エピソード

  • À la Une: le spectre d’une guerre sans fin
    2026/03/10
    Comment sortir de cette guerre au Moyen-Orient ? Donald Trump a beau claironner que le conflit va bientôt se terminer, en fait, soupire le New York Times, le président américain « n’a aucune idée de comment mettre fin à la guerre contre l’Iran. (…) Bombarder sans cesse la région, détruire toujours plus d’infrastructures militaires et civiles, en espérant que les Iraniens en quête de démocratie s’unissent et renversent par eux-mêmes ce régime meurtrier enraciné… eh bien, s’interroge le New York Times, où cela s’est-il déjà produit dans l’histoire ? Ce régime ne s’effondrera que par le sommet, affirme le quotidien américain, un processus qui ne débutera qu’après un cessez-le-feu. Le mieux que puisse faire la stratégie de bombardements massifs de Trump et Netanyahu est d’amorcer ce processus ; le simple fait d’orienter le pouvoir Iranien vers une voie plus favorable, où il représenterait une menace moindre pour sa population et ses voisins, constituerait déjà un succès considérable, pointe le New York Times. Le pire scénario serait de dévaster l’Iran par des bombardements aériens incessants au point de le rendre ingouvernable. Ce serait une catastrophe aux conséquences incalculables ». Des promesses et des insultes… El Pais à Madrid s’interroge également : « alors que le régime totalitaire iranien se prépare à résister et que l’économie mondiale tremble devant un conflit qui, quelle que soit sa durée, pèse déjà sur le pouvoir d’achat des citoyens, quel est le plan de ceux qui ont ordonné cette guerre ? Proclamer que tout rentrera bientôt dans l’ordre, que les dégâts économiques sont minimes comparés aux bénéfices à venir et que "seuls les imbéciles pourraient penser le contraire". En d’autres termes, s’agace El Pais, des promesses et des insultes : c’est la stratégie de Donald Trump ». La hausse du pétrole : « un tout petit prix à payer pour la paix et la sécurité » ? Libération à Paris complète ce propos : « au-delà de l’Iran, la mécanique s’est emballée, constate Libération. Le baril de pétrole a franchi la barre symbolique des 100 dollars. Aux États-Unis, l’opinion publique ne comprend pas vraiment pourquoi il faudrait – encore – envoyer des soldats mourir dans une guerre lointaine. Les lignes se durcissent. Sans qu’on voie comment cette nouvelle aventure américaine au Moyen-Orient pourrait bien se terminer. (…) Le séisme déclenché à Téhéran le 28 février n’en a pas fini de secouer la planète. Et même si Donald Trump assure que la hausse du prix de pétrole et les autres conséquences ne sont qu’un "tout petit prix à payer pour la paix et la sécurité", il n’est pas certain, affirme encore Libération, que tout le monde – et les Américains les premiers – ait envie d’en payer la facture très longtemps ». « Une seule chose est sûre » dans cette guerre, souligne pour sa part le Süddeutsche Zeitung : « l’essence va être plus chère ». Et aux États-Unis, « la hausse du prix du pétrole est un enjeu politique majeur à l’approche des élections de mi-mandat cet automne. (…) Apparemment, après l’invasion du Venezuela, pays riche en pétrole, et compte tenu de son slogan de campagne "Forons, forons, forons !", Trump n’avait pas imaginé que bombarder l’Iran engendrerait une telle crise pétrolière et financière, en plus des souffrances subies par les populations ». La France rattrapée par la crise et… la guerre ? Et la France dans tout cela ? Sur le plan économique tout d’abord, « l’heure des comptes n’est pas encore venue, mais la guerre d’Iran vient douloureusement rappeler à la France ses grandes faiblesses, pointe Le Figaro. D’abord, sa dépendance toujours excessive aux énergies fossiles (…). Ensuite, et surtout, sa grande fragilité financière. Sans vouloir jouer les Cassandre, il apparaît d’ores et déjà que nous ne sortirons pas indemnes de cette crise ». Enfin, sur le plan international, Emmanuel Macron était hier à Chypre et sur le porte-avions Charles-de-Gaulle… « Cette guerre n’est pas la nôtre », a-t-il dit. « Elle fait toutefois peser des menaces sur des intérêts importants pour la France, relève La Croix : la sécurité des pays de l’Union européenne ; la libre circulation maritime ; la sécurité de trois États du Golfe (Koweït, Qatar, Émirats arabes unis), que notre pays s’est engagé à épauler ; et la protection des ressortissants dans la région. (…) Pour pouvoir assumer les responsabilités qu’elle se donne, la France adopte une posture offensive de son action défensive. Elle prend toutefois le risque, affirme encore La Croix, que les belligérants, notamment l’Iran, ne comprennent pas cette neutralité combative. Le danger est réel que la guerre la rattrape ».
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  • À la Une: l’art de la guerre selon Trump
    2026/03/09
    10 jours de guerre déjà contre l’Iran et, constate Le Figaro à Paris, « on attend toujours la définition précise des objectifs du président américain ». Hé bien « on a tort, s’exclame le journal, car ceux-ci restent ouverts. Trump entame une guerre comme il lance une négociation : pas forcément pour en finir, mais pour voir ce que ça va donner et récolter ce qui peut l’être. (…) Avec lui, l’art de la guerre n’est pas si différent de "l’art du deal", pointe encore Le Figaro. Dans sa stratégie inversée, il n’y a pas d’ultimatum, pas de coalition, pas de troupes d’invasion, pas de voie de sortie idéale : l’attaque survient par surprise, en pleines discussions, et peut s’arrêter tout aussi soudainement, lorsqu’il le décidera. (…) Et rien n’empêchera Donald Trump de composer avec le système qu’il a cherché à éliminer, comme au Venezuela ». Et le journal de conclure : « dans sa façon de faire la guerre, il n’y a tout simplement pas de défaite possible. Et tant pis si, pour le pouvoir des mollahs, le simple fait de survivre serait aussi une victoire ». Mettre la main sur les richesses du monde Pour l’économiste Thomas Piketty, qui publie une tribune dans Le Monde, « l’objectif affiché de cette stratégie guerrière est parfaitement clair : il ne s’agit pas de promouvoir un quelconque idéal collectif, mais bel et bien de se remplumer et de rentabiliser financièrement le fait de disposer de la plus grande armée du monde. Il faut prendre au sérieux ce que dit Trump, poursuit Thomas Piketty : il est prêt à trouver des deals avec tous les mollahs et tous les chavistes de la planète pourvu que les compagnies états-uniennes mettent la main sur les richesses de l’Iran ou du Venezuela. Même chose pour les minerais du Groenland, d’Ukraine ou de Russie. Business is business, et Trump compte utiliser la force pour faire des affaires juteuses partout où elles se trouvent, la main sur la canonnière, à la façon des puissances coloniales européennes du passé ». Alors, préconise Thomas Piketty, « face à cette dérive guerrière et à ce désastre annoncé, l’Europe doit se donner les moyens de peser sur le monde. L’urgence est de mettre en place des structures communes permettant de prendre des décisions ensemble, de façon démocratique et pluraliste, sur l’Iran comme sur l’Ukraine ». Quand l’Europe parlera-t-elle d’une même voix ? Analyse similaire pour El Pais à Madrid : « pour éviter que l’Europe ne soit entraînée dans le conflit tumultueux provoqué par Trump et Netanyahu, il lui faut adopter une position commune ». En effet, « l’Europe brille par son absence, déplore le quotidien espagnol. Seul Madrid a clairement rejeté la guerre dès le départ. Sur le reste du continent, certains de ses principaux dirigeants se sont progressivement positionnés contre l’intervention, à mesure que le sentiment d’une situation incontrôlée grandissait ». Mais globalement, « une semaine après l’attaque contre l’Iran, l’Europe reste muette sur la question, regrette encore El Pais. Les décisions que les Européens seront contraints de prendre en cas d’escalade du conflit exigent une action immédiate et claire de Bruxelles. La seule véritable alternative pour éviter d’être entraînés dans le conflit – et l’attaque contre Chypre est un avertissement très inquiétant – est (donc) une position commune ». Pour l’instant, on n’en est pas là… Et « qu’est-ce qui peut arrêter Trump ? », s’interroge le Süddeutsche Zeitung ? Réponse : « lui-même, affirme-t-il. (…) Interrogé en janvier par le New York Times sur ce qui limitait son pouvoir, Trump a répondu : "Ma propre morale. Ma propre volonté. C’est la seule chose qui puisse m’arrêter" ». Et le quotidien allemand de constater également que si « Trump envoie des missiles, il n’a aucun plan pour l’après-missile ». À quand la liberté en Iran ? Et les Iraniens dans tout cela ?, s’interroge Le Devoir à Montréal. « Alors même que des bombes s’abattent sur des installations liées au régime, certains exilés veulent y croire. Drapeaux, discours, manifestations… Les victimes civiles ? Tragique, mais inévitable. Le prix à payer, mais après ça, oui, oui, promis, on sera libres… Pour autant, pointe le quotidien canadien, les Iraniens ont dans leur histoire (et peuvent en trouver dans celle de leurs voisins — l’Irak de 2003) des raisons de se méfier des interventions étrangères, de leur caractère moralement douteux… et aussi bourré d’effets pervers imprévus. Ils savent, ou devraient savoir que ce genre d’équipée hasardeuse se traduit rarement en termes de libération ».
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  • À la Une: l’enquête sur l’école de filles bombardée en Iran le 28 février
    2026/03/07

    Le bombardement de l'école de Minab est survenu le premier jour de la guerre. Bombardement que les médias analysent chacun leur tour pour arriver à la même conclusion : c’est probablement un tir américain qui a visé école, faisant des dizaines de victimes. Le Monde déclare ainsi « avoir analysé des images inédites prouvant la présence d’enfants parmi les personnes tuées dans cette école ». Le quotidien français raconte :« Dans les décombres d’un bâtiment en ruines, les secouristes iraniens découvrent le corps inanimé d’une enfant, encore vêtue d’un uniforme vert turquoise ». Pour le Monde, il n’y a pas de doute : « Malgré sa proximité immédiate avec une base militaire des gardiens de la révolution, elle aussi bombardée le 28 février, les images prouvent que le bâtiment était une école ».

    « Les États-Unis sont probablement responsables », titre de son côté la Republica, qui s’appuie sur des sources citées par l’agence de presse Reuters. Le quotidien italien rappelle aussi que « cibler délibérément une école ou un hôpital constitue un crime de guerre au regard du droit international humanitaire ». À moins qu’il ne s’agisse d’une « bavure » ? Washington fait savoir qu’une enquête de l’armée américaine est en cours.

    La peur des mollahs

    À Téhéran, la capitale iranienne visée cette nuit par d’intenses frappes, la population oscille entre crainte et espoir. Le Jérusalem Post affirme que « selon des sources à l’intérieur de la capitale », « quelque chose a changé dans l’atmosphère de la ville. Non pas à cause du deuil, mais en raison d’une ambiance électrique, d’une attitude d’attente ». « Les gens, assure le quotidien israélien, ne sont pas nombreux à sortir, mais ceux qui le font affichent ce qu’une source décrit "comme un regard radieux", comme si, pour la première fois depuis des années, ils s’autorisaient à espérer ».

    Toutefois, la peur du régime des mollahs n’a pas disparu, selon le quotidien français Libération, qui s’informe auprès d’un journaliste iranien dont l’anonymat est préservé. Selon ce journaliste, « beaucoup de gens disent qu’ils ont davantage peur du gouvernement que des bombes ». « À Téhéran, explique le reporter iranien, rares sont ceux qui osent quitter leur domicile, et encore moins descendre dans la rue pour exprimer leur colère. Même derrière leurs fenêtres ou sous les toits, personne n’est à l’abri. Dans plusieurs quartiers résidentiels de la capitale, les forces de sécurité ont tiré en direction des appartements d’où provenaient des chants hostiles aux mollahs ».

    Quel scénario en 2026 ?

    Au Liban, le journal l’Orient-le Jour s’interroge sur les intentions d’Israël qui bombarde les quartiers sud de Beyrouth. « Quelle guerre Israël va-t-il mener au Liban cette fois-ci ? » se demande le quotidien francophone libanais, qui a interrogé le général à la retraite Khaled Hamadé. Selon lui, la guerre en 2026, ne ressemblera « ni à celle de 2006, ni à celle de 2024 ». Il n’envisage toutefois pas l’avenir avec optimisme : « Ce n’est que le début, estime le général à la retraite. Tant que la guerre continue, les Israéliens vont continuer à mener des frappes, détruisant petit à petit la banlieue sud de Beyrouth ».

    L’Orient-le Jour a également interrogé un diplomate occidental qui s’inquiète des rapports de force. « Le problème, estime-t-il, c’est que cette fois-ci les Américains sont occupés par la guerre en Iran, ce qui donne aux Israéliens une marge de manœuvre plus grande ». Le même diplomate ajoute : « Pour éviter un tel scénario si le conflit se prolonge, il faut que l’Etat libanais se montre ferme face au Hezbollah ».

    Analyse que partage Khaled Hamadé. Le général à la retraite estime en effet « que les Israéliens vont augmenter la pression, au fur et à mesure en rendant inhabitables toutes les régions qui portent la signature du Hezbollah, à moins que l’État parvienne à séparer le Liban de la République islamique d’Iran ».

    À lire aussi[En direct] Guerre au Moyen-Orient: l'Iran ne frappera plus ses voisins sauf s'il est visé, dit son président

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  • À la Une: quelles sont les capacités de résistance de l’Iran?
    2026/03/06

    C’est le Washington Post qui pose la question de la résistance de l'Iran. Le quotidien américain fait le bilan d’une (presque) première semaine de combats : « La campagne aérienne américano-israélienne contre l’Iran a décimé les plus hauts échelons du pouvoir politique et militaire, détruit des infrastructures de commandement et de contrôle militaires essentielles ainsi que des capacités de combat, et endommagé des bâtiments civils à travers tout le pays ». Pour autant, remarque le Washington Post, « la structure dirigeante de Téhéran est restée étonnamment résiliente (…) Malgré l’intensité des frappes et des destructions, aucune défection significative au sein du régime, ni aucun soulèvement populaire n’ont été signalés à ce jour ».

    Le quotidien américain cite les propos de Gregory Brew, spécialiste de l’Iran au sein du groupe Eurasia, qui analyse ainsi la situation : « Les Iraniens savent qu’ils ne peuvent pas vaincre la plus puissante armée du monde, mais grâce à la guerre asymétrique, ils peuvent tenter d’infliger un maximum de dégâts aux États-Unis, pour les contraindre à une désescalade ».

    Drones

    Le Parisien remarque, lui aussi, que le régime iranien est loin d’être vaincu. « Comment Téhéran résiste avec une riposte "low-cost" », titre le quotidien, « les drones iraniens Shahed s’acharnent sur les monarchies du Golfe et mettent les États-Unis en difficulté ». Le Parisien partage l’analyse du Washington Post : « Les deux camps poursuivent des objectifs différents, à la hauteur de leurs moyens, l’un veut éliminer son adversaire, l’autre tente de l’épuiser ». Téhéran mise donc sur ses drones, qui mettent en difficulté les Américains et leurs alliés. Au point, souligne le quotidien allemand die Welt, que « les États- Unis demandent de l’aide aux Ukrainiens ». En effet, les Ukrainiens sont devenus experts en matière de drones Shahed iraniens, puisque ce sont ceux que la Russie utilise contre eux.

    Savoir-faire

    Selon die Welt, il y a en la matière un « problème que seuls les Ukrainiens ont, jusqu’à présent, su résoudre. » Car si les États-Unis savent « abattre un drone Shahed », explique le quotidien allemand, « ils ignorent comment en détruire des centaines, sans se ruiner ». En effet, un drone Shahed « coûte seulement entre 30 000 et 50 000 dollars, assure die Welt, « un missile intercepteur Patriot coûte, lui, environ trois millions de dollars ». D’où le risque de « perdre une guerre économique, une guerre que même les riches États du Golfe ne sont pas prêts à mener », explique le quotidien allemand. Alors sur quoi repose aujourd’hui le savoir-faire des Ukrainiens ? « Sur des équipements simples, tels des dispositifs de vision nocturne et des mitrailleuses lourdes montées sur des pick-ups », explique die Welt. Savoir faire que Volodymyr Zelensky est donc disposé à partager avec les pays occidentaux et les pays du Golfe.

    Risque de crise migratoire

    Cette nouvelle guerre du Golfe risque, par ailleurs, de jeter sur les routes des milliers de réfugiés. Et c’est l’Union Européenne qui s’en inquiète. « Bruxelles s’inquiète d’une nouvelle crise migratoire, tout en refusant de donner dans l’alarmisme », annonce le journal Le Soir. Le quotidien belge explique que « le sujet s’est imposé, hier, lors de la réunion des ministres de l’Intérieur des Vingt-sept. » Mais pour l’instant, « aucun mouvement important n’a été observé aux frontières extérieures de l’Iran », assure Magnus Brunner, le commissaire européen aux Affaires intérieures et aux Migrations.

    Pourtant, si l’on en croit le Times, des « Iraniens fraîchement arrivés à Calais, dans le nord de la France, attendent leur tour pour être clandestinement conduits en Grande-Bretagne ». Ils ne sont pour le moment « qu’une vingtaine d’hommes et de femmes », mais ces réfugiés assurent que « beaucoup d’autres sont en route » explique le quotidien britannique. Il s’agit surtout d’Iraniens ayant fui la répression sanglante du mois de janvier, mais, nous dit le Times, « les experts internationaux ont averti que le conflit en Iran pourrait provoquer un afflux de migrants d’une ampleur sans précédent, aux frontières du continent européen ».

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  • À la Une: va-t-on vers des offensives terrestres au Liban et en Iran?
    2026/03/05
    Pour L’Orient-Le Jour à Beyrouth, la réponse est sans ambiguïté… « Il apparaît clairement que les États-Unis et Israël se préparent à des opérations terrestres au Liban mais aussi en Iran dans les prochains jours. C’est dans ce cadre que l’État hébreu a ordonné hier l’évacuation de toute la zone du sud du Litani et que des forces israéliennes ont pénétré dans plusieurs localités et villages frontaliers libanais relevant de la juridiction des Casques bleus. (…) Israël veut mener une opération militaire terrestre s’étendant sur une profondeur de 15 kilomètres, en prendre le contrôle et en faire une zone tampon, dans une configuration qui rappelle les années 1980 et 1990. » Et pour ce qui est de l’Iran, « le président américain Donald Trump a déclaré qu’il n’excluait pas l’option d’une invasion terrestre de l’Iran », rappelle L’Orient-Le Jour. « Parallèlement, des informations et des rapports évoquent des mouvements de groupes kurdes dans l’ouest du pays, soit pour lancer un processus visant à renverser le régime, soit pour réclamer l’établissement d’une région autonome. » Toujours selon le quotidien libanais, « ces groupes kurdes pourraient lancer prochainement une action militaire dans l’ouest de l’Iran pour en chasser les gardiens de la révolution et les forces de sécurité iraniennes. Des informations évoquent également un soutien américain à ces opérations, voire l’entrée de forces spéciales américaines dans cette zone, ou encore des opérations de débarquement aérien ou maritime de commandos vers le territoire iranien afin de mener davantage d’actions susceptibles de conduire à la chute du régime. » La CIA aurait fourni des armes aux Kurdes… « La guerre contre l’Iran s’est jusqu’à présent déroulée dans les airs et sur mer, mais une offensive terrestre dans le nord-ouest de la République islamique pourrait être imminente. » C’est du moins ce qu’affirme Die Welt à Berlin, qui cite plusieurs sources, dont le portail d’information Axios et le New York Times. Selon le quotidien américain, en effet, « la CIA aurait fourni des armes légères aux forces kurdes iraniennes en Irak dans le cadre d’un programme secret qui aurait débuté avant la guerre actuelle. (…) Toute intervention américaine visant à soutenir les Kurdes dans une incursion en Iran, ou toute forme d’insurrection sur place, constituerait un tournant inattendu dans ce conflit, pointe le New York Times. Si l’incursion était d’envergure, elle pourrait contraindre l’armée iranienne à réagir, permettant ainsi aux avions américains ou israéliens de la cibler. » Ce qui est sûr, rapporte Le Monde à Paris, c’est que depuis le début des bombardements, « Israël pilonne l’appareil de sécurité intérieure iranien à Téhéran, pour faciliter un soulèvement après-guerre. L’aviation de l’État hébreu maîtrise le ciel de la capitale iranienne et multiplie les frappes contre des institutions politiques et l’appareil répressif du régime, en vue de provoquer son écroulement. » Nétanyahou va-t-il « frapper fort » ? Autre certitude, du moins cette fois selon Libération : Benyamin Nétanyahou « joue un rôle moteur » dans cette guerre : « pour le Premier ministre israélien, l’objectif est double, pointe le journal : débarrasser le pays de la menace iranienne, que les Israéliens considèrent comme existentielle, et en profiter pour laminer le Hezbollah tout en grappillant toujours plus de terrain au Liban après avoir remis la main sur Gaza. D’où l’ampleur de l’offensive israélienne lancée après des tirs de roquettes du Hezbollah. Depuis lundi, précise Libération, les bombardements sur le sud du Liban ont tué plus de 70 personnes et poussé près de 90.000 autres à fuir. Hier, la panique était totale sur les routes, et le pire n’est peut-être pas survenu, s’exclame le journal. Puisque l’armée israélienne prépare une incursion terrestre d’ampleur dans le but d’éliminer des chefs ou des sites du Hezbollah et surtout d’occuper une partie du territoire. La guerre au Moyen-Orient s’élargit donc chaque jour davantage, pointe le quotidien français, et Netanyahou risque de frapper d’autant plus fort dans les jours à venir qu’il sait Trump de plus en plus fragilisé en interne par le camp Maga et qu’il voit venir le moment où celui-ci devra, comme en juin, mettre un terme à la guerre… Si c’est encore possible, vu la folie vengeresse qui s’est emparée de la région. »
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  • À la Une: les Européens face à la guerre en Iran
    2026/03/04
    Donald Trump est furieux, furieux contre les Européens qu’il accuse de ne pas être à ses côtés dans la guerre contre l’Iran. Particulièrement visés, l’Espagne et le Royaume-Uni. Pour ce qui est de l’Espagne, « nouvelle attaque verbale de Donald Trump, note Le Figaro à Paris. Le président américain a menacé hier de "cesser tout commerce avec l’Espagne", lui reprochant son refus de laisser les États-Unis utiliser des bases militaires situées en Andalousie pour leur guerre contre l’Iran et ses dépenses militaires qu’il juge insuffisantes. "L’Espagne a été lamentable", a-t-il répété. » Motivation légitime… Madrid est dans son droit, rétorque El Pais à Madrid. « Dès le départ, le Premier ministre Pedro Sánchez a exprimé une position conforme au droit international, pointe le quotidien espagnol, en rejetant l’attaque de samedi dernier, celle-ci ne se fondant ni sur une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU ni sur le principe de légitime défense (aucune preuve tangible n’indique que l’Iran planifiait des attaques imminentes). Le refus de Pedro Sánchez d’autoriser l’utilisation des bases américaines situées sur le territoire espagnol pour le soutien logistique de l’offensive découle de ce principe et est protégé par le traité régissant leur utilisation. Le coût politique pourrait être élevé, mais sa motivation est légitime. » Reste, estime El Pais, que Pedro Sánchez doit s’expliquer publiquement et non par de simples déclarations sur les réseaux sociaux. Par ailleurs, il est essentiel que le gouvernement espagnol s’efforce de forger une position commune en Europe. Même, reconnait le journal, « s’il serait naïf de sous-estimer la difficulté d’y parvenir. » « Starmer n’est pas Churchill… » Pour ce qui est du Royaume-Uni, Donald Trump s’en est violemment pris au Premier ministre Keir Starmer hier. « Le refus initial de Keir Starmer d’autoriser les États-Unis à utiliser des bases britanniques pour bombarder l’Iran a jeté un froid, constate le Times à Londres, et a suscité une réaction sarcastique de la part de Trump. » Trump qui a lâché cette pique : « Keir Starmer n’est pas Winston Churchill… » Et le Times de s’interroger : « La "relation spéciale" entre nos deux pays est-elle morte ? » Le Guardian, pour sa part, en appelle au Parlement : « Tous nos gouvernements successifs ont consulté les députés avant d’utiliser la force. Si le territoire britannique est utilisé pour autre chose que des frappes défensives en Iran, la Chambre des communes devrait se prononcer. La Convention sur les pouvoirs de guerre vise à prévenir toute dérive. Soutenir les frappes américaines en vue d’un changement de régime ou d’une dégradation stratégique risque de faire du Royaume-Uni un cobelligérant dans une guerre illégale. » La priorité de l’Allemagne ? L’Ukraine ! Quant à l’Allemagne, elle reste prudemment à l’écart… « Ni les États-Unis, ni Israël ne s’attendent à une intervention militaire de Berlin, pointe Die Welt. La Maison Blanche n’a même pas jugé nécessaire d’informer le chancelier Friedrich Merz de la guerre imminente avant l’attaque. Pourquoi l’aurait-elle fait ? L’Allemagne, puissance moyenne, n’a aucune légitimité militaire dans la région. » Sa priorité est à ses frontières, affirme encore Die Welt : « son Moyen-Orient commence à la frontière ukrainienne » et son objectif prioritaire est « tout mettre en œuvre pour empêcher l’effondrement de l’Ukraine et ralentir la progression de la machine militaire russe ». La France plongée dans le conflit à son corps défendant Enfin, note Le Monde à Paris, « la France s’engage dans le conflit dans une logique "strictement défensive" », selon les mots d’Emmanuel Macron hier soir qui s’exprimait « depuis son bureau de l’Élysée où était posé, remarque le journal, un petit soldat de plomb de la garde napoléonienne, fusil en joue ». Le porte-avion Charles de Gaulle a mis le cap vers la Méditerranée orientale. Commentaire du Monde : « Cette guerre, la France ne l’a pas voulue. Mais voici le pays plongé, presque à son corps défendant dans un conflit régional au Proche-Orient à l’issue incertaine. (…) Le temps de 2003, où, depuis la tribune des Nations unies, la France brandissait le respect du droit international pour s’opposer à la guerre en Irak voulue par les Etats-Unis, ce temps est révolu. L’heure est au pragmatisme face à une opération militaire qui pourrait, en cas de succès, faire tanguer un régime jugé criminel. »
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  • À la Une: l’embrasement au Moyen-Orient
    2026/03/03
    « En l’espace de 3 jours, constate le Washington Post, le conflit iranien s’est étendu bien au-delà des cibles initiales en Iran pour menacer quelque 300 millions de civils dans plus d’une douzaine de pays. (…) Missiles et drones ont été lancés vers les capitales du golfe Persique. Des hôtels et des immeubles d’habitation aux Émirats arabes unis ont été touchés. Israël a bombardé des positions du Hezbollah au Liban. Des milices alignées sur Téhéran ont revendiqué des frappes de la Méditerranée à la mer Rouge. À Chypre, des explosions ont retenti avant-hier sur une base britannique, faisant de ce pays le premier en Europe à être touché. » Libération à Paris s’interroge : « Et si l’opération militaire lancée sur l’Iran par Donald Trump et Benyamin Nétanyahou devenait hors de contrôle ? Les deux leaders ont entrepris de redessiner la carte du monde en fonction de leurs intérêts, sans aucune concertation avec le reste de la communauté internationale et au mépris total des règles du droit. Et on en voit le résultat aujourd’hui, pointe Libération : au fil des jours, le conflit s’étend, menaçant de s’internationaliser. Certes, en éliminant samedi Ali Khamenei, le Guide suprême iranien, les deux hommes ont débarrassé la planète d’un tyran sanguinaire qui opprimait son peuple et tirait bon nombre de ficelles du terrorisme mondial. Mais, s’interroge encore Libération, ont-ils bien mesuré les risques de chaos local, régional voire international que cela pouvait engendrer ? Le risque d’embrasement d’un monde en surchauffe où la moindre étincelle peut se révéler fatale ? » Trump prend le plus grand risque de sa présidence… « En Iran, Donald Trump a rompu avec quarante-cinq ans de prudence, relève pour sa part Le Figaro. Depuis 1979, tous ses prédécesseurs ont été tentés d’abattre le régime antiaméricain de Téhéran. Tous se sont ravisés face au risque d’une telle entreprise… Pas Donald Trump, qui a mis le doigt dans un dangereux engrenage. Décapité au premier jour de la guerre, le régime des mollahs est loin de s’avouer vaincu. Obsédé par sa survie, préparant l’affrontement depuis des décennies, il fait monter les enchères, pointe encore Le Figaro, et mise sur un embrasement du Moyen-Orient pour contrer la "Fureur épique" du président américain. » « Avec cette guerre contre l’Iran, Donald Trump prend le plus grand risque de sa présidence », renchérit le New York Times. Il met en péril la vie de soldats américains, il créée l’instabilité dans la région la plus instable du monde, et fragilise sa propre position politique. Confronté à une baisse de sa popularité et à la possibilité que les républicains perdent le contrôle du Congrès lors des élections de mi-mandat, Donald Trump a plongé les États-Unis dans ce qui s’annonce comme leur conflit militaire le plus vaste depuis l’invasion de l’Irak en 2003. » « Donald Trump dans l’antichambre d’un nouveau bourbier en Iran ? », s’interroge Le Devoir à Montréal. « Le président américain rejoue une sinistre partition en redéployant la stratégie douteuse des armes de destruction massive de Bush en Irak. » En effet, complète Le Monde à Paris, « entré en politique en dénonçant l’aventurisme guerrier de George W. Bush en Irak, Donald Trump n’a jamais fait la preuve de son goût pour les efforts diplomatiques et militaires de longue haleine, ni de sa capacité à assumer les conséquences d’une décision funeste. C’est dire les risques que comporte sa guerre contre l’Iran, qu’il a déclarée seul, sans aucun mandat des Nations unies, et dont il sera donc seul comptable. » Et la suite ? « Et aujourd’hui, rien ni personne ne semble vouloir calmer le jeu, soupire Le Soir à Bruxelles. Les Nations unies ont été niées dans l’affaire. Plus personne n’est au-dessus de la mêlée pour rassembler, dialoguer, temporiser. Il ne faut certainement pas attendre cela d’un président américain qui a promis hier que "le gros de l’opération n’avait pas encore eu lieu". » Enfin, cerise sur le gâteau, cette guerre en Iran pourrait déboucher sur un changement de régime, certes, mais pas celui attendu. D’après le Wall Street Journal, selon des sources proches de la CIA, la mort de Khamenei pourrait permettre à des extrémistes et tenants de la ligne dure du régime au sein des Gardiens de la révolution de prendre le pouvoir.
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  • À la Une: l’Iran face au jour d’après
    2026/03/02
    C’est le grand titre de Libération à Paris. « Après les frappes aériennes et la mort d’Ali Khamenei, l’Iran plonge dans l’inconnu », pointe le journal. « "Mort au dictateur !", "Mort à Khamenei !", avaient crié ces milliers d’Iraniens qui, il y a moins de deux mois, perdaient la vie dans la rue, s’exclame Libération. Aujourd’hui, il y a forcément de la joie à voir cette image omniprésente, ce symbole si constitutif du régime dictatorial s’écrouler. Mais se réjouir ne doit pas faire oublier que les Iraniens, et tous les peuples de la région, subissent les bombes et l’incertitude ; que le régime ne se résume pas à la figure du Guide mais qu’un puissant appareil militaro-répressif est toujours en place ; que le plan pour la suite n’aura de légitimité que s’il est écrit par les Iraniens d’Iran et pas par ceux qui, à des milliers de kilomètres de là, veulent décider pour eux ». « La partie est loin d’être gagnée, soupire pour sa part Le Figaro. Certes, le régime a été décapité. Mais, depuis 1979, les mollahs se sont solidement enracinés et la succession est organisée. Sans troupes au sol, une campagne de bombardements - aussi efficace soit-elle - suffira-t-elle à leur faire lâcher prise ? Que peut le peuple iranien désarmé, s’interroge encore Le Figaro, face aux gardiens de la révolution, forts de 200 000 hommes aguerris et qui jamais n’ont hésité à tirer sur la foule ? Le président américain imagine que l’armée finira par basculer du côté de la rue, entraînant derrière elle les gardiens de la révolution, motivés par leur survie. Le pari est osé. » Une « dangereuse incertitude » « Un tyran s’effondre. Une dangereuse incertitude s’installe, renchérit le New York Times. Il n’y a pas d’opposition structurée en Iran, ce qui engendre bien des questions quant à l’avenir. (…) Le vide du pouvoir pourrait permettre aux factions radicales des Gardiens de la révolution de prendre le contrôle de la situation. Les risques de guerre civile, de massacres internes et d’instabilité régionale sont considérables. (…) L’approche de Donald Trump en matière de politique étrangère laisse penser qu’il fera peu de cas de la stabilité de l’Iran, soupire encore le New York Times. Depuis le début de son second mandat, il a ordonné des interventions militaires dans sept pays. Il y a à peine deux mois, il a destitué le dictateur vénézuélien Nicolás Maduro, mais il a laissé ses adjoints au pouvoir, tout en abandonnant un parti d’opposition qui bénéficiait d’un large soutien populaire. Son comportement vis-à-vis de l’Iran a été tout aussi impulsif ». « Dites-nous, Monsieur Trump » Alors, L’Orient-Le Jour à Beyrouth s’interroge : « Si le régime iranien ne capitule pas, le couple américano-israélien est-il prêt à mener une guerre de longue haleine ? Et si l’appareil sécuritaire tient malgré tout, si la rue ne parvient pas à le renverser, si les manifestants sont tués par milliers ou si la suite est chaotique, qui en portera la responsabilité ? » « Dites-nous, Monsieur Trump, comment cette opération iranienne va se terminer », insiste le Times à Londres qui souligne que « l’invasion de l’Irak et l’intervention en Libye nous rappellent le prix à payer pour tenter un changement de régime au Moyen-Orient ». Enfin, il y a ce sentiment de malaise… C’est ce que souligne Le Soir à Bruxelles. Malaise à voir « ce président américain qui se mue en maître du monde et qui s’acoquine avec un Premier ministre israélien recherché par les juges à La Haye ». Malaise aussi à voir ce « régime iranien théocratique qui tue ses citoyens sans états d’âme ». Et « comment en même temps justifier que s’instaure désormais la loi du plus fort ? », s’exclame encore le quotidien belge. « Ce plus fort dit se fonder sur des valeurs comme la défense de la liberté et de la démocratie pour, en réalité, mieux asseoir sa domination sur des régions et veiller sur ses intérêts et ceux de ses plus proches alliés… »
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