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Chronique des matières premières

Chronique des matières premières

著者: RFI
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Céréales, minerais ou pétrole, les ressources naturelles sont au cœur de l’économie. Chaque jour, la chronique des matières premières décrypte les tendances de ces marchés souvent méconnus.

France Médias Monde
経済学
エピソード
  • Porté par l'engouement pour les métaux, l'étain bat de nouveaux records
    2026/01/18

    L'étain, un métal à la couleur argentée, essentiel aux soudures et donc à la fabrication des circuits imprimés électroniques, a vu son cours dépasser les 54 000 dollars la tonne la semaine dernière. Un record qui efface le précédent, qui datait de 2022.

    « Le secteur connaît un déficit prolongé », reconnaît l'Association internationale de l'étain qui regroupe les industriels du secteur. Les perturbations en République démocratique du Congo et en Birmanie restent en effet d'actualité, même si les données d'exportation de minerai et de concentré d'étain, en novembre, suggèrent une probable reprise de la production dans l'État de Wa où elle avait été interrompue, explique Luke Adriaans, en charge du marché de l'étain au sein du cabinet de recherche et d'analyse Project Blue. Les craintes de retards d'approvisionnement en Indonésie, le deuxième fournisseur mondial – qui représente 17 % de l'offre – persistent également.

    Cela n'explique cependant pas l'augmentation de 30 % des cours depuis début janvier, car il n'y a pas eu de bouleversement significatif de la dynamique entre l'offre et la demande mondiale ces trois derniers mois, relève l'Association internationale de l'étain. Les industriels du secteur pointent un décalage croissant entre ce qu'on appelle les fondamentaux du marché et les prix.

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    Engouement pour les métaux

    Ce qui peut justifier la récente flambée des cours, c'est ce qu'on pourrait qualifier d'effet de contagion. L'étain est porté par l'engouement pour les métaux, à l'instar de l'or, de l'argent ou du cuivre dont les prix ont battu des records en cette fin d'année 2025. L'étain suit particulièrement la hausse du nickel, dont les cours ont décollé depuis mi-décembre, et ce, en raison du renouvellement annuel des autorisations propres à la filière minière, en Indonésie, qui concernent le nickel, comme l'étain du pays.

    L'étain profite comme les autres métaux de la dépréciation du dollar – qui rend les matières premières échangées en dollars moins chères – et des anticipations de baisses des taux de la Réserve fédérale américaine, favorables à la croissance économique et donc à une augmentation de la demande en métaux, selon Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank.

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    Forte spéculation

    L'Association internationale de l'étain explique aussi les prix par une forte spéculation sur le marché. Selon l'organisation, les flux financiers jouent un rôle de plus en plus important dans la formation des prix à court terme. On parle d'investisseurs qui n'ont pas besoin d'étain réellement, mais qui achètent des contrats et parient sur une hausse des cours.

    Ces achats spéculatifs font monter artificiellement la demande et donc les prix. Les investisseurs chinois ont été particulièrement actifs. Les prix sont si hauts que les acheteurs reportent leurs commandes. C'est ce qu'indiquent les stocks physiques d'étain, à la bourse de Londres et de Shanghai, qui sont en augmentation.

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  • L'or atteindra-t-il 5000 dollars l'once?
    2026/01/14

    Jusqu'où ira le cours de l'or ? Après avoir enchainé les records l'an dernier, le métal jaune démarre 2026 sur les chapeaux de roues : en treize jours, son cours a grimpé de plus de 6%.

    En ce début d’année, l’or suit globalement les mêmes tendances que sur les douze derniers mois. Valeur refuge par excellence, il est un moyen pour les investisseurs de se prémunir des soubresauts du marché. Il faut dire qu’ils ont été nombreux ces quinze derniers jours : l’enlèvement du président vénézuélien par les États-Unis, les menaces d'annexion du Groenland et d'intervention militaire américaine en Iran. Le contexte géopolitique joue beaucoup sur la confiance des investisseurs, qui se détournent des bons du trésor américain, au profit de l'or.

    Autre inquiétude : celle qui concerne l'indépendance de la Réserve fédérale américaine. Son président, Jerome Powell, a annoncé ce week-end que le ministère américain de la justice avait lancé une enquête à son encontre, procédure qui pourrait conduire à des poursuites pénales. Donald Trump continue dans le même temps de demander une baisse des taux directeurs de la Fed.

    L’instabilité venue des États-Unis, mais aussi les signaux positifs de la Chine, notamment les chiffres des exportations, figurent parmi les facteurs qui font bondir le cours de l’or. Pour la première fois, il a dépassé les 4 600 dollars l'once en ce début d'année.

    « Les règles du jeu sont passées à la trappe »

    Les analystes s’attendent à ce que cette tendance se confirme et s’intensifie, au point que l’once d’or atteigne 5000 dollars. La semaine dernière, dans une note, le groupe HSBC estimait que « la demande des banques centrales en or va se poursuivre » sur fond « d'inquiétudes liées à la faiblesse du dollar ». D’après les analystes, l’or va continuer de grimper, avant une « correction ». Si les risques géopolitiques s'atténuent, ou si la Réserve fédérale américaine cesse de baisser ses taux directeurs, l'once d'or pourrait retomber en dessous des 4000 dollars.

    Il n'y a pas que l'or qui bat des records, le cours de l'argent aussi ne cesse de grimper. Déjà le métal le plus performant de 2025, il prend encore de la valeur en ce début d'année : un nouveau record de 90 dollars l'once a été battu. Ross Norman, analyste indépendant cité par Reuters, résume la situation ainsi : « les règles du jeu sont passées à la trappe, les métaux précieux n'en sont que le reflet ».

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  • Le naphta russe, victime collatérale des ambitions américaines au Venezuela
    2026/01/13
    C'est l'une des conséquences de l'intervention américaine au Venezuela et de la volonté des États-Unis de mettre la main sur le pétrole du pays : la Russie pourrait y perdre l'un de ses marchés, en l'occurence celui de la vente de naphta, un diluant essentiel pour rendre le pétrole lourd vénézuélien plus liquide et pouvoir le transporter pour l'exporter. Depuis le mois de juin dernier, la Russie est devenue le principal fournisseur de naphta du Venezuela, mais Washington entend bien profiter de son opération militaire à Caracas pour lui vendre à nouveau le sien. Avant le mois de juin 2025, les États-Unis étaient déjà un fournisseur historique du Venezuela, mais les sanctions américaines ont interrompu ces flux, au bénéfice de la Russie qui a pris le relais depuis 6 à 7 mois. Les États-Unis sont donc de retour et très concrètement : 460 000 barils de naphta viennent d'être chargés par le négociant Vitol dans un port américain, selon le cabinet Kpler. Cette expédition fait suite au feu vert donné cette semaine à Vitol et Trafigura par l'administration américaine, explique Homayoun Falakshahi, chef analyste pétrole chez Kpler : ces deux traders peuvent désormais acheter du pétrole vénézuélien ou fournir du naphta au pays. Flux russes en perte de vitesse Les flux de naphta russes vers le Venezuela ont déjà diminué en fin d'année en raison du blocus ordonné par Donald Trump qui vise tous les pétroliers sous sanction qui entrent et sortent du Venezuela. Ceux qui veulent peuvent toujours prendre le risque d'aller livrer, mais ils devraient être de moins en moins nombreux : ces deux dernières semaines, plusieurs ont rebroussé chemin. La Russie va devoir trouver de nouveaux clients pour ses 50 000 à 60 000 barils par jour de diluant qu'elle expédiait, en moyenne, au Venezuela ces derniers mois. Cela représente environ 10% des exportations russes selon Kpler. Le naphta russe n'est plus accepté en Europe en raison de l'embargo total sur les produits pétroliers russes décidé il y a trois ans mais il est toujours le bienvenu au Brésil, en Chine, en Inde ou encore à Taïwan. Un nouveau levier politique ? Les importations de naphta du Venezuela représentaient à peine un peu plus de 2% des flux mondiaux de diluant transportés par voie maritime. L'impact sur les prix s'annonce donc limité d'après l'un des experts de Kpler. D'autant que la production russe qui avait été touchée par des arrêts se redresse. Si les États-Unis redeviennent le principal fournisseur du Venezuela en naphta, cela pourrait leur donner un nouveau moyen de pression. Si Donald Trump ne peut pas empêcher la société pétrolière publique, PDVSA (Petróleos de Venezuela SA), de conclure un accord avec un fournisseur américain, il peut en revanche retirer l'autorisation donnée à Vitol ou Trafigura d'acheminer du naphta américain au Venezuela... Reste qu'il n'existe pas de risque de rupture d'approvisionnement pour l'instant : l'entreprise vénézuélienne aurait encore environ deux mois de stocks de diluant pour son pétrole, selon Kpler. À lire aussiA qui peut profiter le pétrole vénézuélien?
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