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Menaces sur l’information

Menaces sur l’information

著者: RFI
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概要

Chaque année, la liberté de la presse est soumise à une pression croissante à travers le monde. Selon le dernier rapport de l'ONG Reporter sans Frontière, publié en mai 2024, plus de la moitié de la population mondiale vit dans des environnements extrêmement hostiles à la liberté d'expression journalistique, où exercer ce métier représente un danger pour la vie et la liberté. Pour illustrer ce constat alarmant, la chronique « Menaces sur l'Information » vous invite à découvrir les défis auxquels sont confrontés les journalistes dans le monde, à travers des portraits de ceux qui ont affronté la répression de la liberté d'expression et qui y ont parfois laissé la vie. Chaque récit met en lumière les enjeux cruciaux de notre époque pour une presse libre et indépendante.

Diffusion : tous les samedis à 6h17, 7h53 et 18h17 TU.

France Médias Monde
社会科学
エピソード
  • France: inquiétudes sur l’avenir de la presse scientifique
    2026/04/25

    Aujourd’hui, la presse scientifique en France traverse une période assez fragile. Entre le plan social annoncé chez Prisma Media et le rachat de titres comme Science et Avenir ou La Recherche par le groupe LVMH, il y a des inquiétudes sur l’avenir de ces rédactions, et notamment sur leur indépendance. Dans le même temps, on voit circuler de plus en plus de discours, politiques notamment, qui remettent en cause certains consensus scientifiques ; par exemple sur la question du climat. Pourtant, avoir accès à une information scientifique fiable et de qualité reste essentiel pour que le débat démocratique fonctionne correctement.

    « Aujourd'hui, ce qui se passe pour la presse scientifique, c'est un séisme. En fait, c'est du jamais-vu. Et nous, ça nous inquiète très fortement, effectivement », dit Charles Behr, le président de l'AJSPI, l'association des journalistes scientifiques de la presse d'information.

    « En fait, il y a trois situations qui nous inquiètent. Il y a celle à Prisma Media, donc avec un plan social, avec 40 % des effectifs menacés. Il y a la situation à 60 millions de consommateurs où là, très probablement, il va y avoir une disparition de ce magazine. Et puis il y a ce rachat de Sciences et Avenir et La Recherche, qui sont deux magazines de sciences emblématiques et qui ont donc été rachetés par le groupe LVMH. Et on ne sait pas trop ce qui va devenir de ces magazines ».

    Sciences et Avenir, La Recherche, des titres fondés il y a 79 et 56 ans, des magazines de référence, rachetés en décembre dernier avec le titre d'information économique Challenges par LVMH, le groupe de luxe du milliardaire Bernard Arnault. Les rédactions des trois magazines ont demandé, sans succès, la signature d'une charte d'indépendance par leur nouveau propriétaire. Et en l'absence de garanties pour l'emploi, les salariés ont voté une motion de défiance contre LVMH en février.

    Chez Prisma Media, le numéro un de la presse magazine française, le couperet est déjà tombé : ce sont 40 % des effectifs, soit 279 postes, qui sont supprimés pour le groupe repris en main par des proches du milliardaire catholique et ultraconservateur Vincent Bolloré. Et de vraies craintes pour des magazines comme Géo ou encore Ça m'intéresse. Enfin, 60 millions de consommateurs, mis en vente par l'État, pourtant référence pour la défense des consommateurs, à l'origine de nombreuses enquêtes comme celle qui avait traité des poupées sexuelles à caractère pédopornographique en vente sur la plateforme Shein, ou de la présence de pesticides dans les protections hygiéniques.

    « L'information santé sauve des vies »

    « Ce sont les magazines qu'on retrouve dans la salle d'attente, chez notre dentiste, chez notre médecin. Et mine de rien, on absorbe de l'information santé, des conseils utiles pour notre quotidien. Et c'est ça qui est important, c'est de défendre les sciences spécialisées, mais aussi dans les magazines généralistes », explique Charles Behr.

    Pour défendre les sciences et l'actualité scientifique, cela nécessite des journalistes de dossier, des journalistes formés, car les enjeux sont loin d'être anodins. « Une bonne information agit directement sur la vie. L'information santé sauve des vies. Quand il s'agit d'environnement, cela a un vrai impact sur les gestes que la population peut faire au quotidien, mais aussi sur son choix dans les urnes pour changer les politiques environnementales. Donc on se rend bien compte que l'information scientifique, qui paraît complexe, en fait, elle est hyper ancrée dans le quotidien des gens. »

    Et donc source également de nombreuses opérations de désinformation. Si l'État français a lancé récemment une stratégie nationale de lutte contre les fausses informations scientifiques, notamment en matière de santé, avoir accès à une presse spécialisée ou grand public de qualité est d'autant plus primordial.

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  • Afghanistan: menaces sur les ondes, l'enquête de Forbidden Stories
    2026/04/18
    Depuis le retour des talibans au pouvoir en 2021, au moins 75 journalistes ont été arrêtés, des milliers ont dû quitter la profession, notamment des femmes, et certains forcés de fuir pour leur vie. C'est le cas de Sultan Ali Jawadi, rédacteur en chef de Radio Nasim, un média local qui enquêtait sur le gouverneur de la province du Daykundi et la corruption endémique. L'ONG Forbidden Stories a poursuivi son travail et dresse cette semaine un portrait effrayant du désormais gouverneur de Kaboul, un homme aux deux visages. L’architecte de la répression d’une rédaction. « Si on est expulsé vers l’Afghanistan, on sera emprisonné ou tué par les Talibans », confie la peur au ventre Sultan Ali Jawadi. Il nous appelle depuis sa cachette pakistanaise. Impossible de sortir, le jeune trentenaire craint chaque jour les raids de la police qui ont renvoyé près d’un million d’Afghans l’année dernière. Pour le rédacteur en chef de Radio Nasim, le retour signifie la peine de mort. À la tête de ce média local, sa liberté de ton, sa couverture de l’actualité locale et ses enquêtes sur le gouverneur de la province ont déplu aux talibans. L’ONG Forbidden Stories a repris son travail, révélant l’ampleur de la répression des journalistes et l’étendue du détournement de l’aide humanitaire, le tout sous la férule d’un homme : Aminullah Obaid, gouverneur de la province du Daykundi. « Double visage » « La situation sécuritaire au Daykundi était très mauvaise après la prise de pouvoir des talibans, se rappelle Sultan Ali Jawadi. Il était nécessaire de faire une interview avec le gouverneur et que nous l'interrogions sur la situation ». En décembre 2021, à peine trois mois après la chute de Kaboul, Radio Nasim interview l’homme qui signera l’arrêt de mort du média. « Il est très affable, il a l'air bonhomme, il a toujours un sourire », décrit Eloise Layan, journaliste derrière l’enquête de Forbidden Stories. Mais c’est un homme au double visage ». « En apparence il traite les gens tout à fait correctement, mais il frappe par derrière », explique Sultan, dont le calvaire commence peu de temps après l’interview. Alors que le gouverneur veut se donner initialement une image d’homme modéré, ses actes sont rapidement plus éloquents que sa communication. Après une première arrestation, en octobre 2023, la radio est perquisitionnée, plusieurs journalistes arrêtés. Dont Sultan Ali Jawadi qui raconte avoir subi « des tortures physiques et psychologiques aux mains des talibans ». Deux mois plus tard, il est condamné à un an de prison après une longue procédure judiciaire. « C’est l’un des rares journalistes à avoir eu un procès, ou en tout cas des documents administratifs de la Cour suprême de l’État islamique qui décrivent les chefs d’accusation », explique Eloise Layan. Propagande, espionnage au service de l’Occident, collaboration avec des organisations étrangères, incitation de « la population à se soulever contre l’Émirat islamique » autant d’éléments qui révèlent les méthodes de répression des talibans, et du premier d’entre eux dans la province. « Sultan Ali Jawadi est accusé d’avoir dit que les gens dans la région vivaient dans la pauvreté, que des écoles pour filles avaient fermé, poursuit la journaliste de Forbidden Stories. On voit bien que le régime ne supporte aucune critique. » Détournement d’aide humanitaire Un harcèlement des autorités lié notamment à l’intérêt de la rédaction pour un sujet : le détournement de l’aide humanitaire. « Il a parfois maltraité des ONG et les a rackettés », explique le rédacteur en chef. « C’est comme si une ligne rouge avait été franchie, analyse Eloise Layan. C'est à partir du moment où des reportages paraissent en mettant en cause directement Aminullah Obaid dans le détournement de l’aide humanitaire que ses problèmes débutent ». Malgré cette condamnation et le harcèlement constant des autorités, Sultan Ali Jawadi poursuit son travail. Jusqu’à ce mois d’août 2025. Sa douzième arrestation est celle de trop. « Les talibans nous ont dit : Si vous continuez votre travail, vous serez tués ». Radio Nasim cesse d’émettre, ses journalistes prennent la fuite. Mais Forbidden Stories n’a pas laissé l’ex-gouverneur de la province s’en sortir sans encombre. L’enquête remarquable détaille le parcours et la corruption de celui qui était un véritable inconnu en 2021, et qui désormais a « pris une autre dimension » en devenant gouverneur de Kaboul. C’est un proche d’un co-fondateur du mouvement taliban, mollah Abdul Ghani Baradar », pointe Eloise Layan. Clairement, notre enquête fait ressortir le fait qu’Aminullah Obaid était extrêmement impliqué dans le détournement de l’aide à tel point que plusieurs ONG ont décidé d’arrêter de ...
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  • Ouganda: l'affaire du journaliste Arnold Mukose, symptôme d'une presse sous pression
    2026/04/11

    En Ouganda, l’enlèvement puis l’inculpation du journaliste Arnold Mukose provoque une onde de choc dans la profession. Ce défenseur de la liberté d’expression, engagé contre une loi controversée sur les usages d’internet, dénonce aujourd’hui des accusations infondées. Au-delà de son cas, ses confrères décrivent un climat de peur et un risque croissant d’autocensure.

    Pour son père, Arnold Mukose est avant tout un homme engagé. « Il pense qu’il doit dire aux gens ce qui se passe dans le monde… et c’est sans doute ce qui lui attire aujourd’hui des ennuis », nous explique Moses Mukose.

    À 41 ans, ce journaliste ougandais s’est fait connaître pour ses prises de position contre la Computer Misuse Act, une loi dénoncée comme un outil de répression des voix critiques. Le 17 mars dernier, la Cour constitutionnelle a annulé plusieurs de ses dispositions, après une mobilisation à laquelle Arnold Mukose a activement participé.

    À lire aussiEn Ouganda, l’enlèvement d’un journaliste après des critiques envers une loi sur les usages d’Internet

    Depuis, il multiplie les interventions dans les médias pour en expliquer les enjeux, et ce jusqu’au dimanche 29 mars.

    Après une émission de radio, des hommes en civil l’attendent à la sortie. Il est emmené de force, sans explication. Pendant plusieurs heures, ses proches restent sans nouvelles. À son domicile, du matériel est saisi : téléphones, ordinateur, tablettes.

    Il sera finalement retrouvé dans un commissariat de Kampala, puis inculpé pour diffusion de fausses informations.

    « Selon les autorités, son organisation aurait relayé un message de l’écrivain Kakwenza évoquant l’état de santé de la Première dame. Le gouvernement affirme qu’Arnold aurait annoncé sa mort. Une information qu’il conteste fermement, assurant ne rien avoir publié de tel », reprend son père, Moses Mukose.

    Une arrestation que ses confrères relient directement à ses prises de position. « Oui, je pense que c’est lié, explique le journaliste Kenneth Lukwago. Il faisait partie de ceux qui s’exprimaient sur l’annulation de la loi. Et quand ce genre de choses arrive, on commence à se demander quels invités on peut recevoir, quels sujets on peut aborder… On entre dans une forme d’autocensure. Et cela crée un climat de peur. »

    Une inquiétude d’autant plus forte que, malgré l’annulation de la loi, les poursuites continuent, explique Ronald Kabuye de l'Association des journalistes ougandais. « Un opposant est toujours en procès pour avoir critiqué un haut responsable judiciaire. Ce dernier s’en est offusqué et a lancé des poursuites contre lui. Avec cette loi, critiquer un dirigeant peut facilement conduire à des poursuites ».

    Arnold Mukose, lui, est toujours détenu. Père de cinq enfants, ce défenseur des droits des journalistes se retrouve aujourd’hui de l’autre côté.

    « La cellule est souterraine, il fait froid, il n’y avait ni matelas ni couverture… il était simplement en chemise », raconte son père.

    Des conditions de détention difficiles, selon ses proches. Pour son père, il reste avant tout un homme engagé, déterminé à informer : « C’est quelqu’un de très intelligent, humble, engagé pour les droits humains… il se soucie des autres, et je pense que c’est pour cela qu’il est visé ».

    Et pour beaucoup, son cas dépasse désormais sa seule personne. Un signal inquiétant pour toute une profession.

    Arnold Mukose a été placé en détention provisoire jusqu’au 14 avril prochain.

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