エピソード

  • À la Une: deux Z dans les journaux, Zelensky et Zidane
    2026/07/29
    On commence par le premier… Quelle est loin l’humiliation subie par le président ukrainien dans le bureau ovale en février de l’année dernière… Mardi 28 juillet, à Washington, relève Le Monde à Paris, « Volodymyr Zelensky a soigné sa nouvelle relation avec Donald Trump et a décroché une victoire au Sénat américain », avec le vote pour l’extension des sanctions contre la Russie. En effet, pointe le journal, « le ton a radicalement changé. Donald Trump lui-même s’en étonne. "On a vraiment une bonne relation. Difficile à croire, non ?", commentait-il, début juillet, depuis le sommet de l’Otan, à Ankara, où les deux hommes ont été vus riant ensemble ». Et Le Monde de s’interroger : « Est-ce le penchant naturel de l’Américain à mépriser les "losers" (les perdants) et à admirer les "winners" (les gagnants) qui l’a obligé à regarder Kiev différemment ? Est-ce l’admiration pour les prouesses technologiques de l’armée ukrainienne, devenue une référence dans la fabrication de drones tueurs ? Ou est-ce l’agacement de constater que Vladimir Poutine n’a aucune volonté réelle de négocier la paix qu’espère tant le président des États-Unis ? ». En tout cas, poursuit le journal, « ces derniers mois, alors que l’Ukraine reprenait l’ascendant psychologique, résistant sur le champ de bataille, torpillant les infrastructures pétrolières russes et encerclant la Crimée, Donald Trump a cessé de voir en Volodymyr Zelensky un "dictateur" ayant réussi à embobiner son prédécesseur, Joe Biden, pour obtenir du matériel militaire. Le milliardaire loue désormais "le boulot incroyable" que le président ukrainien accomplit et promet de l’aider ». En position de force Le Washington Post renchérit : « Cette fois-ci, Zelensky est arrivé à Washington en position de force. Le Sénat s’est mobilisé pour faire adopter de nouvelles sanctions contre la Russie. Laura Loomer, blogueuse pro-Trump influente qui, la semaine dernière, avait renié des années de critiques lors d’un long séjour à Kiev, a publiquement apporté son soutien à l’Ukraine. (…) "Je me sens vraiment mal d’avoir minimisé les souffrances des Ukrainiens ces cinq dernières années", a-t-elle affirmé avant de poursuivre : "nous avons été tellement manipulés par la propagande russe sans même nous en rendre compte" ». Enfin, croit savoir le Washington Post, « les envoyés spéciaux de Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, pourraient bientôt effectuer leur premier voyage à Kiev ». La consécration pour Zinédine Zidane Un certain Zinedine Zidane également à la Une… « Une passion française », s’extasie L’Equipe en première page avec cette photo du nouveau sélectionneur de l’équipe de France de football, tout sourire. Lui qui habituellement a l’air « renfrogné », estime pour sa part le Wall Street Journal. Non, hier, pour Zidane, c’était la consécration : « Zinédine Zidane à la tête des Bleus, une évidence enfin concrétisée », relève Le Temps à Genève : « Ils étaient faits l’un pour l’autre mais ont mis vingt ans à se retrouver. Hier, l’ancien numéro 10 de l’équipe de France a officiellement été nommé au poste de sélectionneur, après avoir patienté longtemps, dans l’ombre de Didier Deschamps ». En effet, pointe Libération, « après quatorze ans d’attente, l’ancien meneur de jeu succède à Didier Deschamps avec l’ambition de prolonger les succès des Bleus, dans un contexte où la FFF mise autant sur son aura que sur ses qualités d’entraîneur ». « Car il l’a avoué, souligne Le Parisien : pendant cinq ans, depuis son départ du Real Madrid en 2021, l’ancienne gloire des Bleus n’attendait que ce moment. Les propositions n’ont pas manqué, il les a toutes balayées. Son envie était dirigée vers une seule destination : l’équipe de France, qui l’a vu passer des minimes aux A avant qu’il ne devienne l’idole de tout un peuple un soir de 12 juillet 1998 contre le Brésil ». Hier midi, après sa conférence de presse, relate Le Figaro, « sous le soleil parisien, Zizou sort boulevard de Grenelle et s’offre un bain de foule face aux supporteurs des Irrésistibles et aux nombreux badauds présents pour l’occasion. Même les CRS profitent de l’instant et prennent des photos. Du jamais vu dans l’histoire de la FFF. Après un déjeuner avec le président pour régler des dossiers, la star du jour quitte les lieux. Des étoiles plein les yeux. La magie a opéré. Prochain rendez-vous à la rentrée. L’ère Zinédine Zidane est lancée ».
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  • À la Une: l’Ukraine est-elle en train de prendre le dessus face à la Russie?
    2026/07/30
    Pour Le Figaro à Paris, la réponse est… oui. « Pour la première fois depuis l’été 2024, affirme le journal, la dynamique est en faveur de Kiev, qui a repris quelque 400 kilomètres carrés au printemps et étrangle la Crimée, pendant que Moscou s’épuise dans le Donbass pour des gains minimes. » Le Figaro qui s’appuie sur des données fournies par le CSIS, le Centre d’études stratégiques et internationales et l’ISW, l’Institut pour l’étude des guerres. Commentaire du Figaro : « En Ukraine, le vent de la guerre a tourné. (…) La situation a radicalement changé sur le terrain depuis le mois de janvier. L’Ukraine a porté la guerre sur le territoire russe, frappant les raffineries et les entrepôts, à Moscou, à Saint-Pétersbourg et jusque dans l’Oural. Sur le front, poursuit le journal, les forces du Kremlin grignotent bien quelques kilomètres et mènent des infiltrations dans le Donbass, mais au prix de pertes colossales (le ratio est d’un pour huit en faveur des Ukrainiens). Poutine perd plus de soldats en Ukraine qu’il ne parvient à en recruter. Et, pour la première fois depuis le début de la guerre, l’offensive de printemps du "tsar" se solde par un gain net de territoire pour l’Ukraine. » Toutefois, tempère Le Figaro, « la guerre n’est pas gagnée pour autant pour Kiev. Loin de là, même si certains commencent à entrevoir la possibilité d’une victoire. Mais le vent a bel et bien tourné. Et il souffle en pleine face contre Poutine, qui poursuit sa fuite en avant, envers et contre tout (…). Alors que l’Ukraine est devenue le rempart d’une Europe qui se réarme, il est de plus en plus évident que son aveuglement mènera le maître du Kremlin dans le mur. » Prudence… Le Soir à Bruxelles est beaucoup moins optimiste… Le Soir qui cite Viktor Kevliouk, expert au Centre pour les stratégies de défense, un laboratoire d’idées basé à Kiev : « C’est toujours la Russie qui détermine où, quand et dans quel format les affrontements vont se dérouler, affirme-t-il, et l’Ukraine ne fait que réagir. Les dernières opérations ukrainiennes d’ampleur sur le front s’apparentaient à des contre-attaques pour endiguer des progressions, et non à des offensives à proprement parler. Le niveau des pertes russes (tués, blessés et prisonniers cumulés) ne doit pas être considéré comme le signe d’un tournant dans la guerre, ajoute Viktor Kevliouk. Ces pertes ne dépassent que légèrement le recrutement mensuel. » Autre analyste cité par Le Soir : le chercheur ukrainien Mykola Bielieskov. D’après lui, si « l’Ukraine multiplie les frappes sur le territoire russe pour affaiblir l’économie, en visant d’abord le secteur pétrolier et commercial, ces opérations ne produisent pas encore d’effet sur le front. » La propagandiste russe Xenia Fedorova indésirable en France À la Une également, l’arrêté d’expulsion contre la propagandiste russe Xenia Fedorova… Décision des autorités françaises. « Comment et pourquoi un tel dénouement, après des mois d’atermoiements ? », s’interroge Le Monde. « La pression exercée par les médias y est pour beaucoup, à en croire une note publiée par le Quai d’Orsay. Depuis plus d’un an, le virage prorusse des médias Bolloré soulevait des questions. Tout comme la propagande de plus en plus militante de Xenia Fedorova, qui déroulait les contre-vérités du Kremlin sur CNews, Europe 1 et dans une chronique du JDNews. » « Fin de partie donc pour Xenia Fedorova ? Il serait plus que temps, s’exclame Libération. En mai, devant les actionnaires du groupe Canal+, le président du directoire, Maxime Saada, estimait que la présence sur CNews de l’ancienne patronne de la chaîne de propagande russe RT était un enjeu de "liberté d’expression", qu’elle était "journaliste oui, agent non". Les services français ont pourtant estimé le contraire, pointe le journal. Noir sur blanc, il est écrit que la Russe s’inscrit "comme un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes". » « La journaliste peut-elle vraiment être expulsée vers la Russie ? », s’interroge Le Figaro. Le Figaro qui pointe le fait qu’ « en théorie, l’État peut sans attendre mettre en application la mesure, mais qu’aucun avion ne vole vers Moscou… » Réponse de Libération : « Rien n’empêche la Russie de rapatrier sa ressortissante désormais privée de la possibilité de travailler et assignée à résidence. Rien n’empêche non plus Xenia Fedorova de partir d’elle-même. Vincent Bolloré pourrait peut-être lui payer le voyage. »
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  • À la Une: un afflux de migrants sans précédent à Ceuta, petite enclave espagnole au nord du Maroc
    2026/07/31
    La presse marocaine évoque ce matin cet afflux de migrants considérable à Ceuta, mais elle n'est pas la seule. Cet afflux est aussi à la Une de la presse internationale, tant les photos et les vidéos de ces milliers d’arrivées sont spectaculaires. Le Wall Street Journal décrit ainsi ces images : « Une foule importante, composée principalement de jeunes hommes, nageant autour des digues et escaladant les clôtures pour rejoindre Ceuta, la plupart ne portant guère plus que le short et les tongs qu’ils avaient sur eux ». Certains d’entre eux crient et sautent de joie, ils lèvent les bras en l’air en signe de victoire. Leur objectif désormais : gagner le continent européen. Toutefois, certains ont péri en route : au moins 18 migrants se sont noyés selon les autorités espagnoles. En Espagne, El País parle « d’effondrement à la frontière de Ceuta » et précise que « la Garde civile et les services d’urgence, débordés, ne s’occupent que des blessés ». El Païs ajoute que « l’affluence est telle qu’il est impossible d’organiser l’accueil : les pieds et les genoux ensanglantés à force de heurter les rochers, les garçons, pour la plupart de jeunes hommes, poursuivent leur chemin pieds nus. Ils sont arrivés ». « Immigration incontrôlée » Les réactions politiques s’enchaînent. Le Wall Street Journal parle de « scènes chaotiques qui constituent un casse-tête politique pour le premier ministre espagnol socialiste Pedro Sanchez, qui s’est montré relativement indulgent envers l’immigration clandestine ». Ce qui n’est visiblement pas du goût de Giorgia Meloni, la Première ministre d’extrême droite en Italie. C’est ce que nous explique La Repubblica. « Le gouvernement italien envisage la fermeture de l’espace Schengen avec l’Espagne », assure le journal. Dans un message sur Facebook, Giorgia Meloni a notamment déclaré : « Nous ne cèderons pas d’un pouce sur l’immigration : défendre nos frontières et assurer les rapatriements, telle est la ligne de ce gouvernement ». La Première ministre italienne parle aussi « d’images choquantes » et ajoute que « l’immigration incontrôlée représente une menace pour la sécurité européenne ». À Paris, Libération précise que l’Espagne et le Maroc « vont mettre en œuvre "des mesures pour le transfert, dès que possible, de toutes les personnes entrées illégalement à Ceuta" ». Le quotidien français remarque toutefois que « cette procédure d’expulsions à chaud, (appelée push back en anglais) contrevient au droit humanitaire, qui précise que tout étranger arrivé dans un pays de l’Union européenne, doit pouvoir déposer un dossier d’asile. Dans le cas des mineurs, ajoute Libération, le pays d’accueil a, envers eux, une obligation de protection et d’éducation ». Mineurs étrangers sans avocat Autre parcours de migrants, celui des mineurs sans papiers isolés aux États-Unis… C’est un article du Washington Post qui s’inquiète du sort de ces mineurs. « Des milliers d’enfants, explique le quotidien américain, sont sur le point de perdre leur représentation légale (…) un contrat fédéral garantissant l’assistance juridique aux mineurs sans papiers vulnérables, arrive en effet à échéance, ce vendredi ». Quelles en sont les conséquences ? Selon le Washington Post, « des dizaines de milliers d’enfants arrivés aux États-Unis ces dernières années (sans leurs parents) en tant que mineurs non accompagnés, pourraient être contraints de comparaître seuls, sans avocat, devant un juge ». Le quotidien américain précise que « la plupart de ces enfants en situation irrégulière sur le territoire américain, pourraient potentiellement prétendre à l’asile ou à un visa spécial ». « Or, beaucoup d’entre eux ne maîtrisent pas l’anglais, et selon les avocats, ils risquent davantage d’être expulsés s’ils ne sont pas représentés ». Le Washington Post a interrogé Michael Lukens, directeur d’une ONG d’aide aux migrants, selon lequel « la meilleure chance pour un enfant de bénéficier d’un procès équitable, et du respect des procédures légales est d’être assisté d’un avocat. Il est évident, ajoute-t-il, que le gouvernement tente de supprimer cet élément essentiel ».
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  • À la Une: nombreuses questions après l'afflux de migrants à Ceuta
    2026/08/01
    Au moins 57 morts, c’est le lourd bilan de ces derniers jours, lorsque plusieurs dizaines de milliers de migrants, entre 50 et 60 000, marocains pour la plupart, ont pénétré à Ceuta, la petite enclave espagnole au nord du Maroc et du continent africain, principalement par la mer. Ce matin, El Païs explique que « le gouvernement espagnol n’a pas vu venir la crise à Ceuta ». « Si nous avions eu des informations, déclare un haut responsable, 50 000 personnes ne seraient pas entrées en 24 heures ». Le gouvernement espagnol était semble-t-il concentré sur les immenses incendies qui faisaient rage notamment dans la région de Madrid. Ce n’est toutefois pas l’argument utilisé par Pedro Sanchez, cité par le journal Le Soir, à Bruxelles. Le Soir explique que le Premier ministre espagnol « accuse les "mafias" d’une interprétation malhonnête d’une récente décision de justice, interprétation propagée sur les réseaux sociaux ». « Selon cet arrêt de la Cour suprême espagnole, il ne serait "pas possible de reconduire à la frontière les personnes qui seraient arrivées en Espagne par la mer" ». Le quotidien suisse Le Temps précise d'ailleurs que « les migrants se sont précipités vers Ceuta, en raison de rumeurs qui se sont répandues par le bouche à oreille et sur les réseaux sociaux », selon lesquelles : « "Les frontières avec l’Espagne seraient ouvertes" ». Que s'est-il passé à la frontière de Ceuta ? Différents médias présentent une autre analyse, selon laquelle le Maroc serait derrière cet afflux de migrants à Ceuta. Ainsi Mediapart, le journal en ligne français, assure que « plusieurs observateurs et observatrices accusent le pays, en pleine célébration du 27ème anniversaire de l’intronisation de Mohamed VI, d’avoir sciemment réduit les effectifs au niveau de la frontière avec Ceuta, en réponse à la visite du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez en Algérie, le 20 juillet. » L’Algérie, ennemi juré du Maroc, en raison notamment de la question du Sahara occidental. Plus prudent, Le Monde estime « qu’on ignore, pour l’instant, ce qui a poussé le Maroc, qui contrôle habituellement ses frontières étroitement, à laisser passer des dizaines de milliers de migrants ». Mais en Espagne, précise le quotidien français, « certains voient la main de Donald Trump dans cette affaire qui tombe à point nommé pour tous les dirigeants en inimitié avec Pedro Sanchez, l’un des derniers chefs de gouvernement de gauche en Europe, du fait de ses prises de positions (…) ou ses déclarations en faveur de la Palestine. » Une jeunesse désespérée Qu’en dit la presse marocaine ? La presse officielle, notamment le Matin, passe sous silence les évènements de Ceuta. Le Matin fait ses gros titres sur la Fête du Trône. Les médias en ligne, en revanche, sont plus bavards. C’est le cas notamment d’Hespress, qui s’intéresse aux réactions politiques au Maroc. Ainsi Fatima-Zahra Mansouri, du Parti Authenticité et Modernité, parti membre de l’actuelle coalition gouvernementale, estime que les événements de Ceuta nécessitent « un débat approfondi, qui ne concerne pas uniquement le parti, mais l’ensemble de la société ». Plus ferme, Jamal El Assri, secrétaire général du Parti socialiste unifié, estime que « le gouvernement vit déconnecté de la vie des citoyens », estimant que cette situation illustre « l’ampleur du fossé existant et la responsabilité dont l’exécutif cherche à se défausser alors même que la coalition gouvernementale prétend représenter un État social » . On se souvient d’ailleurs que le Maroc a été ébranlé en 2025 par la révolte de la Gen Z, la génération Z, celle des 15/20 ans, qui réclamait un avenir meilleur et la liberté d’expression. Aujourd’hui, les images de ces jeunes Marocains, prêts à risquer leur vie pour quitter leur pays et gagner le continent européen, ne sont guère favorables au Royaume.
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  • À la Une: la crise de Ceuta, instrumentalisation et divisions
    2026/08/03
    « Des scènes de chaos, au moins 72 morts et des dizaines de disparus. Ce qui s’est passé ces derniers jours à Ceuta, enclave espagnole bordant le Maroc, est révoltant à plus d’un titre, s’exclame Le Temps à Genève. L’afflux de dizaines de milliers de migrants, en quelques heures, a provoqué interrogations et inquiétudes. Il a surtout déclenché une surenchère politique, nourrie de récupérations, de fake news véhiculées par les réseaux sociaux et de mauvaise foi. Une fois encore, les migrants se retrouvent instrumentalisés et réduits au rang d’arme politique et de moyen de pression diplomatique. » Une surenchère alimentée par « la droite dure européenne, pointe le quotidien suisse, qui a aussitôt agité le spectre d’une "invasion". L’Italie de Meloni s’est empressée de réclamer l’exclusion de l’Espagne de l’espace Schengen, imitée par d’autres responsables politiques. La France a aussi donné dans le registre de la peur, en renforçant ses contrôles aux frontières. » Désespoir… Indignité… « Les partis de droite et d’extrême droite européens n’attendaient que ça, fulmine Libération à Paris : on les a vus arriver avec leurs gros sabots, s’emparant des images d’afflux de migrants à Ceuta jeudi et vendredi, et les instrumentalisant avant que quiconque n’ait eu le temps d’analyser ce qui se passait. En France, le patron du RN, Jordan Bardella, a évoqué "une submersion sans précédent" quand la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, réclamait des "mesures extraordinaires" pour défendre les frontières de l’Europe. Si la situation n’était aussi tragique, cela prêterait à sourire, soupire Libération, d’autant que ces migrants sont tous repartis ou presque quand ils ont compris qu’ils avaient été manipulés. Mais personne n’a envie de sourire devant le désespoir de ces jeunes Marocains, devant la centaine de corps rejetés par la mer, et devant l’indignité de ces dirigeants européens qui ont réagi de manière populiste et électoraliste et non humaine et solidaire. Leur premier réflexe, dénonce encore Libération, aurait dû être de voler au secours de l’Espagne ou de s’apitoyer sur la mort de ces exilés volontaires, ados pour beaucoup, qui cherchaient à gagner ce qu’ils croyaient être le paradis. » « La crise de Ceuta a ainsi été le révélateur d’un réflexe d’instrumentalisation et de division, résume Le Monde, là où la gravité et la réalité de la question de l’immigration exigeraient au contraire solidarité et unité. » « Quelque chose a été cassé » En tout cas, cette « crise de Ceuta révèle une fracture européenne », relève Le Soir à Bruxelles. Et « devrait laisser des séquelles importantes, notamment vis-à-vis de la confiance que se portent les États membres de l’Union européenne. Quelque chose a été cassé, à en croire la lettre envoyée par le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez à la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. Il y exprime sa "profonde inquiétude" au vu des réactions de ses homologues. Dans ce courrier diffusé samedi, le socialiste dénonce le "très faible soutien" de la part des États membres ainsi que les attaques qu’a essuyées l’Espagne et les appels pour son exclusion temporaire de l’espace de libre circulation Schengen. » Réunion sous tension… C’est dans ce contexte tendu que les ministres de l’Intérieur des membres de l’Union européenne doivent se réunir demain mardi. Et « les divergences s’accentuent », pointe Le Figaro. « Vingt-deux États membres de l’Union européenne ont uni leurs voix dans une coalition hétéroclite, emmenée par Giorgia Meloni et par la sociale-démocrate danoise Mette Frederiksen, coalition qui exige "une réponse européenne immédiate et coordonnée". (…) Parmi les propositions les plus radicales figure (donc) la suspension temporaire de l’Espagne de l’espace Schengen. » Et « Rome entend profiter de cette réunion d’urgence pour remettre (notamment) une proposition sur la table : celle d’un réseau européen de "hubs de retour", des centres de rétention installés dans des pays tiers. Une approche que la France avait déjà torpillée lors du dernier sommet européen. »
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  • À la Une: Israël maintient la pression sur Gaza
    2026/08/04
    « L’armée israélienne a multiplié ces derniers jours les raids aériens meurtriers visant des Palestiniens dans la bande de Gaza », constate Le Figaro à Paris, et ce « en dépit d’un accord-cadre conclu sur le désarmement du Hamas patronné par Donald Trump. […] En l’espace de trois jours, quinze Palestiniens, dont plusieurs enfants, ont été tués lors "d’éliminations ciblées" visant des responsables islamistes, selon un bilan du ministère de la Santé du Hamas ». Israël maintient donc la pression sur Gaza. En fait, explique Le Figaro, « sur le front intérieur, Benyamin Netanyahu peut difficilement faire preuve de la moindre "souplesse" à moins de trois mois des élections législatives. Il n’a cessé, en effet, de faire miroiter aux Israéliens une "victoire totale" sur le Hamas, ainsi qu’une complète démilitarisation de la bande de Gaza. Or, ces promesses sont encore très loin d’être tenues, pointe le journal, ce qui se reflète notamment dans les sondages avec la majorité sortante actuelle, qui a tendance à perdre pied face une opposition centriste divisée, mais qui a le vent en poupe. Benyamin Netanyahu se retrouve ainsi tiré à hue et dia par Donald Trump et ses plus proches alliés politiques. Il va lui falloir faire appel à tous ses talents de tacticien, qui lui ont permis jusqu’à présent de se maintenir au pouvoir, avec quelques interruptions, pendant 18 ans ». Un « statu quo inacceptable » Le Monde résume ainsi la situation : « Tout progrès à Gaza reste tributaire des autorités israéliennes, et la campagne électorale pour les élections législatives du 27 octobre est plutôt propice à une détestable surenchère. Il a fallu attendre trois jours pour obtenir une réaction officielle de l’État hébreu à l’annonce du président des États-Unis sur un accord de désarmement du Hamas et, sans surprise, cette réponse est négative. Certes, l’accord annoncé par Donald Trump manque de précision, notamment sur les modalités de la collecte des armes. Il est dépourvu de calendrier et ne détaille pas comment ses deux objectifs principaux, le désarmement et le retrait de l’armée israélienne, doivent s’orchestrer. Mais, déplore Le Monde, la coalition que dirige Benyamin Netanyahu n’offre aucune alternative à un statu quo inacceptable ». De l’eau dans le gaz entre Donald et Bibi « De fait, ce n’est plus un secret pour personne, ni aux États-Unis ni en Israël, relève Le Temps à Genève. La lune de miel entre les deux dirigeants s’est considérablement assombrie. Un sondage commandité par The Economist montre que près de la moitié des Américains estiment que Benyamin Netanyahu aurait dû être arrêté pour crimes de guerre lors de son (récent) passage aux États-Unis. Le camp MAGA, sur lequel s’appuie Donald Trump, est divisé comme jamais à propos des relations avec Israël. Les plus proches conseillers du président – et le président lui-même en fonction des personnes à qui il s’adresse – considèrent que Washington s’est laissé entraîner dans une guerre qui ne concernait pas les intérêts de l’Amérique ». L’Ukraine vise la Crimée À la Une également, la guerre en Ukraine, ou plutôt la guerre qui se déplace en territoire russe et sur la province annexée de Crimée. « Zelensky prend Poutine par la Crimée », titre Libération qui constate que « la péninsule est de plus en plus visée par des frappes ukrainiennes. Privée d’eau potable, sans électricité et avec des prix de l’essence inabordables, la population est à bout. Une stratégie de long terme de Kiev pour forcer les Russes à quitter la région et faire plier le Kremlin. […] Frappes sur la Crimée, frappes de plus en plus loin à l’intérieur de la Russie, l’objectif des Ukrainiens est limpide : démoraliser la population russe et ébranler Vladimir Poutine, pour qu’il accepte enfin d’envisager un accord de paix. On n’y est pas, tempère Libération. Mais le doute est désormais semé : le président russe n’est pas infaillible, y compris là où sa victoire semblait installée. » Et pendant ce temps, côté russe, « le Kremlin fait pression sur les hommes en âge de combattre pour aller au front », constate le Wall Street Journal. « Dans les petites villes russes, certains recruteurs militaires n’hésitent pas à arrêter des hommes dans la rue, devant leur lieu de travail ou sous prétexte de contrôles d’identité de routine. Une fois dans un bureau de recrutement, ces hommes peuvent être menacés ou battus jusqu’à ce qu’ils s'engagent pour la guerre ». La Russie subit des pertes de plus en plus importantes sur le terrain, relève encore le Wall Street Journal : « entre 30 000 et 40 000 morts et blessés chaque mois ».
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  • À la Une: Trump de plus en plus déconsidéré
    2026/08/05
    C’était en avril de l’année dernière, rappelle le Washington Post : « lorsque Donald Trump a fait son entrée dans la roseraie de la Maison Blanche en brandissant des panneaux annonçant des hausses de tarifs douaniers, le monde entier a sursauté comme si l’alarme incendie s’était déclenchée. Les marchés ont perdu des milliers de milliards de dollars, des émissaires se sont précipités à Washington, tous les pays concernés se sont empressés d’aller négocier. (…) Seize mois plus tard, constate le Post, le même Donald Trump continue de proférer des menaces ahurissantes : instrumentaliser le commerce, annexer le Canada, s’emparer du Groenland, quitter l’Otan, anéantir l’Iran – mais cette fois l’alarme est restée muette. Les dirigeants mondiaux hésitent à réagir, car ils voient le président américain entravé par les tribunaux, désavoué par le Congrès, manipulé par Téhéran – ses ultimatums s’évaporent et sa popularité s’effondre ». Dépassé par les Iraniens… L’exemple le plus frappant de cette déconsidération réside dans les relations avec l’Iran… C’est ce qu’analyse le New York Times : « Les propos virulents tenus lundi par le président Trump, selon lesquels l’Iran fait preuve d’une "duplicité incroyable", ces propos ne sont que le dernier signe en date de sa difficulté à comprendre les dirigeants iraniens. Donald Trump se considère comme un maître dans l’art du deal, d’évaluer et d’exploiter ses adversaires. Mais les dirigeants iraniens le déconcertent et même le surpassent… "Ils ne font que me mettre en colère", a-t-il déclaré aux journalistes la semaine dernière ». Auparavant, rappelle le quotidien américain, « Donald Trump les avait qualifiés successivement de "fous", de "raisonnables", de "salauds cinglés", de "très intelligents" et de "complètement dingues" ». Et le New York Times de prévenir : « Le président américain pourrait bien connaître de nouvelles frustrations. Selon son administration, un nouvel accord pour la réouverture du détroit d’Ormuz serait imminent, mais l’Iran persiste à exiger des droits de passage… » L’affaire est loin d’être close. Témoin cette petite phrase, citée par le journal, de Dennis Ross, un vétéran de la diplomatie au Moyen-Orient qui a servi des présidents des deux partis : « Nous, Américains, semblons toujours pressés d’en finir. Eux, iraniens, partent du principe que le temps sert davantage leurs intérêts que les nôtres ». Et pour l’instant, avantage à l’Iran… « Trump menace déjà de reprendre les hostilités… mais avec quelles armes ? », s’interroge dans les colonnes de la Repubblica à Rome, Joshua Landis, analyste principal au Centre d’études du Moyen-Orient de l’Université de l’Oklahoma : « Nous n’avons pas assez de missiles ; nos stocks de munitions sont épuisés, affirme-t-il. Washington n’est plus en mesure de gagner cette guerre, et de toute façon, il n’y a même pas de plan pour y parvenir. (…) Trump doit se libérer du fardeau économique de la guerre : ses alliés du Golfe, les Européens, et même la majorité des Américains le lui demandent ». Ceuta : l’Europe change de ton À la Une également : la crise de Ceuta. « Après les piques, l’apaisement européen », constate Le Soir à Bruxelles. « Réunis en urgence après l’entrée inédite de dizaines de milliers de personnes dans l’enclave espagnole, les ministres européens ont voulu tirer les leçons de cet épisode qui a provoqué d’importantes tensions diplomatiques : d’un côté le gouvernement espagnol, l’un des seuls socialistes de l’Union, et de l’autre, les exécutifs favorables à une politique migratoire très ferme, l’Italie et le Danemark en tête ». Finalement hier, pointe Le Soir, « la solidarité, réclamée par Madrid qui dénonçait la réaction "égoïste" de certains exécutifs, a été exprimée par tous les États membres, sans exception ». En effet, renchérit Libération à Paris : « Après la récupération, l’Europe change de ton. (…) À la suite de l’afflux inédit de migrants dans l’enclave espagnole et des réactions outrancières d’une majorité des pays de l’Union européenne, les ministres de l’Intérieur des Vingt-Sept ont insisté, hier, sur le besoin de solidarité ». Enfin, pour El Pais à Madrid, tout le monde a perdu dans ce drame de Ceuta : « Le Maroc a perdu, ayant démontré à tout le moins qu’une multitude de ses citoyens souhaitent fuir et qu’il n’est pas le partenaire fiable qu’il prétend être ; l’Espagne a perdu, ayant subi un coup dur sans avoir anticipé la situation, après avoir fait de nombreuses concessions ; les Européens ont perdu, eux qui ont tenté de tirer profit de la situation par opportunisme. Et pire encore : des dizaines de personnes ont perdu… la vie ».
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  • À la Une: l’Ukraine sans défense face aux missiles balistiques russes
    2026/08/06
    Dans cette même revue de presse avant-hier, nous évoquions les frappes de drones ukrainiens en territoire russe ainsi qu’en Crimée occupée. Un pilonnage constant pour semer le doute dans l’esprit des Russes. La réplique de Moscou ne s’est pas fait attendre et s’est même intensifiée, et les Ukrainiens n’ont rien pu faire. C’est ce que constate notamment Le Monde à Paris : « dans la nuit de mardi à mercredi, la défense anti-aérienne ukrainienne n’est parvenue à abattre aucun des 28 missiles russes tirés sur Kiev et sa région. Pour cette attaque concentrée sur la capitale, l’armée russe a sélectionné les missiles les plus difficiles et les plus coûteux à intercepter de son arsenal. En l’occurrence 24 missiles balistiques (principalement des Iskander-M) et quatre missiles hypersoniques de croisière Tsirkon. L’armée russe a également tiré 115 drones d’attaques à long rayon d’action ». Principales cibles : des entrepôts, des gares, des centres de tri, des centres de distribution. Bilan : 17 morts et au moins 44 blessés. « De telles frappes contre les infrastructures et les entreprises civiles ukrainiennes ne sont pas nouvelles depuis le début de l’invasion du pays, en février 2022, relève Le Monde, mais leur intensité coïncide avec les récentes attaques ukrainiennes contre les raffineries de pétrole en Russie et les entrepôts de Wildberries, le géant russe du commerce en ligne ». Des stocks mondiaux au plus bas… Face à ces attaques, l’Ukraine est donc démunie. « L’Ukraine n’a pas et n’aura pas assez de missiles antibalistiques », pointe Libération. « Le seul moyen de stopper les engins russes, explique le journal, est d’envoyer un missile de défense aérienne, comme on arrêterait une balle de revolver en la frappant avec une autre », en l’occurrence, des missiles américains Patriot ou des SAMP/T franco-italiens. Seulement voilà, « les stocks mondiaux de missiles antibalistiques sont au plus bas, constate Libération. En premier lieu ceux des Patriot, siphonnés par la guerre lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février. Selon les analystes américains, le Pentagone aurait tiré plus de 1200 missiles antibalistiques Patriot depuis le début de l’année, et en aurait moins d’un millier en stock. Or, seuls 20 seraient livrés par le constructeur chaque mois, un chiffre ridicule au regard de la cadence russe, sachant qu’il faut en général tirer deux intercepteurs pour chaque interception, et que le coût de chacun d’eux est estimé à 3 millions et demi d’euros ». Les atermoiements de Trump… Qui plus est, comme à son habitude, Donald Trump dit tout et son contraire. Lors du sommet de l’Otan, en juillet, à Ankara, rapporte le Wall Street Journal, le président américain « avait évoqué la possibilité d’autoriser l’Ukraine à construire ses propres missile Patriot sous licence. Mais Donald Trump a ensuite laissé entendre qu’il pourrait finalement ne pas accorder de licence à l’Ukraine ». Pourtant, s’insurge le Wall Street Journal, « la survie de l'Ukraine est dans l’intérêt de l’Amérique. Il y va de la stabilité et de la liberté sur le continent européen. Certes, Donald Trump est focalisé ailleurs (sur l’Iran), mais la guerre menée par la Russie se poursuit et il devra assumer la responsabilité des événements survenus durant son mandat ». Pas avant un an, au mieux… En tout cas, même en cas de feu vert de Donald Trump, souligne La Croix à Paris, « il faudrait plusieurs mois avant que l’Ukraine soit en mesure de mettre en place une ligne de production de missiles Patriot. Kiev assure pouvoir le faire en dix à douze mois. L’Ukraine se dit prête à étudier toutes les options : soit produire elle-même les composants, soit se limiter à l’assemblage final des missiles. Mais, relève encore La Croix, même si elle obtient cette licence, cela ne devrait pas lui permettre de se protéger durant l’hiver prochain, qui risque donc d’être très difficile pour les Ukrainiens. Pour tenter de se défendre contre les missiles russes, l’Ukraine a proposé à ses partenaires de leur emprunter les Patriots qu’ils ont en réserve. L’Ukraine envisage de les rendre lorsqu’elle disposera de sa propre production. À ce jour, aucune information n’a filtré sur ces discussions, toujours en cours ».
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