Bientôt cinq ans : c'est un triste anniversaire que l'on s'apprête à marquer : celui du retour des talibans au pouvoir, le 15 août 2021. Un retour qui a signé la fin de toute liberté pour les femmes afghanes, et parfois, leur mort. Le Guardian publie aujourd’hui une enquête sur 231 cas de féminicides en Afghanistan où, selon le quotidien britannique, « les hommes sont autorisés à tuer en toute impunité, leurs crimes étant étouffés par l’État ».
Le Guardian nous raconte notamment l’histoire de Liza Shams, 33 ans, qui a expliqué dans un enregistrement « comment son mari, Hasibullah Sarwari, l’a battue lorsqu’elle était enceinte, puis l’a séquestrée pendant des jours, blessée au point de ne plus pouvoir manger ni parler ».
Le 1er février dernier, Liza a réussi à appeler son père, elle a été emmenée à l’hôpital de Kaboul par ses sœurs, mais elle est décédée peu de temps après. Le scanner réalisé à l’hôpital révèle de multiples fractures des pommettes et des sinus, des blessures et de gonflements importants sur tout le visage et le corps. « Malgré l’étendue des lésions, poursuit le Guardian, le rapport médico-légal indique que la cause probable du décès est l’ingestion de mort aux rats ».
La famille de son mari affirme que Liza « s’est suicidée », mais son père est « convaincu qu’il s’agit d’un meurtre ». « En Afghanistan, explique le Guardian, « le suicide est fréquemment reconnu comme cause de décès, lorsqu’une femme meurt dans des circonstances violentes. Ce qui signifie généralement que personne ne sera tenu pour responsable de sa mort ».
Des photos d'enfants morts En Israël, le quotidien d’opposition Haaretz publie le témoignage d’une ancienne combattante à Gaza. Elle s’appelle Yaël et elle a 22 ans. « Après avoir participé à la direction de tirs d’artillerie qui ont coûté la vie à des civils à Gaza, explique Haaretz, cette ancienne infirmière de combat souffre de traumatisme et de profonds remords ». « Son rôle, raconte Yaël, consistait à calculer les données de tirs, à préparer les cibles et à les transmettre aux soldats ».
Puis elle a quitté l’armée. « J’ai vu, raconte Yaël, le nombre d’enfants tués. J’étais sous le choc. J’ai commencé à chercher frénétiquement des informations en ligne. Je cherchais les quartiers, les villages que nous avons attaqués. J’ai vu que beaucoup d’innocents avaient été tués, j’ai vu des photos d’enfants morts. Dans l’armée, on nous disait qu’on ne tuait que des terroristes, mais c’est un mensonge ».
Des images qui reviendront sans cesse hanter Yaël. Selon Haaretz, l’armée israélienne tarde à prendre en charge les anciens combattants traumatisés. « La reconnaissance de son stress post-traumatique est restée bloquée durant de nombreux mois. Mais elle a finalement été acceptée, selon le quotidien israélien, quelques heures seulement après qu’Haaretz se soit renseigné auprès de l’armée et du ministère ».
Adaptation au climat « L’espèce humaine peut-elle s’adapter à des étés caniculaires ? » Question que le quotidien italien Corriere Della Serra a posée au géologue Mario Tozzi, qui répond sans détour : « Les émissions de gaz à effet de serre doivent être réduites, sinon nous ne survivrons pas ». Interrogé sur une solution éventuelle fournie par l’intelligence artificielle, le géologue ajoute : « Le problème, c’est que nous continuons de miser sur l’idée d’une technologie miraculeuse qui n’existe pas et que nous imaginons même gratuite. Or rien n’est gratuit sur terre : l’environnement, les autres êtres humains et les autres êtres vivants en paient le prix ».
Alors que faut-il faire ? Le géologue recommande « une véritable stratégie d’adaptation, qui doit commencer par la transformation des villes (…) Toutefois, ajoute Mario Tozzi, la crise climatique ne se résoudra pas par la simple adaptation. Si nous ne réduisons pas les émissions de gaz à effet de serre, l’adaptation ne suffira plus ».