『Menaces sur l’information』のカバーアート

Menaces sur l’information

Menaces sur l’information

著者: RFI
無料で聴く

Chaque année, la liberté de la presse est soumise à une pression croissante à travers le monde. Selon le dernier rapport de l'ONG Reporter sans Frontière, publié en mai 2024, plus de la moitié de la population mondiale vit dans des environnements extrêmement hostiles à la liberté d'expression journalistique, où exercer ce métier représente un danger pour la vie et la liberté. Pour illustrer ce constat alarmant, la chronique « Menaces sur l'Information » vous invite à découvrir les défis auxquels sont confrontés les journalistes dans le monde, à travers des portraits de ceux qui ont affronté la répression de la liberté d'expression et qui y ont parfois laissé la vie. Chaque récit met en lumière les enjeux cruciaux de notre époque pour une presse libre et indépendante.

Diffusion : tous les samedis à 6h17, 7h53 et 18h17 TU.

France Médias Monde
社会科学
エピソード
  • Présidentielle au Brésil: la presse craint une victoire de Flavio Bolsonaro
    2026/10/23

    Ce dimanche 25 octobre 2026, s'affronteront au Brésil le président sortant de gauche, Lula, et le candidat d’extrême droite, Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro. Dans les médias brésiliens, l’inquiétude grandit face au risque d’un retour de l’autoritarisme et à ses conséquences pour la liberté de la presse. D’autant que, pendant cette campagne, plusieurs journalistes ont été la cible d’attaques.

    De notre envoyé spécial au Brésil,

    La semaine dernière, 55 médias indépendants brésiliens en ligne ont publié un éditorial commun pour défendre la démocratie et la liberté de la presse. Leurs craintes : voir reprendre les représailles et les intimidations dont les médias ont été victimes sous la présidence de Jair Bolsonaro si son fils Flavio est élu. Une inquiétude justifiée selon Artur Romeu, directeur du bureau Amérique latine de Reporters sans frontières. « La candidature de Flavio Bolsonaro reprend en grande mesure l’héritage politique de son père et capitalise sur cet héritage, souligne-t-il. Et il incarne en fait le mouvement de l’extrême droite, aussi incarné par le bolsonarisme, par ce qu’a représenté Jair Bolsonaro dans le paysage politique brésilien. »

    Selon la Fédération nationale des journalistes brésiliens, plus de 1 400 cas de violence et d’agressions contre des journalistes ont été recensés sous la présidence de Jair Bolsonaro entre 2019 et 2022. C’est trois fois plus que les années précédentes. Et cette violence, notamment verbale, a de nouveau marqué la campagne présidentielle. C’est ce qu’a constaté Reporters sans frontières en surveillant les plateformes X et Instagram. « Nous avons répertorié autour de 3,5 millions de publications sur ces deux réseaux sociaux et, dans cet univers, plus de 14 000 attaques : stigmatisations, attaques verbales, insultes, tout ce que vous pouvez imaginer en termes de discours violent vis-à-vis de la presse, alerte Artur Romeu. Donc plus de 14 000 publications qui portaient ce discours. »

    À lire aussiPrésidentielle au Brésil: l’IA comme arme de propagande et de désinformation

    « Des lynchages en ligne »

    Les conséquences de ces attaques verbales et de ces intimidations étaient déjà visibles sous le gouvernement de Jair Bolsonaro. De nombreux journalistes ont notamment dû renoncer à publier certains contenus sur les réseaux sociaux. « C’était assez impressionnant à quel point pas mal de journalistes ont dû fermer leurs comptes sur les réseaux sociaux pour échapper à des lynchages en ligne », poursuit le directeur du bureau Amérique latine de Reporters sans frontières.

    Dans leur éditorial commun, les 55 médias rappellent une évidence : pour juger l’action d’un gouvernement, les citoyens ont besoin d’une presse libre. Et cette presse a besoin d’institutions capables de protéger son travail. Flavio Bolsonaro, lui, n’a pas réagi publiquement à cet éditorial.

    À lire aussiPrésidentielle au Brésil: une campagne d'entre-deux-tours aux allures de guerre sur les réseaux sociaux

    続きを読む 一部表示
    2 分
  • En Égypte, une rédaction entière réduite au silence
    2026/10/10

    Fin septembre, l'ensemble des journalistes du média en ligne Matsadaash ont été arrêtés. Détenus pendant cinq jours et torturés, selon leurs dires, ils sont poursuivis par la justice égyptienne pour terrorisme et diffusion de « fausses informations ». Plus de 80 organisations, parmi lesquelles Human Rights Watch, Reporters sans frontières et le Comité pour la protection des journalistes, exigent leur libération immédiate. Un appel presque vain.

    La nuit est à peine tombée sur le Caire. Le journaliste Mohamed Ashraf Abu Emeira est chez lui, dans la soirée du lundi 28 septembre, quand des policiers en civil perquisitionnent son domicile. Ils le placent en garde à vue. Sans aucune explication.

    Ses cinq autres collègues sont arrêtés le lendemain. En moins de 24 heures, c'est toute la rédaction du média indépendant Matsadaash (« N'y croit pas » en arabe) qui est démantelée. Ce média en ligne, spécialisé dans le fact-checking, n'hésitait pas à remettre en cause les déclarations du gouvernement. Une liberté qui ne passe plus en Égypte, où le régime d'Abdel Fattah al-Sissi censure toute information critique.

    Lobna Darwish travaille pour l’ONG Initiative égyptienne pour les droits individuels, dont les avocats représentent les six journalistes. Elle raconte, depuis le Caire, leurs conditions de détention : « Ils ont été maintenus en secret sans pouvoir contacter ni leurs avocats ni leurs familles, pendant près de cinq jours. Lorsqu’ils ont comparu devant le parquet, plusieurs d’entre eux ont déclaré avoir été torturés durant leur détention. Des coups, des décharges électriques, et des menaces contre leur famille... Tout ça les yeux bandés et les mains menottées pendant des jours. Plusieurs ont aussi été contraints d’être filmés en train de faire de faux aveux, qu’ils lisaient sur des feuilles remises par la police. » De leur côté, les autorités égyptiennes nient toute forme de torture.

    Mercredi 7 octobre, la justice tranche : les six journalistes sont inculpés d'infractions liées au terrorisme, accusés d'avoir reçu des financements de l'étranger pour diffuser de « fausses informations », et de travailler pour les Frères musulmans.

    « Prétendre que des personnes ont des liens avec les Frères musulmans est une tactique courante. Elle est utilisée pour dissuader toute solidarité envers les personnes arrêtées, et pour les priver de leurs droits fondamentaux, comme le droit à un procès équitable et à une procédure régulière », déplore Lobna Darwish

    De nouvelles accusations pour prolonger les détentions

    Vingt-cinq journalistes sont à présent emprisonnés en Égypte, selon Human Rights Watch. Bassam Khawaja, responsable de l'ONG dans la région, dénonce des emprisonnements à rallonge. « Il arrive que lorsque des personnes sont condamnées, souvent à l'issue de procès inéquitables ou de procès collectifs, les autorités refusent de les libérer à l'issue de leur peine, explique-t-il. On leur inflige par exemple de nouvelles accusations quasi identiques afin de les maintenir en détention plus longtemps. »

    Malgré la libération d’un journaliste et d’un blogueur en 2026, jamais, au cours de la dernière décennie, la répression contre la presse n’a atteint un tel niveau dans le pays, souligne Bassam Khawaja. « Quand on est prêt à arrêter toute une rédaction et à la faire disparaître, quand on s’en prend aux écrivains, aux économistes, aux dessinateurs, il est impossible de prétendre qu’il existe quoi que ce soit qui ressemble aujourd'hui à la liberté d’expression en Égypte. Beaucoup de journalistes doivent désormais opérer en exil. »

    L’Égypte est 169ème sur 180 au classement de Reporters sans frontières sur la liberté de la presse. Le pays a perdu dix places depuis l’arrivée au pouvoir d'Abdel Fattah al-Sissi, en 2013.

    続きを読む 一部表示
    3 分
  • Biélorussie: quatre journalistes libérés, 17 autres toujours détenus
    2026/10/03

    Quatre journalistes biélorusses ont retrouvé la liberté le 16 septembre dernier, à la faveur d’une amnistie obtenue grâce à l’intervention de la diplomatie américaine. Mais leur libération a immédiatement été suivie d’une expulsion et d’un exil forcé. Si Reporters sans frontières (RSF) salue ces libérations, l’organisation dénonce le maintien en détention de 17 autres journalistes et professionnels des médias, toujours incarcérés en Biélorussie.

    Le 16 septembre dernier a marqué la fin de plusieurs années de calvaire pour quatre journalistes biélorusses. Mais, dès leur libération, ils ont été contraints de prendre le chemin de l’exil, sans savoir quand ils pourront regagner leur pays.

    Les libérations de Lioudmila Tchekina, Dzmitry Navajylau, Andreï Aliaksandrau et Kyril Pazniak ont été obtenues grâce à l’intervention des États-Unis, qui proposent au régime d’Alexandre Loukachenko un assouplissement de certaines sanctions en échange de la libération de prisonniers politiques.

    Parmi les quatre journalistes libérés figure Lioudmila Tchekina, l’ancienne directrice de l’un des principaux sites d’information du pays, fermé en 2021. Son ancienne rédactrice en chef, Maryna Zolatava, a elle-même passé plusieurs années en prison avant d’être libérée. Elle vit aujourd’hui en Pologne et témoigne pour RFI du traitement infligé à son ancienne collègue durant leur détention.

    « Nous avons été arrêtées en mai 2021 et condamnées à 12 ans de prison. J’ai eu la possibilité de voir Lioudmila à plusieurs reprises lorsque nous étions incarcérées. Elle était toujours d’un grand soutien, souriait tout le temps et gardait le moral. Je pense qu’elle a été soumise à un “traitement spécial” dans la colonie pénitentiaire, parce qu’elle avait toujours le courage de dire ce qu’elle pensait lorsque quelque chose ne lui plaisait pas. En début d’année, avant d’être libérée, elle a passé cinq jours en cellule d’isolement. Je peux vous dire que c’est une forme de punition très dure. »

    « Un carrousel répressif »

    Reporters sans frontières a salué l’annonce de ces libérations tout en rappelant que d’autres journalistes restent arrêtés et incarcérés par le régime d’Alexandre Loukachenko. Au pouvoir depuis 32 ans, le président biélorusse se sert des personnes détenues comme d’une monnaie d’échange pour obtenir un assouplissement des sanctions américaines.

    Jeanne Cavelier, responsable du bureau Europe de l’Est de Reporters sans frontières, dénonce le « carrousel répressif » qui se cache derrière ces libérations au compte-gouttes. « Le régime libère certains journalistes tout en continuant à arrêter, poursuivre et condamner d’autres journalistes. On donne l’impression d’une ouverture. Mais, en réalité, la machine répressive continue de fonctionner. Et aujourd’hui encore, 17 journalistes et professionnels des médias sont derrière les barreaux au Bélarus. »

    Aujourd’hui, la majeure partie des journalistes indépendants biélorusses vivent en exil. Certains ont été contraints de renoncer à leur métier, tandis que d’autres tentent de continuer à l’exercer dans des conditions particulièrement difficiles.

    Sur place, les sources d’information se raréfient, notamment en raison de la répression exercée par les autorités. « Les journalistes en exil ne peuvent pas interviewer des personnes qui vivent en Biélorussie, pointe Maryna Zolatava, car ces personnes pourraient ensuite être poursuivies et punies. Quand j’étais en prison, j’ai rencontré trois femmes qui ont été condamnées à plusieurs années de prison simplement pour avoir donné des interviews ou coopéré avec des médias indépendants. »

    Selon Reporters sans frontières, près de 400 journalistes ont été victimes d’arrestations injustifiées depuis 2020, tandis qu’au moins 600 ont été contraints de fuir leur pays.

    Cet exil ne les met toutefois pas totalement à l’abri d’éventuelles représailles. Les autorités biélorusses n’hésitent pas à saisir leurs biens sur place, à cibler leurs proches ou encore à lancer des mandats d’arrêt internationaux afin de compliquer leurs déplacements et leurs démarches administratives à l’étranger.

    続きを読む 一部表示
    3 分
adbl_web_anon_alc_button_suppression_t1
まだレビューはありません