『Menaces sur l’information』のカバーアート

Menaces sur l’information

Menaces sur l’information

著者: RFI
無料で聴く

Chaque année, la liberté de la presse est soumise à une pression croissante à travers le monde. Selon le dernier rapport de l'ONG Reporter sans Frontière, publié en mai 2024, plus de la moitié de la population mondiale vit dans des environnements extrêmement hostiles à la liberté d'expression journalistique, où exercer ce métier représente un danger pour la vie et la liberté. Pour illustrer ce constat alarmant, la chronique « Menaces sur l'Information » vous invite à découvrir les défis auxquels sont confrontés les journalistes dans le monde, à travers des portraits de ceux qui ont affronté la répression de la liberté d'expression et qui y ont parfois laissé la vie. Chaque récit met en lumière les enjeux cruciaux de notre époque pour une presse libre et indépendante.

Diffusion : tous les samedis à 6h17, 7h53 et 18h17 TU.

France Médias Monde
社会科学
エピソード
  • Au Cambodge, deux journalistes condamnés pour trahison au profit de la Thaïlande
    2026/06/27

    Au Cambodge, la Cour suprême à Phnom Penh a confirmé jeudi 25 juin 2026 la condamnation de deux journalistes cambodgiens à 14 ans de prison pour trahison.

    En juillet 2025, de violents affrontements éclatent entre le Cambodge et la Thaïlande le long d’une frontière disputée. À leur retour de reportage, deux journalistes cambodgiens sont arrêtés. Phorn Sopheap et Pheap Pheara, qui travaillent tous deux pour des télévisions locales, sont accusés par les autorités d’avoir publié sur Facebook plusieurs photos prises dans une zone militaire interdite. Parmi ces clichés, l’un d’eux retient particulièrement l’attention : on y voit les deux journalistes aux côtés de soldats cambodgiens devant le temple historique de Ta Krabei, appelé Ta Kwai par les Thaïlandais. Un détail intrigue cependant : au sol, on distingue un objet ressemblant à une mine antipersonnel. La photo est rapidement reprise dans les médias en Thaïlande.

    Bangkok y voit la preuve que le Cambodge déploie des mines à la frontière, en violation des traités internationaux. Phnom Penh dément fermement, affirmant que ces mines pourraient provenir des précédents conflits. La question de la militarisation des frontières s’impose ainsi au cœur des tensions entre les deux pays.

    Quelques mois plus tard, en décembre, les deux journalistes sont jugés, puis condamnés pour trahison. Ils sont accusés d’avoir « transmis à un État étranger des informations préjudiciables à la défense nationale ». La peine prononcée est lourde : quatorze ans de prison chacun. Leur condamnation est confirmée en appel en mars, avant d’être définitivement validée par la Cour suprême le 25 juin.

    Naly Pilorge, directrice de la communication extérieure de l’ONG Licadho, fait partie de la douzaine d’associations et d’organisations nationales et internationales qui réclament l’abandon des poursuites. Leur argument est clair : les journalistes auraient dû être jugés selon le droit de la presse. « Nous estimons que ces journalistes n’auraient jamais dû être condamnés pour trahison, et que le tribunal n’aurait jamais dû confirmer cette condamnation. Ces journalistes doivent être libérés immédiatement et retrouver leurs familles y compris leurs enfants. Ils faisaient simplement leur travail. Le gouvernement et les tribunaux doivent arrêter de criminaliser le journalisme et laisser les journalistes cambodgiens exercer leur métier sans menaces ni crainte », déclare-t-elle.

    Au-delà de ce cas, les ONG dénoncent le climat de tension qui persiste sous le Premier ministre Hun Manet. Selon Naly Pilorge, la justice serait utilisée pour réduire au silence les voix critiques et les médias indépendants. « Malheureusement, même si le gouvernement cambodgien affirme au monde entier que le Cambodge est un pays où les médias, les journalistes, les citoyens, la société civile, les organisations et d’autres peuvent s’exprimer librement, nous constatons le contraire. En particulier ces dernières années, nous avons vu des arrestations et toutes sortes d’autres méthodes pour réprimer et s’assurer que les gens — journalistes ou autres — ne peuvent ni faire leur travail ni exprimer leurs opinions et leurs idées », ajoute-t-elle.

    Le Cambodge occupe actuellement la 161e place du classement mondial 2026 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF), qui évalue 180 pays ou territoires. Ce positionnement le place parmi les États où la situation de la liberté de la presse est considérée comme « très grave ».

    À lire aussiCambodge: derrière la grâce de l'opposant Kem Sokha, le système de Hun Sen perdure

    続きを読む 一部表示
    3 分
  • L'inquiétant bilan de l'exil forcé des journalistes dans le monde
    2026/07/04
    Dans son dernier rapport, Reporters sans frontières (RSF) dresse un bilan accablant sur l’exil forcé des journalistes dans le monde. L’ONG révèle que le nombre de pays de départ des journalistes a doublé en cinq ans. Guerres, crimes organisés, régimes répressifs, plus de 1400 journalistes d’au moins 65 pays ont dû fuir les menaces, la prison ou la mort. Et leurs difficultés ne s'arrêtent pas dans leur nouveau pays d’accueil. Nombre d’entre eux continuent de subir des violences administratives, des extorsions ou des expulsions. Le nouveau rapport accompagné d’une carte interactive permet de visualiser le parcours des journalistes aidés par l’ONG dans leur exil. Un constat : le phénomène est en expansion. Vianney Loriquet, journaliste data à RSF : « Il y a des tendances liées à des régimes autoritaires qui vont frapper certaines zones en particulier. Ça va être le cas par exemple notamment de l’Amérique centrale avec le Salvador. Il y a pas mal de zones un peu grises, où ce sont des pays qui sont à la fois des pôles d’accueil régionaux pour des journalistes. Je pense notamment à l’Égypte qui accueille de très nombreux journalistes soudanais qui fuient le conflit, la guerre civile au Soudan, mais à la fois sont des pays desquels des journalistes nationaux sont forcés de s’exiler. L’Égypte, par exemple, est l’une des dix plus grandes prisons au monde pour les journalistes. Il y a aujourd’hui près de 20 journalistes qui sont encore emprisonnés en Égypte. » Afghanistan : la moitié des journalistes concernés par l'exil En cinq ans, l'Afghanistan a connu l'une des pires hémorragies de journalistes depuis la chute de Kaboul en 2021. Un exil qui n'est pas synonyme de sécurité. « Pour l’Afghanistan, à l’échelle de nos données, c’est la moitié des journalistes concernés par l’exil sur ces cinq dernières années, près de 700. Ce sont des journalistes qui ont des parcours d’exil qui sont particulièrement compliqués. Une très grande partie d’entre eux se sont retrouvés bloqués au Pakistan où ils doivent faire face à des tentatives d’extorsion, à des mises sous détention et même à des expulsions. On en a compté au moins une cinquantaine jusqu’ici de journalistes qui ont ainsi été forcés de retourner en Afghanistan avec tous les risques que cela comporte. Là on est même à des années lumières de même parler de leur permettre de continuer à faire leur travail, là c’est simplement leur permettre de rester en vie déjà. À lire aussiAfghanistan: menaces sur les ondes, l'enquête de Forbidden Stories Birmanie : 300 journalistes réfugiés Autre pays soumis à la terreur, la Birmanie, où les journalistes subissent une répression implacable de la junte. « La junte veut vraiment réduire la presse au silence. Environ 300 journalistes birmans auraient trouvé refuge notamment en Thaïlande. Reporters sans frontières a mis en place un programme qui permet de soutenir les journalistes birmans installés en Thaïlande et de leur permettre de continuer à faire leur travail, mais les conditions de travail sont vraiment très précaires pour ces journalistes exilés qui n'ont quasiment pas de couverture médicale, qui ont des salaires très réduits et donc cet exil les frappe très durement. » RSF appelle les pays d’accueil des journalistes exilés à renforcer leurs protections juridiques, notamment en accordant des visas de longue durée, mais aussi à soutenir leur viabilité financière et enfin à renforcer les capacités, notamment technologiques, de ces médias en exil. À lire aussiLes médias indépendants de Birmanie exilés en Thaïlande font face à de nombreux défis
    続きを読む 一部表示
    3 分
  • Lu Yuyu, « cartographe » des colères sociales en Chine
    2026/07/11
    En Chine, où les mouvements de contestation sont rapidement ensevelis sous le filtre de la censure, un homme continue de les documenter minutieusement sur son site internet. Lu Yuyu, ancien travailleur migrant devenu citoyen journaliste, s’échine depuis son exil au Canada à regarder, à scruter, les luttes sociales qui agitent son pays. « Je n’avais jamais vu d’images comme ça », lorsque Lu Yuyu découvre en 2012-2013 les premières vidéos de manifestations en Chine, il est immédiatement happé par un phénomène qui lui est alors étranger. « Je me suis rendu compte qu’il y en avait beaucoup mais que les gens n’en étaient pas conscients, malgré l’ampleur de certaines mobilisations, se souvient l’ex-travailleur migrant originaire de la province du Guizhou. Quand j'ai vu qu’il y avait autant de petits mouvements de résistance, alors j’ai commencé à fouiller par moi‑même ». 30 000 mobilisations Avec sa compagne de l’époque, Li Tingyu, il décide de systématiser ce travail de recension. Ensemble, ils créent le site « Fei Xingwen » - "sans nouvelles". Leur objectif : recenser les manifestations, les grèves, les rassemblements de défense des droits qui éclatent dans le pays. Depuis le Guizhou, ces « citoyens‑journalistes » compileront plus de 30 000 événements. Un travail assidu qui attire l’attention des autorités en juin 2016, à Dali dans le Yunnan, ils sont arrêtés. Accusés d’avoir publié des « informations non véridiques » et de « perturbation de l’ordre public en ligne », il croupit durant quatre années dans les geôles chinoises avant de sortir en 2020. Mais sa liberté n’est qu’apparente : « Après ma sortie de prison, ils me surveillaient constamment. À tout moment, peu importe où j’allais, ils venaient immédiatement me chercher. » À lire aussiUn dissident fuit la Chine à bord d'un canot pneumatique pour rejoindre la Corée du Sud Pour desserrer l’étau, il commence à se déplacer de province en province : Guangzhou, Sichuan, Fujian, Henan, puis Dandong, une ville à plus de 2 000 kilomètres de chez lui. Là, la fréquence des contrôles diminue. Mais la surveillance ne cesse jamais tout à fait, surtout dès qu’il se rapproche de zones frontalières. Les policiers locaux viennent jusqu’aux hôtels où ils séjournent. C’est finalement en profitant d’un week‑end qu’il parvient à tromper temporairement les services de renseignement. « J’ai acheté un billet d’avion pour le samedi… Et je me suis dépêché, j’ai pris l’avion vers une zone frontalière, dans le Xishuangbanna, se souvient le quadragénaire. Parce que ce jour‑là, je me suis dit que la Sécurité d’État était en congé et que, quand ils se rendraient compte, je serais probablement déjà hors de Chine. » Il laisse son ancien téléphone à Chengdu pour que son signal reste localisé dans cette ville et franchit la frontière vers le Laos, puis la Thaïlande. Quelques mois plus tard, en septembre 2023, il arrive au Canada, où il vit désormais. Loin de la Chine, Lu Yuyu n’a pas renoncé à son travail. Il a rebaptisé son projet « Hier » et continue de collecter les mobilisations sociales qui éclatent encore dans son pays. « Tous les sujets peuvent donner lieu à des contestations. Mais les rassemblements purement politiques se sont largement raréfiés le contrôle diffère selon le sujet, explique M. Lu. Par exemple, les problèmes entre propriétaires et promoteurs immobiliers, certains scandales sanitaires, eux sont relativement peu sensibles. L’opposition politique et la religion, ça, l’est nettement plus. » Selon lui, le nombre d’événements reste important, même si la censure rend leur documentation de plus en plus difficile. Les technologies de filtrage se sont perfectionnées, appuyées désormais par des outils d’intelligence artificielle : les plateformes bloquent les vidéos au moment même de leur chargement, ou les effacent en quelques minutes. À lire aussiCensure numérique: la Chine expérimente un modèle régionalisé « Parapluie rouge » Pour contourner cette surveillance, de nombreux internautes chinois adoptent un langage codé, allusif, que seuls les initiés comprennent. L’opposition directe au Parti communiste n’apparaît presque jamais noir sur blanc. Mais elle se niche dans des métaphores, des symboles. Lu Yuyu raconte ainsi qu’à la suite d’un accident médical de grande ampleur, certains automobilistes affichent des autocollants sur leurs voitures. D’autres publient des images comme celle d’un parapluie rouge, présenté comme un « parapluie protecteur de l’époque ». Un symbole que beaucoup interprètent comme une désignation indirecte du Parti communiste, rebaptisé « parapluie rouge » pour tromper la censure.
    続きを読む 一部表示
    3 分
adbl_web_anon_alc_button_suppression_t1
まだレビューはありません