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Vlan!

Vlan!

著者: Gregory Pouy
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10月19日まで。※適用条件あり

Un podcast pour comprendre ce qui est en train de se transformer avant que cela ne devienne évident et pour vous redonner envie du futur sans optimisme naif ni cynisme mais avec lucidité.
Tendance humaniste.

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政治・政府 社会科学
エピソード
  • [SOLO] Je croyais que la nuance était une bonne idée
    2026/09/10
    On revient avec les épisode solo, je sais qu'il vous plaisir beaucoup. C'est la version longue et parlée de ma newsletter (quoi!!! Vous n'êtes pas encore abonnés???).Il y a quelques semaines, à Lisbonne, je déjeunais avec Ariel, que mon amie Kenza m'avait présenté. La discussion arrive sur la nuance, que je défends depuis vingt ans comme la posture juste dans un monde polarisé. Je me sentais plutôt fin en le lui expliquant. Il m'a répondu qu'il n'était absolument pas d'accord, que beaucoup de sujets ne méritaient pas d'être pondérés mais combattus. Je suis resté silencieux dix secondes, ce qui est très long, et je n'ai pas su quoi répondre.Quinze jours de lectures plus tard, des sociologues, des psychologues politiques, des historiens des sciences, j'ai compris que la question était beaucoup plus dérangeante que je ne le croyais.Dans cet épisode, nous parlons d'un article de sociologie qui s'appelle littéralement « Fuck Nuance » et des trois pièges dans lesquels je me suis reconnu. De cette étude sur l'Amérique d'avant la guerre de Sécession où les gens les plus fins du débat sur l'esclavage sont ceux qui avaient trouvé le moyen de ne pas conclure. Du mémo interne de l'industrie du tabac qui dit « le doute est notre produit », et de ce métier qui consiste à fabriquer de la complexité à la demande. Des douze discours de retard climatique, dont aucun n'est climatosceptique et qui sont tous nuancés. Du moment où j'ai découvert que j'étais beaucoup plus intransigeant que je ne le croyais, et beaucoup plus arrangeant avec moi-même que je ne l'aurais jamais admis.J'ai questionné ce que ma nuance me coûte vraiment, ce qu'elle me rapporte quand je suis du bon côté du sujet, ce que je dois aux gens plus radicaux que moi dont je bénéficie du travail en gardant les mains propres, et ce qui s'est passé dans ma cuisine le jour où mon ami Thomas de Bon Pote a critiqué mes vols et où j'ai répondu à côté avec beaucoup d'élégance.C'est un épisode qui se retourne contre moi à peu près à la moitié, et je l'ai laissé faire. Si vous avez déjà dit « c'est plus compliqué que ça » en vous trouvant lucide, il est pour vous. Citations marquantes« Réclamer de la nuance, c'est le geste le moins coûteux du monde. On a l'air fin, on ne risque rien, et surtout on n'a rien dit. »« Sur l'esclavage, les gens les plus fins du débat étaient ceux qui avaient trouvé le moyen de ne pas conclure. »« Aucun de ces discours n'est faux. Ils sont tous nuancés. C'est exactement ça, le problème. »« Ma position raisonnable n'est pas neutre. Elle est financée par la réputation d'autres qui se brûlent. »« Une pensée qui ne vous coûte rien n'est probablement pas une pensée, c'est un confort qui a trouvé ses arguments. »Bonus : « J'ai nommé la machine et j'ai fonctionné dedans, dans le même paragraphe. »Idées centrales discutées1. Réclamer de la nuance ne coûte rien, et c'est bien le problème (≈ 04:00)Kieran Healy décrit trois pièges : ajouter des distinctions jusqu'à ce que l'idée n'explique plus rien, exhiber sa finesse comme un signe de goût, et surtout nuancer pour ne jamais conclure, donc ne jamais se tromper, donc ne jamais apprendre.Pourquoi ça compte : ça retourne complètement le prestige social de la position mesurée. « C'est plus compliqué » est toujours vrai, et c'est exactement ce qui le rend inutile.2. La nuance a historiquement servi à ne pas trancher sur l'esclavage (≈ 08:15)L'étude de Tetlock montre que la complexité intégrative la plus élevée se trouvait chez les modérés, ceux qui protégeaient le travail des blancs libres sans toucher à l'esclavage existant. Une position praticable et pas du tout morale.Pourquoi ça compte : c'est le contre-exemple qui fait tomber l'idée que raisonner de façon complexe serait moralement supérieur. Tetlock lui-même le dit.3. Le doute est un produit industriel (≈ 11:20)Le mémo du tabac, les cabinets de « défense de produit », les vingt-huit tactiques recensées sur cinq industries. Personne ne ment, on multiplie les études et on réclame davantage de recherches avant toute décision.Pourquoi ça compte : un mensonge se réfute, un doute s'installe. Et ça touche deux fois plus fort ceux qui s'estiment peu informés, donc ceux qui ont le moins de moyens de se défendre.4. L'équilibre journalistique produit un mensonge sur l'état du savoir (≈ 14:20)Présenter deux experts qui s'opposent dégrade la perception du consensus scientifique, même quand les gens ont le décompte réel sous les yeux. Et les douze discours de retard climatique, dont aucun n'est climatosceptique.Pourquoi ça compte : ça met en cause une pratique qu'on nous a apprise comme une éthique. Le déni pur n'est plus nécessaire, la nuance fait mieux le travail et laisse la posture de la personne raisonnable.5. Maximum de finesse sur les personnes, aucune complaisance sur les principes (≈ 23...
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    43 分
  • #407 Ce qu'on ne vous dit pas sur l’immigration avec Patrick Weil
    2026/09/15
    Patrick Weil est historien et directeur de recherche émérite au CNRS. Il vient de publier De l'immigration en France chez Grasset, une enquête menée auprès de ceux qui fabriquent vraiment cette politique, préfets, entrepreneurs, élus, associations, et qui ne ressemble à aucun des livres militants qu'on trouve habituellement sur le sujet.C'est la deuxième fois que je le reçois. La première, nous avions parlé de laïcité, et j'avais déjà été frappé par sa façon de désamorcer les sujets brûlants en revenant simplement aux faits et au droit. Cette fois je voulais aller plus loin, et je l'ai poussé volontairement dans tous les sens. J'ai argumenté la peur, j'ai argumenté les mauvais arguments de la gauche, j'ai posé les questions que j'entends régulièrement dès que l'on aborde ces sujets. Parce que l'immigration est probablement le sujet sur lequel je vois le plus de gens intelligents perdre leur capacité à penser.Dans cet épisode, nous parlons de ce que dit réellement le droit du sol, de ce que coûte et rapporte l'immigration, des OQTF, du regroupement familial qui concerne 14 000 personnes par an, de Meloni, de Trump, des contrôles au faciès et du code de l'indigénat. J'ai questionné Patrick sur la seule question qui compte peut-être : est-ce qu'on peut encore mettre les Français d'accord sur ce sujet ?Sa réponse m'a surpris. Et j'ai fini par lui raconter ma propre expérience, celle d'un enfant d'Antillaise à qui on a demandé d'oublier ce qu'il était pour devenir français.Citations marquantes« Les gens croient que le droit du sol, c'est comme si un enfant naît en France d'une mère étrangère, il est français. Jamais. C'est le droit américain. »« 105 millions d'étrangers entrent en France tous les ans pour faire du tourisme. L'immigration irrégulière, c'est moins de 0,2 %. »« Il me dit : je suis islamophobe. Et vingt minutes après : j'ai engagé 500 papiers, ils sont tous musulmans et deux d'entre eux sont géniaux. »« Quand on donne une réponse sans avoir fait la recherche, c'est déjà une idéologie. C'est le produit de la paresse intellectuelle. »« Le vrai sujet, c'est qu'on est dans une histoire commune qu'on ne se raconte pas. Qu'on ne nous a pas racontée. »Idées centrales discutées1. Les idées fausses sont partagées par tout le monde, pas seulement par un camp (05:03)Le droit du sol automatique à la naissance n'existe pas en France. Le regroupement familial n'a pas été créé par Giscard en 1976, il existe depuis qu'il y a de l'immigration organisée. Ces deux erreurs structurent pourtant l'essentiel du débat public.Pourquoi c'est important : on se bat sur un objet qui n'existe pas, et pendant ce temps les vrais dysfonctionnements ne sont pas traités.2. Supprimer le droit du sol déstabiliserait toutes les familles françaises (06:42)Si on supprime le double droit du sol, prouver sa nationalité suppose de remonter une filiation. Registres, paperasse, bureaucratie, pour tout le monde. Une tradition présente en France depuis 1515 disparaîtrait.Pourquoi c'est important : une mesure présentée comme dirigée contre les étrangers frapperait d'abord les Français.3. La complexité des gens n'apparaît jamais dans les sondages (14:16)L'ancien élève de Patrick, chef d'entreprise dans le Sud, se déclare islamophobe et emploie 500 personnes majoritairement musulmanes. À l'inverse, on peut défiler contre l'islamophobie et ne jamais louer son appartement à un sans-papiers.Pourquoi c'est important : c'est exactement ce niveau de réalité que le débat politique efface, et c'est là que l'accord redevient possible.4. L'immigration est un symptôme, pas la cause (65:16)Le niveau scolaire baisse à cause des méthodes d'enseignement. La crise du logement vient de décisions prises au début du premier quinquennat Macron. L'immigration sert de bouc émissaire à un dysfonctionnement général de l'État.Pourquoi c'est important : tant qu'on désigne le symptôme, on ne répare rien.5. On a augmenté l'immigration sans jamais l'annoncer ni l'accompagner (49:53)Plus 50 % entre 2000 et 2025, multiplication par cinq de l'immigration africaine en Bretagne et en Pays de la Loire. Aucune classe supplémentaire, aucune alphabétisation prévue, aucun logement. Les gens qui disent que ça ne va pas ont un peu raison.Pourquoi c'est important : c'est le point où Patrick donne raison à la colère, ce qui rend son propos crédible pour tout le monde.6. Se déclarer universaliste et accepter les contrôles au faciès est intenable (57:37)Le Conseil d'État a qualifié la pratique de racisme systémique. Aucune conséquence n'a suivi. De Blasio à New York et Theresa May en Angleterre ont supprimé les contrôles préventifs.Pourquoi c'est important : Patrick relie explicitement cette pratique au code de l'indigénat, et en fait le point d'entrée d'une vraie politique d'égalité.7. Une politique d'immigration efficace passe par le marché du...
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  • #406 Reprendre le pouvoir sur nos décision à l'ère de l'I.A. avec Olivier Sibony et Eric Hazan
    2026/09/08
    Olivier Sibony est professeur à HEC et spécialiste de la décision. Eric Hazan est investisseur et ancien senior partner chez McKinsey. Ils viennent de publier ensemble "Faut-il encore décider ?", un livre qui refuse d'être technophobe comme il refuse d'être technophile, et qui cartographie ce qu'on peut confier à une IA et ce qu'on doit garder pour soi.Je les connais tous les deux, mais séparément, et c'était la première fois que je les avais en face de moi ensemble. Ça se sent : ils se coupent la parole, se corrigent, se chambrent sur les anglicismes, et surtout ils ne sont pas toujours d'accord. C'est exactement ce que je cherchais.Ce qui m'a le plus remué dans cette conversation, c'est cette idée qu'on ne se fait pas déposséder de nos décisions : on les abandonne. Par confort. Parce qu'on est fabriqués pour économiser notre énergie, et qu'une réponse bien formulée par une machine nous suffit largement.Dans cet épisode, nous parlons de l'effet de contentement, du risque de démission, de ce que devient la confiance en soi quand on fait relire chacun de ses mails, de la justice et du recrutement comme zones interdites, du deskilling, de la joie au travail, et de ce scénario de technocratie IA vers lequel on glisse sans l'avoir choisi.J'ai questionné Olivier et Eric sur ce que ça fait aux jobs, sur les valorisations d'OpenAI et d'Anthropic qui dépassent le PIB de la Pologne, et sur ce fameux moment où le médecin, l'ego coincé entre lui et la machine, fait moins bien que la machine seule.Une conversation dense, drôle par moments, et qui m'a laissé avec une question simple : sur quoi est-ce que je refuse de lâcher, moi, et pourquoi ?Citations marquantes« Le risque, c'est d'avoir toujours tendance à se défausser sur la machine, à lui demander une réponse et à finalement abdiquer toute responsabilité. Et ça, c'est un vrai danger. » (Olivier Sibony)« Les meilleurs médecins ont à peu près 74 % d'acuité, la machine 90 %. Mais quand tu mets les meilleurs médecins avec la machine, ils n'ont que 76 %. » (Eric Hazan)« Comment tu vas utiliser une IA comme partenaire de réflexion pour mieux réfléchir, et non pas comme une béquille sur laquelle tu vas te reposer pour ne pas réfléchir ? Toute la différence est là. » (Olivier Sibony)« L'IA est en train de devenir l'infrastructure du monde et notre infrastructure personnelle. On marche sur un petit tapis roulant, et on n'a aucun moyen de savoir comment il a été programmé. » (Eric Hazan)« Penser est un plaisir. Réfléchir n'est pas seulement instrumental : on le fera aussi pour le plaisir, comme on joue du piano. » (Olivier Sibony) Idées centrales discutées 1. L'IA générative pense comme notre système 1, et c'est exactement le piège (03:30 – 07:20)L'histoire de l'IA a commencé par une tentative de répliquer le système 2 : les règles, le calcul, les systèmes experts des années 70-80. Ça n'a jamais marché. L'IA générative, elle, imite le système 1 : rapide, fluide, spontanée, presque humaine. Pourquoi ça compte : quand ChatGPT nous dit de vérifier, il nous demande d'activer notre système 2. Or c'est fatigant. Alors on lit la réponse avec notre système 1, on la trouve plausible parce qu'elle est bien formulée, et on ne vérifie pas.2. L'effet de contentement et le risque de démission (08:00 – 09:40)Se satisfaire d'un résultat correct sans se demander s'il en existe un meilleur. Olivier l'appelle l'effet de contentement, Eric y ajoute le risque de démission : on abdique la responsabilité de la décision. Pourquoi ça compte : le problème n'est pas que la machine décide mal, c'est que personne ne décide plus vraiment. Et quand tu n'as pas réfléchi par toi-même, tu ne sais même pas ce que ta réponse aurait donné.3. Un LLM généraliste n'est jamais un bon outil de décision (14:40 – 16:00)Un outil d'aide à la décision, c'est un outil entraîné spécifiquement sur ta décision, avec tes objectifs, tes données, et testé sur un échantillon suffisant pour vérifier qu'il fait mieux que toi. Pourquoi ça compte : personne ne demanderait à ChatGPT le prix du siège d'un Paris–New York. Et pourtant on lui demande des décisions de recrutement, de couple, de carrière.4. Le paradoxe du médecin : l'ego entre la machine et le diagnostic (12:00 – 13:20)74 % d'acuité pour les meilleurs médecins, 90 % pour la machine, 76 % pour les deux ensemble. L'expérience du praticien s'intercale et dégrade le résultat. Pourquoi ça compte : ça retourne l'intuition dominante du "human in the loop". Sur certaines décisions, l'humain dans la boucle est le maillon qui abîme la performance. Le vrai gain, c'est de rendre au médecin le temps de l'empathie, pas de maximiser le nombre de patients.5. Performance x acceptabilité : la carte des décisions (24:00 – 26:15)Deux axes. Ce qui est performant et acceptable : trading haute fréquence, logistique, optimisation de données ...
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