エピソード

  • À la Une: le bain de sang en Iran
    2026/01/14
    « Un huis clos sanglant, soupire Le Temps à Genève. Les manifestations qui secouent l’Iran depuis le 28 décembre ont pris une ampleur considérable au cours des derniers jours. Aux abois, le régime des mollahs a intensifié la répression. Les massacres demeurent difficiles à quantifier tant la coupure d’internet et des communications empêche d’avoir une idée précise du nombre de victimes. Mais il ne cesse d’augmenter. Alors que, selon le média Iran International basé à Londres, quelque 12 000 manifestants auraient été tués, d’autres médias sont plus prudents. Selon Human Rights Watch, au moins 730 Iraniens auraient perdu la vie. L’ONG norvégienne Iran Human Rights estime qu’il pourrait y avoir plusieurs milliers de victimes. Et le nombre d’arrestations dépasserait les 10 000 personnes ». Une « barbarie méthodiquement orchestrée » « Embarqué dans une fuite en avant, le régime ne semble avoir plus aucune limite pour mater la contestation », affirme Le Figaro à Paris. Le Figaro qui s’appuie sur des témoignages vocaux qui lui sont parvenus. Des témoignages qui « corroborent cette barbarie méthodiquement orchestrée par le régime iranien : agents de sécurité équipés de fusils d’assaut, miliciens tirant depuis leurs voitures sur les foules, protestataires sciemment visées au visage ou dans la nuque. Des témoignages qui décrivent des flaques de sang sur les trottoirs, la colère et le chaos dans les cimetières, les appels désespérés au don de sang dans les hôpitaux. Un habitant de Racht (Nord-Ouest), qui vient de fuir l’Iran, raconte : "À Racht, ils ont tué tellement de manifestants, au moins 600 entre jeudi et vendredi, que personne n’osait plus sortir samedi dans la rue (…) L’ampleur du massacre est sans précédent. Les familles font la queue à la morgue pour identifier leurs proches" ». Et parfois, les familles doivent même payer pour repérer les corps et les blessés sont traqués jusque sur leur lit d’hôpital. Difficiles prédictions… Alors, « nous sommes entrés dans le moment décisif, relève L’Orient-Le Jour à Beyrouth. Celui où le soulèvement iranien va enfin parvenir à faire plier le régime ou bien va au contraire se briser une nouvelle fois sur le mur de la propagande et de la répression. Prédire la chute ou non du régime est un exercice périlleux et stérile. Pour la simple raison que nous ne savons rien ou bien si peu de chose sur l’essentiel ». Et le quotidien libanais de s’interroger : « quelles sont les dynamiques à l’intérieur de celui-ci ? Qui prend les décisions outre le guide suprême Ali Khamenei ? Quels sont les calculs des gardiens de la révolution et de l’armée ? (…) Si la situation n’évolue pas, le sort de la révolution iranienne est entièrement entre les mains de Donald Trump ». Accentuer la pression politique et économique Que peut décider le président américain ? « Nous allons prendre des mesures très fortes », a déclaré Donald Trump hier soir. Mais quelles mesures ? Pour le New York Times, « Washington peut jouer un rôle crucial dans la prochaine étape de la contestation iranienne, mais ni les frappes militaires ni une nouvelle série de négociations nucléaires ne garantiront un avenir meilleur aux Iraniens ni aux intérêts américains. (…) Au lieu de cela, préconise le journal, Donald Trump devrait intensifier sa campagne de pression sur le régime : lancer des cyber-opérations visant les capacités militaires, inciter les pays entretenant encore des relations diplomatiques avec Téhéran à expulser les diplomates iraniens, saisir la flotte fantôme de pétroliers iraniens, sanctionner les importations chinoises de pétrole iranien et identifier et dénoncer les auteurs de violences. Plus important encore, pointe le New York Times, Donald Trump devrait investir dans le financement et le soutien organisationnel qui permettraient à terme à l’opposition iranienne de l’emporter et de se préparer à la future gouvernance ». Pour l’instant, c’est l’inconnu… « Certains observateurs, souligne Haaretz à Tel Aviv, estiment que le régime iranien a franchi un point de non-retour et que son effondrement est inévitable. D’autres soutiennent qu’il perdurera, comme par le passé, grâce à la loyauté des forces de sécurité. D’autres encore perçoivent la situation en Iran non comme un prélude à un effondrement soudain, mais comme le début d’un long processus d’érosion progressive plutôt que comme un changement radical et immédiat ».
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  • À la Une: l’espoir de la liberté en Iran
    2026/01/13
    « Azadi » veut dire liberté en persan. Et cette liberté, relève Le Figaro à Paris, « ce droit que nous tenons pour naturel, universel et irrémédiablement acquis, les Iraniens nous rappellent qu’il faut constamment se battre pour le conquérir ou le préserver. Pour gagner cette bataille, poursuit le journal, ils sont prêts à risquer leur vie. Par centaines de milliers, des citoyens ordinaires défient les mains vides une dictature absolue de droit divin nageant dans la corruption. Les mollahs ont achevé de ruiner le pays, économiquement et moralement, malgré sa richesse pétrolière et sa civilisation millénaire. Cette ploutocratie cléricale, s’insurge encore Le Figaro, n’a plus que la mitraille à opposer au peuple, et les morgues se remplissent de linceuls ». Alors, la liberté va-t-elle l’emporter ? « Une éphémère rébellion comme on en a vu tant en Iran, ou alors une révolution en règle ? », s’interroge L’Orient-Le Jour à Beyrouth. « Face à une opposition divisée et à un consensus limité, pointe El Pais à Madrid, il est difficile de prédire si ces manifestations parviendront à se cristalliser en un mouvement capable de renverser le régime. Mais l’indignation populaire démontre avant tout que l’Iran a besoin d’une transformation profonde, à commencer par le respect des droits humains. Les Iraniens ont le droit de décider de leur propre avenir, sans tutelle ni ingérence, qu’elle soit interne ou externe ». D’autant que, relève le Wall Street Journal, « la violence ne permettra pas de redresser la monnaie, de stabiliser les prix, ni de fournir l’électricité et l’eau. Les problèmes de l’Iran sont insolubles tant que ce régime restera en place, et les Iraniens le savent. (…) Les mollahs au pouvoir ont franchi la ligne rouge tracée par Trump ». Quel type d’intervention ? Justement, que peut faire le président américain ? « Ce mardi, pointe Libération à Paris, Donald Trump et son équipe de sécurité nationale doivent examiner les options lors d’une réunion décisive à la Maison Blanche ». Il y aurait « plusieurs cibles potentielles et plusieurs options économiques : des cyberattaques contre des sites militaires et civils, la fourniture clandestine de terminaux Starlink pour avoir accès à internet, de nouvelles sanctions et des frappes militaires. (…) Enhardi par son succès au Venezuela et encouragé par les faucons, Trump doit désormais trancher. Contrairement à ses deux précédentes attaques contre l’Iran, l’élimination du puissant général Qassem Soleimani en 2020 et les frappes contre le programme nucléaire de juin, l’objectif semble cette fois beaucoup plus flou, relève Libération – et l’issue hautement incertaine ». Un « État zombie » Pour le chercheur Farid Vahid, qui publie une tribune dans Le Monde, « plusieurs scénarios sont envisageables. D’une part, une poursuite des manifestations malgré l’intensification de la répression, avec l’apparition de fissures au sein de l’appareil sécuritaire et politique, nécessaires à la chute du régime. Mais la mobilisation ne peut perdurer indéfiniment face à un pouvoir n’hésitant pas à tuer pour se maintenir. Dans ce cas-ci, reste à voir si Donald Trump mettra ses menaces à exécution. À savoir une intervention militaire, qui serait extrêmement complexe à mettre en œuvre, et au résultat incertain : elle pourrait se solder par un affaiblissement considérable du régime, provoquant son effondrement, ou, à l’inverse, causer des effets contre-productifs et non souhaitables. La seule certitude dont nous disposons pour le moment, affirme encore Farid Vahid, est la non-viabilité de la situation actuelle. Un État qui qualifie sa propre jeunesse de "terroriste" ne peut perdurer. Il ne peut éternellement régner par la peur, d’autant qu’elle change de camp, comme le montre l’ampleur des manifestations malgré les menaces, les arrestations massives, les morts et la coupure d’Internet. La République islamique d’Iran entre dans sa phase finale, que l’on pourrait qualifier d’"État zombie". (…) Un État, sans légitimité, défaillant dans toutes ses fonctions vitales, qui se maintient en vie par l’emploi de la force létale. Et cette violence, conclut le chercheur, même si elle la retarde, n’est pas en mesure, in fine, d’empêcher sa mort clinique ».
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  • À la Une: l’Iran presque coupé du monde par le régime des mollahs
    2026/01/10

    Ce n’est pas la première fois que le régime de Téhéran coupe internet et le téléphone pour tenter d’étouffer toute information en provenance de l’Iran. Il le fait lorsque la situation est tendue, c’est le cas depuis le 28 décembre et le début du mouvement de contestation dans le pays. Même la très officielle agence de presse Irna est inaccessible ce matin. Mais le blocage d'internet ne suffit pas à réduire au silence les manifestants. Les sites des grands journaux, diffusent des vidéos les montrant défiler et crier, on voit aussi des voitures brûler.

    « La coupure des communications limite la diffusion d’informations en provenance de l’Iran », constate le Washington Post, « mais des informations éparses indiquent que les manifestants sont de nouveau descendus en grand nombre, hier, dans la plupart des villes ». Le quotidien américain reprend aussi les propos de l’ayatollah Ali Khamenei ce vendredi. « La République islamique ne reculera pas devant les vandales » a-t-il assuré, « ajoutant que les manifestants agissaient uniquement pour plaire au président américain ». « Face à la rue, le régime opte pour l’épreuve de force », constate le Figaro, qui pose également la question des « ennemis de l’extérieur d’Ali Khamenei, Israël et les États-Unis ». « Veulent-ils un pourrissement de la situation ou son élimination, y compris physique ? », interroge le quotidien français.

    « Je ne t'en veux pas »

    Aux États-Unis, une nouvelle vidéo alimente le débat, après la mort d’une femme de 37 ans, tuée par la police de l’immigration à Minneapolis. Cette vidéo, c’est celle tournée du point de vue du policier qui a abattu la mère de famille, au volant de sa voiture. On y voit Renee Nicole Good, s’adresser à ce policier, calmement. « T’inquiète mec, je ne t’en veux pas » lui dit-elle, avant de faire marche arrière, puis de démarrer. C’est à ce moment-là que ce policier tire sur elle, ce que ne montre pas la vidéo.

    Au Canada, le journal canadien le Devoir remarque toutefois « que ces images ne dévoilent aucune agression de la part de la mère de famille qui revenait d’aller déposer son fils de 6 ans à l’école ». Donald Trump a pourtant assuré qu'elle avait « renversé violemment et délibérément un agent de l’immigration ». C’est, déplore le Devoir « le rejet pur et simple de la réalité observable ». La mort de Renee Nicole Good, rencontre en tout cas un écho international. Jusqu’en Chine, où le South China Morning Post relate les faits, expliquant « qu’une vidéo filmée par un agent de la police de l’immigration, au moment où il tuait une femme, a été diffusée, exacerbant les tensions ».

    Trompée par une IA

    En Belgique, le journal Le Soir nous raconte l’histoire d’une universitaire renommée, piégée par une intelligence artificielle. Elle s’appelle Petra de Sutter. Elle est l’actuelle rectrice de l’université de Gand et ancienne vice-Première ministre belge. Autant dire une personnalité sérieuse, qui a même cité Einstein, « lors de son discours d’ouverture, en septembre dernier ». Mais ce que l’on apprend aujourd’hui, grâce au média belge Apache, dont l’enquête est reprise par le Soir, c’est que « cette citation avait en réalité été générée par une intelligence artificielle ».

    Petra de Sutter a aussitôt reconnu son erreur, « elle s’est excusée », ajoutant même « c’est une bonne leçon qui relancera sans aucun doute le débat autour de l’utilisation de l’IA ». « C’est en tout cas un épisode très parlant », estime Dominique Verpoorten, professeur à l’université de Liège, cité par Le Soir. « Voilà une universitaire, et non des moindres, qui avait pourtant mis en garde contre une confiance aveugle accordée à l’IA et qui tombe elle-même dans ce travers ». Conclusion de ce professeur : « le contrôle final doit toujours revenir à l'humain ». Il reconnaît, toutefois « qu'il est presque impossible de détecter une erreur de l'IA sur des travaux écrits ».

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  • À la Une: une femme de 37 ans tuée par la police de l’immigration aux États-Unis
    2026/01/09

    Renee Nicole Good, une mère de famille de 37 ans, a été abattue mercredi à Minneapolis par un agent de l’ICE, la police de l’immigration, alors qu’elle se trouvait au volant de sa voiture. Renee Nicole Good était une militante engagée contre la politique menée par l’administration américaine envers les migrants. Dans quelles conditions a-t-elle été tuée ? Pour le président Donald Trump, pas de doute, raconte le Washington Post : « Cette femme a violemment, délibérément et sauvagement renversé un policier de l’ICE. »

    Une version qui ne convainc pas le quotidien américain. « Une analyse image par image soulève des questions », estime le Washington Post qui raconte les secondes ayant précédé les coups de feu mortels : « on entend une voix ordonner à la conductrice de sortir de sa voiture ». « Un agent tente d’ouvrir la porte du véhicule mais n’y parvient pas. C’est à ce moment-là que la voiture commence à reculer, avant de démarrer brusquement. Puis, trois coups de feu sont tirés » à bout portant. L’enquête devra déterminer les responsabilités. Mais quelle enquête ? Le Wall Street journal explique en effet que « le FBI empêche les forces de l’ordre de l’État du Minnesota d’enquêter sur l’affaire ». Le journal rapporte également la réaction du vice-président JD Vance, selon lequel Renee Nicole Good serait « une victime de l’idéologie de gauche ». « Sa mort est une tragédie qu’elle a elle-même provoquée », a-t-il dit.

    Internet et téléphone coupés

    Le mouvement de contestation en Iran fait la Une d’une partie de la presse israélienne. Il faut dire que l’Iran est l’ennemi juré d’Israël, qui étudie de près l’évolution de la situation. Le Jerusalem Post annonce ainsi « qu’Internet et le téléphone sont coupés dans tout l’Iran, après que les manifestants ont attaqué les locaux de la télévision d’état ». « Les coupures d’Internet décidées par le régime », ajoute le Jerusalem Post, « annoncent souvent le début d’une répression plus sévère ». « Cela s’est déjà passé, lors de périodes de troubles, notamment pendant les manifestations de novembre 2019 et celles de 2022, suite à la mort de Mahsa Amini. »

    Le Times of Israël fait lui aussi sa Une avec la situation en Iran, et annonce que « la télévision iranienne accuse "des agents terroristes" américains et israéliens d’avoir provoqué des incendies ». Selon le quotidien israélien, « ce bref commentaire (…) diffusé ce matin est la première prise de parole officielle concernant les manifestations ».

    Liberté retrouvée pour Laurent Vinatier

    Le chercheur français Laurent Vinatier, emprisonné en Russie depuis juin 2024, est rentré hier en France. Et pour Libération, c’est « un soulagement ». D’autant que Laurent Vinatier, accusé notamment d’espionnage, « risquait d’être à nouveau jugé en février prochain et encourait jusqu’à vingt ans de prison ». Une libération obtenue grâce à un échange, avec le basketteur russe Daniil Kasatkin, « détenu en France et soupçonné par la justice américaine d’être membre d’un groupe de hackers ». Un échange qui, d’après une vidéo du FSB, s’est fait très concrètement sur le tarmac d’un aéroport. On voit « Laurent Vinatier monter à bord d’un petit avion dont sort le basketteur Daniil Kasatkin ». Les signes d’une libération prochaine s’étaient multipliés ces dernières semaines. Le Figaro rappelle que le 19 décembre, Vladimir Poutine lui-même avait assuré : « C’est la première fois que j’entends parler de cette histoire. Je vais me renseigner ».

    « Quelques jours plus tard », poursuit le quotidien français, « le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov avait annoncé avoir fait "une proposition" à la France, dans le cadre de cette affaire ». Paris refuse toutefois de parler « d’échange », précise le Monde, et évoque « des libérations concomitantes ». Le journal précise également que selon ses informations, « l’homme lige du Kremlin dans les négociations sur l’Ukraine, Kirill Dmitriev, était à Paris mercredi.» Il aurait été reçu à l'Élysée. Pour le quotidien français, « l’imbroglio politico-judiciaire autour de Laurent Vinatier » était probablement au menu des discussions, « de même que l’hypothétique accord de paix en Ukraine ».

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  • À la Une: Donald Trump ivre de pouvoir
    2026/01/08
    L’intervention armée spectaculaire au Venezuela « semble être montée à la tête de Donald Trump », s’exclame El Pais à Madrid. « Trump se délecte de l’effet intimidant de sa démonstration de force et se complait dans l’image d’un dirigeant prêt à utiliser l’armée la plus puissante du monde à tout moment et en tout lieu pour servir ses intérêts et ses caprices. » En fait, renchérit Le Soir à Bruxelles : « La stratégie prédatrice de Trump c’est : “j’en ai besoin, donc c’est à moi“. (…) En même temps que ses troupes fonçaient sur Caracas pour enlever le dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro, Trump envoyait un message au monde : il peut faire tout ce qu’il veut. Depuis, il répète (pour ceux qui n’auraient pas compris) ses visées impérialistes, menaçant, entre autres, ouvertement le Groenland, un territoire appartenant au Danemark. » Et pourquoi pas l’Écosse ? « Le succès militaire a enivré toute la Maison Blanche, insiste le Washington Post. Après la capture spectaculaire de Maduro à Caracas le week-end dernier, Trump et ses conseillers ont adopté le langage de l’impérialisme du XIXe siècle. » « Si Donald Trump pense que le Groenland devrait lui appartenir, combien de temps faudra-t-il avant qu’il ne jette son dévolu sur l’Écosse ? », ironise pour sa part le Guardian à Londres. En effet, pointe le quotidien britannique, « si l’on suit la logique expansionniste du président américain et de ses conseillers, les États-Unis sont en droit d’annexer à peu près n’importe quelle région du monde ». Alors attention, prévient Libération à Paris : « c’est sans doute la conséquence majeure de l’intervention militaire américaine au Venezuela : cette prise de conscience que tout peut arriver. Donald Trump, avec cette opération, a fait une double démonstration : celle de la superpuissance militaire américaine, et celle que cette dernière pouvait être utilisée, hors de tout cadre légal international, contre à peu près n’importe qui ayant la mauvaise idée de contrarier les intérêts des États-Unis, notamment économiques. C’est évidemment le cas de l’Europe. » La même logique que Poutine « Nous vivons désormais dans un monde de sphères d’influence, pointe pour sa part le New York Times, d’où la comparaison fréquente entre la position de Donald Trump et celle du président russe Vladimir Poutine. "Au Venezuela, Trump a utilisé la même logique de force effroyable que Poutine avait utilisée pour justifier son attaque brutale contre l’Ukraine", a déclaré le sénateur du Vermont, Bernie Sanders, le week-end dernier. Effroyable ou non, la logique reste en effet la même, pointe le quotidien américain. En février 2022, Poutine estimait qu’une puissance hostile aidant et armant son voisin ukrainien pourrait bientôt placer la Russie devant un fait accompli stratégique. Trump, observant un Venezuela de plus en plus indissociable de la Chine, est parvenu au même constat. » Une opposition intérieure ? Toutefois, Trump pourrait bien vite redescendre de son nuage. Car « à mesure que la stupeur se dissipe, l’opération américaine au Venezuela soulève de plus en plus de questions aux États-Unis, relève Le Monde à Paris,. Pas tant à propos de la chute du président du Venezuela, considéré comme un dirigeant autoritaire et corrompu que personne ou presque ne défend outre-Atlantique ; mais la suite des événements apparaît beaucoup moins bien anticipée. » En effet, s’interroge Le Monde, « comment Donald Trump compte-t-il "diriger" le Venezuela à distance, alors que le régime chaviste reste aux commandes ? Et, plus important encore, l’impérialisme débridé du président américain et de son conseiller Stephen Miller, qui ciblent aussi Cuba, la Colombie, le Mexique et surtout le Groenland, est-il désormais la stratégie officielle du pays ? » Toutes ces questions « suscitent l’inquiétude ou le rejet de la part d’élus du Congrès, y compris républicains. » Enfin ce constat établi par la Repubblica à Rome : « Aujourd'hui, les États-Unis perçoivent et divisent le monde selon leurs propres priorités. Les priorités d’une nation déprimée, apeurée et divisée. Le secteur industriel américain est en ruine, la dette fédérale est abyssale, la méfiance envers les institutions est sans précédent et le taux de natalité chute de façon alarmante. Sept Américains sur dix ne croient plus au rêve américain. Presque tous ont oublié la victoire historique de 1945. (…) Il était une fois l’Amérique, soupire le quotidien italien. Celle qui se croyait investie d’une mission de rédemption pour l’humanité et proclamait l’universalité de ses intérêts. »
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  • À la Une: menace américaine sur le Groenland
    2026/01/07
    Parmi les prochaines cibles potentielles de Donald Trump : le Groenland. « Donald Trump étudie "plusieurs options" pour acquérir le territoire autonome qui appartient au Danemark, y compris "utiliser l’armée". C’est ce qu’a déclaré sa porte-parole hier, de quoi attiser encore l’inquiétude en Europe sur le sort de l’île arctique », pointe Le Figaro à Paris. (…) La France et plusieurs pays européens ont publié une déclaration commune hier pour apporter leur soutien au pays dirigé par Mette Frederiksen. Une rencontre avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio a par ailleurs été sollicitée par le Groenland et le Danemark afin de "dissiper certains malentendus". » Coup de bluff ? Le Danemark est membre de l’Otan, rappelle pour sa part le Washington Post. Et « la raison d’être de l’Otan est de garantir la protection mutuelle de ses membres contre toute invasion. L’Alliance atlantique prendrait fin si son membre le plus puissant envahissait un pays plus faible. Menacer de ne pas venir en aide à un pays qui profite indûment de l'alliance est une chose, mais l’attaquer en est une autre. » Alors, est-ce un coup de bluff ?, s’interroge le Washington Post : « Donald Trump croit peut-être pouvoir effrayer le Danemark et lui faire croire qu’il est suffisamment fou pour s’emparer du Groenland, afin que ce dernier accepte de le vendre. » En tout cas, « l’année dernière, rappelle le Post, Trump avait renoncé à ses menaces concernant le Groenland lorsque les conséquences négatives étaient devenues plus évidentes, et il fera probablement de même prochainement. » Le Wall Street Journal est sur la même ligne : « Les menaces d’invasion ne sont probablement que des fanfaronnades trumpiennes visant à déclencher des négociations pour l’achat de l’île ou, à terme, un renforcement de la présence américaine. Mais même l’évocation du recours à la force nuit aux intérêts américains outre-Atlantique. » Les Européens doivent réagir En effet, « une telle menace est inadmissible, renchérit Le Monde à Paris. Une annexion par la force du Groenland porterait un coup fatal à l’Otan, elle viderait de sa substance l’article 5 de la charte, selon lequel une attaque contre un membre de l’organisation est une attaque contre tous et oblige à la solidarité. Il s’agirait d’une victoire éclatante offerte à la Russie de Vladimir Poutine par les États-Unis de Donald Trump. Sans que cela coûte le moindre drone à Moscou. » Et Le Monde de hausser le ton : « La récurrence des menaces et des insultes américaines a plongé jusqu’à présent les pays européens dans une sorte d’hébétude. Il est temps d’en sortir. (…). Le bilan d’un an de courbettes toujours plus humiliantes plaide désormais pour une plus grande fermeté, le seul langage que comprend Donald Trump. Les Européens doivent s’appuyer sur les alliés qu’ils comptent toujours au Congrès des États-Unis et sur une opinion publique américaine très majoritairement attachée à la relation transatlantique pour restaurer un peu de bon sens. Il y va de l’intérêt de tous. » Que se passe-t-il dans la tête de Trump ? « Ce différend a quelque chose de surréaliste, à peine croyable il y a quelques années », s’exclame le Times à Londres. « Mais il faut le prendre au sérieux, pointe le quotidien britannique. (…) Le Groenland n’est pas le Venezuela. Renverser un dictateur corrompu qui a poussé son peuple à fuir en masse est très différent de s'emparer du territoire d’un allié démocratique. L’administration Trump est en droit de poursuivre ses ambitions au Groenland par la voie diplomatique. Elle n’est pas en droit de le faire par la force, ni même par la menace implicite de son utilisation. » Enfin, « que se passe-t-il dans la tête de Trump ?, s’interroge le Guardian. Une interprétation bienveillante serait qu’en matière de guerre et de paix, il n’aurait aucune idée de ce qu’il fait – aucune stratégie, aucune piste – et qu’il improviserait sa politique au fur et à mesure, en fonction de son humeur. Une autre interprétation, plus inquiétante, serait qu’il sache parfaitement ce qu’il fait, et que le pire soit à venir. (…) Son "succès" au Venezuela pourrait l’inciter à commettre des actes encore plus outranciers et insensés, s’inquiète encore le Guardian. Tel Marc-Antoine sans la toge ni la raison, il se pavane, crie au chaos et déchaîne les enfers. »
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  • À la Une: le duel entre les États-Unis et la Chine
    2026/01/06
    « Avec le Venezuela, Donald Trump n’en est peut-être qu’à ses débuts, constate Le Temps à Genève. Qui dit que demain il ne conquerra pas le Groenland, Cuba et la Colombie ? Les dégâts occasionnés par l’interventionnisme états-unien en Amérique latine (Chili, Guatemala, Nicaragua, Brésil, Bolivie, etc.) auraient dû servir de leçon. Mais à quoi sert l’Histoire aux yeux de Donald Trump si ce n’est à fantasmer un passé glorieux imaginaire ? » Et « qui sait si Trump ne va pas remettre à nouveau sur le tapis l’annexion du Canada ? », s’exclame El Pais à Madrid. « Bien que tout cela puisse paraître insensé, il y a une certaine logique. Et tout pourrait se résumer à un seul mot : la Chine », pointe le quotidien espagnol. La logique trumpienne de concurrence avec la Chine En effet, constate El Pais, « le grand duel du XXIe siècle se joue entre les États-Unis et la Chine. Pékin ne se contente pas de la construction de son initiative “la Ceinture et la Route“ (la nouvelle route de la soie) ni de ses exercices militaires constants à Taïwan, le pays étend également son influence en Amérique latine. En mai dernier, rappelle El Pais, Xi Jinping avait tendu la main aux pays de la région, se présentant comme une alternative à “l’unilatéralisme et au protectionnisme“ de Trump. La Chine est devenue le deuxième partenaire commercial de l’Amérique latine, après les États-Unis. Et pour plusieurs pays, comme le Brésil, le Chili et le Pérou, elle est déjà le premier. (…) Tout cela s’inscrit (donc) dans une logique trumpienne de concurrence avec Pékin, relève encore le quotidien espagnol. L’enlèvement de Nicolas Maduro est en fin de compte un message codé adressé à Xi Jinping : le “siècle américain“ n’est pas mort, il a simplement changé de cap. En bafouant le droit international pour “nettoyer son voisinage“, Trump trace une ligne rouge, pointe El Pais. Dans ce nouvel ordre mondial, les ressources stratégiques des autres pays deviennent le butin d’une guerre froide qui s’intensifie déjà. Et seuls les pays dotés de l’arme nucléaire peuvent se permettre le luxe de la souveraineté nationale. » Les Européens tétanisés Et l’Union européenne dans tout cela ? « Les réactions de l’UE ont jusqu’ici été assez tièdes, constate le Soir à Bruxelles. Sur l’opération américaine au Venezuela d’abord, mais même sur les menaces d’annexion du Groenland. » Il faut dire, poursuit le quotidien belge, que « l’Union européenne est coincée. Coincée dans sa dépendance militaire aux États-Unis. Coincée en pleine négociation pour une éventuelle sortie de conflit en Ukraine. Une réunion de la coalition des volontaires, avec 35 pays dont les États-Unis, est prévue ce mardi à Paris. Or “sans les États-Unis, pas de garantie de sécurité", résume un responsable européen. Coincée aussi dans d’importantes dépendances économiques, notamment pour la technologie et le numérique. » Alors, conclut le Soir, « Washington profite d’un avantage économique, militaire et d’une prise de décision plus centralisée. L’Europe a pour autant une force de frappe, à condition qu’elle cesse de se voiler la face. » Attention, prévient pour sa part Le Figaro à Paris, avec les menaces qui pèsent sur le Groenland, « le défi est donc pour l’Europe. Jusqu’ici, Macron, Starmer ou Merz font mine de regarder ailleurs. Mais l’heure de vérité approche : après les droits de douane unilatéraux, après la mise au pas de l’Otan, c’est le test ultime de la vassalisation de l’Europe. Elle peut plier ou rompre, à divers sens du terme. » Vers un conflit généralisé ? Enfin, ce constat plus large et pour le moins désabusé, à lire dans le New York Times : « Nous peinons déjà à maintenir l’ordre mondial lorsque seuls trois des cinq membres permanents du Conseil de sécurité — les États-Unis, le Royaume-Uni et la France — respectent la Charte des Nations Unies et le droit international. Mais si les États-Unis adoptent l’approche de la Russie et de la Chine en matière de conflits armés et de relations internationales, alors le consensus occidental d’après-guerre sera véritablement mort. » Et le New York Times de prévenir : « La véritable norme internationale est que lorsque les forts dominent les faibles, les faibles essaient de devenir forts. Cela peut signifier des alliances avec des ennemis. Cela peut signifier un réarmement mondial. Cela peut signifier une prolifération nucléaire. Cela peut aussi signifier qu’un monde insensé subisse une fois de plus le prix exorbitant de l’oubli de ce que signifie la guerre entre grandes puissances. »
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  • À la Une: Trump rebat les cartes de la géopolitique mondiale
    2026/01/05
    « Au Venezuela, Trump vient d’ouvrir la porte à un grand chamboulement géopolitique », constate Le Figaro à Paris. Stupeur, colère et interrogations dans la presse internationale après le coup de force américain contre le Venezuela et la capture de Nicolas Maduro. « Trump a transformé les États-Unis, superpuissance mondiale, en un État voyou », fulmine le Guardian à Londres. C’est « le retour de l’impérialisme prédateur des États-Unis », renchérit Le Monde à Paris. Pour El Pais à Madrid, l’Amérique de Trump fait montre d’une « rapacité non dissimulée : la violation de la souveraineté vénézuélienne à des fins d’exploitation de ses ressources pétrolières n’est plus présentée comme une exception ou un moindre mal. Elle est perpétrée au grand jour. » Désormais, constate Libération à Paris, « tout chef d’État situé dans la sphère d’influence américaine, qui ne pliera pas devant les États-Unis, doit se sentir menacé, peu importe les règles du droit international, a fortiori si son sol et ses côtes renferment des richesses ». À qui le tour ? Alors s’interroge Le Temps à Genève, « où l’imprévisible Donald Trump s’arrêtera-t-il ? Et s’il ne s’arrête pas, y aura-t-il quelqu’un pour le freiner, aux élections de mi-mandat en novembre ou avant ? En ces premières heures de l’année 2026, l’opération qu’il vient de mener pose des questions vertigineuses ». À qui le tour ?, s’interroge en écho Le Figaro : « le coup de force de Trump est un message à Cuba, à la Colombie. Ainsi qu’à l’Iran, où le guide doit désormais prendre très au sérieux sa menace de voler au secours des manifestants anti-mollahs… » En effet, insiste Le Soir à Bruxelles, « après le Venezuela et son pétrole, gare aux autres régions qui présentent un intérêt pour l’occupant de la Maison Blanche. » Et puis gare à l’effet boule de neige, pointe encore le quotidien belge… « Qu’est ce qui pourrait désormais empêcher Xi Jinping d’attaquer et annexer Taïwan ? Et Netanyahu de faire de même avec ce qui reste des territoires palestiniens ? Et comment désormais freiner les appétits d’un Poutine qui avait ouvert la voie en croquant des pans entiers du territoire ukrainien ? » Quel avenir pour le Venezuela ? « Les dirigeants vénézuéliens coopéreront-ils réellement avec les États-Unis ? », s’interroge le Washington Post. « L’avenir du pays s’annonce semé d’embûches », relève le Times à Londres. Mais, estime le quotidien conservateur, « personne ne dira adieu à Maduro avec tristesse. C’était un tyran illégitime, un dirigeant corrompu ». Alors, « oui, les actions de Trump sont controversées au regard du droit international », reconnait Die Welt à Berlin. Mais, s’interroge le quotidien allemand, « qu’est-ce qui est pire : un dictateur déchu qui laisse un vide dont l’avenir est incertain ? Ou bien la poursuite d’un règne de terreur (…) ? »
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