エピソード

  • À la Une: l’Ukraine trahie
    2026/10/15
    « Certains responsables ukrainiens (et en premier lieu le président Zelensky) soupçonnent le pire, s’exclame le Wall Street Journal : que le président Trump ait ordonné à Elon Musk, propriétaire de la société qui exploite le réseau Starlink, de restreindre l’accès de l’Ukraine aux systèmes satellitaires. Ces soupçons, qui n’ont pas été confirmés, soulignent à quel point les relations entre les États-Unis et l’Ukraine se sont détériorées ces dernières semaines, alors que Trump cherchait à mettre fin à la guerre. Ces derniers jours, rappelle le quotidien américain, Trump a proposé d’acheter du carburant russe dans le cadre d’un accord lucratif sur le diesel, il a exigé la démission du président ukrainien et il a décrété un cessez-le-feu énergétique entre la Russie et l’Ukraine, cessez-le-feu que Moscou a presque immédiatement violé. Résultat, pointe le Wall Street Journal : une Ukraine furieuse, les alliés de l’Amérique ébranlés et une fracture grandissante au sein du Parti républicain concernant la politique étrangère de Trump à l’approche des élections de mi-mandat. » La « perfidie » américaine Désormais, soupire la Repubblica à Rome « l’Ukraine craint de se retrouver sans défense, sans bouclier ni épée. C’est comme si les ailes de ses drones, qui lui assuraient jusqu’ici une résistance face à une armée bien plus puissante, étaient brisées. Le charme technologique a été rompu avec l’interruption des services militaires du réseau Starlink : à savoir le système Starshield qui dépend exclusivement du Pentagone. Dans un incroyable renversement d’alliances, tempête le quotidien italien, la Maison Blanche soutient désormais le Kremlin et lui offre l’opportunité de percer les défenses de Kiev. » « Trump est-il en train de saboter la défense de Kiev ? » Question posée par le Süddeutsche Zeitung qui répond sans ambages : oui… Et « si cette situation perdure, pointe le quotidien allemand, la capacité de l’Ukraine à se défendre contre l’agresseur russe s’en trouvera gravement compromise. » Le Guardian à Londres dénonce ce qu’il appelle « la perfidie américaine » : « Trump est furieux des attaques ukrainiennes contre les raffineries de pétrole russes. Mais le véritable facteur qui influe sur les prix mondiaux de l’énergie n’est pas la défense de l’Ukraine face à l’agression russe, s’exclame le quotidien britannique, mais bien l’échec de la guerre menée par Trump contre l’Iran. Or, le président américain est incapable d’admettre la moindre erreur. En rejetant la faute sur Zelensky, il peut nier sa propre responsabilité et, avec l’encouragement malveillant de Poutine, raviver l’idée absurde selon laquelle l’intransigeance ukrainienne, et non l’agression russe, serait la raison pour laquelle sa promesse de négocier un accord de paix reste lettre morte. » Les Européens vont-ils resserrer les rangs ? « Qui peut encore croire Donald Trump ? », s’interroge Le Monde à Paris. « Certainement pas les Ukrainiens. (…) Qui peut encore croire Donald Trump ? Sans doute pas les Russes, qui pensent pouvoir le manipuler. (…) Qui peut encore croire Donald Trump ? Surtout pas les Européens, tant de fois trompés. (…) Et puisqu’ils sont désormais lucides sur Donald Trump, ils peuvent, s’ils le veulent vraiment, reprendre l’initiative, affirme Le Monde. Utiliser leur propre logiciel stratégique. Déployer tous les efforts possibles pour fournir les armes qui peuvent aider Kiev à augmenter la pression sur Moscou – les missiles à longue portée allemands Taurus, par exemple. Débloquer enfin les avoirs russes gelés pour financer l’Ukraine. Élaborer un plan sérieux de désescalade. Et ne plus croire qu’on peut croire Donald Trump. » En effet, précise Libération, « réunis à Bruxelles à partir d’aujourd’hui, les Vingt-Sept vont devoir acter ce qui ressemble à un lâchage en règle de l’Ukraine par Washington. Et aborder, demain vendredi, en présence de Volodymyr Zelensky, la façon dont il faut resserrer les rangs autour de lui, et compenser le désengagement américain. » Et même passer à la vitesse supérieure, tonne Libération : « à l’heure où Trump et Poutine se rapprochent, et alors que la possibilité même pour les Ukrainiens de se mettre à l’abri est menacée par la limitation de Starlink, il est urgent que les Vingt-Sept se mettent d’accord sur la question de l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne. »
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  • À la Une : la jeunesse française en plein désarroi
    2026/10/13
    « Estève, 15 ans, porte un pansement sur la pommette gauche, relate La Croix, stigmate d’une course-poursuite à pied avec des représentants des forces de l’ordre. “Je me suis fait attraper et on m’a plaqué contre un mur“, raconte ce lycéen de Montreuil, en Seine-Saint-Denis, le département le plus pauvre de l’Hexagone. Lucrèce, elle, a 17 ans, n’a pas de bleu sur son visage radieux. Elle est en première au lycée Alain du Vésinet, dans les Yvelines, une des communes les riches du pays. “C’est un milieu privilégié, mais on ne peut pas ne pas se sentir solidaire de ceux qui ne sont pas privilégiés“, dit-elle d’emblée. Ces deux adolescents vivent dans deux banlieues d’Île-de-France que tout oppose, relève La Croix, distantes l’une de l’autre de cinquante minutes de métro et de RER. Ils ne se croiseront probablement jamais. Sauf peut-être dans une manifestation à Paris… Tous deux sont engagés dans la mobilisation lycéenne qui va connaître un acte V ce mardi 13 octobre, alors que des établissements scolaires ont été à nouveau bloqués hier. » Déficit et dette… Un cinquième appel à manifester donc… « Une journée décisive et en même temps hautement symbolique », pointe Libération. Symbolique parce que ce nouvel acte de protestation coïncide « avec l’arrivée à l’Assemblée nationale du budget 2027, avec deux mots-clés pour résumer le contexte dans lequel cet examen démarre : déficit et dette. Qu’il faut impérativement réduire pour ne pas sacrifier… l’avenir des jeunes, s’exclame Libération. Cet avenir que les doléances des lycéens veulent précisément préserver, mais maintenant, pas celui de leurs petits-enfants, plus tard. Dans la rue comme dans l’hémicycle, il sera en réalité question de la même chose. Bien sûr de l’impact de choix budgétaires sur la marche du pays, en l’occurrence du système éducatif. Mais peut-être aussi d’une forme d’impuissance de la politique qui plus que jamais mine le pays. » L’autorité perdue ? « Lycées, violences, le tableau noir d’un pays qui ne sait plus où il va », soupire pour sa part Le Figaro. « Cette semaine encore et jusqu’aux vacances de la Toussaint, les élèves et les étudiants vont vivre au rythme des blocus, des manifs, des incendies volontaires, d’une rage stérile. Cela fait longtemps que l’école n’est plus un sanctuaire, mais le réceptacle des pulsions les plus dangereuses. » Le Figaro, nostalgique d’une certaine époque : « ce qui nous manque, affirme le journal, c’est cette chose antique que le “peuple adolescent“ a rangée au musée : l’autorité. Et, avec elle, l’admiration qui permet au plus humble de se hisser au-dessus de lui-même. Il n’y a qu’à relire ce qu’écrit (Marcel) Pagnol sur son père, (instituteur) quand il était au tableau pour mesurer à quel point nous avons détruit, par légèreté et par arrogance, l’irremplaçable alchimie du maître qui enseigne et de l’élève qui apprend. » Que le système fonctionne ! Autre point de vue pour Le Monde : « pour parler concrètement, les lycéens refusent de griller dans des salles de classe surchauffées lorsque la canicule s’installe ; ils ne veulent pas subir l’absence de professeurs non remplacés dès que l’heure de la rentrée a sonné ; ils refusent d’avoir la boule au ventre lorsqu’ils préparent le marathon de Parcoursup et ils ne veulent pas se voir claquer la porte au nez lorsque, à la fin du master 1, on leur annonce que leur niveau est trop faible pour intégrer l’année cruciale, celle qui leur permettra d’obtenir le diplôme qui les rendra réellement attractifs sur le marché du travail. Bref, s’exclame Le Monde, ils souhaitent que le système fonctionne, mais cette revendication est devenue quasiment révolutionnaire tant elle a du mal à être exaucée. » Que faire ? Les politiques n’avancent aucune recette miracle, de même que les différents candidats à la présidentielle… « Leur chance, pointe Le Monde, est que le nombre d’élèves va drastiquement baisser – de 1 million – au cours des prochaines années en raison du reflux démographique, ce qui offrira l’occasion d’engager une révolution éducative à bas bruit. Encore faut-il que tous soient parfaitement clairs dans l’énoncé de leurs objectifs et insistent sur ce qui apparaît comme le maillon faible du système : l’articulation entre la fin du secondaire et le début des études supérieures. »
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  • À la Une: la Russie manipule des migrants pour contrer l'Europe
    2026/10/02
    « La Russie utilise des migrants comme armes contre l’Europe » : c’est le titre d’un article que publie le New York Times. Selon le quotidien américain, « cette stratégie s’inscrit dans la démarche plus vaste de la Russie visant à semer la discorde en Occident, même si elle est plus subtile que d’autres opérations récentes imputées au Kremlin ». Quelle est la situation exactement ? Selon les services de renseignement de Lettonie, « les services de renseignement russes et biélorusses facilitent un système complexe visant à faire transiter illégalement des migrants du Moyen-Orient et d’Afrique, par la frontière vers la Lettonie et d’autres pays de l’Otan et de l’Union européenne ». C’est ainsi, précise le New York Times, « que des milliers de migrants ont afflué cette année vers la Lettonie. Plus de 11 000 d’entre eux ont été refoulés, des chiffres inimaginables il y a encore quelques années dans ce pays balte de moins de deux millions d’habitants ». Concrètement, accusent des responsables lettons, « des réseaux criminels attirent des migrants en Russie et en Biélorussie via des vols commerciaux, puis les acheminent vers la frontière ». Il y a même des « vols charters », vers Moscou ou Minsk, la capitale de la Biélorussie, « les gouvernements russes et biélorusses assurant ensuite le transport des migrants vers les zones frontalières boisées avec la Lettonie, la Lituanie, la Pologne et d’autres pays ». Les autorités russes démentent, ce qui n’a pas empêché la Lettonie de mobiliser, à ses frontières, l’armée et la garde nationale. Candidats à l'exil La Russie, il en est aussi question dans la presse canadienne. « De plus en plus de Russes demandent des visas au Canada », nous explique Le Devoir, car « la perspective d’une mobilisation militaire et la dégradation du climat politique attisent les appels à l’exil ». Selon le journal québécois, « pour les six premiers mois de l’année, les demandes de permis d’étude, de travail et de visa temporaire déposées par des citoyens russes s’inscrivent sur une courbe ascendante par rapport à l’année dernière ». Ainsi, « à la moitié de l’année 2026, ces demandes avaient déjà atteint 63 % du volume traité en 2025. Soit au total « 10 625 dossiers, pour les deux premiers trimestres de 2026 ». Une augmentation sensible, même si le Canada n’est pas la destination prioritaire des candidats à l’exil, explique le Devoir. Les pays privilégiés sont ceux qui semblent plus faciles d’accès comme « l’Arménie, la Serbie, l’Argentine ou encore la Géorgie ». Selon Anastasia Burakova, fondatrice d’une ONG basée en Géorgie, « les rumeurs concernant une possible nouvelle mobilisation ont multiplié par huit les demandes de renseignements relatives à l’émigration ». « Preuves du mensonge » En France, le journal en ligne Mediapart renouvelle ses accusations d’antisémitisme à l’égard de Jordan Bardella, le président du Rassemblement national. « Écrits antisémites de Bardella : les preuves du mensonge », titre Mediapart, après les fortes dénégations du parti d’extrême droite, dont les responsables ont notamment parlé de « propos délirants » et de « faux grossiers ». Mediapart publie notamment des captures d’écran de messages sur Facebook, accuse Jordan Bardella « d’avoir menti à la France entière, en n’assumant pas la paternité de ses propres textes ». Libération, de son côté, juge que « face aux preuves de Mediapart, Bardella est acculé », alors que sa « stratégie de défense pâlit ». « En interne » au Rassemblement national, ajoute Libération, « certains se demandent s’il n’aurait pas mieux fallu reconnaître une erreur de jeunesse… » Ce n’est toutefois pas la voie choisie par Jordan Bardella qui a porté plainte pour diffamation, le parquet de Paris l’a confirmé hier jeudi. Une situation bien compliquée pour le Rassemblement national, à six mois de l’élection présidentielle, pour laquelle la candidate Marine Le Pen fait figure de favorite. Elle a vigoureusement défendu Jordan Bardella après les premières révélations de Mediapart. Mais Libération s’interroge : « Jusqu’où Marine Le Pen va-t-elle le soutenir ? »
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  • À la Une: les bulldozers à l’œuvre pour détruire les maisons en Cisjordanie
    2026/10/03
    C’est un reportage publié par le journal israélien Haaretz, journal d’opposition qui ne craint pas les foudres du Premier ministre Benyamin Netanyahou. Il ne s’agit pas, cette fois-ci, des violences commises par les colons contre les Palestiniens de Cisjordanie, mais de celles commises sous l’ordre des autorités israéliennes : « Les démolitions des maisons se multiplient », explique Haaretz. Pour le seul mois de septembre, « 215 Palestiniens se sont retrouvés sans abri, tandis que leur espace vital se réduit comme peau de chagrin », explique le quotidien israélien, qui a interrogé Issa Odeh, un père de famille de 36 ans, qui vivait dans un village au sud de Bethléem, et dont la maison a été détruite. « Ils sont arrivés à 10h30 du matin, raconte-t-il, « une jeep militaire remplie de soldats et un bus transportant quinze ouvriers. Il ne leur a fallu qu’une vingtaine de minutes pour détruire la maison (...) Lorsque la fille aînée d’Issa Odeh, Tulin, 12 ans, est rentrée de l’école à midi, la maison avait disparu ». Ce n’est pas un cas isolé. Haaretz cite un article du site d’information ultra-orthodoxe JDN, selon lequel « l’objectif de cette vague de démolitions est de préparer le terrain pour la réinstallation de familles israéliennes ». Le ministre d’extrême droite Bezalel Smotrich, qui a ordonné les démolitions, affirme, lui aussi, que ces destructions sont « une étape importante et nécessaire pour consolider la colonisation. » Manipulation ? En France, le mouvement étudiant prend de l’ampleur, émaillé de violences… À qui la faute ? se demandent les journaux français. Les regards se tournent invariablement vers la France insoumise (la gauche radicale), accusée de manipuler les lycéens. Libération cite les propos du bureau du Premier ministre, « s’appuyant sur les services de renseignement français », selon lesquels « le mouvement serait une "manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l’ultragauche" ». « Proxy », un mot qui agace le quotidien de gauche, car, nous dit-il, « il est en l’espèce, à l’évidence, utilisé dans son acception guerrière, hostile ». Le Figaro prend moins de pincettes pour affirmer que « pris en tenaille par l’ultragauche et les "racailles" des cités, policiers et gendarmes sont au front, pour rétablir le calme, sans provoquer l’étincelle qui ferait chavirer la France dans le chaos ». Pour le quotidien conservateur, « Jean-Luc Mélenchon (le leader de la France insoumise) cherche à attiser la fureur lycéenne en vue de 2027 », c’est-à-dire en vue de l’élection présidentielle pour laquelle il est candidat. Le Monde, de son côté, estime que Jean-Luc Mélenchon joue avec le feu : « Soutiens actifs des mobilisations lycéennes tout en dénonçant des violences, Jean-Luc Mélenchon et son parti consolident un électorat, mais se retrouvent aussi associés aux dérives du mouvement », remarque le quotidien. Ce n’est toutefois pas le point de vue du journal en ligne Mediapart, selon lequel « n’en déplaise à celles et ceux qui voient la France insoumise en grand ordonnateur, la mobilisation lycéenne est, en réalité, hors de contrôle ». « Le candidat du désordre » La presse européenne s’intéresse aussi à ce mouvement des lycéens. Le Guardian publie une série de photos de poubelles qui brûlent, de gaz lacrymogènes qui déclenchent des nuages de fumée, d’étudiants avec un foulard sur le nez, qui font face à des policiers, avec ce titre : « Incendie, colère, des centaines d’arrestations : la France est secouée par des manifestations étudiantes ». Le quotidien britannique a recueilli les doléances d’une lycéenne, Sophia, qui énumère « les griefs des adolescents : manque d’investissement de l’État dans l’éducation, classes surchargées dans des bâtiments vétustes, salaires insuffisants des enseignants », entre autres. En Italie, la Repubblica juge, elle, que « Jean-Luc Mélenchon attise les flammes de la contestation », précisant qu’il a appelé à « intervenir » contre ce qu’il a qualifié de « sauvagerie policière », avant toutefois d’appeler « à la non-violence ». Jean-Luc Mélenchon, que la Repubblica surnomme « le candidat du désordre » pourrait, estime le quotidien italien, « conduire Marine Le Pen (la candidate de l’extrême droite à l’élection présidentielle) à l’Élysée ».
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  • À la Une: en Espagne, la mort de Maricarmen Abascal, symbole de la lutte pour le logement
    2026/10/08

    La retraitée espagnole est décédée à l'âge de 87 ans à l'hôpital, et non pas dans son appartement, d'où elle a été expulsée fin septembre. Un lieu « où elle vivait depuis soixante-dix ans, rappelle El Pais, six ans auparavant, une société avait racheté son appartement à un prix dérisoire pour le quartier, précisément parce qu'elle y habitait (...). Les images de l'expulsion – sur une civière, au milieu d'un important dispositif policier, avec des centaines de jeunes dans la rue criant " Vous n'êtes pas seule ! " – ont profondément marqué le pays. Les jours suivants, les places publiques se sont remplies de personnes qui voyaient en cette femme âgée à mobilité réduite le reflet des obstacles considérables auxquels sont confrontés des millions de citoyens pour se loger, et encore moins pour payer un loyer », poursuit le quotidien espagnol. « Maricarmen Abascal n'aurait jamais imaginé qu'à la fin de sa vie, elle déclencherait un séisme social et politique. Elle n'aurait jamais imaginé devenir le symbole d'un mécontentement qui couvait depuis quelque temps en Espagne ». « La nouvelle de sa mort a provoqué une grande consternation au campement de la place de la Puerta del Sol à Madrid, où une minute de silence a été observée et où une foule immense s'est rassemblée pour manifester sa colère, relate la Vanguardia, avec « de nouveaux slogans : Maricarmen est partie, mais la lutte continue ».

    La lutte continue, c'est aussi l'opinion d'El Pais, pour qui « le plus bel hommage que nous puissions lui rendre à partir d'aujourd'hui serait de nous attaquer enfin à cette crise par des mesures ambitieuses et efficaces. Tel est l'héritage de Maricarmen, et il exige désormais le plus grand respect de tous ».

    À la une également, des soupçons de peste en Russie

    Après la mort d'une laborantine qui étudiait la bactérie en Sibérie, le monde garde un œil inquiet sur les risques sanitaires potentiels. Ce sentiment d'alarme généralisé, s'explique, aux yeux du New York Times, par « le manque de précisions de la part des autorités russes, qui a inquiété de nombreuses personnes à travers le monde, encore marquées par la pandémie de Covid-19. À l'époque, c'était un gouvernement autoritaire en Chine, où le virus a fait son apparition, qui avait dissimulé des informations », se souvient le journal étasunien. Immédiatement après le décès de la scientifique, « les autorités russes sont restées très laconiques. Elles n'ont fourni aucune précision sur ses déplacements avant sa mort ni répondu aux questions concernant un éventuel accident survenu à l'institut ».

    Une réaction de Moscou qui ne surprend pas le Times, à Londres. Si « la Russie nie toute épidémie de peste, ses antécédents en matière de dissimulation sont moins rassurants (...) . De l'époque soviétique à nos jours, le réflexe des responsables russes face à une catastrophe est de tout nier et d'espérer que le problème disparaisse », constate amèrement le quotidien britannique, de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl à l'épidémie mortelle de charbon à Iekaterinbourg et au coronavirus, il existe une tactique bien huilée d'obscurcissement et de diversion ».

    Alors faut-il paniquer ? « D'après les informations dont nous disposons à ce jour, non, veut rassurer le New York Times, malgré toutes les inconnues, les experts affirment que même si la peste était confirmée (...), le risque de contagion généralisée serait limité ».

    Sophie Adenot, sur le chemin du retour de l'espace

    « Après presque 240 jours de mission, la seconde femme française dans l’espace revient sur le plancher des vaches (...). Sophie Adenot aura participé à la mission de tous les records, relate l'Humanité, et en a, au passage, battu plusieurs comme première femme française à effectuer une sortie extravéhiculaire, dans le vide à 400 km au-dessus de la Terre ».

    « Au-delà de ses apparitions à l'écran tête en bas ou cheveux en l'air, de ses prises de parole affichant un enthousiasme sans faille, elle a marqué au sein de l'ISS l'histoire du spatial », ajoute Les Echos. Elle est devenue « l'astronaute européenne ayant réalisé la plus longue mission spatiale, hommes et femmes confondus. Après Thomas Pesquet, Sophie Adenot s'est définitivement fait un nom parmi les astronautes et les Français ».

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  • À la Une: le dernier coup de poker de Pedro Sanchez
    2026/10/06
    « Une dernière pirouette pour survivre », titre El Mundo, à propos de la décision du Premier ministre espagnol de convoquer un scrutin anticipé. « L'échec des deux décrets sur le logement au Congrès vendredi dernier, a conduit Pedro Sánchez à précipiter lundi la fin de la législature », précise El Pais.« Que les urnes parlent ! », s'exclame même le quotidien espagnol, pour qui « il arrive, dans la vie des démocraties, que le Parlement, en raison de ses divisions et de son immobilisme, se révèle incapable de répondre aux besoins urgents du pays, et c'est alors qu'il est temps de donner la parole aux citoyens. L'Espagne traverse actuellement une telle situation. » « Le Parti socialiste ouvrier espagnol et la gauche ont terminé la législature avec des sondages défavorables, mais les manifestations sur les places publiques suite à l'expulsion de Maricarmen Abascal leur ont permis de mobiliser leur électorat », poursuit El Pais. « Après des mois dominés par les procédures judiciaires, ils peuvent recentrer le débat sur les politiques sociales : celles qui visent à répondre aux besoins quotidiens des citoyens, comme le logement, l'éducation et la santé – des domaines dans lesquels les socialistes ont impulsé des changements décisifs durant des décennies de démocratie », estime le quotidien espagnol, avant de conclure qu'« il est temps que les urnes tranchent. » Un constat d'échec de Pedro Sanchez ? Il est temps que les urnes tranchent oui, mais pas pour les mêmes raisons, en tout cas si l'on en croit le journal conservateur La Razon, qui parle de la politique de Pedro Sanchez comme d'un fiasco, « une propagande populiste déconnectée de la réalité, dont l'efficacité devra être testée dans les urnes, maintenant que le peuple espagnol est en mesure de recouvrer sa souveraineté (...) , mais aussi un aveu flagrant qu'au cours de ces trois dernières années – celles d'une majorité monstrueuse – il n'a jamais disposé des outils nécessaires pour gouverner. » C'est aussi l'avis d'El Mundo, pour qui « Pedro Sanchez lutte contre son avenir : le logement n'était pas l'élément déclencheur, mais la bouée de sauvetage, son avant-dernier stratagème. » Et le journal ne mâche pas ses mots vis-à-vis du Premier ministre : « Sánchez ne dissout pas le Parlement pour "lutter contre les élites", comme il a pu l'exprimer dans son allocution, mais pour dissimuler son avenir. Depuis hier, nous savons qu'il est conscient que son avenir est pire que sa situation actuelle. » « Son discours n'a pas trouvé d'écho auprès des citoyens accablés par l'inflation, inquiets face à une immigration incontrôlée, accablés d'impôts(...), tacle de son côté La Razon, ces mêmes Espagnols, enfin, font de nouveau entendre leur voix. » En France, les lycéens poursuivent leur mobilisation « À l’aube de l’acte 3, ce mardi, note Libération, la crainte que la violence monte d’un cran gagne du terrain. » Alors, raconte le quotidien français, « des groupes de parents d’élèves se structurent pour investir les parvis des lycées et faire tampon entre les adolescents et les forces de l’ordre. » Le mouvement est suivi par le journal allemand, Frankfurter Allgemeine Zeitung. « Au pays de la Révolution, écrit le journal, les manifestations dérapent plus vite que de notre côté du Rhin. Cela fait partie de l’ADN politique de la France. Mais les violences qui ont éclaté devant les lycées constituent une montée en puissance inédite des tensions. Un débat fait rage en France, accusant La France insoumise de jeter de l’huile sur le feu. Cependant, conteste le quotidien conservateur, il faut bien admettre que même les plus grands démagogues de la gauche radicale (...) n’auraient pu plonger les écoles françaises dans un tel chaos si la situation n’avait pas été aussi accablante. Et cette situation-là, c’est à l’État qu’on la doit », dénonce le journal allemand. « On sait depuis des années que les élèves de banlieue partent avec un handicap, et que le système scolaire en général est dans un état lamentable. Mais aucun gouvernement n’a jamais réussi à y remédier durablement jusqu’à présent. Et ce n’est pas l’appel adressé aux parents par le ministre de l’Éducation nationale, pour leur demander d’empêcher leurs enfants de participer aux blocus, qui réglera le problème. »
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  • À la Une: «l'Acte III» de la mobilisation lycéenne en France
    2026/10/07
    Entre 250 000 et 450 000 personnes étaient dans la rue pour manifester dans de nombreuses villes du pays ce mardi. Au lendemain de cette journée de mobilisation, les violences qui émaillent le mouvement et sa répression interpellent la presse internationale. Le journal communiste italien Il Manifesto dénonce par exemple « la main de fer adoptée par le gouvernement français pour réprimer le mouvement des lycéens ». Si les forces de l'ordre sont coutumières du fait, selon le média transalpin, qui rappelle les blessés par LBD du mouvement des Gilets jaunes en 2018, la situation serait plus grave aujourd'hui puisque « c’est contre des lycéens » que la police déploie désormais « ces armes », et réprime la mobilisation « avec une violence extrême. » Rien d'inédit pour le journal britannique Unheard, « le public français est désormais habitué à des scènes qui, dans n'importe quel autre pays, ressembleraient à des instantanés figés d'une zone de guerre (...). Cependant, c'est la violence brutale perpétrée par les jeunes qui est véritablement choquante », estime de son côté le site d'opinion conservateur. La presse française se penche sur les réponses à apporter au mouvement Cette journée de mobilisation est « une démonstration de force d’un côté. De surdité de l’autre, juge Libération, même en prenant les estimations basses de la police, le nombre de cortèges, de manifestants, de lycées mobilisés, atteste que le mécontentement ne recule pas. Il s’installe ». Et l'improvisation des initiatives du gouvernement « pour nouer le dialogue, les déclarations ministérielles appelant à siffler la fin de la récré, l’ubuesque proposition d’ici la fin de la semaine d’une demi-journée de démocratie lycéenne » sont, aux yeux du journal, « le signe surtout d’un manque d’écoute ». « Le mouvement lycéen actuel est comme trop souvent reçu avec condescendance et pourtant l’un des enjeux qu’il souligne est celui de la démocratie et de la citoyenneté dans les lycées. Vouloir les préserver de la politique est trompeur : ils sont déjà des citoyens et n’attendent pas les adultes pour s’informer, avoir des opinions et les exprimer », déclare un sociologue dans Libération. « Plutôt que de les silencier, accompagnons-les pour chercher les bonnes informations, apprendre à débattre, à entendre des opinions différentes », appelle-t-il, avant de conclure que « surtout c’est notre regard sur eux qui doit changer : il n’y a pas que chez les vieux qu’on trouve de la sagesse ». Les trois ans des attaques du 7-Octobre à la Une de la presse israélienne « Il y a trois ans, ce matin-là, Israël se réveillait face à l'inimaginable », peut-on lire dans un éditorial du Jerusalem Post, et « trois ans plus tard, la tentation est grande de considérer le 7-Octobre comme un épisode sombre du passé. Mais Israël n'a jamais vraiment eu l'occasion de le reléguer aux oubliettes. » Depuis cette date, le pays « a connu des transformations profondes. Ses instances politiques et militaires ont tiré des leçons douloureuses concernant ses ennemis, ses défenses et ses propres institutions », énumère le journal. Or, « trois ans plus tard, Israël ne dispose toujours pas de commission d'enquête d'État sur la pire catastrophe nationale de son histoire », remarque le Jerusalem Post, cela signifie que le 7-Octobre reste une affaire non résolue. » « Trois ans plus tard, nous exigeons des comptes, réclame l'auteur d'une tribune dans le Times of Israel, nous devons comprendre comment la catastrophe a pu se produire. Lorsque leurs hypothèses se sont effondrées, qu'ont fait nos dirigeants (...) ? De quoi ont-ils assumé la responsabilité et quelles leçons en ont-ils tirées ? » « Depuis le 7 octobre, nombre d'entre nous ont normalisé des politiques et des politiciens immoraux qui bafouent notre engagement envers la justice et envers la valeur et l'égalité de toute vie », déplore un rabbin dans une autre tribune du journal. « L'injustice envers les Palestiniens en Cisjordanie est endémique. Pourtant, jusqu'à présent, nous autres Israéliens avons, dans l'ensemble, refusé d'assumer nos responsabilités ou de modifier notre politique. Aujourd'hui encore, nous ne soutenons pas les initiatives visant à reconstruire la vie dans la moitié, voire plus, de Gaza que nous contrôlons », déclare-t-il. « Reconnaître nos erreurs est une étape nécessaire pour montrer que nous n'avons pas perdu notre humanité. C'est même ainsi que nous la retrouvons. »
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  • À la Une: l’Iran et les Houthis, alliés contre les États-Unis
    2026/10/09

    C’est le Wall Street Journal qui s’intéresse à la manière dont la situation a récemment évolué : « La semaine dernière encore, nous dit le quotidien américain, l’Iran semblait dos au mur dans sa guerre contre les États-Unis : ses ports étaient bloqués et son influence sur le détroit d’Ormuz s’amenuisait. Aujourd’hui, Téhéran tente de reprendre l’ascendant ».

    Car, explique le Wall Street Journal, « l’Iran et ses alliés houthis au Yémen ont porté un double coup aux producteurs de pétrole du Golfe persique lors d’attaques distinctes menées mercredi soir et jeudi matin, ce qui a fait grimper en flèche les prix du pétrole, et a encore davantage ébranlé le sentiment de sécurité dans la capitale saoudienne ».

    Ainsi, selon des analystes interrogés par le quotidien américain, « Téhéran cherche à débloquer la situation dans le détroit d’Ormuz et à accentuer la pression sur Washington, afin de parvenir à un règlement diplomatique ».

    Pas d'attaque américaine contre l'Iran

    Règlement diplomatique qui serait l’objectif de Donald Trump, si l’on en croit ses dernières déclarations… Le président américain a en effet assuré hier « qu’il n’attaquerait pas l’Iran, avant les élections de mi-mandat aux États-Unis », répondant ainsi à une rumeur qui se répandait ces derniers jours sur une possible attaque américaine contre l’Iran, avant le 3 novembre.

    Il faut dire, si l'on en croit Politico, que « les électeurs en ont assez des troubles au Moyen-Orient. Mais, remarque le site d’information politique américain, le conflit avec les Houthis ne fait que commencer ».

    En effet, explique le site d'information américain, « l’Arabie saoudite n’envisage pas de cessez-le-feu avec les Houthis, tant qu’elle n’aura pas reconquis les territoires récemment perdus au Yémen, ce qui laisse présager une escalade de combats avant les élections de mi-mandat, où le conflit au Moyen-Orient et le prix du pétrole seront en jeu ».

    Politico cite ainsi les prévisions du « stratège républicain Matthew Bartlett", selon lequel « même si les électeurs ignorent les subtilités du conflit houthi, ils réagiront aux conséquences sur les marchés ».

    « Ils ne font même pas semblant de nous écouter »

    En France, la colère des lycéens ne faiblit pas…« On sait où on va et ce qu’on veut », titre Mediapart, reprenant les propos des lycéens. « À Paris, ajoute le journal en ligne, le mouvement lycéen ne relâche pas la pression (…) les jeunes rencontrés par Mediapart disent ne plus rien attendre du gouvernement… ». Une nouvelle journée de mobilisation est prévue mardi prochain.

    Interrogée par Mediapart, Chloé, une étudiante de 20 ans, n'a pas de mots assez durs pour les responsables du gouvernement : « Ils sont ridicules, pas à la hauteur. Ils ne font même pas semblant de nous écouter. Ça attise encore plus la colère ».

    Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray a tenté hier soir de répondre à l’une des revendications des lycéens. « L’exécutif annonce 3 000 professeurs remplaçants », titre le Parisien, qui ajoute toutefois : « Alors que plus de 70 000 lycéens et étudiants se sont de nouveau mobilisés à travers la France, le ministre de l’Éducation tente de donner des gages. Sans totalement convaincre ».

    Essoufflement ?

    Certains de nos voisins européens continuent à s’intéresser au mouvement lycéen. C’est le cas du journal le Temps, en Suisse, selon lequel « le gouvernement français semble miser sur l’essoufflement », même si « lycéens, étudiants et syndicats appellent encore à manifester mardi prochain, avant les vacances scolaires d’automne ».

    À Londres, le Times insiste, lui, avec à l’appui de nombreuses photos, sur les affrontements avec la police. « Plus de 500 personnes ont été arrêtées lors de manifestation d’adolescents réclamant de meilleures conditions scolaires, explique le quotidien britannique, qui juge « peu probable que le gouvernement accepte de débloquer 10 milliards d'euros », comme le réclame un syndicat d'élèves » . « Compte tenu, ajoute le Times, de l'endettement abyssal de la France et de la hausse des taux d'intérêt sur ses remboursements ».

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