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Menaces sur l’information

Menaces sur l’information

著者: RFI
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Chaque année, la liberté de la presse est soumise à une pression croissante à travers le monde. Selon le dernier rapport de l'ONG Reporter sans Frontière, publié en mai 2024, plus de la moitié de la population mondiale vit dans des environnements extrêmement hostiles à la liberté d'expression journalistique, où exercer ce métier représente un danger pour la vie et la liberté. Pour illustrer ce constat alarmant, la chronique « Menaces sur l'Information » vous invite à découvrir les défis auxquels sont confrontés les journalistes dans le monde, à travers des portraits de ceux qui ont affronté la répression de la liberté d'expression et qui y ont parfois laissé la vie. Chaque récit met en lumière les enjeux cruciaux de notre époque pour une presse libre et indépendante.

Diffusion : tous les samedis à 6h17, 7h53 et 18h17 TU.

France Médias Monde
社会科学
エピソード
  • Au Venezuela, le séisme a révélé une censure toujours bien présente
    2026/08/29

    Au Venezuela, le double séisme qui a gravement touché, le 24 juin dernier, plusieurs régions du centre et de l’ouest du pays, a fait au moins 6 509 morts, selon un nouveau bilan du gouvernement par intérim. Mais aussi des milliers de disparus et d’importants dégâts. Une catastrophe que les populations affrontent avec un accès toujours limité à une information libre et indépendante. Car malgré la disparition du président Nicolas Maduro, enlevé par les États-Unis le 3 janvier dernier, la censure n’a pas disparu. Les associations de journalistes dénoncent des années de contrôle de l’information et de répression du journalisme. Elles appellent les autorités à rétablir en urgence l’accès aux médias et aux outils d’information.

    « Je suis certaine que si le séisme avait eu lieu avant le 3 janvier, la limitation d’accès aux zones sinistrées aurait été pire que ce que nous avons connu. Le contraste était saisissant. Nous, les journalistes, avons pu y accéder... », explique Delvalle Canelón, secrétaire de l’Ordre des journalistes du Venezuela. Il le reconnaît : avant le 3 janvier 2026, date de l’enlèvement de Nicolas Maduro par les États-Unis, jamais les journalistes n’auraient pu accéder aux zones sinistrées comme ils ont pu le faire après le séisme du 24 juin dernier.

    Mais cette ouverture nouvelle ne signifie pas la fin de la censure. La répression des journalistes et le contrôle de l’information, qui durent depuis de nombreuses années au Venezuela, n’ont pas disparu depuis que Delcy Rodríguez assure l’intérim du pouvoir. C’est ce qu’explique Alicia Quiñones, de PEN International, une organisation qui lutte pour la protection de la liberté d’expression dans le monde : « Même si on observe certains progrès, il y a toujours un dispositif mis en place contre la liberté d’expression, et qui s’inscrit dans un cadre juridique : c’est ce qui permet au gouvernement vénézuélien de restreindre et de criminaliser l’exercice de la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique. Ce système perdure et existe toujours ».

    Blocages des sites d'information

    Le séisme a exacerbé ces restrictions. Si Twitter a été partiellement débloqué, permettant aux journalistes et aux citoyens de s’informer rapidement après le séisme, au moins 65 sites d’information nationaux et internationaux restent bloqués dans le pays, explique Alicia Quiñones : « Nous avons recensé des blocages de sites d’information, de réseaux sociaux, d’applications de messagerie, des mesures de surveillance à l’encontre de personnes, des piratages, des logiciels malveillants, des attaques, des usurpations d’identité et des cas de "doxing" visant les voix critiques, y compris celles des journalistes. Lorsqu'il y a eu le tremblement de terre, les autorités vénézuéliennes ont fait ce qu’elles savent si bien faire : contrôler l’information. Bloquer les sites d’information. Et ces blocages ne portent pas seulement atteinte à la liberté d’expression – ce qui est une atteinte aux journalistes –, mais aussi au droit à l’information. Dans un contexte comme celui d’un tremblement de terre, cela peut s’avérer catastrophique, l'information peut réellement sauver des vies. C'est essentiel pour les citoyens d’avoir accès à l’information ».

    L’association Reporters sans frontières appelle les autorités à tout mettre en œuvre pour rétablir en urgence l’accès aux médias et aux outils d’information. Mais l’accès au pays reste lui aussi limité pour la presse internationale. Si beaucoup de journalistes étrangers ont finalement pu entrer au Venezuela après le séisme, RSF assure que l’incertitude demeure sur l’obtention des visas, des accréditations, des autorisations de déplacement et l’accès aux zones sinistrées.

    À lire aussiVenezuela: un mois après les séismes, le pays tente de se relever

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  • RSF appelle à passer à l'action pour protéger le journalisme environnemental
    2026/08/22

    Menaces sur l'information, le rendez-vous du samedi consacré à la liberté de la presse. Aujourd'hui, on s'intéresse au journalisme environnemental. Reporters sans frontières (RSF) a récemment formulé dix recommandations pour « renforcer la protection d'un journalisme fiable et indépendant sur les enjeux environnementaux ». L'ONG internationale appelle la France et tous les États à mettre en œuvre des politiques publiques concrètes pour protéger les journalistes spécialistes de l'environnement et du climat. Pourquoi ? Parce qu'ils sont de plus en plus soumis à des pressions aux formes variées.

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  • Les influenceurs menacent-ils la profession de journaliste?
    2026/08/15

    Projections cinéma réservées, priorité sur des interviews d’artistes, lives et likes en pagaille… Les influenceurs sont-ils en passe de remplacer les journalistes culturels ? Les ignorer s’avère désormais difficile quand il s’agit de faire la promotion d’un artiste, d’un festival ou d’un livre… Mais leur intervention a un coût, financier et éthique.

    Les Eurockéennes de Belfort, dans l’est de la France, ont décidé il y a deux ans de recourir à une agence d’influenceurs lifestyle : pour 6 000 euros, une dizaine d’entre eux parlent des à-côtés du festival : le camping, l’ambiance, l’offre en nourriture, etc. « On a un festival qui est généraliste et l’un des défis c’est de renouveler les générations, notamment les plus jeunes. On n'y arrive pas avec les médias traditionnels », explique Jean-Paul Roland, directeur des Eurockéennes. Et les retombées sont perceptibles. « Entre vues et partages, on a fait un vrai bond depuis deux ans sur les réseaux sociaux. » Les interviews d’artistes et les critiques des concerts sont en revanche réservées aux journalistes.

    Plus à l’ouest, les Transmusicales refusent cette cohabitation. Elles n’octroient qu’aux professionnels des médias le droit de couvrir l’ensemble du festival breton. Les influenceurs restent à la porte. « Un influenceur, je ne sais pas à quoi ça sert, ça ne me touche pas. On n’en a pas besoin. On a un public fidèle. Les gens viennent pour voir des groupes pas connus, on est déjà complets », dit Jean-Louis Brossard, le directeur.

    L’influence gagne aussi le monde de la culture

    Mais quand il y a un produit culturel à vendre, tous les canaux sont bons. « Ça nous est arrivé d’avoir un reportage d’une heure avec contribution de notre part. Pas plus choquant qu’une pub », raconte Laure Leroy, directrice des éditions Zulma. En plus des libraires et des journalistes spécialisés, cette maison d’édition envoie donc désormais ses nouveautés à des influenceurs sélectionnés. C’est le cas du dernier livre de Jean-Marie Blas de Roblès, Cipango, à paraître le 20 août. « Super effet auprès des influenceurs, on a besoin de tout ça à la fois pour vendre un livre. »

    Mais les profils et les méthodes des influenceurs varient. Le bureau technologies et journalisme de Reporters sans frontières (RSF) reste vigilant sur ces questions.« Il y a un problème d’opacité. Mutation profonde sur la manière dont on s’informe, dont on consomme l’info et dont l’info va être produite. Il faut se poser la question de la façon dont ces gens travaillent », indique Vincent Berthier, son responsable.

    Certains créateurs de contenu sont néanmoins experts dans leurs domaines, à tel point que les journalistes copient de plus en plus leurs recettes à succès pour générer des clics et des likes sur les réseaux sociaux.

    À écouter aussiLes influenceurs ont-ils trop de pouvoir ?

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