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Chronique des matières premières

Chronique des matières premières

著者: RFI
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概要

Céréales, minerais ou pétrole, les ressources naturelles sont au cœur de l’économie. Chaque jour, la chronique des matières premières décrypte les tendances de ces marchés souvent méconnus.

France Médias Monde
経済学
エピソード
  • Les prix du cuivre tirés vers le bas par la guerre au Moyen-Orient
    2026/03/24
    La guerre en Iran a un impact sur les cours de nombreuses ressources naturelles, renversant parfois totalement une tendance de prix bien ancrée depuis des mois. C'est le cas pour le cuivre, un des métaux qui conduit le mieux l'électricité, utilisé aussi bien dans les moteurs, les câbles, les ordinateurs ou encore les batteries. Depuis le début du conflit, le cuivre a baissé d'environ 10 %. Le conflit, et la hausse des cours du pétrole qui va avec, alimentent la crainte d'une baisse de l'activité économique et d'une hausse de l'inflation. C'est précisément ce qu'illustre aujourd'hui le cours de Dr Copper, comme on le surnomme en anglais, car le cuivre est directement touché en cas de ralentissement de l'activité immobilière et manufacturière. Même si la possibilité d'une désescalade a suffi à faire sursauter les cours, en début de semaine, cela n'a pas duré. Ils sont pour l'heure toujours guidés par les risques macroéconomiques. Une baisse du prix du cuivre à 11 000 dollars la tonne est à prévoir dans les trois prochains mois selon les analystes financiers de Citigroup qui tablaient encore, fin février, sur un cuivre à 14 000 dollars la tonne. Les cours reflètent aussi les stocks élevés présents dans les entrepôts de la Bourse des métaux de Londres. Les réserves du London Metal Exchange (LME) sont à leur plus haut niveau depuis près de huit ans. Reprise des achats en Chine Ces facteurs baissiers sont contrebalancés par une force opposée. Les achats ont en effet fortement repris en Chine, le plus gros importateur de cuivre au monde. Or selon une mécanique bien rodée, quand l'économie ralentit, et la demande baisse, les cours se replient, ce qui devient alors plus intéressant pour les acheteurs. La chute des cours du métal rouge sous le seuil symbolique de 100 000 yuans la tonne – environ 14 500 dollars – a stimulé la demande intérieure, et ce d'autant plus qu'après les vacances du Nouvel An lunaire, les transformateurs sont revenus aux achats. Résultat, les stocks de cuivre chinois ont baissé de 78 000 à 79 000 tonnes en une seule semaine selon Raghav Jain, chef analyste du marché du cuivre pour Argus Media Europe, soit la plus forte baisse hebdomadaire en un an. « Les achats chinois soutiennent le marché et devraient limiter la baisse, mais ne l'élimineront pas », souligne cependant l'expert. À lire aussiPar crainte de manquer de cuivre, la Chine relève sa prime à l'achat Demande à moyen terme toujours forte À moyen et long terme, la demande en cuivre reste orientée à la hausse car c'est un métal clé de la transition énergétique. Plus on va vers l'électrification, plus on a besoin de cuivre. On en trouve dans les panneaux solaires, les batteries des voitures électriques ou encore les éoliennes. Le cuivre est aussi stratégique pour la construction des serveurs des centres de données. « Structurellement, les perspectives haussières à long terme restent solides, mais elles sont éclipsées à court terme par les risques macroéconomiques », confirme Argus Media. Métaux industriels en baisse La pression sur le cuivre s'exerce aussi sur d'autres métaux industriels car quand l'activité économique tourne au ralenti, les besoins diminuent. Les investisseurs changent aussi de stratégie et jouent la prudence. Le cuivre, l'étain, l'aluminium ou encore le nickel, liés à la bonne santé du secteur de l'industrie, ont tous vu leur cours baisser depuis le début de la guerre en Iran. Les analystes de la banque ING prévoient que la baisse des prix des métaux industriels se poursuivra tant que le détroit d'Ormuz restera fermé. À lire aussiGuerre au Moyen-Orient: comment la hausse de l'énergie fait craindre un retour de la stagflation
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  • Le prix du sucre tiré vers le haut par la hausse des coûts de l'énergie
    2026/03/23

    Les cours du sucre blanc atteignent leur plus haut niveau en cinq mois. Comme d'autres matières premières, ils sont entrainés par les bouleversements liés à la guerre en Iran. Le sucre est notamment directement sensible à la hausse des coûts de l'énergie.

    Le sucre est directement sensible à la hausse des coûts de l'énergie. Un baril qui grimpe fait toujours monter le prix des biocarburants et c'est ce qui s'est passé : la hausse du pétrole ces dernières semaines a fait grimper l'éthanol à 80 centimes le litre, soit 10 de plus qu'avant la guerre. Ce prix est incitatif pour l'industrie sucrière, qui peut être tentée de transformer plus de betteraves en éthanol, au détriment du sucre.

    Ce qui est valable en Europe l'est aussi au Brésil. Le pays va ouvrir sa nouvelle campagne dans un mois, et pourrait arbitrer en faveur de l'éthanol. « Les marchés financiers anticipent déjà une baisse des volumes de sucre brésilien qui seront mis sur le marché », explique Timothé Masson, secrétaire général de l'Association mondiale des planteurs de betteraves et de cannes à sucre. Le pays est le mastodonte du secteur et ses décisions pèsent forcément sur les cours.

    Le réal plus fort face au dollar

    La monnaie brésilienne est aussi un facteur de hausse de prix. Le sucre se vend en dollars, comme de nombreuses matières premières, or le réal s'est renforcé ces derniers mois : pour un dollar, il faut environ 5,3 réal, contre 6 il y a un an.

    Cette situation impose aux Brésiliens de monter leur prix, en dollar, pour toucher le même montant dans leur monnaie, et un sucre brésilien plus cher fait grimper les cours mondiaux.

    À lire aussiLes prix du sucre en baisse, aidés par le pétrole et le Brésil

    Moins de sucre raffiné du Golfe

    Un autre facteur pèse directement sur les prix, c'est le blocage des exportations de sucre blanc de la région du Golfe. Plusieurs pays de la zone importent du sucre brut, souvent du Brésil, car c'est le moins cher, et le réexportent une fois raffiné. Dubaï a ainsi importé l'année dernière 2,4 millions de tonnes de sucre roux, et réexpédié plus de 2 millions de tonnes de volumes raffinés, en direction notamment de la Chine et de l'Afrique du Sud.

    Si la crise continue, les acheteurs qui s'approvisionnaient avec ce sucre blanc du Golfe vont devoir trouver d'autres fournisseurs et le Brésil devra chercher d'autres débouchés. Dans l'immédiat, le marché se trouve privé du sucre blanc bloqué dans les raffineries du Moyen-Orient, ce qui joue également sur les prix.

    À lire aussiLa baisse des prix du sucre pèse sur la production européenne

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  • La Chine limite les exportations d'engrais au profit de ses agriculteurs
    2026/03/22

    Le blocage du détroit d'Ormuz bouleverse le secteur des engrais. Les pays producteurs qui le peuvent sécurisent leur approvisionnement en vue des prochains semis. C'est le cas de la Chine, deuxième exportateur d'intrants, derrière la Russie. Pour limiter les risques, la Chine a décidé de limiter un peu plus ses exportations.

    Cette décision s'ajoute à des restrictions qui étaient déjà entrées en vigueur à l'automne dernier, rappelle Global Sovereign Advisory, dans une de ses dernières notes. Pas un kilo d'urée n'est sorti de Chine depuis octobre 2025, et ça ne va pas changer, résume Michaël Sebag, négociant en engrais pour Orcom à Genève. Pour les engrais phosphatés, seuls deux types très peu utilisés sur le marché local chinois étaient autorisés jusque-là, mais désormais, quelle que soit la formule chimique, la Chine préfère tout garder.

    Avant de restreindre un peu plus les exportations, les autorités ont déjà demandé, la semaine dernière, aux entreprises qui stockent des engrais pour le compte de l'État de libérer, plus tôt que prévu, les volumes nécessaires aux semis de printemps. « ​​​​​​Jusqu'au mois de mai, on est dans le pic de la saison d'utilisation des engrais, en Chine, et en particulier des engrais azotés », explique notre interlocuteur. Le géant asiatique met donc tout en place pour que les intrants soient disponibles et au prix le plus bas possible.

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    La Chine inquiète pour son soufre

    Avec la guerre en Iran, la Chine s'est retrouvée privée du soufre qu'elle importait du Moyen-Orient. Le soufre sert à fabriquer l'acide sulfurique qui entre dans la composition de plusieurs engrais et jusque-là, le Moyen-Orient fournissait plus de 50% des besoins chinois.

    Le début de la guerre a fait grimper les prix un peu partout. Une très mauvaise nouvelle donc pour l'empire du Milieu qui, depuis 7 à 8 mois, paye déjà son soufre plus cher, en raison de perturbations sur la production russe de soufre. La Russie, qui était un exportateur historique, est devenue un importateur en raison des attaques répétées de Kiev sur ses raffineries de pétrole.

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    L'Inde et le Brésil pénalisés

    Les restrictions chinoises vont inévitablement accentuer les difficultés pour les importateurs. C'est vrai en particulier pour l'Inde qui achète environ 10 % de ses engrais à la Chine et qui se retrouve directement pénalisée. Un vent de panique touche aussi le Brésil, explique Michaël Sebag, car le pays est un acheteur important d'engrais phosphatés chinois.

    Selon les chiffres de 2024, la Chine était le troisième fournisseur d'engrais de l'Afrique, derrière la Russie et le Maroc. Selon Global Sovereign Advisory, le continent pourrait donc évidemment aussi souffrir de nouvelles règles mises en place par Pékin.

    À lire aussiGuerre au Moyen-Orient: l'impact sur l'importation d'engrais et d'aliments en Afrique

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