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Menaces sur l’information

Menaces sur l’information

著者: RFI
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概要

Chaque année, la liberté de la presse est soumise à une pression croissante à travers le monde. Selon le dernier rapport de l'ONG Reporter sans Frontière, publié en mai 2024, plus de la moitié de la population mondiale vit dans des environnements extrêmement hostiles à la liberté d'expression journalistique, où exercer ce métier représente un danger pour la vie et la liberté. Pour illustrer ce constat alarmant, la chronique « Menaces sur l'Information » vous invite à découvrir les défis auxquels sont confrontés les journalistes dans le monde, à travers des portraits de ceux qui ont affronté la répression de la liberté d'expression et qui y ont parfois laissé la vie. Chaque récit met en lumière les enjeux cruciaux de notre époque pour une presse libre et indépendante.

Diffusion : tous les samedis à 6h17, 7h53 et 18h17 TU.

France Médias Monde
社会科学
エピソード
  • Le périlleux exercice du journalisme en Iran
    2026/02/14

    L’Iran est l'une des plus grandes prisons au monde pour les journalistes, affirme Reporters sans frontières. En ce début d'année, la répression du régime contre toute voix dissidente s'est encore aggravée. La population a été coupée de tout moyen de communication. Le but : empêcher de témoigner du massacre commis par le régime dans la répression des manifestations. Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont été tuées. Malgré tout, des journalistes à l'intérieur et à l'extérieur du pays tentent de s'organiser pour rapporter les faits.

    Ali Bakir est Kurde iranien. Il a débuté son métier de journaliste dans sa ville natale, Bukan à l’ouest de l’Iran. Suite à des menaces répétées, il a fui au Kurdistan irakien. De l'autre côté de la frontière, il continue de travailler pour une chaine de télévision diffusée dans le Kurdistan iranien.

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    « Au Kurdistan iranien, tout militantisme civique, environnemental ou médiatique vous met sous la menace d'accusations de la part des services de renseignements et vous risquez des procédures judiciaires. Le régime impose des lignes rouges à notre activité, ce qui amène à une autocensure institutionnalisée des journalistes dans le pays. La circulation libre d'information au Kurdistan est très compliquée », raconte-t-il.

    À cela s'ajoute le monopole du gouvernement sur les médias, et les restrictions d'accès à Internet, ainsi que les perturbations et interruptions des connexions Internet.

    « De mon côté, j'arrive à obtenir des informations grâce au réseau que j'ai tissé en Iran avec des militants politiques, civiques, littéraires et environnementaux. Je surveille également les chaînes d'informations locales, les institutions et organisation de la société civile qui sont nombreuses », détaille le journaliste kurde.

    Durant les deux semaines de blackout imposé à l'Iran début janvier, Ali Bakir a réussi à continuer d'échanger avec ses contacts sur place. Mais il a fallu se réorganiser. « Tout d'abord, nous sommes plus prudents. Nous avons peur des arrestations et accusations graves pour tout et n'importe quoi. Nous avons également pris des dispositions concernant nos contacts et les moyens de communication. Nous avons notamment envoyé plusieurs kits de communication satellitaire Starlink. Mais même l'activité de ce satellite présente ses propres limites et difficultés en Iran ».

    En effet le régime a déployé des technologies pour perturber les utilisations de Starlink. Les contourner demande donc certaines connaissances.

    Même à l’étranger, il reste dangereux d’être journaliste iranien

    « Nous sommes relativement à l'abri des pressions et des menaces du gouvernement, mais rien n'est jamais sûr. Nos sources d'informations sur place telles que les militants politiques et civiques risquent d'être arrêtées de manière arbitraire. Les familles reçoivent également des pressions, telles que celles de nos sources mais aussi celles des journalistes en exil qui travaillent pour des médias persanophones et s'opposent parfois à la République islamique. Cela a toujours constitué un obstacle sérieux à l'activité médiatique en Iran. »

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    Ali Bakir affirme avoir lui-même reçu des menaces contre sa personne mais aussi visant sa femme et sa famille. Il affirme y être tristement habitué.

    Au moins six journalistes ont été arrêtés en Iran depuis le début de l'année selon le Comité pour la protection des journalistes.

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  • La difficile tâche des journalistes haïtiens
    2026/02/07

    C'est ce samedi 7 février 2026 qu'expire officiellement le mandat du Conseil présidentiel de transition en Haïti. Un organe censé ramener le pays sur la voie de la paix. Mais le CPT a échoué. La situation est même pire qu'avant. Les gangs ont gagné encore plus de terrain et contrôlent aujourd'hui plus de 85% de Port-au-Prince. Les journalistes aussi ont vu leurs conditions de travail se dégrader.

    Des 22 mois de gouvernance du Conseil présidentiel de transition, Frantz Duval, rédacteur en chef du journal Le Nouvelliste, retient la mort de trois de ses collègues : « C'était en décembre 2024. Ils avaient été invités à couvrir la réouverture de l'hôpital de l'université d'État d'Haïti. C'est la manifestation la plus frappante que des journalistes n'ont pas été assez protégés. Ils ont même été exposés à cause d’une décision de ministre qui a programmé la réouverture d'un hôpital lorsqu'il ne s'était pas assuré des conditions de sécurité. Et les journalistes sont tombés dans un guet-apens, ils ont été tués. Trois sont morts, d'autres ont été blessés. C'est une plaie ouverte pour la presse haïtienne. »

    Guerre ouverte entre gangs et police

    Au cours des deux dernières années, l'insécurité a augmenté à Port-au-Prince. Les gangs et la police se mènent une véritable guerre. Pierrevil Théas, reporter de la radio Regard FM, limite ses déplacements, et quand il sort, il s'équipe d'un gilet par balle et d'un casque.

    Les gangs sont une menace, mais il n'y a pas qu'eux. Pierrevil Théas a déjà dû faire face à l'hostilité de politiciens, de militants ou même de la population : « L'année dernière, en février 2025, j'étais à Canapé Vert pour recueillir des informations, mais en arrivant sur ces lieux, là, il y avait des protestations. Bien que durement identifié comme journaliste, la population, qui était frustrée, m'a bastonné et m'a giflé, j'ai failli perdre ma vie. »

    Depuis, Pierrevil Theas ne se rend plus dans certains quartiers trop dangereux. D'autant qu'il ne veut pas négocier avec les chefs de gangs pour s'assurer leur protection. Comme beaucoup de journalistes, il effectue désormais une bonne partie de ses interviews à distance, en contactant ses sources par téléphone.

    Les réseaux sociaux, source d’info

    Et puis, il y a aussi tout un travail sur les réseaux sociaux, complète Frantz Duval : « Il faut dire que les gangs publient beaucoup sur les réseaux sociaux. Ils filment leurs exactions, ils font des lives, ils répondent à des questions. La police aussi utilise beaucoup les réseaux sociaux pour diffuser ces informations. La police donne pour la première fois des bilans de ses opérations. Rien n'indique que ces bilans sont sincères, mais au moins ces bilans ont le mérite d'exister. Et ces chiffres ne sont pas contestés du côté des gangs. Pour le moment, c'est cette vérité qu'on a. On a aussi des organisations de défense des droits humains et les Nations unies qui tiennent un décompte beaucoup plus précis que ce que peut faire la presse avec les moyens dont disposent les journalistes. »

    Et justement ces moyens, Frantz Duval espère qu'ils vont augmenter. Il appelle les autorités qui vont succéder au CPT à restaurer la stabilité et l'économie du pays. La publicité est la seule source de financements des médias haïtiens.

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  • Cameroun: Madeleine Ngeunga, entre enquêtes et sécurité des journalistes
    2026/01/31

    Madeleine Ngeunga est une journaliste camerounaise spécialisée en droits humains et dans la défense de l’environnement. Elle débute sa carrière à la radio puis rejoint InfoCongo, une plateforme régionale qui utilise des données, des cartes interactives et des récits pour couvrir des sujets environnementaux liés à la forêt tropicale humide du bassin du Congo. Lors d’un de ses reportages sur le terrain elle est victime de menaces et d’intimidations. Elle revoit alors son mode de fonctionnement et s’investit dans la sécurité des journalistes au sein du Centre Pulitzer qui accompagne ces derniers dans leur travail d’enquête. Elle parle de son expérience au micro d’Igor Strauss.

    Lors d’une enquête sur l’exploitation forestière illégale au Cameroun, Madeleine adresse un questionnaire à l’entreprise incriminée pour obtenir sa version des faits. Mais elle n’obtient pas les réponses espérées. « La réponse était plus une réponse de menace nous accusant de tribalisme et nous disant que si on publie l'enquête et on cite l'entreprise, elle porterait plainte. Puis, comme c'était une grosse base de données de plusieurs entreprises qui étaient concernées, l'enquête a été publiée », dit-elle.

    Et finalement l’entreprise ne met pas ses menaces à exécution. Suite à la parution de cette enquête, Madeleine est invitée dans le talk-show d’une grande radio de Yaoundé pour parler de son travail. Les auditeurs sont également invités à réagir à l’antenne. Beaucoup sont admiratifs de son travail… Mais l’un d’eux la menace en direct. « Un des auditeurs a dit "ah, mais je vous entends parler, vous êtes une femme, vous avez l'air jeune, mais je vous le dis, faites attention à ce que vous êtes en train de dire, parce que ne soyez pas surprise qu'en sortant dans la rue, en marchant, un grumier vous écrase" ».

    Le risque d’être femme dans le journalisme

    Abasourdie dans un premier temps, elle ne réalise que plus tard la gravité des faits. « J'ai eu peur à un moment donné et quand je sortais, j'étais un peu sur le qui-vive, à regarder à gauche, à droite ». Et Madeleine en est persuadée, ces menaces ont aussi été proférées car elle est une femme. « Peut être que la personne n'aurait pas eu le même courage pour s'adresser à un homme. Donc je pense que le fait d'être une femme aussi, ça a de l'influence dans le risque auquel on peut être exposé. Parce que d'autres diraient "elle devrait être en train de s'occuper de son foyer tranquillement, elle est là à fouiner dans les affaires qui ne la concernent pas". Donc, clairement, il y a des connexions ».

    Sécuriser les journalistes au quotidien

    Dès lors Madeleine s’investit dans la sécurité des journalistes. Analyse des risques, procédures à adopter en cas de problèmes et soutien des rédactions. « Beaucoup de médias sont prêts à publier, mais quand on parle de prendre en charge le côté risque, le côté sécurité du journaliste, peu de médias sont prêts à s'engager. Pour dire, si par exemple la police interpelle ce journaliste, nous sommes prêts à assumer que c'est un de nos correspondants ou c'est un de nos journalistes qui fait un travail pour nous », explique-t-elle.

    Et puis, elle incite les journalistes à former des coalitions et à favoriser les enquêtes transnationales. « Ce qui fait que si un journaliste est réduit au silence au Cameroun, son enquête peut être publiée par un média partenaire, par exemple en France, il y a beaucoup de choses à faire et ce serait dommage si on ne peut pas travailler sur ces thématiques parce qu'il y a les risques ».

    Face à la puissance des réseaux de trafiquants, il est urgent d’aider les journalistes à garantir leur propre sécurité pour qu’ils continuent leurs enquêtes et qu’ils ne soient pas obligés de s’autocensurer.

    À lire aussiMenaces et pressions au Cameroun: une manière de faire taire les journalistes, le vécu de L. Renée Batongué

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