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Chronique des matières premières

Chronique des matières premières

著者: RFI
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Céréales, minerais ou pétrole, les ressources naturelles sont au cœur de l’économie. Chaque jour, la chronique des matières premières décrypte les tendances de ces marchés souvent méconnus.

France Médias Monde
経済学
エピソード
  • Céréales, les grandes inconnues qui rythmeront le marché en 2026
    2026/01/08

    À quoi va ressembler l'année 2026 sur le marché des céréales ? En 2025, les prix du blé et du maïs se sont négociés à des niveaux historiquement bas. L'évolution des prix cette année dépendra de trois principaux facteurs : la guerre en Ukraine, l'appétit de la Chine et le prix des engrais.

    La première inconnue, c'est l'évolution de la situation en Ukraine. Depuis le début de la guerre, il y a quatre ans, le secteur est sans cesse ciblé et ne connaît pas de répit, rappelle Sébastien Poncelet, analyste chez Argus Media, dans un entretien à l'Agence France-Presse. Les frappes ont affecté la capacité énergétique, et les infrastructures d'exportation. Or l'Ukraine est un des quatre gros fournisseurs mondiaux de maïs, et on sait que la demande mondiale est forte, et les stocks en baisse.

    Sur cette saison, l'Ukraine a environ 4 à 5 millions de tonnes de retard dans ses exportations de grains jaunes, explique Damien Vercambre, du cabinet Inter-courtage. Ce retard est dû, au-delà de la guerre, à une récolte plus lente liée à la météo, avec une humidité qui requiert un temps de séchage plus long.

    L'Ukraine est également un fournisseur majeur de tournesol, un secteur qui n'est pas épargné non plus par le conflit : une des dernières attaques de drones russes a ciblé en début de semaine une usine de trituration – qui transforme les graines en huile – de l'américain Bunge à Dnipropetrovsk dans le centre-est du pays.

    Quid de l'appétit de la Chine ?

    La Chine et son niveau d'importation est un des autres facteurs qui vont compter. Le géant asiatique a acheté environ deux fois moins de blé l'année dernière que les deux années précédentes. Cela a largement contribué à faire chuter les cours. En un an, les prix européens ont baissé de 5 %. Si la Chine se réveille, ce sera évidemment un facteur de reprise des prix.

    L'Empire du Milieu joue aussi un rôle crucial sur le marché du soja. Cette graine oléagineuse, qui sert essentiellement à nourrir le bétail, fait l'objet d'un bras de fer entre Pékin et Washington. Les deux pays se sont accordés sur un niveau d'importation de soja américain de 12 millions de tonnes par la Chine. « Si les Chinois dépassent cet objectif, cela pourrait faire bouger le marché », selon Damien Vercambre.

    La pression des engrais

    On peut ajouter au paysage de 2026 une autre inconnue, le prix des engrais. Ils ont rarement été si déconnectés du prix des céréales, selon Sébastien Poncelet. C'est surtout vrai pour l'urée, un des engrais les plus répandus au monde : à titre d'illustration, le prix de l'urée d'Égypte – hors transport maritime – a augmenté de 10 % en un an, de 32 % en deux ans et de 85 % par rapport au niveau d'il y a 5 ans alors que les blés français et russes ont retrouvé leur prix bas de 2020.

    Avec un tel décalage, les cours des céréales ne couvrent plus les coûts de production de nombreux agriculteurs, en particulier en Europe. C'est une des raisons de leur colère. Ils demandent depuis plusieurs semaines que la taxe carbone aux frontières de l'UE en vigueur depuis le 1ᵉʳ janvier ne soit pas appliquée aux fertilisants. Une doléance en passe d'être entendue.

    À lire aussiAux États-Unis, les producteurs de soja tournent la page d'une année noire

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  • Venezuela, quel impact sur les cours du pétrole à court et moyen terme?
    2026/01/07
    L’attaque de Donald Trump sur le Venezuela et l’enlèvement de Nicolas Maduro, peuvent-ils avoir un impact sur les cours du pétrole ? Et si oui, sera-t-il baissier ou haussier ? Si à très court terme pour l'instant les cours n'ont réagi qu'à la marge, à moyen ou long terme les scénarios pourraient être différents. À part quelques frémissements dans les premières heures, pour l’instant les cours du brut n’ont pas bougé de manière significative. La première raison, c'est que la production du Venezuela, qui était de 2,5 millions de b/j il y a 20 ans – et même de 3,5 millions b/j quand le pays était le premier exportateur mondial dans les années 1970 – a chuté en dessous du million de barils par jour. Elle était de 900 000 b/j en novembre et se situe aujourd’hui autour de 750 000 b/j. Un volume qui n'est pas totalement exporté, 15 à 20 % de ce pétrole reste dans le pays. Au dernier trimestre 2025, les exportations du Venezuela n’ont représenté que 1,5 % des flux pétroliers maritimes mondiaux, rappelle Homayoun Falakshahi, chef analyste pétrole au cabinet franco-belge de suivi maritime Kpler. Donc, si perturbation de la production il devait y avoir dans les prochains mois, et même interruption totale dans le pire des cas, cela resterait gérable pour le marché, assure Arne Lohmann Rasmussen, analyste en chef chez Global Risk Management. Le marché a d'ailleurs déjà intégré dans les prix la baisse de la production vénézuélienne ce dernier trimestre. Suroffre de pétrole sur le marché mondial Une perturbation de la production vénézuélienne serait d’autant moins problématique qu’il y a abondance de pétrole dans le monde. Depuis plusieurs mois, un surplus est annoncé en ce début d’année 2026, en raison d’une moindre demande liée à la saison hivernale, et de la mise sur le marché ces derniers mois d’une partie des volumes que plusieurs pays de l’Opep+ avaient décidé de ne pas produire. Cet excédent, estimé par Kpler à environ 3 millions de b/j, au premier trimestre, est une des explications du niveau actuel des cours. Même si d’ici février, la production du Venezuela devait baisser encore de 100 000 à 200 000 barils – en raison notamment d’un manque de pétroliers disponibles, un nombre record étant aujourd’hui déjà chargés et en mer –, et atteindre les 600 000 barils par jour, cela ne devrait avoir qu’un impact très relatif sur les prix. Le cabinet Kpler estime que les risques géopolitiques que constituent la situation au Venezuela, en Iran, en plus de la guerre en Ukraine devraient continuer à soutenir les prix dans les prochains mois et les faire progressivement remonter au-dessus de 65 dollars le baril pour ne parler que du Brent, qui pourrait atteindre 67 dollars d’ici décembre. Un niveau qui est, par ailleurs, essentiel pour que les nouveaux forages de gaz de schiste soient à l’équilibre aux États-Unis, rappelle un des experts de Kpler. Quand la production remontera À moyen terme, les niveaux de production du Venezuela vont remonter, à la faveur des premiers investissements, tels que des réparations dans des usines exploitées par Chevron, la levée du blocus et l’obtention d’une nouvelle dérogation pour la compagnie américaine. La production pourrait revenir à près d’un million de barils par jour en l'espace de trois mois, selon Kpler. Pour faire un bond majeur dans la production, il faudra en revanche des années d’investissements considérables – une douzaine de milliards de dollars d’investissements nécessaires annuellement pendant 5 à 10 ans – pour retrouver une production digne des capacités du pays, explique Homayoun Falakshahi. Dans un scénario très optimiste, si des contrats sont signés d'ici à l'année prochaine avec des entreprises étrangères, les volumes pourraient atteindre, d'ici à trois ans, deux millions de b/j. L’impact sur les prix sera alors à reconsidérer, tout comme l’impact géopolitique d’une telle montée en puissance du Venezuela. Un empire pétrolier pour Donald Trump En mettant la main sur le pétrole vénézuélien, Donald Trump gagne en influence. C'est la thèse défendue par Javier Blas, spécialiste des questions énergétiques de l’agence Bloomberg et co-auteur du livre Un monde à vendre, publié aux éditions Novice. Le président américain a désormais, dit-il, un empire pétrolier, et « jamais aucun président américain n’a eu depuis Franklin Roosevelt un levier économique et politique si grand ». Son influence va maintenant de l'Amérique du Sud au Canada. Washington a les moyens, selon le chroniqueur, d’agir aujourd'hui plus ou moins directement sur 40 % de la production mondiale de pétrole et donc sur les prix. Un accès illimité aux réserves vénézuéliennes, inexploitées à ce stade, renforcerait encore plus ce pouvoir de Donald Trump lors d'éventuels futurs bras de fer avec ses adversaires...
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  • La Chine protège sa filière bovine avec une taxe à l'importation
    2026/01/07
    C'est une des résolutions de la Chine pour cette année 2026, et les deux prochaines qui suivent : taxer certaines importations de bœuf à 55 %. Le géant asiatique a pris cette mesure après avoir lancé une enquête fin 2024 et espère ainsi soutenir sa filière locale. L'amélioration du niveau de vie en Chine et la crise de la peste porcine ont fait augmenter la consommation de bœuf, considéré comme une viande de luxe. Les Chinois n'ont jamais mangé autant de viande bovine dans le pays que ces deux dernières années. La production nationale a augmenté pour accompagner ces nouveaux besoins mais elle n'est pas suffisamment compétitive face aux importations qui ont triplé depuis 2019. Et ce notamment parce que les élevages chinois doivent importer une partie de l'alimentation du bétail, explique Jean-Paul Simier, expert de la filière viande. C'est ce qui explique les mesures protectionnistes que vient de prendre la Chine, via des quotas évolutifs imposés à ses principaux fournisseurs, quotas au-delà desquels les pays concernés pourront continuer à exporter en Chine mais avec une surtaxe de 55 %. À lire aussiPékin adoucit ses taxes sur le porc européen, un signal d'apaisement avec l'UE Trois pays pénalisés Les pays les plus touchés seront les trois premiers fournisseurs de l'Empire du Milieu qui se voient imposer un quota plus bas que ce qu'ils ont réussi à vendre en 2025. Le plus impacté pourrait être le Brésil, qui a vendu plus de la moitié de son bœuf destiné à l'export vers la Chine et qui hérite d'un quota de 1,1 million de tonnes, soit un tiers de moins que ce qu'il a exporté de janvier à novembre 2025, selon Bloomberg. L'Association des conditionneurs de viande réfrigérée du pays a indiqué que cette nouvelle politique pourrait entraîner jusqu'à trois milliards de dollars de pertes cette année, rapporte l'Agence d'information économique. En deuxième place, on trouve l'Argentine où le quota est fixé à 500 000 tonnes, puis suit l'Australie avec un quota de 200 000 tonnes. Le Conseil australien de l'industrie de la viande se dit très préoccupé et craint une réduction d'environ un tiers de ses exportations vers la Chine. Quel effet sur les prix aux États-Unis ? Les autres pays comme les États-Unis n'ont pas autant de raison de s'inquiéter car leur quota autorisé est plus élevé que ce qu'ils ont vendu sur la dernière année au géant asiatique. Cette mesure, qui pénalise les grands fournisseurs de la Chine, devrait néanmoins remettre des volumes en circulation sur le marché mondial. Ce que l'Australie ne vendra pas à la Chine, elle pourrait le rediriger en partie vers les États-Unis qui sont en déficit de bœuf et où les prix ont augmenté de 30 %, mais aussi vers le Japon, la Corée du Sud et le Vietnam, d'autres importateurs de bœuf en Asie du Sud-Est. Le Brésil pourrait se tourner un peu plus vers le marché européen. Rien ne dit en revanche que cela suffise à faire baisser les prix, car les facteurs de hausse sont toujours nombreux, mais la décision chinoise permettra peut-être d'éviter qu'ils ne grimpent plus, notamment aux États-Unis, explique Jean-Paul Simier. À lire aussiLa crise du bœuf américain profite aux exportations d'Australie
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