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Menaces sur l’information

Menaces sur l’information

著者: RFI
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概要

Chaque année, la liberté de la presse est soumise à une pression croissante à travers le monde. Selon le dernier rapport de l'ONG Reporter sans Frontière, publié en mai 2024, plus de la moitié de la population mondiale vit dans des environnements extrêmement hostiles à la liberté d'expression journalistique, où exercer ce métier représente un danger pour la vie et la liberté. Pour illustrer ce constat alarmant, la chronique « Menaces sur l'Information » vous invite à découvrir les défis auxquels sont confrontés les journalistes dans le monde, à travers des portraits de ceux qui ont affronté la répression de la liberté d'expression et qui y ont parfois laissé la vie. Chaque récit met en lumière les enjeux cruciaux de notre époque pour une presse libre et indépendante.

Diffusion : tous les samedis à 6h17, 7h53 et 18h17 TU.

France Médias Monde
社会科学
エピソード
  • Mozambique: Forbidden Stories, enquête sur la mort d'un blogueur
    2026/11/07

    Menaces sur l'information revient ce matin sur une mort en direct, celle de Mano Shottas, fin 2024, au cours d'une manifestation contre la pollution au minerai de chrome. Dans ce volet d'une enquête plus large sur les entraves à la liberté des journalistes au Mozambique, Forbidden Stories, organisation qui poursuit le travail de journalistes assassinés, s'est penchée sur la mort de ce jeune blogueur et a poursuivi son travail.

    Des images mouvementées diffusées en direct sur Facebook, dans la rue d'à côté des nuages de gaz lacrymogènes, en face du blogueur les forces de l'ordre... En fonds sonore des tirs d'armes à feu, et puis cet écran noir avant de voir le visage de Mano Shottas, à terre. « On m'a tiré dessus et ils continuent de tirer » commente alors Mano Shottas, Albino Sibia de son vrai nom, mort peu après.

    Pour Forbidden Stories, Alexander Abdelilah a essayé de faire la lumière sur sa mort. « J'ai analysé les images qu'on voit dans sa vidéo et j'ai réussi à placer sur une carte la position du blogueur au moment des tirs et la position des policiers. Et ensuite, on a soumis la bande son de cette vidéo à un expert en analyse audio et balistique, qui, lui, nous a aidés à déterminer la zone approximative dont pourrait venir les tirs. Les policiers se trouvent bien dans la zone dont pourraient venir les tirs qui ont visé le blogueur ». À ce jour, malgré un dépôt de plainte contre l'État, aucune enquête n'a été ouverte.

    Le blogueur documentait régulièrement les diverses manifestations notamment post-électorales... Ce jour-là, près de la frontière avec l'Afrique du Sud, les citoyens protestaient en particulier contre la pollution laissée par le ballet incessant de camions transportant des minerais de chrome. Alors Alexander Abdelilah a enquêté sur cette pollution. « C'est à la fois des camions qui s'arrêtent sur le bord de la route pour rebâcher. Ils en profitent pour nettoyer les bennes et enlever tout ce qui reste. Parfois c'est des camions qui vont à des stations de lavage, et là, pareil, tous les minerais sont balancés dans les sols, avec l'eau de lavage ».

    « J'ai rarement parlé à des gens qui avaient peur à ce point-là »

    Le chrome peut être toxique pour l'homme et les végétaux. Mais les conséquences potentielles sont peu ou pas documentées localement. En partie, en raison de l'omerta qui règne. Alexander Abdelilah n'a obtenu presque que des témoignages anonymes. « J'ai rarement parlé à des gens qui avaient peur à ce point-là. Les menaces qu'ils ont reçus, ce sont des menaces vraiment sérieuses. C'est vraiment des gens qui vous appellent, vous disent "je sais où vit ta famille, je sais qui sont tes enfants, arrête de parler de ça" ».

    D'où viennent les menaces ? Aucune certitude. Ce qui est sûr c'est que ce commerce génère beaucoup d'argent. « À la frontière, il y a plus de 1000 camions par jour en moyenne qui traversent chargés de minerais d'Afrique du Sud. Le chrome qui vient d'Afrique du Sud, qui quitte le continent via le port de Maputo, ça représente trois quarts du chrome produit dans le monde. Donc c'est vraiment une industrie importante qui vaut plusieurs milliards d'euros ».

    Alexander Abdelilah n'a obtenu aucune réaction de la part des autorités mozambicaines. Côté sud-africain, les autorités environnementales assurent continuer à enquêter, mais explique qu'il est difficile de constater les déchargements sauvages qui auraient souvent lieu la nuit.

    ► L'enquête sur la mort de Mano Shottas est à retrouver sur le site Forbiddenstories.org

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  • Somalie: les journalistes pris pour cibles pour avoir raconté l’histoire de Sadia
    2026/10/31

    Elle est aujourd’hui libre, après plusieurs mois de détention. En Somalie, Sadia Moalim Ali, conductrice de taxi et militante, dénonçait sur les réseaux sociaux la hausse des prix, les expulsions forcées et les violences faites aux femmes. Elle affirme avoir été torturée en prison. Les journalistes qui ont osé raconter son histoire sont devenus à leur tour des cibles. L’un d’eux a dû fuir le pays. Le récit de Christina Okello.

    Le 8 mai 2026 reste gravé dans la mémoire de Mohamed Bulbul. Ce journaliste somalien couvre l’affaire Sadia Moalim Ali. Ce soir-là, il est avec deux confrères. Il raconte : « Nous avons été attaqués dans un restaurant à Mogadiscio. Nous avons été violemment frappés, puis conduits au bureau du chef de la police. Là on m'a laissé le choix entre trois options : travailler avec eux et accepter leur argent ; quitter le pays ; ou, si je refusais les deux, être tué. »

    Mohamed Bulbul décide de quitter la Somalie. Il laisse derrière lui ses parents et ses deux enfants.

    Son tort ? Avoir raconté l’histoire de Sadia Moalim Ali, une conductrice de taxi arrêtée après avoir dénoncé sur les réseaux sociaux la hausse des prix et les abus du pouvoir. Elle affirme avoir été torturée en prison. Son témoignage est relayé dans la presse internationale.

    À lire aussiSomalie: colère suite à la violente répression de manifestations contre des expulsions dans la capitale

    Le 25 juin, les pressions touchent aussi les journalistes venus couvrir son procès. Abdalle Mumin, secrétaire général du Syndicat des journalistes somaliens, raconte l’arrestation de son confrère Abdukadir Abukar Ali : « Il a été arrêté par la police au contrôle de sécurité du tribunal. Son téléphone et sa caméra ont été confisqués. Il a été emprisonné et interrogé, puis libéré après trois jours. Il nous a expliqué pourquoi il avait été arrêté. Ce matin-là, dans une courte vidéo sur l’affaire Sadia, il avait posé une question : aurait-elle droit à un procès équitable ? »

    Ce jour-là, Sadia Moalim Ali est condamnée à trois ans de prison. La condamnation sera annulée en appel. Libérée début août, elle quitte elle aussi le pays. Mais pour les journalistes restés sur place, la peur demeure.

    Abdalle Mumin : « Des journalistes, dont mes collègues, s’autocensurent pour éviter les problèmes avec la police, les milices ou les autorités locales. Cela a aussi un impact sur les droits humains. Quand les journalistes ont peur de couvrir certains sujets, plus personne n’ose parler. »

    Pour continuer à enquêter librement sur les abus du pouvoir, les journalistes en Somalie n’ont plus d’autre choix que l’exil, déplore Abdalle Mumin.

    Sadia Moalim Ali, elle, mesure ce qu’elle doit à ceux qui ont raconté son histoire. « Sans vous, je ne serais pas libre aujourd’hui. Si vous n’aviez pas rapporté les faits avec exactitude et dit la vérité sur mon affaire, si vous n’aviez pas fait connaître au monde l’injustice que je subissais, je n’aurais pas retrouvé ma liberté. Je veux que les journalistes continuent à raconter l’histoire de tous ceux qui ont été injustement privés de leur liberté. »

    En Somalie, informer a un coût. Le silence aussi.

    À lire aussiSomalie: manifestation et indignation après un viol filmé et diffusé sur les réseaux sociaux

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  • Présidentielle au Brésil: la presse craint une victoire de Flavio Bolsonaro
    2026/10/23

    Ce dimanche 25 octobre 2026, s'affronteront au Brésil le président sortant de gauche, Lula, et le candidat d’extrême droite, Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro. Dans les médias brésiliens, l’inquiétude grandit face au risque d’un retour de l’autoritarisme et à ses conséquences pour la liberté de la presse. D’autant que, pendant cette campagne, plusieurs journalistes ont été la cible d’attaques.

    De notre envoyé spécial au Brésil,

    La semaine dernière, 55 médias indépendants brésiliens en ligne ont publié un éditorial commun pour défendre la démocratie et la liberté de la presse. Leurs craintes : voir reprendre les représailles et les intimidations dont les médias ont été victimes sous la présidence de Jair Bolsonaro si son fils Flavio est élu. Une inquiétude justifiée selon Artur Romeu, directeur du bureau Amérique latine de Reporters sans frontières. « La candidature de Flavio Bolsonaro reprend en grande mesure l’héritage politique de son père et capitalise sur cet héritage, souligne-t-il. Et il incarne en fait le mouvement de l’extrême droite, aussi incarné par le bolsonarisme, par ce qu’a représenté Jair Bolsonaro dans le paysage politique brésilien. »

    Selon la Fédération nationale des journalistes brésiliens, plus de 1 400 cas de violence et d’agressions contre des journalistes ont été recensés sous la présidence de Jair Bolsonaro entre 2019 et 2022. C’est trois fois plus que les années précédentes. Et cette violence, notamment verbale, a de nouveau marqué la campagne présidentielle. C’est ce qu’a constaté Reporters sans frontières en surveillant les plateformes X et Instagram. « Nous avons répertorié autour de 3,5 millions de publications sur ces deux réseaux sociaux et, dans cet univers, plus de 14 000 attaques : stigmatisations, attaques verbales, insultes, tout ce que vous pouvez imaginer en termes de discours violent vis-à-vis de la presse, alerte Artur Romeu. Donc plus de 14 000 publications qui portaient ce discours. »

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    « Des lynchages en ligne »

    Les conséquences de ces attaques verbales et de ces intimidations étaient déjà visibles sous le gouvernement de Jair Bolsonaro. De nombreux journalistes ont notamment dû renoncer à publier certains contenus sur les réseaux sociaux. « C’était assez impressionnant à quel point pas mal de journalistes ont dû fermer leurs comptes sur les réseaux sociaux pour échapper à des lynchages en ligne », poursuit le directeur du bureau Amérique latine de Reporters sans frontières.

    Dans leur éditorial commun, les 55 médias rappellent une évidence : pour juger l’action d’un gouvernement, les citoyens ont besoin d’une presse libre. Et cette presse a besoin d’institutions capables de protéger son travail. Flavio Bolsonaro, lui, n’a pas réagi publiquement à cet éditorial.

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