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Menaces sur l’information

Menaces sur l’information

著者: RFI
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概要

Chaque année, la liberté de la presse est soumise à une pression croissante à travers le monde. Selon le dernier rapport de l'ONG Reporter sans Frontière, publié en mai 2024, plus de la moitié de la population mondiale vit dans des environnements extrêmement hostiles à la liberté d'expression journalistique, où exercer ce métier représente un danger pour la vie et la liberté. Pour illustrer ce constat alarmant, la chronique « Menaces sur l'Information » vous invite à découvrir les défis auxquels sont confrontés les journalistes dans le monde, à travers des portraits de ceux qui ont affronté la répression de la liberté d'expression et qui y ont parfois laissé la vie. Chaque récit met en lumière les enjeux cruciaux de notre époque pour une presse libre et indépendante.

Diffusion : tous les samedis à 6h17, 7h53 et 18h17 TU.

France Médias Monde
社会科学
エピソード
  • Des journalistes victimes de la grogne des agriculteurs en France
    2026/01/24

    Depuis le début du mois de décembre, la France est en proie à une vraie grogne des agriculteurs. Bouleversés par l'épidémie de dermatose nodulaire, cette maladie infectieuse bovine qui décime leurs cheptels et révoltés par la signature du traité Mercosur entre l'Europe et l'Amerique du Sud. Les agriculteurs ont enchainé les manifestations, ainsi que les blocages d'autoroutes. Des rassemblements parfois très tendus face aux forces de l'ordre, mais aussi envers la presse. De nombreux cas d'agressions et de menaces à l'égard de journalistes ont été signalés durant ces rassemblements. Hugo de Waha a recueilli certains témoignages.

    Valentin Larquier, 28 ans, est journaliste pour la radio RTL. Un jour de décembre, il se rend, comme il en a l'habitude depuis le début de l'épidémie de dermatose nodulaire, sur un blocage d'une autoroute à la rencontre d'agriculteurs.

    « J'ai reconnu un agriculteur atteint de la dermatose nodulaire, j'ai essayé d'aller lui dire bonjour, et là il y a un de ses amis qui me hurle dessus en me disant de dégager, que je n'ai rien à faire là, que je l'embête. Il me prend par le col, il me repousse, il essaie de me mettre plusieurs coups de poing. Ses amis interviennent assez rapidement, le séparent, lui disent de se calmer. Ils me disent de partir. Je pense que s'il voulait me casser la figure et que s'il n'y avait pas eu d'intervention d'autres agriculteurs, carrément il me cassait la figure. Il était vraiment très très énervé

    Plus de peur que de mal pour ce journaliste, qui reste marqué par cet événement : « Ça ne m'était jamais arrivé de me faire agresser physiquement. J'ai fait beaucoup, beaucoup de sujets avec des agriculteurs, je n'ai jamais eu de problèmes avec eux. Ils étaient très compréhensifs, très gentils. Moi, j'ai réellement eu ce truc de… mais comment je vais faire pour y retourner ! Psychologiquement, j'avais du mal à m'imaginer retourner à l'endroit où c'est arrivé ! Je ne suis jamais retourné sur ce barrage-là. »

    À quelques kilomètres de là, Benjamin Calves, chef d'édition du journal local La Dépêche du Midi, a vu des agriculteurs répandre du lisier sur son bureau. Le lendemain, un homme était arrêté par la police, alors qu'il s'approchait dangereusement de ses bâtiments avec son tracteur : « Oui, ça a été un peu mal vécu dans le sens où, encore une fois, on est sur le terrain tous les jours. Après plusieurs semaines de mobilisations, il y a exactement une radicalisation pour certains. Ce que ne ressentaient pas les journalistes sur le terrain il y a quelques mois de ça ou en 2004, lors des premières mobilisations, c'est que certains acteurs de ces mobilisations qui ne veulent pas s'adresser aux médias. Non, vous êtes des médias, vous êtes à la solde du pouvoir ! Sinon, il n'y a pas de problèmes majeurs en tout cas, à l'heure actuelle, mais on sent une crispation, une radicalisation, pour certains une grosse défiance. »

    La presse locale ne semble plus être préservée de ce type de comportements, et ce malgré les liens qu'elle tisse avec les acteurs qui l'entourent. Alexandre Buizine, membre du SNJ, le syndicat national des journalistes, a répertorié une dizaine d'attaques contre la presse locale au cours du mois de janvier : « C'est assez nouveau, parce que la presse locale, c'est celle qui est au plus près du terrain et des agriculteurs, celle qui raconte la réalité quotidienne des agriculteurs. Voilà, c'est ce qui est d'autant plus incompréhensible. On s'en prend à la presse qui, entre guillemets, est la plus crédible, celle qui raconte au long cours la réalité des agriculteurs. Leurs difficultés notamment. On n'a pas d'explications. Il peut y avoir une part de désespoir de la part des agriculteurs, ça ne peut pas justifier ce qu'ils font. »

    Le syndicat national des journalistes rappelle que toute attaque physique ou verbale à l'égard d'un journaliste est punissable par la loi.

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  • En Birmanie: Sai Zaw écope de 20 ans de prison pour avoir fait du journalisme
    2026/01/17
    En Birmanie, la junte, arrivée au pouvoir en février 2021, a écrasé toute liberté de la presse. Sept journalistes ont été exécutés, plus de 200 emprisonnés, dont une cinquantaine encore derrière les barreaux. Dans ce pays, 169ème sur 180 au classement de Reporters sans Frontière pour la liberté de la presse, l’armée a rendu le métier de journaliste impossible. À l’occasion du scrutin en trois phases qui se déroule en ce mois de janvier, RFI a pu se rendre en Birmanie et a rencontré une proche d’un journaliste condamné à vingt ans de prison. Avant de claquer la porte de la voiture, Suzy (un nom d’emprunt) lance un regard derrière son épaule. Malgré le calme apparent des rues de Rangoun, la jeune femme est sur ses gardes. Parler aux médias étrangers de l’histoire de son cousin, Sai Zaw Thaike est un risque, aussi préfère-t-elle rester anonyme. Après sa prise de pouvoir dans un violent coup d’État le 1er février 2021, l’armée a rapidement détruit le vibrant paysage médiatique de la Birmanie. C’est dans la salle fermée d’un restaurant qu’elle livre l’histoire de son cousin, photo journaliste reconnu en Birmanie. La clandestinité pour pouvoir travailler « En mai 2023, lorsqu’un cyclone a frappé la Birmanie, il s'est rendu de Rangoun à Sittwe dans l’État de l’Arakan pour couvrir l’événement et documenter les dégâts sur place, se souvient, la jeune femme. Quelques jours après son arrivée. Il a été arrêté à Sittwe ». « Il n’y a eu ni enquête, ni interrogatoire. On ne l’a pas autorisé à engager un avocat, s’agace Suzy. Il a simplement été emprisonné puis envoyé à un tribunal militaire ». La sentence tombe : vingt ans de prison. Sai Zaw Thaike est déclaré coupable d’avoir « semé la peur, diffusé de fausses informations et travaillé pour un média interdit ». Le quadragénaire était photo-journaliste pour « Myanmar Now », un média indépendant, reconnu mais interdit par la junte. L’armée a fait une descente dans la rédaction puis révoqué son autorisation, poussant à l’exil la plupart de ses journalistes. Sai Zaw Thaike lui a continué à travailler à distance pour la rédaction installée en Australie. « Il a décidé de rester et de documenter la répression violente de la junte, racontait Swe Win, rédacteur en chef de Myanmar Now, à Amnesty International. Il passait d’une maison à l’autre comme un fugitif. Sai Zaw vivait et travaillait clandestinement à Yangon en tant que photo journaliste pour notre agence de presse ». Les renseignements militaires ont appris qu’il s’était déplacé dans l’Arakan pour couvrir les dégâts du cyclone, depuis il est emprisonné dans les geôles du régime. « Comme les autres journalistes ou prisonniers politiques il subit des mauvais traitements quotidiens, nous explique sa cousine, qui reçoit des nouvelles via sa famille proche. On va les forcer par exemple à transporter les seaux d’excréments humains, ou à les nettoyer. Il subit des violences corporelles quotidiennes, des gardiens comme des autres prisonniers ». Des conditions qui se sont durcies récemment selon elle : « En mars dernier, après une inspection de la commission des droits de l’homme, ils ont utilisé ce prétexte pour le torturer, car il n’avait pas donné de 'bonnes réponses' selon eux. Sûrement parce qu’il avait dit la vérité sur les conditions de vie dans la prison, sur les violations des droits qu’ils subissaient. On l’a forcé à dormir sur le béton nu, sans rien, sans moustiquaire. » Médiatiser la répression Sai Zaw Thaike est emprisonné dans l’immense complexe carcéral d’Insein, au nord de Rangoun. Une prison symbole de la violence de la junte, célèbre pour la torture et les violences subies par les milliers de prisonniers politiques qui y croupissent. « A chaque fois que le gouvernement annonce des amnisties de prisonniers, je vais attendre devant la prison. Mais tout ce que je vois c’est ce mur massif, silencieux et froid qui nous sépare et c’est juste déchirant, soupire Suzy. En janvier l’armée a annoncé 6.000 amnisties, mais Sai Zaw Thaike, est resté derrière les barreaux. J’imagine à chaque libération qu’il ressent la même chose. J’espère juste que son jour arrivera bientôt. Mais même quand la junte décide de libérer certains prisonniers pour se donner une bonne image. Ils le laissent toujours de côté ». Selon l'Association d'aide aux prisonniers politiques, une organisation indépendante qui recense de manière détaillée les arrestations et les victimes liées aux conflits politiques dans le pays, plus de 22 000 prisonniers politiques, dont l’ex-prix Nobel Aung San Suu Kyi, étaient encore détenus ce 16 janvier. « À chaque fois que l’on parvient à recevoir un message de sa part, il demande que l’on médiatise son histoire, raconte Suzy. Selon lui, c’est le seul ...
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  • Présidentielle en Ouganda: journalistes sous pression, entre violences, autocensure et guerre numérique
    2026/01/10
    À quelques jours du scrutin du 15 janvier, plusieurs reporters ougandais disent travailler dans un climat de peur. L’agression du journaliste Ivan Mbadi, lundi 5 janvier, alors qu’il couvrait la campagne de l’opposant Bobi Wine, illustre une dérive documentée depuis des années par les défenseurs de la liberté de la presse. Sur une vidéo largement diffusée, Ivan Mbadi apparaît plaqué contre une voiture, chancelant, puis assis, visiblement sonné. Plus tard, à l’hôpital, il est filmé affaibli, un bandage autour du cou. Selon son entourage, il aurait été pris pour cible après avoir filmé des policiers utilisant du gaz lacrymogène. Pour Keneth Kitambula, chargé de programme au sein du centre ougandais des droits de l'homme, cette attaque n’a rien d’un accident isolé. « En Ouganda, les journalistes sont intimidés et violentés au quotidien. Ivan a été "chanceux" parce qu’il accompagnait Bobi Wine, dont l’équipe est très efficace pour documenter ces abus. Mais à la base, dans les zones rurales, nous avons des journalistes arrêtés, parfois torturés, sans que cela ne sorte dans l’espace public ». Un pays mal classé pour la liberté de la presse Selon Reporters sans frontières, l’Ouganda se classe 143ᵉ sur 180 pour la liberté de la presse. L’index 2024 du Human Rights Network for Journalists (HRNJ) recense 110 cas de violences contre des journalistes et professionnels des médias. « La situation politique a toujours influencé le travail des journalistes en Ouganda. Ils naviguent dans un environnement fragile, tiraillés entre leur sécurité et leur devoir d’informer », explique Keneth Kitambula. La Constitution garantit pourtant la liberté d’expression (article 29) et le droit d’accès à l’information (article 41). Mais, sur le terrain, « ces textes sont largement ignorés par les forces de sécurité ». Kawempe North, laboratoire de la répression L’élection partielle de Kawempe North, en mars dernier, reste dans toutes les mémoires. Des journalistes y avaient été battus et leur matériel détruit. Canary Mugume, journaliste d’investigation à NBS Television, était sur place ce jour-là. « Nous avions déjà remarqué une présence sécuritaire, mais là c’était inhabituel : des chars dans les rues, une présence militaire extrêmement lourde ». Puis la situation dégénère. « J’ai pris une photo de militaires en train d’embarquer des journalistes de force. Quand l’un d’eux m’a vu, il a foncé sur moi avec un long fil, épais comme un câble électrique. J’ai levé la main en signe de reddition. En trente secondes, j’ai cru que ma vie s’arrêtait là ». De retour à la rédaction, il apprend que plusieurs confrères ont été hospitalisés, parfois pour des blessures à la tête, aux genoux ou au dos. Les journalistes couvrant l’opposition ciblés Pour Keneth Kitambula, les risques sont particulièrement élevés pour ceux qui suivent l’opposition, notamment lors des déplacements de Bobi Wine, mais aussi auparavant de Kizza Besigye. « Ce sont surtout les journalistes qui couvrent l’opposition qui sont pris pour cible ». Certaines rédactions sont aussi directement entravées. Le Nation Media Group – qui détient notamment Daily Monitor et NTV – a été banni par le président Museveni de la couverture de ses rassemblements. Le Parlement a également interdit à ses journalistes l’accès aux séances. Résultat : un déséquilibre d’accès à l’information et une crédibilité fragilisée auprès du public. Larry Madowo, la désinformation et l’autocensure Même les journalistes internationaux sont désormais concernés. Le reporter de CNN Larry Madowo a été aspergé de gaz lacrymogène alors qu’il suivait la campagne de Bobi Wine. Après avoir tweeté que « le gaz lacrymogène ougandais a un goût différent », il a fait l’objet d’une campagne de dénigrement en ligne. Une vidéo deepfake a même circulé, prétendant à tort que le président Museveni l’avait banni du pays. « Cela crée un véritable climat de peur. Quand on s’en prend à CNN, un média international, l’État envoie un message clair aux reporters locaux : "si on peut faire ça à eux, imaginez ce qu’on peut vous faire à vous" ». Cette pression alimente l’autocensure. « Les journalistes se disent : je ne vais pas faire ce sujet, je ne veux pas risquer ma vie. Cela rend la couverture des élections de plus en plus difficile », observe Keneth Kitambula. Une décision de justice restée lettre morte En 2024, la Haute Cour ougandaise a jugé que les attaques contre les journalistes étaient inconstitutionnelles. Mais pour les défenseurs de la presse, l’absence de sanctions concrètes entretient un sentiment d’impunité. Pour Canary Mugume, le scénario est déjà écrit : « Depuis Kawempe en 2021 jusqu’aux attaques de cette campagne, tout prépare le terrain pour la semaine prochaine. ...
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