et russes ont retrouvé leur prix bas de 2020.

    Avec un tel décalage, les cours des céréales ne couvrent plus les coûts de production de nombreux agriculteurs, en particulier en Europe. C'est une des raisons de leur colère. Ils demandent depuis plusieurs semaines que la taxe carbone aux frontières de l'UE en vigueur depuis le 1ᵉʳ janvier ne soit pas appliquée aux fertilisants. Une doléance en passe d'être entendue.

    À lire aussiAux États-Unis, les producteurs de soja tournent la page d'une année noire

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