C'est un cessez-le-feu fragile et à l’avenir incertain. Du point de vue du Wall Street Journal, « la volonté de paix entre Israël et le Liban risque de provoquer une nouvelle confrontation avec le Hezbollah ». Le Hezbollah, rappelle le quotidien américain, « groupe terroriste désigné par les États-Unis, qui est en guerre intermittente contre Israël depuis les années 1980 ». « Sans le Hezbollah à la table des négociations, le cessez-le-feu et la possibilité d’un accord de paix israélo-libanais seraient fortement compromis » estime encore le Wall Street journal.
De son côté, citant un haut responsable israélien, le Jerusalem Post assure « que les États-Unis entendent désormais mener activement le désarmement du Hezbollah. Ce même haut responsable israélien, assure que « "Trump souhaite que cela se produise, donc cette fois-ci, les États-Unis seront bien plus impliqués" ».
Quelle est la position du Hezbollah, face au cessez-le-feu annoncé entre le Liban et Israël ? « Il dit qu’il va respecter le cessez-le-feu à condition qu’Israël arrête complètement les hostilités, dont les assassinats qui visent ses membres », explique l’Orient-le Jour, le journal francophone libanais, selon lequel ce cessez-le-feu est tout de même « une première victoire » pour le président libanais Joseph Aoun.
Protestations Mais en Israël, ce cessez-le-feu est très mal accueilli par une partie de la classe politique et des habitants du nord d’Israël. C’est le journal Haaretz qui l’annonce : « L’opposition israélienne et des habitants du nord d’Israël rejettent le cessez-le-feu conclu avec le Liban ». Le député Avigdor Lieberman, chef du parti d’opposition Yisraël Beitenu, explique Haaretz, a déclaré qu’un cessez-le-feu au Liban constituait une « trahison des habitants du nord d’Israël » Dans une vidéo publiée sur X, il accuse : « Une fois de plus, on donne au Hezbollah, le temps de se rétablir et de se renforcer (…) Toute guerre, assure-t-il encore, « doit se terminer par l’élimination du Hezbollah ».
Impunité des colons Alors que l’attention du monde est captée par le conflit au Moyen Orient, le journal le Monde met l’accent sur la situation en Cisjordanie. « En Cisjordanie, l’impunité absolue des colons auteurs de crimes », titre le quotidien français, qui explique « que depuis 2020, la justice israélienne n’a prononcé aucune condamnation à de la prison ferme contre les colons juifs responsables de la mort de civils palestiniens, alors que le nombre et la gravité des crimes qu’ils commettent ne cessent de croître ».
L’envoyée spéciale du Monde a rencontré de nombreux témoins. Comme la mère de Saïd Naasan, électricien, « fauché par le tir d’un colon, tout près de la maison familiale nichée en hauteur du village d’Al-Moughaïr, à l’est de Ramallah, en Cisjordanie occupée ». « Le 23 septembre 2025, raconte-t-elle, les colons sont arrivés et l’un d’eux avait une arme. Mon fils allait avoir 23 ans ». « Le drapeau jaune du Fatah, le parti nationaliste palestinien, a été apposé après coup, comme une marque de respect, au-dessus de l’étroit lit de l’absent », raconte le Monde.
Silence de l'armée et de la police Autres meurtres, celui d’Ibrahim Al-Wadi, 62 ans, et Ahmad Al-Wafdi, 25 ans. « Ils ont été abattus par des colons qui passaient en voiture. Mon père a reçu une balle dans le torse, mon frère trois : à la gorge, la poitrine et sur le côté », raconte Mohamed Al Wali, 30 ans. « La nuit précédente, ajoute-t-il, des assaillants avaient attaqué le village, incendié des maisons, tué trois habitants, et un autre avait été tué par l’armée. C’est pour ça que mon père et mon frère étaient là. Ils attendaient le passage de leur convoi funéraire ».
Selon le Monde, « au moins 25 palestiniens ont été tués entre 2020 et 2025, par des habitants des implantations juives, hors confrontations armées ». Le quotidien français s’est heurté au silence de l’armée et de la police, quand il a cherché à savoir « quelles suites judiciaires » avaient été données à ces violences meurtrières. Et pour cause, explique le quotidien français : « La dernière condamnation d’un colon pour le meurtre d’un Palestinien en Cisjordanie remonte à 2020 ».