エピソード

  • À la Une: nombreuses questions après l'afflux de migrants à Ceuta
    2026/08/01
    Au moins 57 morts, c’est le lourd bilan de ces derniers jours, lorsque plusieurs dizaines de milliers de migrants, entre 50 et 60 000, marocains pour la plupart, ont pénétré à Ceuta, la petite enclave espagnole au nord du Maroc et du continent africain, principalement par la mer. Ce matin, El Païs explique que « le gouvernement espagnol n’a pas vu venir la crise à Ceuta ». « Si nous avions eu des informations, déclare un haut responsable, 50 000 personnes ne seraient pas entrées en 24 heures ». Le gouvernement espagnol était semble-t-il concentré sur les immenses incendies qui faisaient rage notamment dans la région de Madrid. Ce n’est toutefois pas l’argument utilisé par Pedro Sanchez, cité par le journal Le Soir, à Bruxelles. Le Soir explique que le Premier ministre espagnol « accuse les "mafias" d’une interprétation malhonnête d’une récente décision de justice, interprétation propagée sur les réseaux sociaux ». « Selon cet arrêt de la Cour suprême espagnole, il ne serait "pas possible de reconduire à la frontière les personnes qui seraient arrivées en Espagne par la mer" ». Le quotidien suisse Le Temps précise d'ailleurs que « les migrants se sont précipités vers Ceuta, en raison de rumeurs qui se sont répandues par le bouche à oreille et sur les réseaux sociaux », selon lesquelles : « "Les frontières avec l’Espagne seraient ouvertes" ». Que s'est-il passé à la frontière de Ceuta ? Différents médias présentent une autre analyse, selon laquelle le Maroc serait derrière cet afflux de migrants à Ceuta. Ainsi Mediapart, le journal en ligne français, assure que « plusieurs observateurs et observatrices accusent le pays, en pleine célébration du 27ème anniversaire de l’intronisation de Mohamed VI, d’avoir sciemment réduit les effectifs au niveau de la frontière avec Ceuta, en réponse à la visite du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez en Algérie, le 20 juillet. » L’Algérie, ennemi juré du Maroc, en raison notamment de la question du Sahara occidental. Plus prudent, Le Monde estime « qu’on ignore, pour l’instant, ce qui a poussé le Maroc, qui contrôle habituellement ses frontières étroitement, à laisser passer des dizaines de milliers de migrants ». Mais en Espagne, précise le quotidien français, « certains voient la main de Donald Trump dans cette affaire qui tombe à point nommé pour tous les dirigeants en inimitié avec Pedro Sanchez, l’un des derniers chefs de gouvernement de gauche en Europe, du fait de ses prises de positions (…) ou ses déclarations en faveur de la Palestine. » Une jeunesse désespérée Qu’en dit la presse marocaine ? La presse officielle, notamment le Matin, passe sous silence les évènements de Ceuta. Le Matin fait ses gros titres sur la Fête du Trône. Les médias en ligne, en revanche, sont plus bavards. C’est le cas notamment d’Hespress, qui s’intéresse aux réactions politiques au Maroc. Ainsi Fatima-Zahra Mansouri, du Parti Authenticité et Modernité, parti membre de l’actuelle coalition gouvernementale, estime que les événements de Ceuta nécessitent « un débat approfondi, qui ne concerne pas uniquement le parti, mais l’ensemble de la société ». Plus ferme, Jamal El Assri, secrétaire général du Parti socialiste unifié, estime que « le gouvernement vit déconnecté de la vie des citoyens », estimant que cette situation illustre « l’ampleur du fossé existant et la responsabilité dont l’exécutif cherche à se défausser alors même que la coalition gouvernementale prétend représenter un État social » . On se souvient d’ailleurs que le Maroc a été ébranlé en 2025 par la révolte de la Gen Z, la génération Z, celle des 15/20 ans, qui réclamait un avenir meilleur et la liberté d’expression. Aujourd’hui, les images de ces jeunes Marocains, prêts à risquer leur vie pour quitter leur pays et gagner le continent européen, ne sont guère favorables au Royaume.
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  • À la Une: la crise de Ceuta, instrumentalisation et divisions
    2026/08/03
    « Des scènes de chaos, au moins 72 morts et des dizaines de disparus. Ce qui s’est passé ces derniers jours à Ceuta, enclave espagnole bordant le Maroc, est révoltant à plus d’un titre, s’exclame Le Temps à Genève. L’afflux de dizaines de milliers de migrants, en quelques heures, a provoqué interrogations et inquiétudes. Il a surtout déclenché une surenchère politique, nourrie de récupérations, de fake news véhiculées par les réseaux sociaux et de mauvaise foi. Une fois encore, les migrants se retrouvent instrumentalisés et réduits au rang d’arme politique et de moyen de pression diplomatique. » Une surenchère alimentée par « la droite dure européenne, pointe le quotidien suisse, qui a aussitôt agité le spectre d’une "invasion". L’Italie de Meloni s’est empressée de réclamer l’exclusion de l’Espagne de l’espace Schengen, imitée par d’autres responsables politiques. La France a aussi donné dans le registre de la peur, en renforçant ses contrôles aux frontières. » Désespoir… Indignité… « Les partis de droite et d’extrême droite européens n’attendaient que ça, fulmine Libération à Paris : on les a vus arriver avec leurs gros sabots, s’emparant des images d’afflux de migrants à Ceuta jeudi et vendredi, et les instrumentalisant avant que quiconque n’ait eu le temps d’analyser ce qui se passait. En France, le patron du RN, Jordan Bardella, a évoqué "une submersion sans précédent" quand la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, réclamait des "mesures extraordinaires" pour défendre les frontières de l’Europe. Si la situation n’était aussi tragique, cela prêterait à sourire, soupire Libération, d’autant que ces migrants sont tous repartis ou presque quand ils ont compris qu’ils avaient été manipulés. Mais personne n’a envie de sourire devant le désespoir de ces jeunes Marocains, devant la centaine de corps rejetés par la mer, et devant l’indignité de ces dirigeants européens qui ont réagi de manière populiste et électoraliste et non humaine et solidaire. Leur premier réflexe, dénonce encore Libération, aurait dû être de voler au secours de l’Espagne ou de s’apitoyer sur la mort de ces exilés volontaires, ados pour beaucoup, qui cherchaient à gagner ce qu’ils croyaient être le paradis. » « La crise de Ceuta a ainsi été le révélateur d’un réflexe d’instrumentalisation et de division, résume Le Monde, là où la gravité et la réalité de la question de l’immigration exigeraient au contraire solidarité et unité. » « Quelque chose a été cassé » En tout cas, cette « crise de Ceuta révèle une fracture européenne », relève Le Soir à Bruxelles. Et « devrait laisser des séquelles importantes, notamment vis-à-vis de la confiance que se portent les États membres de l’Union européenne. Quelque chose a été cassé, à en croire la lettre envoyée par le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez à la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. Il y exprime sa "profonde inquiétude" au vu des réactions de ses homologues. Dans ce courrier diffusé samedi, le socialiste dénonce le "très faible soutien" de la part des États membres ainsi que les attaques qu’a essuyées l’Espagne et les appels pour son exclusion temporaire de l’espace de libre circulation Schengen. » Réunion sous tension… C’est dans ce contexte tendu que les ministres de l’Intérieur des membres de l’Union européenne doivent se réunir demain mardi. Et « les divergences s’accentuent », pointe Le Figaro. « Vingt-deux États membres de l’Union européenne ont uni leurs voix dans une coalition hétéroclite, emmenée par Giorgia Meloni et par la sociale-démocrate danoise Mette Frederiksen, coalition qui exige "une réponse européenne immédiate et coordonnée". (…) Parmi les propositions les plus radicales figure (donc) la suspension temporaire de l’Espagne de l’espace Schengen. » Et « Rome entend profiter de cette réunion d’urgence pour remettre (notamment) une proposition sur la table : celle d’un réseau européen de "hubs de retour", des centres de rétention installés dans des pays tiers. Une approche que la France avait déjà torpillée lors du dernier sommet européen. »
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  • À la Une: Israël maintient la pression sur Gaza
    2026/08/04
    « L’armée israélienne a multiplié ces derniers jours les raids aériens meurtriers visant des Palestiniens dans la bande de Gaza », constate Le Figaro à Paris, et ce « en dépit d’un accord-cadre conclu sur le désarmement du Hamas patronné par Donald Trump. […] En l’espace de trois jours, quinze Palestiniens, dont plusieurs enfants, ont été tués lors "d’éliminations ciblées" visant des responsables islamistes, selon un bilan du ministère de la Santé du Hamas ». Israël maintient donc la pression sur Gaza. En fait, explique Le Figaro, « sur le front intérieur, Benyamin Netanyahu peut difficilement faire preuve de la moindre "souplesse" à moins de trois mois des élections législatives. Il n’a cessé, en effet, de faire miroiter aux Israéliens une "victoire totale" sur le Hamas, ainsi qu’une complète démilitarisation de la bande de Gaza. Or, ces promesses sont encore très loin d’être tenues, pointe le journal, ce qui se reflète notamment dans les sondages avec la majorité sortante actuelle, qui a tendance à perdre pied face une opposition centriste divisée, mais qui a le vent en poupe. Benyamin Netanyahu se retrouve ainsi tiré à hue et dia par Donald Trump et ses plus proches alliés politiques. Il va lui falloir faire appel à tous ses talents de tacticien, qui lui ont permis jusqu’à présent de se maintenir au pouvoir, avec quelques interruptions, pendant 18 ans ». Un « statu quo inacceptable » Le Monde résume ainsi la situation : « Tout progrès à Gaza reste tributaire des autorités israéliennes, et la campagne électorale pour les élections législatives du 27 octobre est plutôt propice à une détestable surenchère. Il a fallu attendre trois jours pour obtenir une réaction officielle de l’État hébreu à l’annonce du président des États-Unis sur un accord de désarmement du Hamas et, sans surprise, cette réponse est négative. Certes, l’accord annoncé par Donald Trump manque de précision, notamment sur les modalités de la collecte des armes. Il est dépourvu de calendrier et ne détaille pas comment ses deux objectifs principaux, le désarmement et le retrait de l’armée israélienne, doivent s’orchestrer. Mais, déplore Le Monde, la coalition que dirige Benyamin Netanyahu n’offre aucune alternative à un statu quo inacceptable ». De l’eau dans le gaz entre Donald et Bibi « De fait, ce n’est plus un secret pour personne, ni aux États-Unis ni en Israël, relève Le Temps à Genève. La lune de miel entre les deux dirigeants s’est considérablement assombrie. Un sondage commandité par The Economist montre que près de la moitié des Américains estiment que Benyamin Netanyahu aurait dû être arrêté pour crimes de guerre lors de son (récent) passage aux États-Unis. Le camp MAGA, sur lequel s’appuie Donald Trump, est divisé comme jamais à propos des relations avec Israël. Les plus proches conseillers du président – et le président lui-même en fonction des personnes à qui il s’adresse – considèrent que Washington s’est laissé entraîner dans une guerre qui ne concernait pas les intérêts de l’Amérique ». L’Ukraine vise la Crimée À la Une également, la guerre en Ukraine, ou plutôt la guerre qui se déplace en territoire russe et sur la province annexée de Crimée. « Zelensky prend Poutine par la Crimée », titre Libération qui constate que « la péninsule est de plus en plus visée par des frappes ukrainiennes. Privée d’eau potable, sans électricité et avec des prix de l’essence inabordables, la population est à bout. Une stratégie de long terme de Kiev pour forcer les Russes à quitter la région et faire plier le Kremlin. […] Frappes sur la Crimée, frappes de plus en plus loin à l’intérieur de la Russie, l’objectif des Ukrainiens est limpide : démoraliser la population russe et ébranler Vladimir Poutine, pour qu’il accepte enfin d’envisager un accord de paix. On n’y est pas, tempère Libération. Mais le doute est désormais semé : le président russe n’est pas infaillible, y compris là où sa victoire semblait installée. » Et pendant ce temps, côté russe, « le Kremlin fait pression sur les hommes en âge de combattre pour aller au front », constate le Wall Street Journal. « Dans les petites villes russes, certains recruteurs militaires n’hésitent pas à arrêter des hommes dans la rue, devant leur lieu de travail ou sous prétexte de contrôles d’identité de routine. Une fois dans un bureau de recrutement, ces hommes peuvent être menacés ou battus jusqu’à ce qu’ils s'engagent pour la guerre ». La Russie subit des pertes de plus en plus importantes sur le terrain, relève encore le Wall Street Journal : « entre 30 000 et 40 000 morts et blessés chaque mois ».
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  • À la Une: Trump de plus en plus déconsidéré
    2026/08/05
    C’était en avril de l’année dernière, rappelle le Washington Post : « lorsque Donald Trump a fait son entrée dans la roseraie de la Maison Blanche en brandissant des panneaux annonçant des hausses de tarifs douaniers, le monde entier a sursauté comme si l’alarme incendie s’était déclenchée. Les marchés ont perdu des milliers de milliards de dollars, des émissaires se sont précipités à Washington, tous les pays concernés se sont empressés d’aller négocier. (…) Seize mois plus tard, constate le Post, le même Donald Trump continue de proférer des menaces ahurissantes : instrumentaliser le commerce, annexer le Canada, s’emparer du Groenland, quitter l’Otan, anéantir l’Iran – mais cette fois l’alarme est restée muette. Les dirigeants mondiaux hésitent à réagir, car ils voient le président américain entravé par les tribunaux, désavoué par le Congrès, manipulé par Téhéran – ses ultimatums s’évaporent et sa popularité s’effondre ». Dépassé par les Iraniens… L’exemple le plus frappant de cette déconsidération réside dans les relations avec l’Iran… C’est ce qu’analyse le New York Times : « Les propos virulents tenus lundi par le président Trump, selon lesquels l’Iran fait preuve d’une "duplicité incroyable", ces propos ne sont que le dernier signe en date de sa difficulté à comprendre les dirigeants iraniens. Donald Trump se considère comme un maître dans l’art du deal, d’évaluer et d’exploiter ses adversaires. Mais les dirigeants iraniens le déconcertent et même le surpassent… "Ils ne font que me mettre en colère", a-t-il déclaré aux journalistes la semaine dernière ». Auparavant, rappelle le quotidien américain, « Donald Trump les avait qualifiés successivement de "fous", de "raisonnables", de "salauds cinglés", de "très intelligents" et de "complètement dingues" ». Et le New York Times de prévenir : « Le président américain pourrait bien connaître de nouvelles frustrations. Selon son administration, un nouvel accord pour la réouverture du détroit d’Ormuz serait imminent, mais l’Iran persiste à exiger des droits de passage… » L’affaire est loin d’être close. Témoin cette petite phrase, citée par le journal, de Dennis Ross, un vétéran de la diplomatie au Moyen-Orient qui a servi des présidents des deux partis : « Nous, Américains, semblons toujours pressés d’en finir. Eux, iraniens, partent du principe que le temps sert davantage leurs intérêts que les nôtres ». Et pour l’instant, avantage à l’Iran… « Trump menace déjà de reprendre les hostilités… mais avec quelles armes ? », s’interroge dans les colonnes de la Repubblica à Rome, Joshua Landis, analyste principal au Centre d’études du Moyen-Orient de l’Université de l’Oklahoma : « Nous n’avons pas assez de missiles ; nos stocks de munitions sont épuisés, affirme-t-il. Washington n’est plus en mesure de gagner cette guerre, et de toute façon, il n’y a même pas de plan pour y parvenir. (…) Trump doit se libérer du fardeau économique de la guerre : ses alliés du Golfe, les Européens, et même la majorité des Américains le lui demandent ». Ceuta : l’Europe change de ton À la Une également : la crise de Ceuta. « Après les piques, l’apaisement européen », constate Le Soir à Bruxelles. « Réunis en urgence après l’entrée inédite de dizaines de milliers de personnes dans l’enclave espagnole, les ministres européens ont voulu tirer les leçons de cet épisode qui a provoqué d’importantes tensions diplomatiques : d’un côté le gouvernement espagnol, l’un des seuls socialistes de l’Union, et de l’autre, les exécutifs favorables à une politique migratoire très ferme, l’Italie et le Danemark en tête ». Finalement hier, pointe Le Soir, « la solidarité, réclamée par Madrid qui dénonçait la réaction "égoïste" de certains exécutifs, a été exprimée par tous les États membres, sans exception ». En effet, renchérit Libération à Paris : « Après la récupération, l’Europe change de ton. (…) À la suite de l’afflux inédit de migrants dans l’enclave espagnole et des réactions outrancières d’une majorité des pays de l’Union européenne, les ministres de l’Intérieur des Vingt-Sept ont insisté, hier, sur le besoin de solidarité ». Enfin, pour El Pais à Madrid, tout le monde a perdu dans ce drame de Ceuta : « Le Maroc a perdu, ayant démontré à tout le moins qu’une multitude de ses citoyens souhaitent fuir et qu’il n’est pas le partenaire fiable qu’il prétend être ; l’Espagne a perdu, ayant subi un coup dur sans avoir anticipé la situation, après avoir fait de nombreuses concessions ; les Européens ont perdu, eux qui ont tenté de tirer profit de la situation par opportunisme. Et pire encore : des dizaines de personnes ont perdu… la vie ».
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  • À la Une: l’Ukraine sans défense face aux missiles balistiques russes
    2026/08/06
    Dans cette même revue de presse avant-hier, nous évoquions les frappes de drones ukrainiens en territoire russe ainsi qu’en Crimée occupée. Un pilonnage constant pour semer le doute dans l’esprit des Russes. La réplique de Moscou ne s’est pas fait attendre et s’est même intensifiée, et les Ukrainiens n’ont rien pu faire. C’est ce que constate notamment Le Monde à Paris : « dans la nuit de mardi à mercredi, la défense anti-aérienne ukrainienne n’est parvenue à abattre aucun des 28 missiles russes tirés sur Kiev et sa région. Pour cette attaque concentrée sur la capitale, l’armée russe a sélectionné les missiles les plus difficiles et les plus coûteux à intercepter de son arsenal. En l’occurrence 24 missiles balistiques (principalement des Iskander-M) et quatre missiles hypersoniques de croisière Tsirkon. L’armée russe a également tiré 115 drones d’attaques à long rayon d’action ». Principales cibles : des entrepôts, des gares, des centres de tri, des centres de distribution. Bilan : 17 morts et au moins 44 blessés. « De telles frappes contre les infrastructures et les entreprises civiles ukrainiennes ne sont pas nouvelles depuis le début de l’invasion du pays, en février 2022, relève Le Monde, mais leur intensité coïncide avec les récentes attaques ukrainiennes contre les raffineries de pétrole en Russie et les entrepôts de Wildberries, le géant russe du commerce en ligne ». Des stocks mondiaux au plus bas… Face à ces attaques, l’Ukraine est donc démunie. « L’Ukraine n’a pas et n’aura pas assez de missiles antibalistiques », pointe Libération. « Le seul moyen de stopper les engins russes, explique le journal, est d’envoyer un missile de défense aérienne, comme on arrêterait une balle de revolver en la frappant avec une autre », en l’occurrence, des missiles américains Patriot ou des SAMP/T franco-italiens. Seulement voilà, « les stocks mondiaux de missiles antibalistiques sont au plus bas, constate Libération. En premier lieu ceux des Patriot, siphonnés par la guerre lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février. Selon les analystes américains, le Pentagone aurait tiré plus de 1200 missiles antibalistiques Patriot depuis le début de l’année, et en aurait moins d’un millier en stock. Or, seuls 20 seraient livrés par le constructeur chaque mois, un chiffre ridicule au regard de la cadence russe, sachant qu’il faut en général tirer deux intercepteurs pour chaque interception, et que le coût de chacun d’eux est estimé à 3 millions et demi d’euros ». Les atermoiements de Trump… Qui plus est, comme à son habitude, Donald Trump dit tout et son contraire. Lors du sommet de l’Otan, en juillet, à Ankara, rapporte le Wall Street Journal, le président américain « avait évoqué la possibilité d’autoriser l’Ukraine à construire ses propres missile Patriot sous licence. Mais Donald Trump a ensuite laissé entendre qu’il pourrait finalement ne pas accorder de licence à l’Ukraine ». Pourtant, s’insurge le Wall Street Journal, « la survie de l'Ukraine est dans l’intérêt de l’Amérique. Il y va de la stabilité et de la liberté sur le continent européen. Certes, Donald Trump est focalisé ailleurs (sur l’Iran), mais la guerre menée par la Russie se poursuit et il devra assumer la responsabilité des événements survenus durant son mandat ». Pas avant un an, au mieux… En tout cas, même en cas de feu vert de Donald Trump, souligne La Croix à Paris, « il faudrait plusieurs mois avant que l’Ukraine soit en mesure de mettre en place une ligne de production de missiles Patriot. Kiev assure pouvoir le faire en dix à douze mois. L’Ukraine se dit prête à étudier toutes les options : soit produire elle-même les composants, soit se limiter à l’assemblage final des missiles. Mais, relève encore La Croix, même si elle obtient cette licence, cela ne devrait pas lui permettre de se protéger durant l’hiver prochain, qui risque donc d’être très difficile pour les Ukrainiens. Pour tenter de se défendre contre les missiles russes, l’Ukraine a proposé à ses partenaires de leur emprunter les Patriots qu’ils ont en réserve. L’Ukraine envisage de les rendre lorsqu’elle disposera de sa propre production. À ce jour, aucune information n’a filtré sur ces discussions, toujours en cours ».
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  • À la Une: le calvaire des Afghanes sous le régime des talibans
    2026/08/07

    Bientôt cinq ans : c'est un triste anniversaire que l'on s'apprête à marquer : celui du retour des talibans au pouvoir, le 15 août 2021. Un retour qui a signé la fin de toute liberté pour les femmes afghanes, et parfois, leur mort. Le Guardian publie aujourd’hui une enquête sur 231 cas de féminicides en Afghanistan où, selon le quotidien britannique, « les hommes sont autorisés à tuer en toute impunité, leurs crimes étant étouffés par l’État ».

    Le Guardian nous raconte notamment l’histoire de Liza Shams, 33 ans, qui a expliqué dans un enregistrement « comment son mari, Hasibullah Sarwari, l’a battue lorsqu’elle était enceinte, puis l’a séquestrée pendant des jours, blessée au point de ne plus pouvoir manger ni parler ».

    Le 1er février dernier, Liza a réussi à appeler son père, elle a été emmenée à l’hôpital de Kaboul par ses sœurs, mais elle est décédée peu de temps après. Le scanner réalisé à l’hôpital révèle de multiples fractures des pommettes et des sinus, des blessures et de gonflements importants sur tout le visage et le corps. « Malgré l’étendue des lésions, poursuit le Guardian, le rapport médico-légal indique que la cause probable du décès est l’ingestion de mort aux rats ».

    La famille de son mari affirme que Liza « s’est suicidée », mais son père est « convaincu qu’il s’agit d’un meurtre ». « En Afghanistan, explique le Guardian, « le suicide est fréquemment reconnu comme cause de décès, lorsqu’une femme meurt dans des circonstances violentes. Ce qui signifie généralement que personne ne sera tenu pour responsable de sa mort ».

    Des photos d'enfants morts

    En Israël, le quotidien d’opposition Haaretz publie le témoignage d’une ancienne combattante à Gaza. Elle s’appelle Yaël et elle a 22 ans. « Après avoir participé à la direction de tirs d’artillerie qui ont coûté la vie à des civils à Gaza, explique Haaretz, cette ancienne infirmière de combat souffre de traumatisme et de profonds remords ». « Son rôle, raconte Yaël, consistait à calculer les données de tirs, à préparer les cibles et à les transmettre aux soldats ».

    Puis elle a quitté l’armée. « J’ai vu, raconte Yaël, le nombre d’enfants tués. J’étais sous le choc. J’ai commencé à chercher frénétiquement des informations en ligne. Je cherchais les quartiers, les villages que nous avons attaqués. J’ai vu que beaucoup d’innocents avaient été tués, j’ai vu des photos d’enfants morts. Dans l’armée, on nous disait qu’on ne tuait que des terroristes, mais c’est un mensonge ».

    Des images qui reviendront sans cesse hanter Yaël. Selon Haaretz, l’armée israélienne tarde à prendre en charge les anciens combattants traumatisés. « La reconnaissance de son stress post-traumatique est restée bloquée durant de nombreux mois. Mais elle a finalement été acceptée, selon le quotidien israélien, quelques heures seulement après qu’Haaretz se soit renseigné auprès de l’armée et du ministère ».

    Adaptation au climat

    « L’espèce humaine peut-elle s’adapter à des étés caniculaires ? » Question que le quotidien italien Corriere Della Serra a posée au géologue Mario Tozzi, qui répond sans détour : « Les émissions de gaz à effet de serre doivent être réduites, sinon nous ne survivrons pas ». Interrogé sur une solution éventuelle fournie par l’intelligence artificielle, le géologue ajoute : « Le problème, c’est que nous continuons de miser sur l’idée d’une technologie miraculeuse qui n’existe pas et que nous imaginons même gratuite. Or rien n’est gratuit sur terre : l’environnement, les autres êtres humains et les autres êtres vivants en paient le prix ».

    Alors que faut-il faire ? Le géologue recommande « une véritable stratégie d’adaptation, qui doit commencer par la transformation des villes (…) Toutefois, ajoute Mario Tozzi, la crise climatique ne se résoudra pas par la simple adaptation. Si nous ne réduisons pas les émissions de gaz à effet de serre, l’adaptation ne suffira plus ».

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  • À la Une: ruines et désolation en Colombie
    2026/08/11
    Comme des scènes de guerre : maisons et immeubles écroulés, éventrés, béton et tôles enchevêtrés, rues envahies de gravats, impraticables, sauveteurs et rescapés qui tentent de déblayer les décombres, parfois à main nue… Les images terribles se succèdent sur le site du quotidien colombien El Espectador. L’un des envoyés spéciaux du journal raconte : « "Silence !", crient les sauveteurs. Ils sont sur un bâtiment effondré dans le quartier de Tequendama à Cali. Les vêtements recouverts de poussière, sous le soleil brûlant. Autour d’eux, des centaines de personnes rassemblées devant un bâtiment qui, quelques heures plus tôt, abritait des boutiques et des maisons. Au rez-de-chaussée, il y avait, entre autres, une pharmacie. À l’étage, il y avait des appartements. Maintenant, tout n’est que décombres et poussière. "Silence." Tout le monde lève les bras en l’air. Tout le monde attend un signe de vie. "Là, un appel", crie alors quelqu’un. Des cris de joie, car évidemment c’est un signe de vie, mais le silence revient. Plus rien… Plusieurs heures passent et plus un bruit… » « On avait l’impression que des chevaux galopaient sous la maison » El Mundo à Madrid a pu joindre des rescapés à Manizales, l’une des villes les plus touchées par le séisme, avec Cali et Pereira. « Horrible, horrible, raconte Estefanía. On avait l’impression que des chevaux galopaient sous la maison. Le bruit était assourdissant. Les fenêtres vibraient. Et même l’eau jaillissait des tuyaux d’évacuation de la salle de bain. » « C’était très fort, vraiment très fort », renchérit Milton César. Des objets tombaient du sol, tout tremblait, tout grondait, mais mon immeuble a résisté. » Témoignage poignant également de Juan José, professeur de gymnastique à Cali, recueilli par Le Monde à Paris : « Je donnais un cours collectif dans une salle du deuxième étage quand ça a commencé à trembler », raconte-t-il au téléphone. Les miroirs de la salle bougeaient, j’ai cru que le toit allait tomber, nous sommes sortis mais c’était impossible d’aller vite tant ça tanguait dans tous les sens. (…) J’ai vu des choses terribles, de la poussière partout, des bâtiments sur le point de tomber, des gravats, un immeuble totalement effondré près de l’autoroute, ce n’est que là que j’ai réalisé la magnitude du séisme. Je n’ose pas imaginer combien de personnes sont encore là-dessous. » À lire aussiSéisme de magnitude 7,4 en Colombie, le gouvernement décrète l'état d'urgence Des répliques violentes ? Le dernier bilan donné par la presse colombienne est de 132 morts et 570 blessés. Mais combien de disparus ? D’autant que c’est sans doute loin d’être terminé. « Il y aura des répliques, le public doit être préparé », affirme en effet dans les colonnes d’El Pais à Madrid Rodrigo León, géologue colombien. « Après un séisme de cette magnitude, on peut s’attendre à une série de répliques assez longue, dit-il, même pendant les six mois suivants. Ces répliques peuvent se produire à tout moment. Il est donc conseillé, poursuit le géologue, de convenir de points de rencontre avec les membres de sa famille. Il faut préparer également une trousse de base contenant les documents d’identité, des aliments non périssables, de l’eau, une lampe de poche – tout ce qui pourrait être utile en cas d’effondrement d’un bâtiment. » « Hier, en fin d'après-midi, 47 répliques avaient été enregistrées, selon le service géologique colombien » : c’est ce que rapporte Le Temps à Genève. Déjà, « le 24 juin dernier, rappelle Le Figaro, un double séisme de magnitude similaire avait fait plus de 6 000 morts au Venezuela et causé des destructions massives. Les deux pays sont situés sur la ceinture de feu du Pacifique, précise le journal, zone de forte activité sismique et volcanique due aux mouvements des plaques tectoniques, notamment la plaque de Nazca et la plaque Caraïbe qui plongent sous la plaque sud-américaine. » Un test pour le nouveau pouvoir Enfin, cette catastrophe constitue « un test décisif pour le nouveau gouvernement », pointe El Colombiano dans son éditorial. « L’État est-il suffisamment préparé pour gérer simultanément une transition politique tendue et une crise d’une telle ampleur ? », s’interroge le quotidien colombien. « Le président De la Espriella a pris la coordination des opérations, et il est encourageant de constater que l’État et les collectivités territoriales sont unis autour d’un objectif commun. Ce n’est pas le moment des querelles politiques, affirme encore El Colombiano : l’État, les collectivités territoriales, les organismes de secours, les forces de l’ordre, le système de santé, l’opposition et les citoyens doivent agir de concert. Nous aurons le temps d’évaluer les réussites et ...
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  • À la Une: la santé, parent pauvre des politiques publiques
    2026/08/08
    C’est un témoignage qui a fait vendredi 7 août les gros titres des journaux télé en France : une dame de 85 ans, « hospitalisée six jours sur un brancard aux urgences d’Orléans, et qui dénonce "un enfer" », explique Libération. Elle s’appelle Nino-Anne Dupieux, retraitée, ex-adjointe au maire d’Orléans (dans le centre de la France), et a été hospitalisée le 18 juillet dernier pour une hémorragie. Elle a donc passé six jours sur un brancard : « Voici un hôpital sans chambre pour moi, sans lit, sans possibilité d’anesthésie pour des examens douloureux, et d'ailleurs, ajoute-t-elle, sans possibilité d’anesthésie dans son service des urgences où atterrissent des traumatisés de toutes sortes. » Nino-Anne Dupieux « apprendra par la suite que des chambres étaient disponibles, mais fermées à cause d’un manque de personnel », précise Libération. Elle remercie toutefois tout le personnel soignant : Ils ont « agi comme des "anges", lors de son séjour infernal », dit-elle. Finalement, la vieille dame « a mis fin à son hospitalisation contre l’avis défavorable des médecins, après avoir signé une décharge pour retourner à son domicile ». Le syndicat CGT parle de « situation catastrophique dans tous les services de l'établissement ». Pour sa défense, la direction de l’hôpital annonce « la réouverture de 42 lits, entre septembre et novembre prochain ». Du wifi mais pas de télé dans les hôpitaux québécois Au Québec, c’est une mesure d’économie contestée que rapporte le journal Le Devoir. Il s’agit de la disparition des téléviseurs dans les chambres de certains hôpitaux, où la connexion wifi remplace désormais la télé. Une décision que « dénoncent les comités d’usagers », explique Le Devoir. Selon eux, « cette situation pénalise surtout les aînés et les personnes vulnérables qui ne possèdent ni téléphone intelligent ni tablette ». Pierre Hurteau, le président de l’un de ces comités d'usagers, s’exclame ainsi : « Si vous n’avez pas de télévision, qu’est-ce que vous faites ? Vous regardez les murs et vous pensez à vos bobos. Et il y a des gens qui n’ont presque jamais de visite. » Certains hôpitaux font toutefois des efforts, « prêtent des tablettes » et d’autres signalent que « des téléviseurs demeurent accessibles dans les espaces communs ». Mais Santé Québec, le service public de la santé, ne semble pas très sensible aux arguments des usagers mécontents. « Nous sommes conscients, explique ce service, que l’accès à des divertissements peut rendre le séjour plus confortable et agréable. Toutefois notre mission première est d’assurer des soins de santé de qualité et sécuritaires ». Menace sur la santé mentale En Angleterre, ce sont des coupes budgétaires dans le domaine de la santé mentale qui font réagir. « Des millions d’adultes et d’enfants en Angleterre risquent d’être contraints d’attendre plus longtemps pour obtenir des soins de santé mentale, lit-on dans le Guardian. Car plus des deux tiers des prestataires du NHS (le service de santé publique britannique) prévoient de réduire leurs services et la moitié devraient supprimer des emplois. » Le quotidien britannique détaille les services qui seront directement touchés : « Les soins de santé mentale pour enfants et adolescents, les thérapies par la parole, le soutien aux toxicomanes, l’aide aux adultes en situation de crise ou encore les programmes destinés aux minorités ethniques et aux groupes à faibles revenus. » Certes, le nouveau Premier ministre Andy Burnham a promis cette semaine « de créer un réseau de près de 200 centres de santé mentale communautaires et de services d’urgences psychiatriques d’ici 2029 ». Mais cette promesse laisse sceptiques « les associations caritatives œuvrant dans le domaine de la santé ». Elles soulignent que « si les financements alloués au personnel et aux services sont réduits, des améliorations significatives des soins seront "impossibles" ». À lire aussiSanté mentale : un enjeu majeur pour l’Union européenne
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