エピソード

  • À la Une: l’Union européenne sanctionne les Gardiens de la révolution iraniens
    2026/01/30

    « L’Europe ravale le pilier du régime iranien au statut infamant d’organisation terroriste », titre Le Soir, à Bruxelles. « Les ministres européens des Affaires étrangères ont décidé de placer les Gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes reconnue par l’UE, aux côtés de Daesh ou al-Qaïda », poursuit le journal qui ajoute : « L’ampleur du massacre des manifestants a vaincu les dernières résistances ». « Dernières résistances », que Le Soir explique ainsi : « La mesure a longtemps été jugée purement "symbolique", au point que plusieurs capitales européennes refusaient son adoption, estimant qu’elle ne valait pas une escalade diplomatique avec l’Iran et la rupture des canaux de communication. Mais trop, c’est trop : la répression sanglante des manifestations du début de l’année a poussé les Européens à activer cette mesure, en signe manifeste de protestation ».

    L'Union européenne a donc tardé à réagir... C’est ce que regrette sans équivoque le Comité Femme Vie Liberté Suisse, qui publie une tribune dans le quotidien suisse Le Temps : « Les États européens disposent de leviers concrets, qu’ils ont choisi d’activer trop tardivement, voire pas du tout », estime ainsi le Comité, selon lequel « l’inscription des Gardiens de la révolution sur la liste européenne des organisations terroristes, après presque quatre années d’effort du Parlement européen et des défenseurs des droits humains, aurait permis bien plus tôt le gel d’avoirs issus, pour une large part, d’une corruption systémique ».

    Apaisement aux États-Unis ?

    Les débats au sujet des violences commises par l’ICE, la police de l’immigration, continuent de faire les gros titres des journaux américains. La question s’est invitée dans le débat pour éviter le « shutdown », la paralysie des services publics. L’administration Trump et les démocrates du Sénat ont finalement trouvé un accord, explique le Washington Post. Accord que le quotidien américain détaille ainsi : les deux parties ont convenu « de financer toutes les agences, à l’exception du Département de la Sécurité Intérieure ». Avant un texte définitif, « une mesure transitoire de deux semaines a été adoptée ».

    Côté démocrate, les demandes sont claires et détaillées par le sénateur Chuck Shumer : il souhaite notamment « imposer le port de caméras corporelles aux agents de l’ICE, interdire le port de masques, exiger l’obtention de mandats judiciaires avant d’entrer au domicile des personnes et mettre fin aux patrouilles mobiles ». Pour le Washington Post, le débat est ouvert, c’est le signe « que les tensions avec l’ICE s’apaisent, du Maine au Minnesota et jusqu’au capitale ». Le Minnesota où, explique le quotidien américain, les agents de l’ICE « ont reçu pour instruction de privilégier le contrôle ciblé des étrangers ayant des antécédents criminels », et le Maine « où les opérations renforcées de l’ICE sont terminées ».

    Organiser un barbecue

    La solidarité à Kiev, au cœur d'un reportage de Libération. Il y est plus précisément question de la solidarité « entre voisins, sur les réseaux sociaux ». « Alors que les bombardements russes plongent la capitale ukrainienne dans le noir et le froid de l’hiver, raconte le quotidien français, les groupes de discussions en ligne sont devenus le principal lieu d’échanges d’informations, de débats animés, et d’entraide dans tous les quartiers de la ville ».

    Exemple avec ce message envoyé par Anna Romanovskaïa, 38 ans, qui « après avoir passé trois jours sans électricité » a écrit « dans la boucle Telegram qui regroupe les voisins de son immeuble de huit étages : "Je suis au bout du rouleau, je vais organiser un barbecue dans la cour "». Le barbecue a lieu « deux jours plus tard », poursuit Libération. « Les membres du tchat ont fait connaissance, ils ont pu pendant au moins deux heures se réconforter avec des émotions positives, au milieu d’un tourbillon de mauvaises nouvelles ».

    Parfois, les circonstances sont plus dramatiques, notamment lors des bombardements. « Les messages fusent, presque toutes les minutes », raconte le quotidien français. Messages en forme de questions : « Tout le monde est vivant et en bonne santé ? Personne n’a été touché ? » C'est donc ainsi que s'exprime l'inquiétude et la solidarité sur les réseaux sociaux à Kiev.

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  • À la Une: entre Washington et Téhéran, confrontation ou négociation?
    2026/01/29
    « Il s’est réveillé, lance Libération à Paris. Donald Trump a de nouveau mis la pression sur le régime iranien, hier, afin que ce dernier signe un accord l’engageant à ne pas se doter d’un arsenal nucléaire. Mais sans mentionner, comme il le faisait ces derniers jours, la violente répression contre les manifestants anti-régime, qui a fait au moins 6 000 morts. (…) "Le temps est compté" avant une possible attaque, a encore déclaré Trump. Téhéran a répliqué en disant avoir "le doigt sur la gâchette" ». Alors, « tirera ? Tirera pas ? », s’interroge L’Orient-Le Jour à Beyrouth. « À en croire Trump, les dirigeants de Téhéran ne demandent qu’à négocier et l’assaillent même de leurs pressantes invites. Cela voudrait dire que l’armada américaine (présente dans le golfe persique) se veut d’abord un formidable outil d’intimidation et de pression. Dès lors, le principal objet en serait d’inciter les mollahs à accepter d’avance les draconiennes conditions préalables qu’a posées Washington à tout dialogue, et qui ont trait surtout au nucléaire et au programme balistique de la République islamique. Mais un accident est vite arrivé, pointe encore le quotidien libanais, surtout avec un homme aussi imprévisible que Trump au timon de la colossale base aéronavale flottante. Bombarder les infrastructures militaires et civiles iraniennes ne serait certes qu’une promenade militaire pour les Américains. Il en faudrait bien davantage toutefois, estime encore L’Orient-Le Jour, pour provoquer le renversement d’un régime ne reculant devant aucune extrémité pour conserver le pouvoir. L’envoi de troupes au sol s’avérerait nécessaire, ce qui impliquerait d’énormes pertes humaines pour les deux camps ». Calmer le jeu ? De son côté, « l’Iran meurtri est encore capable de riposter violemment aux frappes américaines », pointe le Wall Street Journal. « Téhéran dispose d’un arsenal de milliers de missiles et a perfectionné ses tactiques de frappe lors de la guerre de juin dernier contre Israël. (…) Un arsenal qui lui donne la capacité de frapper des cibles au Moyen-Orient, ce qui signifie, relève encore le quotidien américain, que toute attaque des États-Unis pourrait rapidement dégénérer ». C’est pourquoi, croit savoir Le Figaro à Paris, « les alliés du Golfe, notamment l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, auraient demandé à Trump de renoncer à recourir à la force. Les monarchies arabes craignent autant les représailles de Téhéran que le chaos que risquerait de susciter une chute du régime, ainsi que la possible contagion régionale d’une révolution populaire. Ils ont cette fois annoncé publiquement qu’ils n’ouvriraient pas leur territoire et leur espace aérien pour des actions militaires contre l’Iran. Mais, relève encore Le Figaro, les États-Unis disposent des moyens navals nécessaires pour lancer des frappes, aériennes ou par missiles de croisière, ainsi que de la possibilité de faire décoller des bombardiers depuis leur base de Diego Garcia, dans l’océan Indien, ou depuis les États-Unis, comme en juin dernier ». Toutefois, pointe le journal, « des négociations seraient en cours entre Téhéran et Washington. Soit par l’intermédiaire de la Turquie, du Qatar ou de l’Arabie saoudite. Soit directement entre le représentant personnel de Trump, Steve Witkoff, qui échange parfois des messages via Signal avec le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi ». Vers un glissement du régime iranien ? En tout cas, « l’Iran apparaît plus vulnérable que jamais » : c’est du moins le point de vue de la Repubblica à Rome. « Trois semaines après le bain de sang par lequel Téhéran a répondu aux manifestations, les protestations semblent avoir cessé, mais les causes qui les ont déclenchées se sont en réalité renforcées. (…) Khamenei semble être parvenu à vider les rues, mais au prix d’un isolement international croissant et face au risque d’une intervention américaine, voire de sanctions européennes contre les Gardiens de la révolution, pilier de l’appareil militaro-économique ». De plus, poursuit la Repubblica, le Guide suprême doit faire face à « une perte de crédibilité perçue, même au sein des secteurs les plus conservateurs du pays. D’où l’hypothèse d’une une possible "solution par le dialogue", c’est-à-dire la recherche de compromis avec les ministres, les généraux et les responsables qui partagent la nécessité de destituer Khamenei afin de sauver ce qui reste du régime. Tous les regards sont donc tournés vers les dirigeants Pasdaran, car ils ont le pouvoir de changer de dirigeant ».
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  • À la Une: jusqu'à 500 000 sans-papiers régularisés en Espagne
    2026/01/28
    Ils seraient au total 840 000 clandestins en Espagne, essentiellement d’origine colombienne, péruvienne et hondurienne. À contre-courant de ses homologues européens, le gouvernement de gauche espagnol s’apprête donc à adopter un plan de régularisation massif qui pourrait bénéficier à 500 000 personnes, une mesure qui doit permettre de soutenir la croissance économique du pays et de compenser un solde démographique négatif. « Régularisation, enfin, se félicite El País à Madrid. La régularisation massive des immigrés, approuvée hier par le gouvernement dans sa première phase, permettra à des centaines de milliers de personnes de sortir de la clandestinité, de la marginalisation et de l’exploitation. Ces personnes assumaient auparavant les mêmes obligations que tout citoyen espagnol, mais sans bénéficier des mêmes droits. Leur intégration à la pleine vie civique et à la structure économique et fiscale du pays est un acte de justice, dont la nécessité était devenue évidente depuis des années, affirme encore El País. Cette décision, prise d'un commun accord entre le gouvernement et Podemos, lève enfin l’impasse engendrée par des politiques à courte vue et la xénophobie qui a entaché le débat sur l’immigration. » Simples mesures d’urgence ? El Mundo, toujours à Madrid, est moins enthousiaste. Pour le quotidien d’inspiration libérale, « il est indéniable que les flux migratoires sont essentiels à la croissance économique du pays et au maintien de l’État-providence. Ils sont également cruciaux pour le financement des retraites et un marché du travail où, pour la première fois depuis 2008, le taux de chômage est passé sous la barre des 10 %. 80 % de la croissance du PIB depuis 2019 sont attribuables à la contribution des travailleurs étrangers. » Toutefois, tempère El Mundo, « il faut aborder l’immigration comme une stratégie nationale, et non pas seulement par des mesures d’urgence adaptées à la conjoncture politique ou économique. Par conséquent, ignorer les tensions identitaires et culturelles que ce phénomène engendre, avec son indéniable dimension émotionnelle, revient à ignorer une réalité de plus en plus déstabilisante pour la population. Le sentiment d’un manque de contrôle aux frontières ou l’arbitraire dans la répartition des mineurs alimentent le rejet de la politique et ouvrent la voie à la détérioration du vivre-ensemble. » En France : besoin d’immigration... Et en France ? Là aussi la démographie est en berne : pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, il y a eu moins de naissances que de décès en 2025. Alors, « Dénatalité, manque de main-d'œuvre : pourquoi la France a besoin d’immigration » : c’est le grand titre de Libération à Paris. « Englués dans une idéologie hostile aux étrangers, constate le journal, les gouvernements successifs s’acharnent à entraver l’accueil d’immigrés dont le pays a urgemment besoin dans l’emploi et pour faire face au manque de naissances. » D’après un représentant du Medef, le patronat français, interrogé par le journal, « les politiques ont la trouille pour de mauvaises raisons. Ils refusent de proposer le débat parce que le Rassemblement national est aux portes du pouvoir, dit-il. On devrait pouvoir en parler pour mettre en place un système qui permette de faire tourner nos entreprises qui cherchent des employés. » Et ce dans de nombreux secteurs, précise Libération, comme le bâtiment, la restauration et l’hôtellerie. (…) Les syndicats tentent eux aussi de se faire entendre, pointe encore le journal. La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, souhaite que la France sorte de "l’hypocrisie" : l’économie française “ne peut pas fonctionner sans les immigrés“. Elle s’oppose au “durcissement des règles“ et souligne les “effets délétères du passage“ de Bruno Retailleau au ministère de l’Intérieur. » …ou stop au « tsunami migratoire » ? Justement, a contrario, Le Figaro se félicite, lui, de l’action de l’ex-ministre de l’Intérieur. « En prenant le sujet de l’immigration à bras-le-corps, Bruno Retailleau ne s’est pas seulement fait un nom. Il a aussi obtenu des résultats inégalés depuis plus d’une dizaine d’années, affirme le quotidien de droite. (…) Les régularisations de sans-papiers ont baissé de 10  % en 2025 et les expulsions d’étrangers ont augmenté de plus de 15  % dans la même période. » Le Figaro qui déplore qu’au cours des dernières années, « aucune politique digne de ce nom n’ait été engagée dans la durée pour arrêter le tsunami migratoire. (…) Comme s’il y avait quelque honte, s’exclame le journal, à durcir le regroupement familial, à réduire l’accès aux prestations sociales, à rétablir le délit de séjour irrégulier, à revenir ...
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  • À la Une: Donald Trump change de cap
    2026/01/27
    Les faits sont intangibles : le New York Times a analysé plus d’une douzaine de vidéos de l’altercation qui a conduit à la mort d’Alex Pretti samedi à Minneapolis. « Notre objectif, affirme le journal, n’est pas d’établir la culpabilité ou l’innocence. Nous ne sommes pas un tribunal. Nous cherchons plutôt à établir la vérité : ce qui s’est passé, comment cela s’est produit et qui pourrait être responsable. Nous suivons les images où qu’elles nous mènent, sans chercher à tirer de conclusions préconçues. Ce faisant, notre travail peut contribuer à établir les responsabilités. » Et la conclusion de l’analyse des images est « incontestable, pointe le New York Times : un homme exerçant ses droits constitutionnels a été maîtrisé et abattu par des agents fédéraux. » Et il ne s’agissait en aucun cas d’un terroriste, comme annoncé dans un premier temps par l’administration Trump. Face à l’évidence des faits, Donald Trump a donc infléchi son discours. On assiste en effet, relève le Washington Post, à « un changement de ton dans la politique répressive initiée par [Donald] Trump lui-même. Le signe le plus évident de ce changement est la décision prise hier par le président d’envoyer au Minnesota Tom Homan, responsable de la sécurité des frontières » qui prendra la suite de Greg Bovino, autre responsable au sein de l’ICE, la police de l’immigration. De plus, souligne Le Monde à Paris, « signe d’une possible baisse de tension, le maire démocrate de Minneapolis a annoncé que certains des agents fédéraux déployés dans la ville par le président américain s’en iraient à partir de ce mardi ». Revirement « stupéfiant » Changement de cap donc pour Donald Trump : « Cette décision constitue un revirement stupéfiant, relève le Wall Street Journal, dans une action qui est au cœur de son identité politique, surtout pour un président qui a souvent récompensé ses conseillers pour leur obstination face à une opposition véhémente. » En fait, croit savoir le journal, Donald « Trump craignait que les opérations des agents de l’ICE au Minnesota ne tournent au chaos. Et ses inquiétudes n’ont fait que croître lorsque certains de ses alliés ont reconnu que leurs déclarations n’étaient pas corroborées par les images vidéo. » Même le New York Post, quotidien pro-Trump affiche son soulagement : « Avec la nomination de Tom Homan et le rapprochement entre le président Donald Trump et le gouverneur démocrate du Minnesota Tim Walz, la tension est en train de retomber, pointe le tabloïd. La mort d’Alex Pretti a manifestement provoqué une prise de conscience générale, et c’est bien normal. Nous sommes heureux de voir la secrétaire à la Sécurité intérieure Kristi Noem écartée du dossier. Sa gestion de la situation ces dernières semaines, alors qu'elle devenait incontrôlable au Minnesota, n’a servi ni le président ni le pays. » Le trumpisme, une nouvelle forme de fascisme ? Les critiques fusent encore dans la presse européenne. « Alors que le trumpisme cherche à imposer un nouveau régime autoritaire aux États-Unis, la mort brutale d’Alex Pretti sonne comme un moment de vérité, affirme le Guardian à Londres. Les promesses de fermer la frontière sud des États-Unis et d’expulser les migrants sans papiers ont sans aucun doute contribué à la réélection de Donald Trump. Mais la détermination du président américain à mener une guérilla urbaine avec une force qui s’apparente à une police secrète – et son mépris de la loi – suscite une vive indignation, y compris parmi certains de ses propres partisans. (…) En cette période sombre pour la démocratie américaine, conclut le Guardian, une Amérique différente et digne doit désormais trouver les moyens de se réaffirmer. » Libération à Paris va plus loin : « Arrêtons d’être dans le déni des mots. (…) Tirer dix fois sur un homme au sol parce qu’il a tenté d’aider une manifestante bousculée, parce qu’il a, lui aussi, protesté contre les rafles racistes d’une police politique, c’est une exécution politique. Et c’est surtout l’expression la plus claire de ce qu’on n’ose trop souvent pas dire en dehors de certains milieux militants parce que, avouons-le, cela effraie : le trumpisme est une nouvelle forme de fascisme. (…) Il faut se rendre à l’évidence, s’exclame encore Libération : le pouvoir en place à Washington n’est pas simplement en route vers l’illibéralisme, il est de nature fasciste. Le mot doit désormais être utilisé. »
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  • À la Une: indignation générale après le meurtre d’Alex Pretti à Minneapolis
    2026/01/26
    C’est un « tournant dans le second mandat de Donald Trump », s’exclame le Washington Post. La mort samedi à Minneapolis d’Alex Pretti, un infirmier de 37 ans, abattu par la police de l’immigration, provoque consternation et colère dans les médias américains. Pour le Washington Post, les faits sont clairs : « le département de la Sécurité intérieure a rapidement affirmé que Pretti était un "terroriste intérieur" qui voulait "massacrer" des agents. Pourtant, relate le journal, sur les vidéos, on voit Pretti tenir son téléphone, et non une arme, dans sa main droite, sa main gauche étant vide. Bien qu’une enquête indépendante soit nécessaire pour établir les faits, il semble que l’élément déclencheur ait été un agent fédéral poussant une femme sur le trottoir. Pretti s’est interposé et a été aspergé de gaz poivre. Lors de l’altercation qui a suivi, un agent fédéral lui a tiré dessus à dix reprises. » Une « perversion de la justice » ? Le New York Times hausse le ton. « Le gouvernement fédéral doit aux Américains une enquête approfondie et un compte rendu fidèle des circonstances de la mort d’Alex Pretti. Lorsqu’un gouvernement tue, il a l’obligation de démontrer qu’il a agi dans l’intérêt public. Or, poursuit le journal, l’administration Trump se livre une fois de plus à une perversion de la justice. Quelques heures seulement après la mort d’Alex Pretti, Kristi Noem, la secrétaire à la Sécurité intérieure, a déclaré, sans apporter de preuves, qu’il avait "commis un acte de terrorisme intérieur". Gregory Bovino, un agent de la police des frontières, a donné sa propre analyse : "Il semblerait qu’un individu ait voulu faire le plus de dégâts possible et massacrer les forces de l’ordre". Ces jugements infondés et incendiaires préjugent des conclusions de l’enquête promise par le Département de la Sécurité intérieure, s’indigne le New York Times. Ils semblent par ailleurs totalement incompatibles avec plusieurs vidéos enregistrées sur les lieux. » Pour le Wall Street Journal, « Il est temps pour l’ICE (la police de l’immigration) de faire une pause à Minneapolis. » Même ligne pour le New York Post, tabloïd largement favorable à Donald Trump, qui s’adresse directement à lui : « Monsieur le président, il est temps de désamorcer les tensions à Minneapolis. Non pas parce que vous avez tort d’appliquer la loi sur l’immigration, ni de poursuivre les fraudeurs qui ont volé des milliards de dollars de fonds fédéraux, mais parce que ces tactiques de répression ne changent pas la donne ; au contraire, elles se retournent contre leurs auteurs. » Un « fascisme américain » ? Dans la presse européenne, c’est l’indignation : « Aux États-Unis, c’est la démocratie qu’on assassine, fulmine Le Soir à Bruxelles. Ce qui se passe sous nos yeux signe la mort en direct d’une démocratie et la montée en puissance d’une dictature à la tête de la première puissance mondiale. » Libération à Paris dénonce ce qu’il appelle « l’impunité d’État : (…) les protestations fusent de toute part, entre le puissant lobby des armes qui ne peut accepter qu’un Américain soit suspect s’il porte une arme à feu et l’ancien président démocrate Barack Obama, qui s’est fendu d’un communiqué estimant que "nos valeurs fondamentales sont menacées". Face à l’impunité apparente de ceux qui ont tué Alex Pretti, on peut se demander s’il n’est pas trop tard pour sauvegarder les valeurs fondamentales de l’Amérique. » « Ce qui se passe à Minneapolis est totalement contraire aux valeurs américaines », renchérit Die Welt à Berlin. « Et ce qui est arrivé à Good et Pretti à Minneapolis est intolérable ; le système de justice pénale doit y remédier. Pour que l’Amérique reste l’Amérique. » Enfin, « fascisme américain ? », s’interroge Le Devoir à Montréal. « Les meurtres d’innocents, devant caméras, par une milice aux budgets quasi illimités, ne sont que la face la plus hideuse d’un virage autoritaire, qui menace sérieusement la démocratie libérale américaine. »
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  • À la Une: la colère des pays qui ont soutenu les Etats-Unis en Afghanistan
    2026/01/24

    La presse britannique, et particulièrement The Guardian, reprend les derniers propos de Donald Trump sur la participation de l’Alliance atlantique à la guerre en Afghanistan. « L’Otan dira qu’elle a envoyé des troupes en Afghanistan, et c’est vrai… elles sont restées un peu en retrait, un peu à l’écart du front », a déclaré le président américain, sur Fox News. « Des propos insultants et franchement consternants », a estimé Keith Starmer, le premier ministre britannique, qui « se joint aux anciens combattants pour condamner les allégations selon lesquelles les troupes auraient évité les lignes de front. » Le premier ministre britannique suggère aussi « que le président américain présente des excuses ».

    Autre allié des États-Unis en Afghanistan, le Canada, fait aussi connaître son mécontentement. Le journal Le Devoir rappelle « que 158 membres des forces armées canadiennes ont été tués en Afghanistan » et cite le ministre canadien des Finances François-Philippe Champagne, selon lequel « on n’a besoin de personnes pour se rappeler du sacrifice des hommes et des femmes en uniforme ». Des réactions qui pourraient inspirer d’autres pays de l’Otan engagés eux aussi en Afghanistan et pas seulement pour la beauté du geste… C’est notamment le cas de la France.

    Bonnet bleu

    Aux États-Unis, « des milliers de manifestants ont défilé hier à Minneapolis et des centaines de commerces ont fermé leurs portes pour protester contre l’ICE », annonce le Washington Post, qui rappelle que c’est à Minneapolis que Nicole Good, une mère de trois enfants, a été tuée le 7 janvier dernier, au volant de sa voiture, par la police de l’immigration.

    C’est là aussi qu’un enfant de cinq ans (dont la photo, petit garçon coiffé d’un bonnet bleu avec des oreilles de lapin, a fait le tour du monde) a été interpellé avec son père. « Les habitants du Minnesota opposés aux opérations de l’ICE », précise The Washington Post, estiment « que les agents fédéraux ont largement outrepassé leur mission d’expulsion des criminels sans papiers, depuis le début de leurs opérations il y a deux mois, en détenant des citoyens américains, en extrayant des personnes de leurs voitures, en arrêtant semble-t-il des gens en fonction de leur race, et en utilisant des produits chimiques contre les personnes qui manifestent ou surveillent leur travail ».

    En France, Libération parle « d’une révolte des sifflets ». « Lorsqu’un sifflet retentit, explique le journal, des dizaines d’autres répondent en écho. Et tous les riverains engagés débarquent aussitôt. » « Il ne s’agit pas tant d’exprimer son mécontentement que d’empêcher, par tous les moyens, l’action de la police migratoire », poursuit le quotidien français qui décrit aussi d’autres manifestations de solidarité, comme « ces parents qui accompagnent à l’école les enfants de ceux qui n’osent plus sortir », ou « ces réseaux d’entraide qui livrent de la nourriture aux familles immigrées ».

    « Scandale »

    Les proches des victimes de l’incendie de Crans-Montana, qui a fait 40 morts la nuit du Nouvel An, en Suisse, sont en colère. « Jacques Moretti, le propriétaire du bar le Constellation, mis en cause dans cet incendie a été libéré hier », explique le Parisien, précisant « qu’un anonyme a versé une caution de 200 000 francs suisses, soit environ 215 000 euros ». « Le Français, mis en cause pour des négligences ayant conduit à la tragédie (…) était en détention depuis le 9 janvier », précise le Parisien, qui cite les propos de l’avocat Jean-Luc Addor, lequel défend une famille dans cette affaire. « Cette libération est un scandale et une honte à l’égard des victimes et de leurs familles ».

    Colère aussi en Italie, dont était originaire Chiara Costanzo, jeune fille de 16 ans, décédée dans l'incendie et dont la photo fait la Une de la Republica. Son père, interrogé après la libération de Jacques Moretti a confié au journal italien : « La seule chose qui me maintient en vie, c’est de savoir qu’un jour justice sera faite… ». « Cette décision est inacceptable ».

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  • À la Une: Donald Trump met en place son «Conseil de la paix»
    2026/01/23

    C’est à Davos, en Suisse, où se déroule le Forum économique mondial que le président américain a lancé son « Conseil de la Paix ». Une initiative que la presse européenne regarde d’un œil ironique : « Président omnipotent, figurants, logo doré » énumère le Temps. Le quotidien suisse précise que « selon la charte signée hier à Davos, Trump siègera aussi longtemps qu’il le voudra au Conseil de la paix, et décidera d’inviter les pays, ou d’autres acteurs, selon son bon vouloir ». Certains des pays qui ont d’ores et déjà donné leur accord, ne seront que des « figurants », estime le Temps, qui s’amuse aussi du logo du Conseil de la paix, lequel n’est pas sans rappeler celui de l’ONU.

    Le quotidien suisse dresse également un état des lieux : « Au sein de l’Union Européenne, seules la Hongrie et la Bulgarie ont dit oui ». D’autres ont clairement dit non : « Le Danemark, la France, la Norvège, le Royaume-Uni, la Slovénie et la Suède, qui étaient invités, ont d’ores et déjà décliné ». En France, Médiapart estime « qu’avec son Conseil de la paix, Donald Trump se voit en maître de la paix et de la guerre (...) Il a inauguré hier cette instance visant à concurrencer l’ONU, qui dépasse largement sa mission d’origine, de superviser la fin de la guerre génocidaire contre la Bande de Gaza », ajoute le journal en ligne.

    Prudence et soulagement

    Donald Trump semble renoncer à ses ambitions sur le Groenland. Mais aux États-Unis, on observe la prudence des Européens. « Alors que Trump abandonne ses menaces concernant le Groenland, les Européens se disent toujours sur leurs gardes », titre le Washington Post. « La méfiance de l’Europe envers l’Amérique persiste », remarque de son côté le Wall Street Journal qui précise : « Malgré le revirement de Trump concernant le recours à la force militaire et les droits de douane pour s’emparer du Groenland, les alliés de l’Amérique craignent une aggravation des dommages à long terme ».

    Il faut dire que les Européens ont de quoi être inquiets, car, comme le rappelle le quotidien américain, « depuis son arrivée au pouvoir il y a un an, l’administration Trump n’a cessé de critiquer ses alliés européens… Ses représentants dépeignant les dirigeants européens comme déconnectés de leurs électeurs, tout en soutenant les partis nationalistes et d’extrême droite, en Allemagne, en France et dans d’autres pays ». À Bruxelles, explique de son côté le journal allemand die Welt, « un sentiment de soulagement régnait au sommet de l’Union européenne, alors que Donald Trump venait d’exclure toute attaque contre le Groenland (…).« Néanmoins » ajoute le quotidien allemand, « la crainte dominante était que le président américain, homme aux volte-face et aux manœuvres douteuses, ne change à nouveau d’avis ».

    Le Canada à l'offensive

    Le Premier ministre canadien Mark Carney s'est fait remarquer à Davos, lui « dont le discours, estime le Monde, « fait écho à l’exaspération d’une partie de ses compatriotes face aux États-Unis. Ses appels à la création d’une alliance des puissances moyennes doivent encore se concrétiser ». « Sans citer nommément Donald Trump », rappelle le quotidien français, Mark Carney « a fustigé les grandes puissances qui utilisent les droits de douane "comme levier" et les chaînes d’approvisionnement comme "vulnérabilités à exploiter" ».

    À Montréal, le Devoir salut les propos du Premier ministre canadien : « La solution, soutient désormais avec raison Marc Carney, passe inévitablement par l’alliance de puissances moyennes se serrant les coudes, pour tenir tête à ces géants menaçants ». Donald Trump n’a pas manqué de répondre au « discours nuancé et posé de Mark Carney », précise encore le journal. « Le Canada, a estimé le président américain, devrait se souvenir qu’il existe… grâce aux États-Unis ».

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  • À la Une: Trump ou le coup d’éclat permanent
    2026/01/22
    Et voilà encore et toujours Donald Trump qui, quasiment chaque jour, nous noie dans ses discours interminables et ses affirmations péremptoires et parfois même contradictoires… « Trump nous met dans une essoreuse à information », constate Libération à Paris. « Nous, journalistes, sommes menacés d’être, comme les lapins pris dans les phares d’une voiture fonçant à vive allure. (…) Depuis que Donald Trump est aux affaires, nous sommes submergés d’annonces tonitruantes, d’initiatives éclatantes, de propos hors normes, de décisions révolutionnaires, de menaces en tous genres de la part du président bouffon de la première puissance de la planète. Les relayer toutes à la hauteur de leur caractère transgressif revient à emboîter le rythme incessant, l’accélération stratégique de l’actualité voulue par Donald Trump pour nous ensevelir, nous asphyxier sous son flot d’initiatives, sans que l’on sache si elles constituent de simples annonces ou si elles sont annonciatrices d’évolutions marquantes de la politique américaine aux répercussions forcément mondiales. Ne pas les évoquer, pointe Libération, serait prendre le risque de passer sous silence un tournant majeur dans la politique internationale. (…) Même si plus grand monde ne prend les propos de Donald Trump au sérieux, même si chacun a compris que sa tonitruance est souvent le bruit d’un vide politique, la puissance militaire, économique et technologique de l’Amérique fait de chacun de ses mots un potentiel danger ». Le fossé se creuse avec l’Europe Et le danger actuellement concerne les dirigeants Européens, eux-aussi pris dans les phares de Trump… Le New York Times le constate : « la profondeur du fossé entre le président Trump et l’Europe a été pleinement mise en évidence hier à Davos, en Suisse, où il a exprimé son mépris pour les politiques d’immigration de l’Europe, ses réglementations et son refus catégorique de lui céder le Groenland ». D’ailleurs, à ce propos, rien ne garantit qu’un accord interviendra entre les États-Unis et l’Otan. Rien n’est réglé, pointe encore le New York Times : « une seule chose est claire : les propos de Donald Trump tout au long de la journée ont mis en évidence le peu de points communs qui unissent désormais les États-Unis et l’Europe, longtemps alliés les plus proches. (…) Les dirigeants européens se réunissent à Bruxelles ce jeudi pour décider de la marche à suivre ». Point de bascule ? Le Temps à Genève s’agace : « à quel moment les Européens cesseront-ils d’avoir peur de celui qui se fait appeler shérif par ses secrétaires d’État ? (…) En politique comme ailleurs, il existe un point de bascule dans les rapports de force. Une fois que le dominant est fragilisé, son image peut changer subitement, tout comme les comportements à son égard. Le mouvement s’inverse alors, parfois de manière rapide. À Davos, la colère de certains Européens monte discrètement, mais réellement, pointe le quotidien suisse. La conquête du "morceau de glace", selon la formule de Donald Trump pour qualifier le Groenland, pourrait être ce point de bascule. Dans le cas contraire, prévient Le Temps, les vrais gagnants de ce conflit historique sont tout désignés : la Chine et la Russie ». Pour le Guardian à Londres, « l’Europe est face à un choix : riposter ou disparaître. (…) Lorsque les dirigeants de l’Union se réuniront ce soir pour leur Conseil européen extraordinaire, ils devront rejeter sans équivoque les exigences de Trump et définir un cadre d’action clair pour des contre-mesures économiques énergiques ». Notamment, préconise le Guardian, leur instrument anti-coercition, le fameux bazooka commercial pour contrer l’explosion des droits de douane américains. « Concrètement, précise Le Devoir à Montréal, il permettrait d’augmenter fortement les droits de douane à l’encontre des États-Unis sur de nombreux produits et services (vêtements, tabac, alcool, mais aussi services des GAFAM), d’interdire l’accès aux marchés publics aux entreprises américaines, ou encore de bloquer les investissements américains en Europe ». Et pendant ce temps, souligne Le Monde à Paris, la Russie se frotte les mains… « Pour le président russe, Vladimir Poutine, qui rêve de voir l’Otan s’effondrer, les aléas de la relation transatlantique sont une aubaine ». Et la presse officielle russe, rapporte encore le journal, se gausse du Danemark, qui, « après s’être attendu pendant des décennies à être attaqué par la Russie, voit finalement le coup venir de l’Otan ».
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