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Menaces sur l’information

Menaces sur l’information

著者: RFI
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10月19日まで。※適用条件あり

Chaque année, la liberté de la presse est soumise à une pression croissante à travers le monde. Selon le dernier rapport de l'ONG Reporter sans Frontière, publié en mai 2024, plus de la moitié de la population mondiale vit dans des environnements extrêmement hostiles à la liberté d'expression journalistique, où exercer ce métier représente un danger pour la vie et la liberté. Pour illustrer ce constat alarmant, la chronique « Menaces sur l'Information » vous invite à découvrir les défis auxquels sont confrontés les journalistes dans le monde, à travers des portraits de ceux qui ont affronté la répression de la liberté d'expression et qui y ont parfois laissé la vie. Chaque récit met en lumière les enjeux cruciaux de notre époque pour une presse libre et indépendante.

Diffusion : tous les samedis à 6h17, 7h53 et 18h17 TU.

France Médias Monde
社会科学
エピソード
  • Milices numériques anti-journalistes au Burkina Faso
    2026/09/12

    Menaces sur l’information s’intéresse aujourd’hui au harcèlement des journalistes dans l’Alliance des États du Sahel (AES). Au Burkina Faso et au Mali, des réseaux de soutien à la junte utilisent les réseaux sociaux pour désigner des journalistes comme des ennemis. En mai 2026, Reporters sans frontières (RSF) a enquêté sur l’un de ces réseaux au Burkina Faso. Derrière les vidéos de propagande et les campagnes de harcèlement, certains journalistes ont été envoyés de force sur le front, voire emprisonnés. Amadou Diorouga Balde, pour RFI.

    Quarante ans de carrière, Issaka Lingani est directeur de publication de l’hebdomadaire L’Opinion, au Burkina Faso. À Ouagadougou, cet éditorialiste est connu pour son franc-parler contre le régime d’Ibrahim Traoré. Issaka est l’une des premières cibles du BIR-C : le Bataillon d’intervention rapide de la communication. Un réseau hybride, difficile à cerner, mais aux méthodes bien identifiées : propager, désigner des cibles, harceler.

    « Je recevais par jour une cinquantaine, une centaine d'appels, d'injures, de menaces et aussi des menaces physiques. Et on peut dire que ce sont véritablement des indicateurs, des indicateurs, des cibles de répression du pouvoir. Parce que moi, j'ai été par la suite réquisitionné pour aller servir au front à la suite d'une émission », raconte-t-il.

    L’émission s’appelle « Presse Échos » sur BF1 TV, c’est l’une des plus populaires au Burkina Faso. Et les menaces contre lui vont ensuite se traduire en actes : des ordres de réquisition. « La dernière excuse que j'ai eu à recevoir, c'était d'un individu et qui dit : "Bon, si j'étais Ibrahim Traoré, j'allais vous envoyer chercher tout de suite". La semaine qui suivait, j'ai été réquisitionné pour aller servir, tenez-vous bien, dans le village du président pour aider à la libération de la patrie », explique-t-il. Pour lui, le lien est direct.

    Issaka Lingani, lui, prend le chemin de l’exil. D’autres n’en ont pas eu la possibilité. Malgré une décision de justice déclarant ces réquisitions illégales, certains, comme Yacouba Ladji Bama, fondateur du média Bam Yinga, sont envoyés de force au front pendant plus de dix mois. Selon Reporters sans frontières, derrière ces réquisitions, le BIR-C joue un rôle central. Deux comptes Facebook se distinguent : Wangrin Zerbo, 59 000 abonnés, et Bationo de Kyon, plus de 223 000.

    À lire aussiBurkina Faso: les journalistes désormais contraints de suivre une formation militaire

    « C'est le cas d'Adama Siguiri aussi, qui se présente comme un écrivain, précise Arnaud Froger, responsable du pôle investigation de Reporters sans frontières, a mené l’enquête. Le ministre de la Défense fait partie également des membres actifs d'un point de vue coordination de cette milice numérique, qui opère à la fois sur le terrain de la désinformation et de la propagande, mais aussi sur le terrain du harcèlement numérique. »

    L’enquête remonte en effet jusqu’aux cercles du pouvoir. Après des raids numériques visant la journaliste de Sky News, Yousra Elbagir, le numéro du ministre de la Défense, Célestin Simporé, apparaît dans des conversations d’un groupe WhatsApp attribué au BIR-C par plusieurs sources. À ce stade, aucun élément ne permet toutefois d’établir un financement ou un soutien officiel de l’État à ce réseau.

    « Ce qui est certain, c'est qu'il y a non seulement un soutien explicite des autorités, mais il y a même une forme d'encouragement au développement de ce type d'activités », ajoute Arnaud Froger.

    Le gouvernement a, en revanche, salué le rôle du BIR-C après la publication de l’enquête de RSF. Et le phénomène dépasse désormais les frontières du Burkina Faso. Au Mali voisin, d’autres réseaux pro-junte participent à la même mécanique : faire taire par la pression, harceler pour faire taire.

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  • Une «guerre cognitive»: comment Moscou forme des journalistes étrangers pour exercer une influence durable
    2026/09/19

    Former des journalistes étrangers, leur apprendre à produire davantage de contenus grâce à l’intelligence artificielle et diffuser ainsi les récits du Kremlin jusque dans des pays où les médias russes sont sanctionnés... Selon un rapport de l’Institut américain pour l’étude de la guerre (ISW), Moscou construit un réseau mondial de professionnels des médias, notamment en Afrique et en Asie. Une stratégie d’influence pensée sur plusieurs générations, une stratégie connue sous le nom de « guerre cognitive ».

    Ils sont étudiants, journalistes, influenceurs sur les réseaux sociaux. Ils viennent d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine ou encore de l’ex-espace soviétique. Et ils sont de plus en plus nombreux à suivre les formations proposées par les médias d’État russes.

    SputnikPro, le projet d'éducation lancé par l'agence russe interdite de diffusion en Europe, se vante ainsi d'avoir formé plus de 15 000 journalistes depuis 2018. L'académie de Russia Today, autre média d'État russe sanctionné en Occident, affirme en avoir formé plus de 7 000 depuis son lancement en 2024.

    Pour Nataliya Bugayova, directrice du rapport et chercheuse à l’Institut américain pour l’étude de la guerre, ce réseau est désormais au cœur de la stratégie d’influence du Kremlin : « La Russie tente de constituer un réseau mondial de personnes qui diffuseront des messages en son nom, même lorsque les médias russes font l'objet de restrictions ou de sanctions. »

    L’objectif dépasse la simple désinformation, dit-elle, Moscou cherche à influencer la manière dont les publics analysent les événements et, à terme, leurs décisions. En Afrique et en Asie, ces formations servent notamment à discréditer l’Occident ou à imposer le récit russe sur la guerre en Ukraine.

    L’IA, nouvel outil d’influence

    Et depuis deux ans, un nouvel outil prend une place centrale : l’intelligence artificielle. Sur au moins 50 formations organisées entre 2025 et 2026, la moitié comprenait un module consacré à l’IA : création de contenu, gestion des réseaux sociaux, accélération des tâches éditoriales.

    « L’intégration de l’IA peut permettre à la Russie d’augmenter sa production de contenus et de diffuser les récits du Kremlin à une échelle bien plus vaste », explique Nataliya Bugayova.

    Former les jeunes pour durer

    Autre priorité : les jeunes. Rien qu’au premier semestre 2026, Sputnik Pro et l'Académie Russia Today ont organisé au moins 14 formations dans des universités étrangères, notamment en Chine, en Tanzanie, au Niger ou aux Philippines. Certains des meilleurs participants peuvent ensuite décrocher un emploi dans un média lié au Kremlin. « La guerre cognitive russe s’inscrit sur plusieurs générations. Certains récits officiels peuvent rester en sommeil pendant des années, puis être réactivés au moment opportun. »

    Une influence de long terme, donc, portée non plus seulement par des médias russes clairement identifiés, mais par des voix locales, formées par Moscou et beaucoup plus difficiles à repérer.

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  • Au Venezuela, le séisme a révélé une censure toujours bien présente
    2026/08/29

    Au Venezuela, le double séisme qui a gravement touché, le 24 juin dernier, plusieurs régions du centre et de l’ouest du pays, a fait au moins 6 509 morts, selon un nouveau bilan du gouvernement par intérim. Mais aussi des milliers de disparus et d’importants dégâts. Une catastrophe que les populations affrontent avec un accès toujours limité à une information libre et indépendante. Car malgré la disparition du président Nicolas Maduro, enlevé par les États-Unis le 3 janvier dernier, la censure n’a pas disparu. Les associations de journalistes dénoncent des années de contrôle de l’information et de répression du journalisme. Elles appellent les autorités à rétablir en urgence l’accès aux médias et aux outils d’information.

    « Je suis certaine que si le séisme avait eu lieu avant le 3 janvier, la limitation d’accès aux zones sinistrées aurait été pire que ce que nous avons connu. Le contraste était saisissant. Nous, les journalistes, avons pu y accéder... », explique Delvalle Canelón, secrétaire de l’Ordre des journalistes du Venezuela. Il le reconnaît : avant le 3 janvier 2026, date de l’enlèvement de Nicolas Maduro par les États-Unis, jamais les journalistes n’auraient pu accéder aux zones sinistrées comme ils ont pu le faire après le séisme du 24 juin dernier.

    Mais cette ouverture nouvelle ne signifie pas la fin de la censure. La répression des journalistes et le contrôle de l’information, qui durent depuis de nombreuses années au Venezuela, n’ont pas disparu depuis que Delcy Rodríguez assure l’intérim du pouvoir. C’est ce qu’explique Alicia Quiñones, de PEN International, une organisation qui lutte pour la protection de la liberté d’expression dans le monde : « Même si on observe certains progrès, il y a toujours un dispositif mis en place contre la liberté d’expression, et qui s’inscrit dans un cadre juridique : c’est ce qui permet au gouvernement vénézuélien de restreindre et de criminaliser l’exercice de la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique. Ce système perdure et existe toujours ».

    Blocages des sites d'information

    Le séisme a exacerbé ces restrictions. Si Twitter a été partiellement débloqué, permettant aux journalistes et aux citoyens de s’informer rapidement après le séisme, au moins 65 sites d’information nationaux et internationaux restent bloqués dans le pays, explique Alicia Quiñones : « Nous avons recensé des blocages de sites d’information, de réseaux sociaux, d’applications de messagerie, des mesures de surveillance à l’encontre de personnes, des piratages, des logiciels malveillants, des attaques, des usurpations d’identité et des cas de "doxing" visant les voix critiques, y compris celles des journalistes. Lorsqu'il y a eu le tremblement de terre, les autorités vénézuéliennes ont fait ce qu’elles savent si bien faire : contrôler l’information. Bloquer les sites d’information. Et ces blocages ne portent pas seulement atteinte à la liberté d’expression – ce qui est une atteinte aux journalistes –, mais aussi au droit à l’information. Dans un contexte comme celui d’un tremblement de terre, cela peut s’avérer catastrophique, l'information peut réellement sauver des vies. C'est essentiel pour les citoyens d’avoir accès à l’information ».

    L’association Reporters sans frontières appelle les autorités à tout mettre en œuvre pour rétablir en urgence l’accès aux médias et aux outils d’information. Mais l’accès au pays reste lui aussi limité pour la presse internationale. Si beaucoup de journalistes étrangers ont finalement pu entrer au Venezuela après le séisme, RSF assure que l’incertitude demeure sur l’obtention des visas, des accréditations, des autorisations de déplacement et l’accès aux zones sinistrées.

    À lire aussiVenezuela: un mois après les séismes, le pays tente de se relever

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