エピソード

  • À la Une: quelles sont les capacités de résistance de l’Iran?
    2026/03/06

    C’est le Washington Post qui pose la question de la résistance de l'Iran. Le quotidien américain fait le bilan d’une (presque) première semaine de combats : « La campagne aérienne américano-israélienne contre l’Iran a décimé les plus hauts échelons du pouvoir politique et militaire, détruit des infrastructures de commandement et de contrôle militaires essentielles ainsi que des capacités de combat, et endommagé des bâtiments civils à travers tout le pays ». Pour autant, remarque le Washington Post, « la structure dirigeante de Téhéran est restée étonnamment résiliente (…) Malgré l’intensité des frappes et des destructions, aucune défection significative au sein du régime, ni aucun soulèvement populaire n’ont été signalés à ce jour ».

    Le quotidien américain cite les propos de Gregory Brew, spécialiste de l’Iran au sein du groupe Eurasia, qui analyse ainsi la situation : « Les Iraniens savent qu’ils ne peuvent pas vaincre la plus puissante armée du monde, mais grâce à la guerre asymétrique, ils peuvent tenter d’infliger un maximum de dégâts aux États-Unis, pour les contraindre à une désescalade ».

    Drones

    Le Parisien remarque, lui aussi, que le régime iranien est loin d’être vaincu. « Comment Téhéran résiste avec une riposte "low-cost" », titre le quotidien, « les drones iraniens Shahed s’acharnent sur les monarchies du Golfe et mettent les États-Unis en difficulté ». Le Parisien partage l’analyse du Washington Post : « Les deux camps poursuivent des objectifs différents, à la hauteur de leurs moyens, l’un veut éliminer son adversaire, l’autre tente de l’épuiser ». Téhéran mise donc sur ses drones, qui mettent en difficulté les Américains et leurs alliés. Au point, souligne le quotidien allemand die Welt, que « les États- Unis demandent de l’aide aux Ukrainiens ». En effet, les Ukrainiens sont devenus experts en matière de drones Shahed iraniens, puisque ce sont ceux que la Russie utilise contre eux.

    Savoir-faire

    Selon die Welt, il y a en la matière un « problème que seuls les Ukrainiens ont, jusqu’à présent, su résoudre. » Car si les États-Unis savent « abattre un drone Shahed », explique le quotidien allemand, « ils ignorent comment en détruire des centaines, sans se ruiner ». En effet, un drone Shahed « coûte seulement entre 30 000 et 50 000 dollars, assure die Welt, « un missile intercepteur Patriot coûte, lui, environ trois millions de dollars ». D’où le risque de « perdre une guerre économique, une guerre que même les riches États du Golfe ne sont pas prêts à mener », explique le quotidien allemand. Alors sur quoi repose aujourd’hui le savoir-faire des Ukrainiens ? « Sur des équipements simples, tels des dispositifs de vision nocturne et des mitrailleuses lourdes montées sur des pick-ups », explique die Welt. Savoir faire que Volodymyr Zelensky est donc disposé à partager avec les pays occidentaux et les pays du Golfe.

    Risque de crise migratoire

    Cette nouvelle guerre du Golfe risque, par ailleurs, de jeter sur les routes des milliers de réfugiés. Et c’est l’Union Européenne qui s’en inquiète. « Bruxelles s’inquiète d’une nouvelle crise migratoire, tout en refusant de donner dans l’alarmisme », annonce le journal Le Soir. Le quotidien belge explique que « le sujet s’est imposé, hier, lors de la réunion des ministres de l’Intérieur des Vingt-sept. » Mais pour l’instant, « aucun mouvement important n’a été observé aux frontières extérieures de l’Iran », assure Magnus Brunner, le commissaire européen aux Affaires intérieures et aux Migrations.

    Pourtant, si l’on en croit le Times, des « Iraniens fraîchement arrivés à Calais, dans le nord de la France, attendent leur tour pour être clandestinement conduits en Grande-Bretagne ». Ils ne sont pour le moment « qu’une vingtaine d’hommes et de femmes », mais ces réfugiés assurent que « beaucoup d’autres sont en route » explique le quotidien britannique. Il s’agit surtout d’Iraniens ayant fui la répression sanglante du mois de janvier, mais, nous dit le Times, « les experts internationaux ont averti que le conflit en Iran pourrait provoquer un afflux de migrants d’une ampleur sans précédent, aux frontières du continent européen ».

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  • À la Une: va-t-on vers des offensives terrestres au Liban et en Iran?
    2026/03/05
    Pour L’Orient-Le Jour à Beyrouth, la réponse est sans ambiguïté… « Il apparaît clairement que les États-Unis et Israël se préparent à des opérations terrestres au Liban mais aussi en Iran dans les prochains jours. C’est dans ce cadre que l’État hébreu a ordonné hier l’évacuation de toute la zone du sud du Litani et que des forces israéliennes ont pénétré dans plusieurs localités et villages frontaliers libanais relevant de la juridiction des Casques bleus. (…) Israël veut mener une opération militaire terrestre s’étendant sur une profondeur de 15 kilomètres, en prendre le contrôle et en faire une zone tampon, dans une configuration qui rappelle les années 1980 et 1990. » Et pour ce qui est de l’Iran, « le président américain Donald Trump a déclaré qu’il n’excluait pas l’option d’une invasion terrestre de l’Iran », rappelle L’Orient-Le Jour. « Parallèlement, des informations et des rapports évoquent des mouvements de groupes kurdes dans l’ouest du pays, soit pour lancer un processus visant à renverser le régime, soit pour réclamer l’établissement d’une région autonome. » Toujours selon le quotidien libanais, « ces groupes kurdes pourraient lancer prochainement une action militaire dans l’ouest de l’Iran pour en chasser les gardiens de la révolution et les forces de sécurité iraniennes. Des informations évoquent également un soutien américain à ces opérations, voire l’entrée de forces spéciales américaines dans cette zone, ou encore des opérations de débarquement aérien ou maritime de commandos vers le territoire iranien afin de mener davantage d’actions susceptibles de conduire à la chute du régime. » La CIA aurait fourni des armes aux Kurdes… « La guerre contre l’Iran s’est jusqu’à présent déroulée dans les airs et sur mer, mais une offensive terrestre dans le nord-ouest de la République islamique pourrait être imminente. » C’est du moins ce qu’affirme Die Welt à Berlin, qui cite plusieurs sources, dont le portail d’information Axios et le New York Times. Selon le quotidien américain, en effet, « la CIA aurait fourni des armes légères aux forces kurdes iraniennes en Irak dans le cadre d’un programme secret qui aurait débuté avant la guerre actuelle. (…) Toute intervention américaine visant à soutenir les Kurdes dans une incursion en Iran, ou toute forme d’insurrection sur place, constituerait un tournant inattendu dans ce conflit, pointe le New York Times. Si l’incursion était d’envergure, elle pourrait contraindre l’armée iranienne à réagir, permettant ainsi aux avions américains ou israéliens de la cibler. » Ce qui est sûr, rapporte Le Monde à Paris, c’est que depuis le début des bombardements, « Israël pilonne l’appareil de sécurité intérieure iranien à Téhéran, pour faciliter un soulèvement après-guerre. L’aviation de l’État hébreu maîtrise le ciel de la capitale iranienne et multiplie les frappes contre des institutions politiques et l’appareil répressif du régime, en vue de provoquer son écroulement. » Nétanyahou va-t-il « frapper fort » ? Autre certitude, du moins cette fois selon Libération : Benyamin Nétanyahou « joue un rôle moteur » dans cette guerre : « pour le Premier ministre israélien, l’objectif est double, pointe le journal : débarrasser le pays de la menace iranienne, que les Israéliens considèrent comme existentielle, et en profiter pour laminer le Hezbollah tout en grappillant toujours plus de terrain au Liban après avoir remis la main sur Gaza. D’où l’ampleur de l’offensive israélienne lancée après des tirs de roquettes du Hezbollah. Depuis lundi, précise Libération, les bombardements sur le sud du Liban ont tué plus de 70 personnes et poussé près de 90.000 autres à fuir. Hier, la panique était totale sur les routes, et le pire n’est peut-être pas survenu, s’exclame le journal. Puisque l’armée israélienne prépare une incursion terrestre d’ampleur dans le but d’éliminer des chefs ou des sites du Hezbollah et surtout d’occuper une partie du territoire. La guerre au Moyen-Orient s’élargit donc chaque jour davantage, pointe le quotidien français, et Netanyahou risque de frapper d’autant plus fort dans les jours à venir qu’il sait Trump de plus en plus fragilisé en interne par le camp Maga et qu’il voit venir le moment où celui-ci devra, comme en juin, mettre un terme à la guerre… Si c’est encore possible, vu la folie vengeresse qui s’est emparée de la région. »
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  • À la Une: les Européens face à la guerre en Iran
    2026/03/04
    Donald Trump est furieux, furieux contre les Européens qu’il accuse de ne pas être à ses côtés dans la guerre contre l’Iran. Particulièrement visés, l’Espagne et le Royaume-Uni. Pour ce qui est de l’Espagne, « nouvelle attaque verbale de Donald Trump, note Le Figaro à Paris. Le président américain a menacé hier de "cesser tout commerce avec l’Espagne", lui reprochant son refus de laisser les États-Unis utiliser des bases militaires situées en Andalousie pour leur guerre contre l’Iran et ses dépenses militaires qu’il juge insuffisantes. "L’Espagne a été lamentable", a-t-il répété. » Motivation légitime… Madrid est dans son droit, rétorque El Pais à Madrid. « Dès le départ, le Premier ministre Pedro Sánchez a exprimé une position conforme au droit international, pointe le quotidien espagnol, en rejetant l’attaque de samedi dernier, celle-ci ne se fondant ni sur une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU ni sur le principe de légitime défense (aucune preuve tangible n’indique que l’Iran planifiait des attaques imminentes). Le refus de Pedro Sánchez d’autoriser l’utilisation des bases américaines situées sur le territoire espagnol pour le soutien logistique de l’offensive découle de ce principe et est protégé par le traité régissant leur utilisation. Le coût politique pourrait être élevé, mais sa motivation est légitime. » Reste, estime El Pais, que Pedro Sánchez doit s’expliquer publiquement et non par de simples déclarations sur les réseaux sociaux. Par ailleurs, il est essentiel que le gouvernement espagnol s’efforce de forger une position commune en Europe. Même, reconnait le journal, « s’il serait naïf de sous-estimer la difficulté d’y parvenir. » « Starmer n’est pas Churchill… » Pour ce qui est du Royaume-Uni, Donald Trump s’en est violemment pris au Premier ministre Keir Starmer hier. « Le refus initial de Keir Starmer d’autoriser les États-Unis à utiliser des bases britanniques pour bombarder l’Iran a jeté un froid, constate le Times à Londres, et a suscité une réaction sarcastique de la part de Trump. » Trump qui a lâché cette pique : « Keir Starmer n’est pas Winston Churchill… » Et le Times de s’interroger : « La "relation spéciale" entre nos deux pays est-elle morte ? » Le Guardian, pour sa part, en appelle au Parlement : « Tous nos gouvernements successifs ont consulté les députés avant d’utiliser la force. Si le territoire britannique est utilisé pour autre chose que des frappes défensives en Iran, la Chambre des communes devrait se prononcer. La Convention sur les pouvoirs de guerre vise à prévenir toute dérive. Soutenir les frappes américaines en vue d’un changement de régime ou d’une dégradation stratégique risque de faire du Royaume-Uni un cobelligérant dans une guerre illégale. » La priorité de l’Allemagne ? L’Ukraine ! Quant à l’Allemagne, elle reste prudemment à l’écart… « Ni les États-Unis, ni Israël ne s’attendent à une intervention militaire de Berlin, pointe Die Welt. La Maison Blanche n’a même pas jugé nécessaire d’informer le chancelier Friedrich Merz de la guerre imminente avant l’attaque. Pourquoi l’aurait-elle fait ? L’Allemagne, puissance moyenne, n’a aucune légitimité militaire dans la région. » Sa priorité est à ses frontières, affirme encore Die Welt : « son Moyen-Orient commence à la frontière ukrainienne » et son objectif prioritaire est « tout mettre en œuvre pour empêcher l’effondrement de l’Ukraine et ralentir la progression de la machine militaire russe ». La France plongée dans le conflit à son corps défendant Enfin, note Le Monde à Paris, « la France s’engage dans le conflit dans une logique "strictement défensive" », selon les mots d’Emmanuel Macron hier soir qui s’exprimait « depuis son bureau de l’Élysée où était posé, remarque le journal, un petit soldat de plomb de la garde napoléonienne, fusil en joue ». Le porte-avion Charles de Gaulle a mis le cap vers la Méditerranée orientale. Commentaire du Monde : « Cette guerre, la France ne l’a pas voulue. Mais voici le pays plongé, presque à son corps défendant dans un conflit régional au Proche-Orient à l’issue incertaine. (…) Le temps de 2003, où, depuis la tribune des Nations unies, la France brandissait le respect du droit international pour s’opposer à la guerre en Irak voulue par les Etats-Unis, ce temps est révolu. L’heure est au pragmatisme face à une opération militaire qui pourrait, en cas de succès, faire tanguer un régime jugé criminel. »
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  • À la Une: l’embrasement au Moyen-Orient
    2026/03/03
    « En l’espace de 3 jours, constate le Washington Post, le conflit iranien s’est étendu bien au-delà des cibles initiales en Iran pour menacer quelque 300 millions de civils dans plus d’une douzaine de pays. (…) Missiles et drones ont été lancés vers les capitales du golfe Persique. Des hôtels et des immeubles d’habitation aux Émirats arabes unis ont été touchés. Israël a bombardé des positions du Hezbollah au Liban. Des milices alignées sur Téhéran ont revendiqué des frappes de la Méditerranée à la mer Rouge. À Chypre, des explosions ont retenti avant-hier sur une base britannique, faisant de ce pays le premier en Europe à être touché. » Libération à Paris s’interroge : « Et si l’opération militaire lancée sur l’Iran par Donald Trump et Benyamin Nétanyahou devenait hors de contrôle ? Les deux leaders ont entrepris de redessiner la carte du monde en fonction de leurs intérêts, sans aucune concertation avec le reste de la communauté internationale et au mépris total des règles du droit. Et on en voit le résultat aujourd’hui, pointe Libération : au fil des jours, le conflit s’étend, menaçant de s’internationaliser. Certes, en éliminant samedi Ali Khamenei, le Guide suprême iranien, les deux hommes ont débarrassé la planète d’un tyran sanguinaire qui opprimait son peuple et tirait bon nombre de ficelles du terrorisme mondial. Mais, s’interroge encore Libération, ont-ils bien mesuré les risques de chaos local, régional voire international que cela pouvait engendrer ? Le risque d’embrasement d’un monde en surchauffe où la moindre étincelle peut se révéler fatale ? » Trump prend le plus grand risque de sa présidence… « En Iran, Donald Trump a rompu avec quarante-cinq ans de prudence, relève pour sa part Le Figaro. Depuis 1979, tous ses prédécesseurs ont été tentés d’abattre le régime antiaméricain de Téhéran. Tous se sont ravisés face au risque d’une telle entreprise… Pas Donald Trump, qui a mis le doigt dans un dangereux engrenage. Décapité au premier jour de la guerre, le régime des mollahs est loin de s’avouer vaincu. Obsédé par sa survie, préparant l’affrontement depuis des décennies, il fait monter les enchères, pointe encore Le Figaro, et mise sur un embrasement du Moyen-Orient pour contrer la "Fureur épique" du président américain. » « Avec cette guerre contre l’Iran, Donald Trump prend le plus grand risque de sa présidence », renchérit le New York Times. Il met en péril la vie de soldats américains, il créée l’instabilité dans la région la plus instable du monde, et fragilise sa propre position politique. Confronté à une baisse de sa popularité et à la possibilité que les républicains perdent le contrôle du Congrès lors des élections de mi-mandat, Donald Trump a plongé les États-Unis dans ce qui s’annonce comme leur conflit militaire le plus vaste depuis l’invasion de l’Irak en 2003. » « Donald Trump dans l’antichambre d’un nouveau bourbier en Iran ? », s’interroge Le Devoir à Montréal. « Le président américain rejoue une sinistre partition en redéployant la stratégie douteuse des armes de destruction massive de Bush en Irak. » En effet, complète Le Monde à Paris, « entré en politique en dénonçant l’aventurisme guerrier de George W. Bush en Irak, Donald Trump n’a jamais fait la preuve de son goût pour les efforts diplomatiques et militaires de longue haleine, ni de sa capacité à assumer les conséquences d’une décision funeste. C’est dire les risques que comporte sa guerre contre l’Iran, qu’il a déclarée seul, sans aucun mandat des Nations unies, et dont il sera donc seul comptable. » Et la suite ? « Et aujourd’hui, rien ni personne ne semble vouloir calmer le jeu, soupire Le Soir à Bruxelles. Les Nations unies ont été niées dans l’affaire. Plus personne n’est au-dessus de la mêlée pour rassembler, dialoguer, temporiser. Il ne faut certainement pas attendre cela d’un président américain qui a promis hier que "le gros de l’opération n’avait pas encore eu lieu". » Enfin, cerise sur le gâteau, cette guerre en Iran pourrait déboucher sur un changement de régime, certes, mais pas celui attendu. D’après le Wall Street Journal, selon des sources proches de la CIA, la mort de Khamenei pourrait permettre à des extrémistes et tenants de la ligne dure du régime au sein des Gardiens de la révolution de prendre le pouvoir.
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  • À la Une: l’Iran face au jour d’après
    2026/03/02
    C’est le grand titre de Libération à Paris. « Après les frappes aériennes et la mort d’Ali Khamenei, l’Iran plonge dans l’inconnu », pointe le journal. « "Mort au dictateur !", "Mort à Khamenei !", avaient crié ces milliers d’Iraniens qui, il y a moins de deux mois, perdaient la vie dans la rue, s’exclame Libération. Aujourd’hui, il y a forcément de la joie à voir cette image omniprésente, ce symbole si constitutif du régime dictatorial s’écrouler. Mais se réjouir ne doit pas faire oublier que les Iraniens, et tous les peuples de la région, subissent les bombes et l’incertitude ; que le régime ne se résume pas à la figure du Guide mais qu’un puissant appareil militaro-répressif est toujours en place ; que le plan pour la suite n’aura de légitimité que s’il est écrit par les Iraniens d’Iran et pas par ceux qui, à des milliers de kilomètres de là, veulent décider pour eux ». « La partie est loin d’être gagnée, soupire pour sa part Le Figaro. Certes, le régime a été décapité. Mais, depuis 1979, les mollahs se sont solidement enracinés et la succession est organisée. Sans troupes au sol, une campagne de bombardements - aussi efficace soit-elle - suffira-t-elle à leur faire lâcher prise ? Que peut le peuple iranien désarmé, s’interroge encore Le Figaro, face aux gardiens de la révolution, forts de 200 000 hommes aguerris et qui jamais n’ont hésité à tirer sur la foule ? Le président américain imagine que l’armée finira par basculer du côté de la rue, entraînant derrière elle les gardiens de la révolution, motivés par leur survie. Le pari est osé. » Une « dangereuse incertitude » « Un tyran s’effondre. Une dangereuse incertitude s’installe, renchérit le New York Times. Il n’y a pas d’opposition structurée en Iran, ce qui engendre bien des questions quant à l’avenir. (…) Le vide du pouvoir pourrait permettre aux factions radicales des Gardiens de la révolution de prendre le contrôle de la situation. Les risques de guerre civile, de massacres internes et d’instabilité régionale sont considérables. (…) L’approche de Donald Trump en matière de politique étrangère laisse penser qu’il fera peu de cas de la stabilité de l’Iran, soupire encore le New York Times. Depuis le début de son second mandat, il a ordonné des interventions militaires dans sept pays. Il y a à peine deux mois, il a destitué le dictateur vénézuélien Nicolás Maduro, mais il a laissé ses adjoints au pouvoir, tout en abandonnant un parti d’opposition qui bénéficiait d’un large soutien populaire. Son comportement vis-à-vis de l’Iran a été tout aussi impulsif ». « Dites-nous, Monsieur Trump » Alors, L’Orient-Le Jour à Beyrouth s’interroge : « Si le régime iranien ne capitule pas, le couple américano-israélien est-il prêt à mener une guerre de longue haleine ? Et si l’appareil sécuritaire tient malgré tout, si la rue ne parvient pas à le renverser, si les manifestants sont tués par milliers ou si la suite est chaotique, qui en portera la responsabilité ? » « Dites-nous, Monsieur Trump, comment cette opération iranienne va se terminer », insiste le Times à Londres qui souligne que « l’invasion de l’Irak et l’intervention en Libye nous rappellent le prix à payer pour tenter un changement de régime au Moyen-Orient ». Enfin, il y a ce sentiment de malaise… C’est ce que souligne Le Soir à Bruxelles. Malaise à voir « ce président américain qui se mue en maître du monde et qui s’acoquine avec un Premier ministre israélien recherché par les juges à La Haye ». Malaise aussi à voir ce « régime iranien théocratique qui tue ses citoyens sans états d’âme ». Et « comment en même temps justifier que s’instaure désormais la loi du plus fort ? », s’exclame encore le quotidien belge. « Ce plus fort dit se fonder sur des valeurs comme la défense de la liberté et de la démocratie pour, en réalité, mieux asseoir sa domination sur des régions et veiller sur ses intérêts et ceux de ses plus proches alliés… »
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  • À la Une: après la mort d'Ali Khamenei, quel avenir pour l'Iran?
    2026/03/01

    La mort du Guide suprême fait la Une des journaux et des sites d’information, quelques heures après l’annonce faite par Donald Trump, confirmée un peu plus tard par Téhéran. C'est le résultat des frappes israéliennes et américaines lancées samedi pour une raison précise, affirme le Wall Street Journal : « Les services de renseignement militaires et israéliens attendaient depuis longtemps une réunion de hauts responsables politiques et militaires iraniens, où ils pourraient tous être tués en même temps. Et [samedi], ils avaient l’information que trois réunions étaient prévues. Événement tellement exceptionnel que les avions de combat américains et israéliens ont frappé en plein jour ».

    Le Washington Post, lui, met l’accent « sur les pressions exercées par Israël et le prince héritier saoudien Mohamed ben Salmane », qui auraient fini par décider Donald Trump. Politico, de son côté, estime que le président américain « a finalement perdu patience », alors que « l’arrivée du porte-avions USS Ford en Méditerranée lui offrait toute la gamme des options militaires qu’il pouvait souhaiter ».

    Qui va prendre le pouvoir ?

    « Ali Khamenei, dirigeant impitoyable et pragmatique », nous dit le Guardian, à Londres, « sera probablement remplacé par des figures intransigeantes ». Le Sunday Times, lui, estime que « l’Iran entre dans une grande période d’instabilité, où des manifestants sans armes vont peut-être affronter de nouveau les forces armées, cette fois-ci sous les bombardements américains et israéliens ». « Le fils de Khamenei, Mojtaba, 56 ans, est pressenti pour lui succéder », ajoute le Sunday Times.

    De son côté, Die Welt croit savoir qu’Ali Khamenei avait un plan « pour conserver le pouvoir après sa mort ». Le quotidien allemand précise « qu’il avait prévu sa succession par le biais d’une organisation du pouvoir complexe : en attendant l’élection d’un successeur par le Conseil suprême, explique le quotidien allemand, un organe tripartite, assumera les fonctions du défunt Guide. Organe composé du président, du chef du pouvoir judiciaire et d’un membre du Conseil des gardiens de la révolution, confirmé par l’assemblée des experts. De fait, analyse die Welt, cela représente un compromis entre les différentes factions de l’élite dirigeante. »

    Inquiétude et confusion

    Comment la population iranienne va-t-elle réagir ? Question posée par El País. Le quotidien espagnol essaie de savoir ce qui se passe sur place, en Iran. « À Téhéran, l’inquiétude et la confusion règnent, raconte un habitant de la capitale. Les principaux axes routiers menant hors de Téhéran sont embouteillés par des gens qui tentent de fuir en voiture. De nombreux citoyens font la queue pour acheter de la nourriture et du carburant, ajoute El País, ils se préparent à affronter plusieurs jours d’attaques. »

    Une autre habitante de Téhéran, dénonce, elle, « l’absence d’alertes officielles (…) Aucune alarme n’a été déclenchée alors qu’ils ont attaqué en plein jour. Ce régime a dépensé des milliards d’argent public pour son programme militaire et balistique, mais tout ce qu’il sait faire, c’est réprimer et tuer des manifestants. »

    Incertitudes

    La presse israélienne s’interroge, elle, sur les conséquences de cette nouvelle guerre pour l'État hébreu. Le quotidien d’opposition Haaretz estime qu’Israël « ne peut pas se permettre une longue guerre contre l’Iran » mais remarque que « le fait que les États-Unis soient pleinement associés à cette opération renforce la puissance d’Israël et lui confère un avantage stratégique majeur ».

    Toutefois, face à la contre-attaque iranienne, le quotidien israélien ne cache pas son inquiétude, estimant « que nul ne peut prédire le coût de l’opération ». Haaretz se demande : « Combien de missiles parviendront à percer les défenses ? Combien de civils seront tués et combien de familles seront à nouveau sans abri ? »

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  • À la Une: Israël et les États-Unis lancent des frappes sur l'Iran
    2026/02/28

    « Israël et les États-Unis lancent des frappes contre l’Iran », a annoncé le New York Times. « De fortes explosions sont entendues à Téhéran. Et les sirènes d’alerte aériennes ont retenti dans tout Israël. Cette attaque, ajoute le quotidien américain, fait suite à des mois de tensions régionales croissantes sur fond de menaces d’attaques proférées par le président américain.

    « Les responsables américains affirment s'attendre à ce que cette attaque soit beaucoup plus étendue que les frappes de juin dernier contre les installations nucléaires iraniennes », ajoute le New York Times, selon lequel « le gouvernement israélien a suspendu les vols civils à destination et en provenance du pays à la suite de cette attaque contre l'Iran ». Le Washington Post parle de son côté « d’une opération conjointe qui risque de dégénérer en un conflit plus large dans l’une des régions les plus sensibles du monde ».

    Escalade attendue

    Autre région sous tension dans le monde : l’Afghanistan et le Pakistan, désormais en guerre. « Le Pakistan déclare l’état de guerre ouverte après avoir bombardé d’importantes villes afghanes, dont la capitale Kaboul », explique le Guardian. Le journal britannique rappelle le contexte : « Les tensions entre le Pakistan et l’Afghanistan sont vives depuis des mois (…) Le Pakistan accuse le gouvernement taliban afghan d’abriter des groupes islamistes qui mènent des attaques transfrontalières. Il l’accuse aussi de s’allier à l’Inde, rival régional et ennemi de longue date. » Pour le quotidien français le Monde, « il s’agit là d’une escalade attendue, aux conséquences imprévisibles ».

    À Madrid, El País estime que « cette escalade marque l’apogée de plusieurs mois de détérioration rapide des relations bilatérales, et constitue l’épisode le plus grave depuis le retour au pouvoir des talibans en août 2021 ». Effectivement, renchérit Le Monde, « l’Afghanistan et le Pakistan ont longtemps été proches, mais leurs relations se sont considérablement dégradées depuis août 2021. Islamabad accuse l’Afghanistan d’offrir un refuge aux talibans pakistanais, responsables de nombreux attentats sur le sol pakistanais. »

    À lire aussi[En direct] Visé par des frappes israélo-américaines, l’Iran riposte en visant les pays du Moyen-Orient

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  • À la Une: le témoignage d’Hillary Clinton devant une commission d’enquête sur l'affaire Epstein
    2026/02/27

    La Commission chargée d’enquêter sur l’affaire Epstein, par laquelle Hillary Clinton a été interrogée, est une commission à « majorité républicaine », précise le Wall Street Journal. L’ancienne première dame et secrétaire d’État était donc en terrain hostile, alors qu’on lui demandait de dire ce qu’elle savait sur les liens entre son mari, l’ex-président Bill Clinton, et le pédo-criminel américain.

    La réponse d’Hillary Clinton a été claire : « Elle a déclaré à plusieurs reprises qu’elle n’avait aucune connaissance des agissements condamnables de Jeffrey Epstein », explique le Wall Street Journal, mais cela n’a semble-t-il pas suffi au président du comité de surveillance, le représentant républicain James Comer, selon lequel, « les républicains ne sont pas satisfaits de certaines réponses, et vont approfondir leurs questions avec Bill Clinton », qui doit être entendu ce vendredi.

    À Rome, la Repubblica se fait aussi l’écho de l’audition de l’ex-première dame et précise qu’elle n’a pas hésité à retourner l’accusation : « Si vous voulez connaître la vérité sur l’affaire Epstein, a-t-elle dit, interrogez Trump sous serment. Et peut-être aussi son ancien allié et ami, Elon Musk. » Pour la Repubblica, « contraindre les Clinton à témoigner était pour les républicains le moyen le plus simple de détourner l’attention de Trump, qui est en réalité bien plus cité et présent dans les documents publiés ».

    « Déshumanisation »

    Alors que l’Ukraine vient d’entamer sa cinquième année de guerre, le Kiev Post publie le témoignage d’un ancien prisonnier de guerre. Il s’appelle Oleksii, et il raconte ce qu’il a vécu : « Torture, simulacres d’exécution et deux ans sans voir la lumière du jour ». Il a été capturé le 8 juin 2024, « lorsque les forces russes ont pris d’assaut sa position dans la région de Kharkiv. À court de munitions, il n’a pas pu résister », explique le Kiev Post, qui l’a interrogé : « Ce qui a suivi, raconte l’ancien prisonnier, ce n’est pas seulement la détention, mais aussi un processus systématique de déshumanisation. On ne nous appelait pas par nos noms, ils ne parlaient pas de prisonniers ou de soldats, il y avait seulement des insultes. »

    Oleksii, raconte encore les simulacres d’exécution : « À deux reprises, dit-il, ils m’ont pointé un pistolet sur le front et ont appuyé sur la détente alors que le chargeur était vide. À chaque fois, on dit adieu à la vie, on croit que c’est vraiment la fin. » Mais l’ancien prisonnier a réussi à survivre : il a certes « perdu 15 kilos lors de sa captivité », mais il s’est accroché, raconte-t-il, « en pensant à son bébé, une petite fille qui venait de naître ».

    Situation critique

    Au Royaume-Uni, la question des médecins étrangers revient à la Une de l’actualité. « La baisse du nombre de travailleurs étrangers est une véritable catastrophe pour les hôpitaux et les maisons de retraite », titre le Guardian, qui cite les « experts ». Explications du quotidien britannique : « Les métiers du soin sont particulièrement touchés par le virage à droite du Royaume-Uni en matière d’immigration. C’est ce que montre une analyse du ministère de l’Intérieur. » Ces données « révèlent que le nombre d’infirmières étrangères autorisées à entrer au Royaume-Uni a chuté de 93 % en trois ans ».

    La situation est critique, les experts cités par le quotidien britannique parlent même de « catastrophe imminente ». Pour l’association caritative Work Rights Centre, « l’impact du virage à droite du Royaume-Uni sur les migrations ne fera qu’aggraver la pénurie de compétences, l’inflation, les hausses d’impôts et les difficultés à répondre aux besoins d’une population vieillissante ».

    « Les ministres doivent se réveiller, estime la directrice des soins infirmiers du Royal College of Nursing : "s’ils continuent à pousser dehors le personnel infirmier étranger et de rendre le Royaume-Uni peu attractif, tout en ne faisant quasiment rien pour investir et développer la main-d'œuvre nationale, leurs réformes seront vouées à l’échec." » Pour autant, le gouvernement britannique ne semble pas décidé à revoir sa position : le ministère de l’Intérieur l’assure : « Nous n’avons aucun regret d’avoir maîtrisé l’immigration ».

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