エピソード

  • À la Une: Donald Trump change de cap
    2026/01/27
    Les faits sont intangibles : le New York Times a analysé plus d’une douzaine de vidéos de l’altercation qui a conduit à la mort d’Alex Pretti samedi à Minneapolis. « Notre objectif, affirme le journal, n’est pas d’établir la culpabilité ou l’innocence. Nous ne sommes pas un tribunal. Nous cherchons plutôt à établir la vérité : ce qui s’est passé, comment cela s’est produit et qui pourrait être responsable. Nous suivons les images où qu’elles nous mènent, sans chercher à tirer de conclusions préconçues. Ce faisant, notre travail peut contribuer à établir les responsabilités. » Et la conclusion de l’analyse des images est « incontestable, pointe le New York Times : un homme exerçant ses droits constitutionnels a été maîtrisé et abattu par des agents fédéraux. » Et il ne s’agissait en aucun cas d’un terroriste, comme annoncé dans un premier temps par l’administration Trump. Face à l’évidence des faits, Donald Trump a donc infléchi son discours. On assiste en effet, relève le Washington Post, à « un changement de ton dans la politique répressive initiée par [Donald] Trump lui-même. Le signe le plus évident de ce changement est la décision prise hier par le président d’envoyer au Minnesota Tom Homan, responsable de la sécurité des frontières » qui prendra la suite de Greg Bovino, autre responsable au sein de l’ICE, la police de l’immigration. De plus, souligne Le Monde à Paris, « signe d’une possible baisse de tension, le maire démocrate de Minneapolis a annoncé que certains des agents fédéraux déployés dans la ville par le président américain s’en iraient à partir de ce mardi ». Revirement « stupéfiant » Changement de cap donc pour Donald Trump : « Cette décision constitue un revirement stupéfiant, relève le Wall Street Journal, dans une action qui est au cœur de son identité politique, surtout pour un président qui a souvent récompensé ses conseillers pour leur obstination face à une opposition véhémente. » En fait, croit savoir le journal, Donald « Trump craignait que les opérations des agents de l’ICE au Minnesota ne tournent au chaos. Et ses inquiétudes n’ont fait que croître lorsque certains de ses alliés ont reconnu que leurs déclarations n’étaient pas corroborées par les images vidéo. » Même le New York Post, quotidien pro-Trump affiche son soulagement : « Avec la nomination de Tom Homan et le rapprochement entre le président Donald Trump et le gouverneur démocrate du Minnesota Tim Walz, la tension est en train de retomber, pointe le tabloïd. La mort d’Alex Pretti a manifestement provoqué une prise de conscience générale, et c’est bien normal. Nous sommes heureux de voir la secrétaire à la Sécurité intérieure Kristi Noem écartée du dossier. Sa gestion de la situation ces dernières semaines, alors qu'elle devenait incontrôlable au Minnesota, n’a servi ni le président ni le pays. » Le trumpisme, une nouvelle forme de fascisme ? Les critiques fusent encore dans la presse européenne. « Alors que le trumpisme cherche à imposer un nouveau régime autoritaire aux États-Unis, la mort brutale d’Alex Pretti sonne comme un moment de vérité, affirme le Guardian à Londres. Les promesses de fermer la frontière sud des États-Unis et d’expulser les migrants sans papiers ont sans aucun doute contribué à la réélection de Donald Trump. Mais la détermination du président américain à mener une guérilla urbaine avec une force qui s’apparente à une police secrète – et son mépris de la loi – suscite une vive indignation, y compris parmi certains de ses propres partisans. (…) En cette période sombre pour la démocratie américaine, conclut le Guardian, une Amérique différente et digne doit désormais trouver les moyens de se réaffirmer. » Libération à Paris va plus loin : « Arrêtons d’être dans le déni des mots. (…) Tirer dix fois sur un homme au sol parce qu’il a tenté d’aider une manifestante bousculée, parce qu’il a, lui aussi, protesté contre les rafles racistes d’une police politique, c’est une exécution politique. Et c’est surtout l’expression la plus claire de ce qu’on n’ose trop souvent pas dire en dehors de certains milieux militants parce que, avouons-le, cela effraie : le trumpisme est une nouvelle forme de fascisme. (…) Il faut se rendre à l’évidence, s’exclame encore Libération : le pouvoir en place à Washington n’est pas simplement en route vers l’illibéralisme, il est de nature fasciste. Le mot doit désormais être utilisé. »
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  • À la Une: indignation générale après le meurtre d’Alex Pretti à Minneapolis
    2026/01/26
    C’est un « tournant dans le second mandat de Donald Trump », s’exclame le Washington Post. La mort samedi à Minneapolis d’Alex Pretti, un infirmier de 37 ans, abattu par la police de l’immigration, provoque consternation et colère dans les médias américains. Pour le Washington Post, les faits sont clairs : « le département de la Sécurité intérieure a rapidement affirmé que Pretti était un "terroriste intérieur" qui voulait "massacrer" des agents. Pourtant, relate le journal, sur les vidéos, on voit Pretti tenir son téléphone, et non une arme, dans sa main droite, sa main gauche étant vide. Bien qu’une enquête indépendante soit nécessaire pour établir les faits, il semble que l’élément déclencheur ait été un agent fédéral poussant une femme sur le trottoir. Pretti s’est interposé et a été aspergé de gaz poivre. Lors de l’altercation qui a suivi, un agent fédéral lui a tiré dessus à dix reprises. » Une « perversion de la justice » ? Le New York Times hausse le ton. « Le gouvernement fédéral doit aux Américains une enquête approfondie et un compte rendu fidèle des circonstances de la mort d’Alex Pretti. Lorsqu’un gouvernement tue, il a l’obligation de démontrer qu’il a agi dans l’intérêt public. Or, poursuit le journal, l’administration Trump se livre une fois de plus à une perversion de la justice. Quelques heures seulement après la mort d’Alex Pretti, Kristi Noem, la secrétaire à la Sécurité intérieure, a déclaré, sans apporter de preuves, qu’il avait "commis un acte de terrorisme intérieur". Gregory Bovino, un agent de la police des frontières, a donné sa propre analyse : "Il semblerait qu’un individu ait voulu faire le plus de dégâts possible et massacrer les forces de l’ordre". Ces jugements infondés et incendiaires préjugent des conclusions de l’enquête promise par le Département de la Sécurité intérieure, s’indigne le New York Times. Ils semblent par ailleurs totalement incompatibles avec plusieurs vidéos enregistrées sur les lieux. » Pour le Wall Street Journal, « Il est temps pour l’ICE (la police de l’immigration) de faire une pause à Minneapolis. » Même ligne pour le New York Post, tabloïd largement favorable à Donald Trump, qui s’adresse directement à lui : « Monsieur le président, il est temps de désamorcer les tensions à Minneapolis. Non pas parce que vous avez tort d’appliquer la loi sur l’immigration, ni de poursuivre les fraudeurs qui ont volé des milliards de dollars de fonds fédéraux, mais parce que ces tactiques de répression ne changent pas la donne ; au contraire, elles se retournent contre leurs auteurs. » Un « fascisme américain » ? Dans la presse européenne, c’est l’indignation : « Aux États-Unis, c’est la démocratie qu’on assassine, fulmine Le Soir à Bruxelles. Ce qui se passe sous nos yeux signe la mort en direct d’une démocratie et la montée en puissance d’une dictature à la tête de la première puissance mondiale. » Libération à Paris dénonce ce qu’il appelle « l’impunité d’État : (…) les protestations fusent de toute part, entre le puissant lobby des armes qui ne peut accepter qu’un Américain soit suspect s’il porte une arme à feu et l’ancien président démocrate Barack Obama, qui s’est fendu d’un communiqué estimant que "nos valeurs fondamentales sont menacées". Face à l’impunité apparente de ceux qui ont tué Alex Pretti, on peut se demander s’il n’est pas trop tard pour sauvegarder les valeurs fondamentales de l’Amérique. » « Ce qui se passe à Minneapolis est totalement contraire aux valeurs américaines », renchérit Die Welt à Berlin. « Et ce qui est arrivé à Good et Pretti à Minneapolis est intolérable ; le système de justice pénale doit y remédier. Pour que l’Amérique reste l’Amérique. » Enfin, « fascisme américain ? », s’interroge Le Devoir à Montréal. « Les meurtres d’innocents, devant caméras, par une milice aux budgets quasi illimités, ne sont que la face la plus hideuse d’un virage autoritaire, qui menace sérieusement la démocratie libérale américaine. »
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  • À la Une: la colère des pays qui ont soutenu les Etats-Unis en Afghanistan
    2026/01/24

    La presse britannique, et particulièrement The Guardian, reprend les derniers propos de Donald Trump sur la participation de l’Alliance atlantique à la guerre en Afghanistan. « L’Otan dira qu’elle a envoyé des troupes en Afghanistan, et c’est vrai… elles sont restées un peu en retrait, un peu à l’écart du front », a déclaré le président américain, sur Fox News. « Des propos insultants et franchement consternants », a estimé Keith Starmer, le premier ministre britannique, qui « se joint aux anciens combattants pour condamner les allégations selon lesquelles les troupes auraient évité les lignes de front. » Le premier ministre britannique suggère aussi « que le président américain présente des excuses ».

    Autre allié des États-Unis en Afghanistan, le Canada, fait aussi connaître son mécontentement. Le journal Le Devoir rappelle « que 158 membres des forces armées canadiennes ont été tués en Afghanistan » et cite le ministre canadien des Finances François-Philippe Champagne, selon lequel « on n’a besoin de personnes pour se rappeler du sacrifice des hommes et des femmes en uniforme ». Des réactions qui pourraient inspirer d’autres pays de l’Otan engagés eux aussi en Afghanistan et pas seulement pour la beauté du geste… C’est notamment le cas de la France.

    Bonnet bleu

    Aux États-Unis, « des milliers de manifestants ont défilé hier à Minneapolis et des centaines de commerces ont fermé leurs portes pour protester contre l’ICE », annonce le Washington Post, qui rappelle que c’est à Minneapolis que Nicole Good, une mère de trois enfants, a été tuée le 7 janvier dernier, au volant de sa voiture, par la police de l’immigration.

    C’est là aussi qu’un enfant de cinq ans (dont la photo, petit garçon coiffé d’un bonnet bleu avec des oreilles de lapin, a fait le tour du monde) a été interpellé avec son père. « Les habitants du Minnesota opposés aux opérations de l’ICE », précise The Washington Post, estiment « que les agents fédéraux ont largement outrepassé leur mission d’expulsion des criminels sans papiers, depuis le début de leurs opérations il y a deux mois, en détenant des citoyens américains, en extrayant des personnes de leurs voitures, en arrêtant semble-t-il des gens en fonction de leur race, et en utilisant des produits chimiques contre les personnes qui manifestent ou surveillent leur travail ».

    En France, Libération parle « d’une révolte des sifflets ». « Lorsqu’un sifflet retentit, explique le journal, des dizaines d’autres répondent en écho. Et tous les riverains engagés débarquent aussitôt. » « Il ne s’agit pas tant d’exprimer son mécontentement que d’empêcher, par tous les moyens, l’action de la police migratoire », poursuit le quotidien français qui décrit aussi d’autres manifestations de solidarité, comme « ces parents qui accompagnent à l’école les enfants de ceux qui n’osent plus sortir », ou « ces réseaux d’entraide qui livrent de la nourriture aux familles immigrées ».

    « Scandale »

    Les proches des victimes de l’incendie de Crans-Montana, qui a fait 40 morts la nuit du Nouvel An, en Suisse, sont en colère. « Jacques Moretti, le propriétaire du bar le Constellation, mis en cause dans cet incendie a été libéré hier », explique le Parisien, précisant « qu’un anonyme a versé une caution de 200 000 francs suisses, soit environ 215 000 euros ». « Le Français, mis en cause pour des négligences ayant conduit à la tragédie (…) était en détention depuis le 9 janvier », précise le Parisien, qui cite les propos de l’avocat Jean-Luc Addor, lequel défend une famille dans cette affaire. « Cette libération est un scandale et une honte à l’égard des victimes et de leurs familles ».

    Colère aussi en Italie, dont était originaire Chiara Costanzo, jeune fille de 16 ans, décédée dans l'incendie et dont la photo fait la Une de la Republica. Son père, interrogé après la libération de Jacques Moretti a confié au journal italien : « La seule chose qui me maintient en vie, c’est de savoir qu’un jour justice sera faite… ». « Cette décision est inacceptable ».

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  • À la Une: Donald Trump met en place son «Conseil de la paix»
    2026/01/23

    C’est à Davos, en Suisse, où se déroule le Forum économique mondial que le président américain a lancé son « Conseil de la Paix ». Une initiative que la presse européenne regarde d’un œil ironique : « Président omnipotent, figurants, logo doré » énumère le Temps. Le quotidien suisse précise que « selon la charte signée hier à Davos, Trump siègera aussi longtemps qu’il le voudra au Conseil de la paix, et décidera d’inviter les pays, ou d’autres acteurs, selon son bon vouloir ». Certains des pays qui ont d’ores et déjà donné leur accord, ne seront que des « figurants », estime le Temps, qui s’amuse aussi du logo du Conseil de la paix, lequel n’est pas sans rappeler celui de l’ONU.

    Le quotidien suisse dresse également un état des lieux : « Au sein de l’Union Européenne, seules la Hongrie et la Bulgarie ont dit oui ». D’autres ont clairement dit non : « Le Danemark, la France, la Norvège, le Royaume-Uni, la Slovénie et la Suède, qui étaient invités, ont d’ores et déjà décliné ». En France, Médiapart estime « qu’avec son Conseil de la paix, Donald Trump se voit en maître de la paix et de la guerre (...) Il a inauguré hier cette instance visant à concurrencer l’ONU, qui dépasse largement sa mission d’origine, de superviser la fin de la guerre génocidaire contre la Bande de Gaza », ajoute le journal en ligne.

    Prudence et soulagement

    Donald Trump semble renoncer à ses ambitions sur le Groenland. Mais aux États-Unis, on observe la prudence des Européens. « Alors que Trump abandonne ses menaces concernant le Groenland, les Européens se disent toujours sur leurs gardes », titre le Washington Post. « La méfiance de l’Europe envers l’Amérique persiste », remarque de son côté le Wall Street Journal qui précise : « Malgré le revirement de Trump concernant le recours à la force militaire et les droits de douane pour s’emparer du Groenland, les alliés de l’Amérique craignent une aggravation des dommages à long terme ».

    Il faut dire que les Européens ont de quoi être inquiets, car, comme le rappelle le quotidien américain, « depuis son arrivée au pouvoir il y a un an, l’administration Trump n’a cessé de critiquer ses alliés européens… Ses représentants dépeignant les dirigeants européens comme déconnectés de leurs électeurs, tout en soutenant les partis nationalistes et d’extrême droite, en Allemagne, en France et dans d’autres pays ». À Bruxelles, explique de son côté le journal allemand die Welt, « un sentiment de soulagement régnait au sommet de l’Union européenne, alors que Donald Trump venait d’exclure toute attaque contre le Groenland (…).« Néanmoins » ajoute le quotidien allemand, « la crainte dominante était que le président américain, homme aux volte-face et aux manœuvres douteuses, ne change à nouveau d’avis ».

    Le Canada à l'offensive

    Le Premier ministre canadien Mark Carney s'est fait remarquer à Davos, lui « dont le discours, estime le Monde, « fait écho à l’exaspération d’une partie de ses compatriotes face aux États-Unis. Ses appels à la création d’une alliance des puissances moyennes doivent encore se concrétiser ». « Sans citer nommément Donald Trump », rappelle le quotidien français, Mark Carney « a fustigé les grandes puissances qui utilisent les droits de douane "comme levier" et les chaînes d’approvisionnement comme "vulnérabilités à exploiter" ».

    À Montréal, le Devoir salut les propos du Premier ministre canadien : « La solution, soutient désormais avec raison Marc Carney, passe inévitablement par l’alliance de puissances moyennes se serrant les coudes, pour tenir tête à ces géants menaçants ». Donald Trump n’a pas manqué de répondre au « discours nuancé et posé de Mark Carney », précise encore le journal. « Le Canada, a estimé le président américain, devrait se souvenir qu’il existe… grâce aux États-Unis ».

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  • À la Une: Trump ou le coup d’éclat permanent
    2026/01/22
    Et voilà encore et toujours Donald Trump qui, quasiment chaque jour, nous noie dans ses discours interminables et ses affirmations péremptoires et parfois même contradictoires… « Trump nous met dans une essoreuse à information », constate Libération à Paris. « Nous, journalistes, sommes menacés d’être, comme les lapins pris dans les phares d’une voiture fonçant à vive allure. (…) Depuis que Donald Trump est aux affaires, nous sommes submergés d’annonces tonitruantes, d’initiatives éclatantes, de propos hors normes, de décisions révolutionnaires, de menaces en tous genres de la part du président bouffon de la première puissance de la planète. Les relayer toutes à la hauteur de leur caractère transgressif revient à emboîter le rythme incessant, l’accélération stratégique de l’actualité voulue par Donald Trump pour nous ensevelir, nous asphyxier sous son flot d’initiatives, sans que l’on sache si elles constituent de simples annonces ou si elles sont annonciatrices d’évolutions marquantes de la politique américaine aux répercussions forcément mondiales. Ne pas les évoquer, pointe Libération, serait prendre le risque de passer sous silence un tournant majeur dans la politique internationale. (…) Même si plus grand monde ne prend les propos de Donald Trump au sérieux, même si chacun a compris que sa tonitruance est souvent le bruit d’un vide politique, la puissance militaire, économique et technologique de l’Amérique fait de chacun de ses mots un potentiel danger ». Le fossé se creuse avec l’Europe Et le danger actuellement concerne les dirigeants Européens, eux-aussi pris dans les phares de Trump… Le New York Times le constate : « la profondeur du fossé entre le président Trump et l’Europe a été pleinement mise en évidence hier à Davos, en Suisse, où il a exprimé son mépris pour les politiques d’immigration de l’Europe, ses réglementations et son refus catégorique de lui céder le Groenland ». D’ailleurs, à ce propos, rien ne garantit qu’un accord interviendra entre les États-Unis et l’Otan. Rien n’est réglé, pointe encore le New York Times : « une seule chose est claire : les propos de Donald Trump tout au long de la journée ont mis en évidence le peu de points communs qui unissent désormais les États-Unis et l’Europe, longtemps alliés les plus proches. (…) Les dirigeants européens se réunissent à Bruxelles ce jeudi pour décider de la marche à suivre ». Point de bascule ? Le Temps à Genève s’agace : « à quel moment les Européens cesseront-ils d’avoir peur de celui qui se fait appeler shérif par ses secrétaires d’État ? (…) En politique comme ailleurs, il existe un point de bascule dans les rapports de force. Une fois que le dominant est fragilisé, son image peut changer subitement, tout comme les comportements à son égard. Le mouvement s’inverse alors, parfois de manière rapide. À Davos, la colère de certains Européens monte discrètement, mais réellement, pointe le quotidien suisse. La conquête du "morceau de glace", selon la formule de Donald Trump pour qualifier le Groenland, pourrait être ce point de bascule. Dans le cas contraire, prévient Le Temps, les vrais gagnants de ce conflit historique sont tout désignés : la Chine et la Russie ». Pour le Guardian à Londres, « l’Europe est face à un choix : riposter ou disparaître. (…) Lorsque les dirigeants de l’Union se réuniront ce soir pour leur Conseil européen extraordinaire, ils devront rejeter sans équivoque les exigences de Trump et définir un cadre d’action clair pour des contre-mesures économiques énergiques ». Notamment, préconise le Guardian, leur instrument anti-coercition, le fameux bazooka commercial pour contrer l’explosion des droits de douane américains. « Concrètement, précise Le Devoir à Montréal, il permettrait d’augmenter fortement les droits de douane à l’encontre des États-Unis sur de nombreux produits et services (vêtements, tabac, alcool, mais aussi services des GAFAM), d’interdire l’accès aux marchés publics aux entreprises américaines, ou encore de bloquer les investissements américains en Europe ». Et pendant ce temps, souligne Le Monde à Paris, la Russie se frotte les mains… « Pour le président russe, Vladimir Poutine, qui rêve de voir l’Otan s’effondrer, les aléas de la relation transatlantique sont une aubaine ». Et la presse officielle russe, rapporte encore le journal, se gausse du Danemark, qui, « après s’être attendu pendant des décennies à être attaqué par la Russie, voit finalement le coup venir de l’Otan ».
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  • À la Une: l’Europe sous les coups de boutoir de Trump
    2026/01/21
    « Trump attise les tensions avec l’Europe en rejetant toute ouverture diplomatique » : un constat à la Une du New York Times. En effet, hier, pointe le quotidien américain, « le président Trump a fait encore monter d’un cran la tension avec les plus anciens alliés des États-Unis, en répondant aux ouvertures diplomatiques par des publications en ligne moqueuses, des menaces de sanctions économiques et d’expansion territoriale, quelques heures seulement avant sa rencontre prévue avec ses homologues européens à Davos dans les Alpes suisses. (…) Une incroyable provocation à l’égard des chefs d’État européens. » D’autant qu’hier, relève le Washington Post, Donald Trump en a encore rajouté… « Lors d’une apparition surprise dans la salle de presse de la Maison Blanche, il s’est lancé dans un monologue décousu et sans filtre, annonciateur d’une deuxième année de présidence marquée par bien peu de contraintes – et un président de plus en plus déterminé à gouverner selon ses propres conditions. S’exprimant pendant plus d’une heure sans interruption, Donald Trump a enchaîné griefs, menaces et vantardises (…). Son ton est resté globalement monocorde, pointe encore le quotidien américain, tandis qu’il passait d’un sujet à l’autre, sans qu’il ne fasse guère d’efforts pour préciser sa pensée ou expliquer les implications de ses propos ». Et puis « à quelques heures de son départ pour le Forum économique mondial de Davos, il a ridiculisé plusieurs pays et dirigeants mondiaux et a plaisanté en disant qu’après avoir intensifié ses menaces d’annexion du Groenland, il ne serait peut-être pas très bien accueilli au rassemblement de l’élite mondiale ». Les Européens prêts à la contre-attaque ? En effet, la journée risque d’être explosive à Davos. Avec une intervention de Donald Trump à la tribune qui sera sans doute dans le même esprit… Alors, « à Davos, l’Europe cherche la parade », pointe Le Temps à Genève. « Attendu ce mercredi (donc) dans la station grisonne, le président américain ne relâche pas la pression (…). Pour élaborer une réponse commune aux attaques américaines, les Vingt-Sept doivent se réunir demain pour un sommet extraordinaire. Parmi les solutions envisageables figure le dispositif anti-coercition, dont Emmanuel Macron a à nouveau appelé au déploiement à Davos. Cet instrument permet de prendre des mesures contre un pays si celui-ci impose des restrictions économiques. (…) L’UE marche toutefois sur une ligne de crête, constate le quotidien suisse, l’Allemagne, qui sort de trois années de récession, semblant hésiter à activer un dispositif susceptible d’entraîner une escalade de la guerre commerciale menée par Donald Trump ». Accepter le combat ! Pas d’hésitation, il faut croiser le fer, s’exclame Le Figaro à Paris : « ce à quoi nous assistons n’est que la première étape d’une offensive américaine contre la souveraineté des pays européens. Leur vassalisation passe par la destruction de l’UE - avec l’appui des forces souverainistes – et la soumission de l’Otan dans une solidarité à sens unique. (…) Il faut donc accepter le combat, lance Le Figaro. Les Européens peuvent, avec d’autres, former un front du refus et répondre aux coups qui leur sont infligés. À condition de comprendre à qui on a affaire : poser sur la table le " bazooka" de l’instrument anti-coercition ne suffira pas à impressionner le président américain. La dissuasion repose sur la crédibilité, qui est nulle tant que nous avons peur de nos propres forces. Un premier signal serait d’éviter les courbettes devant Trump à Davos ». Refonder l’Otan ! Pour le Times à Londres, « il est temps d’envisager l’impensable. Les dirigeants européens doivent refonder l’Otan, sans les États-Unis. Quel que soit le dénouement de la saga du Groenland, les alliés des États-Unis doivent accepter que l’ordre de sécurité établi après 1945 est révolu. La garantie de sécurité américaine étant désormais sérieusement remise en question, les Européens vont devoir accroître leurs dépenses militaires. » Alors, conclut Le Devoir à Montréal, « la présidence et l’influence de Trump seront un jour chose du passé. (Mais) les dommages qu’il a causés dans la confiance et dans l’efficacité des institutions de coopération internationales ne s’effaceront pas de sitôt. Le multilatéralisme est mis à mal sous les assauts des régimes autoritaires et antidémocratiques. Libérés des contraintes déjà fragiles qu’imposait le droit international, ils se sentent autorisés à jouer des muscles pour redessiner le monde à leur avantage. Ces bouleversements, pointe encore Le Devoir, nous rappellent la précarité des alliances que l’on croyait jusqu’ici inébranlables, comme l’Otan. Coincée entre un allié instable ...
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  • À la Une: l’Europe tente de faire bloc contre Trump
    2026/01/19
    « Qui aurait cru qu’une alliance vieille de 77 ans pourrait se briser sur un bout de terre gelée aux confins du monde ? », s’exclame Libération à Paris. « Après les ultimes provocations de Donald Trump ce week-end, les Européens ne peuvent plus rester sans rien faire, dans l’espoir d’éviter des mesures de rétorsion supplémentaires, ou de sauvegarder à tout prix l’Otan. (…) L’Union européenne est le premier partenaire commercial des Etats-Unis : seule cette donnée peut instaurer un rapport de force, pointe le journal. (…) À l’Europe d’être constante et ferme dans le soutien aux Danois et aux Groenlandais. L’alliance intérieure européenne se retrouve en balance face à l’alliance transatlantique. » « Face à Donald Trump, le temps de la riposte », renchérit Le Figaro. « Le moment est venu de répondre ou de disparaître. De choisir entre la souveraineté et la vassalisation. L’Europe a des armes, économiques notamment, comme ce bien nommé “instrument anti-coercition“ qu’elle n’a jamais osé utiliser, et dont Emmanuel Macron demande l’activation. Droits de douane contre droits de douane, sanctions contre sanctions : il faut prendre acte que l’Alliance transatlantique est en ruine, pointe encore Le Figaro, et signifier à l’Amérique de Trump qu’elle sera dorénavant traitée pour ce qu’elle est – une puissance hostile. » S’imposer ! Le Soir à Bruxelles insiste : « l’humiliation n’est aujourd’hui plus une option pour l’Europe – pour autant qu’elle ne l’ait jamais été. (…) Le moment est donc venu pour les dirigeants européens de s’imposer à la table, avec un menu commun – c’est leur plus grand défi – où le respect de la souveraineté et du droit international ne sont pas en option. Ils semblent, ce week-end, avoir pris la mesure de la gravité du moment, mais il s’agira de ne pas rater la réunion – enfin – convoquée d’un Conseil européen. » « Soyons sérieux ! L’intimidation n’est pas une force », s’exclame le Guardian à Londres. « Les menaces de droits de douane concernant le Groenland et l’Europe révèlent les limites de la diplomatie coercitive. La réaction unie et la riposte de l’Europe montrent que la peur s’estompe. » Sursaut ou naufrage ? Toutefois, les Européens vont-ils vraiment arriver à une position ferme et commune face à Trump ? Le Washington Post s’interroge : « peut-être cette humiliation sera-t-elle l’étincelle qui déclenchera un élan bien plus important vers l’intégration européenne et l’autonomie stratégique – ce que ne recherche absolument pas l’administration Trump. Ou peut-être mènera-t-elle à une fragmentation, un affaiblissement et un déclin accrus, si les Européens tiennent les technocrates de Bruxelles responsables de ce fiasco. Quoi qu’il en soit, conclut le Washington Post, les tentatives de Trump d’annexer le Groenland risquent de constituer le plus grand choc géopolitique qu’ait connu l'Europe depuis la chute du mur de Berlin en 1989. C’était un moment de liesse. Cette fois-ci, seuls Vladimir Poutine et Xi Jinping se réjouiront. » Moscou et Pékin boivent du petit lait… En effet, complète le Wall Street Journal, « depuis plus de 75 ans, le rêve le plus cher de la stratégie russe est de séparer l’Europe occidentale des États-Unis et de briser l’OTAN. Ce rêve pourrait devenir réalité : le président Trump poursuivant sa campagne pour s’emparer du Groenland, sans se soucier de l’avis des populations locales ni de celui du Danemark. (…) Avec ses menaces de droits de douane et son soutien à la Russie contre l’Ukraine, il s’aliène l’Europe occidentale d’une manière qui sera difficile à réparer, relève encore le Wall Street Journal. Certes, l’Europe pourrait ne pas être en mesure de résister si Donald Trump voulait vraiment entrer en guerre pour cette île. Mais adieu l’OTAN. Et, ironie tragique du sort, la Chine et la Russie pourraient bien être les grands gagnants, même si Donald Trump justifie ses prétentions sur le Groenland par la nécessité de contrer Pékin et Moscou. » Boycotter le Mondial ? Enfin, « si les américains envahissent le Groenland, nous n’irons pas à la Coupe du monde de football (aux Etats-Unis) » : c’est l’appel, sur le mode humoristique, lancé par El Pais à Madrid. « Imaginez en effet un boycott des 16 équipes européennes, le groupe le plus important. En football, nous sommes encore une puissance, une influence majeure, s’exclame le quotidien espagnol. Et si les choses continuent ainsi, nous pourrions même ne pas aller aux Jeux olympiques de Los Angeles en 2028. »
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  • À la Une: quel avenir pour les manifestants iraniens si Trump n'intervient pas ?
    2026/01/17

    C’est le Wall Street Journal qui expose la situation : « Donald Trump a affirmé à plusieurs reprises que les États-Unis soutiendraient ce que certains qualifient de nouvelle révolution iranienne », explique le quotidien américain qui ajoute : « Désormais les commentaires font état d’une inquiétude pour les manifestants qui avaient été galvanisés par l’appel à la mobilisation de Donald Trump ». Averti des risques d’une intervention américaine en Iran par ses alliés au Proche-Orient, notamment Israël, le président états-unien semble en effet avoir revu sa position.

    Alors que seules des informations éparses parviennent d’Iran, le journal Le Devoir, au Canada, parle d’un « massacre dans l’obscurité », estimant que « l’Iran a tenté de masquer sa répression horrible, mais que le courage des manifestants a été vu et entendu dans le monde. » Le Devoir salue « ces femmes qui avancent avec courage, cheveux au vent, cigarette au bec. Et qui osent enflammer du bout de leur mégot l’image sacrée de l’ayatollah Khamenei (…) Ces femmes, ajoute le quotidien canadien, sont apparues ces derniers jours, marchant aux côtés de manifestants criant leur désaccord avec l’autorité de la République islamique théocratique ».

    La justice monte au créneau

    La photo est en Une du Washington Post. Deux policiers cagoulés maintiennent à terre un manifestant portant une chasuble jaune fluo. Les affrontements se multiplient à Minneapolis où Donald Trump a déployé des agents fédéraux pour mener des opérations contre les immigrés. Or, une juge fédérale vient d’interdire à ces agents « d’arrêter des manifestants pacifiques ». « Cette décision, explique le Washington Post, « fait suite à une plainte déposée par des habitants qui accusent des agents fédéraux de violer leurs droits constitutionnels, alors qu’ils observent ou protestent contre des raids visant les immigrés ».

    « Cette décision, précise encore le Washington Post, fait suite à la mort de Renée Good, une mère de trois enfants, âgée de 37 ans, abattue la semaine dernière au volant de sa voiture par un agent de la police de l’immigration, alors qu’elle assistait à une opération de la police fédérale dans une rue résidentielle de Minneapolis ». Le Wall Street Journal revient lui aussi sur le meurtre de la jeune femme, et rappelle qu’il a « contribué à intensifier le conflit qui dure depuis des semaines entre l’administration Trump et les dirigeants démocrates du Minnesota ».

    Un budget introuvable ?

    En France, le Premier ministre prononcé hier, vendredi, une allocution au sujet du budget sur lequel les députés ne parviennent pas à se mettre d’accord. « Lecornu abat ses dernières cartes pour sauver son budget », titre le Figaro. « Ce sera son dernier mot », ajoute le quotidien. « Après avoir constaté qu’il serait impossible de faire adopter son projet de loi des finances, le Premier ministre a proposé "un compromis" de la dernière chance, aux forces politiques qui font passer l’intérêt général avant leurs intérêts partisans ».

    Le journal Libération estime, lui, que le discours de Sébastien Lecornu, est « doux pour les uns, flou pour les autres ». « S’il a aligné les annonces sur le pouvoir d’achat, le logement ou les retraités, dans l’espoir de satisfaire le Parti socialiste et Les Républicains, Sébastien Lecornu a fait de grosses impasses sur les mesures de justice fiscale. » Plus critique encore, le journal en ligne Médiapart, parle d’un budget « remanié mais toujours indolore pour les ultrariches ».

    Le Monde, lui, estime que le Premier ministre « a fait de nouvelles concessions au Parti socialiste, pour faire accepter un potentiel passage en force. » « Comment ce budget sera-t-il adopté ? » interroge le journal, qui distingue deux hypothèses : « Le Premier ministre hésite entre deux voies périlleuses : l’article 49.3 qu’il avait promis de ne pas utiliser ou l’ordonnance (…) D’ici au 20 janvier, Sébastien Lecornu dévoilera son choix, qui dépendra des discussions menées durant le week-end avec les groupes, de LR au PS », conclut Le Monde.

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