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Menaces sur l’information

Menaces sur l’information

著者: RFI
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このコンテンツについて

Chaque année, la liberté de la presse est soumise à une pression croissante à travers le monde. Selon le dernier rapport de l'ONG Reporter sans Frontière, publié en mai 2024, plus de la moitié de la population mondiale vit dans des environnements extrêmement hostiles à la liberté d'expression journalistique, où exercer ce métier représente un danger pour la vie et la liberté. Pour illustrer ce constat alarmant, la chronique « Menaces sur l'Information » vous invite à découvrir les défis auxquels sont confrontés les journalistes dans le monde, à travers des portraits de ceux qui ont affronté la répression de la liberté d'expression et qui y ont parfois laissé la vie. Chaque récit met en lumière les enjeux cruciaux de notre époque pour une presse libre et indépendante.

Diffusion : tous les samedis à 6h17, 7h53 et 18h17 TU.

France Médias Monde
社会科学
エピソード
  • À l’ère de l’intelligence artificielle, le journalisme doit se réinventer
    2026/01/03

    Quel avenir pour le journalisme en ce début d'année 2026 ? La profession est constamment remise en question et même menacée, avec le développement exponentiel de l'intelligence artificielle. Chaque année, le Nieman Lab, un think tank rattaché à l'université américaine de Harvard, publie ses prédictions. Des dizaines de notes de personnalités du journalisme qui dressent un constat parfois très pessimiste mais offre aussi des pistes de réflexion pour que les médias s'adaptent et survivent.

    L'intelligence artificielle redessine l'architecture même des salles de rédaction, constate Nikita Roy, fondatrice de Newsroom Robots Lab, un site de réflexion sur le journalisme et l'IA. Pour cette jeune journaliste, les médias sont confrontés à des changements majeurs : le public ne se contente plus de lire des informations mais dialogue directement avec l'intelligence artificielle pour obtenir des réponses. L'IA coupe tous les chemins d'accès aux médias et devient une porte d'entrée à l'information, enfin, l'intelligence artificielle devient créatrice d'information puisqu'elle se sert directement des contenus produits par les journalistes pour les recombiner, sans les contextualiser

    Dès lors comment continuer à exister pour un média traditionnel ? se demande Nikita Roy, lors d'une récente intervention au Global Media Forum. « La grande question que je pose aux salles de rédaction, c'est : si vous avez passé un accord avec ChatGPT ou pas d'ailleurs, et que vos informations sont consommées par ces bots, comment votre public va savoir qu'il s'agit bien de vos informations qu'ils consomment ? Que devient votre marque quand elle est consommée par une IA au milieu de multiples sources d'informations ? ».

    Un réel risque de disparition des médias traditionnels

    Le risque d'effacement des marques et de disparition des médias traditionnels est réel, selon plusieurs analystes qui publient leurs prédictions sur le site du Nieman Lab. Mais chacun y va de sa solution. Pour Basil Simon de l'université de Stanford, les médias devront restaurer la confiance avec leur auditoire, en misant sur la technologie. Selon lui, il faudrait développer une sorte de « pass de presse électronique » pour les journalistes qui scellerait cryptographiquement leurs paroles et images. Une information authentifiée contre les fake news véhiculées parfois par l'IA. Pour d'autres, les journalistes doivent cultiver leur différence et offrir des informations singulières, à la manière de marchands de glaces, qui proposeraient des saveurs et des contenants multiples, ironise Rishad Patel, cofondateur de Splice Media. Nick Usher, de l'université de San Diego suggère, lui, de faire un pas de côté. L'année 2026, dit-il, sera celle où les journalistes abandonneront les conférences de presse, car l'information institutionnelle est accessible à tous sur internet et n'apporte aucune plus value. Aller sur le terrain, enquêter, serait la clé.

    C'est ce que promeut aussi Alexandra Borchard, professeur à l'Université technologique de Munich, de l'enquête exclusive, du local, de l'information de niche. Les rédactions doivent se concentrer, dit-elle, sur les 5% d'informations qu'une IA n'est pas capable de produire. Que ce soit en utilisant les nouvelles technologies, ou en décrochant leur téléphone à l'ancienne, les journalistes pourront collaborer et apprendre les uns des autres, se réjouit-t-elle, en comblant le fossé intergénérationnel au sein des rédactions.

    Aujourd'hui l'économieBulle de l’IA, emploi, croissance: les grands défis de l’intelligence artificielle en 2026

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  • Journalisme en 2025: une année dramatique selon un bilan de RSF
    2025/12/27

    67 journalistes tués, plus de 500 détenus... Le bilan de l'année 2025 est dramatique pour la presse à travers le monde. C'est ce qui ressort du rapport de l'ONG Reporters sans Frontières publié au début du mois. Parmi les pays les plus dangereux où exercer le métier de journaliste figurent cette année la Palestine, où 29 journalistes ont été tués à Gaza sur les 12 derniers mois. Mais aussi le Mexique, marqué par la violence liée au narcotrafic. Sans compter l'Ukraine, où trois journalistes sont décédés cette année, dont le Français Antoni Lallican. Au-delà de ce triste décompte, Reporters sans Frontières alerte aussi sur une menace croissante qui pèse sur la presse : la haine des journalistes. Un fléau en expansion, alimenté par certains dirigeants internationaux.

    « Vous savez, ce n'est même pas votre question qui me gène, c'est votre attitude... Vous êtes une mauvaise reporter. Une mauvaise personne et une mauvaise reporter », lance Donald Trump à une journaliste qui l'interroge sur la publications des fichiers Epstein.

    Les journalistes américains sont désormais habitués aux attaques du président américain contre la presse. L'une des dernières en date remonte à début décembre, lorsque le chef d'Etat répondait ainsi à une question d'une reporter de CNN : « Est-ce que vous êtes stupide ? Est-ce que vous êtes une personne stupide ? »

    Des propos dégradants et misogynes devenus récurrents dans la bouche du président américain... Propos qui participent au discrédit de la profession. D'après une enquête Gallup publié en octobre, la confiance des Américains envers les médias est à son plus bas niveau depuis que cet institut a commencé ses sondages sur la question, dans les années 1970.

    Pour Thibault Bruttin, directeur général de Reporters sans Frontières, ce type de discours est particulièrement dangereux aux Etats-Unis, comme ailleurs, puisque l'exemple de Donald Trump fait des émules : « Il y a un moment de bascule qui est clair, où partout à travers le monde, des forces politiques, pas forcément d'ailleurs réactionnaires, potassent le manuel de Donald Trump pour essayer eux aussi de remporter le succès électoral. Et donc ça opère évidemment une transformation significative de la relation qu'un grand nombre d'élus ou de forces politiques peuvent avoir avec les journalistes. »

    Une stratégie observée chez d'autres dirigeants populistes comme Robert Fico, en Slovaquie, ou Javier Milei, grand allié de Donald Trump. Le président argentin, élu fin 2023, insulte régulièrement la presse : « Ces journalistes corrompus, vendus... Ecoutez, journalistes corrompus, voilà ce que les gens pensent de vous ! » Réponse de la foule, en choeur : « hijos de puta », fils de pute...

    Selon le responsable de RSF, « ​i​​​l y a une stratégie délibérée de la part de certaines forces armées ou de certaines forces politiques pour délégitimer le travail des journalistes, pour essayer de les catégoriser comme des militants, voire même comme des terroristes ». Exemple frappant avec la guerre à Gaza : « C'est ce qu'a entrepris l'armée israélienne depuis le début du conflit à Gaza, avec une unité spécialisée dans le développement d'argumentaires qui permettent de décrédibiliser les journalistes. »

    Décrédibiliser, jusqu'à alimenter une véritable haine des journalistes. Pour Thibaut Bruttin, ce discrédit devient alors le « terreau du pire ». « Il y a une sorte de "permis de tuer" qui s'installe. Et c'est pour ça que nous alertons là-dessus. Il y a de la part de nos concitoyens une trop grande indifférence, qui est le résultat d'une apathie des organisations internationales et des responsables politiques à travers le monde. »

    Que peuvent faire les médias pour regagner la confiance des citoyens ? Dénoncer cette instrumentalisation de la presse, insiste Reporters sans Frontières. L'ONG appelle aussi les médias à faire leur autocritique, en s'emparant des reproches qui leur sont adressés par les citoyens, par exemple sur leur manque de transparence, et en y répondant avec une information rigoureuse et factuelle.

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  • Nicaragua: «Le journalisme de qualité est le meilleur antidote à la dictature»
    2025/12/20

    Derrière la Russie, Cuba ou l'Égypte, le Nicaragua est 172e sur 180 au classement de la liberté de la presse de l'ONG Reporters sans frontières (RSF). Depuis la violente répression des manifestations étudiantes de 2018 par le président Daniel Ortega, une chape de plomb s'abat sur les journalistes. Victimes de la brutalité du pouvoir, ils sont empêchés de travailler, emprisonnés, ou même déchus de leur nationalité. La plupart n'ont eu d'autre choix que de s'exiler pour exercer leur métier.

    Le Nicaragua est presque tout en bas du classement de Reporters sans frontières (RSF) sur la liberté de la presse : 172e sur 180, derrière la Russie, Cuba ou l'Égypte. « Le Nicaragua est le seul pays du continent américain où il n'existe plus aucun journal imprimé encore en circulation. La répression des journalistes est totale », dénonce Wilfredo Miranda Aburto. Correspondant de médias étrangers et co-fondateur du site d'information indépendant Divergentes, à 34 ans, ce journaliste nicaraguayen reconnu a vu son travail récompensé par plusieurs prix internationaux.

    Fuir

    En 2021, le régime a menacé de l'arrêter s'il ne révélait pas ses sources, après la publication d'un article dans lequel il racontait l'arrestation de la principale opposante au régime à l'époque, Cristiana Chamorro, candidate à l'élection présidentielle cette année-là. Il a dû fuir au Costa Rica. Deux ans plus tard, sa nationalité lui a été retirée. Depuis, la liberté de la presse continue de se dégrader : « Des journalistes qui continuaient de travailler clandestinement dans le pays ont été découverts par le régime au cours de l'année écoulée et même eux ont dû fuir », s'alarme Wilfredo Miranda. Près de 300 journalistes ont ainsi été forcés de prendre le chemin de l'exil depuis 2018. Plusieurs autres sont incarcérés.

    Informer en exil

    Aujourd'hui, Wilfredo Miranda et ses confrères continuent d'informer, à distance, notamment grâce au courage de sources restées sur place. « C'est difficile de raconter ce qu'il se passe dans un pays dans lequel on ne vit plus. Cela nous oblige à être encore plus rigoureux, à recouper encore davantage les informations, à être créatifs aussi. Par exemple pour obtenir des statistiques dans un pays où l'État n'en publie plus ? », explique Wilfredo, de passage dans les studios de RFI.

    Un travail d'autant plus difficile que les citoyens qui s'expriment publiquement sur les réseaux sociaux ou même qui consultent des sites d'informations indépendants sont parfois arrêtés pour une simple capture d'écran. « Cela a renforcé l'autocensure et cela se répercute sur nos chiffres de fréquentation, constate-t-il. Alors on explique aux gens comment utiliser des VPN et des messageries sécurisées. Ce n'est pas censé être notre rôle, mais on le fait pour aider nos lecteurs à vaincre la peur du régime », et pour que l'information continue de circuler parmi les Nicaraguayens restés au pays, précise le jeune journaliste.

    Des reportages « solides » pour « faire mal au régime » en place

    Wilfredo Miranda mène ce combat et ce travail avec de nombreux collègues réfugiés à l'étranger. C'est le cas d'Octavio Enríquez. Rédacteur en chef chargé des enquêtes au quotidien La Prensa, lauréat de nombreux prix de journalisme, il a révélé plusieurs scandales de corruption impliquant le président Daniel Ortega et ses proches. « Le régime décrète ce qui est une fausse information et ce qui n'en est pas, explique celui qui vit en exil depuis 2021. Mais le meilleur antidote contre la dictature, c'est le journalisme de qualité. Ce qui fait mal au régime, c'est quand on publie des reportages solides, et des articles qui montrent ce qu'il se passe vraiment dans le pays ». Et si la dictature tombe enfin, « le journalisme aura un rôle indispensable à jouer » dans la transition vers la démocratie, conclut-il.

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